Les rites sexuels
d’origine préhistoriques ne sont jamais regardés en face. Nul n’osait et
n’ose le faire tant ils sont mystérieux, choquant et affreux. La
prostitution sacrée, le droit de cuissage (femme confiée à un monarque
pour un temps avant de regagner son futur conjoint), le culte de lingam
et du yoni, la circoncision sont les vestiges les plus connus de ces
pratiques mystérieuses dont la propagation a été universelle et dont le
rôle, dans la formation des religions et des sociétés, a été capital.
L’accouplement bestial (entre Eve et le serpent) fait apparaître une
hypothèse surprenante sur les origines de l’humanité. L’accouplement
rituel entre une prêtresse et un prêtre (ainsi que les fidèles entre
eux) a été un usage si répandu que, au temps d’Hérodote,
« sauf les grecs et les égyptiens, tous les
peuples faisaient l’amour dans les temples.» En 1877 le clergé
orthodoxe tolérait encore - une fois par an- des accouplements de
fidèles dans une église chrétienne.
Ne faut-il alors survoler une foule de croyances, superstitions,
usages sociaux ou religieux pour édifier les esprits sur l’arlequinade
de ces pratiques ?
1 - les
cultes sexuels : la femme et l’animal.
Pendant une période certainement très longue,
il a existé partout une cérémonie consistant à livrer les femmes vierges
à des animaux, en vue de défloration.
* le bouc de Mendès : la ville de Mendès en Egypte vénérait le
bouc et ses habitants avaient une cérémonie religieuse au cours de
laquelle une femme et un bouc étaient accouplés.
* le rite de Kenelcunnil (Irlande) : dans cette partie de
l’Irlande, près de l’Ulster, les païens de l’époque procédaient à un
accouplement d’un homme et un animal. A l’occasion d’une intronisation
du roi, la tribu se réunissait autour d’une jument blanche. L’homme
destiné à devenir roi devait s’accoupler en public avec la jument.
Ensuite l’animal était égorgé et la viande cuite. Le futur roi devait
prendre un bain dans le bouillon (rite de baptême) tandis que la chair
était partagée (communion) entre lui et les membres de la tribu. Cette
cérémonie regroupait quatre rites : accouplement, meurtre, baptême et
communion.
* de nos jours chez certaines peuplades totéistes d’Afrique ou
d’ailleurs, le jeune homme doit avoir commerce avec un animal vivant ou
avec le premier gibier tué, lors de l’initiation.
*l’asvamedha dans l’Inde ancienne : l’on sacrifiait un cheval
en l’étranglant (sans égorger) ou étouffé par des étoffes précieuses.
Les femmes du roi faisaient une procession autour du cadavre, trois
fois vers la droite et trois fois à gauche. La première épouse
s’approchait du corps de l’animal, saisissait le membre viril du cheval
et le faisait entrer dans son …vagin.
*Stavorinus, un hollandais qui voyagea dans l’Inde entre 1768
et 1771 notait que les femmes et les hommes s’accouplaient aux animaux
dans la localité de Batna. Une femme indigène avait voulu assouvir sa
fureur érotique avec un étalon. Cela lui coûta la vie quelques heures
plus tard.
2 -
l’accouplement rituel :
Le mot harem dériverait du HRM selon Pierre
Gordon et désignait le lieu sacré, le sanctuaire en plein air. D’où la
notion de la présence des femmes dans les sanctuaires en vue de
l’accouplement rituel.
En Afrique, chez les Yorouba du Nigeria du Sud, la cérémonie de
l’accouplement rituel commence par l’union entre le prêtre et la
prêtresse. Ensuite les fidèles s’isolent par couples dans les ténèbres.
Les hommes doivent prendre autant des partenaires qu’ils le peuvent.
Dans une secte de la tribu de Balouba, les femmes doivent se livrer à
tous les hommes présents à la réunion.
La « danse des chefs » chez les bushmen : au cours de cette danse les
femmes se rangent en cercle. Le « chef », le sorcier et le magicien se
place au centre. Lorsque la danse commence, le chef se met à sauter à
quatre pattes comme un animal. Les danseuses s’agitent alors en prenant
les postions les plus licencieuses. Au bout d’un moment le chef bondit
sur la femme la plus avantageuse sur le point de vue de la lascivité.
3
- la
défloration rituelle :
(la
défloration = faire perdre la virginité d’une fille)
Pendant une longue période, les hommes
reçurent leurs épouses des animaux. La défloration rituelle a continué,
l’animal étant remplacé par un prêtre, un roi, un étranger etc.
-
La nuit de noces : dans de nombreuses traditions anciennes
appartenant à toutes les religions de la terre, il fut jadis une époque
où les filles étaient obligées d’aller se faire déflorer par des
religieux vivant dans les forêts, revêtus de peaux de bêtes et de cornes
d’animaux. Ces religieux préhistoriques appartenaient à des confréries
initiatiques. Ils étaient hommes-taureaux, hommes-chevaux, hommes-loups,
hommes-lions. Ils revêtaient pour l’occasion selon le cas la dépouille
de l’un ou de l’autre de ces animaux. Les hommes-lions existent de
nos jours dans le Sud du Tchad mais l’on ne sait s’ils jouent aux rites
de défloration !
-
La défloration matriarcale : c’est la défloration rituelle par les
femmes dans le matriarcat. L’animal, la femme et l’homme ont exercé tour
à tour la fonction de déflorateur, dont le mari est devenu le titulaire
dans les sociétés
Musulmanes et chrétiennes patriarcales. A une
époque reculée, la défloration de la jeune fille par une femme
constituait un rite très répandu.
Au Pérou, la mère déflore sa fille dans un lieu public. C’est
également le cas au Kamtchatka et à Madagascar. Aux Philippines et en
Afrique centrale, la défloration est effectuée par les vieilles femmes
du clan. Elle est souvent suivie de la dilatation forcée du vagin.
Au Béloutchistan, elle est pratiquée avec un rasoir.
Diodore de Sicile parla des mœurs des habitants des îles de
Baléares : « pendant le festin de noces, les parents et les amis vont
l’un après l’autre, depuis le premier jusqu’au dernier, d’après le rang
d’âge, jouir des faveurs de la mariée. Le jeune époux est toujours le
dernier qui reçoive cet honneur.
En Océanie, chez les tribus Aruntas, le fiancé confie sa future
épouse à plusieurs de ses amis qui l’entraînent dans la brousse où ils
la déflorent avec un couteau de pierre, avant d’avoir des relations
sexuelles avec elle. Les autres hommes de la tribu peuvent se satisfaire
autant. Le jour de la cérémonie, la fille vient s’asseoir sur les genoux
de sa mère et pleure. Le fiancé la demande en mariage. La mère prend la
main de sa fille et celle de son futur gendre, les met l’une dans
l’autre. Le mariage est considéré comme conclu. La fiancée passe sa nuit
de noce… chez sa maman !
Aux îles Marquises, les invités participent à la nuit nuptiale, du
plus vieux aux plus jeunes.
La défloration avant la puberté est une coutume plus particulière à
l’Inde. Chez les Todas, elle est pratiquée par un homme venu d’une tribu
voisine et qui passe la nuit avec la fillette.
Au Cambodge, c’était le prêtre qui déflorait la fille pendant la cérémonie
avec son doigt trempé dans du vin. Ensuite le vin est bu par la famille
du mari.
La défloration aux enchères : actuellement la défloration rituelle
est pratiquée en Afrique. Elle s’est occidentalisée, donc
commercialisée. Quelquefois le jeune époux noir, après la cérémonie du
mariage met la défloration de sa femme aux enchères. Le bénéficiaire de
l’adjudication est enfermé dans une case avec la jeune femme et le mari
attend à la porte.
4 - Le mariage par le rapt et violence
Autrefois, quand la bête déflorait les filles,
celles-ci, effrayées, prenaient la fuite. Une rejointe, on devait user
de violence pour la ramener et on la contraignait à subir l’assaut de la
bête qui, probablement, était quelquefois mortel.
La fuite de la femme et sa capture ont dû tellement impressionner nos
lointains ancêtres qu’à une époque récente il se pratiquait la fuite de
la femme, la poursuite de l’homme et la résistance simulée de la
fuyarde. Une vierge prend toujours la fuite. Il s’en toujours une
poursuite et parfois une lutte.
Dans les régions du Nord du Tchad, chez les Toubous (Gorane) ce rite
est toujours d’actualité. La fille est d’abord prise par un enlèvement
socialement accepté après la « fatiha » ou dot. Le fiancé et les siens
doivent impérativement veiller sur elle pour l’empêcher de s’évader. Au
moment du rapt il peut s’en suivre une violence, si la jeune fille est
entourée de ses amies ou parents collatéraux.
En Laponie, il n’existait naguère de mariage que par enlèvement et la
plus grande violence y présidait. De même qu’en Océanie.
Chez les Araucans, le mariage traditionnel consiste en un rapt d’une
rare violence.
En Russie, en milieu chrétien, le fouet jouait un rôle important au
siècle dernier. Il figurait dans chaque foyer et c’était un devoir pour
le mari de fouetter son épouse. Au BET qui est trop loin de la Russie,
« angouli-karah », la cravache en cuir d’hippopotame est très souvent
employée pour mener la fiancée récalcitrante. Elle est l'emblème qui
accompagne tout nouveau marié qui la brandit en toute circonstance.
5
-
la
prostitution rituelle :
Les
cités sacerdotales et les temples ont pris la suite des anciens cultes
en plein air. Il y eut des accouplements rituels. C’était la
prostitution sacrée !
Hérodote disait : « il y avait à Babylone un temple de Mylitta.
Toute femme née dans le pays était obligée, une fois dans sa vie de se
rendre à ce temple pour s’y livrer à un étranger. »
Chez les arméniens les filles de gens distingués se prostituaient
dans les temples d’Anaitis pendant très longtemps avant de se marier.
En Lydie, les filles s’adonnaient dans les temples à la
prostitution, puis se mariaient en apportant comme dot le fruit de leur
prostitution. Dans ce royaume de Lydie, au II° siècle, Aurélia Aemilia
reçut d’un Oracle le conseil impératif d’aller se prostituer dans le
temple comme c’avait été la coutume de ses ancêtres (coutume tombé en
désuétude à son époque.)
A Babylone, le mariage consistait en une vente aux enchères. Les
plus jolies femmes trouvaient sur-le-champ des maris opulents qui
payaient le prix fort. Le produit de la vente était partagé entre les
hommes qui consentaient à prendre pour épouses les plus laides et celles
qui n’avaient pas trouvé acheteur. Ce marché de filles avait lieu dans
chaque ville deux fois par an ; il était présidé par trois habitants
connus pour leur honnêteté.
Les
Sonah du proche orient étaient des prostituées au service de sa grande
déesse.
A Jérusalem, dans l’enceinte du temple, des femmes devaient vivre
confinées dans des cellules. Elles tissaient des vêtements pour les
pieux sacrés qui étaient des piliers, colonnes, obélisques et phalles
qui reproduisent l’organe sexuel masculin. Il y avait dans les temples
des hommes consacrés qui s’acquittaient d’une fonction religieuse :
défloration des vierges. Ces hommes fuerent chassés du temple à une
époque où fut publié la defense d’y apporter le prix de la prostitution.
6 - la dot
La dot
apportée par l’épouse au mari est constituée à l’origine par le salaire
de prostitution de jeunes filles. Ce genre de tribut, quand les mœurs
évoluent, sera versé par un cadeau fait par le beau-père.
Le tombeau du père de crésus – Alyatte- avait été payé avec la
contribution des marchands, des artisans et des prostituées. La part de
celles-ci était la plus considérable.
A Hiérapolis, près de l’Euphrate, des femmes se tenaient assises
devant le temple pour faire commerce de leurs corps. Le gain était soit
utilisé pour obtenir la protection de la déesse soit pour se constituer
une dot en vue de se marier.
Dans la nouvelle Numidie, à Cicca, existait une colonie phénicienne
qui se rendait dans les temples pour se prostituer et amasser une dot.
La coutume fut supprimée par l’empereur Constantin.
Dans l’île de Chypre, le soir venu, les femmes avaient coutume
d’errer sur les rivages dans le but de séduire les étrangers. Toutes
les filles qui naissaient à Chypre étaient vouées au service de la
déesse et devaient s’offrir aux hommes.
En Grèce, pour le culte d’Aphrodite à Corinthe, les femmes libres
venaient se prostituer dans le temple du Mont Eryix qui était aussi
ancien que riche, dans l’enceinte duquel d’innombrables colombes,
oiseaux consacrés à Aphrodite étaient nourris.
7 - La prostitution hospitalière
Si les
grands de ce monde peuvent bénéficier du droit de cuissage, la
prostitution hospitalière est une adaptation à l’usage des gens communs.
En Perse, une coutume existait à l’époque où Alexandre Le Grand
envahit la Perse. Lors d’une invitation, quand un mari organisait un
dîner, pendant le festin et le vin, ses épouses se déshabillaient.
C’était une invite à l’accouplement.
La tribu africaine des Wagogo, on pratique l’échange des femmes entre
les amis. C’est également le cas des Basouto.
Chez les gallois, dans la confrérie de chevalerie, quand un membre de
la secte visite un autre, celui-ci laisse son hôte avec sa femme,
prétextant aller donner de l’avoine au cheval du visiteur. Celui-ci
consomme alors la femme.
En Suisse, en juillet 1760, il subsistait un genre de prostitution
hospitalière.
Parler des rites sexuels dans le monde est une tâche
titanesque. La liste des bizarreries sexuelles est longue, très longue.
En apportant ces quelques repères, j’ose croire que beaucoup auront
compris que la sexualité est multiple dans ses rites. Ce qui est une
infamie ou une outrance dans certains milieux demeure une vertu dans
d’autres endroits. Comme quoi à chacun son passé et surtout à chacun ses
coutumes et ses convenances. Les hommes du passé lointain nous auraient
huée s’ils apprennent que l’on fait l’amour le sexe enveloppé dans des
caoutchouc (condom) ou l’on s’échange des salives lors de kiss french.
Cependant il n’est pas interdit de jeter un regard dans la préhistoire
de nos rites sexuels qui subjuguent par leurs singularités et leurs
monstruosité.