

|
 |
 |
| |
Chronique |
 |
|

|
Chronique:
« L’alcoolisme,
la dérive de
la jeunesse tchadienne »
Par
Nadjibé, Djedouboum Armand
Article
paru le 02 juin 2003 - Ialtchad
Presse |
|
« L’alcoolisme,
la dérive de la jeunesse tchadienne »
Mode
de vie, choix personnel, désespoir, réjouissance ou refuge ?
L’alcoolisme est présent à jamais au Tchad.
Encouragé par le déficit
récurrent de l’autosuffisance alimentaire et de la rareté de l’eau
potable, l’alcoolisme sévit la jeunesse au Tchad. Une jeunesse sans
défense, fragilisée très tôt par les querelles égoïstes de ses aînés
ôtant en elle toute la joie de vivre, fait maintenant face au fléau de
l'alcoolisme.
Ce
phénomène paru dans le macroenvironnement social du Tchad, désoriente
le sens de responsabilité et du civisme des jeunes. Il handicape,
hypothèque sérieusement nos valeurs ancestrales, et remet même en
doute l’existence du Tchad en tant que Nation capable d’assurer à
sa jeunesse la satisfaction de ses besoins fondamentaux, entre autres,
se nourrir, se vêtir, se soigner, se loger, etc., sans la moindre
offense de la conscience.
Au
seuil du nouveau millénaire où se profilent les richesses et la
multiplication des besoins artificiels, la jeunesse tchadienne est
toujours à la recherche de la satisfaction de ses besoins vitaux dont elle est incapable d’assurer le strict minimum sans
vendre son âme ni sa dignité.
Ranger
dans l’oubliette la notion de la débrouillardise dans un pays ou l’économie
tourne plus lente que la marche d’un caméléon, la jeunesse
tchadienne engorgée par la souffrance et n’ayant aucune autre porte
de sortie que celle de l’alcoolisme, a confisqué son avenir et son
droit d’être heureuse en empruntant ce sentier morbide.
Ce
n'est pas surprenant au Tchad de voir, pour besoin d’un verre et/ou d’une calebasse
d’alcool, les gens s’adonner à n’importe
quoi.
Aujourd’hui,
les Cabarets - Bars sont élevés au rang des meilleurs centres de thérapie
au Tchad où les jeunes prennent refuge afin de se guérir des maux de vie. Hypnotisé
sur cette pensée irréelle, le contrôle de soi n’a pu résister cédant
ainsi son trône à la misère, à l’immoralité, à la malnutrition,
à des maladies (le sida, la tuberculose pour ne citer que ceux-la),
causant ainsi des morts de façon géométrique dans les ménages
tchadiens.
Comme
si cela ne suffisait pas, « la sentence du diable est prononcée ».
A la porte de sortie de ces centres de thérapie (cabarets – bars)
se pointent les Sectes. Celles-ci élevées au rang des
meilleurs centres de psychologie au Tchad, récupèrent et endoctrinent
l’alcoolique (le tchadien vulnérable par l’effet de la thérapie).
Cette pratique basée sur des idéologies hors du bien être commun, ne
répondent qu’à la vision et aux objectifs visés par les gourous.
Bien
que la visibilité de la dérive de la jeunesse tchadienne soit aussi
claire que même un non voyant aurait aperçu, le gouvernement et la
classe politique à l’Assemblée Nationale du Tchad adeptes du
sadisme, ne manifestent aucun intérêt pour la mise en place d’un mécanisme
de lutte contre ce fléau. Par exemple initier et encourager la création
des centres de désintoxication – aménager des centres de loisirs –
enrichir les émissions culturelles à la télévision - contrôler les
horaires d’affaires des débits de boisson (les bars qui s’ouvrent
la plupart, de lundi au jeudi, à partir de 10 heures du matin et se
ferment à 22 heures, et fonctionnent 24h sur 24 les week-ends), etc.
Ils préfèrent, bien au
contraire, encourager, en octroyant davantage des patentes et licences
d’exploitation permettant aux Cabarets - Bars de se proliférer et
prendre en otage la population tchadienne. Ceci, dans le seul but de se créer
des richesses dont les tchadiennes et tchadiens ignorent la gestion et
les retombées. Si cette création de richesses ne serviraient pas à augmenter le ratio de
productivité des institutions financières et le mouvement des capitaux
dans les pays auxquels nos véreux gouvernants détiennent des comptes
bancaires anonymes (tout sauf au Tchad).
La
vulnérabilité d’une bonne partie de la jeunesse face au fléau de
l’alcoolisme menace le tissu social et la stabilité des foyers dont
les premières victimes sont les femmes et les enfants. Le gouvernement
et l’Assemblée Nationale n’ont pas le droit de rester muet face à
ce fléau. Ils doivent agir au plus vite, sinon ils seront complices du
suicide collectif d’une bonne partie de la population qu' ils prétendent
représenter.
Armand
Djedouboum Nadjibé
Ialtchad
Presse
|