

|
 |
 |
| |
Chronique |
 |
|

|
Chronique:
« Page
noire du débyisme »
Par
Bétoubam
Mbaïnaye
Article
paru le 15 Mars 2004 - Ialtchad
Presse |
|
« Page
noire du débyisme »
Regardez-le !
… Sacré général président aux anges parmi ses sicaires ! Au
train où il va, qui osera en ces jours contester la moindre parcelle de
son omnipotence ? Qu’est-ce
qui peut encore déverrouiller le grappin qu’il a mis sur le Tchad ?
L’homme, il faut le reconnaître, a le Tchad sous ses orteils et le
reste dans sa poche. Et comme le chantent les thuriféraires de son
parti, le MPS, admettons qu’Idriss Déby, le général président, est
tout simplement imbattable, indomptable ! La preuve ?
En
13 ans de pouvoir, il a échappé à 14 tentatives présumées de coup
d’Etat ; il a maté 17 rébellions à son régime ; il a
envoyé tous ses grands ennemis, ses « empêcheurs de
gouverner en rond » ad patres. Entre autres, je
cite Abbas Koty, Joseph Béhidi, Kétté
Nodji, Goukouni
Guet,
|
 |
| Laokein Bardé, Youssouf Togoïmi, Mahamat Guety… Outre ces
derniers, il a ordonné ou cautionné la tuerie de quelques 30 mille
Tchadiens (estimation FIDH). Il a ainsi « fabriqué »
plus de 80 mille orphelins et veuves à travers le territoire national.
Et ce n’est pas tout.
|
Le
04 mai 1998, alors qu’il recevait Moammar Kadhafi et une dizaine
d’autres chefs d’Etat et de gouvernement africains, venu à N’Djaména
pour, disait-on, « une prière pour la paix en Afrique »,
le général président, sans l’ombre d’un sourire, a vertement
fustigé « la démocratie clé en main imposée par
l’Occident. » Et il appelait, à la même occasion, à un
« retour à l’ère des caravaniers du Sahara d’antan. »
Joignant l’acte à la parole à l’effet de servir d’exemple à ses
pairs d’Afrique, il a dévoyé tous les textes et institutions
laborieusement mis en place par la Conférence nationale souveraine. Il
saucissonne toute l’opposition démocratique ; il a, soit mis en
quarantaine, soit envoyé en exil plus de 20 mille cadres tchadiens. Et
pour correctement mettre le pays en coupe réglée, il s’entoure
davantage de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de
fonctionnaires arrivistes, de mauvais généraux et des loubards plus
vampireux que les vampires.
Avec
ces derniers, il a basculé toute l’administration tchadienne dans la
prostitution et la corruption. Toujours avec eux, il a charcuté, comme
un boucher ivre, les collectivités territoriales du Tchad à la seule
aune de ses instincts morbides.
L’économie
tchadienne, elle, n’en est pas du reste : il a mis pratiquement
toutes les entreprises publiques et para-publiques du pays en faillite.
Je cite, entre autres, la Société textile du Tchad (Stt), la Société
nationale sucrière du Tchad (Sonasut), l’Office nationale des routes
(Ofnar), les Abattoirs frigorifiques de Farcha, l’Office national de développement
rural (Ondr), l’Officie national des postes et télécommunications (ONPT),
la Caisse nationale des retraités du Tchad (Cnrt)… Qu’à cela ne
tienne, il met, sur fond d’une macabre boulimie financière, la
CotonTchad et la Société tchadienne d’eau et d’électricité (Stee),
jadis appelées « Bijoux du Tchad », au bord de la
catastrophe. Il a, de ce fait, envoyé les cotonculteurs tchadiens au
creux de la vague ; et il contraint les quelques 10 % environ de la
population tchadienne qui ont accès à l’eau potable à un carême
forcé, il plonge les principales villes du pays dans une nuit sans fin
faute d’électricité.
Avec
toute cette lugubre performance, l’homme déclenche une manœuvre
tendant à modifier la Constitution en vue de se maintenir éternellement
au pouvoir. Acceptable, ça ?
Bétoubam Mbaïnaye
Ialtchad
Presse
|