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Chronique |
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Chronique
Lyadish:
«
À
propos du «
dialogue inclusif
» voulu par la CPDC
»
Par
Lyadish Ahmed
Article
paru le 17 février 2007 -
Ialtchad
Presse
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« À propos du «
dialogue inclusif
» voulu par la CPDC
» |
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Après
une brève hibernation, la confédération des partis de l’opposition
radicale réapparaît sur la scène politique tchadienne. On avait cru que
sa retraite temporaire avait servi au mûrissement des stratégies afin de
réviser les propositions politiques de paix et de démocratie qui
n’avaient guère reçu l’approbation du Gouvernement. Le constat est bien
loin des attentes. Pourtant, la récente réconciliation du Front Uni pour
le Changement (Fuc) avec le pouvoir de N’Djamena
laissait supposer une possible révision des positions habituellement
tenues par
la Coalition
des Partis pour
la Défense
de
la Constitution
(CPDC). Mais toujours avare de souplesse et de motivation dans sa stratégie
de restauration de la paix dans notre pays,
la CPDC
réaffirme plus que jamais son exigence d’un « dialogue
national non exclusif, c’est-à-dire engageant toutes les parties
prenantes et intéressées… ». Qui dit mieux ? Ou plutôt
qui exigera davantage ?
Sauf à vouloir pousser l’inconscience politique jusqu’à la
caricature, il me semble que l’impératif que pose
la CPDC
n’est pas réaliste. Il est indiscutable qu’un forum avec
l’ensemble des acteurs politiques est nécessaire dans un pays en
proie à d’interminables guerres motivées ni plus ni moins que par
les privilèges qu’accordent les fonctions de Président-dieu que Deby
a réussi à créer. Néanmoins, tout Tchadien sait que lorsque, les uns
après autres, les proches de Deby ont décidé de quitter le cercle du
pouvoir qu’ils ont contribué à affermir, ce n’était pas pour
revenir déconstruire ce même pouvoir en accordant plus de droits et
plus de libertés aux populations. Il faut être vraiment naïf pour
croire à une démagogie aussi grossière. Certes, certains Tchadiens
sont désormais rompus dans l’art de la naïveté volontaire et ont
applaudi le FUC le 13 avril 2006 au matin et acclamé Deby le même jour
au soir. Leur naïveté a fini par payer après la réconciliation du
FUC avec Deby et les retrouvailles de Laona Gong Raoul avec Hourmadji
Moussa Doumgor. Pourtant, qui aurait cru, une seule seconde, il y a
seulement quelques mois que le FUC accepterait de négocier séparément
son retour à N’Djamena ?
En posant, très tôt, l’exigence d’un dialogue « inclusif »,
la CPDC
avait naïvement cru que les visées guerrières des politico-militaires
étaient essentiellement motivées par l’état de la démocratie dans
notre pays. Paradoxalement, alors même qu’elle détient désormais la
preuve que les finalités poursuivies par les politico-militaires ne
sont pas celles qu’elle croit,
la CPDC
refuse toujours toute négociation avec le Gouvernement tant que ce
dernier ne crée pas « les
conditions d’un dialogue inclusif pour conjurer les démons de la
guerre et assurer au peuple tchadien le progrès économique et social
auquel il aspire légitimement ». Mais, on peut bien réclamer
la participation de tous les acteurs politiques à une conférence de réconciliation
nationale, exiger que Deby crée les conditions nécessaires à cette
participation, faire des propositions pertinentes pour sortir notre pays
de sa condition de pays arriéré. On peut toujours essayer, dans
l’intérêt de la nation, de trouver des solutions acceptables par
tous ceux qui croient pouvoir diriger le pays ; mais aucune
condition, aussi meilleure soit-elle ne sera jamais assez parfaite pour
des personnes qui ont d’autres motivations que l’intérêt de la
nation. Mahamat Nour a démontré que son « combat » pour
les valeurs de la démocratie n’était en réalité qu’un moyen pour
arriver à des fins personnelles. Lors de la négociation pour son
retour, le FUC n’a pas posé les conditions d’un
dialogue pluriel qui auraient pour but d’associer
l’opposition démocratique, dont
la CPDC. Demain
ce serait peut-être Mahamat Nouri, puis Timan Erdimi et tous les
« consorts » actuellement poursuivis par le Gouvernement qui
négocieront séparément leur retour au cercle qu’ils ont quitté.
La CPDC
continuera-t-elle d’exiger un « dialogue inclusif » ?
Un pari en ce sens ne serait pas risqué.
La politique est stratégie. Même si la cause défendue est noble, sans
stratégie, elle demeurera théorique. Dans un
pays comme le Tchad, la souplesse est une condition essentielle
dans les négociations politiques. L’alternative est l’affrontement
armé.
La CPDC
se doit d’intégrer cette réalité dans ses prétentions. Elle sera
sans doute salutaire pour le peuple tchadien. Ce qui n’est pas rien.
Lyadish Ahmed,
Ialtchad Presse
Pour vos observations :
lyadishahmed@yahoo.fr
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