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Chronique |
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Chronique:
«
Dis
moi ce que tu fais et je te dirai pourquoi tu es
encore là ».
Par
Mohamed KEBIR
Article
paru le 11 octobre 2004 -
Ialtchad
Presse
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«
Dis
moi ce que tu fais et je te dirai pourquoi tu es encore là
»
Une
autonomie vieille d'un demi-siècle. A l'euphorie a succédé
l'incertitude. Un solde éloquent : pillé par les uns, bradé, disséqué
et fustigé par les autres, voire simplement boudé par d'autres encore,
le Tchad, en tant qu'entité géographique constituant le cœur du
berceau de l'humanité et où vivent près de sept millions d'âmes,
subsiste, même si ce cœur de l'Afrique bat la chamade à un rythme
fort désordonné. Mais sa crise d'existence arrive au summum près de
quinze ans après que le régime de l'ex dictateur aurait été balayé par
la bourrasque de révolte qui s'est inspirée des retombées du sommet
de la Baule en juin 1990 sous l'égide de François MITTERRAND.
Le
temps semble s'être arrêté par-dessus
l'autel de la torpeur pour cette entité de tchadiens rendus irascibles
par le mode de la gouvernance actuelle au Tchad. Cependant il convient
hic et nunc de transcender
les futilités ainsi que cette considération obscurantiste et de
soumettre les faits au monde impartial.
Aux heures qui suivirent l'agonie de l'ère Habré, après s'être
rendus compte que le "lion" a effectivement plié bagages et décampé,
la quasi-totalité des « lionceaux » - du moins ceux d’entre eux qui
n’ont pas pu partir avec le fugitif - se constituèrent en comités
d'accueil et, par vagues successives, ils prirent la route à la sortie
Est de N'djamena, tous véhicules confondus, arborant des logos et
scandant des slogans voire entonnant des chansons pour accueillir les
nouveaux " libérateurs". C'était fin novembre 1990.
A N'djamena, des automobiles laissaient entrevoir sur leurs portières
des affiches inhabituelles : "A bas l'UNIR"; "Vive le MPS"...
Un métamorphisme « métampsychotique » supplantait les vieilles
habitudes. A partir de ce moment-là, l'ancien Président devient
l'ennemi public numéro un tandis que le nouveau chef de l'Etat est
quasiment vénéré. Ces mouvements d’accueil se sont intensifiés non
pas parce qu’un « dictateur destructeur » part et qu’un « libérateur
constructeur » arrive, mais plutôt c’est pour se faire remarquer
puis espérer gagner une place quelconque dans la « mangeoire », avec les nouveaux venus.
Les
agissements mesquins et les mendicités des postes de responsabilité;
les marchandages de toutes natures - indignes d'une bonne éducation -
qui se négociaient auprès des proches du tombeur du fondateur de l'UNIR
font naître toute une série d'idées dans la tête de celui-ci, car il
les connaît bien pour avoir collaboré avec la plupart d'entre eux au
sein de l'ex parti unique. Ainsi, le nouveau "Maître de
N'djamena"s'est désolidarisé petit à petit de son véritable
projet (celui qu'il avait mijoté lorsqu'il était au maquis) puis il en
a improvisé d'autres au fur et à mesure puisqu'il s'est rendu compte
qu’il a affaire à des personnes qui ne sont rien d'autres que des
mendiants politiques sans scrupules qualifiés de " politicards aux
petits pieds".
Les destinées du peuple tchadien vont traverser des moments sombres
(avec quelques éclaircis çà et là), difficiles et incertaines car
c'est avec des tâtonnements et beaucoup d'erreurs que les affaires du
pays vont être gérées.
Dans
l'obscurité, une étincelle est décelable même au lointain. La Conférence
Nationale Souveraine (CNS) qui a feint de rassembler les Tchadiens de
toutes les sensibilités sous une même bannière - au sein d'un édifice
flambant neuf - afin d'édifier les nouvelles bases d'une société démocratique,
s'est avérée un club au sein duquel le partage du "gâteau"-
terme employé par les conférenciers - n'a pas été fait à parts égales
(il y en a qui se sont même plaints de n'avoir rien obtenu comme part
à l'issue de ses assises), a créé plus de problèmes qu'elle n'en a résolus,
car ses résolutions n'ont jamais été respectées en tant que telles
d'une part, et d'autre part, la quasi-totalité de ceux qui ont eu le mérite
de diriger ses travaux ont été très mal remerciés puis contraints de
(re)prendre le chemin de l'exil. Etant d’ailleurs en partie entachée
de règlements de compte verbaux et de rigolades, la CNS n’a tout au
plus eu que le mérite d’avoir lieu.
Pourquoi
en est-on arrivé là ? Un constat s’impose en effet. L’expérience
a démontré fort scrupuleusement qu’au Tchad, tous ceux qui se sont
agités de créer des Partis politiques, des associations ou ceux qui
ont dû opter pour la rébellion armée doivent fonder leurs raisons
autour de l’appât du gain. Or, le régime de l’ère démocratique a
aussi et surtout pour principale idéologie : l’enrichissement avec
toute son acception. Et cette raison interne s’explique par la prise
du pouvoir par la force des canons au nom de la démocratie en décembre
1990. Autrement dit il a fallu des sacrifices humaines pour cela. Face
à cette situation, il apparaît tout à fait normal qu’il y ait des
tempéraments répulsifs qui animeraient les « forces » en présence.
Et la grande muette qu’on appelle la société civile dans tout ça ? Elle est naturellement acculée à demeurer
passive puis se contenter de la survie la plus humble tant et si bien
que l’on est éberlué par la question de savoir de quoi vivent nos
concitoyens face à la précarité engendrée par d’un côté les gouvernants et de
l’autre les opposants. C’est elle qui en pâtit et pourtant, il est évident
que nous nous évertuons à souligner qu’il n’y a que trois (3) manières
d’exister dans la société : il faut y être mendiant, voleur ou
salarié.
Il
n’en demeure pas moins que le plus scandaleux c’est de voir le
salarié voler ! Que va alors faire le non salarié, c’est-à-dire
celui qui volait habituellement pour survivre ou encore celui qui était
réduit à la mendicité ?
Par
dé là le voile des apparences, l’opinion publique tchadienne ne peut
se prévaloir aujourd’hui de citer ne serait ce qu’un seul nom qui
pourrait réaliser l’exploit là où les autres ont échoué si ce ne
sont des noms dont les auteurs auraient brillé par des actes négationnistes
au détriment de l’Etat et de ses humbles citoyens.
Autrement dit qui peut, malgré tout, faire mieux par rapport au mode de
la gouvernance actuelle au Tchad ?
La
chasse aux intérêts égoïstes est un système qui s’est constitué
à longueur de temps et a fini par devenir un comportement quotidien. Et
ça déshonore la dignité d’un peuple.
Jusqu’au jour d’aujourd’hui, plus personne des centaines de
milliers de tchadien(ne) s instruit(e) s ne semble avoir accédé
à cette maturité de faire de la cause nationale une préoccupation
personnelle. Il faut spécifier que le pays est en droit d’attendre de
chacun des citoyens un investissement personnel et ce, à vie ! Pour
cela, le Tchad a besoin d’avoir des dirigeants éveillés et
imposants, capables de se poser toutes les questions fondamentales qui
se sont posé ailleurs et qui se posent surtout avec acuité ici et dont
les réponses pourraient servir de canevas pour cerner la problématique.
Des dirigeants qui pourraient s’inspirer des fondements mêmes du
Tchad : l’UNITE, le TRAVAIL et naturellement le PROGRES. Le processus
paraît long certes, mais un quinquennat suffit largement pour dresser
l’échafaudage. Il va être question de relais de missions par la
suite. Car un bon exemple va faire coutume par la suite. La devise de la
République est évocatrice. Les premiers dirigeants du Pays ne l’ont
pas choisi par hasard. Et l’Histoire n’en retiendra pas moins leur
éphémère gloire, celle d’avoir cru à l’UNITE de toutes les
couches sociales de la République. Parce qu’ils ont compris que seul
ce cas de figure qui constitue la condition sine qua none afin que le
TRAVAIL, oui, ce moyen qui est facteur du développement de la Patrie,
puisse permettre la construction du Tchad et partant, le PROGRES
couronnera les efforts méritoires de la Nation sous le regard impulsif
de ses dirigeants.
II
faudrait qu’une chose se sache : un homme seul ne peut bâtir une
Nation, moins encore un régime, lorsqu’il ne possède
pas des prédispositions. Il faudrait une prise de conscience
nationale collective. Le CIVISME, ce vain mot a toute son importance
quant au comportement d’une Nation au sein d’un Etat souverain. Une
discipline qui ne doit pas seulement être enseignée dans tous les établissements
(primaires, secondaires voire à l’université - tous cycles
confondus) mais également
dans tous les milieux sociaux. Le citoyen doit CONNAITRE ses Droits,
mais également ses Devoirs.
Un Tchad personnifié peut-il compter sur ses enfants pour le sortir de
cette geôle du désespoir ? Et voudra-t-il éprouver la moindre lueur
de fierté vis-à-vis de ses enfants ?
Si l’on s’arroge le droit de répondre par l’affirmative,
doit-on être en mesure de dire quand et comment ? Pourtant, ce pays
aurait dû occuper la place qui est la sienne depuis fort longtemps.
Qui
s’est soucié de créer un parti politique ou fonder une association
parce qu’il est animé d’une volonté de construire sans arrière
pensée le Tchad ? Qui a pu ou su réaliser une quelconque oeuvre (sur
tous les plans) et dont les populations tchadiennes auraient jouit de
ses retombées ?
Les populations tchadiennes demeurent martyrisées sur l’autel de
l’imbroglio de la géopolitique orchestré de toutes pièces et de
l’amalgame de l’ethnocentrisme.
Le peuple tchadien doit s’approprier de l’obligation de ne pas
donner l’impression à l’opinion internationale qu’il est né de
la dernière pluie, parce que l’Equateur passe par-dessus la pénéplaine.
La grande question qui se pose aujourd’hui est de savoir s’il y a
des INTELLECTUELS au Tchad. Si oui, qu’est ce qu’ils sont en train
de faire ? Se sont-ils contentés de ranger le « savoir » qu’ils détiennent
sous leurs lauriers parce qu’ils trouvent leurs comptes dans le système
? Qu’ils sachent qu’ils sont interpellés ! On ne doit pas passer
plusieurs décennies à quérir le savoir aux universités pour se résoudre
au bout du compte à demeurer en grand spectateur face aux maux qui
annihilent l’existence de l’Etat. Qui doit construire le Tchad si ce
ne sont ses fils et filles d’une part et si ce n’est les plus
instruits qui devraient servir de guides aux moins instruits d’autre
part ?
Une
nouvelle génération de tchadien(ne) s
est en train de se dégager de ce labyrinthe. Oui, transis de
tous les maux, de la honte
et du désespoir, beaucoup sont ceux-là qui ont souhaité partir se
faire une vie ailleurs. D’autres ont purement et simplement renié
leur nationalité ou encore il y a ceux qui se sont vus dans
l’obligation de faire du cahot qui règne-là un cheval de bataille
afin de se faire des raisons d’insertion dans d’autres sociétés.
Et à propos, Thomas JEFFERSON n’a pas manqué à l’inspiration qui
suit et avec lui, nous devons tenir pour évidentes par elles-mêmes les
vérités suivantes: « Tous les Hommes naissent libres et égaux en
droit et en dignité. Ils sont doués par le Créateur de certains
droits inaliénables. Parmi ces droits se trouvent: La vie, la liberté
et la recherche du bonheur».
Le plus remarquable des cas, c’est aussi de constater que des
bacheliers qui prennent l’initiative de partir d’eux-mêmes, par
leurs propres moyens, s’inscrire dans des établissements
d’enseignement supérieur de par le monde assumant bien entendu toutes
les conséquences qui logiquement devraient en découler. Car
l’expression de « l’obtention
d’une bourse d’études » est quasiment bannie du langage au Tchad
si ce n’est moyennant une fortune. Les bourses d’étude sont généralement
données à des personnes dont les niveaux ne permettaient pas
d’entrer dans les établissements d’enseignement supérieur, et
surtout à l’Etranger à bien des occurrences.
La corruption est devenue un rituel quotidien qui semble guérir les céphalalgies
chroniques. Ironie du sort, elle trouve sa source à la Justice ! Outre
ce qui se passe dans les coulisses et autres recoins des quartiers,
cette pratique d’un autre âge s’extériorise puis devient un secret
de polichinelle à l’approche des échéances électorales : nos «
magistrats » se retrouvent avec des véhicules flambant neufs et
s’enorgueillissent à circuler avec dans les étroites rues de la
capitale comme pour dire aux populations : « La corruption et
l’intime conviction ».
Beaucoup sont ceux de nos compatriotes victimes quotidiennement de
flagrantes violations de leurs droits et autres traitements injustes,
mais qui n’osent pas porter les litiges devant les tribunaux pour la
simple raison qu’ils n’accordent aucune confiance aux juges d’une
part et parce que la partie adverse pourrait avoir des moyens
susceptibles de corrompre les juges et basculer l’affaire en sa faveur
d’autre part.
Un
système sciemment orchestré, entretenu et perpétué. A qui la faute ?
Une grande part de responsabilité incombe inéluctablement à cette catégorie
de concitoyens dont la passivité téméraire pousse à
se livrer à des pratiques abjectes : la mendicité des postes de
responsabilité. Des transactions de toutes natures (parfois des trocs)
sont envisagées afin d’accéder aux dits postes. Mais après
obtention de gain de cause, le ménage va devoir sa longévité moins à
l’harmonie du foyer qu’à la peur du divorce. Ces gens ne vont pas
mettre longtemps et ils le savent parfaitement. Alors il faut faire vite
avant qu’il ne soit trot tard. Et ils profitent pendant ce laps de
temps pour vider les caisses de l’Etat sinon remplir les poches. Et le
cycle tourbillonne. Le stratagème du régime consiste (puisqu’il y a
des nécessiteux) à faire participer puis impliquer tous les mîtes
dans le carnaval du désordre. Ceux
qui sont répudiés au profit des autres vont généralement se révolter
et de ce fait vont rehausser les rangs de l’opposition. D’autres
vont prendre ou reprendre le chemin
du maquis s’ils n’ont pas choisi de s’exiler dans un
pays d’accueil.
En somme, sur tout ce qui se passe en ce moment par rapport à la
gestion de la chose publique au Tchad, ceux qui prétendent constituer
l’opposition demeurent coupables parce qu’ils en sont en partie
responsables pour avoir pris part au désordre dans le temps et dans
l’espace. Puisqu’ils ont été
impliqués à un moment ou à un autre de leur vie, à la gestion
des affaires de l’Etat.
Outre leurs mauvaises
conduites, le pouvoir, par un subterfuge, les a attirés dans le jeu
afin de mieux les utiliser et connaître leurs points faibles. Il les a
congédiés par la suite à tour de rôle.
Par
ces comportements « moyenâgeux », ces gens, par
l’inadvertance la plus ignoble, ont fini par faire adopter un autre
comportement au fondateur du MPS. Car celui-ci a réalisé, depuis la
fin des travaux de la CNS jusqu’à nos jours, qu’il n’y a pas une
opposition digne de ce nom qui puisse l’empêcher
d’agir comme il l’entend, d’autant plus qu’il les a
presque tous utilisés et connu leurs faiblesses.
Pour preuve, tous ceux qui accusent le pouvoir actuel de mal faire sont
généralement ceux qui en ont été les serviteurs malheureux d’une
part et ceux qui en ont servi de cobaye de l’autre. Lorsqu’ils ont
été à la sphère quelconque de l’Etat, ils n’ont pas brillé que
par la médiocrité. Dans la plupart des cas, ils n’ont pu user
d’aucun pouvoir de décision de peur de se voir répudier de leurs
postes. Le but ultime se focalise seulement autour de l’idée de
servir le chef et à l’occasion, s’enrichir.
Construire des maisons en dur (ce qu’ils appellent villas) ; acheter
des pacotilles ou investir ailleurs en pillant les biens de l’Etat ne
constituent pas ce que la conscience nationale appelle CONSTRUIRE LE
TCHAD.
Tant
d’entorses aux traditions ne pouvaient pas ne pas susciter rumeurs et
interrogations.
Pourquoi l’usufruitier du Palais rose s’est-il arrogé cette velléité
de modifier la loi fondamentale de la République ? Pourquoi plusieurs
mois après avoir osé cette initiative, accuse-t-il des manœuvres
dilatoires quant à la promulgation de l’ordonnance ? Pourquoi,
conformément aux disposition de la Constitution, ne l’a-t-il pas fait
dans les vingt et un (21) jours qui ont suivi l’adoption de la novelle
loi par l’ « Assemblée nationale » ?
Les
raisons sont les suivantes :
- Primo : ce sont les agitateurs politiques qui ont émergés sur la scène
politique nationale à partir de 1990 à nos jours qui ont aiguisé les
appétits du locataire actuel du Palais rose. Ils ont une bien triste célébrité
dans l’art de la tenue du double langage. Lorsqu’ils réussissent,
après être passé par personnes interposées, à le rencontrer, ils
oublient qu’ils sont eux aussi des personnes dignes et qu’il faille
raisonner dans le cadre de la responsabilité à assumer pour trouver
des solutions adéquates aux problèmes qui défient l’existence même
de l’Etat, mais plutôt ils exposent leurs problèmes personnels, et
demandent sans broncher à ce que le Président leur accorde une
quelconque aide financière ou alors être embauché quelque part et en
contrepartie ils deviendront des satellites du parti au pouvoir, tandis
que dans les milieux
habituels, ils racontent autre chose.
-
Deusio : lorsque la décision de modifier l’article 61 de la
Constitution était prise, il a fallu attendre de voir pendant un bon
moment, s’il y ait une véritable réaction de l’opposition, de la
société civile ou du peuple tchadien tout court face au « coup d’Etat
constitutionnel ». Rien n’y fait. Mais sous d’autres cieux, les
citoyens se hâtent plutôt de sacrifier leur vie pour la cause
nationale ! Et Albert CAMUS qui disait : « Il n’y a pas de
héros vivant » ne nous démentira pas.
Quelle est cette peur qui anime les habitants du cœur du berceau de
l’humanité - le Tchad ? A-t-on peur de quoi ? De mourir ? Mais on
doit toujours mourir de quelque chose ! Et pourquoi pas s’il le
fallait pour la cause patriotique ? Le Pouvoir ne peut pas anéantir le
peuple in extenso parce que celui-ci réclame une meilleure condition
d’existence, de vie, même s’il se permettait de déchaîner tout
son arsenal contre les populations !
En pareilles circonstances, c’est l’opposition (si opposition il y
a) qui doit se résoudre à prendre toutes ses responsabilités -
puisqu’une opposition digne s’oppose à l’action négationniste du
gouvernement par rapport aux valeurs républicaines - afin de
contrecarrer, avec toutes les conséquences que cela pourrait générer,
cet acte antidémocratique
pour que les acquis du peuple tchadien soient préservés. Le rôle de
l’opposition n’est pas de s’opposer systématiquement à toutes
les initiatives (parfois utiles pour le pays) entreprises par le
gouvernement certes, mais plutôt de s’opposer aux idées néfastes
ayant pour but des visées électoralistes ou servant à des profits ou
intérêts égoïstes. Hélas. Il n’en est pas le cas. Ce qui porte à
croire avec la certitude quasi absolue, qu’il n’y a point
d’opposition au Tchad.
Un
Tchad personnifié voudra t-il éprouver la moindre lueur de fierté
vis-à-vis de ses enfants? Où ira -t-on avec cette allure ? Par quels
arguments parviendra - t - on à convaincre ces observateurs
internationaux qui n’arrêtent pas d’avoir des sentiments nihilistes
quant à tout ce qui concerne le Tchad ? Quel est celui, de tous ceux
qui présentement s’acharnent à oser gouverner le Tchad, qui pourrait
faire mieux ? Qui, en lieu et place de l’actuel chef de l’Etat, est
celui qui prendrait l’initiative de céder sa place à d’autres qui
viendront peut-être conduire le Tchad vers un désastre encore pire que
tous les maux dont a souffert le peuple tchadien jusqu’aujourd’hui ?
Que l’on se pose toutes ces questions et que l’on ait le courage de
regarder cette triste réalité en face. A partir de ce moment-là que
l’on n’accuse plus personne d’autre si ce n’est soi-même.
Nous sommes tributaires à cette terre tchadienne qui nous porte, mais
aussi qui nous supporte malgré que nous soyons encore en dé çà de ce
qu’elle attendait de nous : faire d’elle ce que d’autres ont fait
de leurs terres natales.
Qui l’eût cru si ce ne sont les Tchadiens eux-mêmes, qu’au moment
actuel où le reste du Monde a atteint
l’apogée du développement et, de surcroît, il y en a qui
vont même s’aventurer à aller construire sur d’autres planètes,
notre pays se trouve comme à l’époque primitive et inexorablement
menacé d’engloutissement par le désert.
Pourtant, avec une volonté ferme d’un gouvernement ambitieux, déterminé
et animé d’une hantise de construire le Tchad, on pourra arriver à
bout de toute la problématique.
Avec une politique dite de "l'arme verte"(au lieu d'acheter
des armes de guerre qui ne servent à rien si ce n'est
pour dissuader les citoyens) qui privilégiera de véritables
campagnes "chlorophyllanthropiques" sur toute l'échelle
nationale; avec une politique d'envergure nationale dite "le rideau
vert"- en procédant à l'installation des brise-vent à la frontière
entre les zones sahariennes et les zones sahéliennes du pays - en
mettant l'accent sur les besoins réels que ce genre de chantiers nécessitent
: les énergies solaire et éolienne, le Tchad pourra émerger, voire
renaître de ses cendres !
Il n’est pas du tout difficile de trouver des solutions aux graves
crises que traverse le Tchad. Il est seulement difficile de trouver de
leaders capables de mettre la bonne huile dans les rouages de la machine
afin que celle-ci puisse trouver le rythme normal de sa bonne marche.
Pour cela le pays a besoin d’un gouvernement compétent qui saurait
placer les hommes qu’il faut aux places qu’il faut, c’est-à-dire
les Jeunes Cadres Dynamiques (JCD). Et des JCD, le Tchad n’en manque
pas !
Cependant, les JCD, quant à eux, qu’ils se fient en priorité à leur
esprit d’initiative. Qu’ils aient des prérogatives de créativité
et non se contenter d’attendre d’être nommés à de quelconques
postes de responsabilité. Qu’il leur appartienne de penser à créer
des entreprises privées et cela leur permettra d’entrer dans la vie
active en attendant... Les résultats de telles initiatives permettront
de résorber le chômage. Une façon d’agir autrement pour contribuer
à la construction du Tchad.
Par ailleurs, si la confiance régnait, une
cotisation trimestrielle et par tchadien de 100 Francs CFA,
soient 400 Francs CFA cotisés par chaque tchadien au cours d’une année
nous donnera :
* 7 000 000 X 400 = 2 800 000 000 (deux milliards huit cents
millions de Francs CFA) par an. En dix ans, nous pouvons nous retrouver
avec la somme de : 2 800 000 000 X 10 = 28 000 000 000, (vingt-huit
milliards de Francs CFA) ce qui nous permettra de construire la vitrine
de notre pays, la capitale N’djaména. Oui, il est permis de rêver,
surtout lorsque le rêve paraît plus véridique que la réalité !
Vu
qu'on est arrivé, par la faute des uns et des autres, au stade actuel
de l'existence, n'est-il pas mieux indiqué de laisser le temps au
temps pour remédier à la situation qui prévaut en ce moment au Tchad
? Tellement on a l’impression que les gens, de
ce côté-là, ne semblent exister que pour la forme et non pour VIVRE !
«
La vérité n’est pas plus à moi qu’à toi, mais q’elle est
devant nous » devraient reconnaître VERGES et HUISMAN, peu de temps
avant d’être rappelés à l’Etre Suprême devant qui ils sont allés
rendre compte. C’est aussi pour dire par ailleurs que, quels
qu’aient été le rang qu’il se serait usurpé et la fortune qu’il
aurait thésaurisée, l’Homme, à la fin de son séjour ici…sera
inhumé à même la terre, en cette circonstance ultime, recouvert
seulement soit d’un linceul blanc soit ensevelit dans un cercueil.
Mais avant d’en arriver là, pourquoi ne penserait-on pas à faire
d’abord un geste hautement patriotique pour ce pays qui en a tant
besoin ?
Tous
les Tchadiens et toutes les Tchadiennes, où qu’ils se trouvent sur
cette planète, sont invités à se rendre impérieusement à l’évidence,
que le Tchad est en droit d’attendre de
chacun de ses fils et filles un investissement personnel pour sa
construction.
Il
appartient à chacun(e) de s’y consacrer avec beaucoup mais alors énormément
de :
- Ténacités
- Courages
- Habiletés
- Ardeurs
et
- Dévouements.
La
Patrie ne manquera sûrement pas d’être reconnaissante vis-à-vis de
ses patriotes !
Mohamed KEBIR,
Correspondant permanent de
Radio DJA
FM et de Ialtchad Presse à Paris
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