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Chronique |
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Chronique:
«
Incompétence
et dérobades:
La preuve par l'aveu »
Par
Lyadish
AHMED - Ialtchad
Presse
Article
paru 04 octobre 2005 |
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«
Incompétence
et dérobades: La preuve par l'aveu »
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Idriss Deby est incompétent. Il l’a
d’ailleurs toujours été. A cela nul ne peut plus avancer
d’argument contraire. Le
personnage lui-même ne s’en cache plus. Il s’est autorisé le
courage, ces derniers temps, de
prouver à de multiples occasions que ceux qui depuis longtemps
jugeaient qu’il n’était pas apte à diriger le Tchad n’avaient
finalement pas tort. Un tel aveu ne peut passer inaperçu. Si les
internautes qui ont l’habitude d’intervenir dans les différents e-forums
de discussions n’ont pas jugé intéressant de s’arrêter sur ce qui
peut sembler être un détail, je décide de m’y intéresser. Ce
spectacle de stratégie sans substance mérite d’être commenté.
Idriss Deby est, on l’a toujours dit, ignoble,
fourbe et menteur. On dit aussi qu’il est malin, stratège et
manipulateur. Tous les Tchadiens savent qu’il n’est pas un honnête
homme. Seulement, ces défauts qui lui collent à la peau passent pour
être des qualités. La politique n’est-elle pas, grossièrement l’« art
de tromper les hommes » ? Et pourtant Deby n’a jamais lu
d’Alembert. Il n’a d’ailleurs jamais rien lu. Il en est tout
simplement incapable.
La preuve. En début du mois d’août dernier,
pour la énième fois en quinze années de pouvoir, Idriss Deby, sur
proposition de son Premier ministre en exercice, signe un décret de
nominations à des postes ministériels. Ce n'était pas un scoop. Les
noms des heureux « élus » circulaient déjà depuis bientôt
trois mois auparavant. L’inattendu sortait d’une pochette-surprise :
deux autres nominations, un jour plus tard, complètent la liste
principale. Les Tchadiens
sont habitués aux rumeurs. Ils ont perdu l’habitude des primeurs. Les
réactions ne se furent pas attendre. Ces nominations étaient jugées
comme étant la preuve que le président cède désormais aux
sollicitations des partis de l’opposition qui justifient d’un poids
politique mesuré lors du référendum. Les Forces vives de Djasnabaille
en fournirait l’exemple. Une telle interprétation conforte aisément
la thèse selon laquelle I. Deby est un stratège politique. Il n’en
est pourtant rien. L’explication se trouve ailleurs : Idriss Deby
est incompétent. L’acte de nomination prouve que le président n’a
jamais lu la liste des personnes proposées à des postes ministériels.
L’aurait-il fait, c’était assurément en diagonale.
Plus récemment, interrogé sur France 2 au sujet
d’un reportage télévisé mené dans un centre d’éducation
islamique à N’Djamena où les Traités sur les droits de l’enfant
et l’ensemble des règles constitutionnelles tchadiennes sur la liberté
individuelle sont systématiquement violés par des individus qui font
officiellement commerce de l’Islam (gestion des centres de formation
coranique et mosquées dont l’utilité reste à démontrer pour un
pays comme le Tchad dont la population réclame instamment de l’eau),
I. Deby prétend ignorer l’existence de semblables lieux et promet de
prendre des mesures adéquates contre la pratique dénoncée qui y règne.
A cette manie de se dérober, le président ne fait pas ses premières
armes. Déjà interrogé sur l’interpellation arbitraire des
journalistes, il avait prétexté l’ignorance ; voulant
hypocritement signifier par cette attitude une prétendue non-ingérence
dans le domaine judiciaire. Or, ne pouvant échapper à l’incompétence
notoire qui le caractérise, I. Deby s’était tout simplement pris à
son propre jeu, piégé par la stratégie qu’il avait lui-même
instituée. Au secrétaire général de l'association de défense
de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) Robert
Ménard qui était venu lui demander de libérer deux des journalistes
incarcérés, Idriss Deby s'y était engagé « quelle que soit l'issue
de leur procès en appel ». L’ingérence est cette fois-ci sans appel. L’incompétence
bien davantage.
Un autre exemple ?
Interrogé par le Figaro au sujet d’un rapport récent qui dénonce
les détournements des revenus pétroliers, le chef de l’Etat avance
l’argument péremptoire : « Je ne l'ai pas lu ! ».
Décidément, I. Deby ne lit jamais. Regarde-t-il au moins la télé ?
Rien n’est moins sûr. Logés, nourris et blanchis lui ainsi que les
membres de sa tribu au frais de la Princesse, I. Deby conteste
royalement que le Tchad s’appauvrit. Le « tchad »
s’enrichit et se construit bien au contraire. Et comme pour démontrer
une fois de plus qu’il est rompu à l’art de la dérobade, il rappelle
à qui veut bien le croire que ce n’est d’ailleurs plus lui qui a négocié
le partage de la rente pétrolière, mais ses prédécesseurs en 1988,
soit deux ans avant son coup d’Etat. Finalement, si « en
politique la stupidité n’est pas un handicap », l’incompétence
est incontestablement un vice. I. Deby semble avoir épuisé son découvert !
A moins d’un ultime et irréversible sursaut d’honnêteté, la
confiance perdue du peuple ne lui sera pas renouvelée. De toutes les façons,
les Tchadiens ont déjà jugé. Leur opinion est faite. Elle est irrévocable.
Lyadish
AHMED
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