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Chronique |
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Chronique:
« Entre
soldats d’opérette et fantôme
de Katioucha, l’opposition démasquée
»
Par
Lyadish
AHMED
Article
paru le 15 avril 2006 -
Ialtchad
Presse
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« Entre
soldats d’opérette et
fantôme de Katioucha, l’opposition démasquée
»
Par
Lyadish
AHMED |
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Radio et
Internet ont suffisamment rappelé le caractère burlesque de
l’attaque de N’Djamena par les éléments égarés du FUC à qui on
aurait fait croire que la capitale s’offrira d’elle-même à l’exemple
des autres villes du pays temporairement « libérées » sans
résistance. Rejoignant Deby dans son analyse de l’attaque, les
médias ont fini par admettre que « ce raid n’obéit à aucune règle
stratégique militaire. C’est un suicide.» À l’annonce des tirs
d’armes lourdes au Nord de la capitale on avait cru pourtant, avec
naïveté à moitié feinte, à un probable déluge de feu servi par les
rebelles sur N’Djamena. Ceux des internautes qui lisent
régulièrement les communiqués du FUC se souviennent sans doute qu’à
la veille de l’offensive, précisément le 12 avril, le très sérieux
Dr. Albissaty Saleh Allazam nous annonçait avoir récupéré dans une
de leurs batailles « 1 orgue de Staline…., en bon état ». J’ai alors
été bluffé, et pour cause! Disposer d’une arme comme Katioucha –
orgue de Staline – dans une offensive contre Deby, dont on
disait sérieusement affaibli,
c’est |
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assurément
gagner la guerre avant même de l’avoir commencée. Curieusement,
c’est l’inverse qui s’est produit. Les rebelles ont perdu la
bataille de N’Djamena avant même de l’avoir commencée. |
N’étant pas
satisfait des explications de Deby et des médias sur la débandade, j’ai
attendu de voir le bilan de l’opération avant de juger. Deby nous a, de
fait, exhibé, comme au temps d’Habré, les mercenaires faits prisonniers
ainsi que les armes récupérées. On aura tort de ne pas le croire. Comme
tout bilan, le bilan des combats peut contenir une part de vérité. Ce
n’est toutefois pas le lieu de disserter longuement sur l’importance du
butin de guerre. À l’instar de tous, j’ai simplement constaté d’une
part, qu’il n’y avait point de Katioucha parmi les armes récupérées et,
d’autre part, que les éléments du FUC – que Deby ne reconnaît pas
comme tels, réaffirmant ainsi une fois de plus son mépris des
politico-militaires – étaient des enfants ; véritables chairs à
canon. Je me suis alors interrogé : où sont passés les rebelles,
c’est-à-dire les Tchadiens adultes qui combattent Deby ? Se sont-ils
stratégiquement cachés ou ne seraient-ils finalement que Soldats
d’opérette dans les treillis de Commandos hyper entraînés ? Qu’en est-il
des autres groupes rebelles ? Pourquoi l’opposition démocratique ne se
prononce-t-elle pas sur ces événements ? Jusque-là pas de réponse !
Alors, face à la honte de rappeler quelques évidences, les événements du
13 avril m’en imposent le devoir. S’il fallait choisir un maître mot
pour désigner les ‘‘opposants’’ à Deby, un concept qui ordonnerait tous
les autres, celui d’égotisme, me paraît celui qui conviendrait le
mieux.
C’est
d’abord ce constat qu’Alwihda – la voix de l’opposition
politico-militaire – qui alliait au début de l’opération,
propagande, fausses informations et contrevérités se terre étrangement
depuis jeudi dans un silence absolu. En effet, Alwihda qui annonçait
triomphalement la fuite de Deby la veille de l’opération, ne s’explique
pas sur la présence effective du chef de l’État dans la capitale le
jeudi 13. Ailleurs, on se serait excusé auprès des lecteurs d’avoir
diffusé des fausses informations. Sans éthique point de
professionnalisme ! Mieux, Alwihda qui s’insurgeait il y a peu, contre
des prétendues rafles des jeunes tchadiens par les autorités, refuse
hypocritement cette fois-ci, de se prononcer sur l’enrôlement des
enfants par le FUC. Ce parti pris d’obscurité s’étend aussi aux
accusations faites à la France d’avoir massacré les Tchadiens. Sauf à me
traiter d’extraterrestre, je ne crois pas que le FUC distribue des
fleurs aux populations chaque fois qu’il lance son offensive pour
« libérer » une ville. Est-il bien honnête de mettre un voile pudique
sur nos propres tares et désigner à la vindicte celles des autres ? Rien
n’est plus abject que de chercher à justifier pour soi-même ce dont on
prétend reprouver lorsqu’il s’agit des autres.
C’est
ensuite, l’attitude des autres groupes politico-militaires qui m’a
interloqué. Souvenez-vous, récemment encore, un contradicteur nommé Taboïngar
– qui bizarrement ne se rappelle plus comment s’écrit son nom et nous
revient désormais en tant que Tabongar – me demandait d’éviter de
« nuire au changement que tous les Tchadiens souhaitent » par mes
« interprétations tendancieuses ». C’est cet impératif que posent aussi
depuis toujours ceux qui ont choisi de renverser Deby par les armes : le
changement souhaité par tous les Tchadiens ne doit pas être critiqué.
Mais alors, où étaient passés ces libérateurs au moment où le FUC
lançait son offensive depuis Haraze Mangueigne jusqu’à N’Djamena ?
N’était-ce pas là le « moment ou jamais » il fallait en découdre
définitivement avec ce « régime sanguinaire, corrompu et clanique » ? Du
SCUD au MDJT en passant par le RaFD, l’ANR, le CPR et autres groupes
prétendument armés, il n’ y avait eu la moindre réaction. Et pourtant,
Dieu sait combien de fois ont-il claironné disposer d’assez de
ressources et rassembler leur force pour la « cause commune » qu’est le
renversement de Deby ! Les raisons de la non participation des autres
groupes à l’offensive du FUC résideraient, selon Timan Erdimi Président
du RaFD interrogé par RFI, sur le fait qu’ils n’avaient pas été
« informés ». L’auraient-ils été ? « On aurait rectifié quand même un
peu le tir » selon Timan. En réalité, les autres groupes ne se seraient
pas entendus, toujours selon le Président du RaFD, « sur la gestion du
pays après Deby ». On vérifie alors que telle est aussi la motivation
non exprimée de tous les opposants politico-militaires. La décision
d’exclusion immédiate d’Abdelmanane Katab du CPR après que celui-ci se
soit présenté sur les ondes de RFI comme le porte-parole du FUC est à
cet égard une parfaite illustration. Le Dr. Kodok allant même jusqu’à
qualifier de « haute trahison » l’acte du membre de son parti.
Curieusement, la cause commune n’est pas celle que l’on croit. Pauvres
tchadiens, s’il l’on peut dire, les « pesanteurs claniques » ont eu
raison, sans doute une fois de plus, de nobles ambitions.
Enfin, tout
le monde a pu constater que depuis jeudi 13 avril, mis à part A.
Hassabalah Soubiane qui se serait exprimé sur BBC, les « opposants »
démocratiques n’ont fait aucune déclaration suite aux événements. Aucune
condamnation, aucune parole de compassion pour les familles endeuillées,
aucune mise en garde contre le gouvernement. Rien ! Est-ce une habileté
politique ? Si c’en est une, je la considère triste et indigne de ceux
qui se prédestinent à diriger le Tchad. On est vraiment loin du respect
que ceux qui sollicitent les suffrages populaires doivent aux citoyens.
C’est à se demander si les politiques tchadiens comprennent quelque
chose à la politique. Qu’on ne m’objecte pas une fois de plus que ma
position est un manque de respect à l’endroit des hommes politiques qui
se soucient du « peuple » ! Non, vraiment, au-delà de fausses audaces
qui consistent à appeler sans fondement à boycotter les échéances
électorales, je ne vois rien de déterminant et de positif dans
l’attitude générale des « opposants ». Finalement, Christophe
Boisbouvier a tout à fait raison lorsqu’il affirme que parmi les
opposants démocratiques, l’Elysée ne trouve aucun homme capable de
remplacer Deby. C’est aussi l’opinion de la majorité des Tchadiens qui
cherche désespérément un remplaçant au Chef de l’État.
Mais sur la
question de « la gestion du pays après Deby » évoquée par Timan Erdimi,
il faut d’emblée souligner qu’on ne peut guère espérer, après ce triple
constat, que les Tchadiens vivront mieux et en paix. Les Seigneurs de la
guerre ont existé avant Deby et existeront encore longtemps après lui.
La preuve, chaque groupe armé voudrait renverser seul Deby et gérer seul
l’après Deby. Or, au Tchad, la violence fratricide étant devenue une
culture, un patrimoine national jalousement conservé, il y aura
assurément un groupe armé qui cherchera à faire tomber le tombeur du
Chef de l’État actuel. Et si d’aventure une alternance politique s’est
opérée, il y aura toujours un pestiféré qui cherchera le changement par
la solution militaire. Un perpétuel recommencement bien triste, vraiment
triste !
Lyadish Ahmed
Ialtchad Presse
Pour vos observations :
lyadishahmed@yahoo.fr
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