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Chronique |
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Chronique
:
«
Les pesanteurs ethniques ont survécu »
Par
Lyadish Ahmed
Article
paru le 4 decembre 2007 -
Ialtchad
Presse
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«
Les pesanteurs ethniques ont survécu »
Par
Lyadish Ahmed |
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Les raisons de la nouvelle
guerre qui oppose depuis quelques jours les forces gouvernementales aux
rebelles de l’UFDD et du RFC semblent ne plus rien à voir avec une
quelconque revendication politique d’intérêt national. Jusque-là, bien
qu’ayant su raison garder devant la grossière démagogie des
ex-partenaires de Déby, on avait presque fini par admettre que les
reproches faits au chef de l’Etat étaient réellement motivés par de
légitimes considérations d’ordre politique et social. Qui mieux que les
frères Erdimi, le général Mahamat Nouri ou encore feu le général Séby
Aguid pouvait connaître la nature profonde et le fonctionnement du
régime au pouvoir ? Ceux-là ont été de toutes les équations politiques,
de toutes les alliances claniques, de toutes les magouilles électorales
ayant conduit à l’édification, au raffermissement et à la consolidation
du régime de Déby.
Tom Erdimi avait d’ailleurs
révélé, dans sa déclaration de rupture d’avec son oncle, que « pour
satisfaire ses caprices matériels et moraux, (…) Deby devrait se
débarrasser de tous ceux qui ont servi de bouclier à ces tendances
néfastes pour le pays ». Cette révélation faite, Monsieur
Erdimi avait eu le courage (ce qu’il convient de saluer) de reconnaître
que « les pesanteurs socio-ethniques pour ne pas dire claniques ont
été longtemps un handicap majeur pour une prise de position politique
plus tôt, contre Deby ». Satisfaire des caprices matériels et moraux
avec l’appui indéfectible de son ethnie soutenue grâces à diverses
alliances claniques. C’est, visiblement, « la » raison principale qui
motive la confiscation du pouvoir par Idriss Déby. Les départs massifs
des cadres du régime depuis 2005 étaient donc censés mettre fin à toute
« accaparation personnelle et personnalisée de l’Etat » afin de
promouvoir « un régime véritablement démocratique ». En somme,
des perspectives d’une réelle noblesse qu’aucun Tchadien à l’esprit bien
constitué ne saurait raisonnablement contester. Mieux, l’on devait tous
adhérer, sans restriction, aux vertus démocratiques découvertes sur le
tard par ceux qui avaient toujours tout organisé pour étouffer toute
velléité de réforme politique dans notre pays. Mais ne vaut-il pas « mieux
tard que jamais » ?
Deux ans après ces
déclarations supposées sincères, il fait plus aucun doute que l’habitude
peut être véritablement une seconde nature. Les pesanteurs « socio-éthniques »
volontairement entretenus ont survécu et continuent d’être « un
handicap majeur pour une prise de position contre Déby ». L’on
constate, avec un étonnement feint, que les différentes factions
rebelles poursuivant les mêmes « objectifs » refusent de fusionner afin
de constituer une seule puissance armée face aux forces de Déby
soutenues par la France. Timan Erdimi ne veut plus de Déby au pouvoir,
mais à la condition que ce dernier soit remplacé par lui-même ou
exclusivement par un autre Zaghawa. Nous avons tous constaté que le
leader du RFC n’a jamais participé à aucun combat dirigé par les autres
factions rebelles. Il s’en était expliqué sur RFI à l’occasion de son
extraordinaire inertie lors de la descente du FUC à N’Djamena,
prétextant une mésentente quant aux conditions du partage du pouvoir
avec Mahamat Nour Abdelkérim. De même, lors de ses offensives, le leader
de l’UFDD ne sollicite jamais le soutien des autres factions rebelles
parce qu’il est visiblement nostalgique des fastes périodes habréistes.
« Le pouvoir doit revenir aux Goranes », tel semble désormais
être le leitmotiv de Mahamat Nouri. Dans ces conditions, il est clair
qu’aucun Zaghawa mécontent de Déby n’accepterait de combattre hors les
rangs du RFC. En marge de ces deux importants groupes ethniques, l’UFDD/F
qui a été créée par des individus non-goranes manifestement exclus des
instances dirigeantes de l’UFDD et qui refusent de rejoindre le RFC,
constitue quant à elle un melting-pot des personnes issues des
populations qui seraient « fatiguées de voir toujours les Goranes et
les Zaghawa au pouvoir ».
Où l’on constate finalement
que seuls les imbéciles, les opportunistes et ceux qui ne veulent plus
voir Idriss Déby même en portrait continuent par croire que l’UFDD, le
RFC, l’UFDD/F, la CNT et tout autre groupe rebelle se sacrifient et
sacrifient des enfants innocents pour débarrasser le Tchad de ses
démons. Mais ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ? Encore faudrait-il
espérer vivre en paix et en harmonie un jour dans ce pays. Ce qui, à
l’évidence, reste encore au stade de rêve.
Lyadish Ahmed
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