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  Chronique 

Chronique: « Tchad : Probable convergence vers l’Unité, le Travail et le Progrès ».  
Par Mohamed KEBIR 

Article paru le 02 janvier 2006 - Ialtchad Presse

«Tchad: probable convergence vers l’Unité, le Travail et le Progrès»

565 mois après que les bâtisseurs de la nation ont mûrement réfléchi et inventé ce triptyque qui constitue la devise du Tchad depuis le 28 novembre 1958, la notion d'Unité, cette première composante de nos armoiries semble enfin comprise par une bonne partie de nos compatriotes. A bien des égards, il va appartenir à la journée du 28 décembre 2005 de rester une date mémorable dans l'échiquier politique et politico-militaire tchadien. En dépit des calculs sournois qui les caractérisent, les différents groupes politico-militaires qui cernent le pays de toutes parts ont compris une chose : il faut s'unir pour gagner la bataille. Pourquoi s'unir seulement maintenant et non pas auparavant ? La cuisante déroute essuyée par le RDL qui a foncé la tête baissée en s'attaquant à la garnison d'Adré le 18 décembre 2005 a donné à réfléchir aux forces antagonistes au régime d'Idriss Deby. Il faudrait s'unir désormais et avec empressement, d'où l'argumentation de l'Unité, qui ne laisse pas d'être déconcertante même si elle ne se prononce que du simple bout des lèvres.

Le 28 décembre 2005, huit groupes politico-militaires décident de se retrouver autour d'une table ronde à Moudeina. A l'issue de ce forum, le RDL de Mahamat Nour Abdelkérim, le SCUD de Yaya Dilo, le CNT de Hassan Saleh Gadam, le FIDEL de Abdelwahit About, le FNTR de Babikir Ismaïl, le Groupe du 8 décembre de Abakar Tollimi, le CNR de Almado Awad Mardo et le FRRRT de Yaya Batit Ali enterrent solennellement leurs orgueils de réclamer chacun le leadership et leur entêtement à se disputer la conquête du pouvoir en rangs dispersés. Ils reviennent malgré eux à la raison et transcendent les querelles intestines pour mettre à pied d'œuvre un outil de taille à affronter celui qui s'avère être dorénavant l'ennemi commun. Après avoir évalué ensemble l'extrême gravité de la situation que vivent les populations tchadiennes dont ils font eux-mêmes partie et après s'être imprégnés de l'ampleur des dégâts infligés à l'un des leur suite à l'offensive du 18 décembre, ils se résolvent à dissoudre toutes leurs organisations respectives et les réintègrent dans un mouvement unique dénommé Front Uni pour le Changement Démocratique (F.U.C.). Ils nomment à la tête de cet ensemble un président - Mahamat Nour Abdelkérim - et deux vice-présidents - Hassan Saleh Algadam et Abakar Tollimi. Par la même occasion, ils lancent un appel pressant à toutes les autres forces encore restées à l'écart à se joindre à leur cause afin de faire route ensemble. Ils invitent également les forces vives de l'intérieur à se mobiliser pour constituer un front unique.

La conception périphrastique de "l'union fait la force" vient d'être l'apanage non seulement des politico-militaires, mais aussi celui de la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC) qui, elle aussi, a tenu une conférence de Presse à la même date du 28 décembre 2005 à N'djamena. La CPDC a fait une déclaration liminaire dont le leitmotiv reste l'Unité des forces vives du pays contre les agissements sarcastiques du président du Tchad. Car ce dernier est aculé par les multiples défections des rangs de l'ANT puis de son cercle le plus restreint, mais aussi par la mobilisation tous azimuts et les attaques lancées par les rebelles contre les positions des forces gouvernementales, à courir dans tous les sens pour ameuter les dirigeants de l'Union africaine et la communauté internationale en interprétant les faits en fonction de ses intérêts. C'est pourquoi, "Il n'est pas con", ne cessions-nous de répéter parfois certes, mais il n'est pas très intelligent non plus, devons-nous faire remarquer aussi. Il s'agit de celui-là même dont certains tchadiens sans scrupule vénèrent presque pour de simples rogatons, lui qui se sustente de leurs slogans lugubres et dissonants qu'ils entonnent à longueur de journées en se courbant l'échine, au grand dam de l'Etat. Un comportement qui a valu au Tchad la réputation sinistre et étriquée de "Pays le plus corrompu du monde" au premier trimestre de l'année 2005.

L'Unité, ce mot d'ordre qui est recommandé depuis la nuit des temps par la devise du Tchad mais scandé seulement aujourd'hui par la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC) et par les politico-militaires désormais unis sous une même dénomination (F.U.C.) et sous un commandement unique, est un concept capital pour les Tchadiens dans leur ensemble. Les Tchadiens auraient pu demeurer unis depuis le 28 novembre 1958 et ils ne seraient pas restés aujourd'hui à un niveau aussi indésirable, calamiteux et incongru. Penser à parler d' "Unité" même à cet âge avancé, n'est pas mauvais en soi. C'est même une très bonne chose. Seulement voilà : l'Unité, les Tchadiens en ont besoin. Pas simplement pour des circonstances fugaces et éphémères, mais pour toujours, voire pour l'éternité. Si cette Unité prônée de part et d'autre aujourd'hui se concrétise pour chasser du pouvoir ce régime décrié par tous - encore faudrait-il qu'elle le soit effectivement -, puis voler en éclat par la suite, ce sera de la peine perdue, une œuvre typiquement tchadienne en fait. Car cela fait près d'un siècle que le Tchad en tant qu'Etat existe, or rien ne marche dans ce pays, par la faute des Tchadiens. Mais si les prêcheurs de cette Unité le font par amour de la Patrie et arriveraient à l'entretenir jusqu'à satiété, c'est-à-dire à joindre l'acte à la parole et au dé-là de tout clivage, la nation tchadienne régénéra. Elle renaîtra de ses cendres et grandira. Elle Travaillera dur et Progressera. Elle se frayera une grande place dans le concert des Nations. Elle vivra harmonieusement et ses progénitures en seront fières.

Bonne et Heureuse année.

Mohamed Ahmed KEBIR
Ialtchad Presse

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