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  Chronique

Chronique: « Le règne de la barbarie continu »

Par Hamid Kodi Moussa
Article paru le 29 Mars 2004 - Ialtchad Presse



« Le règne de la barbarie continu »

L’attaque meurtrière perpétrée le dimanche 21 mars par un groupe d’éleveurs contre le village de Mandoul dénote une fois de plus le manque de volonté du gouvernement à concevoir une réelle politique de lutte contre l’insécurité. Voila ce qui s'est passé à Mandoul: des cavaliers armés de fusils de guerre, ont tué 21 personnes et blessé plusieurs autres. A qui profite ce massacre des paisibles citoyens? Pourquoi ne peut-on pas arrêter ces phénomènes intermittents ?

Ces actes barbares qu’aucun raisonnement ne peut justifier doivent être condamnés énergiquement ! S’il est vrai que
l'accès et la gestion des ressources naturelles comme les couloirs de transhumance et les infrastructures d'accompagnement tels que les points d'eau pastoraux ont toujours généré de conflits entre éleveurs et agriculteurs, sommes nous pas en droit de se demander qui arme souvent ces éleveurs? Comment circulent ces armes? Qui sont ces marchands d’armes? Pourquoi celui qui veut venger son frère pille et massacre?
Le gouvernement dans sa fuite en avant, ingurgite à l’opinion nationale, la même litanie : « C’est le sempiternel problème entre deux groupes de populations, et, le gouvernement prendra les moyens pour résoudre le problème. » Quand et comment? Secret de polichinelle. C’est de la poudre aux yeux, il est plutôt question ici d'insécurité. S’il faut croire malgré tout cet ignoble
Cheik DELIL qui massacre sans distinguer ses victimes (homme, femmes, enfants), pour la mort d’un frère, c’est encore affirmer qu’il y a des vies qui en valent plus que d’autres, et qu’on pourrait aisément se faire justice. Où est donc l’État?

Ces éleveurs armés, ces malfaiteurs de temps moderne sous le ciel tchadien accomplissent leurs sales besognes sans décidément être inquiétés. On ne les retrouve que dans un pays comme le nôtre où l’État n’existe que de nom, et où l’insécurité, l’impunité sont le bonus quotidien des paisibles citoyens. 

Pires sont ces « mesures brouillons » annoncées par le Premier ministre Moussa Faki. Même si elles seraient effectives cela reste une promesse de trop. Et, une promesse ne lie que ceux qui croient en elle. Ce laisser-aller ne peut continuer. Il faut des mesures concretes et rapides pour juguler ce phénomène afin d'atténuer les souffrances de ceux qui ont perdu lâchement les leurs. Il n’est un secret pour personne, que, même les mesures extra-judiciaires de circonstance appliquées par le gouvernement l’année dernière n’ont pas empêché certains criminels de circuler librement sans être inquiété. Et si demain, on rencontre ce criminel de Cheik DELIL ALBDELHALIF, auteur ou organisateur de cet odieux
« Aube Noir de Mandoul », libre, ça ne sera sûrement pas son sosie.
Ces crimes viennent corroborer le fait qu’au Tchad, il y a une justice à vitesses variables ! Sinon comment comprendre cette barbarie. Enfin, parler de justice au Tchad, c’est demander que le soleil se couche à l’Est. Mais il faut se battre pour son droit, le droit à la vie. Que Dieu apaise les cœurs des parents affligés !

Hamid Kodi Moussa
Ialtchad Presse  


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