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sans donner des explications, de dissoudre sa garde prétorienne.
Cette décision
étonnante donne l’impression que la peur s’est installée
dans le camp présidentiel. L’intrépide et redoutable garde républicaine
est donc dissoute. Trois à sept milles hommes doivent, par cette
décision, être reversés dans l’Armée de Terre. Qu’est ce
qui reste alors pour la protection et la sécurité du président
de la République?
Même la sortie du ministre tchadien de la défense
tentant de justifier cette initiative ne semble pas véritablement
convaincre les observateurs. Comment des soldats qui, autrefois étaient
habitués aux prestiges du palais présidentiel peuvent-ils
s’adapter aux conditions de vie épouvantables des autres corps
de l’armée tchadienne ? Par exemple les difficultés de
ceux basés au camp des martyrs et autres garnisons. Des difficultés
qui sautent à l’œil du profane. Chose sûre la reconversion ne
serait pas de toute aise.
Le président Deby est confronté a des situations
alambiquées tant au niveau politique que militaire. Ce qui le
fragilise chaque jour davantage et l’expose à toutes les éventualités.
En quelques mois son pouvoir vacille. Les causes sont connues :
M. Deby est en rupture avec son opposition légale, son entourage
immédiat planifie et rate un coup d’État, se rebelle et
demande sa démission, l’affaire Habré refait surface avec des
révélations qui retiennent l’attention des organisations
internationales des défenses des droits sur la situation des
violations des droits sous Habré comme sous son régime. Cette
succession d’événements fait répandre un parfum de fin de règne
sur la capitale tchadienne. Mais ses fidèles et ceux qui
connaissent le président Deby assurent qu’il vendra chèrement
sa peau.
Comme si cela n’était pas suffisant, le Tchad
est désigné par Transparency International au 1er
rang des pays les plus corrompus au monde. De plus, les
multinationales refusent de céder aux pressions afin de réviser
les clauses qui les lient à son gouvernement. Ces événements
annoncent qu’à l’horizon il n’y a pas le moindre espoir.
Beaucoup des Tchadiens s’interrogent sur les capacités du président
Deby à gérer
simultanément toutes ces crises qui se succèdent à grande
allure ? Surtout lorsqu’on sait que l’état de santé du
président Deby n’est pas au beau fixe.
Autre aspect inquiétant :
les déclarations sous couvert de l’anonymat de certains
officiers supérieurs expriment qu’il y a un malaise sociale et
des frustrations au sein de l’armée.
Aujourd’hui, le Tchad présente
une situation politique semblable à certains points à celle que
connaît la Côte d’Ivoire à la veille de l’expiration du
mandat présidentiel de Laurent Mbagbo. Tout le monde est
dubitatif. Les Tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur
sont dans l’expectatif. Les jours et les semaines prochains
seront déterminants. |