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Chronique |
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Chronique:
«
Pascal
Yoadimnadji
ou la logique référendaire
».
Par
Mohamed KEBIR
Article
paru le 01 Mars 2005 -
Ialtchad
Presse
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«
Pascal
Yoadimnadji ou la logique référendaire ».
« Les
grands hommes qu’on met au gouvernement de l’Etat sont comme ceux
qu’on condamne au supplice, avec cette différence seulement que
ceux-ci reçoivent la peine de leur faute et les autres de leur mérite »,
disait
RICHELIEU.
La nomination de Pascal
YOADIMNADJI au poste de Premier ministre le 3 février dernier
s’inscrit dans une logique de la continuité de la médiocrité quant
à la gestion de la chose publique au Tchad. On se souviendra que Pascal
YOADIMNADJI en tant que président de la Commission Électorale
Nationale Indépendante (CENI) en 1996, a eu l’honneur d’avoir
organisé les premières élections présidentielles de l’ère démocratique
au Tchad. C’est lui qui a proclamé les résultats desdites élections,
à l’issue desquelles Idriss DEBY est « élu » à la présidence
de la République.
Le Président DEBY, très reconnaissant envers les fidèles qui prennent
de risques en torpillant et en truquant les élections, sait les
remercier. Ainsi, Pascal YOADIMNADJI est aujourd’hui le bénéficiaire
du cadeau. Pas le moindre : le fauteuil de la primature. Sauf que
le nouveau Premier ministre sait que c’est un cadeau éphémère
et empoisonné. Mais c’est un cadeau convoité. Donc il ne faut pas
rater cette occasion, auquel cas, un autre larron le fera à sa place.
Cette
nomination revêt également un autre caractère : séduire et
reconquérir l’électorat du Sud du pays. A cet effet il faut recourir
à la vieille méthode, celle qui est raisonnable aux yeux de tous, l’équilibre
géopolitique, le tandem Nord-Sud :
« Lorsque le PR est issu du Nord, le PM sera un tchadien
originaire du Sud du pays ». La grande question que les Tchadiens
se posent est de savoir pourquoi cette nomination intervient seulement
aujourd’hui au lieu de l’être depuis juin 2003, date à laquelle
Moussa FAKI a été nommé Premier ministre ? Trois hypothèses
expliqueraient cette stratégie :
-
Primo : La date de juin 2003 est une période qui correspondait à
un parcours de mi-mandat pour Monsieur Idriss DEBY suite à sa « réélection »
à la magistrature suprême en mai 2001. Il aurait cependant misé sur
cette marge temporelle pour placer Moussa FAKI à la primature afin d’adoucir le
tempérament contestataire et belliqueux qui s’interférait au sein du
clan et ce, pour une période approximative de vingt mois (de juin 2003
à février 2005) c’est-à-dire jusqu’à la veille des échéances référendaires
de mars 2005, un temps largement suffisant et qui aurait permis à ce
dernier et les siens de pouvoir concrétiser tous leurs objectifs.
- Deusio : L’arrivée de Pascal YOADIMNADJI à la primature à la
veille du référendum n’est pas de diriger le gouvernement bien
qu’il en soit le « chef » théorique. Il aura plutôt pour
mission pratique d’aller battre campagne dans le Sud puis d’essayer
de convaincre, moyennant finances, les millions de tchadien(ne)s de la
zone méridionale qui conservent toujours des
souvenirs fort amers de l’effroyable mois de « septembre
noir » de l’année mille neuf cent quatre-vingt-quatre (1984) au
cours duquel des milliers de tchadien(ne)s ont été massacrés et des
villages entiers ont été rasés d’une part, puis de tenter de calmer
les esprits par rapport aux multiples méfaits commis et dégâts causés
par les éleveurs nomades armés dans les champs des agriculteurs sédentaires
que ceux-ci ne cessent de subir fréquemment d’autre part.
-Tercio : C’est, par ailleurs, aussi une pure question de
superstition. L’investissement en personne de Pascal YOADIMNADJI dans
les calculs nébuleux semble porter chance et succès à Idriss DEBY
dans sa politique rétrograde, d’où sa fulgurante ascension au sein
du régime depuis 1996 : Président de la CENI ; Président de la
Cour constitutionnelle ; Ministre de l’Agriculture
et…aujourd’hui Premier ministre. Cela pourrait laisser supposer
qu’en le propulsant à ce niveau de la hiérarchie administrative, le
PR espère réussir dans son projet actuel de président à vie.
Le
nouveau Premier ministre tchadien aura sans doute une mission difficile
à remplir, même si le décor semble déjà planté. Comme il s’agit
d’une simple formalité, celle-ci sera tant bien que mal remplie.
Bientôt il sera l’hôte de nos compatriotes du Sud ou alors ses émissaires
le seront. Les méridionaux lui prêteront une oreille, même si
celle-ci ne va pas forcément
être attentive. Vont-ils entendre de cette oreille son message et voter
massivement pour le « oui » à une présidence à vie de
Monsieur Idriss DEBY au Tchad ? Lui-même, connaît d’avance
quelle en serait la réponse. A moins qu’il procèderait à la méthode
« yoadimnadjinesque» comme en 1996 !
La
Perestroïka, sous Mikhaïl GORBATCHEV dans l’ex-URSS, a été la
principale cause de la dislocation du grand bloc soviétique en
plusieurs Etats indépendants et démocratiques !
Mohamed KEBIR,
Correspondant permanent de
Radio DJA
FM et de Ialtchad Presse à Paris
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