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  Dossier

REPORTAGE 8 MARS 2007
Dakar, la Femme tchadienne à l’honneur
Par Real Black

Article paru
le 21 mars  2007
- Ialtchad Presse


Dakar, la Femme tchadienne à l’honneur
Par Real Black

08 mars, c’est la Journée Internationale de la Femme. La communauté estudiantine tchadienne de Dakar a profité pour encenser la Femme Tchadienne avec la première édition de «  la Journée de la Femme Tchadienne au Sénégal ». Nouvellement élu à la tête de l’ASEET/S Association des Etudiants et Elèves Tchadiens au Sénégal (ASEET/S), M. Mahamat Wardougou Arami a fait de la promotion féminine sa priorité.

      Ce jour, le collège sacré coeur de Dakar a été transformé en une petite ville

tchadienne. Tout était décoré au couleur du drapeau national: le Bleu, le Jaune et le Rouge. Cette manifestation placée sous le thème de « Femme Tchadienne pour une Paix durable au Tchad », avait comme marraine Mme Achta Ahmed, responsable du Programme Genre au PAM Sénégal. Fait marquant, la cérémonie a commencé par une minute de silence à la mémoire du feu premier ministre Pascal Yoademnadji décédé le 22 février 2007 à Paris. Prenant la parole pour l’ouverture de la cérémonie, Mlle Ndadnouba Ryaira,  Secrétaire Adjointe de l’ASEET/S a d’abord remercié les invités pour leur présence et a rappelé que ce jour était historique pour les jeunes étudiantes de Dakar. Elle a souhaité que cet événement devienne une tradition. Le nouveau président de lASEET/S, M. Mahamat Wardougou Arami a quant à lui remercié la marraine, la conférencière ainsi que la modératrice avant de faire l’éloge de la Femme Tchadienne. Il a conclut son intervention sur un ton fort reprenant à trois reprises « Vive la Paix au Tchad, Vive la Femme Tchadienne » sous les applaudissements du public avant d’inviter Mme Miaro Sandjerim Evelyne pour la conférence sur le thème de la journée.

      Dans son exposé, la conférencière a fait une référence au thème des femmes ivoiriennes qui était axé sur la Paix en Cote d’Ivoire avant de mettre un accent particulier sur le rôle que doit jouer la femme tchadienne dans le processus de la recherche d’une paix durable au Tchad. Elle a exhorté les jeunes filles à s’impliquer davantage dans toutes les activités susceptibles de conduire les Tchadiens vers la Paix tant recherchée. Elle a invité le gouvernement tchadien a donné à la Femme Tchadienne la place qu’il lui faut. Elle a aussi déploré le comportement des autorités tchadiennes à l’égard de la femme tchadienne vivant en milieu rural. En effet, les femmes qui vivent dans ce milieu sont victimes de plusieurs exactions. Pire, avec la situation de chaos qui règne à l’Est du Tchad, la femme est la première victime. A son tour, la modératrice de la conférence, Mme Amina Ongrassem, fonctionnaire au ministère de l’Action Sociale du Tchad  en formation à l’ENTSS de Dakar, a relevé  quelques avancées dans la promotion féminine au Tchad avant de reconnaître, elle-même, que ces gains sont minimes, et que des femmes comme Jacqueline Moudeina, avocate et présidente de l’AVCRPT qui se bat depuis des années pour que les victimes des répressions politiques au Tchad puissent obtenir Justice, Kemnéloum Delphine, présidente de l’ATPDH, sont citées en exemple dans la lutte que doit mener la Femmes tchadienne. Le mot de la fin de cette journée ne pouvait être chose que le mot Paix. Mme Miaro a demandé aux filles que la lutte doit commencer au sein de lASEET/S, qu’elles doivent s’immiscer davantage dans les activités de l’Association. Elle a dit aux filles que la Paix ne s’obtient qu’au bout d’immenses sacrifices « nous devons tous croire à une Paix durable un jour au Tchad. Vive la femme Tchadienne, Vive la femme africaine, Vive la Paix au Tchad et en Afrique et partout dans le monde », a-t-elle à la fin de son discours. La fête a continué de plus belle avec des prestations des jeunes filles. Au programme des danses traditionnelles du Tchad, des sketch, des poèmes…


      Cette première édition de la Journée de la Femme Tchadienne organisée par lASEET/S fut une réussite. Au-delà de ce succès, le thème doit interpeller la conscience de tout tchadien qui croit encore à la Paix au Tchad. Pour y arriver l'implication de nos soeurs, de nos mères, de nos femmes est dune nécessité vitale. Car elles connaissent mieux que quiconque ce que souffrance veut dire. Pour avoir connu, pour celles qui ont des enfants, la douleur de l'enfantement. Pour celles que cette épreuve attend. La Femme tchadienne a été témoin depuis les indépendances des cruautés qui se sont passées dans ce pays. Elles n’ont cessé de voir leurs enfants tombés, mourir, enrôler de force dans l'armée, dans la rébellion, leurs filles violées et parfois mêmes devant elles. Pour toutes ces humiliations subies par la Femme tchadienne nous devons lui rendre hommage, lui rendre ce qu’elle mérite. Nous devons lui tirer chapeau. Nous devons lui jeter des bouquets de fleurs. Elle mérite la place qu'il lui faut car cette femme là, a un cœur doux rempli d'amour, un cœur qui murmure dans le silence, un cœur patient.

      Depuis toujours négligée, marginalisée, la vérité est aujourd'hui là, la Femme monte de plus en plus haut. Au Tchad particulièrement, une femme doit mériter tous nos encouragements et reconnaissances. Mme Jacqueline Moudeina que je surnomme « la brave », une femme qui a su prendre le devant et pas n'importe où, elle lutte corps et âme pour que les tyrans et sanguinaires tchadiens payent pour leurs actes ignobles dans un pays où depuis toujours on pense que la femme n'a pas son mot à dire. Au Libéria par exemple, un pays réputé abrité des plus grands bandits, les plus grands mercenaires du monde est dirigé aujourd'hui par une femme Mme Ellen Johnson Sirleaf surnommé « la dame de fer », qui aurait pu croire à cela. Aux États-Unis, pays le plus puissant au monde a comme Secrétaire aux affaires étrangères, une femme, Condoleezza Rice. Elle défie tous les hommes de la puissante Maison Blanche. En Allemagne,  pays longtemps dirigé par un des tyrans le plus cruel que la planète ait jamais connu, est gouverné aujourd'hui par une femme Mme Angela Merkel. Elle a su se faire respecter et sa voix compte dans les grandes décisions internationales. Et enfin, plus proche de nous Ségolène Royal, la native de Ouakam est en course pour le palais de l’Elysée en France. Tous ces exemples, montrent la place prépondérante que doit avoir la  Femme dans le monde, pour un monde de Paix. La Paix n’a pas de prix. « Nous allons continuer toujours, tant que nous pouvons à oeuvrer, pour que la Paix puisse revenir un jour dans notre pays », disait Kemnéloum Delphine. Que le bon Dieu veille sur toutes les Femmes du monde.

Real Black
Dakar, Ialtchad presse
 


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