Hymne national
     Le pays
     Constitution
     Assemblée
     Gouvernement
     Opposition
     Tourisme
     Art & Culture
     Musique
     Sports
     Cuisine
     Images du Tchad

     Éditorial
     Actualité
     Interview
     Forums
     Salon d'entreprises
     Emploi
     Annonces
     Sahibi
     Poésie
     Livre d'or
     Archives
     Groupe ialtchad

  Dossier Habré

 Affaire Habré: le dossier s'alourdit. 
(Jeune Afrique- L'Intelligent du 20 au 28 novembre 2001)


 Selon l'article du journal, "Violations des droits de l'homme, épurations ethniques, tortures, exécutions: tout est raconté dans le récent rapport d'Amnesty International sur le Tchad intitulé L'Héritage Habré. Ce n'est certes pas le premier document du genre, mais il fournit des éclairages de première main et apporte des réponses décisives sur les exactions commises par l'homme qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 et coule des jours paisibles au Sénégal depuis cette dernière date. (...) Une certitude: pour convaincre un tribunal du bien fondé des plaintes déposées en Belgique, les victimes devront produire une masse importante de documents, témoignages et preuves. Prouver la responsabilité pénale d'Hissein Habré est un processus complexe qui nécessite un important travail de recherche. Au Tchad, chez Idriss Déby.

    Reed Brody, de l'association américaine Human Rights Watch, précise que "le meilleur moyen pour le gouvernement tchadien d'aider les victimes serait d'apporter sa collaboration à la justice belge, dans le cadre d'une commission rogatoire ou d'une visite au Tchad du juge d'instruction bruxellois Daniel Fransen. Sera-ce facile ? Non. Parce que ce qui menace Habré, menace Déby. En 1982, c'est l'actuel chef de l'État tchadien, Idriss Déby, qui a conduit les forces d'Hissein Habré à la victoire. Et l'on retrouve la responsabilité de Déby - à l'époque chef d'état-major de l'armée - dans le fameux "septembre noir" de 1984, au cours duquel des troupes perpétrèrent des massacres dans les provinces méridionales du Logoue-occidental et du Moyen-Chari.

   Pour l'auteur de l'article, "Ce n'est pas tout. Déby a collaboré avec Habré (...) jusqu'en avril 1989. Accusé, avec plusieurs personnalités, d'avoir voulu renverser le gouvernement, il se replie au Soudan avec une partie des troupes gouvernementales. C'est de la qu'il organise le Mouvement patriotique du salut (MPS) qui regagne le Tchad en mars 1990 et renverse Habré en décembre de la même année. Certaines personnes dans l'entourage de Déby restent pourtant favorables à un procès Habré. Leur argument étant que la famille de l actuel chef de l'État ainsi que les membres de son ethnie, les Zaghawas, ont été victimes des exactions des hommes de Habré en mars 1989. Est-ce pour cela que, des son arrivée au pouvoir, Déby promet de faire la lumière sur ces pages sombres de l'histoire tchadienne ? En 1990, il met sur pied une commission d'enquête sur les crimes et détournements de Habré.

Dirigée par le juge Mahamat Hassan Abakar, elle accusera le régime Habré d'avoir perpétré 40 000 assassinats politiques ainsi que des actes de torture et de brutalité systématiques. Il faut attendre le 27 septembre 2000 pour voir les choses bouger de nouveau. Ce jour-la, accordant une audience aux dirigeants de l'Association des victimes de crimes et répressions politiques au Tchad (AVCRP), Déby promet son soutien total. "L'heure de la justice a sonné", Déby promet de nettoyer son administration des anciens agents de la DDS (Direction de la documentation et de la sécurité) et d'accorder au Comité international pour le jugement d'Hissein Habré un accès aux archives de la Commission citée plus haut.

    En avril 2001, Reed Brody et le sénégalais Sidiki Kaba, président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), se rendent au Tchad au nom du comite international pour le jugement d'Hissein Habré. Grâce aux autorités, ils accèdent aux locaux de l'ex-DDS, visitent la "Piscine" (le tristement célèbre centre de détention), r 
encontrent le Premier ministre, le premier vice-président de l'Assemblée nationale, des victimes du régime Habré, des magistrats, etc.

  Au mois de mai commence, devant le premier juge d'instruction près le tribunal de N'Djamena l'instruction des plaintes introduites le 26 octobre 2000 par dix sept victimes. Non pas contre Habré d'ailleurs, mais contre des anciens responsables de la DDS pour les chefs d'inculpation de tortures, meurtres et disparitions.
     Selon l'article, "La machine se grippe très vite. Au moment ou le destin de Habré se scelle à Dakar, le gouvernement tchadien fait le mort: pas de déclaration officielle lorsque, le 20 mars 2001, la Cour de cassation du Sénégal déclare les juridictions sénégalaises incompétentes pour juger l'affaire Habré. Ni lorsque le Comité des nations unies contre la torture invite le Sénégal à retenir Hissein Habré sur son territoire. Et pas question de demander l'extradition de Habré sur son territoire. Au sommet de l'État, on ne veut pas entendre parler d'un procès au Tchad. N'Djamena dit craindre d'éventuels débordements ou des réactions passionnées de la population, au moment ou l'équilibre politique du pays reste fragile. On préfère parler des retombées financières de l'oléoduc devant relier le Tchad et le Cameroun.
    Aux dernières nouvelles, les autorités de N'Djamena auraient elles-mêmes demande à leurs homologues sénégalaises de ne pas extrader Hissein Habré au Tchad et d'attendre qu'un pays tiers en fasse la demande. (...) Les victimes redoutent aussi d'éventuelles pressions sur la justice. Elles rappellent qu'en décembre 2000 le bureau du procureur en charge des plaintes contre les membres de l'ex-DDS (...) a été mis à sac ! Plus grave, des personnes supposées être d'anciens bourreaux sévissent encore, en violation flagrante des 

recommandations de la Commission d'enquête qui demandait, à juste titre, d' "écarter de leurs fonctions [...] tous les anciens agents de la DDS réhabilités et engagés dans la DGCRCR [nouvel appareil sécuritaire de l'État]. Ce n'est pas tout: certains de ces anciens responsables usent toujours de leur pouvoir et refusent de déférer aux convocations des juges tchadiens. Aux dernières nouvelles, ils auraient repris du service.

  Le journal estime que, "Le 11 juin 2001, quelques jours après le début de l'instruction des plaintes déposées à N'djaména contre l'ex-DDS, l'avocate des victimes de Habré, Jacqueline Moudeina, manifeste avec près d'une centaine de femmes devant l'ambassade de France au Tchad. Elles veulent attirer l'attention de l'opinion internationale sur les irrégularités constatées lors de la réélection, le 20 mai, avec plus de 67 % des suffrages, du président Déby, au premier tour du scrutin. Au moment ou elle disperse le groupe, la police, qui a visiblement identifié Jacqueline Moudeina, lui lance une grenade défensive au niveau des jambes. L'avocate reçoit des éclats dans plusieurs parties du corps. (...) Hospitalisée dans un premier temps à N'Djamena, l'avocate est évacuée par la suite en France, ou elle est opérée. Elle suit aujourd'hui des séances de rééducation dans une ville au sud de Paris.

 

 Déjà, à Dakar, en janvier 2000, Daniel Bekoutou, journaliste tchadien au quotidien sénégalais Wal Fadjri, avait fait l'objet de menaces de mort de la part d'hommes supposés être proches de Habré. Ils lui reprochent d'avoir pris une part active dans le processus qui a mené au dépôt des plaintes contre Habré au Sénégal. (...) Pour l'heure, les organisations des droits de l'homme impliquées dans cette affaire s'interrogent sur les intentions réelles de l'ancien chef de l'État tchadien, qui, on le 
sait, a, avec un bel aplomb, demandé aux autorités sénégalaises de remettre à sa famille et à lui-même leurs documents de voyage. Pour se rendre ou ? (...)


Tidiane Dioh

Les autres articles de la rubrique Dossier

GRAND REPORTAGE: Cas Habré, le suspens continue… Par Makaila Nguebla  
GRAND REPORTAGE: 1ère conférence de Presse de la COSEHAB Par Makaila Nguebla
GRAND REPORTAGE: CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UA Par Kebir M.
Dossier:  « Portrait d’Idriss Déby, ses atouts et ses faiblesses » Par Djondang Enoch
Dossier: « Le culte du pétrole » Par Caman Bédaou Oumar
 Des bruits de bottes dans l’Est du Tchad qui empêchent le pouvoir MPS de dormir. Par Mohamed KEBIR
 Journal Ialtchad Presse, film d’un sabotage orchestré. Par Bakary Mana Bello
 Les Tchadiens du Cameroun 1e partie  «Quand l’eldorado se transforme en cauchemar» Par Bétoubam Mbaïnaye
Les Tchadiens du Cameroun 2e partie  « Ils sont entreprenants » Par Bétoubam Mbaïnaye
Les Tchadiens du Cameroun 3e partie : Commandant Tchatcho ou Judas de « l’autre côté » Par Bétoubam Mbaïnaye
Rapport des visites de la maison d’Arrêt de N’Djamena et de la SNRJ (
N’Djamena les 25 et 26 avril 2005). Par DHSF
Une conférence de l’opposition Tchadienne à Paris qui dérange le pouvoir de N'djamena Par Mohamed KEBIR 
Affaire Habré: le dossier s'alourdit.  (Jeune Afrique- L'Intelligent du 20 au 28 novembre 2001)

Affaire « NOTRE TEMPS-Dame Hadje Billy » : un piège à cons ? Enoch DJONDANG 
CONFLITS ARMÉS EN AFRIQUE : CLASSIFICATION, CAUSES, ALTERNATIVES Par Jean-Prosper BOULADA
Situation politique au Soudan, au Tchad et éclairages de la situation dans le Darfour Par Jean-Prosper BOULADA
QUI EST LE GÉNÉRAL FRANÇOIS BOZIZE ? Quotidien centrafricain Le CITOYEN
La crise de l’énergie dans les années à venir SOUMAINE TAGUINA 
VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME  AU TCHAD: SITUATION 2003 Par Droits de l'Homme Sans Frontière
Projet de recherche sur les identités Des peuples du bassin tchadien Par BE-RAMMAJ  MIARO-II
Pratique de l'anesthésie au Tchad en 2001: Situation actuelle et perspectives d'amélioration Par Gad SECKA ASSINA


Le pays | Constitution | Assemblée | Gouvernement | Opposition | Tourisme | Art & Culture | Musique | Sports | Cuisine | Images du Tchad
Éditorial | Actualité | Interview | Forums | Salon d'entreprises | Emploi | Annonces | Sahibi | Poésie | Livre d'or | Archives | Groupe ialtchad