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Dossier conflits
armés en Afrique |
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CONFLITS
ARMÉS EN AFRIQUE : CLASSIFICATION, CAUSES, ALTERNATIVES
Par
Jean-Prosper BOULADA,
Président
du Front Uni pour l’Alternance Démocratique au Tchad ( FU/ADT )
Président de la CMAP/dd. (Thème présenté au nom de
SURVIE, membre du
Collectif Strasbourg anti-G8 d’Evian, Forums de Strasbourg
) |
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Sommaire :
-
Introduction
classification des conflits armés en Afrique
- Classification des
conflits armés
- Bref
historique des conflits armés
- Causes des conflits armés(internes
et externes)
- Conflits armés
dans la région des Grands Lacs
- Et le colon créa le
piège ethnique
- Embrasement
des pays de la région des Grands Lacs
- Equations
successives de la raison d’Etat dans la constitution
et le revirement d’alliances pro-et anti-Kabila
- La
revanche des vaincus
- Les accords de
Lusaka et de Pretoria IV: menaces sur ces accords par le potentiel de génocide
atteint à ce jour
- Que cachent les
tractations diplomatiques des dernières heures ?
- Alternatives
- Référence bibliographique
I.CLASSIFICATION
DES CONFLITS ARMÉS.
1.CONFLITS
ARMÉS INTERNES :
Ce sont des conflits qui se déroulent à l’intérieur d’un Etat
et qui sont exacerbés par “ l’ethnisme ”
c’est-à-dire la manipulation d’identités initialement secondaires
et composites, qui, chauffées au rouge, génèrent des clivages
radicaux, servant d’explications fallacieuses.
Les conflits interconfessionnels procèdent
de la même logique : du fait même de la laïcité de l’Etat qui
prône la tolérance, la cohabitation interconfessionnelle musulmans-chrétiens
ou la coexistence pacifique entre le Nord et le Sud, n’ont jamais posé
de problème au Tchad ni en Côte d’Ivoire, ni ailleurs en Afrique.
Par la suite, cette cohabitation a
été transformée en hérésie par les hommes politiques pour se
maintenir au pouvoir.
Quand les différentes ethnies transcendent leur clivage pour
s’opposer (par tous les moyens légaux garantis par la constitution)
à leur classe dirigeante, nous sommes en présence d’un conflit
qui oppose un peuple à une dictature.
La dictature viole les lois de la République, envoie sa garde prétorienne
réprimer les manifestations pacifiques, musèle la presse, se spécialise
dans le truquage des élections présidentielles et législatives et si
cela ne suffit pas, amende la constitution par sa majorité
parlementaire mécanique pour s’éterniser au pouvoir : c’est
la situation de la quasi-majorité des Etats Africains
2.CONFLITS
INTER-ETATS
Il s’agit le
plus souvent des querelles de frontière (Tchad-Libye, Mali-Burkina…).
“ Plus d’un tiers des Etats africains connaît ou ont récemment
connu, soutiennent ou ont soutenu l’une ou l’autre partie à
d’autres guerres civiles ou sont ou ont été impliqués dans des
conflits de frontière ”2
3. BREF
HISTORIQUE DES CONFLITS ARMÉS EN AFRIQUE
Les conflits armés internes ont connu leurs heures de gloire dans
les années 60-80, à une époque où le monde était bipolaire, pendant
la guerre froide entre les pays “ communistes ” et
les pays “ capitalistes ”.
A cette époque, les révolutionnaires savaient que les conflits armés
avaient pour cause, l’impérialisme, stade suprême du capitalisme,
ils devraient se situer dans la problématique marxiste et se faire le
chantre de Che Guevarra, Fidel Castro, Général Diap.
Ce fut l’époque des mouvements
de libération nationale, tels que le MPLA, l’UNITA, le PAIGC, la
SWAPO, le FROLINAT, l’ANC, le FRELIMO, la ZANU et la ZAPU . La liste
est loin d’être exhaustive.
Considérés comme des mouvements révolutionnaires, progressistes, ils
furent tout naturellement des alliés
du bloc de l’Est et du
mouvement ouvrier international, qui les armaient, finançaient,
l’internationalisme prolétarien obligeant.
L’autre camp, c’était celui du “ monde libre ”, l’Occident,
qui estimait qu’il était de son devoir de mener une guerre
préventive contre “ l’expansionnisme
soviétique ”. Il justifiait ainsi sa participation par
des interventions militaires musclées aux côtés des dictateurs
africains au pouvoir pour réprimer tout mouvement révolutionnaire
qualifié de “ mouvement
communiste ” ou de “ la
subversion communiste ”.
Beaucoup des patriotes, nationalistes, progressistes et révolutionnaires
africains ont perdu ainsi leurs vies dans cette rivalité Est-Ouest
comme Patrice Lumumba, Barthélemy Boganda, Amical Cabral, Mario
de Andrade, Um Nyombé, Ernest Ouandié, Ibrahim Abatcha, Robenate,
Outel Bono...
D’autres ont survécu et occupent aujourd’hui des postes clés dans
les appareils d’Etat mais n’ont retenu aucune leçon de
l’histoire. Sur les décombres du matérialisme dialectique, force est
de constater des présidences à vie, exception faite des dirigeants de
l’ANC ,qui ont réussi à faire émerger la démocratie en Afrique du
Sud.
II.
CAUSES DES CONFLITS ARMÉS :
ANALYSE OBJECTIVE
A) CAUSES INTERNES :
Un conflit est “ une opposition de vues ou d’intérêts, une mésentente, une
situation critique de désaccord… ”3. Cette
divergence d’idées et d’opinions est dans l’ordre naturel des
choses car, en matière d’opinions les “ hommes ne sont jamais
nés libres et égaux ”. Dieu merci. Autrement,
c’est le règne de la pensée unique invivable pour toute
personne de bon sens.
Le problème, c’est de savoir dans quel état d’esprit et à quel
moment, une situation critique de désaccord fait-elle usage de la force ?
La réponse à cette interrogation est toute simple. Notre contradicteur
n’est pas un démocrate.
La démocratie étant universelle, on a voulu maquiller en boubou de la
démocratie dans les années 90, les régimes dictatoriaux.
Le problème, c’est qu’il ne peut y avoir de démocratie sans démocrates.
“ La démocratie a besoin des
hommes et des femmes qui, en la vivant en eux, la font vivre pour touts ”4
Le concept de la démocratie s’est toujours fondé sur deux idées
–force. La première est l’admission du principe que le désaccord,
la diversité des opinions et les oppositions ne sont pas incompatibles
avec l’ordre social et l’autorité.
La deuxième, est le principe que nul ne peut tenir son autorité que
par le suffrage majoritaire du Peuple.
La démocratie ne peut faire usage de la force. “ Elle est
l’art du compromis. Un compromis obtenu par la médiation. Le
compromis permet d’avoir la paix, de partager, d’éviter
l’exclusion et en somme de créer les conditions d’un débat sain nécessaire
à la prise de conscience ” 4
Si vous transposez à l’Afrique cette réflexion qui
s’apparente d’une dissertation philosophique d’un ou d’une élève
de classe préparatoire à une grande école, vous constaterez que malgré
la diversité des pays qui composent le continent , diversité tant par
leur histoire, leur géographie, leur stade de développement économique,
les sources de conflits armés sont les mêmes dans tous les cas de
figure.
Le legs du passé et l’absence
de la démocratie
Reprenons
la chronologie des événements :
En
1885 à Berlin, les puissances coloniales se sont partagé l’Afrique.
Un partage qui divise arbitrairement des royaumes et Etats, et regroupe
tout aussi arbitrairement des zones et des populations non apparentées.
Dans
les années 60, la quasi-totalité des Etats Africains ont accédé à
l’indépendance et ont hérité des frontières coloniales. Du même
coup, ils héritent des problèmes que ces frontières entraînent pour
leur intégrité territoriale ou leur désir d’unité nationale.
La
fin de la démocratie qui animait la vie politique à la veille des indépendances,
la répression violente des “ dictateurs issus des urnes ”
sur les groupes ethniques ciblés, la violation systématique des droits
de la personne, ne peuvent que déclencher des réactions réflexes tout
aussi violentes : c’est la loi de la physique qui établit une
corrélation entre l’action et la réaction.
C’ est le premier éclairage sur les sources de conflits armés
en Afrique.
III.CONFLITS
ARMÉS DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS
Les
deux puissances occidentales France, USA et dans une moindre mesure la
Belgique vont exploiter, voire susciter toutes les possibilités de
clivages ethniques et confessionnels pour le besoin de la cause.
Sur
l’exemple des conflits dans la région des Grands Lacs, nous allons
donner un aperçu du phénomène :
1°
ET LE COLON CRÉA LE PIÈGE
ETHNIQUE:
“ S’il
y a des mœurs et des coutumes à respecter, il y a aussi des haines et
des rivalités qu’il faut démêler et utiliser à notre profit, en
opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes
pour vaincre les autres ”5
L’ethnisme a servi de justification au génocide des Tutsis au
Rwanda. Si nous décidons de nous attarder un temps soit peu à ce piège
ethnique8 , c’est qu’il continue à servir de
justification au maintien des conflits armés dans la région des Grands
Lacs et dans d’autres Etats africains.
Il faut parler d’ethnisme, car pour différencier deux ethnies, on
doit pouvoir mettre en évidence des langues différentes et des
coutumes différentes, ce qui n’est absolument pas le cas des Hutus et
des Tutsis. Tout est fondé sur un troisième critère qui serait la
différentiation morphologique, critère confus dans la réalité
sociale rwandaise.
Dans le Rwanda pré-colonial , si la différentiation Hutu-Tutsi-Twa
existait déjà, il n’y avait, en aucune manière, de divisions
raciales rigides comme elles se manifestèrent par la suite.
Le Rwanda, autrefois, fut un royaume et appuyait ses structures sociales
sur trois classes . La différenciation des classes se fait en
fonction de leur rôle dans les activités économiques :
- La
classe de la noblesse et des éleveurs est constituée par les Tutsis
- La
chefferie et la paysannerie sont majoritairement du ressort des Hutus.
- Les
Twas, une minorité forme une classe spécialisée dans la chasse et la
cueillette.
Les particularités physiques entre un Tutsi et un Hutu, n’ont jamais
posé de problème à cause de la mobilité sociale des deux groupes
ethniques. Selon cette mobilité, “ un noble Tutsi appauvri peut
devenir cultivateur et qu’un paysan Hutu du fait même du mariage
mixte, peut épouser une femme Tutsi, acquérir du bétail et devenir
Tutsi8 ”
Les Allemands et les Belges, vont s’appuyer sur la noblesse Tutsie au
détriment des Hutus. Cette préférence est justifiée dit-on par le
principe de l’inégalité congénitale entre Tutsi et Hutu ou encore
selon le principe “ qui s’assemble se ressemble ” mais
à l’envers “ qui se ressemble, s’assemble ”.
“ Les Européens , Allemands d’abord, puis Belges ensuite, ont
cru reconnaître des origines européennes dans la stature élancée des
Tutsis, leur peau claire, les traits fins de leurs nez, symbole de la
noblesse. Les Tutsis seraient une race supérieure pour commander la
race inférieure Hutu de type Bantou, court, robuste, nez aplati,
symbole rédhibitoire d’un retard sur l’échelle de l’évolution9 ”
“ Au Rwanda, Hutu, Tutsi étaient devenus des “ concepts
racistes manipulés politiquement ”10
L’appartenance ethnique était un alibi 11
qui permettait d’asseoir des souverainetés iniques et de
conforter des mainmises économiques.
A un racisme pro-tutsi(et anti-hutu), s’est substitué un racisme
pro-hutu( et anti-tutsi) ; dans les deux cas, ce sont les élites
au pouvoir(encouragées par les puissances coloniales)qui firent des
passions ethniques leur fond de commerce politique, les convoquèrent et
les ravivèrent pour sauvegarder leurs intérêts ”.
Le colonisateur accentuera cette imagerie d’inégalité raciale en
renforçant administrativement dans un premier temps les Tutsis.
Cette situation qui va durer jusqu’à la fin des années 50, créa une
tenace rancœur qui prendra corps chez les Hutus.
A leur initiative “ les écoles et les universités
vont recruter et former en priorité, les Tutsis qui constitueront les
futurs cadres administratifs et techniques du Rwanda moderne ”
9
Quand la dialectique du “ maître(colonisateur) et
l’esclave(cadre Tutsi, obéissant serviteur ” sonnera son heure
pour l’esclave, les autorités Belges vont subitement opérer un
revirement d’alliances.
Les Hutus “ deviennent des braves, des révolutionnaires,
une masse écrasée, trop longtemps opprimée et exploitée par les
Tutsis … Le Tutsi est le nègre intelligent donc prétentieux,
qui ne reste pas à sa place, qui ose défier le maître ” 9
Pour
un crime de lèse-majesté, plusieurs génocides Tutsis
Ainsi
donc, pour un crime de lèse-majesté, commis par le Tutsi qui veut
s’affranchir de la relation de tutelle maître-esclave et amorcer la
lutte pour l’indépendance de son pays, “ le colon Belge
devient le défenseur du Hutu contre le Tutsi ”.
Sous la peau presque blanche avec un masque noir de Tutsi, “ se
cache à présent un dangereux communiste, un bolchevik, un Kmer noir ”.
C’est sous cette appellation que Jean-Christophe Mitterrand “ ne
cesse de désigner les soldats du FPR ”12
“ La stigmatisation des Tutsis va déboucher en 1959 sur
une Révolution sociale qualifiée par Jean-Paul Gouteux “ d’une
révolution raciale ” “ effectuée sous
contrôle belge ”(Gérard Prunier) et qui s’est soldée
par le massacre de 20 000 civils Tutsis le 1er novembre 1959
et s’accompagnant de l’exil de milliers d’entre eux vers les pays
limitrophes(principalement vers le Burundi et l’Ouganda, vivier du FPR(Front
Patriotique Rwandais)
Le Rwanda devint indépendant en 1962 en consolidant une dictature Hutue.
Les exilés Tutsis, réfugiés dans les pays voisins tentèrent à
plusieurs reprises de reprendre le pouvoir.
Les représailles d’une de ces percées venant du Burundi le 21 décembre
1963, fit 10 000 morts parmi
les populations civiles Tutsies de l’intérieur du Rwanda8
C’est ainsi que de fil en aiguille, les interventions françaises,
visant à sauver le régime de Habyarimana, menacé par la guérilla du
FPR, ont conduit tout droit au génocide des Tutsis au Rwanda en
1994 .
La date de 1994 ainsi que
celle de la chute de Mobutu
en 1997 marqueront la fin provisoire de la présence française dans la région des Grands Lacs. Nous
verrons plus loin qu’elle ne tardera pas à faire son grand retour
2. EMBRASEMENT
DES PAYS DE LA RÉGION DES GRANDS LACS
La guerre Hutu-Tutsi s’est revelée contagieuse dès que les ex-
Forces Armées Rwandaises
(FAR) fortes de 20.000, se sont installées dans le Kivu avec armes et
bagages.
L’imbroglio du piège ethnique est inextricable :
L’Est
du Zaïre est peuplé par les Banyarwandais (dénomination regroupant
Tutsi et Hutu congolais ) qui parlent le Kinyarwanda
Le Nord et le Sud Kivu sont peuplés par des Tutsis et Hutus congolais
Non seulement l’équilibre de la coexistence inter-ethnique est ébranlée
avec l’arrivée massive des réfugiés Hutus, Mobutu a fait l’erreur
politique en décheant les Banyarwandais de leur nationalité zaïroise(
1995 ) et les expulsant vers le Rwanda suivis du massacre (1996 ) des
Banyamuleges(pasteurs Tutsis congolais-zaïrois installés sur les Hauts
–Plateaux depuis le 16ème siècle)8
Dès lors le
Zaïre de Mobutu s’impliquait dans le conflit ainsi que toute la région
des Grands Lacs allait s’embraser car tous les pays voisins étaient
plus ou moins impliqués
2.1.
La prise du pouvoir par Laurent Désiré Kabila et la proclamation
de la République Démocratique du Congo ( RDC )
Dans
un monde d’interdépendance, une prise de pouvoir quelqu’elle soit,
est forcément une question d’alliances.
Les protagonistes du conflit sont obligés de nouer des alliances :
Appelons cela, pour la compréhension , “ l’équation de la
raison d’Etat ”
En 1998,
4 ans après le génocide Rwandais, Laurent Désiré Kabila arrive au
pouvoir à Kinshasa et proclame la République Démocratique du Congo.
La grande
question est celle de savoir comment cette prise du pouvoir a été négociée.
Le Rwanda et l’Ouganda, ont
pratiquement “ accompagné ” l’Alliance des
Forces Démocratiques pour la Libération du Congo(AFDL) de Laurent Désiré
Kabila à Kinshasa :
2.2.
L’équation de la raison d’Etat du camp pro-Kabila pour la chute de
Mobutu s’établit comme suit :
-L’AFDL
de LD Kabila
-Le Rwanda : les raisons d’alliance avec Kabila sont compréhensibles :
en découdre avec les miliciens Hutu, Hutu Power et leurs alliés.
-Le Burundi de Pierre Buyoya pour les mêmes raisons que le Rwanda (les
deux pays sont dirigés par les Tutsis avec les Hutus modérés)
-L’Ouganda de Yoweri Museveni
(Kagame a aidé Museveni à prendre le pouvoir à Kampala,: les deux
hommes sont des potes : c’est la première raison ; la deuxième
c’est que l’une des deux oppositions armées à Museveni , l’Alliance
des Forces Démocratiques( ADF) s’approvisionnait en armes à partir
de la ville zaïroise Bunia et l’autre, l’Armée de Résistance du Seigneur( LRA )
combat les Forces de Défense Ougandaise(UPDF) à partir du Sud-Soudan.
-L’Angola de Dos Santos : Dos Santos dans la foulée veut en découdre
avec l’ennemi n°1 : l’Unita ayant pour base le Zaire.
-Le Soudan : Le FPLS de John Garang s’approvisionnait en armes à
partir de la même ville zaïroise Bunia
-L’Erythrée d’Issaias Aferwerki et l’Ethiopie de Meles Zenawi
probablement par solidarité pour les nouveaux dirigeants africains
arrivés au pouvoir par la force des armes.
-Les USA( dans la perspective de signer avec Kabila de gros contrats
sur-commissionnés ) et faire du business as usual.
2.3.
L’équation
de la raison d’Etat pour le camp anti-Kabila s’établit comme
suit :
-les Forces Armées
zaïroises (FAZ) du Maréchal Mobutu
-les Hutu Power(extrémistes Hutus) et interhawme (milice Hutue ): après
le génocide, le Kivu et l’Ituri,
“ zone de sécurité humanitaire ”, débaptisée
par l’opération Turquoise, est la région naturelle de leur replis, où
ils utilisent l’immensité des réfugiés comme boucliers humains, ce
qui leur permet d’une part ,de s’organiser, de s’entraîner et
mener des assauts armés afin de reprendre le pouvoir à Kigali,
d’autre part.
-la France et ses réseaux françafricains sont les ennemis jurés de
Kabila et réciproquement à cause de leur aveuglement aux côtés de
Mobutu.
-les mercenaires Serbes recrutés par la France
2.4.
Laurent Désiré Kabila confronté aux épreuves
de gestion de la réalité du pouvoir acquis grâce à la force
des armes et à l’intervention des alliés
Quand
vous excitez chez des combattants, soldats, une vision fantastique
d’un monde meilleur et surtout lorsque vous leur promettez un
changement à leur mode d’existence médiocre après la prise du
pouvoir, et qu’ensuite, confronté à la réalité de ce même
pouvoir, vous vous rendez compte qu’il vous est impossible de
distribuer à tous les fruits de la victoire, vous les abandonnez à
leur triste sort. A défaut, ils se servent eux-mêmes puis qu’ils
disposent d’ armes qu’ils savent manipuler.
A
côté de cela, le pouvoir de LD Kabila
est sur une assise impopulaire :
- il
refuse la démocratie et l’organisation des élections libres et
transparentes
- il provoque des mécontentements chez ses alliés d’hier:
*Les parrains :l’Ouganda, le Rwanda et l’Angola sont très mécontents :
en fait, ils trouvent que Kabila ne les aide pas du tout à lutter
contre leurs propres rébellions qui lancent des assauts depuis leurs
arrières bases installées en plein territoire de la RDC. Ils trouvent
que Kabila joue en face d’eux un double jeu
*Les USA trouvent que Kabila fait du mobutisme sans Mobutu
2.5.
Revirement et reconstitution des nouvelles
alliances pour mettre fin au régime
de LD. Kabila
*Nouvelle
équation de la raison d’Etat pour le camp anti-Kabila s’établit
en Juin-juillet 1998 comme suit :
-Les USA
fournissent un soutien logistique essentiellement des matériels de télécommunication,
des conseils stratégiques et des instructeurs.
- Le Rwanda et l’Ouganda : Depuis que LD Kabila exploite la haine
anti-tutsie et relégitime la nébuleuse génocidaire, ces deux pays
sont pressés d’en finir avec lui, tout en ayant la neutralité tacite
de l’Angola
- Le Burundi de Pierre Buyoya à cause de son explosif mélange ethnique
Hutu-Tutsi
*Mauvais
calculs du Rwanda et de l’Ouganda pour évincer LD
Kabila.
La donne de ces
mauvais calculs est la suivante:
-Aveuglés par leur arrogance, les militaires Rwandais et Ougandais
qui se comportent en conquérants en RDC ne voyaient pas le sentiment de
rejet qu’inspire leur présence à la population congolaise
-Certains de ces militaires se sont convertis en affairistes : ils
estimaient qu’ils ont un droit de préemption sur les richesses minières
de la RDC
-A force de vouloir toujours privilégier la force des armes dans le règlement
des conflits, Paul Kagame et Yoweri Museveni, ont sous-estimé le côté
politique et diplomatique du conflit :
-Ils ont allégrement laissé à l’écart Dos Santos de l’Angola,
estimant que l’obtention de sa neutralité tacite dans cette guerre
–éclair qu’ils préparent sur Kinshasa, a été suffisante.
Manque de pot : L.D.Kabila réussi à convaincre Dos Santos de l’Angola à
reconsidérer sa neutralité.
Donc
la nouvelle équation de la raison d’Etat pour le camp pro-Kabila s’établit
comme suit :
-Maï-Maï :
Au niveau intérieur, Kabila reprend à
son compte le comportement revanchard des Maï-Maï
contre les Banyarwanda .
Les Maï-Maï
se font désormais appeler Force d’autodéfense populaire (Fap ) et
sont intégrés dans le dispositif de rapport de forces pro-Kabila13
-L’Angola
de Dos Santos : Kabila a démontré à Dos Santos que la coalition
anti-Kabila, est de connivence avec les rebelles de l’UNITA
de Jonas Savimbi, ennemi n°1 de l’Angola : effectivement, l’Ouganda
fournit des armements lourds à l’UNITA
.L’Angola a énormément investi en RDC : c’est l’Angola qui
s’occupe de l’approvisionnement en produits pétroliers de la RDC
via sa filiale : la Sonangol(Société nationale angolaise de pétrole) :
une joint-venture installée en RDC dont la Sonangol est majoritaire
avec des ambitions débordantes: exploration et exploitation off-shore
et on-shore(en mer et sur la terre)du pétrole
congolais(zairois)14
-Le Zimbabwe de Robert
Mugabé : se sentant mal à l’aise par l’accusation de la
communauté internationale, Robert Mugabé, révolutionnaire d’antan,
veut se venger de l’aura de Nelson Mendela et de Yoweri
Museveni, dirigeants sages de l’Afrique australe
-La
Namibie de Sam Nujoma
au pouvoir à Windhoek probablement par solidarité de la conquête
du pouvoir par les armes
-La
France : après 5 ans d’absence
fait son retour triomphal dans la région, dans une argumentation toute
simple :
.Si Laurent Désiré
Kabila symbolisait l’humiliation de la France et de la Françafrique
aux côtés de Mobutu, il pouvait devenir un allié, dès lors qu’il
s’affranchissait de ses sponsors (Rwanda, Ouganda et USA15) Jacques Chirac va s’employer à piloter la guerre,
depuis l’Elysée, au grand dam des socialistes français qui sont
obligés de céder aux “ évidences ” géopolitiques.
.La France va réactiver ses réseaux françafricains et les met à la
disposition de LD Kabila :
.L’Angola : la raison d’Etat est expliquée plus haut.
.Les Hutu Power : c’est un euphémisme de dire qu’il est très
lié à la France
.Le Soudan : Il est
l’ennemi de l’Ouganda : les deux pays ont rompu leurs relations
diplomatiques en 1995 et s’accusent respectivement d’accueillir les
rebelles ougandais de LRA et l’Armée Populaire de Libération du
Soudan(APLS) de John Garang. Mais ils se retrouvent dans une coalition
pro-Kabila. La raison d’Etat de
l’ entrée du Soudan dans la coalition pro-Kabila, est compréhensible :
Kabila étant l’ennemi de l’Ouganda qui lui même est l’ennemi du
Soudan : l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Vu du côté
ougandais, cette maxime ne s’applique pas car le Soudan,
même ennemi de Kabila (le FPLS de John Garang s’approvisionne
en armes à partir de la ville zaïroise ou congolaise de Bunia), ne
peut pas être ami de l’Ouganda : pour ce dernier qui
s’accommode de la présence de son ennemi dans une coalition contre
Kabila, nous dirons : “ l’abondance de quelques hommes en
armes de plus à vos côtés, ne nuit pas ”. La raison d’Etat
qui explique l’intégration du Soudan dans le réseau françafricain
est beaucoup plus complexe. Nous sommes en présence d’une équation
différentielle.
.Le
Tchad : Hormis le fait que le Président
Idriss Déby a envoyé 2000
soldats15
combattre aux côtés de LD Kabila, l’aide du Tchad de Déby au camp
pro-Kabila se concrétisait également par la fonction d’escale des aéroports
de N’Djaména, d’Abéché et de Faya-Largeau qui ne peuvent
fonctionner qu’avec l’assistance technique du corps expéditionnaire
français de l’opération Epervier au Tchad.
Du côté raison d’Etat : c’est l’argent. Le corps expéditionnaire
tchadien est financé par la Libye.
La
Libye : des avions-cargos géants,
peints aux couleurs Libyennes contenant des armes, achetées par la
France aux nouveaux pays issus du bloc de l’Est, transitent par la
Libye, le Tchad et la RCA. Elles sont ensuite réceptionnées à
Kinshasa.
.La RCA :
même fonction d’escale.
. La
Tanzanie qui dispose des camps d’entraînement
des rebelles Hutus est associée à la France
-La
Chine populaire : LD Kabila signe
avec la Chine un contrat d’un montant d’un milliard de dollars américains
payables en or, diamant, cobalt et uranium, relatif à la fourniture à
la RDC des chars modernes, des pièces de rechange, des transports de
troupes blindés, d’artillerie lourde, de munitions et d’armes légères
Devant
l’impressionnante coalition pro-Kabila
(France, Angola, Namibie, Zimbabwe, Tanzanie, Tchad, Libye,
Soudan et Chine ), il
est clair que la coalition anti-Kabila constituée par le Rwanda, l’Ouganda,
le Burundi et les USA) n’ont aucune chance d’évincer LD Kabila au
pouvoir à Kinshasa. Le coup d’Etat de juillet 1998, fomenté par le
FPR a logiquement échoué
En représailles à
ce coup de force, LD Kabila a décidé le renvoi des troupes Rwandaises
de la RDC.
3. LA
REVANCHE DES VAINCUS OU LE MAINTIEN DE L’INSTABILITÉ PERMANENTE
EN RDC PAR L’ENTRETIEN DES REBELLIONS ARMÉES ET FINANCÉES PAR LE
RWANDA ET L’OUGANDA
En l’espace de
quelques mois, après l’échec de coup d’Etat contre LD Kabila, la République
Démocratique du Congo, unie jusqu’alors sur toute l’étendue du
territoire, va se trouver divisée en trois zones distinctes
1ère
zone sous autorité de LD Kabila : A
l’Ouest et au Sud de la RCD, grâce aux alliés Zimbabwéens,
Angolais, Tchadiens et Namibiens essentiellement, Kinshasa maintient
son autorité sur à peine la moitié du territoire de l’ex-Zaïre
2ème
zone sous administration du Rassemblement Congolais pour la Démocratie(RCD),
basé à Goma : c’est le RCD-Goma
Le
RCD-Goma est créé dès le début des hostilités en août 1998 et bénéficie
du parrainage de Kigali et occupe la partie orientale du pays.
La fraction dissidente du RCD, le RCD-ML (Mouvement de Libération
) soutenu par l’Ouganda est dirigé par Ernest Wamba dia Wamba
3ème
zone sous administration du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC)
de Jean Pierre Bemba : Crée en octobre 1998, ce second front
rebelle est ouvert dans la province de l’Equateur, au Nord-Est
avec l’appui de l’Ouganda. Le MLC a installé sa capitale à
Gbadolite, ville native de l’ex-dictateur Mobutu. Cette ville possède
toutes les infrastructures crées par Mobutu : aéroport
international, un réseau de distribution d’eau potable et d’électricité
performant, des édifices publics fonctionnels16
Les
zones appartenant à la rébellion sont gérées comme un Etat dans un
Etat : formation de gouvernement avec Président et ministres.
4.
ACCORD DE PAIX DE
LUSAKA DU 30 AOÛT 1999
C’est un accord de cessez-le feu signé entre les belligérants :
gouvernement congolais et les rebelles.
Cet accord a été violé par les protagonistes du conflit qui
ont repris les hostilités
au lendemain de sa signature
L’agenda des négociations de paix en cours oblige l’Ouganda et le
Rwanda à contrôler les mouvements rebelles congolais par des hommes
fiables, ce qui se traduit par des affrontements fratricides .
A Bunia, capitale de la
province de l’Ituri et centre minier, à la frontière avec l’Ouganda,
un autre gouvernement des rebelles, le RCD-ML est constitué : il
est présidé par Mbusa
Nyamwisi leader du RCD-ML avec Thomas Lubanga , dirigeant de l’Union
Patriotique du Congo(UPC) comme
ministre de la défense
En Août 2002 , Thomas Lubanga de l’UPC , avec l’aide des
forces armées ougandaises évince son Président Mbusa Nyamwisi
du RCD-ML
5. ACCORD DE PRÉTORIA IV DU 17 DÉCEMBRE 2002
D’accord de paix en accord de paix, tous les protagonistes du
conflit dans la région des Grands Lacs, sont conviés à signer les
accords de Pretoria IV.
Un mot tout de même sur l’Afrique du Sud. Qui mieux que les
dirigeants de l’ANC savent le sacrifice qu’il faut consentir pour
avoir la liberté et la paix ? ( Visionner à ce sujet la cassette
du film “ Cry Freedom ”). L’ex-chef de l’Etat
sud-africain, Nelson Mandela a repris du service au nom des Nations
Unies comme médiateur dans
le conflit interburundais et intercongolais.
Les principaux points de cet accord sont :
1°la
formation d’un gouvernement d’union nationale de transition vers des
élections libres et transparentes, à parité égale entre le
gouvernement de Joseph Kabila, les mouvements rebelles( RCD-Goma, RCD-ML,
RCD-N et le MLC), la société civile, l’opposition démocratique d’Etienne
Tshisekedi Wa Mulumba ainsi que les FAP ou milices Maï-Maï
2°L’élaboration d’un projet de constitution
3°L’application du programme 2D3R imposé par les Nations Unies
D :Désarmement
D : Démobilisation
R :Rapatriement
R : Reinstallation
R : Réintégration
4° La formation d’une armée nationale intégrée.
6.
MENACE SUR LES ACCORDS DE PAIX DE PRETORIA IV
Pour négocier en
position de force, comme toujours, les protagonistes du conflit, ont
fait appel à la force des armes, tant du côté du pouvoir de Kabila
–fils que des ex-alliés de Kabila-père, le Rwanda et l’Ouganda.
En février 2003, une offensive menée par une coalition des forces
hétéroclites, les Forces armées congolaises de Joseph Kabila, les
forces armées ougandaises et le RCD-ML, veulent reprendre les positions
tenues par les forces de l’UPC de
Thomas Lubanga .
C’est surtout le 6 mars 2003 que l’armée ougandaise dans cette
nouvelle alliance avec les forces armées congolaises de Joseph Kabila,
a réussi à déloger les forces de l’UPC et a installé au pouvoir à
Bunia, les nouveaux alliés de Kampala : les
Forces pour l’Intégration et la Pacification de l’Ituri(
FIPI)17
L’opération coup de poing de Yoweri
Museveni à Bunia avec l’approbation de Joseph Kabila, est un
casus belli pour Paul Kagame, prêt à entraîner le Rwanda dans une
guerre avec l’Ouganda. Il a fallu la médiation des Nations Unies pour
temporiser les velléités guerrières de Paul Kagame.
7 .QUE
CACHENT LES TRACTATIONS DIPLOMATIQUES
DES DERNIÈRES
HEURES ?
La
pression internationale veut que l’Ouganda retire ses forces de Bunia.
Le problème est que l’Ouganda en se retirant, a décidé de créer un
autre piège ethnique en dressant les Hemas (qui appartiennent aux
forces de l’UPC et aux FIPI, désormais appelées Parti pour l’Unité
et la sauvegarde de l’Intégrité du Congo ( PUSIC )) contre les
Lendus soutenus par Joseph Kabila. Les deux ethnies se sont livrées à
une véritable purification ethnique au stade de “ potentiel
de génocide ” à tel point que la France vient de dépêcher
une mission militaire dans la région pour étudier les possibilités du
déploiement d’une force d’interposition. Cette nouvelle initiative
à caractère humanitaire de la France donne bien évidemment un tournis
au Président du Rwanda, Paul Kagame,
qui est loin d’être atteint par l’amnésie du comportement
de l’opération Turquoise dans la “ zone de sécurité
humanitaire ” qu’elle a créée, il y a à peine 10 ans.
Dans le débat qui s’est engagé autour de ce thème de conflits armés
aux forums du 24 mai 2003 à Strasbourg contre le G8, il se dégage que
les Français et les Américains, ont décidé d’enterrer la hache de
guerre, moyennant un deal : La France doit soutenir et voter en
faveur de la nouvelle résolution des USA qui demande au fond que les
Nations Unies légitiment leur guerre en Irak et le protectorat qu’ils
maintiennent sur ce pays. En retour, les Américains laissent à la
France la main libre d’intervenir en RDC. Ainsi va le monde.
CONCLUSION :
Les conflits armés dans la région des Grands Lacs
sont une suite perpétuelle des “ équations de la raison
d’Etat ” et des appétits des multinationales qui entraînent
une “ propension à faire, défaire et à refaire les alliances.
Les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui et vice-versa ”13
ALTERNATIVES
Y’a-t-il
vraiment une alternative dans un monde de réseaux mafieux, de trafics
d’armes et des mercenaires ?
Toute approche des problèmes de sécurité sur le continent africain,
devrait d’abord commencer par une lutte pour la promotion de la démocratie
et son enracinement comme valeur afin que s’instaure un Etat de droit.
Seuls la démocratie et
l’Etat de droit comprennent le langage de la paix, de la stabilité et
de la sécurité.
La révision des accords de défense et d’assistance militaire entre
les Etats-Africains et la France, s’avère indispensable.
Il faudrait lutter contre les ventes d’armes, traduire devant la Cour
Pénale Internationale les dictateurs responsables de crimes et de
complicité de crimes contre l’humanité, refuser l’exception
américaine et française devant la compétence de cette Cour
pour une justice à deux vitesses qui veut que les ressortissants et
militaires américains se soustraient à d’éventuelles poursuites
alors que la France a réussi à introduire dans les clauses de la Cour
l’article 124, qui oppose un moratoire de sept ans contre sa
compétence à poursuivre les ressortissants et militaires français.
Autrement, la constitution des forces d’intervention interafricaine
dans le cadre de la prévention ou la résolution des conflits armés,
se bornera à assurer tout simplement une “ sécurité au sommet ”
pour les chefs d’Etats africains et français, en laissant “ une insécurité
à la base ” pour les populations africaines.
REFERENCE
BIBLIOGRAPHIQUE :
1.
Rapport du Sécrétaire général des Nations Unies sur “ Les
causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement
durables en Afrique ”, 1998, pp 1-6, 1 ou
http://www.unic-tunis.intl.tn/sgreportaafr.htm
2. “ Mémorandum du 26 avril 1999 de l’Union
Européenne se félicitant du Rapport 1998 du Sécrétaire général des
Nations Unies sur les causes des conflits en Afrique… ” VI, p 1
ou http://www.consilium.eu.int/pesc/memo/fr/99/main6.htm)
3.
Gérard Cornu : Vocabulaire juridique. PUF,Paris,1998, p.189
4. Professeur Georges Burdeau, cité par Fousseyni Samaké In
Le soleil en ligne. Cahiers & Spéciaux : Le comité
Afrique de l’Internationale Socialiste : http://www.primature.sn/lesoleil/intersoc.htm
).
5. Maréchal Louis-Hubert Lyautey, colonisateur du Maroc
cité par François-Xavier Verschave in
Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ? Les arènes,
Paris, 2000 p.93
6. Jean-Paul Gouteux : Les soutiens européens à l’ethnisme. In
Quaismodo n°6,printemps 2000. Fictions de l’étranger, p.43
7. Afrique /Etats-Unis : L’Amérique et le syndrome somalien .
Entretien de Herman Cohen avec Brice Ahounou. In Africa International n°330
de décembre-janvier 2000 p.9, 10
8. Benjamin Sehene : Le piège ethnique, Ed. Dagorno, Paris,1999,
pp.16,20, 185
9. Frédéric Baillette : Figures du corps, ethnicité et génocide
au Rwanda. In Quaismodo n°6,printemps 2000. Fictions de l’étranger,
p.28,16,17
10. Frédéric Baillette : Figures du corps, ethnicité et génocide
au Rwanda. In Quaismodo n°6,printemps 2000. Fictions de l’étranger,
p.32, citant Jean-Paul
Gouteux
11. Frédéric Baillette : Figures du corps, ethnicité et génocide
au Rwanda. In Quaismodo n°6,printemps 2000. Fictions de l’étranger,
p.32, citant Jean-Pierre
Chretien in L’alibi
ethnique dans les politiques africaines.Esprit, juillet, août 1981
p.109-115
12. Pascal Krop, Le Génocide franco-africain. Faut-il juger les
Mitterrand ? Paris. Jean-Claude Lattis, 1994, p.73
13. Bapuwa Mwamba : Pour qui
roulent les Maï-Maï In Jeune Afrique Economique n° 289 du 14 au
27 juin 1999 p, 13,92
14. Pierre Victor Mpoyo : “ Le Président Kabila est trop
bon ” In Africa international N°330 p.19
15. François-Xavier Verschave in
Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ? Les arènes,
Paris, 2000, p.123, 124
16. Jeune Afrique N°2033-2034 du 28 décembre 1999 au 10 janvier 2000,
p.35-36
17. Luigi Elongui : RDC : Instabilité persistance In Le
nouvel Afrique asie n°163-avril 2003 p.13
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