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  Dossier Bozizé

QUI EST LE GÉNÉRAL FRANÇOIS BOZIZE?


Cet article est paru sous son titre original "LES EN DESSOUS DE L’AFFAIRE BOZIZE. AH! LES FICHES QUI NOUS GOUVERNENT", dans le quotidien centrafricain Le CITOYEN
 N° 1228 du vendredi 09 novembre 2001


     Près de vingt ans plus tard, le général Bozizé fait encore parler de lui. Et pour la seconde fois, il est encore question de coup d'État. La première fois fut un 03 mars 1982, à l'occasion du "coup d'Etat radiophonique" dont il fut le maître d'œuvre. Il tenta de renverser le régime du président-général André Kolingba. Malheureusement, pour l'officier centrafricain, l'entreprise s'était bornée à une déclaration insurrectionnelle radiodiffusé qui fut rapidement circonscrite par les forces de sécurité informées. d'après une version officielle, des semaines auparavant les services de renseignements généraux, politiques et militaires étaient informés sur l'imminence de l'exécution d'un complot de coup d'Etat dont l'instigateur serait le leader du Mlpc, M. Ange-Félix Patassé. Mais dans une autre version, les victimes soutiennent qu'on leur tendit un piège afin de les écarter du centre des décisions du régime Kolingba. Toutefois, après l'échec du coup de force et la débandade qui s'en était suivie, pour la première fois, le général partit en exil. Le sort de ses présumés complices ne fut pas pour autant meilleur. Des jours de cavale plus tard, le général Alphonse Mbaïkoua et quelques hommes s'établissent dans le Sud tchadien, où il mourra dans des conditions non encore élucidées mettant toutefois en cause son aide de camp et M. Jean-Jacques Demafouth. M.Ange-Félix Patassé, quant à lui, dû son salut à l'"implication malencontreuse" de la France qui, après négociation avec le président Eyadéma, lui trouva une terre d'accueil au Togo. Pour l'anecdote, déguisé en femme et convoyé sur un vélomoteur par M. Dobanga, le leader du Mlpc se réfugia à l'ambassade de France à Bangui; l'ambassade de Libye étant fermée depuis l'"opération Baraccuda", qui ramena le président Dacko au pouvoir. D'autres présumés complices n'ont pu se mettre à l'abri. Ce fut les cas du colonel N'Djadder-Bédaya, de MM. Hugues Dobozendi, Meté-Yapendé, Doté-Badékara et quelques actuels caciques du Mlpc. Point n'est besoin de préciser que ceux-ci connurent les pires tracasseries politiques et administratives. Toutefois, certains, dont M. Hugues Dobozendi, pour des raisons de politique intérieure, au nom de l'unité nationale, furent appelés par la suite à collaborer à différents niveaux au régime de Kolingba. Beaucoup de "militants clandestins du mlpc" connurent même la gloire en rejoignant le parti unique du président-général André Kolingba, le Rassemblement Démocratique Centrafricain, à sa création; M. Dondon-Konamabaye, l'actuel président de l'Assemblée nationale, Maïtart-Djimarem, député et actuellement responsable de la propagande du Mlpc, M. Sorongopé-Zoumandji, conseiller de Kolingba et ministre dans le gouvernement de Ziguélé... "Isolé dans la clandestinité", après de brefs séjours en Algérie puis en Libye, le général François Bozizé s'établira plus tard à Cotonou (Bénin) où il subira l'exécution d'un occulte mandat d'extradition pour être ramené manu-militari en Centrafrique. Le 24 juillet 1989, avec onze (11) autres Centrafricains réfugiés au Bénin, le général Bozizé sera enlevé à son hôtel par un commando de mercenaires africains, à la solde du régime de Kolingba. Ramené à Bangui le 31 août 1989, l'officier sera maintenu en détention sans assistances médicale et juridique et sans droit de visite pendant plus d'un an. Aux dires de sa sœur, Mme Yvonne Mboïssona qui déposa plainte contre le gouvernement centrafricain auprès du Haut Commissariat des Droits de l'Homme des Nations Unies à Genève (Suisse), en guise de repas, il recevait souvent de la viande avarié et un repas contenant des grains de sable. C'est à partir du 26 octobre 1990, qu'Il rencontra pour la première fois son avocat, Me Tiangaye. celui-ci put ainsi se rendre compte de l'état déplorable de son client: perte de poids évalué à plus de 40 kilogramme, des cicatrices matérialisant des actes de tortures. Le général était détenu dans des conditions indignes jusqu'en 1993 d'abord au Camp de Roux puis au Camp Kassaï. Craignant pour la vie de son mari, Mme Bozizé, résidant alors en France, s'en remit à l'Assemblée nationale française. dans une lettre datée 29 octobre 1990, les autorités françaises la rassurèrent sur le sort de son mari qui venait d'être transféré du Camp de Roux au Camp Kassaï. Les traitements inhumains subis par l'officier ne lui avaient pas enlevé la vie ! Toutefois, il échappa à une tentative d'assassinat dans la nuit du 10 au 11 juillet 1990. Ses geôliers le poussèrent à s'évader mais peine perdu, sentant le coup fourré, François Bozizé n'enjamba pas la barrière qui le sépara de la liberté. En représailles, il fut battu des heures durant et laissé sans aucun soin. Sur la pression constante de ses relations et de son avocat, Me Nicolas Tiangaye, son procès fixé pour le 28 février 1991 ne put avoir lieu. D'autres rendez-vous seront ainsi régulièrement manqués Fixé.(...)

                    
L'AGONIE DU REGIME SANGUINAIRE DE PATASSE 
    Décidément, les fiches mensongères et les lettres calomnieuses n'ont pas fini de faire des victimes dans le cercle du pouvoir en Centrafrique. La dernière en date s'appelle Bozizé, un officier généra que la République centrafricaine a tant peiné pour former, et pour des broutilles de «Lettre calomnieuse», a été limogé, etc, etc, etc. Pour justifier la décision du président Patassé de donner l'assaut contre le Général Bozizé et ses hommes retranchés au B.I.T (PK 10), il a été fait mention dans un Communiqué présidentiel de l'imminence d'un coup d'Etat que préparerait l'ancien chef d'Etat major général des armées qui fait de la résistance avec des «complicités extérieures».Le Général Lamine Cissé sera de fait mis en «vacances», lui qui venait d'obtenir l'engagement du Général Bozizé de lever toutes les barrières qui mènent au PK 12. En réalité, notre Général aujourd'hui porté disparu était déjà grillé par une fiche particulièrement chargée d'accusations graves. Fiche signée de la main d'un Pasteur et de surcroît «Chef Spirituel National» de l'Église christianisme céleste dont le siège (son Vatican) se trouve au Nigeria. Notons également que cette Église est implantée un peu partout en Afrique de l'Ouest, notamment au Bénin, en Côte d'Ivoire, pour ne citer que ces deux pays. Revenons à nos moutons. Ce Pasteur là, tous les mélomanes centrafricains qui aimaient le «Centrafrican Jazz» de Prosper Mayélé et du Docteur Wech le connaissaient et ont dû l'apprécier tant il faisait aussi bien sinon mieux que Pépé Kallé de l’autre côté de l’Oubangui. Il s’agit du musicien « Pasteur Samaley », l'homme a la voix cassée mais non langoureuse, entraînant et berçant. Il avait des talents artistiques. Il s’était illustré également lors de l’avènement de Patassé en 1993, par un chant militant dédié à Patassé : « qui dit la vérité ? C’est Patassé qui dit la vérité. Victoire ! Victoaaa, camarade ! ». Voilà grossomodo, l’homme qui vient de faire tomber un Général de division, et qui ose l'accuser (Bozizé) de faire de la politique, alors que lui-même en fait. Attitude de pharisien qui voit la paille qui est dans l'œil de l'autre sans se rendre compte de la poutre qui est dans son propre œil ? Mais c'est oublier qu'il avait aussi depuis Abidjan (Côte d'Ivoire) ou il y a été en quête de gloire musicale - comme les Zaïrois Sam Mangouana, Tchala Mwana, etc. Après un échec cuisant (premier album non -vendu), notre Pasteur va se découvrir un autre talent sous les cocotiers ; des plages de Vridi (Abidjan), celui de serviteur de Dieu au titre de «Chef Spirituel National» de l'Église du Christianisme Céleste (la Sainte Église venue dont Bozizé n'était qu'un membre honoraire et de surcroît hiérarchiquement subalterne par rapport au «très honorable» Samaley... Seulement voilà, Pasteur Samaley a aussi un autre talent, celui-là plus dangereux : celui de faiseur de fiches sulfureuses à la haute attention du président Patassé. Que vient chercher un président de la République publique dans un problème de leadership d'une église, fut-elle céleste ?Témoin, cette correspondance qui n'est rien d'autre qu'une «fiche calomnieuse», une de plus contre Bozizé, Cette fiche signée de Samaley (ministre de Jésus Christ devant l'Éternel !), datée du 20 octobre 2001. Une date trop proche du 26 octobre, date à laquelle le Général Bozizé sera limogé de la tête de l'État Major général en même temps que «l’Église du christianisme céleste» verra ses portes fermées, à la demande d'ailleurs expresse du même Samaley qui a oublié sa soutane de Pasteur pour arborer celle de Juda. Dans sa fiche ou lettre en question, il a en effet demandé expressément au président Patassé de fermer la «Paroisse dirigée par Bozizé et son parent Feïkereï Jules jusqu'à nouvel ordre». Incroyable mais vrai qu'un ministre religieux recourt au pouvoir politique pour obtenir une décision de suspension, d'ailleurs dûment signée sous le N° 006/ MI/CAB/SG,  en date du 26 octobre 2001 par le ministre Joseph Monzoule. Un pasteur tribaliste ? L'Évangile prêche-t-elle aussi la division? On apprécie d'ailleurs la célérité dans la prise de cette décision sur simple demande d'un (1) membre d'une association religieuse régie par des statuts et règlement intérieur. L'arbitraire est grotesque d'autant qu'elle prend uniquement en compte des «révélations» d'un pasteur en conflit de personne et de compétence manifeste avec le général Bozizé au sein d'une Église. Affaire privée que Samaley a bien réussi à politiser au point d'avoir raison de Bozizé qui semblait trop l'écraser de sa personnalité. Manifestement le Général devait lui faire peur, bardé de ses étoiles.

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