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Grand
reportage |
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GRAND
REPORTAGE
UN ENJEU POLITIQUE MAJEUR :
Une conférence de l’opposition Tchadienne
à Paris qui dérange le pouvoir de N'djamena
Par
Mohamed KEBIR
- Article paru le 03 avril
2005 |
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UN ENJEU
POLITIQUE MAJEUR :
Une conférence de l’opposition
Tchadienne
à Paris
qui dérange le pouvoir de N'djamena
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Le
dimanche 27 mars 2005, en début de matinée, un soleil radieux
dans un ciel serein illumine d’une clarté rarissime la capitale
française en ce début du printemps. Au numéro 30 de la Rue
Cabanis dans le 14ème Arrondissement de Paname, le
grand hall du complexe hôtelier FIAP Jean Monnet accueille un
incessant va et vient de Tchadien(ne)s.
Des
Tchadiens de différentes sensibilités politiques,
politico-militaires, de la société civile |
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et
des personnes et personnalités indépendantes y sont conviés
pour prendre part aux travaux de la Conférence de l’Opposition
organisée à l’initiative de la Coalition pour la défense
de la Démocratie et des Droits Constitutionnels (CDDC).
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A
11H30, Ahmat Yacoub, le président du comité préparatoire de la
Conférence demande aux invités de prendre place dans la grande
salle prévue à cet effet. Dans la salle de conférence se
dressent deux drapeaux géants aux couleurs nationales bleu, or,
rouge et situés derrière l’estrade. Au fond de la salle, une
grande affiche accrochée au mur de l’enceinte résume en
quelques mots la philosophie de la Conférence. On peut y lire :
« Première Conférence de l’Opposition
tchadienne, Paris du 27 au 29 mars 2005. Pour une image
responsable de l’Opposition tchadienne, l’union fait la force
et la démocratie est une exigence. Le leader est celui qui pense
aux intérêts de son peuple avant les siens ».
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A
11H50, l’hymne national du Tchad retentit dans la salle. A cet instant
précis, la centaine des invités, par un réflexe naturel, se mettent
tous débout. Certains politico-militaires se mettent même en garde à
vous. Cinq minutes plus tard le président du comité préparatoire, qui
est le président provisoire de la séance, ajuste son micro. Il prend
la parole, remercie les invités de leur présence massive et prononce
son mot de bienvenue. Il
ouvre la séance avec le regret d’informer les conférenciers que
« Ahmat Hassaballah Soubiane n’a pas pu effectuer le déplacement
sur Paris, parce que le consul de France à Washington a refusé de lui
délivrer le visa de court séjour en France ». Néanmoins il
rassure la salle que ce dernier fera sa déclaration en direct par téléphone.
L’assemblée
constate également l’absence en son sein de Jean Bawoyeu Alingué et
du Dr Facho Balam. Tous deux ont obtenu le visa de court séjours pour
se rendre en France afin de prendre part à cette Conférence. Mais le
Pouvoir les à empêchés de prendre l’avion en leur retirant le
passeport à l’aéroport de N’djaména. Quant à Mahamat Saleh Makki,
absent lui aussi de la salle, il a tout de même réussi à effectuer le
voyage sur Paris. Mais il a mystérieusement disparu à la veille de
l’ouverture des travaux de la conférence.
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A 12H10, le téléphone sonne
dans la salle de conférence. Ahmat Yacoub décroche le combiné.
C’est Ahmat Hassaballah Soubiane qui est au bout du fil. Le
haut-parleur est branché. Soubiane adresse quelques mots de
civilités aux conférenciers. Il leur demande d’observer une
minute de silence. Ensuite il explique brièvement les raisons de
son absence puis prononce son discours. « Paris est un test
pour nous, Paris est une expérience, Paris est un défi duquel résultera
une stratégie commune pour le changement au Tchad. Comment
allons-nous faire pour soutenir le NON à la révision de la
Constitution rendant ainsi possible une |
| alternance
paisible encrée dans l’esprit de la Conférence Nationale
Souveraine. Comment allons-nous combattre une nouvelle forme de
politique pré coloniale basée sur les tripotages des élections
et les violations des droits de l’Homme. Vous venez là, chers
conférenciers, de relever avec moi ce qui est cher à l’homme
dans ses revendications de toujours…, les DROITS », relève-t-il
dans son discours.
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« Quoi
de plus noble que de lutter pour les droits au Tchad ? »
s’interroge-t-il au passage. « Le peuple tchadien attend de nos
travaux une stratégie et une forme d’organisation ou de coordination
de nos actions pour instaurer un Etat de droit », martèle-t-il.
Les conférenciers, très attentifs, font souvent du geste de la tête
pour approuver les termes de ce discours. « Dans l’histoire des
peuples, la Justice, la liberté et la paix sont généralement
l’aboutissement de longues confrontations. Après la décolonisation,
les dictatures ethniques et leurs corollaires d’injustice et de
frustrations ont été à la base des malheurs de nos peuples. Des
confrontations de tous genres ont marqué notre histoire récente et
laissé des blessures encore béantes. Tout cela doit enrichir nos expériences
et nous rendre capables de trouver des solutions à nos souffrances »
rappelle-t-il avec insistance.
Dans
la salle de conférence, les invités semblent
vouloir exprimer leurs ovations toutes les 30 secondes en écoutant
l’intervenant de Washington. Celui-ci poursuit son intervention avec
emphase. « Le devoir nous incombe de conduire le Président Deby
à honorer ses engagements pris lors des dernières élections et ouvrir
la porte de l’espoir. Nous devons mettre en œuvre dans l’honneur et
la dignité des mécanismes nous permettant d’amorcer ce virage qui
marquera à jamais l’histoire de notre pays. N’est-ce pas aux grands
maux des grands remèdes ? », fait-il observer.
« A
nous entendre, d’aucuns penseraient que la demande est difficile et
contraignante. Non ce n’est pas le cas. Il s’agit juste de définir
l’objectif commun, coordonner nos efforts et moduler nos actions tout
en respectant la souveraineté de chacun. L’opposition unie sous cette
forme gagnera la bataille. Ainsi, très rapidement le pays évoluera
vers le changement, c’est à dire l’alternance démocratique par des
élections libres et transparentes. Pour cela nous devons faire preuve
de réelle politique et reconstruire sur le fondement constitutionnel
qui existe », spécifie-t-il.
« Souvenons-nous,
lors du dernier sommet de l’Union Africaine, le Secrétaire général
des Nations Unies avait dit qu’ : Il n’est pas de
plus grande sagesse, de marque plus évidente du sens de l’Etat que de
savoir, le moment venu, passer le flambeau à la génération suivante.
Et les gouvernements ne devraient pas manipuler ou modifier la
Constitution pour se maintenir au pouvoir au dé-là des mandats
prescrits qu’ils ont acceptés lorsqu’ils ont pris leurs fonctions.
N’oublions pas que les Constitutions existent pour servir les intérêts
à long terme des sociétés et non les objectifs à court terme des
dirigeants. Engageons-nous à faire en sorte que l’époque de
l’autocratie ou du monopartisme soit bel et bien révolue »,
fait-il faire remarquer.
Ahmat
Hassaballah Soubiane termine son discours en ces termes :
Mesdames, Messieurs les conférenciers,
Nous insistons sur ce cheval de bataille pour plusieurs raisons :
le changement en préservant ce qui reste de stabilité, le caractère
national du cheval. La force de l’argument dans le contexte de
l’environnement mondial actuel.
Mesdames, Messieurs les conférenciers,
Beaucoup de tchadiens pour ne pas dire tous ont le regard braqué sur
notre modeste forum. Je demeure confiant que cette assise jettera les
jalons pour l’aménagement d’un voyage fructueux.
Je déclare ouverts les travaux de la conférence des leaders de l’Opposition
tchadienne. Je vous remercie et vous souhaite succès dans vos travaux.
Que le Tout puissant vous bénisse.
Albert
Djibrine, le secrétaire chargé de l’organisation de la section
UDR/France demande l’autorisation de lire la déclaration de Adoum
Maurice Hel-Bongo. La parole lui est accordée. Dans son allocution
prononcée par le truchement de son représentant, Hel-Bongo félicite
chaleureusement Ahmat Hassaballah Soubiane de sa démission du MPS. Il
fait savoir aux conférenciers que son état de santé ne lui permet pas
d’effectuer un déplacement loin de Genève. Il exulte l’initiative
prise par l’ex ambassadeur et lui réitère ses vives félicitations.
L’ancien Président du présidium de la CNS encourage vivement les
parties prenantes à cette assise et souhaite pleins succès à la Conférence.
Le
président de la séance prend aussitôt la parole. Il invite les différentes
parties prenantes à se retirer de la salle afin que chaque groupe,
Parti politique ou politico-militaire désigne un candidat en vue de
former le Bureau qui va diriger les travaux de la conférence. Il
suspend la séance.
Dans les coulisses, les participants font montre de bonne volonté.
Chaque sensibilité parvient facilement à désigner son candidat. Une
liste de quatorze personnes sera présentée dès la reprise. Après un
débat d’un quart d’heure, la séance sera de nouveau suspendue. Il
est question de former le Bureau. Les quatorze chefs de délégations
vont accorder leur violon et désignent à leur tour sept personnes pour
la composition du Bureau.
Le
Bureau qui se chargera de conduire à terme les travaux de la Conférence
sera présenté dès la reprise de la séance. Il est composé de :
-
Président :
Albert Djibrine
-
1er vice-Président :
Bourkou Louise
-
2ème
vice-Président : Abdel Aziz Koulamallah
-
3ème
vice-Président : Dr Jean Prosper Boulada
-
Rapporteur général : Annette Laokolé
-
Rapporteur adjoint :
Souleymane Abdallah
-
Chargé de communication : Oumar Tchari.
Le
Comité préparatoire de la Conférence est dissout. Un ordre du jour
est proposé séance tenante par le Bureau nouvellement installé. Trois
points y sont inscrits :
1 – La défense
de la Constitution ;
2 – Le programme d’action que peuvent mener les Partis politiques,
les Associations et la Société civile au
Tchad ;
3 – Le rôle
des politico-militaires parties prenantes à la présente Conférence.
Plusieurs intervenants prennent la parole pour se prononcer sur les
trois points. Des salves d’applaudissement accompagnent souvent les
interventions. L’ordre du jour sera finalement adopté par
acclamation. Une liste d’inscription est tout de suite ouverte pour la
lecture des différentes déclarations.
Le
Dr Abdel Aziz, Président de la CPR prend la parole. Il prononce son
discours dans un ton sec. Il oppose un refus catégorique à toute révision
constitutionnelle.
Le Dr Ley N’gardigal, Secrétaire général de l’ACTUS,
souhaite voir à l’issue des travaux de la Conférence, la
formation d’une Commission
qui se chargera à se mettre en contact avec la Communauté
internationale (NDLR France, UA, UE, USA, ONU) afin d’assurer un suivi
rigoureux des résolutions de la Conférence ; proposer à
l’issue de cette assise une autre concertation.
Koumandi
Ndroma, le représentant de Jean Bawoyeu Alingué, fait la lecture de la
déclaration de ce dernier. L’ancien PM demeure confiant quant au succès
de la conférence, malgré son absence. Il en appelle à l’unité
et au sens de responsabilité de toute l’Opposition pour la préservation
de la Constitution tchadienne.
Me Banoukepa, représentant du MLPC (l’ex parti au pouvoir en
Centrafrique) soutient fermement l’Opposition tchadienne dans sa lutte
pour la défense de la Constitution.
Salahaddine
Mahdi, le Secrétaire général du FNTR prononce son discours en arabe
littéraire. Il fait l’historique de la situation politique du Tchad
depuis l’avènement du Frolinat jusqu’à nos jours. Il retrace une
analyse critique acerbe contre le « régime clanique qui gouverne
au Tchad ». Son intervention est interprétée au fur et à mesure
par un conférencier. Le FNTR propose un projet de Charte nationale aux
conférenciers.
Le Dr Adoum Djimet, venu de Washington le même jour peu de temps après
l’ouverture de la Conférence, est l’une des chevilles ouvrières de
celle-ci. Il relève dans son intervention, que même au temps de la
dictature la plus atroce, l’administration tchadienne est l’une des
plus performantes sinon la plus efficace du monde. Elle est la plus
nulle au monde aujourd’hui, souligne-t-il dans un discours improvisé
et riche d’enseignements.
Bourkou
Louise, Présidente du RPJS, la seule sinon l’unique femme tchadienne
à avoir fondé son Parti politique, dénonce les velléités de l’Opposition
tchadienne.
Abdel
Aziz Koulamallah, Secrétaire générale de l’ACT, ne fait aucune
concession avec le Pouvoir de N’djaména. « Pour moi, Deby doit
partir de gré ou de force. Nous sommes entrain de réfléchir sur une
attitude prompte à prendre. Nous devons agir et très prochainement »,
laisse-t-il entendre avec beaucoup d’énergies. 20 heures du soir
sonnent au moment ou celui-ci achève son intervention.
Les travaux acharnés de cette conférence font de la journée du 27
mars une journée relativement très courte. Albert Djibrine suspend les
travaux de la Conférence et lève la séance. Il donne rendez-vous aux
conférenciers pour le lendemain 28 mars à 10H30.
Lundi
28 mars. Il est 10H30. Aucun des conférenciers n’est présent
sur les lieux. Nous sommes emmenés à nous interroger s’ils n’ont
pas été enlevés eux aussi à leur tour, en rentrant chez eux la
veille. A 11 heures, les gens commencent par faire leur apparition.
C’est à partir de 12H10 que la Conférence reprend ses travaux en sa
deuxième journée. Le Bureau fait une mise au point
sur l’ordre du jour arrêté la veille.
Au premier point - Plan d’action pour la défense de la Constitution :
- A l’intérieur du pays, arriver à mettre sur pied un mécanisme
efficace de surveillance des élections avec les observateurs indépendants ;
- A l’extérieur du pays, penser à avoir un dossier qui présentera
la situation globale du Tchad, mettre sur pied une commission qui y
travaillera et qui maintiendra un contact permanent avec la Communauté
internationale.
Au deuxième point - Articulation des Partis politiques et
politico-militaires :
- Les politico-militaires vont faire une déclaration claire mais
doivent soutenir la défense de la Constitution.
Quatre intervenants prennent successivement la parole et la séance sera
suspendue à 12H40.
Dès
la reprise de la séance à 14H00, deux grandes Commissions se forment
dans la salle. Les conférenciers se repartissent en deux groupes dont
les rapporteurs sont : le Dr Ley Ngardigal pour la commission 1 et
l’ancien ministre Laouna Gong pour la commission 2.
La première Commission est dénommée
Actions concrètes pour la défense de la Constitution et
politique générale ;
La deuxième Commission s’intitule Synergie d’actions entre les
Partis politiques et le politico-militaires.
Les deux Commissions vont travailler d’arrache pied et présenteront
à tour de rôle leurs conclusions. Celles-ci vont être soumises à
l’approbation de l’assemblée. Plusieurs intervenants se succèdent
à la tribune pour proposer des amendements.
Pendant
ce temps, le représentant
des politico-militaires du Soudan fait son entrée dans la salle.
Dr Al Fal, c’est son nom, vient d’arriver. Le mouvement qu’il
dirige s’appelle l’UDL ( Union pour la Démocratie et les Libertés)
et est basé à Andjeréma, à la frontière soudano-tchadienne. La
parole lui est aussitôt donnée. Il harangue les conférenciers d’un
discours prononcé en arabe et interprété en français.
Le « camarade » Dazi Aboubakar, Président de MDJT, de son
fief du Tibesti, appelle Ahmat Yacoub sur son téléphone portable pour
encourager les conférenciers.
Peu de temps après, le Dr Facho Balam fait lui aussi son intervention
en direct de N’djaména par téléphone.
Il salue l’initiative héroïque de la coalition et encourage tous les
participants à ce grand forum. Il fustige le « comportement
barbare et rétrograde du régime archaïque de N’djaména ».
C’est à 19H50 (heure de Paris) que la Conférence va suspendre ses
travaux à son deuxième jour.
Mardi
29 mars. Une conférence de presse est prévue
pour ce jour à 11 heures. Mais avant, la question du suivi des
travaux de la Conférence est longuement étudiée par les participants.
Le Bureau chargé de mener à terme les travaux de la Conférence fait
le tour d’horizon de toutes les questions soulevées par la Conférence.
Puis publie un communiqué de presse dont la teneur est libellée comme
suit :
République
du Tchad
Conférence de l’Opposition Tchadienne
Paris du 27 au 29 mars 2005
A
l’initiative de la Coalition pour la Défense de la Démocratie et de
la Constitution (CDDC), une Conférence de l’Opposition tchadienne a
été organisée à Paris (en France) du 27 au 29 mars 2005. Malgré les
entraves et les obstacles dressés pour empêcher la venue des
personnalités de premier plan de l’opposition, pour vider cette Conférence
de sa substance, celle-ci a pu se tenir et toutes les sensibilités de
l’Opposition intérieures et extérieures ont été représentées. A
l’issue des débats qui ont porté sur la situation de blocage auquel
le pouvoir de N’djaména
a conduit le pays, la Conférence recommande au peuple tchadien
conformément à ce que nous autorise aussi la Constitution de la République
du Tchad de 1996 à :
-
Dire
non au régime du Président Déby pour l’ensemble de sa politique
qui abouti au délabrement général des services de l’Etat en
quinze ans de pouvoir : Economie, Santé, Education et Sécurité.
-
Résister
contre un processus qui veut instituer une dictature dynastique au
Tchad en violation de la Constitution en vigueur ; mais qui vit
ses dernières heures aujourd’hui.
Conformément
à la Constitution qui dit notamment dans son préambule (page4) ceci :
« Nous peuple du Tchad, affirmons notre opposition totale à tout
régime dont la politique se fonderait sur l’arbitraire, la dictature,
l’injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le
tribalisme, le confessionnalisme, et la confiscation du pouvoir ».
La résistance et la désobéissance à un gouvernement qui exerce le
pouvoir en violation de la Constitution ne saurait constituer un délit.
D’autre part, un passage du même préambule de la Constitution
affirme que : « Nous peuple du Tchad, proclamons
solennellement notre droit et notre devoir de résister et de désobéir
à tout individu ou groupe d’individus, à tout corps d’Etat qui
prendrait le pouvoir par la force ou l’exercerait en violation de la
présente Constitution ».
Par
ailleurs, la Conférence de l’Opposition tchadienne (COT) a mis sur
pied un Secrétariat de Suivi et de Coordination (SSCO) chargé de
l’exécution des résolutions de la Conférence. Il élaborera un plan
de travail et fixera la date de la prochaine Conférence globale. Ce
Secrétariat aura l’obligation de tenir informées toutes les
organisations.
Les
résolutions relatives à la Conférence de l’Opposition tchadienne
seront mises à la disposition des différentes organisations dans les
prochains jours.
La
Conférence de l’opposition tchadienne lance un appel solennel à la
Communauté internationale et à l’Union Africaine (UA) pour
qu’elles s’impliquent dans la crise politique et institutionnelle
tchadienne afin de faire éviter au Tchad de plonger de nouveau dans un
chaos dont les
conséquences seront dramatiques.
En
conclusion, la Conférence de l’Opposition tchadienne tient à
remercier la république française ainsi que les autres pays qui ont
facilité le déplacement de certains participants à la Conférence de
l’Opposition tchadienne.
Fait
à Paris, le 29 mars 2005.
Le Bureau de la Conférence.
Le
Secrétariat de Suivi et de Coordination (SSCO) qui se chargera de
l’exécution des résolutions de la Conférence est composé de dix
membres dont :
Président : Albert Djibrine (France)
1er vice-président : Ahmat Hassaballah Soubiane (Etats-Unis)
2ème vice-Président : Abdel Aziz Koulamallah (Canada)
Chargé du dossier technique : DR Jean Prosper Boulada (France)
Chargé du dossier technique adjoint : Dr Al Boussati (France)
Chargé des missions : Al Fal (Soudan)
Chargé des missions adjoint : Néné Ihémire (France)
Rapporteur : Annette Laokolé (France)
Rapporteur adjoint : Souleyman Abdallah (France)
Trésorier : Abdelmanane Mahamat (France).
C’est par une conférence de presse que la première Conférence de
l’Opposition Tchadienne de Paris achève tard ses travaux ce mardi 29
mars 2005.
Il faut dire que l’Opposition tchadienne vient de franchir une étape
décisive dans l’histoire de sa lutte contre les dérives autoritaires
du pouvoir de N’djaména, celle de s’être unie sous une même bannière
politique: la Conférence réussie de Paris. Le voyage subrepticement
improvisé du Président Deby à Paris à la veille de l’ouverture des
travaux de cette Conférence n’explique-t-il pas la taille de
l’enjeu ? La Coalition pour la Défense de la Démocratie et des
Droits Constitutionnels se veut un organe ouvert à tous les Tchadiens
épris d’une aspiration de préserver les acquis du peuple tchadien.
Reste à voir si les Résolutions issues des travaux de cette Conférence
vont être suivies d’effet et exécutées avec efficacité et détermination.
Mohamed
KEBIR
Ialtchad
Presse
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