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Dossier |
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GRAND
REPORTAGE
L’ULTIME
CONFERENCE DE L’OPPOSITION
PLURIELLE TCHADIENNE A PARIS
Par Mohamed
Ahmed KEBIR - Article
paru le 3 novembre 2006 - Ialtchad
Presse |
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L’ULTIME
CONFERENCE DE L’OPPOSITION PLURIELLE TCHADIENNE A PARIS
Par Mohamed
Ahmed KEBIR
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La conférence tant
attendue de l’opposition tchadienne a ouvert ses travaux le 28
octobre 2006 à Paris. Initialement prévue pour les 11 et 12
septembre, ce forum censé réunir les Tchadiens qui se sont insurgés
contre le régime de N’djamena a pu se tenir en grande pompe durant
ce dernier week-end d’octobre. Venus des quatre coins de la France,
d’Europe et du monde, les Tchadiens de la Diaspora n’ont ménagé
aucun effort pour se retrouver dans la capitale française et jeter
les jalons d’un creuset rassembleur de toute l’opposition tchadienne
sous ses deux formes. A l’unanimité, les conférenciers ont manifesté
leur volonté à en découdre définitivement avec le pouvoir en place.
Tous ont soutenu un langage guerrier contre le gouvernement tchadien
et, de ce fait, ont exprimé leur totale désapprobation à dialoguer
désormais avec « un régime agonisant ». Décryptage et analyses.
De
notre correspondant permanent à Paris. |
C’est par un
temps couvert et orgueilleux que le jour se lève ce samedi 28 octobre
2006 sur la capitale française. Le temps semble s’être figé sur le 11ème
arrondissement de Paris où, sous un climat mitigé, se tient la deuxième
et vraisemblablement dernière conférence organisée par la diaspora
tchadienne. Au 177 Rue de Charonne, le décor est planté dans la grande
salle de conférences de l’AGECA. Tout est fin prêt pour accueillir les
différentes délégations tchadiennes venues de par le monde y prendre
part. Au fur et à mesure que les minutes s’égrainent, le président du
Bureau du secrétariat du suivi de la conférence de l’opposition SSCO (ndlr,
bureau constitué à l’issue de la première conférence de l’opposition
tenue en mars 2005 à Paris), Albert Djibrine, consulte sa montre. Onze
heures sonnent. La conférence a déjà une heure de retard sur son heure
initialement retenue. Au fond de la salle, le tricolore national en
bleu, or et rouge fixé en deux exemplaires de part et d’autre sur le mur
blanc faisant face aux conférenciers, semble veiller avec chauvinisme
sur ses ressortissants dont la mobilisation a pour objet « la recherche
d’une paix durable au Tchad ».
Sur un
prospectus géant accroché au mur frontal et devant le bureau de la
conférence, on voit l’emblème national du Tchad situé au-dessus et juste
au-dessous, on peut lire : « République du Tchad, Unité – Travail –
Progrès » suivi de « Conférence de l’Opposition tchadienne plurielle ».
On voit sur la même affiche la carte de l’Afrique de couleur verte avec
au cœur la carte du Tchad en rouge. Tout en bas, il est fait mention
de : «Objectif : La recherche de la Paix. Concertation commune et sans
exclusive de l’opposition plurielle pour une sortie de crise.
Elaboration d’un projet de règlement définitif du conflit tchadien par
l’instauration d’une alternance démocratique. Paris, 28-29 octobre
2006». Il est 11 h 10. L’hymne national du Tchad (La Tchadienne)
retentit dans la salle. L’émotion est à son comble. Les participants à
la conférence saluent cette chanson patriotique en se mettant tous
débout. Tout de suite le Dr Jean-Prospère BOULADA, président du comité
AD-HOC chargé de l’organisation de la conférence ajuste son micro et
prononce son mot de bienvenue. N’garléjy Yorongar appelle depuis
N’djamena et prononce le discours inaugural de la Conférence. Sur ces
entrefaites, confortablement installé dans son pavillon en face du lac
Leman à Genève, le vétéran Adoum Maurice Hel-Bongo suit attentivement ce
qui se passe à Paris. Il prend le relais de son collègue de N’djamena et
procède à l’ouverture solennelle du forum de l’opposition. Ceci donne
l’aspect à cette conférence de s’octroyer une compétence renforcée et
d’avoir une coloration beaucoup plus politique qu’elle ne semblait
l’avoir.
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L’un
comme l’autre des deux télés conférenciers rappellent dans leurs
discours d’ouverture des travaux de la conférence la genèse du drame
tchadien. D’un langage subtil et à peine voilé, ils souhaitent,
chacun à sa manière, un changement prompt et radical pour le Tchad.
Cette conférence doit servir de canevas pour ce changement. Trois
quarts d’heure après, c’est Albert Djibrine qui prend la parole pour
présenter le bilan du Bureau sortant du SSCO dont les failles ont
amené à l’organisation d’une deuxième conférence. Suite à cette
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intervention, le Bureau du SSCO rend sa démission et la conférence
suspend ses travaux pour une pause déjeuner à 12 h 00. Des
concertations s’effectuent en coulisse et les délégués s’accordent
sur le nom de celui qui doit diriger le nouveau Bureau qui conduira
les travaux. Deux heures s’écoulent. Les conférenciers regagnent la
salle. L’honneur revient donc au représentant de la diaspora
tchadienne des Etats-Unis d’Amérique, Monsieur BOULANDI, d’être
nommé président dudit bureau. Il sera secondé par le Dr Chérif DJAKO.
Deux rapporteurs, le Dr LEY-NGARDIGAL et Albert DJIBRINE seront
nommés respectivement rapporteur et rapporteur en second. Aïcha ACYL
et Constance MADYOM vont être les membres auxiliaires du Bureau
auquel doit incomber la lourde responsabilité de conduire les
travaux de l’ultime conférence de l’opposition. Le nouveau bureau se
met en place et son président consulte ses collègues. Une stratégie
est rapidement mise sur pieds. La parole est donnée aux
conférenciers qui l’ont demandée pour proposer quelques motions. |
La
conférence poursuit ses travaux avec les interventions, souvent très
musclées, des délégations. Ainsi, Abdramane KOULAMALLAH, venu le même
jour du Soudan, martèle que « nous sommes contraints de faire la guerre
parce que le pouvoir en place ne donne aucune perspective de faire la
paix ». Monsieur KOULAMALLAH qui, il y a quelques mois (ndlr, à l’issue
de notre interview l’hiver dernier avec lui) affirmait que « Idriss DEBY
est un démocrate et il l’a prouvé… », tonne avec véhémence tout le
contraire de ce qu’il pensait encore récemment. Il adhère à l’idée de la
majorité de l’opposition qui privilégie l’option de la guerre pour
arriver à bout du pouvoir tchadien. Il explique, à travers son séjour au
Soudan, qu’il a choisi de descendre au terrain pour affronter le régime
de son ancien collaborateur. Il souhaite vivement que son exemple soit
suivi de l’ensemble de l’opposition tchadienne. Pour le commissaire Néné
EHEMIRE de l’Alliance des Démocrates Résistants (ADR) qui a pris le
micro presque en l’arrachant, « la guerre est incontestable ». Ce qui
importe le plus pour lui, c’est « l’après-Deby », car il estime que « la
machine s’est mise déjà en route pour déblayer le régime ». « Pensons à
mettre sur pieds une stratégie commune dès maintenant pour ne plus
retomber dans les erreurs du passer », conclut-il, rassurant et fier.
Après plusieurs interventions souvent allant dans le même sens et
ponctuées d’ovations, la conférence suspend de nouveau ses travaux pour
observer une courte pause à 17 h 00.
Dès la
reprise, les conférenciers s’accordent pour former deux commissions qui
vont devoir travailler sur des thèmes capitaux : Une sous commission
chargée de la médiation entre les polico-militaires en vue d’unifier
leurs opérations sur le terrain ; Une sous commission technique qui se
chargera d’élaborer un projet sur le forum national. Entre temps, les
conférenciers se succèdent à la tribune pour livrer leurs diverses
allocutions. Tous les participants à la conférence sont unanimes sur
l’idée d’une « unification de l’opposition tchadienne » et d’une « unité
d’action des politico-militaires » sur les théâtres d’opération. Il
faut, dans une large mesure, adopter une stratégie commune pour mettre
« hors d’état de nuire l’ennemi commun », ont plaidé nombre d’entre eux.
Beaucoup plaident pour une présence effective et massive sur le terrain.
Et à Abdramane KOULAMALLAH d’enfoncer le clou : « Je viens justement du
front pour prendre part à l’ouverture de la conférence et je dois
repartir ce soir même au Soudan (entendez au maquis !) C’est au tour de
Mahamat Kebir ASSOUMAYE du MDJT de se présenter à la tribune et livrer
le contenu de son message qui va dans le même sens de celui de son
prédécesseur. « A la fin de cette conférence, nous allons tous devoir
partir à l’est rejoindre nos frères qui sont en train de se battre pour
le salut du Tchad », confie-t-il sous l’ovation des conférenciers. La
conférence suspend ses travaux à 18 h 00. Monsieur BOULANDI, président
du Bureau de la conférence rappelle les participants l’heure à laquelle
les travaux reprendront le lendemain.
Dimanche 29 octobre. Le soleil est au rendez. Paris s’éveille sous une
lumière diurne qui fait le bonheur des touristes. Le passage à l’heure
d’hivers profite aux parisiens qui bénéficient d’une heure
supplémentaire de sommeil. Ce qui est loin d’être le cas chez les
nombreux tchadiens arrivés la veille dans cette ville pour essayer de
trouver une solution aux problèmes qui enfoncent leur pays dans l’abîme.
Avec le phénomène du passage à l’heure d’hivers, lorsque 10 h sonnent,
il ne fera que 9 h du matin. La conférence va reprendre ses travaux un
peu plus tôt que d’habitude. Les deux sous commissions mises sur pied la
veille vont plancher sur les thèmes retenus. Toute la matinée du 29
octobre sera consacrée pour peaufiner les objectifs que s’est fixés la
conférence. Le temps presse et il ne reste que quelques deux petites
heures pour que la conférence achève ses travaux. L’essentiel est fait.
Monsieur BOULANDI suspend la séance pour une pause déjeuner. Dès la
reprise, quelques propositions vont être faites à titre de motions. Le
bureau s’attelle à la rédaction des résolutions qui seront débattues et
amendées avant leur mise au propre. Une lecture finale des résolutions
vient d’être faite par le rapporteur de la conférence. La salle adopte
par acclamation les résolutions de la conférence qui seront rendues
publiques le lendemain. Il est 17 h 00. La conférence doit procéder à
l’élection du Bureau du Comité qui doit se charger de la mise en
application de ses résolutions, le COPORT. Trois listes sont ouvertes.
La première concerne l’élection du Bureau du COPORT et les deux autres
concernent les Bureaux des deux sous commissions.
Faute de
temps, les conférenciers élisent pour chacun des Bureaux un président et
un vice-président qui vont choisir plus tard les autres membres qui
compléteront les Bureaux. Ainsi, Ahmat YACOUB et LEY-NGARDIGAL sont élus
président pour le premier et vice-président pour le second du COPORT.
L’élection du Bureau de la sous commission de la médiation entre les
politico-militaires s’est soldée par la victoire de Hassane MADY comme
président et Mahamat Kebir ASSOUMAYE comme vice-président. Quant à la
sous commission technique chargée d’élaborer le projet sur le forum
national, c’est Néné EHEMIRE qui en est le président et Mahamat DJIBRINE
HAROUN est le vice-président. Les trois Bureau partiellement élus vont
plancher sur les critères des compétences et compléter les postes à
pourvoir en fonction des listes qui sont à leur disposition. Concours de
circonstance ou mathématisation du sensible ? A 20 minutes de la fin
de travaux de la conférence, un coup de fil parvient depuis le front
est. Le Dr Chérif DJAKO porte à la connaissance de l’assemblée que c’est
Abdelwahid Aboud MAKKAYE qui est en ligne. Le combiné est rapidement
raccordé au haut-parleur. Le président du FUC présente ses compliments
aux conférenciers et par la même occasion, annonce que « Ce dimanche
matin du 29 octobre à 6 h 00, les vaillantes forces de l’UFDD ont attiré
la soldatesque du régime dans un guet-apens à Hadjar Méram. Nous leur
avons infliger une cinglante défaite et les combats se poursuivent
encore à l’heure où je vous appelle ».
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Quel
ne fut le soulagement des conférenciers lorsque l’auxiliaire de l’UFDD
prononce cette phrase : « Nos vaillantes forces pourchassent en ce
moment même l’ennemi qui est en débandade et qui s’enfuit vers le
sud ouest, à 50 kilomètres de Tidjé ». Monsieur MAKKAYE donne un
bilan provisoire qui fait état de « 225 soldats du camp adverse tués
et 103 autres capturés vivants parmi lesquels se trouve l’officier
Mahamat Abdelrahim ». Parmi les soldats tués, figurent notamment le
commandant en chef adjoint de l’armée |
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tchadienne Moussa SOUGUI et
deux colonels, argumente Abselwahid Aboud. « Nous avons récupéré
quatre véhicules tous terrains équipés d’armes lourdes de tous
calibres. Nous avons également récupéré plusieurs caisses de
munitions que l’ennemi a abandonnées lors de sa fuite »,
rassure-t-il la salle. Les différentes délégations suivent avec un
sourire narquois l’annonce de la défaite des forces gouvernementales
à Hadjar Méram. Abdelwahid poursuit son allocution dans un excellent
français et rassure l’assemblée de son total soutien à la
conférence. « Vous devez être réaliste à l’issue de votre assise.
Vous avez devant vous un seul corps militaire et politique qui
combat l’ennemi » prévient-il les conférenciers. |
« Tout
le Tchad est représenté dans ce que nous faisons. Vous devez avoir un
espoir en ce que nous faisons et nous aussi avons un espoir en votre
assise. Bientôt nous allons nous asseoir ensemble, autour d’une table
pour définir le Tchad de demain », souligne le président du FUC. « Nous
sommes prêts à recevoir vos doléances. C’est très important pour nous.
Je souhaite pleins succès à vos travaux et vive la conférence », a
conclu Abdelwahid Aboud MAKKAYE. C’est par un soupir de soulagement que
les participants reviennent à eux et mettent le bouquet final qui
clôture les travaux de l’ultime conférence organisée par les Tchadiens
de la diaspora. Une assise qui, selon ses commanditaires, doit jeter les
bases d’un futur Tchad, « un Tchad nouveau où les Tchadiens se sentiront
enfin chez eux et vivront une vie normale ». Dix huit heures sonnent.
Les conférenciers doivent vider la salle. Les différentes délégations se
congratulent à la sortie de la salle pour le succès des débats et les
volontés affichées de part et d’autre pour une future sortie de crise au
Tchad.
A qui revient
l’initiative d’organiser la présente conférence de l’opposition
tchadienne à Paris ?
Il faut dire que la conférence qui vient d’achever ses travaux est la
deuxième du genre qui soit organisée par l’opposition tchadienne à
Paris. La première, organisée en mars 2005, a accouché des résolutions
qui n’ont jamais pu être suivies d’effet. Le Secrétariat chargé du suivi
de ses résolutions n’a pas été à la hauteur des tâches qui lui ont été
assignées. Ce constat d’échec tombe à un moment où le Tchad traverse
les graves crises de son existence. Alors, un comité AD-HOC s’est
constitué autour de Jean-Prospère BOULADA et qui a mené une campagne de
contacts et d’information relatifs à la tenue d’une conférence qui doit
réunir toute l’opposition tchadienne à Paris. Cette initiative a été
approuvée de fond en comble par l'opposition tchadienne.
Le COPORT aura-t-il
les moyens et le potentiel humain nécessaires pour pouvoir mettre en
application les résolutions issues de la conférence ?
L’échec du SSCO suite à
la première conférence de mars 2005 doit faire un cas d’école.
Contrairement à la précédente conférence, celle qui vient de s’achever a
pensé à mettre sur pied un comité pilote et deux sous commissions. Les
trois organes doivent travailler en étroite collaboration. Un défi
majeur certes qui attend les COPORT et ses deux sous commissions. Mais
un défi que le Bureau est condamné à relever. Reste à trouver les
moyens financiers qui permettent de rendre possible cette lourde tâche.
Une conférence qui se
tient à plus de 7000 kilomètres du Tchad aura-t-elle une réelle
influence sur le pouvoir de N’djamena ?
Bien que le lieu
choisi pour l’organisation de ce forum soit distant du Tchad, il reste
symbolique et suscite beaucoup d’espoir aux yeux de ses organisateurs.
Il s’agit bien évidemment de la capitale du « royaume des droits de
l’Homme ». En effet, lorsqu’un événement de cette envergure se déroule à
Paris, la presse nationale et internationale en feront l’écho. Ces
paramètres suffisent pour que le message puisse passer d’un bout à
l’autre du monde. C’est ce qui vient de se passer. Les médias ont relayé
l’information dans l’espace et dans le temps.
La France, pays où se
tient cette conférence et qui est accusé de soutenir et maintenir Idriss
DEBY au pouvoir, voit-elle de bon œil ce forum qui réunit sur son
territoire les ennemis de son « protégé » ?
Les relations
internationales évoluent en fonction des conjonctures qui les
caractérisent. Déjà accusée d’avoir aidé les forces gouvernementales
tchadiennes à anéantir le FUC d’alors suite à son attaque contre
N’djamena, la France cherche à apaiser la situation aujourd’hui. Une
conférence de l’opposition à Paris, c’est une réunion des personnes qui,
n’ayant pas accepté pour une raison ou pour une autre la politique menée
par le pouvoir dans leur pays. Ces personnes y viennent pour deux
raisons : d’une part, en tant qu’issues d’une ancienne colonie
française, ces personnes s’estiment être dans leur droit d’être là et de
l’autre, leur doléance sera mieux entendue. Le succès d’une telle
rencontre fera sans doute l’affaire de Paris, d’où la délivrance par les
autorités préfectorales parisiennes de l’autorisation qui a permis au
comité AD-HOC de réussir son pari. Cependant, beaucoup d’opposants au
régime tchadien n’ont pas pu arriver à Paris parce que les autorités
consulaires françaises ont refusé de leur octroyer de visas.
La
deuxième et probablement dernière conférence de l’opposition plurielle
intervient dans un contexte très difficile pour le pouvoir tchadien.
Pendant que la diaspora tchadienne planche sur les enjeux politiques et
les stratégies à adopter pour arriver à bout du régime de N’djamena en
France, la rébellion, elle, sévit activement à l’est du pays et gagne du
terrain et des hommes. Aujourd’hui, l’étau se resserre autour du pouvoir
qui est harcelé sur le théâtre des opérations par une coalition armée
déterminée à en finir. Tandis que sur le plan politique, l’opposition
démocratique, la société civile et les ADH le désavouent unanimement et
le font savoir par voie de presse.
La
conférence a enregistré la participation effective de 28 partis à
dominante politico-militaires. Deux mouvements rebelles africains (le
FRUD de Djibouti et le MLPC de Centrafrique) en ont également pris part.
Il y a eu au total 113 personnes qui ont participé aux travaux de ce
forum. L’un des moments forts de la conférence de Paris, c’est aussi le
débat sur la forme de l’Etat et le type de régime politique qui régira
les futures institutions de la République du Tchad. Beaucoup ont émis
les vœux de voir le Tchad se doter d’une Constitution qui adoptera un
régime semi-présidentiel avec un Premier ministre doté de pleins
pouvoirs comme c’est le cas en Grande Bretagne, en Italie, en Allemagne
ou en Israël. La conférence a toute fois mis en exergue cet aspect
capital du droit constitutionnel qui sera minutieusement épluché par le
futur forum national qui se tiendra dans quelques mois à Adis Abeba.
Cette
conférence vient de poser, par dé-là le voile des apparences, la
première pierre d’un édifice qui, à la longue, sera la fondation commune
de tous les Tchadiens. Toujours est-il que dans l’immédiat, c’est sur
les épaules du COPORT que repose la lourde mission. Le comité et ses
deux sous commissions doivent faire montre de courage et doivent
travailler avec beaucoup de lucidité pour réussir ce challenge.
Mohamed Ahmed KEBIR
Groupe Ialtchad Média, Paris.
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