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Dossier DH |
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Dossier
droits humains (DH)
OrganisationTchadienne des Droits Humains
(O.T.D.H)
is Avenue Mubutu TEL :
00235 631 51 64 N’Djamena Tchad
Mémorandum: situation sécuritaire au Dar Tama |
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Droits
humains: Mémorandum (I)
Situation
sécuritaire au Dar Tama (Est du Tchad)
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A
LA TRES HAUTE
ATTENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE
LA REPUBLIQUE
, CHEF DE L’ETAT M. IDRISS DEBY ITNO |
N’djamena, 19-02-2007
Objet :
situation sécuritaire au Dar Tama
En
effet, suite à l’accord de paix intervenu, en Libye, entre
la République
du Tchad et le front uni pour le changement démocratique (Fuc) le 24 décembre
2006, et conformément à
l’article 3 du texte de leur accord qui stipule que les forces du
front uni pour le changement doivent être station- nées dans un
endroit à convenir entre les deux parties en attendant leur intégration
dans les rangs des forces de défenses et de sécurité, les éléments
de Mahamat Nour Abdelkerim ont reçu l’autorisation de se déployer
tout au long de Dar Tama d’où
ils sont tous originaires.
Ce n’est un secret pour personne, cette zone de Dartama où
jadis n’habitaient que des Tama, est peuplée aussi par des éleveurs
nomades venus du Borkou-Ennedi-Tibesti et du Kobé depuis la grande sécheresse
que le Tchad a traversée de 1980 à1985.
Ces derniers ont été contraints par des conditions pluviométriques,
désertiques et environnementales pour venir se sédentariser et
s’installer définitivement au Dar Tama. Et ce, en vertu du fait que
notre loi fondamentale, notre constitution dispose expressément que
tout citoyen Tchadien a le droit d’établir sa résidence dans
l’endroit de son choix.
Cela
obéit à la logique qui
permet de voir des kreda à Mbaibokoum, des Ngambaye à Faya Largeau,
des Tama à Rig-rig et àNdjamena etc. Aucune raison, qu’elle soit politique,
qu’elle soit sociale ou circonstancielle ne peut faire entorse à ce
grand principe. Mais c’est le lieu ici de vous imprégner de ce qui se
passe à l’Est du Tchad depuis le ralliement du FUC au Gouvernement du
Tchad.
Par conséquent, dès leur retour au bercail, les éléments du FUC déchaînent
leur colère contre Zagawa et Goran
présents dans leur Zone. Ils tuent, pillent, violent femmes et filles,
égorgent les animaux pour approvisionner leurs éléments en viande, brûlent
les villages et les points de pâturage. Par exemple, depuis le
commencement des atrocités, tous les Zagawa et les Goranes ont été
chassés des lieux suivants :
Le
village de Daoud Bouyé
Les villages suivants ont été pillés
Le village de Djaou Bouyé
Le village de Ali Saleh
Le village de Youssouf Mahamat Itno
Le village de Chibero Harsa
Le village de Gnam Karda
Les personnes suivantes ont été
abattues parmi d’autres :
Haroun Habouk
Nassour
Djarma
Digueri Bargué
Abdoulaye
Souleymane
Bahar Amady
Haroun Mamadine
Issa
Haroun Djamé
Bokhit
Tebir Djamé
Hamid Hissein
Fils de Ahmat Digueri
Un
kardara
Bokhit Tergouri Beira
Fils de Abdelkader Diar
Dergueyo Kinya
Bahar
Gony Nourene
Moussa Sougouya Halliki
Kalli Betché Gaga
Kalli Getti Sougou
Abdoulaye Halliki Issa
Oumar Bahar Djirei
Haroun Hissein Hammat
Yaya Abdoulaye Issa
Idriss
Djogoi Gouriyei
Hassan
Kondé Hamid
Nassour Bourdami Sougui
Kalli Allatchi Bouyé
Abdoulaye Rozi
Korei Marda
Ousmane
Domboulé
Gnilhi Galma Mina
Issa Kogri
Bahar Choua Kongui
La femme de Gnam Tebir et son enfant
Deux personnes abattues à Bourek
Badjouri Driyei
Idriss
Nour
Blessés :
Tagabo
Sebi Chibero
Yaya
mahamat
Bokhit
Cherif
Timane Tahir
Bokhit Iyeré
Zakaria Dirno
Un fils de Margui
Said Sebi
Trois Bitteira
Fille de Ismail Kessou
Fille de Boit Annakaza
A ces dégâts humains et matériels,
il faut ajouter le fait qu’actuellement, 46 villages ont été vidés
de leurs habitants par les hommes du FUC et d’autres continuent à être
vidés. Il est à préciser que, une fois arrivé sur le terrain, les éléments
du FUC ont
distribué tout leur stock,
en armement, à leurs parents civils du Dar Tama, à leur tour, les
civils ont constitué des milices dans chaque village. Ensemble avec les
milices, ils procèdent à des exactions de toutes sortes. Derrière ces
méthodes déjà utilisées par les djandjawid contre la population
noire du Darfour, il y a une seule exigence :
celle qui consiste à mettre hors de Dartama tous les éleveurs venus,
anciennement, du nord. Cela ne s’agit nullement pas d’une accusation
gratuite mais c’est une exigence qu’ils ont avancée dès leur arrivée.
Personne n’a eu le courage de leur signifier que cette condition est
contraire à l’esprit des institutions Républicaines. Suite à ce
silence et pour parvenir à leur but, les éléments du FUC disent avoir
reçu l’ordre (de qui on ne sait) de sécuriser toute leur zone.
C’est ce qui leur à permis d’être au dessus des autorités locales
et des Forces de défenses et de sécurité présents sur le terrain.
Aucune autorité, qu’elle soit militaire ou civile ne peut circuler
librement dans cette zone et accomplir sa mission depuis l’arrivée du
FUC. Hors, le texte de l’accord de paix entre le Gouvernement Tchadien
et le FUC n’a point consacré cette recommandation illégale, cette
main mise du FUC sur la zone. Aucun des
dix articles du texte ne donne cette possibilité au FUC.d’ailleurs
ce serait une anarchie que
de créer une force de sécurisation parallèle dans une zone soumise
à l’administration territoriale. Mais profitant de l’inaction, de
l’indifférence de l’Etat, le FUC a passé à la vitesse supérieure
pour procéder au nettoyage ethnique au seul motif que ces éleveurs
leur sont indésirables.
Entre temps, chaque fois que la population victime vient vers l’Etat
pour demander secours, elle est déçue par
des propos tels que : si vous ne voulez pas être agressés quittez
la zone pour la laisser aux siens ; si vous touchez à ces gens,
vous êtes automatiquement
contre la politique du Gouvernement ; si vous voulez attaquer les
éléments de Mahamat Nour, venez carrément attaquer Guereda. C’est
comme si cette population n’était pas soumise aux institutions de ce Pays.
Et, simultanément, ils ne font aucun reproche aux éléments du FUC
quand ils attaquent les civils. C’est comme si le FUC était arrivé
par la force. Le FUC s’est permis, finalement, de déclarer sur les médias
internationaux qu’il va en guerre contre des milices pros RaFD, alors
qu’il massacre des pauvres civils qui ne sont ni de près ni de loin mêlés
à la politique.
En
quoi ces civils éleveurs, vivant sur le territoire tchadien, obeits aux
autorités déconcentrées sont ils pro RaFD,cela reste à démontrer.Est
ce que les éléments de Mahamat Nour en ont les preuves d’autant plus
qu’à la veille de leur déclaration, le 01-fevrier 2007, ils ont écrasé,
par des TOYOTA au marché hebdomadaire de gagna, Nassour Djarma et
Digueri Bargué âgés respectivement de 75ans et de 80ans.Peu avant,
ils ont abattu, devant ses enfants, Dergueyo Kynia lui aussi âgé de
70ans, la femme de Gnam Tebir et son enfant,Haroun Habouk âgé de
75ans,Haroun Mamadine âgé de 60ans,Issa âgé de 70ans,Badjouri Driei,un
payeur des militaires du Dartama abattu en
pleine Ville de Guereda quand le Ministre résidant de
la Région
et le Ministre de
la Défense Nationale
y étaient présents.la Gendarmerie Nationale n’a pas pu faire le
constat et les autorités civiles ne sont pas arrivé à établir un
procès verbal par rapport au meurtre ;elles ont simplement prié les
meurtriers de retirer le
corps du défunt. Et, finalement, Idris Nour abattu le 15 février 2007
devant ses enfants .également. Toutes ces précisions consistent à
prouver que ces gens ont abattu et continuent d’abattre des
innocents,des femmes allaitantes,des vieillards qui
n’ont rien à voir avec ceux qui sont en aventure pour la conquête du
pouvoir. Mais le ridicule est que ni le Gouvernement Tchadien, ni les députés
qui représentent cette population n’ont
osé démentir le FUC. Le Front Uni Pour le Changement Démocratique et
La République
du Tchad ont signé leur accord de paix en présence des représentants
de l’Union Africaine, de
la CeN-SAD
, de la république du Congo, de
la République Centrafricaine
, de l’Egypte, du Soudan, de l’Erythrée, et du Burkina Faso.
Donc, le FUC ne peut agir
que dans le cadre des dix articles consacrés dans le texte de
l’accord qui le lie au Gouvernement tchadien. Il n’y a plus de
raison qu’aujourd’hui le FUC trouve carte blanche pour massacrer des
paisibles citoyens et justifier ses actes par des prises des positions
mensongères et criminelles. Cette population est aujourd’hui soumise
aux mêmes conditions d’insécurité que les noirs du Darfour, si elle
n’est pas sujette à un probable génocide. Et nous, au niveau de l’O.T.D.H,
nous n’avons aucun doute quant au caractère génocidaire de la crise.
Ils ont abandonné leurs villages, leurs biens matériels, leurs
troupeaux de tous genre etc. Ils ont abandonné leurs positions
initiales au profit des grottes Ils ne peuvent ni aller à la recherche
de leurs animaux perdus ni fréquenter les marchés hebdomadaires, ils
se déplacent en
groupe de peur d’être attaqués. Les femmes et les filles ne peuvent
sortir de leurs cachettes sans être inquiétées, les points d’eau
leur sont inaccessibles ; les pâturages également.Bref, c’est
des déplacés au sens humanitaire du terme. Même tous les jeunes
Goranes et Zagawa travaillant avec les humanitaires ont fui Guereda après
avoir été menacés, pour se retrouver soit à Abéché soit à Iriba.
Cette communauté est pourchassée pour son identité, pour son
appartenance à une région, et ce au mépris de
la Constitution
tchadienne, de nos lois, de nos actes réglementaires, de nos
engagements internationaux, mais aussi à l’insu de
la Communauté
internationale. Cette dernière continue à croire que s’il y a problème
à l’Est du Tchad, c’est le problème du Darfour et ses
implications. Ni le conseil de sécurité de l’ONU, ni le conseil de
paix et de sécurité de l’Union africaine, ni
la Commission
des droits de l’Homme de l’Union africaine, ni la rencontre
africaine des droits de l’Homme ou autres Institutions, Organisations
ou regroupement d’Organisations pour la défense des Droits
humains ne sont au courant de ce drame.
Quelles
que soient les circonstances, quelle que soit la crise que traverse le
Pays, la vie humaine est sacrée et ne peut être violée ; surtout
au regard du Droit. C’est pour quoi, l’état d’urgence qui n’est
autre chose qu’un régime juridique des Libertés publiques ne
justifie pas ce silence observé par tout le monde sur le calvaire que
traversent ces éleveurs à l’Est du Pays. Les fausses accusations
telles que taxer les victimes
de pro RaFD ne le justifient non plus. C’est pourquoi, le
Gouvernement doit envisager
une porte de sortie de crise avec les responsables du FUC en vue de
faire cesser les hostilités qui s’aggravent de jour en jour
surtout en cherchant un autre terrain aux éléments de Mahamat Nour en
attendant leur intégration dans les Forces de défenses et de
sécurité afin de sécuriser les ressortissants du BET dans le Tama.
Dans ce sens, nous savons que depuis le début de la semaine, le
Gouvernement fait semblant de rapatrier les éléments du FUC vers le
centre du pays mais ceux là ne s’agiraient pas de vrais anciens
rebelles, ils seraient des gens nouvellement recrutés et des éléments
de second rend qui n’ont aucun rôle dans la crise. Ceux qui détiennent
des armes lourdes, des armes légères et des véhicules opèrent
librement sur le terrain.
Le FUC a 159
véhicules y compris ceux du transport, et le Gouvernement envoie de
gros porteurs pour ramasser les piétons .donc le problème reste
entier. Le Gouvernement doit également
savoir que suivant
l’accord de paix signé entre eux, il reste un mois et cinq jours pour
l’intégration définitive des forces du FUC dans les rangs de forces
de défenses et de sécurité. Le Gouvernement doit également réfléchir
sur le comment démanteler les foyers des milices créés par le FUC et
qui préparent minutieusement un génocide au sens propre du terme. Si
jamais l’Etat ne fait pas attention, cela débouchera
non seulement sur une guerre ouverte dans la zone mais aussi sur une
conflagration nationale.
Car, il faut rappeler que
dans toutes les Villes du BET, tous les premiers commerçants sont des
ressortissants du grand Ouaddaï.Dans une superficie vaste de 664350km²,
ceux qui détiennent les raines du commerce sont des Tama, des Massalit,
des Maba etc.Ils ont construit, ils y sont des propriétaires dans le
domaine foncier, ils ont des jardins, leurs enfants y sont nés.Il ne
sont aucunement disposés à quitter cet endroit et leur volonté est
juridique et réglementaire. Et pour mémoire, la première mosquée de
la Ville
de Fada a été construite en 1920 par un ouaddaien qui a sa progéniture
encore dans la région. Pour cette série de raisons, les ressortissants
du BET n’obéissent pas à la même vision de choses que le FUC. Et
tant qu’on n’aura pas trouvé une solution urgente à ce problème,
il serait chimérique de crier paix. Si le Soudan a mérité,
aujourd’hui, la colère de toute la communauté internationale,
c’est parce que ses autorités ont autorisé
les djandjawid à massacrer, à tuer, à piller et à provoquer des déplacés.
Si, aux yeux de la communauté internationale, le Tchad a remporté
toutes les batailles diplomatiques contre le Soudan, c’est parce que
le Soudan n’a pas protégé une partie de sa population contre ces
genres de dérives. Et les moyens utilisés à l’Est par le FUC contre
les civils sont exactement ceux utilisés jusqu’ici par les milices
djandjawid au Darfour. L’Organisation Tchadienne des
Droits humains, fidèle à sa logique de défendre les droits humains
jusqu’au bout, se réserve le droits d’aider les victimes à être
entendues, de suivre les actions du Gouvernement dans l’évolution de
la situation pour que ce crime contre l’humanité cesse et
satisfaction puisse être trouvée.
Le Président de L’O.T.D.H
BARADINE BERDEI TARGUIO
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