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Dossier |
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Dossier Étudiants Tchadiens:
«
Mémoire d’un sinistré
ou d’un étudiant tchadien,
boursier oublié un 21 Mai
2003 ! » |
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Il
y’a de cela un an jour pour jour, j’ai écrit ce témoignage pour
exprimer ce que j’ai ressentie au plus profond de moi-même, ce que
j’ai vécu. Mais combien sont ces étudiants tchadiens, boursiers de
l’Etat tchadien qui sont abandonnés sous le froid (comme en Russie),
chassés des salles de classe (comme à l’I.A.I au Gabon) ou abandonnés
sous les tentes (cas du séisme du 21 Mai 2003 à Boumerdes en Algérie)… ???
Beaucoup ont fini par la dépression
( deux cas au moins en Algérie) ou au pire des cas au cimetière (au moins trois
cas
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| en
Algérie !).Lorsque ces pauvres étudiants essaient de crier
leurs douleurs…il est très facile, voire trop facile pour ceux qui
les gèrent de leur coller des étiquettes : « ce sont
des opposants, ils sont manipulés…» Contre qui, par qui et pourquoi ?
Difficile à croire ! Un autre constat amer : nos diplomates ne connaissent pas le nombre exacte des étudiants
boursiers de l’Etat.
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| Par
exemple, dans le cas de l’Algérie, lorsqu’il est question de
l’aide forfaitaire (terme militaire que je déteste d’ailleurs bien
qu’étant fils d’un ancien combattant de l’armée française
d’outre mer)
d’un montant de 75 euros(50.000 FCFA)/an/étudiant…les noms des étudiants
boursiers disparaissent ou apparaissent sur la liste selon l’humeur de
l’Ambassadeur ou celle du
Directeur de bourse! Un père de famille peut-il oublié le nom de
l’un de ses enfants ?Seul au Tchad, cela arrive !Surtout
chez nos responsables où le subconscient domine le Moi !
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| En
dehors de l’humeur de nos maîtres incontestés, il y’a une autre
tare que l’on appelle:la géopolitique. Vous pourrez aisément vous
voir rayer ou rétablir sur la liste suivant votre appartenance géopolitique
même si vous détenez un arrêté dûment signé par le ministère de
tutelle.
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Je vous invite à présent à relire attentivement mon témoignage
pour sentir et non comprendre l’étiologie
de ma douleur :
« « « « « « Comme
tous les autres mercredis à 19h30,
ce mercredi 21 mai 2003
j’avais rendez-vous avec un ami Pasteur américain sur le net.Il ne
sera pas au rendez-vous (car l’état de santé de sa fille
l’obligera à la conduire d’urgence chez son médecin).Mais je
continuais à patienter jusqu’à 19h45 où un violent séisme
vient secouer toute la wilaya de Boumerdes (l’épicentre du séisme
se trouvant à zemouri d’après les experts). Perdant tout équilibre
c’est en rampant que je suis sorti du cybercafé. Dehors, tout est
confus : le cri des sirènes se mêlait aux pleurs des affligés ;
trois jeunes filles ont vu le bâtiment s’écrouler sur leurs parents ;
un professeur d’université n’a pu sauvé que son fils de 7 ans, sa
femme et ses filles sont mortes sous les décombres ; une femme
surprise entrain de se doucher a la tête au dehors et le reste du corps
au-dedans et criait au
secours. C’est l’apocalypse ? Non, pas encore ! Une chose
est sûre ; j’ai vu les gens courir de partout sans savoir où
ils vont et pourquoi ils courent…. Ce sont les rescapes, les
survivants ou ceux qui ont frôlé la mort. En 45 secondes ; le séisme
n’a pas seulement fait que des morts et des dégâts matériels
etc.…
il
a aussi crée
« un
monde nouveau ! », un monde
où toutes les différences confessionnelles ;
professionnelles ; sociales ou raciales s’effacent devant la
solidarité, le souci de se souvenir de l’autre !( mais où est
la vieille d’en haut ?allons la chercher haranguait un jeune
homme en arabe!).C’est un monde bouleversé, tourmenté…un
monde qui se cherche, un monde solidarisé et mobilisé contre un ennemi
commun mais invisible et inconnu !!!Un
monde qui cherche refuge mais qui n’en trouve pas !
Adam, notre ancêtre commun n’avait pas hésité à accuser son
Créateur : « La femme que tu as mise auprès de moi
m'a donné de l'arbre, et j'en ai mangé » Gn 3 :12.De même
ce jour là, j’ai entendu dire : « mais où était
Dieu ? »… « C’est la volonté de Dieu !!! »
j’ai compris que l’homme a
perdu tout
repère !
La
communauté étrangère, forte de 260 étudiants d’Afrique
subsaharienne n’a pas été
épargnée par cette catastrophe naturelle.
Nous avons enregistré un mort
au sein de la communauté nigérienne
projeté du troisième étage par les mouvements du bâtiment.
Immédiatement,
nous avons mis sur pieds un comité de
crise repartie en trois groupes :
·
Un comite chargé
de problèmes administratifs et pédagogiques qui adressera une
lettre de condoléances
à Madame la Rectrice de l’université de Boumerdes avec une somme de
8500 DA ;
·
Un
comite intercommunautaire charge de la gestion des biens et des
personnes dans l’enceinte
même de la cité universitaire…
·
Un
comite de la relation extérieure charge de rencontre des organisations
humanitaires, des autorités religieuses et nos représentations
diplomatiques accréditées en Algérie –je fais partie
de ce dernier comité !
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Nous
avons lancé un appel à tous les niveaux et la réaction la plus immédiate
et la plus spontanée a été celle du diocèse d’Alger qui nous a
fournie
Ø
26 tentes ;
Ø
une somme de 15 000 Da pour l’achats
des médicaments de premières nécessités (antalgiques) ;
Ø
le diocèse nous a prêté pour la
circonstance une voiture pour
des courses ;
Ensuite
seulement, viennent les autres secours dont celui de l’armée qui a
fourni une trentaine de tentes et le croissant rouge algérien qui nous
alimentait de temps à autre en eau et repas.
Nous
avions également participé au sauvetage de quelques familles sous les
décombres dans la nuit même du drame.
Pour
finir ce témoignage, je voudrais cité cet adage de nos ancêtres du désert
qui disait ceci : « Si quelqu’un te fait du mal,
inscris son nom sur le banc de sable pour que, lorsque souffle le vent
du pardon, ce nom soit effacé et ne laisse aucune trace…mais quand
quelqu’un te fait du bien, grave son nom sur un rocher, au fond de ton
cœur pour le rendre immortel ! »
C’est
pour dire au Diocèse d’Alger et à
toutes les organisations caritatives (CARITAS, Secours
catholique, Croix rouge, Rencontre et Développement…) qui travaillent
de concert avec lui… au
nom de tous les étudiants d’Afrique subsaharienne de Boumerdes
que leurs faits et gestes resteront à jamais gravés dans nos mémoires.
Une fois de plus, merci, merci, merci
pour tout. Que Dieu vous bénisse !
» » » » » » » » »
Il est vrai que chaque homme est seul face à son destin mais ce
n’est pas une raison pour que nos autorités tchadiennes nous oublient à ce point !
S’il y’a grognes étudiants tchadiens dans la plupart de nos représentations
diplomatiques à l’étranger c’est
par la faute de nos gouvernants car ces derniers doivent comprendre que : « lorsqu’une
âme est laissée dans les ténèbres,le péché sera commis ! » disait
Pascal.
Je profite cette occasion pour rendre un vibrant hommage à l’étudiant
tchadien pour son courage et sa détermination à lutter pour la
reconnaissance de ses droits. Notre fierté est d’être tchadien :ni
plus ,ni moins ! Appelez nous tchadiens et nous en serons
reconnaissants !
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Témoignage
de Dorim Ngarbaroum, étudiant tchadien du comité de crise des étudiants
étrangers d’Afrique subsaharienne suite au séisme du 21 Mai
2003. |
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