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  Dossier Étudiants en Russie 

SOS étudiants en danger : Quand les ialtchad parlent.
Des responsabilités partagées.
Un article d'Aristide et Freeman, Fédération de Russie


     Le 24 Novembre 1964, le Tchad établissait ses relations diplomatiques avec l’URSS, relations qui allaient se développer très rapidement au regard des nombreux accords de  coopération signés entre les deux pays et l’échange des délégations. Depuis 1989, date de la réouverture de notre ambassade à Moscou, la coopération entre le Tchad et la Fédération de Russie s’est réduite au maintien des ambassades et l’octroi d’une quinzaine de bourses de formation dans les instituts russes. Ainsi, avant l’effondrement du bloc soviétique, l’étudiant tchadien tait bien traité par notre Etat et jouissait d’ailleurs d’un respect fort remarquable auprès des autres nationalités. Malheureusement, depuis quelques années, faute d’assistance de l’Etat, il est passé pour être la risée de tout le monde.

     Les difficultés auxquelles font face les étudiants Tchadiens dans ce pays sont connues de tous ( et au premier rang les hautes autorités) mais rien n’est fait pour décanter cette situation et venir en aide à ces soldats abandonnés au front sans assistances logistique et matérielle. L’on se demande bien à qui la faute: est-ce du côté du gouvernement? Et les étudiants eux- mêmes, se soucient-ils de leur sort?

     Juridiquement parlant, tous les étudiants envoyés en Fédération de Russie sont détenteurs des arrêtés de bourses leur octroyant des droits de la part de l’Etat Tchadien. Par exemple, au titre de l’article 2 de l’arrêté № 857/MESRS/DG/DESB/SOPB/98 du 08/10/98 portant attribution des bourses, il est clairement indique que «les intéressés auront droit à une indemnité unique d’équipement de 50 000 FCFA et de 30 000 FCFA d’indemnité annuelle pour inscription et fourniture scolaires». Il convient de faire noter que ces taux ont été majorés sur les arrêtés précédent celui de 98. L’article 3 par contre stipule que « si la bourse versée par la Fédération de Russie est inférieure au taux de la Bourse Nationale, les étudiants cités à l’article 1er peuvent prétendre à un complément de la part de l’Etat Tchadien sur présentation d’une attestation de paie délivrée par le pays donateur de la bourse». Sur ces deux articles précis, fondement de nos revendications, le gouvernement n’a rien fait. Même si une aide forfaitaire annuelle de 50 000 FCFA est versée à chaque étudiant, il ne pourrait en aucun cas remplacer une bourse en bonne et du forme au quelle nous avons droit.

     Il n’est un secret pour personne et moins encore pour notre mission diplomatique basée à Moscou que l’Etat Russe donne aux étudiants 200 roubles ( l’équivalent de 6,25$/mois). Selon nos informations, nos amis à l’Université de N'djamena perçoivent 30 000 FCFA/mois, somme supérieure à nos 6$.

     Seconde remarque, les indemnités d’équipement et de fourniture scolaires aussi ne sont pas versées. Or, l’hiver en Russie est très excessif ( -30 degrés à Petersbourg décembre passé) et bien se protéger est une condition sine qua none pour aborder l’année académique. En guise d’exemple, sachez qu’un bon palto coûte entre 200-500$.

     La troisième remarque a trait à l’assurance médicale. Sur ce point précis aussi le bas blesse: les étudiants pris en charge par le budget russe ne sont couverts par aucune assurance médicale et donc dangereusement exposés.

     Sur ce premier aspect du problème, force est de constater que notre Etat brille par son absence ou son indifférence. Selon les rapports de développement que publie chaque année le PNUD, le Tchad est classé parmi les pays les plus pauvres de la planète et c’est reconnu de tous mais vouloir nous faire comprendre que nous sommes pauvres à tel point qu’incapables de nous occuper de nos propres étudiants, est inadmissible. Reconnaissons-le chers compatriotes que le problème qui entrave le développement de notre pays, c’est la mauvaise gestion et le détournement des biens publiques.

     Et si donc le gouvernement s’affiche par son absence ou son indifférence, les étudiants eux sont-ils soucieux de leur sort? Entreprennent-ils des négociations ou cherchent-ils à savoir sur les raisons de ce blocage? Malheureusement, aucune action n’est entreprise par ces derniers pour la simple raison qu’ils sont divisés. Il est nécessaire de vous le faire remarquer que la plupart de nos étudiants sont concentrés a Moscou et Saint-Petersbourg et vouloir entamer une quelconque action suppose un appui de taille de Moscou. Or, ceux-ci sont divisés en deux camps: les uns soucieux de leur sort, les autres insoucieux ou «traîtres»,prets à trahir leurs camarades à l’ambassade pour des miettes. Ce comportement démontre à suffisance que l’intégrité n’a pas droit de cité chez nous et vouloir attendre de cette nouvelle génération des hommes intègres, c’est simplement se nourrir d’espoir. Si déjà sur les bancs encore nous-nous comportons de la sorte, quel type de cadres seront nous demain? Le débat reste ouvert.

   En guise de conclusion à notre réflexion, il sied de noter que les responsabilités sont partagées: le gouvernement ne se gêne pas de trouver des solutions à ce problème parce que les étudiants eux-mêmes ne se plaignent pas de leur sort. En réalité, nos difficultés sont plus nombreux que ceux élucidés ( transport payant à raison de 17$/mois pour Petersbourg, l’inexistence des possibilités de vacances et de stage…); ceux traités dans cet article nous sembles plus que cardinaux. Mais nous demeurons convaincus que le minimum peut-être fait et pour cela, il suffit d’une petite dose de volonté de la part de ceux qui ont le pouvoir de décider. L’ambassade devrait donc beaucoup aider dans ce processus en informant les autorités sur les conditions de vie dans ce pays et faire des propositions concrètes. « La jeunesse, faire de lance de la société ou santé et éducation constitueront les priorités de notre action »; ces propos, chacun de nous en a entendu au moins une fois. Il est donc du devoir du gouvernement de passer de la parole à l’acte car c’est sur ce point précis qu’on jugera de sa sincérité à construire le Tchad de demain. Quand aux étudiants, il est temps de se rendre à l’évidence que si nous ne revendiquons pas nos droits, personne ne viendrait le faire à notre place et à ce propos, le frère Dezoumbe a parfaitement raison. Enfin, nous tenons donc à préciser qu’en écrivant cet article, nous cherchons non seulement à informer l’opinion sur nos problèmes mais inciter les décideurs à réagir plutôt que de chercher des poux sur la tête de qui que ça soit, moins encore nous attaquer à une personne ou un groupe de personnes. A bon entendeur, salut.

Aristide(mbaitel@yahoo.fr
Freeman(freedeba@hotmail.com).
Fédération de Russie


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