Hymne national
     Le pays
     Constitution
     Assemblée
     Gouvernement
     Opposition
     Tourisme
     Art & Culture
     Musique
     Sports
     Cuisine
     Images du Tchad

     Éditorial
     Actualité
     Interview
     Forums
     Salon d'entreprises
     Emploi
     Annonces
     Sahibi
     Poésie
     Livre d'or
     Archives
     Groupe ialtchad


  Dossier

Dossier: « Journal Ialtchad Presse, film
 d’un sabotage orchestré.
»
Par Bakary Mana Bello
Article paru le 03 janvier 2005 - Ialtchad Presse


«Journal Ialtchad Presse, film d’un sabotage orchestré. »

Juillet 2004, N’djamena a été secoué par « l’affaire Ialtchad Presse ». Depuis lors, beaucoup de choses se sont dites. Le problème, lui, est toujours en suspens. Impossible donc de continuer à éditer à perte. Et nos lecteurs s’interrogent sur ce qui s’est passé, sur notre silence. En ce début 2005 nous avons décidé de vous éclairer sur « l’affaire ».
Acte I
Mercredi 07 juillet 2004, deux journaux de la capitale ( N’djamena) titrent : « Ialtchad Presse est censuré au Tchad », « Ialtchad Presse, mal accueilli en hauts lieux ».Vingt-quatre heures avant, soit le mardi 06 juillet 2004 à 9h:00, sur ordre provenant du sommet de l’État, trois de nos collègues (Boukar Hassan, Abdelkerim Nassour et Bétoubam Mbainaye) ont été arbitrairement arrêtés par l’Agence Nationale de Sécurité (ANS). Aucune explication n’a été donnée. En même temps nos vendeurs à la criée sont pourchassés, arrêtés et torturés. Des journaux en leur possession sont arrachés et déchirés.

Acte II
Du mardi 06 au dimanche 12 juillet 2004, nos collaborateurs sont interrogés, intimidés et menacés. Au menu de cet interrogatoire musclé, ces quelques questions : Comment est entré le journal à N’djamena? Qui est derrière Ialtchad Presse? Qui sont ces jeunes qui composent le Groupe? Depuis quand travailler vous ensemble? 
Comment avez-vous été recrutés? À combien êtes-vous rémunérés? Et bien d’autres questions qu’on ne peut divulguer pour raisons de sécurité. Bref, 8 jours dans les geôles de l’ANS. Une agence qui n’a rien à voir avec la presse. Monstruosité tristement tchadienne.

Acte III
Mardi 13 juillet, après médiatisation, moult interventions et pressions des organisations telles : l’Association des Éditeurs de la Presse Privée du Tchad (AEPT), l’Union des Radios Privées du Tchad (URPT), l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT) et Reporters Sans Frontières (RSF) nos correspondants sont déferrés au parquet pour être entendu par le procureur de la République. Il fallait concocter une raison d’inculpation. Et la parade est vite trouvée : « défaut de dépôt » à la stupéfaction du Groupe. Toutefois, c’est le soulagement. Car, nos trois compagnons sont libérés jeudi 15 juillet 2004 mais sous surveillance. En attendant le procès est fixé pour le mois de septembre 2004. C’est le début d’une longue attente….

Acte IV
…Depuis lors, on va de report en report et rien jusqu’aujourd’hui. Bien que un de nos collègues soit absent, ce perpétuel renvoi nous semble injustifié. Du moment où les deux autres personnes sont présentes.


Que reproche-ton au journal?
Officiellement Ialtchad Presse est poursuivi donc pour « défaut de dépôt ».Derrière cette fausse accusation se confirme la liberté que les responsables tchadiens aiment prendre avec la Loi. Surtout vis à vis de la presse tchadienne. Elle est bâillonnée, clochardisée et classée au rang de presse poubelle. L’objectif est de l’obliger à plier l’échine ou à mourir. Pire, à ripailler avec nos princes. Alors que la presse est le témoin de la vitalité du pays. Et au-delà, la chienne de garde de la démocratie.

Que dire face à cette orchestration? Sinon que, qualifier le régime MPS et ses caudataires de « pleutres aux élans liberticides ». Ils respectent peu ou pas la Loi. Ils comprennent peu leur société. Ils improvisent trop souvent. Ils sont cuirassés par le pouvoir et aveuglés par ses vices.
 
Certes, Ialtchad n’a pas son siége social à N’djamena. Cependant, nous avons conformément au dernier alinéa de l'article 25 de la Loi No 29/PRl94 du 22 août 1994 relative au régime de presse au Tchad, respecté les procédures. Particulièrement l’exigence de dépôt des exemplaires auprès du procureur de la République et du Haut Conseil de la Communication (HCC). Le reste n’est que frousse politique et sabotage. Le tout instrumenté en Haut Lieu.

Comme tout journal édité à l’étranger, Ialtchad Presse n’est soumis à aucune autre condition. Sauf si le contenu du journal nuit aux intérêts du Tchad. Dans ce cas, il faut le prouver et la seule sentence possible est la censure. De plus, la procédure d’une telle décision relève exclusivement du Haut Conseil de la Communication (HCC). Unique instance habileté à trancher le litige.
 
Rappelons nous, il y a peu, Mr Tchanguis Vatankhah, directeur de Radio Brakos Moissala est arrêté et sévèrement battu. Radio FM Liberté arbitrairement fermée. Rien qu’en 2003, quatre journalistes ont été arrêtés pour des soi-disant délits d’opinions. Certains sont interdits d'exercer leur métier, alors que d’autres sont contraints à l’exil. Au fil des années le Tchad est devenu un pays où pratiquer le métier de journaliste est périlleux. Qui aurait parié sur une telle déconvenue au lendemain d’un 1er décembre 1990?

Autant est rude, ce sabotage visant à nous museler. Aussi est tenace, notre engagement à faire notre métier : informer nos lecteurs dans le meilleur de nos capacités en se contentant pour l’instant du Net.

Bonne année 2005.



Par Bakary Mana Bello
Ialtchad Presse

Les autres articles de la rubrique Dossier

GRAND REPORTAGE: Cas Habré, le suspens continue… Par Makaila Nguebla  
GRAND REPORTAGE: 1ère conférence de Presse de la COSEHAB Par Makaila Nguebla
GRAND REPORTAGE: CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UA Par Kebir M.
Dossier:  « Portrait d’Idriss Déby, ses atouts et ses faiblesses » Par Djondang Enoch
Dossier: « Le culte du pétrole » Par Caman Bédaou Oumar
 Des bruits de bottes dans l’Est du Tchad qui empêchent le pouvoir MPS de dormir. Par Mohamed KEBIR
 Journal Ialtchad Presse, film d’un sabotage orchestré. Par Bakary Mana Bello
 Les Tchadiens du Cameroun 1e partie  «Quand l’eldorado se transforme en cauchemar» Par Bétoubam Mbaïnaye
Les Tchadiens du Cameroun 2e partie  « Ils sont entreprenants » Par Bétoubam Mbaïnaye
Les Tchadiens du Cameroun 3e partie : Commandant Tchatcho ou Judas de « l’autre côté » Par Bétoubam Mbaïnaye
Rapport des visites de la maison d’Arrêt de N’Djamena et de la SNRJ (
N’Djamena les 25 et 26 avril 2005). Par DHSF
Une conférence de l’opposition Tchadienne à Paris qui dérange le pouvoir de N'djamena Par Mohamed KEBIR 
Affaire Habré: le dossier s'alourdit.  (Jeune Afrique- L'Intelligent du 20 au 28 novembre 2001)

Affaire « NOTRE TEMPS-Dame Hadje Billy » : un piège à cons ? Enoch DJONDANG 
CONFLITS ARMÉS EN AFRIQUE : CLASSIFICATION, CAUSES, ALTERNATIVES Par Jean-Prosper BOULADA
Situation politique au Soudan, au Tchad et éclairages de la situation dans le Darfour Par Jean-Prosper BOULADA
QUI EST LE GÉNÉRAL FRANÇOIS BOZIZE ? Quotidien centrafricain Le CITOYEN
La crise de l’énergie dans les années à venir SOUMAINE TAGUINA 
VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME  AU TCHAD: SITUATION 2003 Par Droits de l'Homme Sans Frontière
Projet de recherche sur les identités Des peuples du bassin tchadien Par BE-RAMMAJ  MIARO-II
Pratique de l'anesthésie au Tchad en 2001: Situation actuelle et perspectives d'amélioration Par Gad SECKA ASSINA



Le pays | Constitution | Assemblée | Gouvernement | Opposition | Tourisme | Art & Culture | Musique | Sports | Cuisine | Images du Tchad
Éditorial | Actualité | Interview | Forums | Salon d'entreprises | Emploi | Annonces | Sahibi | Poésie | Livre d'or | Archives | Groupe ialtchad