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Dossier |
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GRAND
REPORTAGE
CONFERENCE DE PRESSE DE LA
DELEGATION
GOUVERNEMENTALE TCHADIENNE A PARIS
Par Mohamed
Ahmed KEBIR - Article
paru le 08 Août 2006 - Ialtchad
Presse
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CONFERENCE DE PRESSE DE LA
DELEGATION
GOUVERNEMENTALE TCHADIENNE A PARIS
Par Mohamed
Ahmed KEBIR
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Photo (de gauhe à droite) de
: Mahamat Ali HASSAN, Hourmadji MOUSSA DOUMNGOR, Ahmad ALLAM-MI,
Abderamane DJASNABAILLE et Limane MAHAMAT. |
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Dans le cadre de
sa mission d’information, la délégation gouvernementale conduite par
le chef de la diplomatie tchadienne a tenu une conférence de presse
le 25 juillet 2006 à Paris. Composée de Ahmad ALLAM-MI, Ministre des
Affaires Etrangères ; Abderamane DJASNABAILLE, Ministre Délégué
auprès du Premier Ministre chargé des Droits de l’Homme ; Hourmadji
MOUSSA DOUMNGOR, Ministre de la Communication et de la Culture,
Porte-parole du Gouvernement ; Limane MAHAMAT, Conseiller juridique
du président de la République ; Abdallah TAHA Secrétaire général de
la FASCIT. Le Ministre du Plan et de la Coopération Mahamat Ali
HASSAN, arrivé à Paris la veille, figure parmi la délégation.
Moukhtar WAWA DAHAB, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire
du Tchad en France et Todjimbé Toïdé MASRANGAR, Représentant
Personnel du Président de la République au Conseil Permanent de la
Francophonie font partie de la Délégation. Le Gouvernement tchadien
se donne pour tâche d’expliquer l’impact de la crise du Darfour sur
la vie politique de la République du Tchad, ainsi que ses rapports
avec la Banque Mondiale et le nouvel accord qui vient d’être signer
avec celle-ci. Le dialogue politique du 28 juillet tant prôné par le
gouvernement tchadien reste au cœur des débats qui se tiennent au
Centre d’Accueil de la Presse Etrangère, le CAPE / France.
De
notre correspondant permanent à Paris. |
Mardi 25
juillet 2006. La grande pendule de la Maison de Radio France retentit
onze fois. 11 heures viennent de sonner. C’est l’heure qui a été retenue
pour l’ouverture de la conférence. Le Ministre des Affaires Etrangères
et de l’Intégration Africaine, Ahmad ALLAM-MI présente ses collègues
ministres et les membres de la délégation qui l’accompagnent à la
presse. Avant de livrer le contenu de son allocution, Monsieur ALLAM-MI
prend le soin de préciser aux journalistes présents dans la salle que
« nous sommes venu apporter un message ». Il décortique avec minutie les
principales étapes qui ont émaillé les relations diplomatiques qui
existaient entre le Tchad et le Soudan tout en fournissant des preuves
tangibles qui démontrent l’agression du premier par le second. Le
Ministre des Affaires Etrangères fait savoir que les polico-militaires
qui sévissent çà et là sur le territoire tchadien ne sont rien d’autre
que des « mercenaires à la solde du Soudan qui essaye de déstabiliser le
Tchad ». Il pense, à travers son allocution, que la Communauté
internationale est sous informée de la situation qui prévaut sur le
terrain. « Ces politico-militaires ne sont même pas capables de
s’entendre entre eux. Comment alors penser qu’ils pouvaient venir
jusqu’à N’djamena pour tenter de prendre le pouvoir », s’interroge-t-il
au passage. Le Ministre fait ainsi allusion au soutien humain et
logistique apporté par le Soudan aux rebelles qui ont attaqué la
capitale tchadienne le 13 avril. Il souligne que parmi les prisonniers
il y a des tchadiens certes, mais il y a plus de soudanais et quelques
centrafricains. « C’est une force équipée et entretenue par le Soudan,
même si le Soudan ne reconnaît pas officiellement son agression contre
le Tchad », s’indigne-t-il. Le Ministre convie la presse à trouver
toutes les preuves matérielles et humaines dans le document
« PREUVES DE L’AGRESSION
SOUDANAISE CONTRE
LE TCHAD » apprêté
et mis à sa disposition. « Toutefois, nous avons un dialogue franc et
direct avec Khartoum en vue d’un règlement pacifique de notre
différend », a-t-il reconnu face à la presse.
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Abordant la question de la crise du Darfour,
M. ALLAM-MI réitère la demande du président tchadien qui souhaite
vivement le déploiement urgent d’une force civile internationale,
composée de gendarmes et des policiers, pour sécuriser la zone et
protéger les populations déplacées. Le Tchad souhaite que le Darfour
soit mis sous tutelle. M. ALLAM-MI souligne que « la situation
d’insécurité à la frontière est due aux milices pro-gouvernementales
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soudanaises qui sont les Djandjawids ». Il
exprime de ce fait sa crainte
que la crise du Darfour ne s’étende au Tchad et à la sous-région tout
entière. « Nous avons demandé à la Communauté internationale et à l’ONU
de nous aider à assurer la sécurité des 300 000 réfugiés qui se trouvent
dans des camps sur le territoire tchadien et à garantir leur neutralité
pour qu’on ne nous accuse pas d’alimenter la guerre du Darfour »,
argue-t-il. |
Le Ministre des Affaires Etrangères et de
l’Intégration Africaine poursuit son allocution. « La construction d’un
Etat des droits et de démocratie passe nécessairement par le dialogue
politique, gage de la réconciliation nationale », défend-il. En
perspective à la question du dialogue politique du 28 juillet qui a lieu
à N’djamena, il exclue formellement tout dialogue avec les
politico-militaires. « Un forum tel que proposé par certains (ndlr : les
rebelles et la CPDC ainsi que la société civile) n’est pas à l’ordre du
jour », martèle-t-il. Selon Monsieur ALLAM-MI, l’opposition
politico-militaire doit « abandonner les armes et s’insérer dans le
processus démocratique en cours ». Il pense que l’objectif c’est de
renforcer l’Etat des droits au Tchad en organisant des élections
communales et législatives libres et transparentes dans les mois à
venir. Il estime, lui, que l’opposition démocratique et la société
civile sont l’émanation de l’Etat des droits. Faisant le mea culpa du
gouvernement auquel il appartient, le Ministre reconnaît que « chacun a
ses parts de responsabilité par ses faits et gestes, que ce soit à
N’djamena ou ailleurs ». Il poursuit dans une logique fondamentalement
téméraire : « On pourrait peut-être déplorer une partie de l’action du
gouvernement, mais le gouvernement a fixé ses priorités dans son
programme ».
M. Ahmad ALLAM-MI termine son allocution par
question du nouvel accord conclu entre le gouvernement tchadien et la
Banque Mondiale, qu’il qualifie d’une victoire de la raison sur
l’arbitraire. Le chef de la diplomatie tchadienne s’évertue à laisser la
parole aux différents intervenants qui souhaitent poser des questions.
Le débat s’ouvre sur la série de questions-réponses. A tour de rôle, les
autres membres de la délégation prennent la parole pour répondre aux
diverses questions des journalistes. Ainsi, à la question qui concerne
le rapport entre le Tchad et le consortium, Le Ministre du plan et de
la Coopération, Mahamat Ali HASSAN, explique que la convention qui lie
le Tchad au consortium date des années quatre-vingt. 1700 kilomètres de
pipelines étaient prévus. Le coût du projet se chiffre à 3 milliards et
demi de dollars. La Banque Mondiale a apporté sa caution morale. Les
financements ont été obtenus grâce à des prêts. Le Ministre de la
Communication et de la Culture, le Porte-parole du gouvernement,
Hourmadji MOUSSA DOUMNGOR complète son collègue du Plan et de la
Coopération. Il rappelle l’existence d’un décalage entre le brute de
Doba et les autres gisements. « Le Tchad a obtenu des compensations pour
l’optimisation de ses ressources par rapport aux gestions »,
déclare-t-il. M. MOUSSA DOUMNGOR fait un véritable cours d’Histoire en
remontant jusqu’aux origines de l’exploitation de l’or noir tchadien.
« Est-ce qu’on connaissait la situation du Tchad au moment de négocier
le contrat de l’exploitation de son pétrole ? » se demande-t-il. Il
révèle être tombé jadis sur un courrier du général de Gaule s’adressant
au Président Tombalbaye. Dans cette lettre, poursuit le Ministre, il
était mentionné que « le sous-sol tchadien ne contient rien comme
ressource. Il faut plutôt valoriser la culture du coton et celle du riz
dans la zone méridionale du pays ». C’est ainsi que le Tchad a été privé
de l’exploitation de son pétrole depuis la nuit des temps au profit des
cultures de rente qui, de surcroît, ont beaucoup plus profité à d’autres
qu’aux Tchadiens eux-mêmes, détaille-t-il avec concision.
Répondant à la question du statut des
prisonniers soudanais appréhendés le 13 avril à N’djamena, le Ministre
Délégué auprès du Premier Ministre chargé des Droits de l’Homme,
Abderamane DJASNABAILLE précise « qu’ils ne peuvent pas être considérer
comme des prisonniers de guerre pour la simple raison que la plupart
d’entre eux sont des enfants ». Il ajoute que l’Etat tchadien a saisi la
Commission de l’Union Africaine en vue de les lui remettre afin de leur
trouver une solution. Car, explique Monsieur DJASNABAILLE, le Tchad ne
dispose ni de moyens ni d’espace appropriés pour garder ces personnes.
Le Conseiller Juridique du Président prend la parole et apporte quelques
détails consécutifs à la question des droits des prisonniers soudanais
qui croupissent aujourd’hui dans les geôles de N’djamena. Monsieur
Limane MAHAMAT précise que ces détenus n’ont subi aucun acte de torture
et sont gardés comme tous les prisonniers tchadiens, avec les moyens du
bord. Le dialogue que prône le gouvernement et défendu par cette
délégation a pour but d’amener tous les Tchadiens à la table de
négociation afin que des solutions réelles et définitives soient
trouvées aux différends qui opposent les différentes forces
protagonistes du Tchad. Le temps imparti à la conférence arrive à
expiration, ce qui amène le chef de fil de la délégation gouvernementale
à reprendre la parole pour remercier les journalistes d’avoir répondu à
l’invitation. Ahmad ALLAM-MI convie tout le monde à un banquet apprêté
dans la salle des fêtes du CAPE.
Au lendemain de la conférence de Paris, la
délégation gouvernementale s’est rendue à Bruxelles pour rencontrer la
communauté tchadienne de Belgique et quelques parlementaires européens.
Elle y a tenu une conférence de presse mercredi 26 juillet à l’issue de
laquelle toutes les questions brûlantes de l’heure ont été abordées. A
Bruxelles, la communauté tchadienne a tenu à exprimer ses doléances par
rapport à la situation qu’elle vit au jour le jour sur place. La
mission gouvernementale est rentrée le même jour à Paris pour y
séjourner quelques jours avant de regagner N’djamena.
Mohamed Ahmed KEBIR
Groupe Ialtchad Média, Paris
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