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Dossier Projet
Miaro-II
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HISTOIRES
RACONTÉES ET ORIGINES DES TCHADIENS |
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Projet de recherche sur les identités
Des
peuples du bassin tchadien
BE-RAMMAJ
MIARO-II
Gatineau,
(Québec)
Canada,
octobre 2002
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Gatineau,
(Québec)
Canada,
octobre 2002
Séries
«Connais ton pays ...».
Histoires racontées et Origines des Tchadiens est
la deuxième des séries « Connais ton pays ..»
traitant de l’histoire, de la culture, et de la géographie
(ou environnement) des collectivités rurales africaines en
général, et tchadiennes en particulier, qui représentent
encore 70 % des
populations. Elle s’inscrit dans le cadre de la lutte
contre l’exclusion socioculturelle, politique, et économique
de ces populations à qui les administrations et les
gouvernements donnent rarement des occasions de parler de
leur passé, présent et futur, et pour discuter de leurs
programmes et projets de développement. Pour plus
d’information, veuillez contacter:
Dr
Bé-Rammaj Miaro-II, Directeur Général
Éditions GuerTer-Maj (GTM)
487,
rue Tessier, Gatineau
Québec J8P 3K5 -
Canada
tél/fax: 1 819 643 6293
E-mail: brmiaro20@videotron.ca
Dédicace
Je
dédie ce document de recherche sur les Origines des
Tchadiens à ma regrettée nièce Monique Moïpard,
et à toute la Jeunesse de mon pays. Je souhaite une
longue vie à cette Jeunesse, pour lui permettre de
faire toute la lumière sur nos origines, de mettre fin à
l’industrie millénaire de guerres fratricides qui font du
Tchad l’un des pays les plus pauvres de la planète, et
de recommencer à bâtir, sur les cendres de
l’ignorance et de la haine, de nouvelles « pyramides ».
Citations
« L’Histoire
est un discours écrit, et qui se prétend vrai, que les
hommes ont construit sur leur passé. De l’Antiquité à
nos jours, cependant, Clio fut davantage au service des
passions politiques, religieuses et nationalistes que de la
science. Être historien, c’est maîtriser les traces
documentaires de toute nature pour comprendre le passé à
la lumière des enjeux contemporains, et pour mieux éclairer
les problèmes du temps présent ». Dictionnaire
encyclopédique visuel, Larousse – Sélection du
Reader’s Digest, 1999-2001 p.170
« Si
je choquais chez le lecteur, quelque habitude de voir ou de
penser, ce ne pourrait être que de façon inopinée;
ordinairement la vérité historique, but de la science du
passé humain, n’est pas recherchée pour « blesser »;
on n’a pas non plus à la cacher pour plaire. C’est une
tâche vitale (le professeur Saburi Biobaku insiste beaucoup
sur cette idée) de situer le passé humain de l’Afrique
dans sa véritable perspective et l’enseigner sans
restriction d’aucune sorte. Sinon, nous refuserons tout
sens à cet humanisme élargi qui s’imposera nécessairement
un jour ». Obenga théophile, L’Afrique dans l’Antiquité,
Paris, Présence africaine, 1973.
« En
Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » Amadou Hampâté Bâ,
UNESCO Paris. 1962.
RÉSUMÉ
Histoires racontées et Origines des Tchadiens
est un projet de recherche sur les identités des peuples du
bassin tchadien. Le projet utilise la tradition orale comme
moyen de collecte des données. Cette tradition est caractérisée
par la priorité donnée à la mémoire et à la
communication orale pour la conservation et la transmission
des événements importants de la vie de la communauté.
L’héritage culturel passe ainsi d’une génération à
une autre, grâce aux aînés et aux griots, gardiens des
traditions et véritables bibliothèques vivantes.
Le bassin tchadien, qui s’étend du Nil au fleuve Niger, a connu des
bouleversements climatiques, des guerres, des mouvements de
populations, l’esclavage, la colonisation, toutes choses
qui sont à l’origine de la confusion actuelle des
populations sur leurs vraies histoires, origines, et identités.
Des travaux de Jean-Paul Lebeuf,
et Detourbet A. Masson (1950), et de Jacques Le
Cornec (1963) s’accordent à reconnaître « deux
Tchad », le Nord et le Sud, sur la base de l’économie,
de la géographie et des religions non-africaines. Des
rapports des linguistes tendent à distinguer plutôt trois
grands groupes, au sein des populations tchadiennes, sur la
base des langues parlées (Ethnologue Reports for Chad, 13th
and 14th Éditions, 1996 and 2002). Des locuteurs des langues
de la famille Nilo-Saharienne comprenant notamment
les Baguirmi, Bilala, Kanembu, Kanuri, Maba, Sara,
Tama, Téda, Toubous, et les Zaghawa, qui forment
environ 60 % de la population tchadienne viendraient de la région
du Nil blanc au Soudan, entre 8000 et 3000 ans avant J.C.
Des locuteurs des langues de la famille afro-Asiatique qui
représentent environ 32 % de la population (avec un
multiple comptage pour l’arabe tchadien), et incluant
notamment les Arabes, Bidiyo, Buduma, Masana, émigreraient
de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Des locuteurs des
langues de la famille Niger-Congo, dont les Moundang, les
Tupuri, les Day, les Fulfulde, qui représentent 9 % de la
population seraient originaires de la vallée du fleuve
Niger et de la côte Atlantique.
Nous avons démontré, dans la revue de littérature, que la géographie
seule, le système économique imposé par
l’administration coloniale, et les deux religions
non-africaines (le Christianisme et l’Islam) ne permettent
pas de remonter aux origines préhistoriques des peuples
tchadiens. C’est pourquoi nous utilisons la variable
culture dans le cadre de l’anthropologie culturelle pour
la recherche des origines.
La recherche des origines des Tchadiens se veut scientifique. Elle
s’appuie sur des travaux récents en linguistique, en
histoire, en anthropologie culturelle, en archéologie, en
histoires racontées. Le Tchad compte 134 langues dont deux
sont aujourd’hui éteintes. Les linguistes ont regroupé ces langues en trois grandes
familles suivantes : Afro-Asiatique, Niger-Congo,
Nilo-Saharienne. Les poids statistiques des locuteurs de ces
familles de langues sont respectivement 32 %, 9%, et 58 %,
la Nilo-Saharienne étant la plus importante (Ethnologue
Reports for Chad, 13th and 14th Editions, 1996 and 2002). La
recherche consiste à décrire et à comparer les cultures
des locuteurs de ces trois familles de langues. Le canton,
unité administrative dont le territoire coïncide avec le
terroir, est choisi comme milieu d’étude. Au total 45
cantons, représentant un échantillon au dixième, seront
tirés au hasard sur une population d’environ 450 cantons
dispersés dans les trois grandes régions naturelles du
pays (désert, sahel, et savane, voir Annexe 2). Les
informations recueillies auprès des aînés et des griots,
et synthétisées au moyen de la statistique descriptive,
permettront de tester les hypothèses relatives aux différentes
cultures et à leurs origines. Pour de plus amples
informations, le lecteur devra se procurer le document de
projet, actuellement en vente pour financer une partie des
coûts de la recherche.
Les
informations recueillies, seront classées et gardées dans
des banques de données. Un comité national, et des comités de rédaction et de lecture des
histoires racontées seront constitués. Ils utiliseront le
même plan de travail pour pouvoir produire des monographies
comparables. Les conclusions de la recherche, les outils et
objets traditionnels recueillis lors des investigations, les
livres des histoires racontées, seront multipliés et mis
à la disposition des populations dans des librairies, des
centres de documentation, et dans des bibliothèques régionales,
municipales, et scolaires.
Annexe
2
Les
trois régions naturelles du Tchad
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Densité : moins 0,14 h. Km2
Densité : 7,1 h. Km2
Densité : 16,6 h Km2
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600 350 Km2
490 590 Km2
193 060 Km2
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Source :
Statistics from
The World
Gazetteer: Chad, 2002. |
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Désert
Superficie totale
Sahel
1 284 000 Km2
Savane
Population estimée en 2002
7,114 millions
habitants
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PS : il
faut attirer l’attention des jeunes générations
sur le fait que la savane, région
d’agriculture par excellence a diminué
de moitié en trente ans devant les avancées
rapides du désert et du Sahel comme nous
pouvons le constater par la citation ci-après :
« Situé
entre le 8me et 24me degrés de latitude Nord,
entre le 14me degré de longitude Est, le Tchad
s’étend en longueur sur plus de 1700 Km. Il
offre du nord au sud une succession de trois
zones de végétation.
Mais
les surfaces de ces zones sont à peu près
équivalentes, leur importance économique
est étroitement liée à la durée de la saison
humide et à la quantité des pluies » Annuaire
Officiel du Tchad, 1970, page 9. La
superficie de la
savane a donc passé d’environ 400 000
Km2 en 1970 à 193 000 Km2 en l’an
2000!
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