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Dossier
Santé |
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REPUBLIQUE
DU BENIN
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEURE ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE D'ABOMEY-CALAVI
FACULTE DES SCIENCES DE LA SANTE |
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RESUME
DE THESE DE DOCTORAT D'ETAT EN MEDECINE |
THEME:
PRATIQUE
DE L'ANESTHESIE AU TCHAD EN 2001: SITUATION
ACTUELLE ET PERSPECTIVES D'AMELIORATION
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Présentée
et soutenue en public par
Gad
SECKA ASSINA
Né
le 06 Août 1976 à Ndjaména
(TCHAD) |
Président
du Jury:
Pr M. CHOBLI
Membres
du Jury:
Pr C. AKPO
Pr-Ag A. R.
AGUEMON
Pr-Ag
V. ATTOLOU |
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Sous
la direction de:
Pr M. CHOBLI (FSS/ BENIN)
Pr P. DIALLO (OMS-TCHAD)
Dr
M. KABORO(FACS/TCHAD)
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INTRODUCTION
L'anesthésie est une science médico-chirurgicale qui a connu au
cours des derniers siècles un développement considérable.
Ces
progrès permettent de nos jours la prise en charge des patients
fragiles pour des interventions de plus en plus
complexes avec un maximum de sécurité en période per et
post-opératoire dans les pays à technologie médicale avancée [1].
De nombreuses études parues
dans la littérature internationale
montrent que les pays en voie de développement notamment ceux au sud du
Sahara restent largement en dehors de ces progrès avec une surmorbidité
et une surmortalité liée à l'anesthésie anormalement élevées [2,
3, 4, 5, 6].
Les travaux de BINAM au
Cameroun [7] , de CHOBLI au Bénin [8] ,
de SANOU et al [6] dans plusieurs pays d'Afrique ont relevé que la
pratique de l'anesthésie dans les pays en voie de développement est
caractérisée par une indigence en moyens matériels
et une pénurie en personnels qualifiés.
Le Tchad, pays francophone d'Afrique centrale classé parmi parmi
les pays les plus pauvres de la planète connaît comme la plupart des
pays du continent un dysfonctionnement important du système de santé.
Qu'en est-il donc de la pratique de l'anesthésie dans ce vaste pays en
proie à des guerres à répétition?
C'est afin d'apporter quelques éléments de réponses à ces
importantes questions que nous avons entrepris cette étude ayant pour
objectif principal d'évaluer la pratique de l'anesthésie au Tchad et de
faire des propositions pour son
amélioration.
Les
objectifs spécifiques visés pour notre études sont :
·
répertorier
tous les centres hospitaliers où sont réalisées des interventions
chirurgicales,
·
apprécier
les moyens matériels et pharmacologiques disponibles
pour la pratique
l'anesthésie,
·
faire
le point du personnel pratiquant l'anesthésie ( effectifs et
qualifications),
·
relever
les techniques anesthésiques pratiquées et les complications courantes
,
·
faire
des propositions pour l'avenir.
La
présentation de cette étude se fera en trois points essentiels dont :
1.
Le
cadre, le matériel et la méthode d'étude
2.
Les résultas suivis des commentaire, et
3.
La
conclusion et les suggestions.
CADRE,
MATERIEL ET METHODE D' ETUDE
1.
Cadre
d'étude
Il
s'agit de la République du Tchad, vaste d'environ 1.284.000 km2 situé
au cœur de l'Afrique.
2.
Matériel d'étude
Notre
étude porte sur les hôpitaux disposant d'une antenne chirurgicale où
est pratiquée l'anesthésie.
Le matériel d'étude est constitué de :
·
les
équipements et médicaments d'anesthésie
·
le
personnel pratiquant l'anesthésie
·
les
patients ayant bénéficiés d'une anesthésie soit pour une
intervention chirurgicale ou pour une exploration.
3.
Méthode d'étude
Il
s'agit d'une étude d'observation transversale descriptive comportant une
phase rétrospective concernant les anesthésie pratiquées durant la période
du 1er janvier au 31 décembre 2001 et une autre prospective
en ce qui concerne les praticiens, l'équipement et le médicaments
d'anesthésie couvrant la période du 1er février au 31 mai
2002.
L'échantillonnage
constitué par un échantillonnage non-aléatoire, systématique et quasi
exhaustif a permis de de retenir :
n
24
hôpitaux sur les 35 disposant d'une antenne chirurgicale,
n
43
praticiens d'anesthésie,
n
2961
patients anesthésiés.
N'ont pas été retenus pour l'étude les hôpitaux dont
l'accessibilité géographique a été difficile, les patients dont
l'anesthésie n'a pas été surveillée par une feuille d'anesthésie
complète, les équipements défectueux ou non-fonctionnels et enfin les
praticiens d'anesthésie non-permanents.
Les données recueillies à l'aide d'un questionnaire par
observation directe des blocs opératoires, entretien avec les responsables des hôpitaux et les praticiens d'anesthésie et enfin par
dépouillement des feuilles et registres d'anesthésies.
L'analyse des données a été faite par les logiciels EPI 6 INFO
version 04 d et SSPS.
En l'absence d'un comité d'éthique, notre étude a
reçu l'approbation du Ministère de la Santé Publique.
RESULTATS
1.
Identification des hôpitaux enquêtés
Tableau
1: Répartition des hôpitaux enquêtés

2. Les équipements anesthésiques
Tableau
2: Répartition
des principaux équipements d'anesthésie

Tableau
3 : Répartition des salles opératoires
par bloc et des sources d'oxygène

3.Les principales drogues anesthésiques
Tableau
4:
Répartition des principales drogues anesthésiques

4. Les praticiens d'anesthésie
Tableau
5:
Répartition des praticiens d'anesthésie suivant
la fonction

Il faut
noter que parmi les 22 faisant-fonction d'ISAR, il y a 4 aides-soignants
sans aucune formation paramédicale.
5. Patients anesthésiés
Figure
1: Répartition par sexe

Tableau
6: Répartition par classe d'âge

6. Types de chirurgie
Tableau
7: Répartition en fonction des
circonstances de survenue

Tableau
8: Répartition des principaux types
de chirurgie pratiquée

7. Types d'interventions
Tableau
9: Répartition des types de chirurgie

8.
Protocoles d'anesthésie
Tableau
9: Répartition des techniques
d'anesthésie
9. Usage des drogues anesthésiques
Tableau
10 : Répartition
des drogues suivant
les protocoles d'anesthésie
10. Complications et devenir des patients
486
patients anesthésiées ont présenté au moins une complication soit
16,41 %.
Tableau
11: Répartition des
complications par
origines

Au cours de notre étude, nous avons
recensé 24 décès soit 0.8 %.
La pratique de la transfusion en per
opératoire est rare, ce pendant celles réalisées en post opératoires
n'ont pas été transcrites sur les dossiers des patients. Tout au moins
un seul hôpital de district pratique l'autotransfusion homologue.
COMMENTAIRES
ET REVUE DE LA LITTÉRATURE
·
Notre
étude retrouve 35 formations sanitaires avec antenne chirurgicale au
Tchad. Ce nombre est comparable à ceux retrouvés au Cameroun (39
centres) par BINAM [ 7] et au Bénin (31centres) par CHOBLI [4].
Cependant
le Tchad étant dix fois plus vaste que le Bénin et 3 fois plus que le Cameroun, il est évident que chaque formation sanitaire de ce pays a
une importance notoire compte tenu des grandes distances séparant les
hôpitaux sur avec ceux qui doivent être de référence. Cette
situation impose une certaine capacité de prise en charge des urgences
avant les références.
·
L'indigence
des moyens matériels mis à la disposition des praticiens d'anesthésie
est criarde et certaines pénuries frisent l'insécurité la plus totale
pour le patient anesthésié, c'est le cas du manque d'oxygène dans 50%
des cas. Même si certaines études africaines révèlent ce manque de matériel
notamment au Cameroun [7] mais le cas du Tchad est assez spécial avec
des pénuries en sources d'oxygène, respirateur, moniteurs....
Le
déficit en drogues anesthésiques reste un autre problème délicat en adéquation
avec le matériel adapté.
·
Pour
une population d'environ 7.200.000 habitants, le Tchad ne compte qu'un
seul médecin anesthésiste à coté d'un expatrié coopérant et de 19
infirmiers spécialisé en anesthésie soit un ration de 1/380.000. Ces
proportions inférieures à celles retrouvées dans d'autres pays
africains plus petit comme le Bénin
avec 9 médecins anesthésistes[4], le Cameroun avec 12 [7] le
Gabon avec 14 [6].
Le
nombre assez élevé des faisant-fonction d'infirmiers anesthésistes
soit 51.2% parmi lesquels on compte 4 aide-soignants reste unique dans
la littérature médicale. Tandis que certains pays développés comme
la France qui comptent 10000 anesthésistes pour 60.000.000 d'habitants
estime être en situation de pénurie. Que dirions nous alors du cas du
Tchad?
·
Au
cours de notre études, 6223 anesthésies ont été pratiquées, mais
seulement 2961 ont été surveillées à l'aide de feuilles d'anesthésie
bien tenues; ce qui prouve le manque de personnel qualifié d'une part
et d'autre part le nombre insuffisant de matériels de monitorage.
La
majorité des 2961 patients anesthésiées est jeune avec 65.5% âgés
de 20 à 46 ans comme dans la plupart des études africaines faites au Sénégal [11] et au Cameroun [7]. Seul BELKREZIA au
Maroc a retrouvé en 2002 des sujets plus âgés [12]. Cette prédominance
des sujets jeunes est en rapport avec la structure de la population
tchadienne quyi est en majorité jeune.
Le sexe masculin prédomine parmi nos patients avec 52.4%,
proportion identique à celle retrouvée à Saint-Louis au Sénégal en
2000 par Ka-SALL et al [11].
·
Dans
notre série, la chirurgie réglée a été la plus pratiquée avec
58.1%. Cette prédominance est constante dans les études africaines et
peut s'expliquer par les difficultés que rencontrent les équipes techniques dans la prise en charge des urgences sur le plan matériel et
en personnel qualifié.
·
La
chirurgie viscérale a été le type de chirurgie le plus pratiqué avec
32.6% suivi de la chirurgie gynéco-obstétricale 29.4%, proportions
retrouvées au Maroc par BELKREZIA et al [12] tandis que c'est l'inverse
dans les études faites au Cameroun en 1996 [7], par Ka-SALL au Sénégal
en 2000 [12] et au Bénin [4]. Cette prédominance de la chirurgie viscérale
peut s'expliquer par la relative facilité que représente ces
interventions telles que les appendicectomie, les cures de hernie et
ceci m^me pour un personnel non qualifié malgré le risque d'anesthésie
plus élevé.
·
La
cure de hernie a été l'intervention la plus pratiquée
à cause de sa facilité suivie de la césarienne parce quelle
représente une urgence à ne pas différer.
·
Les
autres types de chirurgie comme la neurochirurgie, la traumatologie sont
très peu pratiquées à cause du manque de personnel qualifié et de
matériels adaptés.
·
La
primauté de l'anesthésie générale notée dans notre étude (56,0 % )
est une constante dans la littérature tant africaine [ 4,5,7,11,12]
qu'internationale [10]. Mais avec plus de 40 % de cas d'anesthésie
locorégionale, notre étude occupe la première place pour la
promotion de cette technique dans le peloton des pays
africains[2,4,7,11] surtout qu'elle est la pratique le plus sécurisante
et moins coûteuse, adaptée au pays à moyens limités [3,13,14].
L'anesthésie
a été pratiquée dans la plupart des cas par voie intraveineuse avec
une large place réservée à l'intubation, malheureusement ce geste
n'est pratiqué que dans des centres disposant d'un plateau technique
plus garni ainsi qu'un nombre minimum de praticiens qualifiés.
L'induction
intraveineuse est aussi largement pratiquée dans les autres
pays africains comme l'ont démontrées des études africaines
[4,7,11,12 ].
L'utilisation
de nouvelles drogues d'anesthésie comme le propofol, le sufentanyl, l'atracurium
est presque quasi inexistante, comme dans la plupart des africains, la kétamine
est le narcotique le plus utilisé suivi du thiopental tandis que l'halohane
reste le seul anesthésique volatile employé.
La
rachianesthésie est la technique d'anesthésie locorégionale prédominante
avec plus de 90% des cas. Son usage assez large s'explique par la
facilité de sa pratique (ponction rachidienne) et son coût relativement
faible par rapport aux autres techniques ( péridurale et bloc périphérique)
qui nécessitent un matériel adapté et onéreux [ 4,11,13].
Cependant
l'emploi de la lidocaîne à 5% assez répandu au Tchad doit être
proscrit compte tenu de sa toxicité nerveuse démontrée ayant motivée
son abandon dans les pays développés [4,13]. Il faudrait plutôt
promouvoir l'usage de la bupivacaîne.
·
Nous
constatons comme partout dans les études africaines que la consultation
d'anesthésie n'est pas organisée [2,4,7,11]. Il s'agit là d'une
lacune car à l'origine d'une
mauvaise préparation des patients entraînant une majoration du risque
anesthésique.
·
Les
complications relevées dans notre étude sont comparable dans leur
typologie à celle retrouvées dans d'autres auteurs africains comme
CHOBLI au Bénin[11], BINAM au Cameroun [7] et KA-SALL au Sénégal car
il s'agit pour la plupart des complications cardiovasculaires représentant
74,28% dans notre série. Ceci pourrait s'expliquer parle manque de
qualification des praticiens et des drogues cardiotoniques telles que l'éphédrine.
Ce pendant la proportion retrouvée dans notre étude reste largement
supérieure à celle des autres études africaines.
·
La
mortalité liée à l'anesthésie de
0,8% retrouvée dans notre série paraît très inférieure aux
proportion retrouvées au Cameroun [7], en Cote d'ivoire [15]. Cela
s'explique par le biais important retrouvé dans notre étude quand à
la collecte des données concernant les complications et décès per et
post-anesthésiques. Sinon en réalité, compte tenu du niveau d'équipement
des blocs opératoire et de la qualité du personnel cette proportions
devrait
nettement être supérieure à celle retrouvée. Ce pendant, on
sait que moins les drogues sont efficaces et moins sont leurs
complications d'où la nécessité d'adapter l'emploi des drogues à la
qualité de l'équipement technique.
CONCLUSION
Au
terme de cette étude transversale descriptive dans 24 hôpitaux du
Tchad, nous pouvons conclure que les hôpitaux manquent d'équipements
essentiels à savoir des sources d'oxygène, des vaporisateurs, des
respirateurs et du matériel de monitorage.
Parmi
les drogues anesthésiques disponibles, les curares et analgésiques
sont rares dans la plupart de ces hôpitaux
et les anesthésiques locaux ne répondent pas aux normes de sécurité
anesthésique.
Les
praticiens d'anesthésie sont en majorité sans formation spécialisée
et en nombre restreint de surcroît.
Les
2961 patients ayant bénéficiés d'une anesthésie au cours de
notre études sont en majorité jeunes et de sexe masculin. Ils ont été
anesthésiés le souvent pour une chirurgie réglée.
La
chirurgie viscérale a été la plus pratiquée suivie de la chirurgie
gynéco-obstétricale.
Le
protocole d'anesthésie le plus employé est l'anesthésie générale
avec une large pratique de intubation endotrachéale. La rachianesthésie
reste le principal protocole d'anesthésie loco-régionale.
Parmi
les complications recensées, la plupart est
d'origine cardiovasculaire. La mortalité liée à l'anesthésie
retrouvée dans notre étude est faible par rapport à celle des pays en
voie de développement d'une manière générale mais ne correspond pas
à la réalité.
La
transfusion est pratiquée mais les éléments permettant son contrôle
n'ont pas été retrouvés.
Ces
résultats prouvent que les conditions de pratique de l'anesthésie au
Tchad sont en dessous des conditions minimales recommandées tant sur le
plan matériel, des drogues que du personnel.
SUGGESTION
Pour
améliorer la pratique de l'anesthésie au Tchad, nous suggérons la création
d'une cellule de développement de l'anesthésie dont le plan d'action
sera axé sur:
·
A court
terme:
·
la création
d'une école de formation des infirmiers spécialisés en anesthésie
·
l'organisation
de formations continues des praticiens actuels
·
l'équipement
de chaque hôpital en matériels essentiels d'anesthésie et le retrait
de la lidocaîne 5
% des stock de la Centrale Pharmaceutique d'Achat
·
l'octroi de
bourses pour la formation des médecins anesthésistes-réanimateurs
·
A moyen
terme:
·
la
suppression des poste de faisant-fonction d'infirmiers anesthésistes
·
l'équipement
de façon hiérarchisée les hôpitaux en matériels lourds d'anesthésie
·
l'encouragement
de la spécialisation de infirmiers anesthésistes en anesthésie pédiatrique
et obstétricale
·
A long
terme: la reconstruction
des blocs opératoire suivant les normes internationales de
sécurité
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