Hymne national
     Le pays
     Constitution
     Assemblée
     Gouvernement
     Opposition
     Tourisme
     Art & Culture
     Musique
     Sports
     Cuisine
     Images du Tchad

     Éditorial
     Actualité
     Interview
     Forums
     Salon d'entreprises
     Emploi
     Annonces
     Sahibi
     Poésie
     Livre d'or
     Archives
     Groupe ialtchad

  Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF)

Rapport des visites de la maison d’Arrêt de N’Djamena et de la Section Nationale de la Recherche Judiciaire (SNRJ)
N’Djamena les 25 et 26 avril 2005.


« Il faut mettre ensemble la justice et la force et pour cela, faire que 
ce qui est juste soit fort et que ce qui est fort soit juste . »

               Présenté :  DEUZOUMBE DANIEL PASSALET
               YASMINE MAHAMAT NOUR
                       SING-NIBA TITE
               Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF)
               BP: 4510 N’Djamena Tchad
              
Tel: (235) 294031 Email: dhsf64@hotmail.com

Après l’obtention de l’autorisation permanente de la visite des maisons d’arrêt du Tchad, DHSF a décidé ce jour 25 avril 2005 de visiter la maison d’arrêt de N’djamena et les lieux de détention de la SNRJ, une section de la Gendarmerie ou certains citoyens y sont détenus.

Ainsi, une délégation composée de Deuzoumbe Daniel Passalet et Sing-niba Tite s’était rendue dans ces deux institutions.

Tout a commencé part la SNRJ ou nous avons rencontré M. Asnal, Commandant Adjoint de cette institution. Nous lui avons fait part de nos préoccupations tout  en lui demandant l’autorisation de discuter librement avec les prisonniers suivants :

      -         Bouba Mahamat
-         Tessingar Ngamnadji
-         Ouangbara Tidjaobé.

Après quelques échanges suivis des propos désobligeants du commandant Adjoint de la SNRJ vis à vis des Associations des droits de l’Homme au Tchad, notre interlocuteur nous a demandés de revenir à 13heures alors qu’il n’était que 9heurs. (A t-il pris ce temps pour la dissimulation de certains détenus ou prendre des ordres quelque part ?)

Ainsi, nous avons préféré continuer à la maison d’arrêt avant de revenir à la SNRJ comme prévu à 13H. A la maison d’arrêt , l’objectif visé est celui de vérifier les informations que nous avons reçues à notre siège concernant les mauvais traitements et la torture infligée à deux prisonnières notamment : Iatcho  al hadji Haroun et Sidonie Ramadan. Cela sur ordre du Régisseur.

Arrivés à la maison d’arrêt, là aussi, nous avions été accueillis par des gendarmes peu disposés à nous rendre service. Un gendarme qui pourrait s’appeler Idriss et ses collègues ont marqué leur hostilité face à l’autorisation délivrée par le Directeur de l’Administration Pénitentiaire.
Néanmoins, nous avons été introduis au quartier spécial des femmes ou nous avons rencontré Mlle Sidonie. Iatcho quant à elle, était absente pour une audience la concernant au palais de justice.

Nous avons pu discuter avec Sidonie au sujet de la torture dont elle a été victime  avec Iatcho sur ordre du Régisseur.  A l’origine, une dispute entre les deux détenues Iatcho et Sidonie.
Informé, le régisseur M. Akia a ordonné qu’on leur administre chacune 60 coups.

C’est ainsi que les deux prisonnières ont été passées à tabac par les gendarmes  Issaka, Djimé, Adoum et Mahamoud. Ces gendarmes ont utilisé une nouvelle méthode de torture qui consiste à arroser la victime de l’eau avant de la frapper et l’arroser encore après l’avoir fouettée. Cette méthode cruelle provoque une vive douleur qui persiste même après les coups de fouet. Sidonie que nous avons rencontrée a des plaies non encore cicatrisées aux cuisses, au dos, aux bras etc.
L’enquête n’étant pas clôturée à cause de l’absence de Iatcho Al hadji Haroun et d’autres informations concernant le harcèlement sexuel dont sont victimes les détenues et les mesures discriminatoires qui ont cours au quartier spécial des femme, nous avons décidé d’envoyer le lendemain de ce jour Mme Yasmine Mahamat Nour.

Mme Yasmine Mahamat Nour s’est présentée à la maison d’arrêt ce jour, 26 avril tôt le matin pour rencontrer Iatcho et en même approfondir nos recherches sur le harcèlement sexuel dont les femmes sont victimes. Elle comme nous, avait été indisposée par les mêmes gendarmes qui ont tenté de lui barrer la route. Le Régisseur lui même leur donnait coup de main dans leur manœuvre.

C’est après des vas et viens entre le bureau du régisseur et le quartier spécial des femmes que Mme Yasmine a pu enfin avoir accès aux femmes. Elle a pu ainsi rencontré Iatcho et plusieurs femmes détenues de la maison d’arrêt.  Toutes ont confirmé les tortures infligées à Sidonie et Iatcho. En plus, toutes ont été unanimes pour dire qu’il y a  une discrimination grave au  quartier spécial des femmes entre les détenues. Les Nordistes sont séparées des Sudistes. Malheureux témoignage. Et, c’est dans le camp des détenues ressortissantes du Nord que le régisseur et certains gendarmes viennent chaque jour choisir leur proie. Celle qui résiste est d’abord fouettée et est privée d’un mois de visites. C’est à dire qu’aucune personne externe qu’elle soit parent ou amis n’est permise pendant cette période de visiter cette détenue récalcitrante. En plus, Les femmes favorites du régisseur et des gendarmes reçoivent de nombreuses visites et peuvent bénéficier des permissions pour sortir de la maison d’arrêt comme elles veulent.

Leurs visiteurs paient aux gendarmes une somme de 500 Cfa soit environ 1 dollar. Les femmes l’autre bloc qui n’ont pas la faveur des responsables de la maison d’arrêt sont obligées de rester tranquilles et ceux ou celles qui veulent les visiter sont obligés de payer 1000Frs cfa soit environ 2 dollars US (Tout cela n’est prévu par aucun texte et n’est qu’une pure extorsion de fonds). Du coté des détenus hommes, une discussion avec quelques détenus nous a permis de savoir et de le déplorer ensemble avec eux une fois encore l’existence de cette administration interne (Cour d’Appel) dirigée par Hissein Borgo, membre de l’ethnie au pouvoir qui défie l’autorité du régisseur et de l’ensemble du personnel de cette maison d’arrêt. Cette administration interne parallèle de cette maison d’arrêt dispose du droit de vie et de mort sur les autres prisonniers.  Dirigée par Le président de la cour d’appel qui est un  prisonnier volontaire continue à maltraiter les autres prisonniers et à les rançonner. C’est ainsi que cette administration interne rançonne les prisonniers et impose même des frais d’enregistrement pour les nouveaux détenus. Celle-ci favoriserait même les évasions des prisonniers contre une forme somme.

Après la maison d’arrêt, nous sommes revenus à la SNRJ. Ainsi, nous avons pu rencontrer Les deux mis en cause  notamment Bouba Mahamat et Tessingar Ngamnadji. A propos de Tessingar Ngamnadji, pêcheur, a été arrêté sur ordre du Général Roissingar avec la complicité du Commandant Asnal. Le commanditaire de cette détention arbitraire étant présent, nous a indisposés par quelques mots et lui avons simplement répondu que nous ne sommes pas venu voir le général Roissingar mais la SNRJ.

Ainsi, selon Tessingar séquestré à la SNRJ depuis le 24 mars 2005, tout est parti d’une dispute entre ma mère,  sœur cadette du général et moi a t-il dit. Cela, au sujet de la concession de mon défunt père sise au quartier moursal à N’Djamena.

Tessingar poursuit son récit en disant « je suis pêcheur en dehors de N’Djamena et ai appris que ma mère voulait vendre la concession de notre père et suis venu et m’en était opposé. Ce que ma mère n’a pas partagé. C’est donc ce qui a suscité sa colère et celle de son frère le général »

Le Général Roissingar avec qui nous avons eu de longues discussions téléphoniques 2 jours avant notre visite à la SNRJ soutient le contraire. Pour lui, c’est plutôt Tessingar qui veut vendre la concession et sa mère s’est opposée ; ce dernier lui a proféré des menaces de mort. Comme il a voulu tuer sa mère, nous l’avons amené ici. Il ne sortira d’ici que lorsqu’il aura demandé pardon à sa mère nous a déclaré M. Roissingar.

Le Cdt Asnal, soutenant M. Roissingar, ajoute que c’est un déserteur de l’armée qu’on a retrouvé, nous attendons une occasion sure pour le réintégrer et l’amener donc au Nord du Tchad. (pourtant, l ‘armée tchadienne est pléthorique et le gouvernement encourage la démobilisation et l’envoyer au Nord dans ces conditions nous semble dangereux pour la vie de Tessingar)

Au sujet de la détention de Tessingar, nous avons posé au Cdt Asnal la question de savoir si la SNRJ a compétence pour détenir les citoyens ; à cette question, notre interlocuteur a manqué de précisons.

A propos de Bouba Mahamat (Il ne parle que sa langue maternelle le Foulfouldé) avec qui nous avons pu discuter, il ressort que ce dernier a été arrêté à Guelendeng où il a d’abord été détenu pendant 10 dix jours avant d’être transféré à la SNRJ. Selon ses décomptes, il serait arrêté autour du 03 mars 2005 et serait transféré à la SNRJ le 13 du même mois alors que la SNRJ ne l’a enregistré que le 22 mars 2005. La victime, toujours selon ses propres décomptes a déjà passé 42 jours de séquestration à la date du 25 avril.

Interrogé sur le motif de sa détention, la victime nous dit qu’elle ignore  le motif de sa détention. Le cdt Asnal quant à lui soutient que Bouba Mahamat est mêlé aux activités des coupeurs de route donc une association des malfaiteurs.

M. Bouba déclare qu’il n’y a jamais eu de tel dans ma vie et si vous aussi vous ne me croyez pas donner moi le coran, je vais jurer devant vous a t-il dit (Bien entendu, notre travail à ce niveau vise à contester devant le juge la légalité de ces deux détentions sans jugement et dans un lieu autre que la maison d’arrêt)

M. Bouba comme tous les autres séquestrés de la SNRJ se nourrissent grâce à la solidarité entre les prisonniers, la SNRJ ne peut disposer des ressources à cet effet car détenir les citoyens n’est pas dans ses attributions.

Pour ce qui concerne Ouangbara Tidjaoubé, le Cdt Asnal nous a déclaré qu’ils ont reçu des consignes précises, il est interdit de contact avec l’extérieur, c’est un détenu dangereux. C’est un récidiviste falsificateur des billets de banque et des papiers administratifs qu’ont a transféré de la maison d’arrêt pour la SNRJ. Pourquoi vous l’avez enchaîné ? Le cdt Asnal nous a dit que c’est un prisonnier dangereux pour qui des consignes précises ont été données. Nous suivons ces consignes ; de qui viennent ces consignes?

Après la discussion avec ces détenus, nous avons rediscuté avec le Cdt Asnal en lui posant quelques questions sur la SNRJ. En somme, ces deux visites de la SNRJ et celle de la maison d’arrêt nous ont permis d’avoir une idée de ces deux institutions.

1)    Ce que nous pensons de la maison d’arrêt de N’djamena.

La maison d’arrêt de N’Djamena est très mal gérée. Les prisonniers ne sont pas bien nourris malgré les efforts du gouvernement que nous reconnaissons. En plus de ces efforts, des mesures conséquentes doivent être prises pour que ce qui appartient à la maison reviennent effectivement aux prisonniers et à l’ensemble des prisonniers. Le régisseur placé à la tête de cette institution semble ne pas avoir de l’autorité réelle sur la maison d’arrêt qui est plutôt gérée par Hissein Borgo, «  président de la Cour d’appel » membre de l’ethnie du Président de la République.

Notre organisation pense que toutes ces choses sont entretenues et soutenues de l’extérieur et fragilisent même le régisseur quel qu’il soit et malgré sa bonne volonté. Le pouvoir même du Directeur de l’administration pénitentiaire semble aussi limité. Il n’y a pas des médecins affectés au service de la maison d’arrêt.

En plus, nous condamnons vivement le passage à tabac de Sidonie et de Iatcho pour lequel nous exprimons notre envie de nous constituer partie civile dans un meilleur délai.

2)    Ce que nous pensons de la SNRJ

La SNRJ est créée pour effectuer des recherches concernant les grands banditismes et la grande criminalité. Elle agit normalement sous l’ordre du parquet général. Elle n’a normalement aucune compétence pour recevoir les plaintes et se transformer ainsi en un tribunal. Actuellement, la SNRJ non seulement reçois les plaintes mais aussi juge et prononce  des fortes amendes. Elle arrête et détient assez souvent pour une longue durée  une longue durée les citoyens sans défense. Les affaires civiles sont souvent et expressément confondues aux pénales. Les mis en causes sont par exemple détenus pour les affaires de remboursement de dot,  de succession, de prêt etc..

Le refus de répondre aux convocations pour ceux qui veulent résister est sévèrement punis d’emprisonnement et d’amende alors que selon la loi tchadienne, dans ce cas c’est le parquet qui est habileté à apprécier et sanctionner si nécessaire. La SNRJ se soumet très difficilement aux juges qui sont normalement leurs supérieurs hiérarchiques.

Conclusion

Nous pensons que la SNRJ par le comportement de certains responsables se dévie gravement de jour en jour de ces attributions statutaires et commet quotidiennement des actes attentatoires aux libertés publiques et autres abus dangereux.

Tous les jours, cette institution reçois un nombre important des plaintes au détriment du tribunal de première instance de N’djamena et des justices de paix créées dans des arrondissements de la capitale.

C’est pourquoi, nous exhortons les Ministères de la Justice et de la Défense de prendre des dispositions concrètes en vue d’arrêter cette déviation qui risque d’être un précédent fâcheux.

En plus, il y a lieu de recommander l’accélération des procédures devant les tribunaux car, certains justiciables préfèrent la SNRJ pour ses solutions immédiates ( même si cela est au détriment du droit de l’autre partie)

Quant à la maison d’arrêt, nous encourageons le ministère  de la justice à dissoudre l’administration interne de la maison d’arrêt.

Enfin, nous exhortons le ministère de la justice à prendre à l’encontre du régisseur de la maison d’arrêt de N’Djamena des sanctions disciplinaires et administratives sévères pour ses abus sur les prisonnières.

Les autres articles de la rubrique Dossier

GRAND REPORTAGE: Cas Habré, le suspens continue… Par Makaila Nguebla  
GRAND REPORTAGE: 1ère conférence de Presse de la COSEHAB Par Makaila Nguebla
GRAND REPORTAGE: CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UA Par Kebir M.
Dossier:  « Portrait d’Idriss Déby, ses atouts et ses faiblesses » Par Djondang Enoch
Dossier: « Le culte du pétrole » Par Caman Bédaou Oumar
 Des bruits de bottes dans l’Est du Tchad qui empêchent le pouvoir MPS de dormir. Par Mohamed KEBIR
 Journal Ialtchad Presse, film d’un sabotage orchestré. Par Bakary Mana Bello
 Les Tchadiens du Cameroun 1e partie  «Quand l’eldorado se transforme en cauchemar» Par Bétoubam Mbaïnaye
Les Tchadiens du Cameroun 2e partie  « Ils sont entreprenants » Par Bétoubam Mbaïnaye
Les Tchadiens du Cameroun 3e partie : Commandant Tchatcho ou Judas de « l’autre côté » Par Bétoubam Mbaïnaye
Rapport des visites de la maison d’Arrêt de N’Djamena et de la SNRJ (
N’Djamena les 25 et 26 avril 2005). Par DHSF
Une conférence de l’opposition Tchadienne à Paris qui dérange le pouvoir de N'djamena Par Mohamed KEBIR 
Affaire Habré: le dossier s'alourdit.  (Jeune Afrique- L'Intelligent du 20 au 28 novembre 2001)

Affaire « NOTRE TEMPS-Dame Hadje Billy » : un piège à cons ? Enoch DJONDANG 
CONFLITS ARMÉS EN AFRIQUE : CLASSIFICATION, CAUSES, ALTERNATIVES Par Jean-Prosper BOULADA
Situation politique au Soudan, au Tchad et éclairages de la situation dans le Darfour Par Jean-Prosper BOULADA
QUI EST LE GÉNÉRAL FRANÇOIS BOZIZE ? Quotidien centrafricain Le CITOYEN
La crise de l’énergie dans les années à venir SOUMAINE TAGUINA 
VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME  AU TCHAD: SITUATION 2003 Par Droits de l'Homme Sans Frontière
Projet de recherche sur les identités Des peuples du bassin tchadien Par BE-RAMMAJ  MIARO-II
Pratique de l'anesthésie au Tchad en 2001: Situation actuelle et perspectives d'amélioration Par Gad SECKA ASSINA


Le pays | Constitution | Assemblée | Gouvernement | Opposition | Tourisme | Art & Culture | Musique | Sports | Cuisine | Images du Tchad
Éditorial | Actualité | Interview | Forums | Salon d'entreprises | Emploi | Annonces | Sahibi | Poésie | Livre d'or | Archives | Groupe ialtchad