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Regard sur l' économie |
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Regard
sur l'économie...
«
CEMAC : le bloc économique
régional en difficulté pour atteindre l'idéal du marché unique
»
Par Ramadan Lona Ouaïdou
Article
paru le 30 juillet 2008 - Ialtchad
Presse |
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«
CEMAC : le bloc économique régional en
difficulté pour
atteindre l'idéal du marché unique
»
La tendance à l'intégration économique entre les nations a commencé
depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce mouvement observé
résulte en partie à de changements technologiques et de considérations
géopolitiques.
Etant donné la sensibilité du thème, l'analyse portera en grande partie
sur les obstacles que la CEMAC rencontre à notre avis pour la mise en
œuvre des normes établies par les pays membres.
Pour la petite histoire,
rappelons que « la CEMAC» est née de la volonté des
Gouvernements de six Etats Membres de l'ancienne UDEAC (Cameroun,
Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad). Le 16 mars 1994,
est la date de la ratification à N'DJAMENA au TCHAD du traité instituant
la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC).
En effet, dans le cadre de cette Communauté, les Gouvernements des Etats
membres ont réaffirmé leur attachement aux principes de liberté et de
démocratie et se sont engagés à :
- Développer ensemble toutes les ressources humaines et naturelles de
leurs Etats pour le bien être de leurs peuples dans tous les domaines.
- donner une impulsion nouvelle et décisive au processus d'intégration
en Afrique Centrale par une harmonisation accrue des politiques et des
législations de leurs Etats.
- assurer la convergence des performances de leurs politiques
économiques au moyen du dispositif de la surveillance multilatérale
etc.» Source : CEMAC
Comme en témoigne cette brève historique et les initiatives qui en ont
découlé, le processus d'unification sous-régionale (union monétaire,
Marché commun, coordination des politiques économiques, Politique
agricole commune, harmonisation fiscale, etc.) est un projet de grande
envergure. La 9ème session de la conférence des Chefs d'Etat et de
Gouvernement des pays membres de la Communauté économique et monétaire
d'Afrique centrale (CEMAC) tenue à Yaoundé du 24 au 25 juin 2008, a
beaucoup intrigué quant à la beauté des résolutions à court, moyen et
long termes d'une part, et à l'incompréhension de son retard quant au
décollage proprement dit du processus d’intégration en Afrique Centrale,
d’autre part !
À priori, quand on analyse
la CEMAC, on remarque tout de suite, une idéologie presque inspirée de
l’ancienne UDEAC mais avec une différence que la CEMAC est plus modérée
et inclusive. Bref, une différence qui reste toujours marquée sur
les discours et écrits alors que la priorité demeure l’atteinte d'un
marché commun en Afrique Centrale. C'est à dire une zone dans laquelle
il n'y aurait ni impôts ni quotas sur les Biens et Services traversant
les frontières des pays membres de l'union.
Toutefois, on est en droit
de se demander vraiment ce qui retarde la CEMAC à prendre son envol en
dépit de nombreuses et bonnes résolutions prises depuis sa création ?
L'intégration économique au
sein d’une institution comme la CEMAC implique la coopération des pays
membres sur un large éventail de politiques économiques et sociales.
Ceux-ci doivent se mettre d'accord sur des questions clés : comme le
niveau d'un tarif extérieur commun, le soutien des prix agricoles, les
politiques industrielles concernant par exemple le montant des
subventions qu'il convient d'accorder aux secteurs en déclin ou la façon
dont il faut traiter les monopoles. Toutes ces politiques doivent
également être coordonnées aussi bien au niveau des institutions de la
CEMAC que des États membres.
Plusieurs facteurs entravent
le décollage de la CEMAC. Cependant, à notre humble avis, trois facteurs
majeurs pourraient expliquer les difficultés que confronte aujourd’hui
cette institution sous-régionale :
1 - Les crises politiques et militaires que certains pays membres comme
le Tchad, sont victimes. L’instabilité politique au sein d’un pays
membre contraint en général les autres pays à attendre, elle est la
source de plusieurs reports dans la mise en œuvre des politiques
adoptées. Les échéances sont de moins en moins respectées.
2 - La seconde question concerne la répartition des bénéfices de la
coopération. Les ressources des Etats membres de la CEMAC ne sont pas
égales. Les différents accords bénéficient plus à certains pays que
d'autres. Cela pousse certains Etats à s’ouvrir moins dans l’application
des politiques qui peuvent les lésées. Une façon de sécuriser des
intérêts vitaux.
3 - Le troisième facteur et le plus sensible est le transfert de
souveraineté des gouvernements nationaux, une question propre aux
institutions interétatiques. Les décisions au sein de la CEMAC
concernent tous les Etats membres, elles nécessitent au préalable un
transfert de compétences des Etats vers l’institution. Il reste que les
Etats sont moins enclins à s’adonner à des pratiques les empêchant à
gouverner de manière indépendante. Une explication avancée par divers
spécialistes de la sous-région pour interpréter l’écart incompressible
entre l’adoption des politiques et la mise en œuvre de ces dernières.
Dans ce contexte aussi complexe, si un pays estime que ses gains
seraient minimes ou même qu'il subirait des pertes, même si pour
d'autres membres les bénéfices sont importants, il peut donc tenter
d'influencer la politique commune afin d'obtenir un meilleur résultat. A
défaut, c’est tout une panoplie de pirouettes que ce pays adopte pour
retarder l’application d’une mesure de la CEMAC.
L’avenir nous renseignera
plus sur ce retard et nous aurons plus de précisions par rapport aux
trois difficultés du décollage.
Ramadan Lona Ouaïdou
Ialtchad presse
Email pour commentaires : ouaidou@nb.sympatico.ca
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