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Malédiction
tchadienne
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Donc, la guerre s’est installée. Deux rezzous en 2 ans sur la
capitale tchadienne, N’Djamena. Le premier en avril 2006. Le second en
février 2008. Ce deuxième raid est la preuve que la démocratie de façade
de Deby Itno est un échec. Les seigneurs de guerre (chefs rebelles) préparent
l’alternance au bout du pistolet-mitrailleur. Le grand seigneur de
guerre (le président tchadien), lui, prépare sa présidence à vie à
coups de canons. Pour lui comme pour les rebelles, la population ne
compte pas. Le pays ne compte pas. Les institutions, agonisantes, ne
comptent pas. Bref, il n’y plus de pays. Il y a juste un champ de
guerre de
1 284 000 km
. Une aubaine pour ces baroudeurs. Il n’y aura jamais de paix tant
qu’un seigneur de guerre en chasse un autre. C’est ça la malédiction
tchadienne.
Le raid rebelle de février passé sur N’Djamena doit inciter les
tchadiens à se mobiliser pour stopper cette spirale de violences. La
violence ne cessera jamais si les tchadiens ne se mettent pas en
mouvement. Nos pères, nos mères ont subi les atrocités de l’exil.
Plusieurs générations de Tchadiens se souviennent encore de
l’horrible phase de leur vie sous les arbres à Kousseri (ville
frontalière camerounaise). Ils se rappellent encore de la promiscuité
déshumanisante dans laquelle ils ont vécu. Des humiliations qu’ils
ont accepté, à l’époque. Aujourd’hui, c’est autour de leurs
enfants de revivre la même chose. Un destin qu’une minorité de
personnes a choisi d’imposer à la majorité. Inacceptable.
De la démocratie de façade, les Tchadiens se réveillent,
aujourd’hui, avec une dictature sur les bras. Qui l’eu crût! il y a
17 ans. Deby Itno a eu toutes les chances de réussir. Mais il a fermé
toutes les portes, les unes après les autres. Il a préféré faire
confiance à son clan en instaurant une "clanocratie" épouvantable. Le résultat
est sans appel : un pays en faillite et des seigneurs de guerre
plus ambitieux que jamais. Tous,
la Klachinkov
en bandoulière, ambitionnent de diriger le Tchad. Et de s’accrocher
au pouvoir à tous les prix. Sentant le pouvoir lui glisser entre les
mains, le président tchadien s’est lancé dans une vaste répression.
Il a franchi les limites de l’acceptable.
D’abord, en arrêtant les 3 chefs des partis politiques : Lol
Choua, Yorongar Ngarlejy et Ibni
Oumar Mht Saleh. Des hommes inoffensifs qui ont eu le tort de croire en
sa démocratie. Si la disparution de Ibni Oumar, se confirme dans les
prochains jours, le Tchad aura perdu un brillant esprit. C’est à
la France
, à son ministre français des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner
d’expliquer le crime.
Ensuite, en affirmant vouloir gracier les membres de l’Arche de Zoé
pendant que les Tchadiens pleuraient leurs morts, le président Deby
Itno a manqué de jugement. Dans une attitude cavalière il a affirmé
que 6 français en prison, ça ne lui donne rien. Il n’a donc pas
compris que le verdict rendu sur cette affaire n’a rien à voir avec
lui. Mais plutôt avec des actes criminels. Cette sortie laisse
l’impression qu’en échange de la survie de son régime, il va
gracier, dans les jours avenirs, des criminels sur le dos des 103
enfants tchadiens et de leurs parents. Par cet acte, il confirmera que
la Justice
nègre, chez un roi nègre n’est pas Justice.
Enfin, dans ce conflit entre seigneurs de guerre,
la France
doit choisir son camp. Celui de la population. Il faut qu’elle arrête
de cautionner et de surarmer Deby Itno. Il faut qu’elle fasse des
pressions sur lui pour une plus grande ouverture politique et un réel
partage du pouvoir. Il faut qu’elle prenne langue avec les rebelles.
Sinon elle en portera la responsabilité de cette guerre. Et du coup,
l’Histoire retiendra et Jugera qu’elle est la mère nourricière de
cette malédiction tchadienne.
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