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  Editorial 

 
Et demain ialtchad...
Éditorial du 4 mars 2008
 
    « Malédiction tchadienne »  Par Bello Bakary

Grands débats, enjeux de société, voici les sujets traités 
en éditorial sur Ialtchad Presse


                           
                                «
Malédiction tchadienne »

Donc, la guerre s’est installée. Deux rezzous en 2 ans sur la capitale tchadienne, N’Djamena. Le premier en avril 2006. Le second en février 2008. Ce deuxième raid est la preuve que la démocratie de façade de Deby Itno est un échec. Les seigneurs de guerre (chefs rebelles) préparent l’alternance au bout du pistolet-mitrailleur. Le grand seigneur de guerre (le président tchadien), lui, prépare sa présidence à vie à coups de canons. Pour lui comme pour les rebelles, la population ne compte pas. Le pays ne compte pas. Les institutions, agonisantes, ne comptent pas. Bref, il n’y plus de pays. Il y a juste un champ de guerre de 1 284 000 km . Une aubaine pour ces baroudeurs. Il n’y aura jamais de paix tant qu’un seigneur de guerre en chasse un autre. C’est ça la malédiction tchadienne.

Le raid rebelle de février passé sur N’Djamena doit inciter les tchadiens à se mobiliser pour stopper cette spirale de violences. La violence ne cessera jamais si les tchadiens ne se mettent pas en mouvement. Nos pères, nos mères ont subi les atrocités de l’exil. Plusieurs générations de Tchadiens se souviennent encore de l’horrible phase de leur vie sous les arbres à Kousseri (ville frontalière camerounaise). Ils se rappellent encore de la promiscuité déshumanisante dans laquelle ils ont vécu. Des humiliations qu’ils ont accepté, à l’époque. Aujourd’hui, c’est autour de leurs enfants de revivre la même chose. Un destin qu’une minorité de personnes a choisi d’imposer à la majorité. Inacceptable.

De la démocratie de façade, les Tchadiens se réveillent, aujourd’hui, avec une dictature sur les bras. Qui l’eu crût! il y a 17 ans. Deby Itno a eu toutes les chances de réussir. Mais il a fermé toutes les portes, les unes après les autres. Il a préféré faire confiance à son clan en instaurant une "clanocratie" épouvantable. Le résultat est sans appel : un pays en faillite et des seigneurs de guerre plus ambitieux que jamais. Tous, la Klachinkov en bandoulière, ambitionnent de diriger le Tchad. Et de s’accrocher au pouvoir à tous les prix. Sentant le pouvoir lui glisser entre les mains, le président tchadien s’est lancé dans une vaste répression. Il a franchi les limites de l’acceptable.

D’abord, en arrêtant les 3 chefs des partis politiques : Lol Choua, Yorongar Ngarlejy et  Ibni Oumar Mht Saleh. Des hommes inoffensifs qui ont eu le tort de croire en sa démocratie. Si la disparution de Ibni Oumar, se confirme dans les prochains jours, le Tchad aura perdu un brillant esprit. C’est à la France , à son ministre français des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner d’expliquer le crime.

Ensuite, en affirmant vouloir gracier les membres de l’Arche de Zoé pendant que les Tchadiens pleuraient leurs morts, le président Deby Itno a manqué de jugement. Dans une attitude cavalière il a affirmé que 6 français en prison, ça ne lui donne rien. Il n’a donc pas compris que le verdict rendu sur cette affaire n’a rien à voir avec lui. Mais plutôt avec des actes criminels. Cette sortie laisse l’impression qu’en échange de la survie de son régime, il va gracier, dans les jours avenirs, des criminels sur le dos des 103 enfants tchadiens et de leurs parents. Par cet acte, il confirmera que la Justice nègre, chez un roi nègre n’est pas Justice.

Enfin, dans ce conflit entre seigneurs de guerre, la France doit choisir son camp. Celui de la population. Il faut qu’elle arrête de cautionner et de surarmer Deby Itno. Il faut qu’elle fasse des pressions sur lui pour une plus grande ouverture politique et un réel partage du pouvoir. Il faut qu’elle prenne langue avec les rebelles. Sinon elle en portera la responsabilité de cette guerre. Et du coup, l’Histoire retiendra et Jugera qu’elle est la mère nourricière de cette malédiction tchadienne.

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Par Bello Bakary

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