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  Editorial 

 
Et demain ialtchad...

Éditorial du 03 janvier 2005
« 2004, des rendez-vous manqués. »
Par Hamid Kodi Moussa

Grands débats, enjeux de société, voici les sujets traités 
en éditorial sur Ialtchad Presse


« 2004, des rendez-vous manqués. »

Deux mille quatre (2004) a été une année du crucifix de l’alternance démocratique au Tchad. Et pour cause la modification de la Constitution pour un 3ème mandat du président Deby. Elle a également été celle du nébuleux coup d’Etat manqué et de la déception du projet pétrolier de Doba. Mais aussi, une année où la guerre au Darfour soudanais a eu des répercussions politiques et humanitaires au Tchad. Bref, 2004 a été celui des rendez-vous manqués.

L’alternance démocratique n’est pas pour demain
Premier rendez-vous manqué en 2004 est celui de voir l’alternance démocratique s’éloigné de l’horizon tchadien. Le président Deby renie sa promesse de se retirer à la fin de son second mandat. Et il n’a pas tardé à prendre les moyens de se maintenir au pouvoir. Ainsi, le 26 mai 2004, l’Assemblée nationale a adopté le principe de la modification de la Constitution du 31 mars 1996. L’un des points majeurs de cette révision est la levée de la limitation du mandat présidentiel. Un autre point fait débat à présent. C’est le référendum qui doit sanctionner ce rendez-vous manqué.
 
Ce referendum ne sera qu’un plébiscite, puisque le régime MPS (Mouvement Patriotique du Salut) a toujours gagné les élections passées sans une véritable assise populaire.
Modifier une constitution pour les caprices d’une seule personnelle, fut-elle, chef d’État, relève « d’un plat ventrisme » outrageant. L’alternance démocratique reste la seule porte du Salut. Elle vient d’être verrouillée par le MPS.

Le coup d’Etat du 16 mai
Deuxièmes rendez-vous manqué. Mais celui des putschistes. Ce coup d’État raté du 16 mai 2004 a marqué l’actualité. Si plusieurs Tchadiens (nes) pensent que c’est un coup d’État fictif; beaucoup croient qu’il a bel et bien eu lieu. Chose sûre, des proches du régime ont été cité comme auteurs et commanditaires sans être inquiétés. Quelque temps après, des changements ont été opérés à la tête de l’armée, dans le cabinet du président Deby et au sein de certaines directions des affaires publiques. C’est donc l’heure des repositionnements et des recompositions des alliances. 2005 risque d’être l’année des surprises…

Darfour a mobilisé le Tchad
Historiquement issu des différends entre éleveurs dits arabes et paysans fours, le conflit au Darfour touche aussi d’autres communautés vivant à cheval entre le Tchad et le Soudan. Ce conflit a fait plus d’un million de déplacés dont la moitié a trouvé refuge au Tchad. Cette désolante situation n’a pas empêché le régime de N’djamena à s’adonner à des obscures manipulations au nom de la paix. Pour preuve, les récentes dénonciations des rebelles soudanais. Troisième rendez-vous manqué, là aussi, car les autorités tchadiennes ont prouvé à la communauté internationale qu’ils étaient inaptes d’aider à la résolution du conflit. Non pas par incapacités mais par le rôle qu’ils se sont attribué. Celui du pyromane et du pompier.

Pour le reste, 2004 s’est clôturé par un appel à la réconciliation nationale et d’autres promesses du président Idriss Deby. Une vieille symphonie qui n’impressionne pas les Tchadiens (nes).

Et les Tchadiens dans tout cela?
A travers ce capharnaüm d’actualités, le sentiment des tchadiens est celui d’une lassitude générale et d’une profonde déception. Le quatrième rendez-vous est aussi manqué. Celui de la manne pétrolière. Car ils ont appris de la bouche du 1er des Tchadiens que le pétrole a déçu les attentes. Bref, il faut donc tourner la page de ce mirage et donner raison à ceux qui tiraient les sonnettes d’alarmes dès le début du projet.

Les Tchadiens ont pris la mesure de cette sortie de leur président. Ils ont d’autres préoccupations : tirer leurs marrons de la misère tchadienne. Une indigence allègrement cultivée. Elle ne semble gêner guère ces princes milliardaires, flagorneurs et mafieux. Espérons qu’en 2005 la situation de ces millions de Tchadiens (nes) démunis, vulnérables, presque abandonnés s’améliore. Que soit résolu les difficultés d’approvisionnement en eau et en électricité des N’djamenois et des autres habitants des villes et des campagnes tchadiennes!  

Enfin, espérons que 2005 soit l’année du Triomphe de l’Espoir. Celui de vivre un jour dans un État de droit où les responsables se préoccupent du Bien Être de leurs concitoyens. Un jour peut-être! C’est possible, voilà l’essentiel.

Bonne et heureuse année 2005.

Par Hamid Kodi Moussa

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