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2004,
des rendez-vous manqués.
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Deux
mille quatre (2004) a
été une année du crucifix de l’alternance démocratique au
Tchad. Et pour cause la modification de la Constitution pour un 3ème
mandat du président Deby. Elle a également été celle du
nébuleux coup d’Etat manqué et de la déception du projet pétrolier
de Doba. Mais aussi, une année où la guerre au Darfour soudanais a eu
des répercussions politiques et humanitaires au Tchad. Bref, 2004 a été
celui des rendez-vous manqués.
L’alternance démocratique n’est pas pour demain
Premier rendez-vous manqué en 2004 est celui de
voir l’alternance démocratique s’éloigné de l’horizon tchadien. Le
président Deby renie sa promesse de se retirer à la fin de son second
mandat. Et il n’a pas tardé à prendre les moyens de se maintenir au
pouvoir. Ainsi, le 26 mai 2004,
l’Assemblée nationale a adopté le principe de la modification de la
Constitution du 31 mars 1996. L’un des points majeurs de cette révision
est la levée de la limitation du mandat présidentiel.
Un autre point fait débat à présent. C’est le référendum qui doit
sanctionner ce rendez-vous manqué.
Ce referendum ne sera qu’un plébiscite, puisque le régime MPS
(Mouvement Patriotique du Salut) a toujours gagné les élections passées
sans une véritable assise populaire.
Modifier une constitution pour les caprices d’une seule personnelle,
fut-elle, chef d’État, relève « d’un plat ventrisme »
outrageant. L’alternance démocratique reste la seule porte du Salut.
Elle vient d’être verrouillée par le MPS.
Le coup d’Etat du 16 mai
Deuxièmes rendez-vous manqué. Mais celui des putschistes. Ce coup
d’État raté du 16 mai 2004 a marqué l’actualité. Si plusieurs
Tchadiens (nes) pensent que c’est un coup d’État fictif; beaucoup
croient qu’il a bel et bien eu lieu. Chose sûre, des proches du régime
ont été cité comme auteurs et commanditaires sans être inquiétés.
Quelque temps après, des changements ont été opérés à la tête de
l’armée, dans le cabinet du président Deby et au sein de certaines
directions des affaires publiques. C’est donc l’heure des
repositionnements et des recompositions des alliances. 2005 risque d’être
l’année des surprises…
Darfour a mobilisé le Tchad
Historiquement issu des différends entre éleveurs dits arabes et
paysans fours, le conflit au Darfour touche aussi d’autres
communautés vivant à cheval entre le Tchad et le Soudan. Ce conflit a
fait plus d’un million de déplacés dont la moitié a trouvé refuge
au Tchad. Cette désolante situation n’a pas empêché le régime de
N’djamena à s’adonner à des obscures manipulations au nom de la
paix. Pour preuve, les récentes dénonciations des rebelles soudanais.
Troisième rendez-vous manqué, là aussi, car les autorités
tchadiennes ont prouvé à la communauté internationale qu’ils étaient
inaptes d’aider à la résolution du conflit. Non pas par incapacités
mais par le rôle qu’ils se sont attribué. Celui du pyromane et du
pompier.
Pour le reste, 2004 s’est clôturé par un appel à la réconciliation
nationale et d’autres promesses du président Idriss Deby. Une vieille
symphonie qui n’impressionne pas les Tchadiens (nes).
Et les Tchadiens dans tout cela?
A travers ce capharnaüm d’actualités, le sentiment des
tchadiens est celui d’une lassitude générale et d’une profonde déception.
Le quatrième rendez-vous est aussi manqué. Celui de la manne pétrolière.
Car ils ont appris de la bouche du 1er des Tchadiens que le pétrole
a déçu les attentes. Bref, il faut donc tourner la page de ce mirage
et donner raison à ceux qui tiraient les sonnettes d’alarmes dès le début
du projet.
Les
Tchadiens ont pris la mesure de cette sortie de leur président. Ils ont
d’autres préoccupations : tirer leurs marrons de la misère
tchadienne. Une indigence allègrement cultivée. Elle ne semble gêner
guère ces princes milliardaires, flagorneurs et mafieux. Espérons
qu’en 2005 la situation de ces millions de Tchadiens (nes) démunis,
vulnérables, presque abandonnés s’améliore. Que soit résolu les
difficultés d’approvisionnement en eau et en électricité des
N’djamenois et des autres habitants des villes et des campagnes
tchadiennes!
Enfin, espérons que 2005 soit l’année du Triomphe de l’Espoir.
Celui de vivre un jour dans un État de droit où les responsables se préoccupent
du Bien Être de leurs concitoyens. Un jour peut-être! C’est
possible, voilà l’essentiel.
Bonne et heureuse année 2005.
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