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Darfour :
Et s’il y avait une main tchadienne!
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La
situation au Darfour est préoccupante. Elle est humainement
catastrophique et politiquement déconcertante. L’Est tchadien est
envahi, débordé par l’afflux massif des populations innocentes,
victimes d’une guerre
menée par deux mouvements : le Mouvement pour la justice et
l’égalité (MJE) et le Mouvement de libération du Soudan (MLS). Ce
conflit dont peut-être, les ramifications se trouvent au Palais rose a
fait jusqu’à présent 3.000 morts et plus de 100.000 réfugiés. Plus
grave encore, cette fâcherie porte tous les risques d’un débordement
au Tchad avec des conséquences incalculables. Alors, y a t-il une main
tchadienne ? Ou disons le brutalement, une main debyenne ? Si oui
qu’est ce qui la motive ?
En effet, la guerre qui se déroule au Darfour est complexe. Pour les
Tchadiens, cette région est le sanctuaire qui a vu naître et grandir
presque toutes les rébellions tchadiennes. Du Frolinat, en passant par
ses succédanés FAP, FAN, CDR, GUNT, le régime Habré et son rejeton,
le MPS donc Deby. Ce dernier connaît bien ce terroir pour avoir été
hier acteur à la conquête du pouvoir; et surtout d’avoir réussi à
partir de cette contrée à se hisser à la Magistrature Suprême. Une
fois président, Deby s’en méfie. Parce que cette zone à pour
habitude d’être hostile aux princes tchadiens. Les alliances y sont
versatiles, fragiles et subtiles. Elles se noient et se dénoient au gré
de la bourse du plus offrant ou du flair du plus habile. Sur ce patelin
bâtir des alliances est un sport qui exige beaucoup d’acrobaties.
Deby étant virtuose en la matière, il semble s’y plaire à
merveille. Donc, il n’est pas exclu que ce drame porte sa signature ou
sa caution. Objectif inavoué : mieux contrôler les pactes et les
manœuvrer à son avantage. La main du Palais rose y ait t-elle ? Fort
probablement oui!
Pour prouver le contraire, il faudra répondre aux interrogations
suivantes : Qui fournit armes et matériels à cette rébellion ?
Comment se ravitaille t-elle ? Où se trouve sa base arrière ? Le
gouvernement soudanais affirme avoir bouté hors du Soudan cette rébellion.
Où a t-elle trouvée refuge? Des
questions-indices. Des questions-réponses. A chacun(e) sa réponse!
De ces interrogations qui précèdent, la thèse incriminant Deby et sa
clique est donc soutenable. Elle serait motivée par un double objectif.
D’une part forcer le régime soudanais à exercer un contrôle sur
cette région afin de diminuer les chances de succès d’une éventuelle
rébellion tchadienne; et d’autre part signifier à Khartoum que le
protégé d’hier peut désormais être aussi le protecteur. Deby ne
veut prendre aucun risque qui puisse mettre en péril son pouvoir. Après
avoir chassé Ange F.Patassé au Sud, neutralisé Kadhafi et
le MDJT au Nord, il fallait trouver un antidote à l’encombrant
voisin de l’Est. Seule solution, fomenter et alimenter une rébellion
de toutes pièces. Ainsi, le Soudan devra compter et composer avec lui,
soit pour négocier avec cette rébellion, soit pour marchander son anéantissement.
Deby jouera alors le rôle qu’il affectionne et maîtrise à la
perfection. Celui du pyromane et du pompier.
Un autre indice, pas le moindre est le comportement ambigu des
responsables tchadiens. Hier médiateurs bavards, aujourd’hui
observateurs muets déployant en catimini quelque deux cent cinquante
soldats tchadiens dans cette région. Pour y faire quoi ? Mystère! Car
rien ne filtre pour l’instant. Mieux encore, ils sont devenus sourds même
lorsque l’aviation soudanaise a bombardé jeudi 29 janvier la localité
de Tiné-Tchad tuant deux civils tchadiens et blessant quinze autres. 48
heures de silence traduit l’inquiétude du régime tchadien face aux
tournures des événements. La riposte soudanaise est trop forte et les
conséquences sont lourdement ressenties à N’djamena.
Toutefois, après deux jours de silence, voici le béni-oui-oui ministre
des affaires étrangères Nagoum Yamassoum montant au créneau et
soutenant que les bombardements du 29 janvier dernier en territoire
tchadien était un incident et non un acte délibéré. Comprennent qui
vaudront bien comprendre. Sauf que la sortie n’est pas passée inaperçue;
car, le chef de la diplomatie tchadienne tenu jusqu’à présent à
l’écart des négociations refait surface! Connaît-il ce dossier ?
Pas sûr! Il fallait dire quelque chose. Parler pour parler et Nagoum
est tout désigné. Alors que s’était Abdramane Moussa qui était le
médiateur.
Que le gouvernement tchadien se calfeutre quelques jours dans le silence
n’est pas en soi étonnant lorsqu’on connaît ses agissements!
Mais ce qui est troublant, c’est le silence de l’opposition
officielle et politico-militaire. Elle a manqué une fois de plus de
jouer son rôle. Celui d’éclairer les Tchadiens sur la situation au
Darfour et sur ses ramifications au Palais rose. Pourtant elle doit en
savoir quelque chose, elle qui infeste notre quotidien par ses communiqués
insipides et fantaisistes. Voilà qu’il y a un drame dont le Tchad
n’est peut-être pas innocent mais elle ne trouve rien à dire.
Personne à part le FNTR n’a osé dénoncer cette catastrophe et les
possibles implications tchadiennes. Où sont passés les CAD, CNR, MDJT,
FAR, PLD, UNDR, FUDP, CEMAP/dd, CEPAL etc. Ils parleront peut-être
un bon matin. Trop tard, trop peu!
Enfin, dans ce conflit, un retournement de situation contre le Palais
rose n’est pas à exclure. Surtout si on réfléchit sur les
supputations politico-ethniques qui ont marqué les pseudo-révolutions
tchadiennes et les alliances de circonstance qui les ont conduit au
pouvoir. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, ces mêmes combines
ont causé leur perte. C’est peut-être le début de la fin de ce régime
en perdition avec la complicité des guerriers « Djin-djawid »
(milice arabe soudanaise). Pourquoi pas! Et, ce régime apprendra
tardivement qu’il n’est pas bon de traîner sa main partout.
D’aller fouiner chez les autres, de leur créer des problèmes, de
s’amuser avec la vie de leur pays après avoir immolé sur la place
publique l’âme de sa propre patrie. Décidément ces écrues n’ont
rien compris. Une main à l’Est est une main de trop!
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