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  Focus-Akhbar


Bello Bakary, Ialtchad Presse

Focus-Akhbar:
« Incarcéré puis expulsé vers le Sénégal
 pour délit d’opinion
»

Par Bello Bakary
Article paru le 30 mai  2005 - Ialtchad Presse


« Incarcéré puis expulsé vers le Sénégal pour délit d’opinion »


Makaila Nguebla

Makaila Nguebla, connu sous le surnom de MK, étudiant tchadien en Tunisie depuis 5 ans a été arrêté le 05 mai 2005 à 10h:00, heure de Tunis. De connivence avec l’Agence Nationale de Sécurité (ANS), la police tunisienne a procédé à l’arrestation de M. Nguebla au moment où ce dernier était venu déposer comme d’habitude sa demande de carte de séjours. La raison invoquée par les responsables tunisiens pour arrêter, incarcérer et expulser Makaila Nguebla est le fait qu’il intervienne sur les enjeux du Tchad à travers ses articles publiés sur Ialtchad Presse. Cela semble déplaire royalement aux princes tchadiens. « C'est 
de l'arbitraire. Je possède déjà le récépissé attestant ma situation régulière en Tunisie » clame t-il.

Depuis l’interdiction du journal Ialtchad au pays, les hautes autorités tchadiennes tentent par tous les moyens d’intimider et de menacer les journalistes de Ialtchad Presse. Maikala Nguebla est une victime innocente de l'arbitraire incarné par le régime du Mouvement Patriotique du Salut (MPS).

 « Les conditions de mon arrestation ont été brutales. J'ai été embarqué dans un fourgon de la police où la température ambiante atteignait 50 degrés. Après avoir été brutalisé puis conduit à la direction de la police des frontières, les autorités tunisiennes me font comprendre qu'elles me feront rapatrier vers mon pays. Aucune chance ne m'a été donnée de recourir au service d'un avocat. Moins encore à une aide juridique » déclare Maikaila.

Il décrit avec émotion l’endroit où il a été détenu « la caserne militaire où j’ai été emprisonné à non seulement des murs très élevés. Mais elle est aussi entourée des fils barbelés et des chiens policiers féroces veillant au grain » Dépité par ce qui lui arrive, il soutient avec courage «  j'ai été traité comme un criminel et diabolisé. J’ai subi des heures d’interrogatoires traumatisantes. J'ai eu l'impression d'être à Guantanamo. C'était cruelle. Car je ne méritais pas un tel traitement pour avoir donner mon opinion sur un certain nombre de sujets qui concerne le destin de mon pays »

Makaila Nguebla a eu la vie sauve grâce une amie française enseignante à Tunis. Ému et sous le choc, il raconte la gorge serrée « Je l'ai appelée de mon portable aussitôt après mon arrestation » Cette amie s'est présentée au poste de police et voulait savoir les raisons de l’arrestation de Makaila mais la police tunisienne a refusé de le lui dire. Elle a aussitôt alerté sa sœur Bénédicte Picquart qui vit à Lyon (France). Mme Picquart a à son tour immédiatement saisi la section de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) de Lyon. Heureuse coïncidence, cette section de la LDH de Lyon est présidée par  M. Abdel-Aziz AGOUBI, lui-même opposant tunisien au régime du président Ben Ali. Il a vite alerté les organisations de défense des droits humains. Celles-ci ont intercédée rapidement auprès des autorités tunisiennes leur expliquant les démêlées de Makaila Nguebla avec le régime tchadien. Et qu'il est hors de question d’expulser notre compatriote vers le Tchad où l’ANS l’attendait de pied ferme et où sa vie serait en danger.
(voir le document attestant l’intervention de M. Abdel-Aziz Agoubi en bas de page).

Après des fortes pressions des ONG, les autorités tunisiennes sont revenues sur leur décision de livrer Makaila Nguebla aux autorités tchadiennes. Toutefois, elles exigent de l’extrader vers un pays tiers. « Ils m’ont demandé vers quelle destination je souhaiterais partir. Dans la précipitation je leur ai dit le Sénégal. Car il était urgent pour moi de quitter la prison tunisienne connue pour ses conditions déplorables. Ainsi, j’ai été conduis par la police à l'ambassade du Sénégal. J'ai eu le soutien de l'ambassadeur du Sénégal qui a aussitôt compris mes inquiétudes et craintes. Le Sénégal m'a accordé un visa d'entrée. Je considère cela comme le triomphe de la justice sur l'arbitraire. Je suis arrivé à Dakar le10 Mai 2005 »

 M. Nguebla signale aussi que depuis un certain temps à Tunis, la présence des ressortissants tchadiens agents de l’ANS en provenance de la Libye s’est accrue. Il ignore cependant la raison de leur présence dans la capitale tunisienne. Il faut dire que plusieurs personnes proche du régime tchadien reprochaient à Makaila ses opinions.

Aussitôt arrivé à Dakar, Makaila a saisi la RADDHO (Rencontre africaine pour la défense de droits de l'Homme) dont le secrétaire est ALIOUN TINE. Notre compatriote témoignera des abus dont il a été victime à la RADDHO. Apparemment cette organisation n’est pas au courant des violations des droits de l’Homme sous le régime du MPS et du drame tchadien soutient M. Nguebla. Parti du Tchad pour étudier en Tunisie, contraint par l’arbitraire à l’exile, Makaila Nguebla n’est nullement découragé. Il avoue être plus que jamais motivé à écrire pour dénoncer l’inacceptable. Et le journalisme, un journalisme de combat est pour lui la seule façon de mettre à nu l’arbitraire, l’injustice, la corruption du régime MPS.


Par Bello Bakary
Ialtchad Presse


Villefranche sur Saône (France)

J’ai été contacte par des étudiants étrangers en Tunisie qui m’ont alerté sur le cas de Mr MAKAILA NGUEBLA qui résidait en Tunisie depuis 5 ans et y faisait des études.
Il a écrit des articles dans la presse sur le respect des Droits de l’Homme au Tchad son pays d’origine.
Il à été arrêté par la police Tunisienne le 5mai 2005, à Tunis, qui voulait, le renvoyer dans son pays au Tchad, ou il risque d’être arrête dès son arrivée et maltraité.
On avait demandé aux ONG Internationales d’intervenir auprès des autorités Tunisiennes  pour qu’il ne soit pas renvoyé au Tchad ou sa vie serait en danger, mais qu’on lui laisse le choix d’un pays d’accueil. Il a choisi le Sénégal.
 De mon côté, en tant que Président de la Ligue des Droits de L’HOMME à Villefranche sur Saône, je suis intervenu auprès des autorités Tunisiennes pour intercéder en sa faveur, d’autant plus que je suis responsable régional des dossiers concernant les Droits de l’Homme en Tunisie.

Le 24 mai 2005
Le Président

AGOUBI Abdelaziz 

53, Rue des fossées  69400 Villefranche sur Saône  ( France) Tel (0033) 67 7 31 77 39Mail : calade_ldh@yhoo.fr


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