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  Focus-Akhbar

Focus-Akhbar:
« La seconde bataille de N’Djamena »
Par Bello Bakary
Le 11 février 2008 - Ialtchad Presse



Quelques jours après l'échec de l’incursion (furtive) des rebelles tchadiens sur N'Djaména, capitale tchadienne, voici un certains nombres d’éléments pour mieux comprendre cet événement, et mieux interpréter l'engagement de la France.

Camouflage rebelle

Mercredi 30 janvier au petit matin, une colonne rebelle est repérée par l'aviation française. Il est question de 300 véhicules (Toyota pick-up), transportant plus de 2000 hommes (estimation). Cette colonne rebelle a contourné par le sud la grande ville de l’Est, Abéché, pour se scinder en  plusieurs petits groupes. Profitant du couvert végétal, les rebelles se cachent jusqu’ à la petite bourgade de Chadara à quelques centaines de kilomètres de N’Djamena. Ils bivouaquent à cet endroit. Et font de cette ville leur QG, momentanément. Jeudi 31 au soir, l'aviation française les perd de vue. Vendredi 1er au matin, ils sont retracés mais ils sont à un jet de pierre de N’Djamena : à Massaguet, ville à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de la capitale. Aussitôt informé, le président Déby Itno, à la tête de son armée va à leur rencontre. C’est la grande bataille de Massaguet.

Défaite, exfiltration, refus

L’Armée Nationale tchadienne (ANT) a subi une grande défaite à Massaguet. La principale cause de cette défaite a été la trahison des proches du président au profit des rebelles et la mort du chef d'état-major de l’ANT, Daoud Soumaine, lors des combats. La France via ses forces, le Commandement des opérations spéciales françaises (COS), a proposé au soldat Deby Itno l’exfiltration. Ce dernier refuse. Il se barricade à la présidence en s’assurant l’appui de l’armée française. Pris de court, les autorités françaises prennent contact avec les rebelles. Et demandent à ceux-ci un répit  de 24 heures pour évacuer leurs ressortissants. C'est le tournant de cette bataille. Le lendemain, N’djaména était presque totalement aux mains des rebelles.

Supériorité matérielle de l’ANT

Samedi 2 et  1er dimanche, deux attaques rebelles tentent de briser la ligne défensive autour de la présidence. C’est l’occasion pour les forces du président Déby de mettre en marche leur supériorité matérielle. Elles ont utilisé 3 hélicoptères de combat et des chars T 55 (soviétiques) des AML-60 ou 90 de Panhard. En face, les rebelles ne peuvent supporter ce déluge de feu. Ils ne disposent, eux, que des 4x4 (Toyota pick-up) des armes légères, des mitrailleuses 14,5 et des lance-roquettes antichars RPG7. De plus, ils n'avaient pas de ravitaillement. Les troupes sont fatiguées après plus de 1000 km et de 3 jours sans repos. Le président Deby fort de la volonté française de tenir l'aéroport tient bon..
C'est aussi par cette brèche stratégique de l'aéroport que la France le ravitaille en munitions en provenance de la Libye. Mieux, selon le journal La Croix, l’armée française a même pris part aux combats. Une information que plusieurs sources militaires tchadiennes confirment.

Repli ou défaite rebelle?

La France a soutenu à bout des bras le président Déby Itno. Elle a : sécurisé  l'aéroport, fourni des renseignements, du soutien logistique (essence, santé, munitions...). L’ANT dit avoir anéanti les rebelles et le reste est en débandade. Les rebelles, eux, disent s’être repliés, dans un premier temps, autour de N'Djaména pour ne pas exposer les civiles aux bombardements. Mais aussi pour se mettre à l’abri de la portée des hélicoptères gouvernementaux. Aux dernières nouvelles, ils ont fait route vers le centre du pays avant d’être rejoints par des renforts dirigés par Tahir Guinassou. Ensemble, ils ont occupé pour 24h la ville de Mongo, à 400 km de la capitale. Des sources proches des rebelles disent que, ceux-ci, n’ont pas l’intention de retourner à la frontières Est. Au moment de publier ce papier, ils annoncent avoir pris la ville d’Am-timan au Sud-est. Et que les dispositifs militaires français les surveillent. Une nouvelle attaque est-elle en préparation ? Est-ce que la capitale est encore leur cible ? Est-ce que c’est la fin ? Rien n’est sûr. Pour l’instant, N’Djamena est sous couvre-feu. Certains dirigeants de l’opposition démocratique sont toujours aux arrêts. Des leaders de la Société civile vivent cachés.
 La population, elle, vit dans la peur. Et redoute des nouvelles violences.

Bakary Mana Bello


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