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Focus-Akhbar |
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Focus-Akhbar:
«
Les frustrations anticipées d'un haut
responsable de la CPDC »
Par
Lyadish Ahmed
Le
3 septembre 2007 - Ialtchad
Presse |
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« Les frustrations anticipées d'un
haut responsable de la CPDC »
Par
Lyadish
Ahmed
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L’alternance
politique par voie démocratique est-elle envisageable pour 2011
ou restera-t-elle un simple fantasme pour ceux qui n’auraient encore rien compris
à la nature du régime Deby ? Tout
est possible serait la réponse à cette interrogation.
C’est en tout cas ce que semble croire un haut responsable
politique, de surcroît signataire de l’accord du 13 août 2007
avec qui,
on
a eu un entretien ce jour en tête-à-tête.
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Dans
cet entretien qui a duré près de 2 heures, cet homme politique
important, a tenu à garder l’anonymat et refusé toute
interview. Il est revenu sur les « circons- tances
exceptionnelles » qui auraient conduit
la Coordination
des Partis politi- ques pour
la Défense
de
la Constitution
(CPDC) à accepter de négocier un accord politique séparé avec le
régime de N’Djamena. Cependant, c’est son sentiment sur la mise
en œuvre future de l’accord qui retient l’attention. Attention,
si vous êtes allergique à la prise du pouvoir par les armes. Et si
vous pensez que l'alternance politique devra se faire par voie démocratique,
arrêtez-vous là. Les propos qui vont suivre ne sont pas à porter
à toutes les oreilles.
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Il faut
faire
plus court que d’habitude, mais tous les mots sont chargés de
sens, venant d’un homme politique qui semble avoir perdu tout
espoir de changement mais qui affirme continuer à « travailler
pour le Tchad ».
L’on
sait qu’en 2011, si Idriss Deby est encore en vie (
la Constitution
elle-même envisage le décès du Président de
la République. Qu
’on ne voit donc pas dans ma phrase, un souhait de voir mourir
Deby avant la fin de son « mandat » en cours), il se
présentera à sa succession à la tête de l’État.
Le déverrouillage de la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels
n’a pas été fait pour la beauté du geste. Or, si notre illustre
interlocuteur politique reconnaît que les mécanismes prévus par
l’accord du 13 août 2007 pour le recensement des électeurs ainsi
que les conditions de déroulement des échéances électorales à
venir (2009 et 2011) sont susceptibles de réduire les possibilités
de fraudes, il ne se fait en revanche aucune illusion sur l’éventualité
de voir Deby accepter de remettre le pouvoir au candidat qui aura
gagné la présidentielle de 2011. À la question de savoir pourquoi
le Chef de l’État n’acceptera-t-il pas sa défaite si elle était
établie et validée par les instances électorales, l’homme
politique, façonné aux méthodes du Frolinat au sein duquel il
avoue avoir milité, lâche d’un ton sec : « l’alternance
politique au Tchad se fait par la voie des armes ». Cette
réponse a suscité immanquablement la question que l’on se serait
tous posé devant un tel aveu : pourquoi, sachant que Deby
n’acceptera jamais le verdict des urnes, ne pas opter pour la
solution des armes au lieu de négocier un accord politique qui
ne sera finalement pas appliqué ? Les responsables politiques
tchadiens sont habitués aux raisonnements circulaires ; notre
interlocuteur leur fait honneur en répondant à cette question par
un simple détour : « la signature de cet accord est un
acte qui s’inscrit dans la dynamique de lutte politique ».
Autrement dit, Deby sera Président à vie face à une opposition démocratique
qui restera comme telle à vie. C’est cela la dynamique qui
perdure depuis 17 ans.
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Cet
aveu d’impuissance face à un homme qui détient tous les pouvoirs
politiques, militaires et financiers du pays, ne fournit-il
pas un argument de plus à tous ceux qui, ayant collaboré avec Deby
et construit son régime, affirment aujourd’hui que ce personnage
ne comprend que «le langage des armes » ?
Pourtant, ici aussi, si notre interlocuteur reconnaît aux
politico-militaires une part de vérité, il reste néanmoins
sceptique quant à la volonté de ceux-ci de vouloir renverser
Idriss Deby pour les prétendues raisons de bonne gouvernance démocratique
et de moralisation financière. Les leaders politico-militaires
n’ont aucune perspective pour le Tchad, affirme notre homme
politique. En auraient-ils un brin ? « Ils se seraient
unis pour défendre les valeurs proclamées » lâche-t-il
d’un air philosophique. Car, « la pluralité des
mouvements armés qui refusent de fusionner afin de désigner un
seul porte-parole, témoigne de la distance entre ce qu’ils prétendent
vouloir faire et ce qu’ils feront réellement lorsqu’ils auront
le pouvoir » semble vouloir laisser entendre notre
opposant démocratique. Nous convînmes qu’étant donné que la
plupart de ceux qui ont pris les armes l’aurait certainement fait
pour des vils motifs, l’arrivée au pouvoir d’un
politico-militaire ne fera qu’empirer la situation actuelle, déjà
très grave. Mais
Deby lui-même est un politico-militaire. Son Ministre de la défense
est aussi un politico-militaire. Plusieurs de ses conseillers le
sont également. Devant ce parterre d’hommes politiques
puissamment armés, réfléchir sur une alternance par voie démocratique
au Tchad revient ni plus ni moins qu’à discuter du sexe des
anges. Faut-il pour autant renoncer à tout espoir de changement
politique par voie démocratique au Tchad ? L’accord
du 13 août 2007 prévoit, faut-il le rappeler, que les partis de
la CPDC
signataires de l’accord participeraient à la gestion de la chose
publique, notamment en participant au Gouvernement
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On
avait pensé que cette perspective ouvrirait la voie à une saine
administration de la politique dans notre pays. Mais il semble que
l’on doive déchanter, car « c’est Deby qui décide de
ce que les ministres doivent faire ou ne doivent pas faire ».
L’éventualité d’un Gouvernement influent composé des membres
de
la CPDC
serait donc une chimère. Mieux, si Idriss Deby envisage nommer un
membre de
la CPDC
comme Premier Ministre, « ce ne sera pas moi, car il sait
très bien qu’entre nous deux le courant ne passe pas et que je
claquerai la porte 48 heures après ma nomination », présage
notre fameux interlocuteur, qui semble là également ne se faire
aucune illusion quant à la bonne foi politique du chef de l’État.
Même la perspective d’une opposition équilibrée au sein de
l’Assemblée nationale ne l’enthousiasme guère. On retrouve
ainsi la fréquente contradiction entre les objectifs politiques de
notre opposant et l’attitude défaitiste qu’il adopte face à ce
qu’il semble considérer comme une fatalité. On aurait pourtant
aimé voir tous les poids lourds de l’opposition démocratique siéger
à partir de 2009, à l’Assemblée nationale, « lieu où
[dans toute république] s’exprime la démocratie ». À
moins peut-être de nourrir discrètement des ambitions
politico-militaires. Ce
que d’ailleurs ne semble pas dissimuler notre interlocuteur qui,
écartant toute option militaire personnelle, ne croît pas moins
que « si la situation créée par Deby perdure, il faut
s’attendre à voir des départs massifs en rébellion des cadres
politiques dans les années avenir ».
En
somme, selon notre interlocuteur, Idriss Deby ne quitterait jamais
le pouvoir par voie démocratique. La présence des membres de
la CPDC
au Gouvernement ne changera rien à la nature et aux pratiques désastreuses
du régime de N’Djamena. La présence de tous les leaders
politiques à l’Assemblée nationale renforcerait seulement la légitimité
du chef de l’État qui, nul ne le conteste, souhaite passer au
pouvoir autant de temps que Bongo, c’est-à-dire toute sa vie.
Ce qui n’inciterait pas certains leaders à se présenter aux législatives
de 2009. Pourtant, le pouvoir à vie n’est pas le propre de Bongo
même si ce dernier passe pour être l’ancêtre des autocrates
africains. Tous les chefs d’États de
la CEMAC
ainsi que nos voisins Libyen et Soudanais ne semblent guère déterminés
à quitter le pouvoir par voie démocratique. Même par solidarité
entre richissimes autocrates, Deby ne fera autrement. Finalement, la
solution armée, si elle est l’œuvre d’hommes politiques qui
souhaitent porter notre pays au rang des nations civilisées, ne
doit-elle pas être envisagée et encouragée ? Tel semble en
tout cas le souhait de notre fameux opposant. Ce serait néanmoins
un recul dans la façon de penser la démocratie au pays de Toumai.
Mais a-t-on jamais avancé en quoi que ce soit au Tchad ? Bien
sûr : dans la perte de repère, la corruption, l’immoralité.
Bref, dans le vice, et c’est mondialement attesté. Et, les armes
au pouvoir ainsi que les armes pour le pouvoir renforceront ce vice.
Les leaders démocratiques se doivent d’inscrire leur combat dans
la durée. Comme l’a si bien dit un de mes collègues, le MPS
mourra avec son Président. La démocratie naîtra peut-être ce
jour. Peut-être !
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Lyadish
Ahmed,
Ialtchad
Presse
Cet article est
également publié sur mon blog
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