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Focus-Akhbar |
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Focus-Akhbar:
«
Le renard et les maquisards
»
Par
Bello Mana Bakary
Le
28 mai 2007 - Ialtchad
Presse |
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« Le renard et les maquisards »
Par
Bello Mana Bakary
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C’est
pour l’instant l’accalmie depuis un certain temps à l’Est
du Tchad. Un calme qui s’expli-
que par une fragile confiance qui règne du côté gouvernemental
et des déchirements qui sévissent chez les rebelles.
Deby Itno se renforce
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Des
sources diplomatiques à N’djamena, affirment que le pré- sident
Idriss Deby Itno est en voie de prendre définitivement le
dessus sur les rebelles de l’Est. Ce qui lui permet de se
rapprocher d'une victoire militaire. D’après plusieurs observa-
teurs, la combinaison de 4 éléments serait à l'origine de cela : la ruse du président, le temps qui a joué contrôle
les rebelles, les défections et contre-défections qui sèment la méfiance
au maquis et
l'appui, désormais, moins enthousiaste du président soudanais Oumar
Elbechir aux rebelles.
Pourtant
au début, Deby Itno disait que cette rébellion était
« une aventure sans lendemain ». Mais à ce moment là,
cette déclaration avait résonné comme un cri de détresse.
Aujourd’hui, plusieurs diplomates lui donne raison. Et soutiennent
que les rebelles, par leur attitude, ont validé cette affirmation. |
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Donc
le renard a tout sous contrôle. Il s’est puissamment renforcé en
armes de toutes sortes, en hommes de toutes les provenances, même
des militaires retraités sont rappelés. Les pétrodollars servent aussi à cela.
L’argent est le nerf de la guerre. Une vieille sagesse que le
soldat Deby Itno a bien retenu. Des largesses sont accordées en
vrac. Ce qui compte, c'est le résultat, laisse entendre un proche
du président. De mémoire de Tchadien, pas de comparaisons. Avant,
lorsqu’il s’agissait d’une rébellion, il est question de
courage, d'audace, de quelques Kalachnikov, d’une centaine voitures Toyota
et c’est joué! Aujourd’hui, c’est une autre histoire. Le
renard le sait bien. La puissance de feu qu'il s'est constituée est de
loin supérieure à celle des rebelles. Des chars rapides AML,
des hélicoptères à infra rouges pilotés par des étrangers etc.
Rien n'est oublié. « Les rebelles n’ont pas la capacité de faire face à une
telle armada », soutient une source militaire française.
A
N’djamena, des officiers américains forment la garde prétorienne,
pour dit-on, lutter contre le terrorisme. On comprend pourquoi le président
tchadien
a qualifié les rebelles de tête de pont d’un mouvement
islamiste qui veut faire du Tchad, un État islamique. Et le
contingent français de l’opération Épervier dans tout cela? Il
renseigne à la minute près les troupes gouvernementales des
positions rebelles. La méthode militaire moderne veut que pour
gagner une guerre, il faut remporter la bataille du renseignement et
des communications. C'est dans la poche pour Deby Itno. De plus, il
n’a pas renoncé à la vielle méthode qui consiste a avoir des
antennes partout. Il les a dans le milieu politique soudanais et au
cœur même des états majors des rebelles. Ce qui lui permet,
chaque jour, de se rapprocher un peu plus de la victoire.
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Les
rebelles s'entre-déchirent
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Selon
plusieurs sources proches de rebelles tchadiens, rien ne va plus
chez ces derniers. Incapables de faire l’unité,
chaque faction, en plus de se déchirer avec les autres
tendances, se chicanent entre eux. La dernière en date
concerne l’Union
des Forces pour
la Démocratie
et le Développement (UFDD) du général Mahamat Nouri.
La tête intellectuelle du mouvement et ancien vice-président, Acheikh
Ibn Oumar a quitté et vient de former son propre mouvement, l’UFDD-fondamentale.
Selon certaines sources, Acheikh n’a pas apprécié être
rétrogradé
de son poste de vice président de l’UFDD et remplacé par
Adouma Hassaballah, très peu connu des Tchadiens. Autre épine sous
le pied de l’UFDD, ce qu’on accuse ce mouvement rebelle d’être
rien de moins qu’une rébellion Gorane animée par un seul mobile :
le retour des Goranes au pouvoir. C’est pourquoi, la nouvelle
direction est majoritairement composée des Goranes. On
y retrouve même Gihini Korei, neveu et ancien chef de la police secrète
de l’ex-président Hissein Habré. La dernière défection de
Tahir Guinassou n’aide pas, non plus, à dissocier l’UFDD du régime
Habré. |
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Chez
la faction des frères Erdimi, ce n’est pas non plus jojo! Ce
mouvement a changé de nom trois fois, en l’espace d’environ
deux ans et demi d’existence. D’abord le Scud (Socle pour le
Changement, l’Unité et
la Démocratie
), ensuite le RaFD (Rassemblement des Forces Démocratiques) et
enfin le RFC (Rassemblement des Forces du Changement). C’est un
signe que quelque chose tourne mal. Plusieurs sources affirment que
l’empêcheur de tourner en rond au RFC était Yaya Dillo. Celui-là
même qui dirigea le Scud avant de le céder à son oncle Timane
Erdimi. Soupçonné d'être en contact avec le régime tchadien et de vouloir se rallier, il a été,
d’après des sources rebelles, mis aux arrêts et livré aux
autorités soudanaises. Il croupirait quelque part dans une prison
au Soudan. Cette épisode a semé discordes et défections. « Les
frères Erdimi croyaient l’avoir facile. Mais ils se sont
royalement trompés », lance sur un ton moqueur un haut
responsable militaire Zaghawa, un fidèle du président tchadien.
Dans
le camp de la Concorde
Nationale
du Tchad (CNT) de Hassan Eldjinedji, ç’est aussi la dissension
qui règne. Mahamad Amine Ben Barka et Mahamat Nour Salah,
considérés comme les «intellos»
débarquent de ce mouvement et
forment un
autre groupe, la Concorde
Nationale
pour le Progrès et le Redressement (CPR). Le tonitruant Ahmat
Hassaballah Soubiane, ex-ambassadeur aux Etats-Unis, lui, embarque dans
la CNT. La
dernière défaite de Amdjirima a causé d’énormes difficultés
aux hommes de El-djinedji. Et au-delà, aucune des factions rebelles
n’a réussi à s’imposer, ni à remporter une victoire
décisive. Plusieurs spécialistes ne donnent
aucune chance aux maquisards de marcher sur N’djamena. Tant et
aussi longtemps qu’ils n’auront pas la bénédictions des
chancelleries occidentales. D’après ces mêmes sources, une seule
alternative leur reste: s’imposer sur au moins une
partie du territoire, pour imposer l’ouverture d’un dialogue
large qu’il n’ont cessé de réclamer. « Mais le Tchad
est un pays à part, les rebelles peuvent, malgré leurs dissensions,
causer des surprises », laisse tomber un diplomate, sous le
sceau de l'anonymat, pour dire
que tout reste possible.
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Bello Mana Bakary
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