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Focus-Akhbar |
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Focus-Akhbar:
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Les damnés de l’Afrique
centrale et d’ailleurs »
Par
Bétoubam Mbaïnaye
Article
paru le 17 janvier 2004 - Ialtchad
Presse |
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«
Les
damnés de l’Afrique centrale et d’ailleurs
»
Qu’importe
ce que diront les pharisiens, les xénophobes et autres patriotes de bas
étage. Qu’importe s’ils nous collent l’étiquette de boutefeu, ou
nous trouvent de ressemblance avec les idéologues du “Protocole des
Sages de Sion”. L’essentiel pour nous, en tout cas, c’est que les
tracasseries, l’humiliation que vivent les ressortissants du Tchad ces
dernières années à travers les États de l’Afrique centrale, sont
irrésistiblement choquantes, provocantes même. Et il faut tout de
suite dire brutalement les choses: le mariage des peuples au sein des
six États de l’Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo,
Gabon, Guinée-Equatoriale, Tchad), est une coquille vide ! Leur
communautarisme économique, un pur vernis éthique du plus bel effet !
Et rien, pas même les discours profondément lénifiants d’un
inamovible Bongo, d’un léthargique Biya ou d’un rigolo Déby,
n’autorisent à affirmer qu’un Kaba de Goré au Sud du Tchad peut se
croire en sécurité au milieu d’autres Kaba de Paoua au Nord du
Centrafrique. Pas plus qu’un Baya de la RCA peut s’estimer être en
famille au milieu de ses cousins Baya du Mont Mandara au Cameroun.
Partout
en Afrique centrale – sauf, inch Allah, à l’esplanade du
mont Tibesti - la haine est ambiante, la xénophobie rampante.
L’expulsion sans bagage, fin décembre 2003, d’une centaine de
Tchadiens du Gabon; le renvoi de plus d’une centaine d’autres de la
Guinée-Equatoriale au cours de ce mois de janvier 2004; l’activisme
de la police camerounaise à traquer les ressortissants tchadiens, comme
des bêtes féroces, à travers les villes du Cameroun; la haine bleue
qui anime les anciens milices Nindja de Bernard Koléla, ancien maire de
Brazzaville, et les Cocoye de l’ex-président Pascal Lissouba, à l’égard
des Tchadiens du Congo; la sourde rancune des anciens mutins du
Centrafrique contre tout ce qui est tchadien, caricaturent cruellement
une triste évidence: les Tchadiens, dans la sous-région de l’Afrique
centrale, sont assimilés à la source de tous les malheurs de la création.
Et, de ce fait, sont régulièrement victimes de pires exactions.
Exactions qui se passent, curieusement loin des micros et des caméras
des “grands médias”. Et c’est pour cette raison qu’on est obligé
de crier deux fois plus fort, avec la certitude – bien attendu –
qu’on se serait pas toujours entendu... Mais alors, à qui la faute?
La
faute d’abord aux régimes
qui se sont succédés au pouvoir au Tchad et qui ont fait de la
brutalité et de la discrimination leurs règles de gouvernement.
Obligeant ainsi des milliers de paisibles citoyens à quitter le pays,
abandonnant derrière eux leur cadre de vie naturel, leur famille, leur
gagne-pain et les fruits de leur dur labeur, pour végéter à l’étranger.
Mais
la faute revient surtout au nuisible Déby. Qui semble s’être
donné pour mission de “caporaliser tous ses pairs de la sous-régions”,
devenant le noeud gordien de tous les conflits latents ou manifestes en
Afrique centrale. Après avoir “aidé” avec succès son copain
Sassou Nguesso à ravir le pouvoir à Pascal Lissouba en 1996, Déby se
rendra tristement célèbre par la suite en RCA et au Congo Démocratique,
tandis que la presse fait état, il y a quelques semaines, de son appui
à la rébellion du Darfour qui menace les bases du régime islamique de
Khartoum. Inexorablement, la communauté tchadienne des divers pays où
Déby souffle sur les braises, vivent quotidiennement sous la loi
talionnienne de “A fils d’un ennemi, l’inimité !”
La
faute revient aussi aux institutions internationales,
comme la Croix rouge internationale, le Haut commissariat des nations
unies pour les réfugiés et l’Organisation internationale pour les
migrations, qui se sourcillent rarement du calvaire des Tchadiens de
l’étranger, sauf s’il s’agit pour eux d’accorder des avis négatif
à leurs sollicitations.
La
faute revient également aux médias internationaux
sur la plage desquelles, la galère des Tchadiens de la diaspora n’a
pas de place.
La
faute revient, enfin, aux Tchadiens eux-mêmes; au Tchadiens tant de
l’intérieur que de l’extérieur,
dont la peur, la politique du ventre et pour le ventre, et
surtout la propension à l’alcool inhibe tout sens de combat pour un réel
changement politique au Tchad. Pour que cessent toutes les causes qui
poussent des milliers de Tchadiens à s’expatrier et devenir les
parias, les damnés de l’Afrique centrale et d’ailleurs.
Par
Bétoubam Mbaïnaye
Ialtchad
Presse
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