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Focus-Akhbar |
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Focus-Akhbar:
«
Le MDJT ou le terrorisme subversif »
Par
Bétoubam Mbaïnaye
Article
paru le 22 mars 2004 - Ialtchad
Presse |
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« Le MDJT
ou le terrorisme subversif »
C’est un énigme
qui rappelle un scénario à l’israélienne, plus précisément à la
logique d’un Ariel Sharon, le chef de l’Exécutif hébreux, qui,
pour marquer et pérenniser son ancrage dans la zone d’influence de
Washington, traite de « terroriste » tout ce qui échappe à son contrôle.
Comme Ariel Sharon et ses sinistres faucons du Tsahal (armée) et du
Mossad (espionnage), dans leur morbide propension à voir du terrorisme
partout où leur faculté de nuisance est mise à l’épreuve, Idriss Déby
et sa bande de « chimères » insinuent depuis quelques jours que le
Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) est désormais
un « mouvement terroriste », du fait que les combattants du mouvement
« composent » avec les islamistes algériens du Groupe salafiste de prédication
et de combat (GSPC), organisation qui figure en bonne place sur la liste
noire de Washington.
Et comme les
mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, Washington, dans sa
hantise quasi-ontologique du mot terrorisme - à la mode chez les chefs
d’Etat voyous qui s’ignorent tels - s’est empressé de bénir le
triste régime en place à N’Djaména, tout en fournissant une aide
massive à la légion armée qui, depuis 14 ans tient le Tchad et les
tchadiens dans une pénitence sans merci.
Pour ceux
qui ne sont pas en phase avec l’actualité, il faut bien rappeler que
le 10 mars dernier, le gouvernement tchadien avait annoncé qu’une
colonne de combattants salafistes lourdement armés et décidés à
rallier la rébellion du MDJT, a été interceptée par les forces
gouvernementales dans la localité du Tibesti, au nord du Tchad.
Toujours selon le régime de N’Djaména, ce combat aurait permis aux
loyalistes d’infliger de lourdes pertes au GSPC : 43 islamistes
auraient été tués; neuf d'entre eux seraient Algériens, le reste
venant du Nigeria, du Niger et du Mali. Dix-huit autres avaient été
blessés et arrêtés, parmi lesquels, un jeune toubou, présenté comme
élément de la rébellion du MDJT.
Mais dans ce
combat qui s’est déroulé pratiquement sans témoin et dont N’Djaména
n’a jusque-là pas encore fourni les preuves de son déroulement
effectif - le MDJT, dans son démenti des faits, a parlé de « combat
imaginaire » - il est permis de s’interroger : à quel dessein le
MDJT se prostituerait-il de l’islamisme ou du terrorisme, qui portent
tous les ingrédients susceptibles de saper sa crédibilité et sa
respectabilité ? Qui des médias ou des observateurs indépendants se
sont rendus sur le terrain pour constater l’effectivité de l’événement
? Pourquoi la fameuse « connexion » entre le MDJT et le GSPC a été découverte
juste au moment où Moussa Faki, le Premier tchadien, est en visite
officielle aux États-Unis ? Cet « événement » ne serait-il pas une
manège destinée à forcer Washington à matérialiser les ambitions du
régime de N’Djaména qui, il faut le rappeler, a, en juin 2001,
adressé une correspondance au gouvernement américain, lui demandant de
l’argent et de matériels militaires pour, écrivait-il, contribuer à
la guerre mondiale contre le terrorisme ?
Décidément,
la légèreté de « l’information » et les dessous de la carte
apparaissent comme une cerise sur le gâteau. A tout le moins, cette «
information » semble, en réalité, suscitée par la conjoncture sécuritaire
provoquée par le GSPC à travers l’Algérie, la Mauritanie, le Mali
et le Niger. De ce fait, elle est prioritairement destinée à mettre le
MDJT en difficulté, en mauvaise posture avec le département de la Sécurité
des États-Unis. On se rappelle que « qui veut noyer son chien,
l’accuse de rage. » Voilà qui donne raison à ceux qui soutiennent
que le régime de Déby, dès qu’il est incapable de tenir devant une
épreuve, il la fait assumer par les autres…
Il faut,
cependant, s’y résoudre : le MDJT n’est ni un mouvement islamiste,
ni une organisation terroriste. Il ne dispose pas, non plus, des armes
de destruction massive. De même, ses fameuse relations avec le GSPC
sont inexistantes ; elle n’existent pas ; elles n’ont jamais existées.
Naturellement, le régime de N’Djaména peut toujours en fabriquer,
les installer en un endroit discret qu’on découvrirait comme il faut,
juste quand il faut, par un service d’espionnage ou un média
occidental… Mais le tollé qui se produirai alors n’occultera jamais
les vrais sujets de débats au Tchad: le respect des dispositions
constitutionnelles, l’assainissement du paysage politique national, la
réorganisation d’une armée véritablement nationale et
professionnelle, le redressement de l’appareil administratif, la
reconstruction de l’économie nationale, la lutte contre la
corruption, contre l’impunité, contre l’incurie, contre la pauvreté
ne sauraient être masqués par une fallacieuse logique de mensonge, de
machination au nom d’un prétendu combat contre le terrorisme
international.
Au-delà de
toutes ces manœuvres politicienne, on peut, en outre, s’interroger
sur la capacité réelle du général Déby à être le maître du
terrain au Tchad. En fait, les insinuations du général président
montrent, en caractère majuscule, que tout n’est pas sous contrôle
sous le ciel tchadien. Bref, Déby se doit de concéder à cette vérité
éternelle de la géopolitique : il faut quitter le trône qu’on ne maîtrise
pas, avant que le trône ne vous éjecte de lui-même ! Jean-Bertrand
Aristide vient d’en faire une triste expérience.
Par
Bétoubam Mbaïnaye
Ialtchad
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