Hymne national
     Le pays
     Constitution
     Assemblée
     Gouvernement
     Opposition
     Tourisme
     Art & Culture
     Musique
     Sports
     Cuisine
     Images du Tchad

     Éditorial
     Actualité
     Interview
     Forums
     Salon d'entreprises
     Emploi
     Annonces
     Sahibi
     Poésie
     Livre d'or
     Archives
     Groupe ialtchad


 

  Focus-Akhbar

Focus-Akhbar:
« Requiem pour les Sao du Tchad »
Par Bétoubam Mbaïnaye
Article paru le 26 janvier 2004 - Ialtchad Presse


« Requiem pour les Sao du Tchad »

    On en parle pas, ou si peu. Parce que pour la bande des saigneurs de la République au pouvoir à N’Djaména, l’urgence est ailleurs. L’essentiel pour eux en ce moment, c’est surtout et avant tout le ventre. Car, il faut manger, manger et manger encore ! Quand on en aura mis plein la panse, mais quand aura aussi fini de piller les ressources du pays et de mentir, alors on pourra penser  au jeu, au sport.

C’est pour cette raison-là que pour cette 24ème phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football, qui se déroule du 24 janvier au 14 février 2004 sur la terre tunisienne, nos sportifs, les Sao du Tchad, s’inscrivent encore aux abonnés absents !

C’est dire qu’au moment où les Super Eagles du Nigeria, les Lions Indomptables du Cameroun, les Simbas du Congo Démocratique, les Lions de la Teranga du Sénégal et bien d’autres jeunes africains sont en Tunisie en train de défendre les couleurs de leur pays et faire vibrer leurs compatriotes par la magie du foot, les Sao du Tchad doivent attendre. Et en attendant, ils peuvent se pavaner à loisir dans les cabarets d’Ardep-Djoumbal et de Moursal, se polluer l’esprit du syndrome d’alcool ou se frotter au virus du Sida à tout bout de champ.

Entre-temps, le public tchadien dans son ensemble, restera coller aux postes transistors ou aux écrans téléviseurs tout au long de la phase finale de cette 24ème grande messe du football africain. Déjà, j’imagine les badauds de N’Djaména, ces mordus du ballon rond, se déchaîner à la simple entrée en matière d’un Djey-Djey Okocha du Nigeria ou d’un Al Hadj Diouf du Sénégal. Je m’imagine aussi les travailleurs de l’administration tchadienne déserter les bureaux pour s’éclater devant leur téléviseur. Comme s’il s’agissait des Sao du Tchad en finale de la coupe du monde. Ce phénomène me rappelle en effet ce DG d’un ministère du Tchad qui est mort de joie devant son écran de télévision lors du match Sénégal Suède à la mondiale 2002.

Au Tchad, on aime le foot. Et on en meurt même. Mais on est foncièrement incapable de participer, incapables de construire, incapables d’encourager nos jeunes – qui ont bien sûr du talent – à aller de l’avant. Sinon, qui fait quoi au Tchad en faveur du sport ? Combien y a-t-il de stades dignes de ce nom au Tchad ? Un seul à N’Djaména et en état de délabrement avancé. Combien y a-t-il de complexes sportifs à travers le pays ? Zéro ! Combien gagne un footballeur tchadien évoluant dans un club de première division à N’Djaména par exemple ? Ça dépend, mais la moyenne se situe bien en dessous de 1000 francs de notre monnaie dévaluée. Et combien de joueurs tchadiens évoluent aujourd’hui à l’étranger ? Ni le ministre de la Jeunesse et de Sports, ni son directeur chargé de la culture  ne peuvent répondre avec précision à la question. Parce que l’encadrement, l’orientation, la coordination des mouvements des sportifs et des jeunes en général est le dernier de leur souci. Et cela peut se vérifier aisément par le fait que dans son programme de gouvernement présenté le 18 décembre dernier devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Moussa Faki, n’a même pas prononcé le mot sport dans les 14 pages et 5840 mots de son allocution.

Parce qu’il est caractéristique du régime au pouvoir à N’Djaména, on envisage rien, on ne prépare rien, on ne prévient rien. Finalement, on est devenu des grands maîtres en improvisation. Et comme toujours, on finit nos aventures par des « à-peu-près » si ce ne sont pas par des catastrophes et le ridicule. C’est ainsi que les Sao du Tchad ont raté le passeport pour Tunisie 2004. Parce que pendant la phase éliminatoire, ils ont été laminés par l’équipe algérienne et roulés dans la poussière par la formation namibienne. Tout cela parce que ceux qui tiennent le pouvoir à N’Djaména ont voulu qu’il en soit ainsi. Parce que tous ignorent que la consolidation de l’unité nationale, la construction de l’économie du pays et la fierté nationale passent aussi par le sport. Et puisque telle est leur conception des choses, il ne leur reste plus qu’à décréter enterrement des Sao. Et avec eux toute la jeunesse tchadienne.

Par Bétoubam Mbaïnaye
Ialtchad Presse


Les autres Focus-Akhbar 

Séisme au sein du Mouvement patriotique du Salut (MPS). Par Nasra Bandjoh
Incarcéré puis expulsé vers le Sénégal pour délit d’opinion Par Bakary Mana Bello
 
Scoop : Echec d’une mission commandée à Khartoum Par Mohamed Kebir
 
Le mercredi aux longs couteaux Par Bétoubam Mbaïnaye
 
Scoop : Ce que Soubiane mitonne! 
Par Bakary Mana Bello
  Le MDJT ou le terrorisme subversif  Par Bétoubam Mbaïnaye
 
Rififi au sein de la Colonie tchadienne au Cameroun  Par Bétoubam Mbaïnaye
 
Le général Massoud inquiète N’Djaména  Par Bétoubam Mbaïnaye
  Requiem pour les Sao du Tchad  Par Bétoubam Mbaïnaye
 
Les damnés de l’Afrique centrale et d’ailleurs  Par Bétoubam Mbaïnaye
 
Charlotterie incognito  Par Bétoubam Mbaïnaye
 
Les familles tchadiennes des victimes du DC-10 d’UTA bientôt indemnisées
Par Bétoubam M.

Le pays | Constitution | Assemblée | Gouvernement | Opposition | Tourisme | Art & Culture | Musique | Sports | Cuisine | Images du Tchad
Éditorial | Actualité | Interview | Forums | Salon d'entreprises | Emploi | Annonces | Sahibi | Poésie | Livre d'or | Archives | Groupe ialtchad