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Focus-Akhbar |
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Focus-Akhbar:
«
Scoop : Le secret de Tom Erdimi
et
les tractations à l’Est »
Par
Bello Bakary & Makaila
Nguebla
Article
paru le
07 mars 2006 - Ialtchad
Presse |
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«
Scoop : Le secret de Tom Erdimi et les tractations à l’Est
»
Par
Bello Bakary & Makaila
Nguebla
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Dans un
document daté du 25 février 2006, signé Tom Erdimi, au nom de
l’opposition politico-militaire et intitulé : Pour un
Tchad nouveau, havre de la stabilité dans la sous région et
dont Ialtchad Presse a obtenue copie, Tom Erdimi semble préciser ses démarches
et ses ambitions.
Dans la
première partie de ce document, l’ex-coordonnateur national du projet
pétrole tente d’abord d’expliquer à la communauté internationale
l’origine du conflit au Darfour, qui selon lui tire sa genèse
dans l’histoire politique du Soudan. Pour Tom Erdimi la contradiction
entre le pouvoir islamo-arabe et les populations négro-africaines était
« ancienne, latente et diffuse ». Bref, que l’origine
du conflit serait due aux contradictions
internes de la junte militaro islamiste au pouvoir à Khartoum et à
l’existence au Tchad d’un pouvoir prédateur et irresponsable.
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S’agissant du Tchad,
le document lève un peu le voile sur les réelles motivations
politiques de Tom Erdimi. Apparemment, l’ex-coordonnateur
avance à visière baissée. Selon nos sources les autorités
soudanaises forceraient en ce moment la reconfiguration du Front
Uni pour le Changement (FUC) et voudraient hisser Tom Erdimi à la
tête de ce front. Ce que rejette catégoriquement Mahamat Nour,
chef du Rassemblement pour
la Démocratie
et
la Liberté
(RDL) et actuel président
du FUC. C’est ce qui explique, en partie, le déplacement de ce
dernier et de ses éléments du QG de la rébellion depuis l’arrivée
des généraux Seby Aguid et Issaka Diar sur le terrain. Cela en
dit long sur la confiance qui règne entre les différentes
tendances et les divers clans au maquis.
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Mahamat
Nour ne fait pas confiance au groupe zaghawa. Il ne veut même pas en
entendre parler. Surtout pas d’un Tom Erdimi comme chef. Sur le
terrain dit-on Mahamat Nour est le mieux équipé en matériels
militaires et en hommes. Il est aussi le seul qui dispose de relais en
haut lieu dans le gouvernement soudanais. Toutefois, les hommes de ce
dernier composés essentiellement des jeunes recrus, ne sont pas expérimentés,
c’était d’ailleurs l’une des causes du fiasco de l’attaque en décembre
dernier de la localité d’Adré. Cette déroute aurait mis la puce aux
oreilles des responsables soudanais que leur poulain (Mahamat Nour) n’était
pas efficace pour la cause.
Cependant,
les négociations continuent mais chaque tendance à ses propres
calculs. Tous semblent toutefois ignorer leur degré d’impopularité
dans l’opinion nationale tchadienne. Une opinion qui souhaite certes
un vrai changement mais qui est réticente à l’idée que ceux qui étaient
la veille associés au régime Deby Itno reviennent en libérateurs.
Cette opinion publique accepterait des nouveaux opposants (Tom et
consorts) mais à une condition : qu’ils ne soient pas à la tête
de la rébellion. Les Tchadiens veulent des hommes et de femmes
nouveaux. Tout au plus, ils accepteraient un opposant qui n’a pas
trempé dans le régime du président Deby Itno. La méfiance de
l’opinion publique envers cette rébellion à plusieurs têtes
traverse toutes les couches sociales au Tchad, à tel point que
l’homme de la rue parle d’un complot communautaire zaghawa entre les
« Kouryera » les « Ourara » pour garder le
pouvoir. Ce qui s’apparente plus à une légende urbaine qu’a une réalité
des faits. Ce qui se passe présentement sur le terrain est en réalité
une lutte de leadership entre
les insurgés d’octobre 2005, dominé par les Zaghawa et les Gorane,
et le RDL dominé par les Tama.
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Entre-temps,
Tom Erdimi continue à soutenir la recherche d’un consensus et son idée
de « Mouvement des forces de changement » dont lui seul
connaît les contours et les acteurs. A la lecture de son document et
par rapport à ce qui se trame sur le terrain, l’ex-recteur se
positionne. Le « ni oui » « ni non » lors de
l’entretien qu’il nous a accordé était en fait un « je veux
le pouvoir mais avec la caution des autres acteurs politico-militaires,
du moins les plus crédibles d’entre eux ». Par ailleurs, aux
dernières nouvelles, l’ex-président Goukouni Weddey a semble t-il été
sollicité pour ramener « à la raison » son parent Khalifa
Weddey bras armé du président tchadien afin que celui-ci fasse défection
et ouvrir ainsi la route vers N’djamena.
Revenons
au document de Tom Erdimi : Dans la seconde partie de celui-ci,
l’auteur prend le soin de mettre la communauté internationale au
courant de ce que fera un nouveau pouvoir à court, moyen et long terme.
Lire :
« ...A court terme |
Le
nouveau pouvoir que nous ambitionnons d’installer au Tchad sera
fondamentalement différent tant par sa nature que par son essence :
à la différence du régime pseudo démocratique et clanique actuel,
confondu à la seule personne de Deby, la lutte actuelle vise à
instaurer au Tchad un Etat de droit et une réelle démocratie, qui
donnera naissance à un pouvoir consensuel nous menant à des élections
véritablement transparentes et justes.
Avec un tel pouvoir, le pays se dotera d’abord d’une armée
nationale, représentative des différents groupes ethniques, si bien
qu’aucun groupe ne pourra se prévaloir du droit d’avoir une
ascendance sur les autres ou encore le droit d’exporter l’instabilité
dans les pays voisins en connivence avec le pouvoir en place. Avec un
tel pouvoir :
|
-
Le Tchad cessera immédiatement de soutenir, financer, loger ou tout
autre appui, directement ou indirectement, les différents mouvements
armés du Soudan.
- Le Tchad s’abstiendra de jouer tout rôle complice, dualiste, teinté
de mauvaise foi et mercantile et se tiendra strictement au respect des
principes de l’Union Africaine, la non-ingérence dans les affaires
intérieures des Etats.
- A la demande des parties et en collaboration avec les partenaires
internationaux, le Tchad jouera un rôle positif, juste et impartial
pour ramener une paix juste et durable dans le Darfour en préservant
les intérêts de toutes les parties.
…à
long et moyen terme
L’instabilité
à la frontière entre les deux pays est largement favorisée par le
laxisme de l’administration territoriale tchadienne, par le manque
d’une politique sociale cohérente, et par la clochardisation des
hommes en armes. Le nouveau régime prendra toutes les dispositions pour
renforcer en moyens et en autorité, l’administration territoriale en
vue d’endiguer le phénomène des razzias qui est largement encouragé
par la complicité active des hommes en armes. Les milices djandjawids,
aujourd’hui auteurs de nombreux crimes dans le Darfour, sont composées
en majorité des populations arabes nomades tchadiennes. Ces populations
ont émigré du Tchad pour plusieurs raisons, entre autres :
-
le manque d’une politique en matière agro-pastorale, d’où un
conflit permanent avec les populations sédentaires du Tchad et la
tendance d’aller ailleurs que chez soi ;
- les populations rurales nomades sont victimes de toutes sortes de
tracasseries de la part des différents services de l’administration
territoriale » fin de citation.
L’objectif
de ce document est : un, mettre Tom Erdimi sur l’orbite de
la Communauté
internationale. Deux, légitimer le changement par la lutte armée.
Somme
toute, ce document signé par Tom Erdimi exprime une position même si
le fond du problème tchadien reste entier. Rien sur les tractations en
cours au Soudan. De son refuge texan, l’ex-coordonnateur est dit-on
entrain de plancher sur un autre document. Espérons que cette fois-ci
ça ne sera pas un secret. Car l’homme semble adorer avancer dans la
secret et à visière baissée. Il faudrait que Tom et ses amis changent
de méthode. Il faudrait qu’ils se débarrassent de cette culture du
secret. Et qu’ils avancent à visière levée.
Bello Bakary &
Makaila
Nguebla
Ialtchad
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