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  Forum Société (suite)

Suite du Thème: N°2  «La Société»

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                                                 10/06/2003
                                 Ce n'est pas le moment de faire la fine bouche
Comment pouvons-nous prendre au sérieux ENOCH Djondang lorsqu'il fait pire que les ADH qu'il critique ? L'ancien président de la LTDH reproche aux ADH de collaborer avec les partis d'opposition. Or, lui-même a non seulement fait un crochet au gouvernement comme secrétaire d'Etat, mais cherche aujourd'hui à lancer son propre parti politique. Et si l'on en croit tous les documents qu'il a publié sur Ialtchad, son objectif est d'obtenir un changement de régime à N'djamena. En somme, il est du même bord que l'opposition. Alors, est-ce que son problème ne réside pas plutôt dans le fait que ses camarades d'hier au sein des ADH travaillent avec d'autres opposants plutôt qu'avec lui?

Et lorsqu'il dit que les vrais militants ont choisi d'observer à partir de la touche, n'énonce-t-il pas la le point de vue le plus irresponsable qui soit ? Si ces militants parfaits sont persuadés que les dirigeants actuels des ADH dérogent à la règle, que ne lancent-ils donc pas eux-mêmes les ADH idéales au lieu de critiquer ceux qui sont en train de lutter ? Même remarque lorsque Djondang insinue que la défense des droits de l'homme semble être l'affaire d'une région. Laquelle? Chacun de nous n'a-t-il pas la responsabilité de dénoncer les exactions dans sa région, son village ? Lorsqu'il s'agit de réclamer des postes de responsabilité, on arbore la bannière de son village, on s'en fait le digne représentant, le porte-parole. mais lorsqu'il s'agit de porter à la connaissance de la nation les exactions que vivent ses parents au village, on se tait.

Le paradoxe est que Djondang félicite les médias privés pour le travail qu'ils accomplissent, alors qu'ici aussi, la situation est similaire à celle des ADH. Koumbo (observateur), Nadjikimo (Notre Temps) Oulatar (Ndjam Bihebdo,) Didama (Le Temps)... on peut aussi dire que les journaux privés sont le fait d'une région. Et pourtant, de l'avis de Djondang, ces journaux font du bon boulot. Alors, la vraie question, celle qu'a soigneusement évitée Djondang, n'est-elle pas plutôt de savoir ce qui empêche les autres régions du Tchad de jouer un rôle similaire dans les ADH ou les journaux?

Lorsque Djondang présente FM Liberté comme un instrument de propagande, on voit bien que c'est un règlement de compte avec ses anciens camarades. Qu'y-a-il de fondamentalement différent entre ce que lui même publie sur Ialtchad et ce que dit FM Liberté ? la mauvaise gestion, le déni de droit, la violence ? On retrouve pratiquement les mêmes sujets chez Djondang et FM Liberté parce que c'est la réalité tchadienne. A moins qu'une chose dite par Djondang soit la vérité, et la même chose dite par FM Liberté soit de la propagande; ce qui serait une insulte au simple bon sens.

Autre chose qui me gêne aussi, c'est l'idée, selon Djondang, que nos ADH doivent obéir aux diktats des ONG internationales qui les assistent financièrement. Je ne suis pas de cet avis. Ces ONG qui occupent des bureaux cossus à Paris, New York ou Bruxelles ne connaissent pas mieux la réalité tchadienne que les Tchadiens. Et si elles doivent nous dicter de Paris, Bruxelles, ce que nos ADH doivent faire ou ne pas faire, alors qu'elles gardent leur argent.

De toute évidence, on voit que Djondang a des états d'âme par rapport à la nécessité du changement au Tchad. Il veut un changement par des moyens idéaux... qu'il ne nous a pas présenté. Deby s'accroche au pouvoir par tous les moyens, y compris en versant le sang des Tchadiens. Si nos ADH peuvent, dans ce contexte, faire leur travail en évitant l'effusion de sang, je leur donne carte blanche. Qu'elles collaborent avec tel ou tel opposant ne me gêne pas. A partir du moment ou Deby a confisqué tous les pouvoirs, les gens se battent avec le peu de moyens qu'ils ont. Il est normal qu'il y ait convergence entre les ADH, les syndicats, les partis d'opposition. Même l'Église catholique a essayé d'apporter sa contribution en tentant de former des observateurs électoraux, avec les résultats que l'on sait. Alors, ce n'est sûrement pas le moment de faire la fine bouche, surtout quand on ne propose pas -- au delà du discours -- une meilleure stratégie pour un changement fondamental au Tchad.

Beka Lobe


                                                09/06/2003
                 
           Quelques éléments de précision aux ialtchad 
         Abdelaziz Koulamallah et Félix que je salue tous chaleureusement

    Le raisonnement d'Abdelaziz reprend tout à fait la position soutenue par l'autre courant "droit de l'homme politique" que nous avions cité. C'est dire qu'il s'agit d'une conception largement partagée à travers le monde par des adh ou des humanitaires selon leur sensibilité. Ce n'est pas une invention de notre part: en 1994, au siège d'une adh à Moursal, lors d'une de ces rencontres mixtes société civile-opposition, elle avait été exposée par l'un de ses ténors de depuis toujours, en présence de personnalités telles que M. Lol Choua ou M. Koïbla (alors représentant l'UDR avant sa nomination à la Primature).

    Notre position, évidemment était contraire. Déjà, pour avoir seulement cru bien faire en envoyant un délégué au cabinet de feu Yodéman, en dépit des situations débloquées (libération des rescapés habréistes et goranes capturés au Nigeria, destruction des prisons secrètes de l'ex-présidence, etc.), nous avions été rappelé à l'ordre par le réseau international. Fort de cette expérience et de nos principes cardinaux, nous refusâmes de participer au CST, et la suite nous donnera raison.

    Ensuite, notre organisation la LTDH n'avait pas été créée pour aider à renverser un régime quelconque. Parmi ses membres fondateurs, vous trouverez tous les courants politiques et les sans partis, y compris MPS. Si nous avions eu la plus grande représentativité sur le terrain, y compris au Tibesti et dans nos colonies à l'extérieur, c'est bien grâce au respect du pluralisme et de la différence. Durant les consultations de 1995-1996 par exemple, nous étions souvent la seule entité, en dehors du MPS, à être présente dans de vastes régions du pays. Le rôle que notre ami Abdelaziz affecte aux adh n'est pas le leur, ni statutairement ni dans leurs moyens d'action. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre notre utilisation du terme "politique" en le liant à la conquête du pouvoir d'Etat, et non pas "politique" touchant aux problèmes cruciaux de la société.

   Concernant l'idée de forum, elle était la principale revendication des partis exclus de la DCP à l'époque et jusqu'à ce jour, vous pouvez le vérifier. Les colonnes de ialtchad ne suffiront pas si je devais entrer dans les détails de l'historique, sans avoir besoin de commentaires, rien que des faits vérifiables et vérifiés. Les partis de la DCP, qui combattaient cette idée par solidarité au MPS, y reviennent sans vergogne, dès lors qu'ils se retrouvent à leur tour exclus du dîner. Si vous voulez répéter l'histoire, rappelez-vous de Franceville simplement et vous serez édifiés.

    Notre appel au recentrage de la stratégie des adh est aussi justifié. Quand nous avions pu, à force de travail quotidien et difficile, obtenir l'inscription du Tchad à la procédure de surveillance 1503 de l'ONU, malgré les réticences ouvertes de la France, les effets de la pression avaient été bénéfiques pour notre pays. Si la situation actuelle est sans appel, convenez qu'il s'est passé beaucoup de choses anormales dans les comportements des acteurs (adh, partis, DCP, etc.) depuis les élections de 1996, et c'est là qu'il faudrait aller chercher les justificatifs. Malheureusement, chacun fait comme si c'était son sosie et non pas lui qui agit Qu'on le veuille ou non, le pouvoir est toujours resté dans sa logique; mais qu'elle est la logique des autres? Si les adh ont perdu cette grande conquête devant les 53 Etats membres de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, cela signifie en pratique que peu d'informations sur les violations des droits humains y sont répercutées et qu'il a manqué une argumentation consistante pour convaincre l'ONU de la gravité de la situation: c'est la responsabilité première des adh!

    Félix a cité des organisations qui ne sont pas des adh dans notre nomenclature, mais des humanitaires. Un grand débat sur l'humanitaire au service des grandes puissances persiste, alors ne faisons pas de la confusion. Idem pour les syndicats qui sont nés historiquement des mouvements de gauche, sur la base des idéologies marxisantes.

    Pour finir, dans un premier temps, j'ai l'impression qu'on voudrait user des adh comme on a toujours voulu user des journalistes, en lieu et place des partis politiques et qui subiront seuls les coups de l'adversaire: c'est très tchadien et c'est propre. Alors le "renversement de la dictature" souhaité par Abdelaziz n'était-il pas possible si un seul de ces partis avait pu ressembler à certains partis africains à l'honneur aujourd'hui?

Enoch DJONDANG  


                                                   03/06/2003
                       
       Pourquoi avons-nous besoin des adh au Tchad ?
En lisant l’ex-président de la LTDH Enoch, la question que nous nous posons est la suivante: Est-ce que les adh se perdent dans leur rôle traditionnel comme l’a mentionné ce dernier quand elles organisent des manifestations avec les partis politiques ?  La réponse nous semble être tellement évidente que c’est non.

Avant d’expliquer le pourquoi, nous pensons qu’il faut d’abord s’interroger. Pourquoi avons-nous besoin d’organisations de défense des droits de la personne au Tchad alors que ces droits sont reconnus comme un acquis depuis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août 1789 : « Article premier - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. » Et la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 s’en est inspirée. Tous les Etats qui l’ont ratifié se sont engagés à garantir ces droits à toute personne vivant sur leurs territoires selon ce que stipule le préambule de celle-ci : « Considérant que les États Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales. »

Si au Tchad nous avons encore besoin des adh pour dénoncer les abus du pouvoir, c’est parce que les autorités tchadiennes ne respectent pas leur engagement international et d’autre part, elles ne reconnaissent pas aussi ces droits comme un acquis pour leurs citoyens. Nous imaginons que notre compatriote sera d’accord avec nous, si nous avons des gens responsables à la tête de l’Etat, nous n’aurions pas besoin d’organisations de défense des droits de la personne, mais peut-être celles des animaux.

Notre ami nous dit : « Il est peut-être temps que les adh se repositionnent sur le terrain originel, gage de leur crédibilité et de leur légitimité. Malgré la gravité de notre situation tchadienne, nous sommes convaincus que les bonnes avancées ne viendront que lorsque les acteurs publics joueront chacun son vrai rôle, sans dédoublement ou confusion. » Ce que Enoch n’a peut-être pas compris est que les adh tirent leur légitimité des irresponsabilités des nos dirigeants et le jour où l’acteur public principal qu’est l’Etat jouera son vrai rôle, les adh n’auront plus leur raison d’être.

Jusqu'à nos jours, selon notre conception de la légitimité des adh, c’est-à-dire l’existence d’un régime dictatorial au Tchad, elles n’ont rien fait d’incompatible à leurs attributions. Appeler la population à un changement de régime au Tchad n’est pas un dédoublement du rôle, car les adh sont nées en réaction à une dictature et elles n’ont aucune place dans l’organigramme d’un Etat véritablement démocratique. Le fait qu’elles se rangent derrière les partis de l’opposition tout en les aidant à renverser un régime criminel, parce que l’opposition propose un projet de société qui prend en compte  leur aspiration, qui est la défense des droits de la personne, est justement leur rôle premier. C’est-à-dire qu’elles ont opté pour une solution rationnelle, celle qui leur évitera de perdre le temps sur le terrain de dénonciation, comme le souhaite Enoch. D’ailleurs nous savons ce que cela donne comme résultat. L’assassinat du vice-président de la LDTH en lui-même suffit pour comprendre qu’une telle mesure ne donne pas les résultats attendus. Et aussi que le régime actuel au Tchad n’a aucune considération pour ces organisations.

Nous pensons que l’ex-président de la LTDH suit les informations internationales malgré le manque d’électricité au Tchad. Sinon, nous l’informons de la participation du grand syndicat français la CGT au congrès du parti socialiste à Dijon, son SG a prononcé un discours de soutien à coté de François Hollande au P.S.  

Enoch s’inquiète selon ses termes de suspicion que ses critiques à l’endroit des adh occasionneront ; «comme toute interpellation à leur endroit est censée être l’œuvre du pouvoir, les gens préfèrent se réserver.» Pour nous sa position politique n’est pas importante, car nous allons vers la démocratie et chacun a le droit d’exprimer son choix, mais en qualifiant il n’y a pas longtemps de façon implicite les exilés d’aventuriers et en critiquant aujourd’hui l’opposition et les adh, nous avons comme impression qu’il nage contre courant.

Nous aimerions aussi savoir, quand il prend l’initiative de faire une telle affirmation, s’est-il basé sur une étude scientifique ou s’est-il juste contenté de l’opinion brute? «L’initiative pour la tenue d’un forum pour la paix et la réconciliation est un vieux projet des partis politiques, récupéré par les adh. Seulement, les partis n’avaient plus la capacité et la légitimité avec la DCP de relancer cette initiative. Les, adh n’ont fait que reprendre cette idée apparemment généreuse, mais pleine d’embûches. Cela intervient à un moment ou le pouvoir MPS a décide de gérer seul le pays. Ceci expliquant cela, comme la DCP, le forum ne pourrait, dans le meilleur des cas, qu’aboutir a une autre DCP, avec ou sans la participation des adh dans les organes de gestion du pays. On ne peut imaginer un seul instant que, dans leur position défavorable actuelle, les partis et les adh puissent infléchir le cour de la gouvernance alors que le pouvoir n’est pas demandeur et bénéficie de la couverture constitutionnelle.» Quand il parle de la constitution, de laquelle  parle t-il ? Pourtant  l’article 16 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dit : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.»

Pour finir, nous disons sans intention de polémiquer, contrairement à ce que dit Enoch, c’est lui qui se perd dans le rôle qui devrait être le sien au moment où le concours de tous les tchadiens est sollicité pour sauver le bateau que nous appelons Tchad qui est en train de couler, le débat ne fait que commencer et à chacun ses arguments. 

Abdelaziz Koulamallah
Ottawa Canada
- toukour36@hotmail.com


                                                  31/05/2003
                       
        Kirdi, Doum,…parlons-en pour crever l`abcès.
_______________________________________________________________
Par Armel Ramadji Doumnande

Comme mes frères Abdelkerim, Rodrigue, Mahadjir-Fils, Guyguy, et Félix l`ont fait à leur manière, je voudrais réagir au sujet qui est au menu à l`heure actuel sur Ialtchad. J`ai nomme l`éternel problème Nord /Sud ou Kidi /Doum. Je voudrais singulièrement donner un feed-back au papier de mon ami Samba Annouar.
     En prenant la décision de réagir par rapport a l`article de Samba Annouar, je n'ai nullement l'intention de verser dans une polémique. Ca ne me connaît pas d'ailleurs.
     Cette clarification faite, je voudrais rebondir par rapport au papier de mon frère Samba qui s'en est violemment pris a notre sœur Fatime Yacoub qui, il faut le souligner, a eu le toupet d'aborder un sujet que beaucoup d'entre nous craignent comme la peste. Je tire donc mon chapeau à ma sœur pour ce courage que beaucoup d'entre nous n'ont pas. Continue sur cette lancée !
     Cela dit, dans « Réponse à Fatime Yacoub : clivage Nord/Sud », Samba a même de la peine à appeler Fatime par son nom. «  Ma chère soit disant Fatime Yacoub… » écrit-il. Com'on! Cela peut paraître banal pour certains mais pour moi cela exprime un problème. Pourquoi ce mépris ? Est-ce juste parce que notre sœur a évoqué ce sujet brûlant qu'il ne mérite plus le nom de Fatime Yacoub ? Pourquoi devrait-elle se taire ? Est-ce parce que certains se targuent d'être experts dans certains sujets débattus sur cette tribune qu'il faut leur laisser l'exclusivité du débat ? Non, nous avons besoin de l'apport des uns et des autres. Nous avons besoin des avis des experts mais aussi des non-experts. Nous avons besoin des contributions de tout le monde sans discrimination, négatifs ou positifs. Peu importe pour moi. C'est ça la libre expression. C'est ça l'apprentissage du débat   démocratique et pluriel qui manque cruellement chez nous. Et il faut y aller avec beaucoup de sens de tolérance et d'ouverture d'esprit.
     Autre chose qui a attire mon attention c'est que, mon frère Samba pense que Fatime n'est pas à la hauteur du sujet. Je pense que c'est une affirmation gratuite. C'est peut-être Samba lui même qui est à côté de la plaque puisque qu'il refuse sciemment de voir les vrais problèmes en face. Une chose est claire dans mon esprit et dans celui de beaucoup de mes compatriotes qui font preuve de réalisme. Le problème Doum/Kirdi ou Nord/Sud est réel. Il est la. Pourquoi se voiler la face ? Pourquoi refuser d'appeler les choses par leurs noms ?  Ce problème a toujours été le nœud gordien chez nous quoiqu'on disent, quoiqu'on écrivent. N'en déplaise à ceux et celles qui s'arrachent les cheveux chaque fois qu'on évoque ce sujet. Il est indéniable que c'est un problème très brûlant mais il faut avoir le courage d'en parler bon sang. Ce n'est pas en devenant allergique à ces termes que ce cancer va disparaître de notre société. Désolé, mes frères et sœurs. C'est plutôt en faisant preuve de responsabilité et en prenant le taureau par les cornes que nous arriverons à minimiser un temps soit peu ce phénomène. Seule une approche méthodique et réaliste qui consiste à chercher les racines de nos maux (comme beaucoup l'ont sagement relevé avant moi), seule une démarche qui consiste à poser de diagnostics nous amènera éventuellement vers les solutions. Les médecins seront certainement de mon avis. Faire la politique de l'autruche comme le préconisent certains d'entre nous ne nous conduira que vers des impasses et la sortie du gouffre ne sera pas pour demain.
     Réfléchir aux solutions d'un problème comme le suggère mon frère Samba sans vouloir regarder le problème en question serait mettre la charrue avant les bœufs. On aboutira nul part à mon humble avis.
     Le problème Nord/ Sud a toujours existé chez nous et ce n'est pas la seule exclusivité du Tchad. Tous les pays du monde font face à ce problème mais c'est parce que les gens en discutent, en débattent sans interdit, sans tabous qu'ils réussissent à y trouver des solutions. «  The only way you can address problems is to recognize them »1, disait aujourd'hui Richard Perle du American Enterprise Council sur la chaine C-SPAN. Ainsi donc, ce n'est nullement en faisant semblant d'ignorer les problèmes qu'on aboutira à des solutions. Comme Samba parlent du 21e siècle, j'ajouterai que justement en ce siècle il ne devrait plus y avoir de sujets tabous : problème Kirdi/Doum, géopolitique, clanisme, dictature,….ils faut qu'on en parle. Il faut crever l'abcès. Et Fatime a bien fait de toucher du doigt ce problème. Une fois de plus félicitation à ma courageuse sœur Fatime qui a amené le sujet sous notre arbre à palabre, Ialtchad.

     En conclusion et pour couper court, ce n'est pas en s'interdisant de prononcer les mots « Kirdi »,  « Doum », géopolitique,…qu`on trouvera des solutions à ce maux. C'est plutôt en les évoquant publiquement qu'on changera nos vilaines habitudes et nos cœurs remplis de méfiance et de haine. C'est en semant les idéaux d'amour, de tolérance et de paix qu'on changera le Tchad.  D'ici la, quoiqu'on disent, je resterai toujours Laoukoura le kirdi et mes frères Tahir Hamid et Ahmat Youssouf et les autres seront toujours traités de Doum. Mais une chose est claire, mes frérots et moi mouront frères et amis parce que nous avons dépassé ce niveau du clivage.
Qu'on m'appelle Doum ou Kirdi, ce qui compte pour moi c'est ce grand et puissant amour qui rugit dans mon cœur pour tous les Tchadiens. Avec un peu d'effort de nous tous, nous arriverons un jour, inch'allah, à un Tchad non polarisé. J'y crois.

No offense and take it easy folks2.

1 La seule façon d`aborder les problèmes est quand vous les reconnaissez.
2 Pas d`offense et allez y doucement.

Armel Ramadji Doumnande


                                                 29/05/2003
                                                 
Tchad: où vont les ADH ?
   Après avoir fait la fierté de notre jeune démocratie, durant les années difficiles de la décennie passée, on a de plus en plus de mal à comprendre ce que veulent aujourd'hui les ADH. Sujet délicat puisque les concernées sont connues pour être allergiques à la critique et surtout à l'auto critique. Et comme toute interpellation à leur endroit est censée être l'œuvre du pouvoir, les gens préfèrent se réserver. Ce qui n'est pas la bonne attitude. Toute organisation humaine est faillible et périssable, et mérite un traitement équitable à la mesure de ses ambitions et de son statut.

   Cet écueil étant relevé, nous aborderons sereinement le sujet dans l'objectivité et dans le but d'en établir le bien-fondé par la discussion (art 45 al 2, loi n° 029 du 12/08/1994). En rappel, il faut savoir qu'il y a grosso modo plusieurs catégories d'adh:

    - Celles proches d'un gouvernement et soutenues par celui-ci, sans réelles activités sinon des réactions de soutien lors des échéances électorales ou d'enjeux politiques majeurs;

    - Celles qui se disent indépendantes du pouvoir et des partis politiques, souvent les plus crédibles;

    - Celles qui soutiennent l'opposition et œuvrent en réalité comme des alliés objectifs pour favoriser la montée au pouvoir de ladite opposition.

     Cette catégorisation n'est pas toujours nette et peut tenir parfois aux individus qui animent ces mouvements. Au Tchad, deux courants avaient cohabité au sein des adh indépendantes:

    - Le courant "orthodoxe" et qui tenait mordicus au principe cardinal d'une adh, à savoir son indépendance vis-à-vis du pouvoir et des partis politiques confondus. Ce courant avait toujours refusé les ententes avec les partis, même sur des sujets d'intérêt commun, afin de préserver l'esprit de neutralité, de rigueur et de dialogue ouvert qui positionne une adh comme un recours universel et accessible à tout individu sans exclusion. Ce courant avait toujours privilégié l'action quotidienne sur le terrain des violations et de la formation d'une conscience citoyenne positive.

    - L'autre courant défend une position différente: pour eux, les adh doivent aider l'opposition à prendre le pouvoir pour que le pays aille mieux. Ils ont toujours entretenu des relations étroites avec les partis d'opposition, tiennent souvent des réunions communes pour décider des actions d'envergure, s'investissent plus sur des sujets éminemment politiques.

     Après une cohabitation pénible entre les deux courants, la tendance "droits de l'homme politique" a pris le dessus sur l'autre tendance "orthodoxe" depuis la fin des consultations électorales de 1996. On peut dire aujourd'hui que la plupart des adh sont contrôlées par cette tendance politique, ce qui explique en partie les crises tumultueuses qui avaient affaibli certaines telles que la LTDH.

     Avec la naissance du collectif des adh, la politisation de l'action militante et sa localisation géographique se sont accentuées jusqu'à l'orientation et à la gestion de la FM Liberté, support de propagande. Les grands moments forts de réalisation sont focalisés sur le dossier pétrole et sur l'affaire Hissène Habré. La répértorisation des cas de violations massives et systématiques des droits humains a privilégié à 80% une seule région, ainsi que les efforts de mission d'enquêtes ou de renforcement des capacités internes. Pour un observateur non averti, la tentation de conclure que la lutte est l'apanage exclusif d'une région est facile, dès lors que la période de la décennie précédente où le mouvement était encore pluraliste et implanté dans tout le pays est maintenant oubliée. La plupart des partisans de l'orthodoxie des adh ont préféré prendre congé et observent à distance ce qui se passe dans le milieu.

     L'initiative pour la tenue d'un forum pour la paix et la réconciliation est un vieux projet des partis politiques, récupéré par les adh. Seulement, les partis n'avaient plus la capacité et la légitimité avec la DCP de relancer cette initiative. Les adh n'ont fait que reprendre cette idée apparemment généreuse, mais pleine d'embûches. Cela intervient à un moment où le pouvoir MPS a décidé de gérer seul le pays. Ceci expliquant cela, comme la DCP, le forum ne pourrait, dans le meilleur des cas, qu'aboutir à une autre DCP, avec ou sans la participation des adh dans les organes de gestion du pays. On ne peut imaginer un seul instant que, dans leur position défavorable actuelle, les partis et les adh puissent infléchir le cours de la gouvernance alors que le pouvoir n'est pas demandeur et bénéficie de la couverture constitutionnelle.

     Le pouvoir a aussi marqué des points incontestables: l'absence de suivi de la situation des droits humains sur le terrain "national" (insistons sur le mot "national"!) a permis au gouvernement d'obtenir sans difficulté la levée définitive de la procédure 1503 dite procédure de surveillance confidentielle de la Commission des droits de l'homme de l'ONU-Genève en Avril dernier. Ce qui signifie, au regard de la communauté internationale, n'en déplaise aux adh, que la situation des droits humains au Tchad est acceptable et demande juste un appui technique de l'ONU. Ce que les dirigeants des adh professent actuellement n'a plus de portée offensive sur le plan diplomatique. Sur ce point déjà, il y aura peu d'intérêt à l'extérieur pour l'idée de forum. C'est une vraie sanction de l'action et de la stratégie des adh ces dernières années et nous devons en parler. Le pouvoir gagne encore un avantage qui le servira longtemps, en fournissant un encadrement policier correct à la caravane de "la paix".

     Quant aux réactions des adh internationales, elles contrastent de plus en plus avec la ligne objective qui faisait leur réputation sur le Tchad. Des exemples précis:

    - Une ADH internationale, dans la gestion du dossier Habré, demande le soutien du gouvernement, tout en annonçant devant l'opinion nationale au CEFOD, s'occuper bientôt du "suivant": était-ce une erreur de langage ou une profession de foi? En tous cas, cela n'était pas tombé dans les oreilles de sourds, d'autant que le procès des chefs d'Etat est une question hautement politique et stratégique qui dépasse les récriminations des adh et des victimes. La guerre américano-française en Irak n'a pas fini de baliser le champ de ce que les uns et les autres peuvent faire du droit international selon leurs intérêts propres.

    - Pour une fois, le rapport d'enquêtes d'une ADH internationale sur les exactions du régime de Patassé avait été contesté pour "partialité ou omissions évidentes" par des partis politiques d'opposition et certaines presses indépendantes concernant les conclusions sur la participation tchadienne. Jusqu'à la dernière grève générale contre l'insécurité à Bangui, aucune explication ou réplique ou même révision sur les données n'a été fournie par cette organisation renommée. Les murmures vont bon train sur la manipulation française.

    - La réclamation de la dépouille mortelle de feu Togoïmi à Kadafi par une ADH internationale semble ne pas s'accorder avec les préoccupations du moment: s'agit-il de la répercussion d'une demande privée ou d'un impératif politique ? Là aussi, l'ignorance des réalités et la précipitation semblent avoir prévalu, sans toutefois condamner l'idée de rapatriement somme toute légitime.

     Des exemples et d'autres, que nous préférons taire parce que risquant de ramener le débat à un niveau méprisable, on se demande si le déphasage avec les attentes et les réalités, et l'inopportunité des initiatives ne seraient-ils pas l'expression d'un essoufflement du management stratégique des adh ? A moins que ce soit la résultante normale de la tendance "politisée" qui les gère actuellement ? Il est vrai que l'apathie de nos populations fournit un alibi aux leaders d'opinion, mais quand ceux-ci ne font pas de feedback pour savoir ce qu'on attend réellement d'eux et comment est appréciée leur propre gestion des hommes et des moyens, l'alibi tombe de lui-même.

     Paradoxalement, les communicateurs sont actuellement les seuls acteurs publics à maîtriser le cours des évènements. Tirant les leçons de leurs propres turpitudes et des enjeux, ils ont, toutes tendances confondues, balisé leur chemin dans un sens qui honore leur hauteur intellectuelle et l'amour de leur métier. Leur exemple pourrait-il être suivi par les adh et les partis politiques?

     Il est peut-être encore temps que les adh se repositionnent sur leur terrain originel, gage de leur crédibilité et de leur légitimité. Malgré la gravité de notre situation tchadienne, nous sommes convaincus que les bonnes avancées ne viendront que lorsque les acteurs publics joueront chacun son vrai rôle, sans dédoublement ou confusion. Le débat est ouvert, élevons-en le niveau et trouvons des solutions fondées et durables à la situation des droits humains dans notre pays.

Enoch DJONDANG
Ancien dirigeant d'adh

Citoyen et militant libre


                                                   26/05/2003
                               
Réponse à Fatimé Yacoub : Clivage Nord/Sud
Si je me suis permis de t'écrire, c'est par rapport à ton sujet sur le clivage Nord /Sud.
D'abord, je te remercie pour tout le temps que tu  as pris pour écrire un sujet banal qui provoque une polémique au sein de la communauté qui fait tant d'efforts pour s'unir.

Ma chère soit disant Fatimé Yacoub, laisses- moi te dire tout d'abord que nous sommes au 21e siècle, et l'affaire concernant ce que tu appelles  KIRDI et DOUM prouve déjà que tu n'es pas à la hauteur d'un sujet comme celui-ci car en disant ces deux mots là tu fais une distinction entre le Nord et le Sud alors que nous autres on se bat pour les unir sans distinction de race, de couleur (folklorique comme tu le dis ) et de religion.

En ce qui concerne l'assemblée générale qui s'est tenue la semaine dernière, tu aurais dû être présente et donner ton opinion vu que tu ne sors jamais de IalTchad, c'était un moment propice pour toi pour te manifester et te faire entendre comme tu le veux et profiter en même temps pour parler au comité de sage dont tu as fait référence.
Sais-tu Fatimé, tu devrais sortir de ta coquille et venir vers les autres avant de tirer ta conclusion car tout le monde n'est pas pareil, chaque personne a sa propre personnalité et que la vie est un combat.

Parlons des autres communautés dont tu faisais allusion par rapport à leur propre marché, mosquée, église etc. laisses- moi te dire que ceux là sont des gens qui sont au Canada depuis des décennies et c'est tout à fait normal qu'ils fassent quelque chose de symbolique. Donc,  laisses-nous un peu de temps et tu verras ce qui se produira......

PS : de grâce, ne prononces jamais les mots  KIRDI et DOUM car Nordiste et Sudiste est         suffisant pour nous désigner

Samha Annouar


                                                   26/05/2003
                                   
Clivage nord-sud, un problème à dépasser.
     Grâce à notre sœur Fatimé Yacoub, voilà le problème nord-sud relancé. J’espère qu’au lieu de se muer en débat de sentiments, il sera réellement un débat d’idées qui concerne plus d’un tchadien, qu’il soit au pays où à l’étranger. Il est en effet triste de constater que des tchadiens exportent des problèmes de clivage à l’étranger. Non pas simplement que cela terni l’image du pays à l’extérieur, mais cela met en cause l’amour même que ces personnes ont de leur pays. Se savoir originaires d’un même terroir, un pays qui est peut-être loin d’égaler celui dans lequel on vit devrait être une cause d’union pour non seulement redorer l’image de ce pays, mais aussi militer en vérité pour son progrès. Je pense que c’est cela ce qu’on peut faire par amour pour son pays, pays qui est l’un des plus pauvres de la planète, quand on vit à l’étranger. C’est là le signe même de l’amour qu’on peut avoir pour son pays.

     Le problème que notre sœur Fatimé Yacoub décrie n’est pas seulement présent au Canada, faut-il le dire à la suite de nos prédécesseurs dans ce débat. Même au Cameroun voisin, où j’ai eu le plaisir de vivre quelques années, on sent des relents de clivage, au point qu’un Camerounais (un certain Tagne) a décrié le fait sur le forum d’ialtchad.

     Il est par ailleurs réjouissant de constater que malgré tout, il existe des groupes, surtout des jeunes, espoir de l’avenir, qui se mettent ensemble pour dépasser ce problème pluri centenaire, précolonial et post-colonial (comme l’a souligné Abdelkérim Ali Issa Mbodou). Nous citons à cet effet la récente grève de la faim qui à uni tous les étudiants tchadiens de Russie sans différences aucune, et par delà ce pays, les étudiants tchadiens du monde qui étaient au su de la situation ô combien insupportable que leurs camarades vivent. Des associations telle que jeunesse anti-clivage a fait parler d’elle en militant contre le clivage à N’Djaména.

     Il est un pas à faire : celui de la désobéissance de la jeunesse face aux invectives de division que certains aînés veulent leur inculquer. Car il faut sans contredit un ordre nouveau : celui d’un Tchad dont les fils sont réconciliés avec eux-même et entre eux. Je dis certains aînés pour signifier que ce ne sont pas tous qui sont corrompus par ce clivage. Il s’agit ici de ceux qui sont victimes même à leur insu de l’endoctrinement que des politiques tchadiens tant du nord que du sud leur ont inculqués. Cela fait que beaucoup d’entre eux sont comme conditionné par cette vision de clivage, tant au nord du Tchad qu’au sud. Si j’affirme que les jeunes se doivent de refuser les conseils des aînés quelques peu mal famés ou mal informés, c’est d’une part en vertu de ma petite expérience et d’autre part en raison du bien que certaines Nations en ont tirés, tel le cas des États-Unis.

     Pour ce qui est de ma petite expérience, il faut dire que dans mon enfance au lycée du Sacré-cœur à N’djaména, j’avais des amis du nord, moi qui suis plutôt du sud (même si je n’y ai pratiquement jamais vécu). Nous travaillions, jouions ensemble jusqu’au moment où la plupart d’entre eux commençaient à m’éviter. Mes efforts pour les approcher étaient vains. Non pas qu’on me lance des injures, mais il y a en eux comme une contrainte de maintenir une distance. A la longue cela semblait devenir tout à fait naturel. Tout ce passait comme s’il était normal que ce clivage s’installe. J’ai découvert plus tard que c’était sous l’influence de certains de leurs parents et aînés, plutôt extrémistes, qu’ils adoptaient de tels comportements. Le clivage se faisait surtout sentir au moment du ramadan.  

     Quant au cas des États-Unis, il est assez curieux de constater qu’au-delà des ségrégations qui demeurent somme toute présentes, la constitution américaine laisse entrevoir une conception du bien commun qui laisse une place au pluralisme. C’est ce pluralisme qui est à mon avis à la source de leur développement. Qu’on trouve aux US des grands banquiers d’origine juives, des entreprises dont les acteurs sont japonais, des politiques d’origines noirs (Powell, Rice), des restaurants italiens, françaises, des soldats d’origine chinoise, sont les signes d’un pluralisme bien intégrés, abstraction faite de la ségrégation qui demeure sous quelques formes.

     Il me semble que la grande vision des pères de la constitution américaine tel que Madison est de permettre un usage de la liberté personnelle qui profite au bien commun, c'est-à-dire au bien de toute la Nation. C’était là un ordre nouveau qui rompait d’avec l’ancienne vision que supportaient surtout les Américains du sud parce qu’il était de leur intérêt de refuser le pluralisme et ainsi de considérer les noirs qui travaillaient dans leurs plantations comme des égaux. Cet état de chose allait à leur défaveur. Michaël Novak, à la suite d’Alexis de Tocqueville affirme même que la conciliation entre le bien commun et le pluralisme faite par les Américains est un exemple pour d’autres Nations.

     Cette vision des choses transposée au problème du clivage tchadien peut éclairer sur plusieurs points : D’abord, on ne peut pas faire table rase des différences. Ensuite, il faut se dire que ces différences, loin d’être cause de division doivent être cause d’enrichissement mutuel. Il faut par la suite prendre les moyens idoines pour que ces différences profitent à tous. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas en entretenant des situations d’injustice comme le fait notre justice nationale qu’on y parviendrait. Ce n’est pas non plus en ayant cette maladie de ne vouloir être qu’en présence des gens de chez soi comme l’a décrié notre sœur Fatimé Yacoub qu’on y parviendrait. Précisons qu’il ne s’agit pas ici d’éviter pour autant tout contact avec les gens de sa région. Il est en effet réconfortant de se sentir aux côtés des gens qui ont plus d’une chose en commun avec soi. Ce que j’insinue est qu’il ne faut pas craindre de découvrir des personnes qui ne sont pas nécessairement de sa région. La connaissance vraie d’une personne fait tomber les préjugés qu’on avait d’elle.

     Les moyens à promouvoir sont ceux d’une cohabitation : concrètement c’est encourager la cohabitation des personnes d’origines divers dans les mêmes quartiers et non pas séparément comme c’est le cas pour la plupart du temps à N’Djaména. Des problèmes pratiques tels que les bars bruyants risquant de perturber la prière dans les mosquées ou dans les églises trouvent des solutions par elles-mêmes si une réelle volonté de vivre ensemble est présente. Il faudra aussi encourager par des sensibilisations et pourquoi pas par une intensification du cours de civisme ? Encourager des amitiés nord-sud etc. On pourrait citer nombre d’autres petits moyens pratiques mais, je pense que si les Tchadiens mettent les mains à la pâte, des solutions pousseront  par elles-mêmes comme des champignons.

     Mais comme la théorie doit précéder la pratique dans la mesure du possible afin d’éviter d’éventuels impasses, j’encourage la vision de mon frère Abdelkérim Ali qui pense qu’il faut inclure les facteurs précolonial. Mieux, dirai-je, il faut trouver la formule qui donnera de vivre un pluralisme tchadien qui aide au bien de toute la Nation. C’est là, une tâche qui incombe aux intellectuels tchadiens, qui d’ailleurs ne manquent pas à voire leurs interventions sur Ialtchad. C’est, je pense à cela que Lyadish Ahmet ou Ngotar Félix s’ingénient, à leur manière.

     En définitive, une seule idée se dégage : c’est qu’il faut user tant de ses moyens intellectuels que du savoir vivre ensemble pour dépasser le clivage nord-sud au Tchad et donner aux Tchadiens de travailler pour le progrès du Tchad et non pas de s’éterniser sur des problèmes qui vont avancer le pays à reculons. C’est de cette manière, je pense, qu’on arriverait à bannir de notre langage « tel est du sud tel autre est du nord » pour ne plus dire que tel est Tchadien.

Naortangar Rodrigue / Kinshasa, RDC.
naortaman@yahoo.fr


                                                   25/05/2003
                                   Débattons l'origine des toutes nos divisions

Je commence par un mot de remerciement au groupe Ialtchad d'avoir offert cette opportunité de dialogue et d'échange d'idées entre les Tchadiens.

Je crois que la meilleure façon d'aborder ce problème Sud-Nord c'est de regarder en arrière sur notre passé pré et post-colonial. Tout le monde sait que le Tchad moderne tire son origine des trois grands royaumes et plusieurs communautés d'auto-defenses qui ont existé pendant des siècles sur le territoire de l'actuel Tchad avec des rapports émaillés d'horreurs. Il y a des préjugés qui constituent, à mon avis, un rideau de fer pour un dialogue sincère afin de créer la base d'une nation moderne. Ces préjugés tirent leurs origines directement de l'histoire pré-coloniale. Certes nous avons organisé une conférence nationale pour débattre tous nos problèmes modernes et prendre un nouvel élan pour le future, mais pour moi elle a échoué. Car, elle a  manqué d'inclure dans son agenda un des majeurs problèmes qui est l'histoire pré-colonisation. Elle s'est plutôt juste limitée à l'histoire moderne. Essayons de voir comment ces royaumes ont gouverné ? Et quelles ont été leurs relations avec les autres ? Quels impacts avaient ces cultures du passé sur notre présent ? Je crois que cela continue toujours à nous poser des problèmes puisqu'une partie des citoyens se considèrent supérieurs à une autre à cause de leur passé et une autre partie se sent victime de cette injustice du passé. Ni l'une ni l'autre a clairement essayé de reconnaître les faits. Au contraire beaucoup des gens pensent que nos présents problèmes ont été crée par le régime sudiste de Tombalbaye ou bien c'est Habre qui en a été l'apôtre. L'importance de l'histoire c'est  d'en tirer des leçons. Beaucoup seront d'accord avec moi qu'une nation qui n'a pas bien compris son passé sera pour longtemps à l'état d'équilibre instable. Pour le cas du Tchad, essayons d'établir clairement les faits, en faisons une leçon pour la nation et tournons vers le future.
Que chacun de nous bien saisisse ces deux phrases suivantes :
· " Autant je ne me sens pas coupable des crimes de mes arrières parents, autant je ne me sens pas fier des crimes de la barbarie du passé.
· Et autant je me sens fier de mes victimes arrières parents, autant je me suis déterminé à battre pour que l'obscurantisme ne se répète. "

Il faudra qu'on admette qu'il n'y a pas seulement du problème Sud-Nord, mais il y a des problèmes Sud-Sud et  Nord-Nord. Prenons un exemple: Le  problème des "Hadad" et des des affranchis, ces gens sont toujours considérés comme des basses classes et marginalisés dans la société. Chose inadmissible sous d'autres cieux au début 21 siècle, mais c'est une réalité au Tchad. Et tous ces problèmes ont une même origine.
Pour résoudre ce problème, brisons le tabou en regardant les yeux dans les yeux, disons clairement qui est qui et qui a fait quoi. Et réconcilions.

Chers compatriotes, le problème n'est pas si simple. Il y  a un défi à relever, et chaque intellectuel tchadien a le devoir de participer.  Il y a de cela trois ans, un groupe des Tchadiens a été mandaté pour rédiger un code de famille, mais elle a lamentablement échoué. La raison est simple, ils ont ignoré la source de nos maux.

Je profite de l'occasion pour féliciter tous les jeunes Tchadiens qui participent activement aux débats d'idées sur ce site, et  je vous exhorte d'en persévérer. Si nos aînés ont échoué de résoudre les problèmes du Tchad par les armes, nous pouvons les résoudre avec les idées, c'est une conviction personnelle. Ainsi, nous pourrons rattraper le train du 21eme siècle pour s'asseoir dans la première classe et non dans les cabines des marchandises.

A bon entendeur salut.
Abdelkerim Ali Issa Mbodou, Texas, USA


                                                   25/05/2003
                                                
Bravo, Bravo, Bravo, Fatime
J’ai toujours eu beaucoup de respect pour la femme tchadienne, à chaque fois que je te lis sur ialtchad, mon respect ne fait qu’augmenter. Tu as du cran, Dieu soit loué pour cela. Je suis sure que les autres filles tchadiennes qui te lisent ont la même admiration. Mes respects ma sœur. Bref, revenons au problème du clivage nord/sud au Canada.

Il y a un adage noir américain qui dit que: « Tu peux enlever la fille du ghetto, mais tu ne peux pas enlever le ghetto de la fille » ou tout simplement selon un auteur inconnu: « Tu peux enlever l’homme de son pays, mais tu ne peux pas enlever le pays du cœur de l’homme ». Il y va de même pour le tchadien et cela pour des raisons que nous connaissons tous.

Le régionalisme basé sur les pratiques religieuses des uns et des autres a été utilise dés le début des indépendances pour faire du Tchad la catastrophe économique et sociale qu’il est aujourd’hui. Les acteurs de cette division ne sont pas encore tous mort. Une partie se trouve en Algérie ou en Libye, une partie se trouve au pouvoir au Tchad, une autre partie se trouve au Canada, une petite partie se trouve au Sénégal et quelques petites poches s’appelant politico-militaires sont disséminés ici et la aux abords des pays frontaliers des régions du nord Tchad.

La raison pour laquelle il y a division au Canada actuellement et spécialement au Québec, c’est que certains individus à la source des maux tchadiens n’ont fait que se transposer d’un continent à un autre, bénéficiant de protections qu’ils ne méritent pas, et cela après avoir endeuillé des familles tchadiennes et quitter le pays en catastrophe emportant avec eux l’argent du pays. Les bourreaux et les victimes se retrouvent dans un même habitat et devine, le cycle recommence, c’est inévitable.

Je suis sure que tu as beaucoup d’énergie et que la battante que tu es veux sincèrement rapprocher les deux communautés. Malheureusement, la tache est trop grande et compliquée. Le passé suit toujours ou que les gens aillent. Les humains sont toujours prisonniers de leurs martyrs et des souffrances considérées injustes qu’ils ont vécu de ceux qui se sentaient tout puissant. La plupart des gens qui ont des différends essaient de se tolérer, entre tchadiens, à cause du comportement gauche de certains, même la tolérance doit être mise de coté au profit d’une division claire et nette. Les uns ne sont pas prêts à reconnaître leurs torts et les autres ne veulent plus faire comme si de rien n’était, même pour une harmonie superficielle. Ce n’est pas parce que les sudistes et nordistes tchadiens se retrouvent au Canada, qu’il faut qu’ils agissent comme si le linge sale a été lavé en famille. Ceux qui peuvent s’entendre s’entendront, c’est tout ce qu’ont peut demander aux gens, il ne faut pas leurs demander d’être hypocrites.

Je suis triste que tu sois toute seule dans ton coin avec ton enfant, coupée du reste de la communauté, je veux dire des deux communautés tchadiennes. Tu seras obligé d’emmener ton enfant vers ces frères, tu finiras par découvrir les bonnes armes qui font partie de l’une ou l’autre communauté, avec qui tu pourras collaborer. Restes fidèle à tes principes, associes toi à ceux avec qui tu te sentiras à l’aise, d’où qu’ils soient.

La jeunesse dira non au clivage ethnique, seulement quand l’influence néfaste des parents sera enlevé et que les voix des ignorants en formation qui font partie de cette jeunesse seront tu a jamais.

En attendant, avec tout le respect que je dois aux bien-pensants nordistes, partisans de la réconciliation nationale et entente cordiale entre tous les ressortissants tchadiens, arrêter de blâmer de façon égale ou uniforme les sudistes et nordistes à chaque fois pour les divisions entre tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur.

Guyguy


22/05/2003
  Considérons les idées de cette sage Sœur.

D'abord bonjour les amis. En lisant l'article avancé (le 21 Mai 2003) par notre sage sœur Fatime Yacoub,  je me suis soulagé. En effet elle avait relaté des points très très importants.  Je ne vis pas au Québec mais ce clivage nous concerne tous en tant que fils et filles du Tchad. Je la connais pas mais j'ai beaucoup du respect pour ELLE. Si toutes les sœurs et frères tchadien(nes) pensent et réagissent de la même manière que Fatime Yacoub je pense qu'on aura aujourd'hui du Tchad surtout du Nord autre chose que Champs de bataille.

Pour finir, il semble qu'elle a mal intitulé (le clivage Nord/Sud au Canada).  Plutôt elle devrait intituler (le clivage Nord/Sud au Québec). Je dis ça parce que ici à Hamilton nous avons une communauté Tchadienne de Hamilton (C.T.H) qui est même légalisée par l'Etat canadien et nous n'avions pas ce genre de clivage. Dans le règlement intérieur de la C.T.H tous les tchadiens et tchadiennes sont les bienvenus. 

Votre ami et frère Mahadjir-fils, conseiller de la C.T.H


21/05/2003
      Le clivage Nord-Sud au Canada.       

En décembre dernier, presque trois mois après mon arrivée au Canada, j'ai appris qu'il sera organisé une fête des tchadiens. Fête organisée par l'association des Sudistes, des Kirdis. Puisque, le 11 Août fête de l'indépendance de mon pays est célébré par l'association des DOUM, des nordistes.
Étant nordiste même si je ne sais où commence le nord et ou finit le Sud dont mon "feu mari" semble être originaire, j'ai décidé de rester à la maison, avec mon enfant. Nous attendons impatiemment qu'une association du centre, de l'est ou de l'ouest soit créer afin de réclamer une fête pour mon enfant innocent métis (issu de ces deux régions folkloriques) comme l'appelle certains ethnologues et spécialistes de la géopolitique tchadienne.

Cette entrée en matière est ainsi pour vous signifier qu'il existe un clivage nord-sud chez les tchadiens dans un pays riche et multiculturel ou les gens sont toujours content de savoir d'où tu viens. Content d'apprendre ton appartenance, ta différence.
Les raisons de ce clivage sont ignorées par les nouveaux venus comme moi, ignorées souvent par les anciens eux-mêmes qui le nourrissent. Je me trouve donc couper de ma communauté ou chacun se méfie de chacun.

N'est-il pas aberrant que des associations qui se veulent unificatrices, communautaires puissent entretenir la discrimination, la division dont nous souffrons tant au pays. Ialtchad Presse ne doit elle pas chercher à rapprocher ses associations pour que la lutte qu'il a commencé soit effectif un jour ?

Si même les livres saints sont accessibles à tous, pourquoi ne pas demander à ces associations de nous publier les textes qui les régissent afin de nous permettre d'adhérer à celle qui nous convient ou encore à modifier le caractère discriminatoire de ces organes.

Une veuve comme moi, victime de la division, souhaiterait adhérer à une association qui pourrait la défendre et défendre son orphelin (nordiste ou sudiste victime d'un régime nordiste) face aux imprévus de ce pays aussi éloigné du notre.

Les premiers conseils d'ailleurs qu'on te donne consiste à doigter l'autre comme mauvais. Il faut éviter au maximum les tchadiens comme on évite la peste, me disait quelqu'un que j'ai fini par éviter. Je suis malheureuse dans mon coin avec mon enfant qui réclame l'amitié tchadienne, la beauté de notre état d'esprit d'entraide, d'assistance... J'ai aussi peur qu'il oublie la culture et la tradition de notre cher et beau pays.

J'attends donc de ces deux associations des explications qui pourraient me permettre de prendre une décision. Chaque communauté est unie et organisée au Canada. Il y en a qui ont leur quartier, d'autres leurs restaurants, d'autres encore leur église, leur mosquée. Bref elles ont tout pour les unir. Sauf la communauté tchadienne. Elle existe pour la calomnie, le dénigrement, la moquerie...

Je voudrais le contact des dirigeants de ces associations pour les inviter au débat sur le site. Heureusement aucun sujet n'est tabou chez les jeunes tchadiens d'aujourd'hui. Même s'ils m'évitent aujourd'hui, mon enfant, leurs enfants leur demanderont des comptes demain.

Il semble que le week-end dernier, l'association des musulmans a tenu son AG. J'espère que ce problème a été évoqué durant leurs assises. Je suis "nordiste" mais je n'ai eu que des fréquentations sudistes depuis mon enfance en Centrafrique. Donc permettez-moi de bénéficier de mes relations amicales et fraternelles qui me sont chères.

Ce qui est trop grave, c'est qu'il semble qu'il y a parmi les membres du bureau exécutif de ces associations des personnes "sages", des pères et des mères de familles qui cautionnent ce genre de situation. Ces personnes sur qui nous comptons pour briser le clivage, continuent eux-mêmes de nous diviser. La jeunesse doit dire non afin de contrecarrer les ambitions et les idées de nos parents qui ne nous profitent pas. Après la marche pour les étudiants tchadiens en Russie, ne sera-t-il utile de marcher ou débattre de ce problème ?

Fatime Yacoub
fati_ya@hotmail.com


26/03/2003
  Etats généraux de la justice : quelles questions quelles réponses ? 

Devant l’ampleur du désastre centrafricain et le milliard d’infos et images de Strike on Iraq que nous diffusent chaque jour les médias (télés, radios et Internet confondus), s’autoriser un créneau sur l’actualité de la Justice au Tchad paraîtra assurément aux yeux de beaucoup d’entre nous sinon d’une incohérence patente, du moins sans grand intérêt. Soit ! Par delà les deux grandes actualités du moment, j’ai pu lire sur la rubrique ‘‘revue de presse’’ du site www.cefod.org que les états généraux de la justice, qu’on croyait pourtant renvoyés aux calendes grecques, seront bientôt organisés. Sans vouloir fouailler ni nos magistrats ni leurs auxiliaires moins encore les justiciables qui ne cessent de crier à l’arbitraire d’une justice à deux vitesses, il me paraît nécessaire de susciter le débat sur la réalité du pouvoir judiciaire au Tchad, sa force, ses failles et ses dérives. Ce débat mérite d’autant plus d’être engagé qu’il nous concerne tous, citoyens intellectuels ou non.

 

Une chose et sûre : l’organisation prévue des états généraux de la justice dans notre pays traduit, à l’évidence, la nécessité affichée pour les magistrats de s’affranchir autant qu’ils le peuvent du carcan du pouvoir exécutif (chef d’Etat et Gouvernement). Cette volonté d’indépendance judiciaire tire sans nul doute sa source des dispositions constitutionnelles qui l’instituent.

 

En effet, l’article 146 de la Constitution du 31 mars 1996 énonce explicitement que « Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif » Il n’y a pas besoin d’être juriste pour savoir que le contenu de cet article organise la séparation des pouvoirs et garantit l’indépendance de différentes institutions de la République. Mieux, le préambule de la Constitution qui fait partie intégrante de celle-ci, rappelle que nous peuple tchadien « réaffirmons notre attachement aux principes des droits de l’Homme tels que définis par la Charte des Nations Unies de 1948» Cette Charte de l’ONU  s’inspire elle-même pour l’essentielle de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 laquelle précise en son article 16 que « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution »

 

Or, si cette indépendance nécessaire à la bonne marche de la justice est garantie par la loi fondamentale, dans la pratique, on assiste plutôt à une sorte d’emprise de l’exécutif sur le pouvoir  judiciaire. Cette emprise est d’autant plus puissante que nos magistrats ont fini par ne plus croire à leur indépendance. Croire ou réclamer ? Là est à mon avis l’ultime interrogation. Pourquoi nos magistrats n’osent-ils jamais dénoncer les multiples incursions injustifiées des hommes politiques (donc du pouvoir exécutif) dans le domaine judiciaire ? Pourquoi la justice au Tchad reste et demeure incapable d’exécuter ses propres jugements même ceux  revêtus de l’autorité de la chose jugée et rendus exécutoires selon le respect de la procédure ? Comment est-ce possible que certains criminels puissent échapper à la justice et à la prison sous prétexte que leur crime a été « absout » par le biais d’une transaction privée et selon leur coutume alors même que les dispositions de l’article 163 de la Constitution rappellent que « les réparations coutumières et traditionnelles ne peuvent faire obstacle à l’action publique » ? Pourquoi le meurtre, l’assassinat, la mise en danger de la vie d’autrui, le chantage, l’abus de confiance, l’abus de pouvoir, la menace, l’apologie du crime, l’enrichissement sans droit, l’association de malfaiteurs demeurent impunis ? De quels droits certains agents de l’Etat continuent à exproprier des paysans de leurs biens sans que cela n’attire l’attention de nos juges ? De quel droit certains magistrats rendent la justice ultra ou infra petita (l’affaire Billy Douga vs l’hebdomadaire Notre temps en est une illustration récente) au gré des circonstances et toujours en défaveur de la partie la plus faible c’est-à-dire les paysans, les justiciables qui n’ont pas de parents haut placés,  la presse etc. Bref,  pourquoi la justice au Tchad reste au service de ceux qui ont le pouvoir ? La Justice n’est-elle donc guère juste et indépendante et sait-elle organiser délibérément l’arbitraire toutes les fois qu’on le lui demande ?

 

S’il est vain, dans ces conditions de prétendre répondre à ces interrogations, du moins peut-on entretenir grâce à celles-ci le devoir de dénoncer l’imposture sur laquelle sont construites la dictature  et l’anarchie dans notre pays. En effet, depuis plus de 12 ans de « gestion des hommes et des institutions » (selon la formule employée par I. Deby), les citoyens assistent impuissants au règne de l’arbitraire pendant que le chef de l’Etat ferme les yeux sur les dérives mafieuses de ses propres ministres et directeurs généraux ou pire, lorsque ceux que la justice a essayé d’appréhender se retrouvent hissés au pinacle par un décret bienveillant.

 

Comme pour mettre en cause toutes les composantes de la société tchadienne (hommes politiques et sociétés civiles) le mensuel Tchad&Culture dans son numéro du mois de janvier 2003, s’interrogeait sur le manque de respect aux lois par les citoyens. Cette question a tout son sens et sa réponse coule de source. Pourquoi veut-on que la loi soit seulement respectée par les plus faibles, par ceux qu’on opprime, ceux qui subissent au quotidien les affres de la faim, de la maladie ? Si quelques aigrefins  à qui on confie la direction d’un projet ou un poste de ministre n’hésitent pas utiliser les fonds alloués à leur département pour se construire des villas à Diguel, à la rue de 40m, à Abena ou tout autre coin du Tchad sans s’inquiéter, pourquoi celui qui vole une marmite doit écoper d’une peine de prison ? Qu’on se le dise, beaucoup d’hommes politiques se sont enrichis avec les deniers de l’Etat et nos magistrats n’ont jamais osé mener des enquêtes sur l’origine de leur richesse. Pourquoi un tel silence, cette singulière langue de bois sur l’enrichissement sans cause de certains hommes politiques ? Nos magistrats font-ils l’objet de menaces de la part de quelques agrégats d’individus farouches qui n’hésiteraient pas à leur tirer dessus avec un fusil ? Tout est possible car plus d’une fois on a vu des hommes enturbannés et suffisamment armés tirer des coups de feu lors de certaines audiences de la Cour d’Appel de N'Djamena. Mais de tels comportements, même s’ils sont fréquents, restent isolés.

Alors pourquoi nos magistrats préfèrent-ils le silence à l’action ? Ne sont-ils pas formés pour dire le droit, pour mener des enquêtes sur  des infractions qui se matérialisent sous des formes diverses, sur  toutes les variations, tous les degrés de l’enrichissement personnel  ou familial, de l’utilisation de deniers publics à des fins intéressées au profit du clan, du réseau d’influence ou du parti politique de ceux qui possèdent le pouvoir ?

 

Aujourd’hui, les populations craignent la justice comme la peste ou, pire, la croient inutile. L’échec de nos magistrats ne doit pourtant pas nous conduire à leur dénier toute compétence ou toute légitimité. La justice dans notre pays est plus que jamais d’une utilité qui s’impose. Après douze ans d’ascèse et d’atonie décisionnelles, il est temps pour les juges de se prendre en main. La Constitution fournit à la justice les instruments nécessaires à son émancipation. Pour que ces instruments prennent valeur d’obligation à ceux auxquels (hommes politiques) ils sont opposables, il faut qu’ils soient réclamés et produits chaque fois que cela est nécessaire. Il faut imposer le respect de la Constitution à ceux qui en revendiquent la garantie (chef d’Etat), rendre exécutoire les jugements même à l’égard de ceux qui se croient intouchables. Si la loi a fait de tel ou tel acte une infraction, le juge doit appliquer au coupable le châtiment prévu ; si l’acte illégal est l’émanation d’une autorité publique, le juge doit annuler l’acte dont il s’agit ; si un fait quelconque a causé des dommages à autrui, le juge doit condamner son auteur à en réparer les conséquences. Bref, rendre la justice comme il se doit, sans angélisme ni idéalisme déplacés mais aussi sans peur ni complaisance injustifiées.

 

Il est vrai pour que la justice puisse faire son travail en toute indépendance, il faut lui assurer les moyens qu’exige la mise en œuvre de ses décisions, à savoir les moyens humains, matériels et financiers. Ce problème se pose avec une acuité accrue et les états généraux doivent normalement être l’occasion de réclamer plus de moyens. Je ne crois pas que le gouvernement sera incapable de fournir de tels moyens lorsque pour se débarrasser des rebelles et garantir sa place au Palais rose, I. Deby n’hésite pas à employer les bonifications du pétrole pour s’acheter des hélicoptères de combat. Enfin, une autre question m’empêche de dormir. Pourquoi en dehors de la ville de N'Djamena, commandants de brigade et autres combattants de même acabit se substituent-ils au juge pour faire régner leur propre loi ? Je voudrais qu’on m’explique ce phénomène qui est plus que curieux dans un pays dont les dirigeants se targuent d’être des démocrates exemplaires. Au-delà de la compétence du tribunal de police pour une catégorie bien définie d’infractions, les combattants peuvent-ils rendre la justice selon notre droit positif ? Je reviendrai sur cette question et sur bien d’autres (Code de la famille, dignité humaine, droits de l’homme, loi anti-corruption, incompétence, cercle vicieux, auxiliaires de justice…) dans la seconde partie de mon intervention. D’ici là souhaitons que les états généraux de la justice ne soient pas aux ordres de nos Généraux.

  Lyadish AHMED


25/01/2003
Les enjeux politiques et éthiques de la désobéissance civile
Essai d’analyse de la conception de John Rawls.

 

(Pour ceux qui le connaissent pas, John Rawls est un philosophe américain qui a beaucoup réfléchi sur la question de justice politique. Il est considéré comme un classique de la philosophie politique. Je suis en train de rédiger mon mémoire sur lui. Je partage avec les ialtchad ce petit article que j’ai rédigé sur la désobéissance civile. Les critiques sont les bienvenues.)

 

   Dans un monde où le recours à la violence pour justifier les injustices politiques est monnaie courante, dans un monde où les plus forts n’hésitent pas à utiliser la violence pour imposer leurs vues, dans un monde où la violence est érigée en méthode de gouvernement, nous nous proposons de réfléchir avec Rawls, Gandhi et Martin Luther King sur les conditions de possibilité de la non-violence. Nous verrons avec eux que les fruits auxquels parvient la méthode non-violente sont les plus dynamiques, les plus humains en termes de respect des droits de l’homme, et les plus durables en  termes d’acquis démocratiques. Ce qui explique qu’il est possible non seulement de cultiver la non-violence comme valeur sociétaire et citoyenne, mais aussi et surtout comme option méthodique et radicale de résolution des conflits.
   Les enjeux politiques et éthiques de la non-violence sont énormes pour celui ou celle qui opte résolument contre la violence. L’être humain convaincu que la non-violence est une valeur citoyenne supérieure l’érige en mode d’action et de comportement. Sur le plan politique, la désobéissance civile est une expérience de la non-violence. Pour en comprendre la portée, nous nous appuierons sur  son analyse faite par Rawls, un des classiques en philosophie politique. Sur le plan religieux, nous aurons recours à Gandhi et à Martin Luther King pour mettre en exergue la double vissée de la non-violence: purifier la violence du cœur et convertir l’adversaire en le transformant.

LES ENJEUX POLITIQUES DE LA DESOBEISSANCE

   Réfléchir sur les enjeux politiques de la non-violence revient pour nous à en examiner la conception rawlsienne. Dans ce sens, relevons que la désobéissance civile et la non-violence sont des thèmes complexes et intrinsèquement liés. Complexes parce que la façon de les aborder provoque toujours plus de questions difficiles. Liés, à cause de leur nature et de leur portée. En effet, la désobéissance est dite civile lorsqu’elle est non-violente. Elle est non-violente lorsqu’elle vise, selon Rawls, à interpeller le sens de justice de la majorité, c’est-à-dire ceux qui sont aux commandes des institutions démocratiques. Cette interpellation est justifiée par les violations ouvertes et répétées des principes substantiels qui constituent la charnière du Contrat social. Ainsi comprise, la désobéissance civile est une forme d’expression hautement politique dont le but est de corriger les injustices par rapport aux libertés fondamentales des citoyens considérés comme des personnes morales, libres et égales. Chez Rawls, la désobéissance civile est éminemment liée au Contrat social dont l’originalité se situe au niveau de sa position originelle, situation d’égalité où les partenaires sélectionnent les principes substantiels de justice.

LA POSITION ORIGINELLE

  
Les deux principes substantiels de liberté et d’égalité sont sélectionnés dans une positon dite originelle. Qu’est-ce à dire ? Cette notion est capitale dans la compréhension du système rawlsien. La position originelle veut dire que les partenaires sont symétriquement situés. Autrement dit, ils ont des pouvoirs et des droits égaux. Bien plus, ils font face à des contraintes redoutables imposées par le voile d’ignorance, une autre notion au cœur de la philosophie de Rawls. Le voile d’ignorance signifie que les partenaires ne connaissent pas leur position passée, présente et future dans la société dont ils sélectionnent pourtant les principes qui organiseront la structure de base, objet premier de la justice. Les partenaires ignorent les institutions existantes, leur propre place dans la distribution des talents et habilités naturels. Ils ne savent pas s’ils sont intelligents, homme, femme, etc. Finalement, ils ne connaissent pas leurs intérêts et préférences particulières. Brefs, ils ignorent leur conception du bien. Ce manque d’information vise un objectif politique clair : empêcher quiconque de profiter de sa situation pour tailler les principes à son seul avantage. Une fois les conditions d’équitabilité réunis, les partenaires choisiraient deux principes selon lesquels (1)chacun doit avoir un droit égal au maximum de libertés fondamentales qui soit compatible avec l’octroi de ces mêmes libertés à autrui. Ensuite(2), les inégalités sociales et économiques, attachées à des fonctions et des emplois accessibles à tous, dans des conditions impartiales d’égalité de chances,  ne doivent être tolérées que si elles profitent surtout aux plus pauvres de la société et si elles résultent d’opportunités socio-professionnelles ouvertes à tous. Chez Rawls, ces deux principes, le principe de liberté(1) et d’égalité(2) doivent être interprétés selon  l’ordre lexical. En d’autres termes, il est crucial que le premier principe soit prioritaire par rapport au second. Précisément, la priorité de la liberté doit être satisfaite avant d’invoquer le principe d’égalité et de différence. Cela montre la priorité de la justice sur l’efficacité et le bien-être.
   Cette analyse de l’idée de contrat chez Rawls vise à nous faire comprendre la validité du recours à la désobéissance civile pour rétablir la justice. Le contrat rawlsien vise à instaurer une société juste, non égalitaire ni, et encore moins, une société qui ne se soucie d’aucune égalité. Il entend instaurer  une société équitable dans laquelle les positions donnant le plus de bénéfices sont accessibles à tous. C’est une société considérée comme système équitable de coopération et fondée sur la conviction que tous les biens, y compris la propriété et les talents humains, existent sans être possédés par les personnes qui en sont investies par la nature. C’est une société qui résulte fondamentalement d’un accord[1] dont les principes précités offrent les seuls critères crédibles de jugement en matière de décisions politiques. En d’autres termes, la coopération sociale, consécutive à cet accord, sera juste ou injuste pour autant qu’elle se conforme ou non aux principes issus de l’accord. Mais, prévient Rawls, la non conformité aux deux principes, c’est-à-dire au consensus, ne doit pas systématiquement déclencher la désobéissance civile. Il existe une procédure publique à respecter.


Les étapes politiques qui précèdent la désobéissance civile.

 

1)  Première étape : se soumettre aux lois injustes

 

Comme précisé plus haut, les violations répétées des principes substantiels de justice ne conduisent pas automatiquement à la désobéissance civile. Il faut suivre plusieurs étapes, lesquelles  expriment le désir des citoyens de rester fidèles aux lois de leur pays. La première exige que nous nous soumettions aux injustices. La raison en est simple. En effet, Rawls considère que les difficultés de jugement, « the burdens of reasons », sont inévitables dans la vie humaine : « Le processus constitutionnel est toujours un cas de ce que nous pouvons appeler une justice procédurale imparfaite, c’est-à-dire il n’y a pas une procédure politique plausible qui nous garantisse que seules les lois justes et efficaces seront édictées une fois l’accord général conclu. C’est pourquoi, même dans un régime constitutionnel juste, des lois injustes peuvent être promulguées et des politiques (policies) injustes appliquées »[2]. Cela revient à dire que « si la constitution est juste, et si nous avons accepté et sommes toujours prêts à accepter ses bénéfices, nous avons à la fois l’obligation et le devoir naturel de nous conformer à ce que la majorité décidera même si cela peut être injuste. L’injustice de la loi n’est pas une raison suffisante pour ne pas respecter les lois injustes. De cette manière, nous sommes contraints d’obéir aux lois injustes, pas toujours, bien sûr, mais pourvu que l’injustice n’excède pas certaines limites. La justice nous lie à une juste constitution et aux lois injustes qui peuvent éventuellement être promulguées. »[3]
   Cette première attitude est celle des citoyens responsables, considérés comme justes et égaux, désireux de construire une société par des moyens pacifiques. Mais Rawls est clair : l’injuste oui, mais pas à n’importe quel prix. L’injustice oui mais à condition que cela n’excède pas certaines limites : « Et si dans son jugement, les lois de la majorité dépassent certains degré d’injustice, le citoyen peut recourir à la désobéissance civile. Car nous ne sommes pas tenus d’accepter à tout prix les actes injustes de la majorité inconditionnellement et de tolérer les dénis de nos libertés et celles des autres. »[4] En clair, si les violations des principes se multiplient, il faut recourir à l’option de la désobéissance civile, comprise par Rawls comme étant un acte éminemment politique: « Je comprends la désobéissance civile comme un acte publique, non-violent et consciencieux, contraire à la loi couramment faite, avec l’intention de provoquer un changement dans les politiques ou les lois du gouvernement. C’est un acte politique que le gréviste croit être justifié par la conception de la justice comme équité, et pour cette raison, elle peut être comprise comme interpellant le sens de la justice de la majorité pour hâter  la reconsidération des mesures contestées et d’avertir que, dans l’opinion sincère du gréviste, les conditions de la coopération sociale ne sont pas respectées. »[5] Ainsi définie, la désobéissance civile est légitime. Mais il convient de respecter trois conditions dès que l’option de la désobéissance civile est prise.

 

2)  Trois conditions pour désobéir civilement

Nous savons maintenant que chez Rawls, la soumission aux lois injustes n’est ni inconditionnelle, ni illimitée. Mais avant de s’y engager, il faut considérer trois conditions qui rendent la désobéissance civile compatible avec les principes substantiels de justice, à la base d’un régime constitutionnel démocratique. Premièrement,  on doit recourir à la désobéissance civile si « les demandes légales à la majorité ont été déjà faites en bonne foi et ont été rejetées et que les moyens légaux de redressement ont été essayés. Il est légitime de recourir à la désobéissance civile si la majorité indifférente aux revendications légitimes de la minorité et les tentatives pour abroger les lois contestées ont rencontré plus de répression de la part de la majorité qui tient les institutions légales.»[6] C’est dire que la désobéissance civile doit être entreprise comme un dernier ressort quand toutes les voies légales ont échoué. Bien plus, en tant que forme d’action politique, elle doit être faite dans les limites de la fidélité à la loi. Gandhi de dire la même chose : « La désobéissance civile présuppose l’habitude du respect des lois sans craindre leurs sanctions »[7] Comme action politique anormale, dit Rawls, elle doit être engagée quand il existe non seulement une grave injustice à la loi, mais aussi un refus délibéré de la corriger.

Deuxièmement, la désobéissance civile doit être circonscrite à ce que Rawls appelle les violations substantielles et claires de la justice et, de préférence, à celles qui, rectifiées, établiront les bases susceptibles de faire disparaître le reste des injustices. Cette partie touche surtout les violations flagrantes des premiers principes contenus dans le Contrat : le principe de liberté et d’égalité d’opportunité : « The deliberate denial of these principles more or less over any extended period of time in the face of normal political protest is, in general, an appropriate object of civile desobedience »[8] Troisièmement, la désobéissance civile devrait être limitée, dit Rawls, à ces cas où le gréviste est prêt d’affirmer que n’importe qui d’autre soumis au même degré d’injustice, a le droit de protester de la même manière : « Autoriser les autres à en faire autant montre que nous sommes convaincus que désobéir civilement aux violations claires des libertés fondamentales pourrait élever le degré de justice dans la société et assurerait l’estime de soi »[9] Le Prix Nobel de la paix de 1963, Martin Luther King abonde dans le même sens en posant quatre étapes : « Toute campagne non-violente procède en quatre étapes fondamentales. Premièrement, enquête sur les faits pour déterminer les signes concrets d’injustice. Deuxièmement, négociation. Troisièmement, examen de conscience. Car, tout comme un soldat traditionnel doit vérifier sa carabine et la nettoyer, on exige des soldats non-violents qu’ils inspectent et polissent leurs armes principales : leur cœur, leur conscience, leur courage et leurs de la justice.  Quatrièmement enfin, action directe. »[10]

On le voit, la délicatesse avec laquelle Rawls, Gandhi et M.Lking traitent de la désobéissance civile montre que celle-ci est un cas d’objection de conscience qui exige un grand degré de prudence et de discernement. Elle doit être bien pesée avant toute décision. Chez Rawls, elle doit être considérée surtout quand ses conséquences sont acceptables. C’est pourquoi, il examine avec soin, comme M.L.King,  quelques dispositions pratiques : d’abord, il ne faut pas avoir recours à la désobéissance civile quand ceux qui tiennent les institutions démocratiques n’ont pas un sens de justice. Ensuite, il faut l’éviter si elle peut provoquer de violentes représailles de la majorité. Dans ce cas, Rawls ne nous dit pas quelle est la conduite à tenir, il ne nous dit pas s’il faut ou non faire usage de la violence. C’est en tout cas la question que nous lui posons. Enfin, Rawls rejoint Martin Luther King en exigeant que la désobéissance civile, pour porter du fruit, soit méthodiquement planifiée. Cette théorie rawlsienne de la désobéissance civile, essentiellement non-violente, nous éclaire sur les convictions profondes de Gandhi et de Martin Luther King. LES enjeux politique de la non-violence est donc clair : interpeller le sens de la justice de ceux qui sont aux commandes afin de corriger pacifiquement et profondément les injustices causées. A cet enjeu politique s’ajoute un autre, religieux cette fois-ci, qui est aussi de taille.

 

LES ENJEUX ÉTHIQUES ET RELIGIEUX DE LA NON-VIOLENCE

 

M.K.Gandhi, père de l’Indépendance politique, spirituelle et morale de l’Inde, développe davantage le thème de la satyagraha, la non-violence, sur le terrain spirituel. La non-violence vise avant tout la purification de la violence existentielle, ontologique, c’est-à-dire celle qui est dans le cœur de l’être humain. Avant d’en faire l’arme privilégiée de son combat politique, Gandhi conçoit la non-violence  d’abord comme  chemin d’une victoire sur soi-même, contre la violence de son propre cœur. Elle entend aussi convertir l’adversaire en le transformant en ami. Dans ce sens, la non-violence vise à éradiquer le mal, elle est un moyen efficace de lutte contre l’injustice, la cruauté, l’exploitation et l’oppression. Pour acquérir «  cette force d’âme, cette force d’amour », celui qui aspire à être  non-violent doit cultiver le contrôle de lui-même, l’ascétisme, l’aptitude à souffrir sans haine ni crainte des sanctions. Gandhi part de la conviction que la violence ne triomphe pas toujours du mal, elle le supprime provisoirement, puis il réapparaît avec une vigueur redoublée. La non-violence, en revanche, met un terme au mal, car elle transforme en profondeur à la fois celui ou celle  qui le provoque et les structures perverses.

La signification qu’il en donne est particulièrement éclairante : « La signification fondamentale de la non-violence est qu’elle est l’adhérence à la vérité. Elle est la force de la vérité. Dans l’application du satyagraha, j’ai découvert très tôt que la recherche de la vérité n’admettait pas que la violence  soit infligée à l’adversaire mais qu’il était possible de l’amener à renoncer à l’erreur par la patience et la compassion. Car ce qui apparaît à l’un comme la vérité peut apparaître à l’autre comme une erreur. De sorte que la doctrine finit par signifier la défense de la vérité non par l’infliction de souffrance sur l’adversaire mais sur soi-même »[11]

Par ailleurs, la non-violence gandhienne n’est pas synonyme de la lâcheté : « Je crois que s’il fallait, un jour, choisir entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. C’est pourquoi j’ai pris part à la Guerre des Boers, à la soi-disant révolte zouloue et à la dernière guerre. C’est pourquoi également je préconise l’apprentissage du maniement des armes pour ceux qu croient à la méthode violente. Je préférerais que l’Inde ait recours aux armes pour défendre son honneur plutôt qu’elle devienne ou reste lâchement le témoin impuissant de son déshonneur »[12] On le voit, la non-violence chez Gandhi est une attitude de foi, une attitude hautement spirituelle qui exige du satyagrahi (le non-violent) un perpétuel dépassement de soi selon le modèle du surhomme Nietzschéen. Gandhi la croit être supérieure à la force des armes, à la violence qu’il appelle la force du corps.  Bien plus, elle est une attitude qui refuse, sur le plan politique, d’appliquer des lois injustes, contraires à la conscience du non-violent. M.L.King le rejoint en affirmant que pour lui, la force morale, c’est-à-dire la non-violence,  possède plus de pouvoirs et de vertu que le coup de poing ; et que la maîtrise de soi, qui refuse la riposte, requiert plus de volonté et de courage que le réflexe automatique de rendre coup pour coup.

Il est inutile de souligner que Martin Luther King est un disciple convaincu de Gandhi. Cela explique les  allusions fréquentes que nous lui avons faites.  Dire qu’il est son disciple revient à admettre que la méthode non-violente gandhienne a eu une influence profonde sur lui. La preuve en est qu’il en fait sa méthode d’action politique en matière de revendication des droits civiques. En témoigne aussi l’éloge la plus éloquente qu’il adresse à la non-violence : « Les Noirs de 1963 comprirent que la non-violence pouvait devenir le symbole du courage, et non un signe de lâcheté. Elle leur permettait, en accord avec leurs principes religieux, d’être un instrument de leur propre liberté. Elle leur offrait la possibilité de transformer la haine en énergie constructive et de parvenir non seulement à se libérer mais à libérer également leur oppresseur de ses fautes. Et cette transformation eut pour merveilleux résultat de changer le visage de l’ennemi. L’ennemi du  Noir n’était plus un individu, mais un système pervers qui amenait celui-ci à mal agir »[13] Dans cet éloge, nous retrouvons les lignes principales définies par Gandhi. Par ailleurs, la non-violence  comporte des effets bénéfiques sur l’identité de celui ou celle qui s’y engage : « En se révoltant, les Noirs n’attaquèrent pas seulement la cause extérieure de leur misère : leur révolution les révéler à eux-mêmes. Le Noir savait qu’il était quelqu’un. Il découvrait le sens de sa personnalité et il lui fallait très vite se libérer »[14] Cette approche de la non-violence de ces deux figures marquantes de l’histoire de notre temps est un désaveu cinglant à ceux qui, surtout en Afrique, qui croient à l’efficacité de la violence comme seul moyen de faire aboutir des revendications politiques et de se faire un « grand nom. »

 

L’EXPÉRIENCE AFRICAINE

 

La non-violence gandhienne a pris naissance en Afrique avant de se déployer en Inde. Rappelons que c’est surtout la désobéissance civile qui a fait connaître Gandhi. Celui-ci, sur le plan politique,  la définit essentiellement comme le refus d’appliquer des textes néfastes à la population. Il a organisé la désobéissance civile en Afrique du Sud contre les lois humiliantes appliquées par le gouvernement à l’encontre des Indiens de ce pays.»[15]

Cette genèse africaine de la méthode non-violente appliquée sur la sphère politique est significative, bien qu’elle semble désuète actuellement. En tout cas, en Afrique d’aujourd’hui, l’attitude vis-à-vis de la violence comme moyen efficace de résoudre les conflits devient de plus en plus acceptée. En effet, beaucoup de religieux, d’hommes politiques et d’intellectuels africains s’accordent pour admettre que seules les revendications politiques de ceux qui prennent les armes contre l’Etat sont considérées. Mieux, ce sont ceux qui optent pour la violence contre les institutions démocratiques qui deviennent des « grands ». En témoignent les récents événements tragiques de la Côte d’Ivoire. En fait, la plupart d’Africains admirent la méthode forte lorsqu’ils voient au devant de la scène politique des jeunes de trente ans comme Guillaume Soro devenus populaires, abondamment médiatiques, simplement parce qu’à l’origine de leur action politique se trouve l’option violente. Etienne Tischekedi, après avoir milité civilement en vain sur le plan politique, n’a pas hésité à prendre les armes. La violence devient alors synonyme de courage, de virilité.

Que faut-il dire de tous ces événements qui semblent donner raison à ceux qui croient que seule la violence résout les injustices politiques institutionnalisées ? L’histoire montre que la non-violence prend et exige du temps avant d’arriver aux résultats durables. Les résultats politiques stables, démocratiques, plus humains auxquels sont parvenus Gandhi et Martin Luther King constituent un démenti cinglant à la méthode violente. D’autre part, la non-violence est plus économique, plus humaine parce que non seulement du fait qu’elle préserve les acquis économiques et les vies humaines, mais aussi parce qu’elle est fondée sur  respect intégral de l’adversaire. Elle aide à construire uns société civile durable. En Afrique, la désobéissance civile devrait être la méthode par excellence de résolution des conflits étant donné la fragilité des infrastructures économiques et éducationnelles mises en place. Rien n’est sûr que la violence donne toujours des résultats escomptés. De plus, les succès ponctuels de la violence ne signifient pas qu’elle est une méthode absolue de résolution des conflits. En tout cas, l’histoire montre que nous pouvons arriver à des résultats plus concluants, plus convaincants, plus durables par la désobéissance civile. L’exemple gandhien et de M.L. King en témoignent. Cela dit, au lieu de prendre les armes, il est plus démocratique de cultiver, patiemment, la force de l’opinion publique comme dans les pays à démocratie avancée.

Les enjeux politiques et religieux démontrent que la non-violence, à travers la désobéissance civile, vise à interpeller le sens de justice de la majorité. Autrement dit, elle entend améliorer la qualité de la justice. Cette revendication d’une meilleure justice permet un meilleur équilibre entre la majorité et la minorité. Elle régule la justice tout en préservant les acquis. Sur le plan religieux, la non-violence, en purifiant le satyagri tout en passant par la transformation de son adversaire montre que résoudre des injustices politiques et sociales ne demande pas nécessairement qu’on prenne les armes contre les institutions démocratiquement élues, même si, en Afrique, la difficulté réside au niveau de l’absence de la reconnaissance publique de la Constitution souvent modifiée pour des intérêts personnels.

 

MBAIHORNOM Bruno

Kinshasa, RDC

 


[1] Nous disons accord parce qu’on ne peut parler de désobéissance civile que lorsqu’il existait préalablement un accord, une entente dont le non respect peut logiquement justifier la désobéissance civile. C’est dire qu’on ne peut comprendre la désobéissance civile que lorsqu’elle est consécutive à la violation répétée de ce que Rawls appelle le consensus par recoupement(the overlapping consensus). Une lecture attentive de Rawls montre en effet que le consensus PR est une suite logique du contrat dont les principes violés provoque la désobéissance civile.

Ce consensus conduit à une conception politique de la justice dont l’indépendance vis-à-vis des doctrines compréhensives raisonnables qui l’ont pourtant inspirée  est une exigence cardinale.
[2] John Rawls, Collected Papers, P.180

[3] idem
[4] idem, p. 181
[5] idem, p. 181
[6] John Rawls, Collected papers, p.183
[7] M.K.Gandhi, Résistance non-violente, p.14
[8] J.Rawls, Collected papers, p.184
[9] Idem.
[10] Marin Luther King, Révolution non-violente, p.95
[11] M.K GANDHI, Résistance non-violente, p.16
[12] Idem, p.115
[13] Martin Luther King, Révolution non-violente, p.1
[14] Martin Luther King, Révolution non-violente, p.31
[15] Préface de Résistance non-violente, p.9


                                                13/01/2003
                                        Raël, Clonaid, Ève et les africains

Bonjour à vous tous !
   Voilà enfin l'année 2003 sur les rails. Il ne me reste rien qu'à vous souhaiter les traditionnels vœux de santé, de réussite et de prospérité. Je ne sais pas si la majorité des internautes ialtchad(.iens) est au courant, mais il est de ces sujets d'actualités qui ne passent jamais inaperçus. À quoi vous pensiez?. À la crise de grève générale qui paralyse le Venezuela?. Des intentions guerrières du cow-boy texan George W. Bush pour une possible invasion par les États-Unis de l'Irak?. Non, vous étiez tous passés à côté de la bonne réponse!. Il s'agit plutôt d'une autre nouvelle assourdissante, d'une première mondiale et qui a fait le tour du monde : La supposée naissance du premier bébé cloné. Si pour les raëliens, le clonage des humains est la clef de la vie éternelle, pour le reste du monde c'est une effrayante transgression. Écoutez, je ne suis pas un scientifique, encore moins un chimiste. Mais vu l'importance de cette annonce, j'ai immédiatement décidé de faire des recherches et trouver des explications un peu partout pour vous expliquer ce phénomène. Je vous rappelle que l'annonce a été faite en grande pompe le 27 décembre 2002 par Brigitte Boisselier, présidente de la firme de clonage Clonaid, basée en Floride(É.U.A.). Pour bien cerner et comprendre tout ça, chers internautes Ialtchad(.iens), il est impératif de se poser certaines questions du genre : Qui est donc Raël? C'est quoi Clonaid? Qui est ce supposé bébé qu'on avait appelé Eve? Qui est le fondateur du Mouvement des raëliens? C'est quoi un bébé cloné?.Et c'est quoi le rapport avec les africains dans tout ça?.
1- Qui est raël ?
Un extraterrestre a désigné de RAËL, le fondateur du Mouvement. Raël signifie CELUI QUI APPORTE LA LUMIÈRE DES ÉLOHIMS. En effet, le Mouvement raélien veut préparer l'accueil des extraterrestres sur terre en diffusant leur message dans le monde d'aujourd'hui.
2- Qui est le fondateur du Mouvement?.
   Claude Vorilhon, un ressortissant français né le 30 septembre 1946 à Vichy. En 1973, Claude Vorilhon rencontre un extraterrestre qui lui donne son nom nouveau de RAËL et lui transmet le savoir extraordinaire du monde planétaire. En 1975, une nouvelle délégation d'extraterrestres est venue pour chercher Raël et l'emmener sur une planète. Il y a vu des choses prodigieuses et y a rencontré Bouddha, Moïse, Jésus et Mohamet, maintenus en vie scientifiquement en attendant de revenir sur terre un jour.
   Trois ans plus tard, Raël dévoile la suite des messages reçus, entre autres la destruction de l'humanité par une guerre atomique mondiale. Mais, avant cette catastrophe finale, les extraterrestres interviendront pour sauver certains êtres, comme les non-violents, par exemple. La mission actuelle pour Raël et ses disciples est de construire une ambassade destinée à accueillir les extraterrestres soit à Jérusalem ou ailleurs en Israël.
3- C'est quoi Clonaid ?
La société Clonaid, un laboratoire de clonage humain, est liée au Mouvement religieux(C'est au Québec qu'il aurait acquis le prestigieux titre de RELIGION) des raéliens. La P.D.G de la firme avoue ouvertement être une adepte de Raël qu'elle n'hésite d'ailleurs pas d'appeler sournoisement SA SAINTETÉ RAËL.
4-Qui est Eve ?
   Eve est le prénom qu'on avait donné au premier bébé supposé cloné dans les laboratoires de Clonaid. Elle serait donc une fille et se porterait en bonne santé quelque part sur cette terre. Mais le journaliste indépendant qui était censé superviser les examens génétiques de la naissance d'Eve, a même fait savoir qu'il suspendait pour l'heure ses efforts, faute d'avoir encore eu accès à l'enfant. En d'autres termes, il est possible que l'annonce de Clonaid fasse partie d'une supercherie élaborée et destinée à faire de la publicité au Mouvement Raélien.
5-Qu'est-ce qu'un bébé cloné?.
   Dolly la brebis démontrait que l'on pouvait créer la vie sans spermatozoïdes. Eve, peut-être premier bébé cloné, selon la secte des raéliens, en apporterait la confirmation. Mais le clone n'est pas qu'une création de laboratoire. Dans l'espèce humaine, il en existe déjà : Les jumeaux. Ils proviennent de la séparation très précoce des cellules d'un même embryon. Chacun des deux a le même A.D.N. Créer un être humain, mais cette fois-ci sans reproduction sexuée, nécessite la maîtrise de trois étapes clés. Tout d'abord, prélever un ovule chez une femme. En même temps, extraire une cellule quelconque, par exemple de la peau, de celui ou celle qui désire se faire cloner. Deuxième phase : ôter le noyau de l'ovule que l'on remplace par celui de la cellule. Ce nouveau noyau constituera le code génétique du clone, identique à celui du donneur. Ainsi modifié, cet ovule se transformera en embryon. Peu de temps après, celui-ci devra être implantée dans l'utérus de la future mère. L'enfant sera alors le vrai jumeau de l'homme ou la femme qui aura donné ses cellules de peau.
Si la condamnation est unanime, seuls trente pays interdisent légalement cette pratique.
6- Et pourquoi les africains dans toute cette histoire de fous à la Frankenstein ?, me rétorqueriez-vous!.
   Selon le site Web  www.afrik.com, dans un article paru en date du 03-10-02, la Société de clonage humain Clonaid a décidé de poursuivre ses activités en Afrique. Elle installe une partie de ses laboratoires à Abidjan. La nouvelle antenne sera opérationnelle dés ce mois de janvier 2003. Lié au Mouvement raélien qui est considéré comme une secte dangereuse, Clonaid développe depuis 2000 la technique du clonage et avait déjà procédé à l'implantation d'embryons viables chez l'homme. En plus de sa probable implantation en Côte d'Ivoire, Brigitte Boisselier, connue pour ses bluffs et autres sorties en trombe, nous déclarait que beaucoup d'autres pays africains tels que le Maroc, l'Afrique du Sud, la Tunisie ou même le Congo auraient fait une demande pour recevoir Clonaid chez eux. Vu qu'il n'existe en terre africaine aucune loi ni même un projet de loi interdisant le clonage des humains, Clonaid et les raéliens pourraient très bien profité de ce vide juridique en continuant leur triste besogne. Et pour parvenir à leurs fins, les raéliens ne lésineront pas sur les moyens. Cette secte compte plus de 50.000 membres à travers le monde et a un compte en banque bien garni d'un montant avoisinant le milliard de FCFA. Dieu seul sait s'ils ne débarqueront pas un jour au Tchad et essayer de nous berner. En ce qui me concerne, je n'ai aucun respect pour ce bouffon de clown de Raël(mais l' aviez-vous vu à la télévision et l'image négative de messie qu'il fait semblant de nous montrer ?.) et ses comparses.

   En conclusion, chers internautes ialtchad(.iens),je voudrais profiter de cette occasion pour lancer un message clair à tous mes compatriotes vivant en Amérique du Nord, en Australie et en Europe, trois parties du monde ou la secte est implantée le plus, de ne jamais et au grand jamais succomber à la tentation du diable. Il ne faut pas non plus oublier que nous croyons tous en un seul et unique Dieu.
Dans les Infidèles, au sourate 109, il est écrit clairement en six versets ceci :
Au nom d'Allah, le tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
1- Dis ô vous les infidèles!  2- Je n'adore pas ce que vous adorez. 3- Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore. 4- Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez. 5- Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore. 6- À vous votre religion, et à moi ma religion.
   Tout un africain(ou tchadien) averti, sait très bien que les sectes ne mèneront nulle part ailleurs qu'à des suicides collectifs et à la désolation. L'exemple d'un suicide collectif survenu récemment en Afrique de l'Est et ordonné par le gourou d'une secte, en est un signe avant coureur de la méfiance qu'on doit avoir à l'égard de ces supercheries.
   Robert Hossein, un acteur, metteur en scène de théâtre et cinéaste français avait déclaré un Jour «Je ne monte pas de grands spectacles pour faire du tintamarre, mais pour qu'en chacun de nous résonne l'espérance.». Raël, les raéliens et Clonaid devraient bien méditer sur cette citation(oh, combien vraie) pour ne pas nous annoncer pour rien des choses impossibles et immorales dans un monde d'éthique et du bon sens.
Ne vous laisser jamais berner, chers internautes ialtchad(.iens) !!!.
À bon internaute salut!.

Mahamat A. Moussa Wichemi
Mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal(Canada).


                                                 01/01/2003
                                             Jugez, critiquez, mais proposez
Bonjour chers frères du Tchad!
   C'est pour la première fois que je participe au rubrique forum de notre site électronique. Mais au lieu d'étaler des idées savantes comme certains d'entre vous, je m'arrête sur un point qui me semble être de mon niveau car ne possédant pas la faculté intellectuelle de beaucoup d'entre les fils du Tchad. Ce dont je voulais dire est tout simple est se résume à cela: vous qui jugez et critiquez, qu'est ce que vous nous proposez concrètement pour faire régner la justice sociale dans notre pays? Comment allez vous faire pour que le Gouran et aussi le Zaghawa puisse savoir qu'il n'est rien d'autre qu'un tchadien comme nous tous et qu' il doit se soumettre à la justice du pays? Que le sara a les même droits et devoirs que le Ouaddaï? Que le Hadjarï est libre de pratiquer aussi bien le Margaï, le Christianisme que l'Islam? Et enfin qu'aucune religion n'est supérieure aux autres.

   Et pour ces frères qui se sont découvert des talents d'anglophones, sachez que ci vous et moi comprenions la langue de Shakespeare, il n'en est pas le cas de l'écrasante majorité des tchadiens. Ceci m'amène à vous appeler à plus de modestie et je vous prie de bien vouloir vous rabaisser à notre petit niveau "d'imparfait francophone" pour que nous tous puissions bénéficier des riches expériences que vous avez, cela personne ne peut en douter, obtenu lors de vos lointaines périnigrations au pays des Windsors, chez l'oncle Sam ou encore dans ce lointain Canada. Je ne saurais finir sans vous présentez mes vœux les meilleurs pour cette année qui commence. Je m'adresse particulièrement à ce cher Boloki que j'ai côtoyer sur les bancs du lycée Ibnou Cina. Bien à vous.

Votre dévoué
Abdelnasser Garboa


                                                 28/12/2002
                                                      Repply from altidjani

Dear brothers/mon oummi and mahamat bloki
, thank you for your urbanite reply. all what i wont to say, where we are in the list and why?. if you see the image from out side you will know exactly what  i have said. it is not important to start the calculation again. but if you could answer why ? you will know am i right or not? .the benefit from this dialoge is to long for the futurity. if we go like that ,anybody will go to libya or france  for weapons and mony to push the other and start to repeat the revolution of killing and retalite. are you think they are doing that for you because you fit for freedom ?!!
If we continue like that, it is not difficult to expect our future.our experience gave us this conclusion "" by weapons and civil war you can never solve your or develope your country, all what you will gat is havoc to you and your country,and extend the period of suffering ""

So brothers it is up to you to go like that and you know the result, or you could chang at least the way if not the aim.and i think the democratic is a good alternate.

Altidjani Zakaria / alti33@yahoo.com


                                                 17/12/2002
                                                
Réponse à Altidjani Zakaria
   Bonjour Altidjani! J'étais sûr, je savais que tu rusais, que tu voulais passer le discours de Deby. Justifier sa position, sa prise de pouvoir et la justesse de son combat et de sa prise de pouvoir par le fait et le cynisme du régime de habré. Mais, Habré c'est fini, c'est de la préhistoire. Maintenant passons à l'avenir. Et qu'a fait Deby du Tchad en 12 ans. Après les vols de moto et l'exportation vers le Soudan des mêmes engins, la prise en otage des toutes les régies financières de l'Etat, après les massacres de Goré, de Ngniguilim, les tueries d'Abeché, la caravane de la mort qui a pris tous ceux qui se sont réfugiés au Nigeria et au Niger, des vieillards et des enfants pour un traitement à la Pol Pot dans les tristes geôles. 12 ans, c'est l'assassinat de maître Beyidi, de Bichara Digui, de Mamadou Bisso, de Wileda Nouri, de Djidi Hisseinmi, de mahamt Fadil, de Goukouni Guet et j'en passe, et des plus tristes.

   Le régime de Habré au moins, même s'il n'a pas laissé les gens dormir, savent partager. Maintenant, en 12 ans, les tchadiens, dans leur immense majorité savent faire la part des choses. Entre Deby et Habré beaucoup regrettent même Habré. Et oui, beaucoup. Les sociétés d'Etat, les marchés publics, la douane, les proches de Deby sont partout. Je pense que maintenant après 12 ans avec Deby, le Tchad est mis à sac. Moi, je n'attends rien de Deby, les tchadiens n'attendent rien. 12 ans, c'est suffisant pour nous monter ce qu'ils veulent faire du pays: une entreprise familiale./ Et des tchadiens des chiens avec la formule : "le chien aboie, la caravane passe".

   En septembre 1984, c'est Deby qui était Com- chef et c'est lui qui a tout orchestré pour ce qui est de la boucherie de Déli. Les tchadiens ont un esprit de jugement, et nous jugeons.
L'Etat est devenu familial pour Deby. Voilà les 12 ans de Deby. Le reste n'est que vanité et ruse.

Nan Oummi
oumnan@hotmail.com


                                               12/12/2002
                                                    
Replying to Altidjani
I'm replying to Altidjani, who insult without any knowlege, the big region of North. Altidjani, did you know that you were a small peace of cheat who need some correction. I read very carefully your message. Those entire stupid things that you relate could involve your life.

Now can i make some suggestion to improve the situation, which is getting worst?
If you didn't know anything about the Northern brothers the History of Chad will teel you. You consider the women as a hunger; i thought that was a big error. Now read carefully? You remember, in 1984, when all the country was invaded by hunger, the big North was the only region safe aroud the country. During that hard moment, the Norhtern were helping the other people in the other region aroud the country. They even adapt many children during that moment and now these children could be the wideness of the event.

Formore, you said Adoum Togoi was the only rich man in the North. Now let ask you :
How did you knew that his a rich man?
Had you seen his wealth?
Did he told you anything about his wealth?
I thought you had never seen a rich man in youir life and you didn't know anything about wealth. They were not fighting to make money but to institute peace within the country and unite all the Chadians.

Anyway, i undertood that you were a real poor man who was relating a bitchs speech.
Now, let me tell you one more time why Norhtern brothers were fighting each other or with whoever. In 1970s, the Northern brothers started fighting with Francois Tombalbay's regime because of the extra requirement. In 1980s, when they fought each other because of the libyian's welcoming by FAP and finally in 1990s Northern brothers fought to defend their homeland from the extremist mercenaries occupation.
They were still fighting for it to liberate their homeland from that criminal regime of extremist.
Here are some summary reason, if you ask why they were fighting. I thought the other Chadians brother were very proud of these act patriotic!

Mohamed Bloki


                                                23/11/2002
                                  
Réponse à Altidjani Zakaria Mahamat
   Bonjour! Faudrait-il répondre à votre invective tendant à charger vos frères du Nord.
Pour vous, M. alti33, les frères du Nord ( je ne sais pas où commence le Nord et où s'arrête le Sud), ne savent pas ce que voudrait dire l'estime de soi, la liberté, et la stabilité. Ce sont des faiseurs de guerre et des êtres qui s'autodétruisent. Pour vous, ce sont toujours eux qui sont à) l'origine des maux du Tchad, ils ont fait du Tchad un des derniers pays de la terre et ils sont également les derniers. Et que vous (lesquels?), vous instruisez de leur bêtise.
   Que ce sont toujours eux qui ont amené les libyens et qu'ils veulent mettre le Tchad sous la coupe des ces derniers. Mais vous vous trompez ou plutôt vous rusez. Et pourquoi citer Massoud comme le libyen qui ambitionne de mettre le Tchad, sous sa coupole alors qu'en Libye, il n' y a que "Le Guide" qui soit au commencement et à l'oméga de toute chose. Peut être parce que  Massoud est contre le régime inique et prédateur de Deby, peut-être parce que vous êtes un Debyiste qui a peur de ne pouvoir plus se gaver impunément, sans le mérite le pain de tous les tchadiens. Vous citez Adoum Togoî comme celui qui s'est enrichi parmi "vos frères du Nord"; mais là vous oubliez l'essentiel i.e. tous ceux qui continuent depuis voilà 12 ans de mettre le Tchad à sac. Ils ont tous pris, ils ont privatisés à leur compte les huileries de Moundou, la SNER et l'Office des hydrauliques, la douane. Tout ça ils se le sont accaparés. Il s'agit de Deby et de son cercle qui agissent par le truchement d'obscurs hommes d'affaires soudanais. Le pont à deux voies, les multiples marchés publics, la centrale de Sedigui et j'en passe. Voilà de tes frères du Nord qui se sont enrichis, qui considèrent le pays comme leur vache à lait, qui n'ont qu'une vision à court terme. Ils liquident et prennent tout le cash qu'ils trouvent.
   Vous fautez, alti33, en disant que les frères du nord ne savent pas ce qu'est la liberté. oh là! que non! ils aiment tellement la liberté qu'ils ont refusé de se soumettre aux libyens et aux régimes prédateurs de Deby. En 1980, quand les libyens étaient arrivés à N'djaména, toutes les tendances les on,t accueillis, sauf une où on en rencontre beaucoup de tes frères du Nord. Et Deby même dira plus tard que s'il est entré dans les FAN en 1980 c'est parce que Habré était le seul qui s'est opposé aux libyens et à leur ambition expansionniste. Si ton nord ne se situe pas au-delà de Faya, Habré y retrouverait. Encore quand Le "guide des libyens" était venu prié à N'djamena, il est passé par bcp de ville du Nord du Tchad mais il a contourné la ville de Faya à l'aller et au retour par ce que cette population avide d'indépendance lui resservait un accueil à la hauteur des bombes qu'il a fait larguer sur cette partie du territoire.
   Les rebellions au pays ne sont pas l'apanage des "gens du nord", mais c'est le seul antidote au régime dictatorial de Déby qui tu défends entre les lignes.... Les tchadiens sont des êtres intelligents qu'on ne peut pas tromper éternellement. L'or de la liberté de Deby est tout sauf de l'or. alti33, on a que faire de tes conseils ou de tes interrogations malignes. Il n' y a pas de victoire sans péril. Les morts, les orphelins représentent le prix à payer pour extraire le Tchad des griffes de la tyrannie affairiste de Deby.
Et beaucoup des frères du Nord, comme beaucoup des frères du Sud ont acceptés de payer ce prix. Il y a qui se disent spectateurs qui en réalité veulent que le statu quo demeure et que Deby se fasse tjrs du beurre et eux tireront leur épingle du
jeu parce que les griots peuvent toujours s'assurer de leur maîtres.
                                                               
Oumnan


                                               23/10/2002
                                                     Les frères du Nord  

   Je pense tous ne savent(connaissent) pas les choses de la vie comme l'estime, la stabilité et la liberté. Vous êtes les meilleurs!!!!. Depuis toujours vous vous combattez entre vous et encore contre les d'autres. Laissez-nous calculer ce que logiquement vous avez gagné de cette histoire. 1-Comment est votre vie ? Des milliers de vos femmes n'arrivent pas à manger. des milliers d'orphelins en mains. 2 - depuis 1970, qu'avez vous construit de nouveau ?, routes ?, puits ? ... etc  3- Combien de personnes sont devenus individuellement riches ? (Seulement un, Adam Togoi) 4- Combien d'entre vous sont devenus handicapés ? 5- Comment sont vos relations avec les autres Tchadiens ?  6- Qu'est ce que vous espérez gagner ?  7- Vous faites du Tchad une marionnette Libyenne (masoud abdalhafiz). À cause de cela et possiblement d'autres choses, notre pays est l'un des derniers. Mais moi je ne sais pas qui est le dernier!!!!!  Ainsi nos frères du Nord, nous nous instruirons de vous, quelle est la signification de cette logique. 

North brothers
i think all  do not know any thing about the life, esteem, stability and freedom. you are the best !!!!!!!.
since the bigining you are fight among your self and against all others .let us calculate what is your benefit by logic.
1- how is your life ? handes thousands of your woman can not get what to eat. how many  handes thousands of child orphan.
2- since 1970 how many new constructed?,  ways?, artesian well?....etc
3- how many person individually becoms rich man ? ( only one adam togoi )
4- how many thousands of you are handicapped ?
5- how is your relation with all other chadian ?
6- what you expect will be your benefit ?
7- you make chad puppet at libyan ( masoud abdalhafiz )
because of that and others our country is one of the last. but i dont know who is the last !!!!!
so our north brothers,  we will educate from you what is the meaning of logic . 

Altidjani Zakaria Mahamat
alti33@yahoo.com


                                              08/10/2002
                    
Quelques écueils sur les bassesses de l'Homme
   Face à la conscience de l'Humanité, les "grands problèmes": l'injuste condition du Monde ouvrier et le prolétariat des peuples qu'on appelle "sous-développement" demeurent encore irrésolus. Leurs fruits amers, innombrables variétés de souffrances, atteignent l'homme en sa chair et le paralysent en son âme.

   Aujourd'hui, un autre mal, plus grave encore, parce que profond, gagne l'Humanité, en commençant par les peuples les plus évolués et les hommes les plus civilisés. Terrible retour des choses. Il s'agit d'une désintégration intérieure, d'un pourrissement de l'homme lui-même.
   Les plus grands savants et moralistes, du moins ceux qui croient à la prééminence de l'esprit sur la matière sont unanimement inquiets et l'humanité elle-même commence à réaliser l'importance du danger.

   Hier génocide au Rwanda, guerre au Kosovo, en Afghanistan, aujourd'hui attentats à World Trade Center et au Pentagone, attentats et incursions au Proche-Orient entre les frères ennemis et demain, futur improbable : guerre en Irak, et je ne sais encore combien d'autres mécontentements vont se soulever à travers le monde.
   Si l'homme perd l'esprit, il perd tout. Il n'y a plus d'homme. car c'est l'esprit qui est premier. C'est parce que l'idée naît de l'esprit que la matière s'organise sous la main de l'homme et que s'élève la construction. C'est parce que l'esprit engendre le plan que la ville émerge de terre, la machine de l'usine. C'est parce que l'esprit conçoit la beauté que le marbre devient statue, que les cordes chantent, que les couleurs s'harmonisent. C'est parce que l'esprit sain, celui de la paix, vole au-devant d'un autre esprit (maléfique) pour que vive l'amour, s'unissent les hommes et prend corps l'Humanité.
   Mais si l'esprit se détériore, l'homme est en danger, car la chair de son amour, la machine qu'il a construite, la ville qu'il a dressée, le Monde qu'il a bâti se retournent contre lui et l'écrasent. La matière à nouveau échappe à l'homme. Il n'y a plus d'homme, tout est à refaire. Réflexions.

                                 
              Moustapha Dahleb, Lyon, France.


                                               01/10/2002
                           Éducation au Tchad est- ce seulement une affaire 
                                             d'Etat ou de parents aussi?

  
Chers (es) compatriotes, Dans notre pays, l'éducation n'est point aisée. Les tchadiens nantis n'aiment pas invertir leur argent pour la construction des écoles car ils se disent que c'est une affaire d'État. Par ailleurs, ces mêmes hommes sont prêts à payer une dot faramineuse pour une nouvelle femme alors qu'il pouvaient mieux investir cet argent pour construire une école, qui leur fabriquera des femmes éduquées et non plus des analphabètes.

    En effet il m'a été donné d'observer un phénomène dans mon village (RIG-RIG), à savoir le fait qu'il y ai une seule école primaire pour tout le village sans compter qu'elle n'a presque pas d'enseignants qualifiés. Ainsi, les élèves dont les parents sont pauvres sont contraints d'abandonner les cours, car ne pouvant aller en ville.
   Cependant, ceux qui ont un peu de moyens refusent souvent de les envoyer continuer, préférant ainsi troqué un avenir dans l'administration ou dans le privé contre celui d'un berger. Ou est donc l'avenir de ces enfants? L'école ou les troupeaux?.

Depuis toujours l'Etat à montré que l'éducation n'était pas sa priorité, par conséquent, il ne peux pas construire des écoles dans tous les villages. Je lance un vibrant appel à toutes les bonnes âmes et surtout aux élites du Tchad à aider l'Etat pour l'éducation de nos enfants, qui sont l'avenir de notre pays. Quel Tchad voulons nous pour notre progéniture? Des illettrés? N'attendons plus,
n'hésitons plus commençons à bâtir et l'Etat fera le reste. Certains parents discriminent entre les garçons et les filles. En privilégiant ces derniers, ils prétextent que la fille doit se marier puisqu'elles sont comme un fardeau... Cependant je suis un témoignage plus que vivant, qu'une fille peut réussir dans ses études, plus que ses frères...

A vous les intellectuels tchadiens, laissez moi vous poser une question: Après vos longues et pénibles études, aimeriez vous suivre l'exemple de vos parents qui refusent d'investir pour aider l'Etat à éduquer nos enfants? Feriez vous aussi la discrimination sexuelle entre vos enfants en privilégiant les garçons?.
Souvent cette discrimination se fait au nom de la religion musulmane... Pour ma part, je dirais que j'ai grandit en Arabie Saoudite et que j'ai constaté que les filles et les femmes fréquentent une école. N'accusons plus la religion.
N'attendons plus rien de l'Etat prenons l'initiative de construire nos écoles nous même.

                                                       
    Koubra Choukou
                                                 Sociologue Yaoundé Cameroun


                                                30/09/2002
                                                 Un Tchador sur le Sida
 «Une des sources les plus fréquentes d'erreur est de prétendre expliquer, avec la raison, des actes dictés par des influences affectives ou mystiques», disait G. Le Bon dans "hier et demain". Cependant c'est par la raison que j'aimerai élucider la mentalité de certains compatriotes face au fléau mondial qu'est le Sida.
   Les régions méridionales du Tchad affichent les taux les plus élevés de la séropositivité mais bien heureusement la contamination se fait entraver par le respect des mesures de protection contre l'infection. La population semble plus consciente.
 
Par contre dans les régions septentrionales, le Grand Mal va au galop, profitant de l'ignorance de la population de ces contrées qui considèrent le V.I.H comme un mal propre aux infidèles ou simplement aux étrangers. Quelle méprise et quelle façon suicidaire d'ainsi prêter le flanc à une tragédie qui ne pardonne guère!

 C'est le pire d'autolyse d'être encore prisonniers des préjugés moyenâgeux. Que n'a-t-on pas vu dans les hôpitaux de N'Djamena où des jeunes originaires du Nord cèdent leur dernier soupir, cloués aux lits par une immunodépression irréversibles? Que faire face à ceux qui croient encore que le Sida est la mie de pain des autres si ce n'est de condamner leur méprise et de les appeler à une prise de conscience?
   Le combat des jeunes tchadiens reste celui de faire comprendre à la masse que la maladie existe et qu'elle nous entoure, prompte à embrasser nos globules avant d'amorcer notre déchéance aboutissant à la mort.
 
La religion, l'appartenance ethnique ou régionale ne sont plus les panacées idéaux comme le font croire les marabouts, les prêtres et les tribalistes.
    Un comportement sexuel responsable et une maîtrise parfaite des modes de contamination demeure les atouts. L'investissement moral de la jeunesse (surtout le diaspora) au moyen de leur armada intellectuelle devra être la bienvenue pour que le V.I.H ne soit jamais cet inconnu mortel, au regard subtile.
 Chers frères tchadiens des quatre points cardinaux, à vos plumes, pour démasquer le Mal Inconnu des nôtres. Sinon nous perdrons beaucoup des compatriotes par notre silence complice au virus.
 «C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique» (Bruyère, les caractères). Alors méfiez-vous de ceux qui jettent le tchador sur le plus vil et le plus agaçant des virus du monde.

 
                                               Sidimi Djiddi Ali Sougoudi
 
                                                     Sidimi@caramail.com


                                                           27/09/2002
    
      Ceux qui manquent de jugement ne me comprendrons jamais!
   Il ne m'est jamais venu à l'esprit de revendiquer un droit les yeux embués de larmes ou de revenir sur le passé afin d'imposer un diktat aux autres. Mon désir est mon choix mais pas celui d'autrui. Mes opinions restent indépendantes de toute injonction d'un individu ou d'un groupe: c'est ce qui me fait m'ébrouer dans la poussière de l'orgueil (qui est l'habit de Dieu selon les "Doum"). Quiconque prompt à m'imposer le sirop de ses effluves ou de ses vomissures aura mieux fait en s'occupant d'autres choses. J'ai horreur de l'influence!

   Mais quand un semblable me trouve que je suis un «produit des accusations des autres (...)», des propos aussi graves qu'incongrus, il m'est légitime de demander d'amples explications au très fier Félix ( auteur de ses propos) qui, paradoxalement, me connaît comme sa poche alors que ce nom ne me dit pas grand chose, si ce n'est Félix Malloum ou Félix Eboué, deux hommes qui m'ignorent jusqu'à Adam.

   Félix m'octroi en outre une nationalité (enfant du Nord) et un courage («courage de Sidimi(...)») avant de me trouver une place d'épingle (donc trop petite) dans le débat pour la construction du Tchad de demain. Et c'est là où l'énième nostalgique du "septembre noir" confirme qu'il ne me «connaît pas très bien»! Je suis autre que son «varan à deux pénis» qui reçois l'eau chaude.

   Quant à mon article qui défraye les chroniques, en dehors de tout ce que m'imputent faussement (pour torpiller le débat) certains, je n'ai nul regret et sa substance est:«gémir sur les malheurs du passé fait appel à d'autres douleur» comme disait un savant.

    Cependant je ne suis ni l'auteur, ni le coauteur moins encore le sympathisants ou l'avocat des auteurs de ce "septembre" cher à Félix qui me voit en «larmes de crocodiles» lorsque je critique le système éducatif au Tchad. Seulement mon opinion (article) me donne une certitude: beaucoup de compatriotes supposés lésés en ""septembre noir" trouvent en tout originaire du Nord un auteur de ces actes ignominieux. Quel crime de leur part, d'ainsi croire!

    Monsieur Félix doit impérativement relire mes écrits pour trouver qu'effectivement les deux contributions sont indépendantes et par conséquent l'agressif Félix est prié de m'y trouver le lien qui me fait pleurer «en larme de crocodiles». Finalement Félix sera sage de me citer les auteurs de son "septembre noir" qu'il insinue dans sa réaction, peut-être que je serai l'un d'eux et me défendrai à son T.P.I.T (tribunal pénal international au Tchad).

    Dans l'attente des réponses à mes inquiétudes, j'exprime ma fierté prochaine d'apporter mes contributions dans les débats, au grand désarroi de ceux qui ne me supportent pas, parce que n'ayant pas la même pensée qu'eux.

 Gardons l'espoir car ialtchad nous donne encore le souffle de nous unir dans nos débats de friction, pourvus qu'ils soient constructifs.
 
                                                
Sidimi Djiddi Ali Sougoudi
                                                        Sidimi@caramail.com


                                                            25/09/2002
                      
         L'éducation au Tchad aux mains des injustes!
  
Les éphémères occupants de postes ministériels au Tchad nous carillonnent les mêmes sons de cloche: «l'éducation est la priorité du gouvernement(...)»; «la santé est notre préoccupation majeure (...)»; «la jeunesse est le fer de lance(...)» etc...

   Ces langages verbeux ne trompent plus la jeunesse du pays. Je fais partie de cette gent et ma déception est grande quant à la prise en main des futurs dirigeants de ce pays que nous sommes.
   «Après le pain, le premier besoin d'un peuple est l'éducation», disait Danton. Mais lorsque ce besoin vital est soumis à toutes les formes d'injustice, peut-on croire à son accessibilité? En effet l'octroi des bourses ne répond à aucune norme: le plus biologiquement proche d'un responsable de l'éducation est le second bénéficiaire d'une bourse d'étude, juste après le fils ou le neveu d'un haut responsable! L'interrogation est de savoir si ces injustement élus peuvent se défendre, une fois au pays d'accueil. La réponse se trouve sur le tableau de classement des pays d'Afrique Noire dans les universités marocaines où nos cancres élus des bourses font traîner le pays de Toumaï à la queue du peloton. La performance des enfants du «Pays des hommes intègres» (Burkina) qui sont toujours les meilleurs de ce classement est à saluer. La raison, c'est qu'au Pays de Sankara l'octroi des bourses ne répond à aucune autre suggestion si ce n'est l'excellence.

   Nos dirigeants ont la vilaine habitude d'aller se soigner à l'étranger. Tout petit fonctionnaire crie à l'évacuation pour pallier ses anodins maux de tête ou son inflammation d'appendice. Et lorsque l'on méprise (à tort) ses propres concitoyens médecins et que l'on crois au premier charlatan d'ailleurs, l'on est indigne d'être gérant de la chose publique, pour le bien du peuple. D'ailleurs, si un homme dispose d'hôpitaux huppés quelques parts et qu'il peut y aller à sa guise, aura-t-il la peine de vérifier ce qui se passe dans les hôpitaux de son propre pays? Non! c'est à la majorité nécessiteuse d'en pâtir, n'est-ce pas?

   La jeunesse tchadienne demeure celle divisée, meurtrie par des guerres fratricides et enrôlée de force dans l'armée pour servir de chair à canon. L'infime partie d'elle qui rêve de s'instruire est éprouvée par l'arrivée de «nouveaux élèves», lourdement armés, endeuillant chaque année nos temples de Savoir, sous la bénédiction de ceux qui sont sensés nous protéger.

   L'Université du Tchad, l'unique, celle des années 70, conçue pour quelques centaines d'âmes, est gavée de milliers d'étudiants chaque année. Dans ce pays où un individu sans revenus arrive subitement à construire des châteaux, il est paradoxalement impossible aux caisses du pays d'affréter un bâtiment pour caser ses étudiants. C'est le comble de l'injustice dans le partage des ressources du pays!!

    Le sort de la faculté des sciences de la santé (F.A.C.S.S.) est le plus grand désastre. Créée il y a douze (12) ans par un coup de point sur la table par le précédent régime, la F.A.C.S.S reste orpheline d'un laboratoire et même d'un bâtiment digne et propre à elle: abandonnés dans les locaux vétustes et exigus de l'ancienne école des infirmiers, sise aux sein de H.G.R.N, les étudiants et les enseignants de cette institution partagent un environnement suffocant et malsain où pullulent des mangoustes et des chiens errants. Cependant les connaissances dispensées en son sein par les vaillants professeurs restes universelles et le désir de réussir des étudiants est vivace. Saluons le courage de ces hommes qui croient à la science made in Tchad! Toute la honte revient à ceux qui gèrent mal et injustement nos ressources. Gardons l'espoir!!

                                                
Sidimi Djiddi Ali Sougoudi
                                                       Sidimi@caramail.com


                                             23/08/2002
              Président, Intellectuel et Tribu: le triangle constitutif du mal

   En Afrique, il faut reconnaître surtout que les frontières ont été tracées à la règle, par rapport aux intérêts occidentaux. Ce qui a pour conséquences aujourd'hui de faire cohabiter à l'intérieur d'un même pays des "gens différents". Savez-vous que des familles ont été séparées par ces frontières? Le Tchad est aussi l'une de ces limites virtuelles. Et se sont ses gens de culture et de tradition différentes qui peuplent ce pays. Dans le même temps les relations entre les hommes n'ont cessé de diminuer. La politique est devenu le créneau porteur malgré l'absence de perspectives d'une coexistence pacifique. Alors qu'entre temps les hommes sont appelés à fonder un Etat ou une Nation. Comment expliquer ce paradoxe inédit? Pour rendre intelligible ce paradoxe, il faut préalablement décoder le langage des hommes.

   Dans toutes les sociétés, les conflits liés à la cohabitation ont existé. Les hommes font toujours un effort particulier pour les résoudre, en rassemblant les chefs de quartiers ou encore les chefs de clan. Au Tchad, force est de constater que les hommes veulent plutôt activer leurs conflits que de les résoudre. Ce qui fait que les rapports ethniques sont sanctionnés par des tracasseries parfois vide de toute amitié mutuelle. Ces tracasseries sont de part et d'autre tenues dans des langages marqués souvent d'une rare violence. Et il ne faut pas seulement voir ces conflits sous un angle nord-sud ou encore Kirdi-musulman comme disait Moustapha Abakar Malloumi. Même au Sud du Tchad les gens ont ces problèmes d'imputations injurieuses et dont les termes peuvent parfois excéder les limites. Je m'en vais vous donner un exemple: les hommes de nos deux Logones orientales comme occidentales(puisqu'il s'agit du Sud du Tchad) appellent les hommes du Mayo-Kebi "Banana", mot qui selon eux veut dire "l'homme qui marche nu". Il n'y a rien d'anormal de voir nudité en l'homme. C'est même son originalité. Cependant pour alléger cette susceptibilité virtuelle, ce mot a seulement son équivalent en langue Massa et veut simplement dire "mon ami". N'est-ce pas la une expression verbale pour l'unité? Ces genres de conflits persistent pour ceux qui n'ont pas encore compris que seuls les tchadiens peuvent faire quelque chose pour l'unité du Tchad. C'est dans ce cadre référentiel que je voudrais situer le sujet de notre ami Yaya Dillo.

   Au Tchad comme dans la plupart des pays africains, le pouvoir considéré comme un bien familial est un mythe que l'on veut passer pour une réalité. Et cette pratique, à mes yeux, ne représente que la continuité du mal qui dure depuis longtemps. Je suis convaincu qu'une grande part des tchadiens est très intolérante. Nous sommes aussi responsable de nos dictatures et que s'il fallait choisir, on hésiterait pas à choisir le plus extrémiste. Fut-ce pour des raisons d'appartenance ethnique. Ce qui fait qu'on ne peut pas assimiler l'acte du président à des résultats démocratiques. Sauf à nos désirs.

   Ce que je dis et sur lequel j'insiste c'est que les gouvernements au Tchad depuis les débuts n'ont rien fait de bon et que l'intellectuel aurait pu changer le cours des événements est pour moi un fallacieux prétexte. Tout bon intellectuel que vous soyez, qui peut sincèrement croire que l'intellectuel donne des résultats humanistes? Les traces laissées par Einstein au Japon sont remplis d'exemples pour douter de l'humanisme d'un intellectuel. C'est parce qu'il veut mesurer la portée de sa connaissance me diriez-vous. Quel est cette portée de connaissance s'il faut laisser derrière des centaines de milliers de victimes? Ces intellectuels que nous avons au Tchad, en dépit de manque des laboratoires nucléaires, sont comparables à ce savant moderne. Malheureusement que ce dangereux savant est mort pour qu'ils puissent tirer d'autres techniques de destruction massive. Et si leur nombre a considérablement augmenté dans les gouvernements politiques, c'est parce qu'ils sont placés comme des mines anti-personnels pour protéger un système de stratégie. Donc je voudrais alors parler des gouvernements et d'un système d'exploitation qui ne peuvent exister que si on a en place leurs instigateurs à l'image des proches dignitaires et de l'intellectuel. Le président n'est pas forcement le responsable. Personne ne peut douter que la procédure d'un président digne d'une tribu, accorde toujours à cette tribu des pouvoirs exorbitants. C'est le cas où Mr X et ses enfants veulent régner en maîtres incontestés puisqu'ils possèdent à eux seuls toutes les qualités d'armes, des pistolets aux armes de destructions massives. Tout se passe comme si le Pentagone a élu domicile chez-lui. Et que représente cette nation ou l'intellectuel, le président et sa tribu représentent l'axe constitutif du mal? Ni plus, ni moins une nation de troisième ordre. Vous en déplaise. Après 35 années d'incivisme, l'opinion attendait d'eux qu'ils moralisent les comportements et répandent autour d'eux la culture de l'effort. Malheureusement, ils se conduisent comme des gens sans foi ni loi et militent uniquement pour les valeurs matérielles, courent sans cesse après le fric et la gloire. Ce qui semble encore bizarre, c'est le fait qu'au Tchad, l'intellectuel préfère gagner la confiance d'un Dictateur qu'a celle d'un Imam ou d'un Pasteur tout simplement parce qu'il voit dans la dictature les moyens de parvenir à ses intentions lugubres. Et pourtant ces derniers enseignent à secourir la veuve et l'orphelin, à respecter le bien public. Où est leur chaire, mais dans la manière de déstructurer la pensée et les comportements. Ces intellectuels que nous avons aujourd'hui, sont de loups vêtus d'agneau.

   Au Tchad, l'intellectuel ne fait plus le sérieux. Il est toujours obsédé par le jeu de calcul économique de nature à diminuer le poids de la finance du pays et s'il arrive qu'il refuse de voler cette finance, il sera affamé à jamais. Ce qui fait que l'intellectuel n'est plus le martyr. Quelle place voulez-vous qu'on accorde à l'intellectuel dans un pays réduit à la mendicité? Une place de troisième ordre. Je prendrais même le risque de dire qu'a l'heure ou nous sommes, une foule d'intellectuels s'est déjà lancée dans le même calcul  pour voler nos petites économies. L'important est qu'ils aient pu passer leur petite phrase au bon moment. On les appelle la file de priorité me diriez-vous encore. Priorité pour le sous-développement? Malheureusement, ce commerce symbolique, conduit inévitablement au décrochage de la réalité. Ce qui est révoltant et scandaleux, c'est le fait qu'on en tire gloire. Il y a lieu de s'inquiète car comme disait le Camerounais Jean Pierre Yetna Docteur en connaissance des Tiers-monde "si les gens d'en bas ne comprennent pas toujours le changement des codes et des valeurs, ceux d'en haut restent passablement indifférents".

   Il est bien vrai que l'intellectuel a de l'avantage dans le domaine de l'acquisition du savoir. Et ce que le peuple attend de lui n'est pas seulement des connaissances livresques ou la portée de ses connaissances. Plus précisément, il doit mettre son savoir-faire au service de son peuple, de son président de manière à enregistrer de la progression.

   Le nœud du problème, donc la clé de la solution se trouve au niveau de la jeunesse. Une jeunesse animée de bonne volonté. Il ne faut pas seulement se contenter d'écrire pour fonder un changement. Il faut surtout montrer que nous voulons de changements de sorte que nos politiques soient les otages de ces nouveaux réflexes citoyens. Car il est dit quelque part que la société se transforme au gré des révolutions, c'est-à-dire sous l'action des hommes et des femmes. Et la jeunesse témoigne des mouvements sociaux car elle constitue l'avenir du pays et c'est elle aussi la crème de la société.

   Il faut se réjouir quant même de l'initiative lancée par Mr Yaya Dillo. Elle favorise dans l'imaginaire une procédure de transformation de codes des valeurs qui montre surtout que l'intellectuel le président et la tribu doivent plutôt s'atteler pour construire des locaux futuristes dont les enfants viendront admirer. Donc il faut alors courir pour rattraper le train de la mondialisation.


                                             
Dezoumbe ouinra Saint-Petersburg
                                                          dezoumbe@yahoo.fr
                      


                                                11/08/2002
              
      La relation triangulaire : l'État, l'intellectuel et la tribu.
   Je voudrais lancer un débat dans ce sens que cela permettra d'interpeller la perception des uns et des autres de l'intellectuel, de l'État et des considérations tribales.

   J'avais souvent dit que la perception de l'intellectuel que quelques uns d'entre nous ont est tout a fait erronée. Mais avant d'apporter mon opinion sur cette relation triangulaire, j'aimerais dire chapeau à tous ceux qui nous ont apporté des éclaircissements pertinents sur des phénomènes sociaux de la société africaine en générale et tchadienne en particulier; du moment où la plupart d'entre nous s'attelaient comme à l'accoutumée au pléonasme informationnel (on ne parle que de la politique mesquine ou encore des messages unidimensionnels) si vous me permettez le terme.

   Indubitablement, si nous ne voulons pas rater le train du monde, train de la mondialisation des biens, des cultures, des valeurs et enfin du savoir et sa corrélation au développement, qui va à la vitesse de croisière, nous devons revoir certaines de nos pratiques, véritables fléaux minant la cordialité de la société africaine dans son ensemble.

   Je discutais récemment avec un frère guatémaltèque, très intéressé à l'actualité africaine et suivant de bout en bout la mise sur pied et l'évolution de NEPAD; et il m'avait résumé la nécessité immédiate de l'Afrique en ces termes : " Some africans, as the Presidents of South Africa and Senegal are conscious and are working on how to move out and deal with this new worldwide context. But most of them are in their original state. Look at the reality in Sudan, in Mauritania and so on...! Blacks have Blacks as their own property! unbelievable! Africa must fight against its own mindset." Je suis profondément du même avis que lui mais il ne savait pas encore combien nous avons, en Afrique en général et très particulièrement au Tchad, des pratiques (aujourd'hui à l'approche de l'an 2003) quasiment esclavagistes bien qu'il ait compris l'essentiel. Dans quelle région du Tchad on ne trouve pas le PROBLÈME DE CASTE? Combien de gens parmi nous qui pensent logiquement appartenir à une catégorie " naturellement distinguée " ( dans le sens de la prétendue supériorité) vis-à-vis de leurs compatriotes par le fait de leurs différences tribales?  Combien d'intellectuels, après 25 ans d'études ( à Sorbonne ou je sais pas où), ont créé des tendances tribales dans le seul but de satisfaire leurs égoïstes intérêts et non ceux de l'ensemble de la société au sein de laquelle ils évoluent? Combien d'intellectuels tchadiens cultivent et intègrent dans leur vie de tous les jours ce sentiment tribal, régionaliste ou raciste? Sartre, dans son ouvrage la question juive, qualifie ce type d'intellectuel (c'est-à-dire 'l'intellectuel' tribaliste) en ces termes : " un névrosé, un homme psychologiquement malade parce qu'il nie dans son jugement et son action la réalité et les normes de la raison. "  Eh bien, si nous voulons entrer demain dans le concert des nations prospères où la reconnaissance et le respect des différences, l'amour de la patrie et ses membres plutôt que celui de la tribu et ses membre, la richesse de la diversité culturelle et ethnique et, l'intégrité et l'honnêteté intellectuelles sont des valeurs cadres de la vie sociale, nous devons incontestablement combattre nos propres âmes. Certes, âmes égoïstes et délabrées. Âmes perverties et démissionnaires. Âmes fidèles au  " sudisme " et âmes fidèles au " nordisme ". Ou encore âmes croyant aux valeurs égoïstes et tribalistes et, âmes confondant l'État, la mosquée, l'église, la tribu et l'intellectualité. Ces âmes sont déboussolées et méritent d'être orientées. C'est ce contexte que le premier et le plus noble des combats que la jeunesse africaine en général et la jeunesse tchadienne en particulier doivent mener est celui contre nos propres mentalités. Sans exception nous tous, avons des lacunes. La solution réside fondamentalement dans une lutte individuelle ou collective sans faille contre d'abord et avant tout la mentalité de l'intellectuel démissionnaire. Démissionnaire parce qu'après tant d'années d'études, il a choisi de s'aligner derrière la mentalité de sa tribu. Dans ce cas, quelles valeurs avait-il apprises? Où sont-ils passées les notions du civisme qu'il a apprises d'abord au Tchad? Et celles de la responsabilité sociale, morale et éthique qu'il a apprises tout au long de sa carrière et à travers tous ces nombreux outils d'information et d'enseignement? et les nombreux constats qu'il a faits sur la conduite de l'intellectuel occidental? ces constats, ont-ils été dilapidés une fois rentré au pays parce que sa tribu aime le statu quo?

   Pourtant nous savons pertinemment que l'évolution (avec son lot des libertés) de toute nation qui se veut indépendante et florissante passe d'abord et avant tout par l'élimination systématique des considérations néfastes inhérentes aux disparités sociales. Ici l'intellectuel africain tout comme tchadien sont interpellés. Et les plus perdants de demain seront sans doute ceux qui auront manqué le train incontournable de la jeunesse africaine révolutionnaire contre la dépravation intellectuelle, ce prisme qui déforme, ce cristallin qui déplace le foyer du vrai dans l'esprit du citoyen. Le message de l'État et de l'intellectuel (de demain) se heurteront à la psychologie tribale (longtemps véhiculée par nos aîné(e)s parce qu'ils y trouvaient leurs comptes). Celle-ci apparaît comme un isolant, un mauvais conducteur des idées nationales. Elle exerce de façon étonnamment efficace une censure permanente contre le bon sens et l'intérêt général. C'est pourquoi la jeunesse africaine de demain doit fondamentalement être au rendez-vous afin de combattre les deux sources d'énergie qui alimentent la mentalité tribale résidant dans la tête du petit intellectuel d'aujourd'hui qui sont la misère intellectuelle et la fuite de la responsabilité sociale.

   En effet, cet excès de propos ne concerne pas quelques rares intellectuels africains intègres et honnêtes qui, à leurs diverses manières, ont lutté et luttent contre l'invisible : l'ennemi difficilement domptable du bouleversement des mentalités en Afrique. Cet ennemi là loge dans notre encéphale et ronge le tréfonds de notre cour. Par conséquent il abîme l'esprit humain africain et détruit le statut social de notre chère Afrique. Et il est sans nom mais nous savons qu'il existe et avons l'imputable devoir de le combattre; en commençant d'abord et avant tout par soi-même. Cette argumentation est basée sur le thème que j'ai choisi en guise d'un thème de base. La prochaine fois j'apporterai mon opinion sur des sous thèmes liés à celui-ci tels que l'intellectuel face à l'État, l'intellectuel face à la société, l'intellectuel et la tribu, l'État face à la société, tribu versus État, le problème de caste en Afrique. D'ici là, j'aimerais que les frères qui ont des idées lumières interviennent sur ces sous thèmes selon la convenance du sous thème de leur choix. L'intervention des intellectuels africains ayant une certaine expertise dans ce domaine (concernant les responsabilités de l'État et de l'intellectuel face à la Société) est la bien venue et aussi la plus attendue. En effet, il importe de faire sortir dans chaque cas, par exemple la responsabilité de l'intellectuel et l'ampleur de nos mentalités.
   La raison pour laquelle j'ai choisi ce thème est que je pense que:
1- ce site me semble être un outil efficace de l'éducation, d'information et certainement de remodelage de soi (j'ai assez appris à travers ce site honnêtement).
2- ce thème permettra à chacun de nous de s'interroger sur sa propre conduite en tant qu'intellectuel, sa responsabilité face à sa société, de revoir sa façon de raisonner, d'évaluer nos priorités nationales face aux velléités positionistes et tribalement engagées etc.

   D'ici là, portez vous bien et bonne fête à tous les tchadiens et aussi à tous les africains fêtant l'indépendance de leurs pays respectifs en ce mois d'août quand on sait que beaucoup de pays d'Afrique francophone ont obtenu les rossignols de leur indépendance, du moins politique, en ce mois-ci.
   Surtout chapeau à Hamid Kodi! Tu es fort et tu nous donnes l'énergie vitale d'être forts.
                                                     
Yaya Dillo / Ottawa U.


                                                07/08/2002
                                  Instauration du bilinguisme français-arabe

   Le Centre national de ressources éducationnelles du PAPA a abrité du 16 au 20 juillet 2002, un séminaire sur l'introduction de l'éducation religieuse et la création d'écoles franco-arabes publiques dans le sous-secteur de l'enseignement élémentaire du ministère de l'Éducation du CI au CM. Pendant cinq jours des spécialistes des questions religieuses de l'éducation et autres sociologues ont échangé leurs réflexions et dégagé des pistes d'applications.
   Certaines des conclusions et recommandations suivantes issues des cinq jours de réflexions vont bouleverser bien des habitudes. La moindre de celles-ci n'est pas de voir les potaches se servir de deux genres de support écritoire. En plus du cahier classique de tradition d'enseignement Français (marge à gauche avec écriture allant vers le côté droit), ceux des élèves qui suivront l'enseignement arabe apprendront à faire avec un cahier dont la marge serait du côté droit, suivant la graphie arabe allant vers la gauche. Ce programme devrait entrer en vigueur dès la rentrée prochaine ; c'est du moins l'engagement pris par les autorités étatiques, dont le ministère de tutelle au premier chef. D'ici là, c'est la course contre la montre au département de l'Éducation pour la formulation des contenus et des supports pédagogiques (en plus de l'existant), la campagne de recrutement de classes d'instruction, la mise en place des infrastructures, etc. D'ores et déjà, une commission nationale d'arabe est chargée d'élaborer le programme et le contenu de l'enseignement de l'Arabe dans l'élémentaire. Cette commission devrait se réunir dans les jours à venir pour plancher sur la question. 
Horaires et programmes dans les écoles franco-arabes.
   Dans l'ensemble, le séminaire a dégagé un volume horaire global de 28 heures par semaine dont 14 heures pour le français et 14 heures consacrées à l'enseignement arabe. Soit un ratio de 50/50 pour l'une et l'autre langue. Certains des enseignements seront dispensés autant en français qu'en arabe. Ainsi, à l'étape 1 du CI/CP, l'apprentissage des deux langues mobilise pour chacune d'elle trois heures par semaine. De même, les potaches feront de la lecture, des exercices, de la récitation et du chant bilingue en français et en arabe. Ces trois matières enseignées dans cette dernière langue seront reconduites dans la 2ème et 3ème étapes et le coefficient qui leur était affecté doublé.
   Les étapes 2 et 3 concernent respectivement les classes de CE1/CE2 et CM1/CM2. En français tout comme en arabe, les futurs pensionnaires du système en gestation seront initiés à l'expression écrite, à la grammaire, à la conjugaison, à l'orthographe, au vocabulaire. Il s'y ajoute, l'apprentissage à la lecture, la pratique du chant et de la récitation, ainsi que les leçons de sciences, de géographie et d'histoire et d'éducation civique à assimiler. En revanche, le calcul n'est programmé qu'en français à ces deux niveaux. Du reste, le crédit horaire est porté à 32 heures au CM1 CM2, soit trois heures rajoutées dont 2 heures en français et une heure pour l'arabe.
   L'éducation religieuse occupe quant à elle quatre heures du crédit horaire hebdomadaire aux niveaux des CE1/CE2 et CM1/CM2 voire quatre heures 30 minutes au CI/CP. À noter que les quatre heures d'enseignement religieux sont valables pour l'Islam et le Christianisme.
   En Islam, l'apprentissage du Coran, les pratiques culturelles et hadith seront au menu des potaches à toutes les étapes de la scolarité. Les deux heures de la semaine réservées à l'éducation religieuse au CI/CP sont distribuées entre le Coran (60 minutes), les pratiques cultuelles (30 mns) et hadith (30 mns). Aux élèves des CE1/CE2, il est proposé, outre le Coran (50 mns), les pratiques culturelles (30mns) et hadith (20mns), la connaissance de la biographie du Prophète (Siira) pendant 20 minutes de cours par semaine. Enfin ; au menu des apprenants aux CM1et CM2, il y aura : Coran (40 mns), pratiques culturelles (20 mns), hadith, Siira (20 mns) et Tawhid (20 mns).
   En ce qui concerne l'éducation religieuse chrétienne (cours de catéchisme et de morale chrétienne), le format de sa prise en charge dans les écoles publiques est laissé à l'appréciation du Secrétariat national de l'enseignement catholique. C'est ce qu'a indiqué le ministre de l'Éducation lors de sa conférence inaugurale des assises.
  Cependant, au cours des réflexions, le thème de la " Journée de l'éducation religieuse chrétienne " a été consacré au rappel des raisons qui gouverne le principe de l'introduction de l'éducation religieuse dans les écoles publiques. Soit, " répondre à un besoin fort exprimé par les populations, lutter contre tout ce qui entraîne la baisse de la moralité constatée dans la société sénégalaise" , en plus du souci d'augmenter par cette voie le taux brut de scolarisation (TBA).
   En outre, l'occasion a été saisie pour demander à l'Etat de " veiller au respect scrupuleux du contenu et des objectifs de cette éducation religieuse qui peut ainsi constituer une solution heureuse à la dépravation des mœurs ".
Curriculum des écoles franco-arabe
   Il s'est agi sur ce point de définir et gérer un curriculum pour ces écoles bilingues. Quatre points jugés essentiels ont retenu l'attention du groupe de réflexion, notamment : la gestion pédagogique qui comprend aussi les enseignants appelés à dispenser des enseignements, le personnel de l'encadrement et du contrôle, la gestion matérielle et financière (qui intègre le cadre des infrastructures), le plan de suivi et d'évaluation et les recommandations.
   La gestion du matériel didactique concerne l'élaboration d'un manuel à deux langues, d'un côté français et de l'autre côté arabe. Les conclusions ont relevé la nécessité de la présence de manuels et matériels didactiques pour le démarrage du projet dans les prochains mois.
   La création de structures devant s'impliquer dans l'élaboration de manuels didactiques a préoccupé les participants. Il a été convenu de travailler avec l'INEADE dans ce sens pour l'élaboration d'un guide pédagogique, d'un programme équivalent en français et en arabe.
   Certes, il existe une absence de manuels écrits en arabe de 1953 à 1985, signale-t-on. Mais, des productions existent à travers certains sous-secteurs (petite enfance, enseignement élémentaire, moyen, secondaire, enseignement supérieure) qui méritent d'être largement vulgarisées et améliorées, rassure-t-on. Ressources humaines et statuts.
De plus, ils ont pensé que la réforme devrait mettre l'accent sur la formation. Au titre des recommandations, les 87 participants ont abondé dans le sens de renforcer le recrutement du personnel enseignant en langue arabe dans les foyers religieux, particulièrement dans les zones à forte résistance à l'école française : ex. dans le Médina Yoro Foula.
   Il est question dans ce sens de la formation pédagogique appropriée des maîtres, du personnel d'encadrement et de leur perfectionnement dans le cadre de la gestion des ressources humaines pour la réussite de cette initiative expérimentale. Un recyclage de l'existant en la matière est prévu pendant les vacances. La formation des maîtres, professeurs conseillers pédagogiques, et inspecteurs seront " spécifiée tenant compte de la particularité et des besoins de chaque cible dans le domaine de l'éducation religieuse ". Des voyages d'études devraient être organisés pour développer des échanges d'expériences avec d'autres pays, selon le rapport général.
   Afin "d'éviter des errements ", les conclusions insistent à ce propos, sur la formation des formateurs. Dans le même ordre d'idées, il a été retenu pour le profil de l'enseignant bénéficiaire de la formation initiale, l'obtention du BEPCEMA ou l'équivalent. Ces enseignants doivent aux yeux des participants maîtriser la langue et la culture de la langue qu'ils dispensent. L'idéal pour eux étant d'être des maîtres bilingues si possible. Le statut du corps de ces enseignants a aussi fait l'objet de propositions. Elles militent en faveur de l'unification des diplômes. Évoquant la question des infrastructures pour l'amélioration des conditions de travail des maîtres et des élèves, le rapport a mis l'accent sur la mise à disposition de mobiliers et d'outils didactiques collectifs adéquats. À ce sujet, l'instauration de bibliothèques arabes et franco-arabe, la mise en place de laboratoires linguistiques fonctionnels par région, l'octroi de matériels informatiques connectés sur Internet, à des fins d'exploitation pédagogique et la création de salles d'études ont constitué les indications essentielles.
Statut de l'éducation religieuse
   Pour être en adéquation avec la loi en vigueur, le projet d'introduction de l'éducation religieuse nécessite la révision de certains aspects de la loi d'orientation 91-22, notamment dans son article 4, alinéa 2 qui parlent de la liberté religieuse dans les établissements publics et dans les écoles privées. Les prérogatives de l'Etat en matière d'éducation sont consignées dans la loi susmentionnée. Ainsi à l'article 3 il est écrit que l'Éducation Nationale est placée sous la responsabilité de l'Etat.
   Entendu dans ce sens, la catégorie d'enfants qui fréquentent des types d'écoles non prises en charge de façon systématique dans les politiques éducatives du gouvernement doit l'être dans le cadre des textes. Toutefois le séminaire estime qu'il est " prématuré d'enfermer le statut de l'éducation religieuse dans une catégorie juridique en raison de sa dynamique évolutive et de son caractère expérimental. " Par ailleurs, elle doit faire l'objet d'une organisation appropriée conformément aux autres disciples, estime le rapport.
   Ainsi, le statut de la langue arabe et le mode d'évaluation approprié ont fait l'objet des propositions suivantes : généralisation de l'enseignement de l'Arabe dans les écoles publiques, conférer à l'enseignement de l'arabe le même statut que les autres disciplines enseignées. Systématiser une évaluation périodique, continue et certifiant, faire figurer les notes de cette discipline dans les relevés de notes et en tenir compte pour le passage en classe supérieure, et, veiller à ce que cet enseignement ne soit pas négligé au CM2.
   L'évaluation devrait permettre aussi, de mesurer la connaissance religieuse théorique et les aptitudes pratiques. Il est recommandé en plus, de tenir compte dans la notation de la pratique culturelle de " l'adéquation des connaissances acquises avec le comportement dans la société ".
Plan de suivi et d'évaluation
   L'ensemble des participants à la réflexion a pensé à la mise sur pied d'un comité de gestion dans les écoles franco-arabes, " sans avoir à déroger aux règles précises pour lesquelles l'Etat assure le contrôle de ses structures". Il est recommandé d'associer à cette gestion les partenaires sociaux et les partenaires au développement, les structures décentralisées comme les IDEN et les IA avec les moyens nécessaires à la réalisation de leur mission dans ce secteur. Le tout, dans le "respect des règles de gestion ", précise-t-on.

   Dans ce sens, l'on a préconisé un suivi rapproché au moins une fois par mois, voire évaluer les écoles franco-arabe tous les ans à partir du CI - CP. Il s'agit pour les séminaristes " d'éviter de tomber dans la situation des écoles-pilotes qui sont là depuis des années sans jamais être évaluées". À ce propos, l'idée de création d'un " secrétariat chargé du culte " ou à tout le moins d'un " observatoire national pour le suivi de l'éducation religieuse " a été avancé au dernier jour des travaux.
État des lieux
   Les structures interpellées par la réforme en cours sont les Daaras, les écoles arabes, les instituts islamiques et les écoles franco-arabe. "Leur développement anarchique et l'absence d'encadrement de ces sous-secteurs font que les perspectives d'insertion socio-économique des milliers d'enfants qui les fréquentent restent encore sombres ". Il se pose ainsi dans notre système éducatif un problème de " démocratisation de l'offre ". À ce sujet, un recensement des écoles informelles d'option arabo-islamique, fait état de l'existence de 727 établissements pour une population scolaire de 26.661 enfants, dans les régions de Diourbel, Kaolack, Louga et Fatick.

Objectifs

   La mise en place du nouveau programme de création des écoles franco-arabes publiques s'assigne le devoir de " promouvoir dans le système éducatif sénégalais un bilinguisme français/arabe performant, satisfaire la demande du franco-arabe partout où elle est réelle et développer davantage le niveau culturel, social et économique des populations ".
   À terme, il s'agira " d'éradiquer les disparités notées au niveau de l'éducation de base, entre filles et garçons d'une part, mais aussi entre les villes et les campagnes d'autre part, et, d'enrôler 20 à 30.000 enfants en âge scolaire par le canal du franco-arabe dont 45 à 50 % de filles. "
Stratégie
   Les réflexions ont demandé de développer un " partenariat opérationnel " avec les populations pour la gestion des écoles et suggéré l'utilisation de la langue du milieu comme médium d'enseignement. Enfin, on a souligné la " nécessité de faire la distinction entre l'arabe comme langue et l'éducation islamique, (car) l'arabe intéresse toutes les populations musulmanes et
chrétiennes alors que l'éducation islamique n'intéresse que les musulmans ".
                                                 Synthèse M.L. BADJI- Le Soleil
                                     
KIMATO A. Patrick / pkimato@hotmail.com


                                                26/07/2002
                                     A chacun sa lutte contre la corruption
   La question récurrente relative à la corruption en Afrique subsaharienne en général, au Tchad en particulier a atteint son paroxysme bien que nous ne disposons d'aucune théorie générale ni d'aucune donnée statistique fiable nous permettant de mesurer son ampleur( a moins que mon cher Biaka me prouve le contraire).
   Dans tous les cas, il faut noter que cette situation alarmante et embarrassante ne devrait amener tous les jeunes africains, notamment les ialtchad a baisser les bras face à une lutte perpétuelle qui s'impose à eux afin d'endiguer voire d'enrayer ce fléaux. La preuve, notre frère Félix s'est posé une multitude de questions concernant l'état de la corruption dans notre pays dans son article intitule:" A CHACUN SA CORRUPTION" publie sur notre site le 01/06/2002.
   Je voudrai en quelque sorte le prendre tout en mettant l'accent sur les possibilités pour les ialtchad de lutter contre la pandémie. D'ou le titre de ma rédaction note plus-haut.

   Sentant ainsi de plus en plus le pessimisme, la résignation, le fatalisme, le "stoïcisme" gagner les jeunes que nous sommes, je me permets de résumer en six points les attitudes et autres comportements que nous pourrons adopter pour dire non à ce phénomène qui touche la société dans son ensemble. Ainsi:

1- Nous devrons cesser de dire" LA CORRUPTION EST PARTOUT ET NUL PART. Elle existe au Tchad, en France, au Canada, etc. ON NE PEUT RIEN CONTRE CE QUI EST Endémique."
   Prenons comme exemple la santé. La maladie est est partout aussi. Pourtant personne ne peut conclure que les efforts pour prévenir et traiter la maladie doivent être arrêtés. Ainsi comme la maladie, les divers niveaux et types de corruptions que connaissent nos pays, le Tchad varient énormément, et les mesures préventives et curatives sont plus que jamais utiles.
Juste à la frontière Sud du pays le président Patassé a commencé à punir les corrompus( même s'il fait parti de la liste) en interpellant, démettant et incarcérant son Ministre d'État des Finances Eric Sorongope pour avoir été corrompu et détourner les deniers publics.
   Le Président de la République de Madagascar Marc Ravalomanana a annoncé que le salaire des ministres serait fixé a 3500 dollars a partir du mois d'août prochain, soit l'équivalent de 26,25 millions fmg. Contre 2,3 millions actuellement. Tout ceci s'inscrit, comme il l'a déjà annoncé, dans la lutte contre la corruption, car le Président estime que si les ministres, qui sont la clé du développement rapide, sont payés comme leur standing les y oblige, ils seront moins tentés par les rentrées d'argent parallèles, plus ou moins honnêtes a déclaré l'AFP.
   Lors de sa déclaration annuelle à la nation le 31/12/2001, le Président Idriss Deby a déclaré l'année 2002, l'année de lutte contre la corruption au Tchad. Sept mois après, je vous laisse apprécier les résultats. Ces mesures préventives et répressives seront-elles efficaces pour limiter les dégâts causés par la corruption quand on sait que les fonctionnaires centrafricains accumulent 50 mois d'arriérés de salaires?
   Toutefois, même s'il y a lieu de douter de la volonté de nos dirigeants de mener à bien ces opérations, ils ont quand même franchi un pas important en reconnaissant publiquement la présence de la maladie dans la cite et qu'il est impérieux de l'éliminer. Peut-être aussi attribue-t-ils une part de responsabilité à ce mal quant à la place élégante à la queue de peloton qu'occupent nos pays respectifs parmi les pays les plus pauvres au monde ou les conditions de vie de la population sont les moins loties selon le classement du PNUD dans son rapport annuel de développement de 2002?

2-Nous devrions également essayer de croire que " LA CORRUPTION A TOUJOURS EXISTER. COMME LE PÉCHÉ, IL EST INHÉRENT A LA NATURE HUMAINE. ON Y PEUT RIEN".
   La encore, force est de constater que même si la réponse parait juste, la conclusion est assez simpliste et fausse. Ce n'est pas parce que le péché existe qu'il est en chacun de nous au même degré. Ceci pourrait être valable pour la corruption. Le Président malien Alpha Oumar Conare a dirigé pendant dix sans laisser des traces dubitatives liées à la corruption ou émettant tous signes de détournements après avoir déclaré sa fortune avant de prendre le pouvoir et en rendant le tablier à son successeur A. Toumani Touré le mois dernier.
Nous pouvons donc éviter la corruption même si sa tendance se généralise et perdure dans certains pays.

3- Il n'est pas évident de penser que " LA CORRUPTION EST IMMORALE CHEZ LES UNS ET MORALES CHEZ LES AUTRES" comme l'a souligne notre frère Félix. Il est vrai que dans certaines sociétés africaines actuelles, tel comportement ignoble qui nous dérange n'est pas considéré comme un acte de corruption. La preuve est que au Tchad, les premiers "conseils" toute ironie mise a part, que l'on pourrait recevoir après être nommé à un poste de responsabilité consiste à adopter le comportement "logique" populaire c'est-a-dire être plus corruptible que l'autre. Mais nous savons que nos ancêtres savaient au moins distinguer le cadeau du pot-de-vin. C'est donc peut-être plus un conflit de comportements de génération qu'il faut réviser.

4- Il est aussi urgent d'éviter d'affirmer que "L'ERADICATION DE LA CORRUPTION DE NOS SOCIÉTÉS ACTUELLE IMPLIQUE UN CHANGEMENT GÉNÉRAL DE MENTALITÉ. ET QUE POUR CELA, IL FAUDRA PAS MOINS DE CENT ANS D'ÉDUCATION, DE SENSIBILISATION" diront les plus pessimistes et rien moins que cela. Or il ne faudra peut-être pas s'arrêter à la simple déclaration de la corruption comme l'a fait notre Chef d'Etat, il faudrait la faire suivre par d'autres actes répressifs ou dissuasifs comme nous les avons mentionne plus-haut en citer les cas de la RCA, du Mali...

5-Notre cher Félix a aussi souligne que "LA CORRUPTION NE PEUT DÉRANGER L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE D'UN PAYS SURTOUT SI ELLE COMPORTE DES ÉLÉMENTS D'AUTORÉGULATION". A cela, si l'on peut soutenir que les pots-de-vin et autres formes de corruptions ont une fonction dans un système économique donné, l'on ne pourrait cependant pas du tout me convaincre que ces pratiques sont souhaitables et à encourager.

6-Enfin, les ialtchad doivent cesser de dire " QU'IL N'Y A RIEN A FAIRE SI CEUX QUI SONT AU SOMMET SONT CORROMPUS OU SI TOUT LE SYSTÈME EST CORROMPU". La lutte anti-corruption doit toucher toutes les couches de la population même si elle a plus de chance de réussir si les dirigeants sont propres et si la corruption est épisodique et non routinière. Ainsi autant les étudiants réclament leurs arriérés de bourse, autant les fonctionnaires négocient des meilleurs conditions salariales, autant le peuple se plaint de la cherté de la vie, autant les femmes réclament plus de représentativité dans la société africaine, autant les ialtchad devraient s'organiser pour réfléchir et agir afin de convaincre ce désastre qui gangrène notre épanouissement, notre avenir.

   Ainsi disparaîtra la CORRUPTION de notre société, naîtra une société saine d'ou jailliront les égalités de chances indépendamment de tout considération accessoires: sexe, tribu, appartenance religieuse... C'est alors que la CORRUPTION  dont témoigne la mauvaise gestion voire la mauvaise gouvernance des ressources matérielles et financières disponibles cessera de faire de notre société africaine, tchadienne, pour ainsi dire métaphoriquement UN OCÉAN DE MALHEURS AUTOUR DE QUELQUES ÎLOTS DE BONHEUR ou comme disait le tiers-mondiste René Dumont "UN CONTINENT TRÈS RICHE DANS LA PAUVRETÉ.
   Ce dernier n'a-t-il pas dit dans un passage de son oeuvre intitule "POUR L'AFRIQUE, J'ACCUSE" en faisant allusion aux pratiques corruptrices relatives aux trafics des ressources naturelles africaines vers l'Occident, je cite: "LES PLUS GRANDS CRIMINELS NE SONT PAS CEUX QUI COMMETTENT DES HOMICIDES SOUS LA POUSSÉE DE LA PASSION, MAIS CEUX QUI ENLÈVENT DE LA BOUCHE DE MILLIONS D'HOMMES CE QUI EST NÉCESSAIRE A LEUR SURVIE ET A LA PAIX SOCIALE DANS LA COLLECTIVITÉ.
   En définitive, les ialtchad quelques soient les méthodes à adopter doivent apporter leurs modestes contributions avant de rêver à un TCHAD PROSPÈRE, UN NEPAD RÉUSSI, UNE AFRIQUE DIGNE.
IALTCHADEMENT,
                                              
Amadai Datelbeye MANDEKOR
                                                    admandekor@hotmail.com


                                              15/07/2002
                                          Toumaï: Est-il sujet de fierté?

   Le Tchad, berceau de l'humanité. Le Tchad, ce pays pauvre à la face si peu désirable, si peu attrayante, si peu enviable, tant par certains de ses fils que par certains de ses hôtes, serait, jusqu'à preuve du contraire, la terre qui accueillit celui qui est déclaré, du moins depuis quelques jours, l'ancêtre de l'humanité. Cette réalité n'a certainement pas manqué de réjouir bien des tchadiens car enfin, des regards pleins d'attention et d'envie se sont tournés vers ce pays perdu, au cœur de l'Afrique. Un temps soit peu, le Tchad a été une vitrine pour le monde entier. Le petit Américain qui n'a que vaguement entendu parler de l'Afrique cherche désormais à situer sur une carte géographique le lieu d'où est parti son ancêtre. Le petit Européen, le petit Russe, le petit Chinois, japonais en font de même. L'universitaire ou même l'enseignant qui jusque là, parlait du Tchad et de l'Afrique en termes plutôt englobant et peu précis, se voit contraint à plus de concision. Voilà certains faits parmi tant d'autres qui peuvent faire notre fierté.

   Mais, qu'à cela ne déplaise aux âmes se suffisant à eux-même, il nous semble que Toumaï est plutôt l'occasion d'un arrêt, en vue d'un départ nouveau. Ainsi, loin de nous exalter au-delà des limites, dans une liesse et une exubérance festive et réjouissante mais passive, nous devrons plutôt nous asseoir et prendre conscience que nous devons aller de l'avant afin d'être une vitrine du monde digne de ce nom.

   Aller de l'avant dans le sens du développement de notre pays, développement en profondeur. J'insinue ici, le changement profond de mentalité. Changement d'une mentalité peu propice à un essor économique, social, politique voire culturel de notre nation. Du communautarisme au parasitisme, notre société tchadienne s'est fourvoyée dans une culture du moindre effort qui n'aide en rien la génération montante. Le mutisme de la tradition quant à l'explicitation de certains secrets tant médicinaux que technologiques et culturels, l'a placé dans une position statique et réfractaire à tout dynamisme de développement. Il s'agit de briser le tabou qui n'aide pas au développement de l'humain et du social afin d'entreprendre résolument la voie de l'épanouissement économique, sanitaire, éducationnel, culturel et pourquoi pas politique?

   Dépasser la situation actuelle de notre société africaine, société en mutation, qui est en proie à une crise de sens. J'entends par là le problème du d'identité claire de l'Africain d'aujourd'hui et le laisser-aller morale. Manque d'identité qui rejaillit dans la fuite éperdue vers des non-valeurs qui n'ont jamais été siennes et qui, parce que adoptées par d'autres, constituent pour lui des gains précieux d'on ne sait quelle valeur humaine et morale. Et le Tchad, à cause de sa situation économique (un des pays les plus pauvres de la planète, du moins suivant ce qu'en disent les journalistes), n'en n'est pas en marge. En effet, l'exode tant rural que vers les pays mieux nantis, sans espoir de retour, nous le prouve à suffisance.

   Aller de l'avant dans la mise sur pied d'infrastructures et de superstructures susceptibles de propulser notre cher pays dans la course du 3ème millénaire où le maître-mot, le refrain, est la concurrence. Il est ordinaire de percevoir un sourire des lèvres d'un tchadien lorsqu'on exprime en termes de comparaison la technologie occidentale et le technologie tchadienne, car en fait de technologie tchadienne, on ne voit qu'une réalité à l'état embryonnaire, voire pré-embryonnaire.

   Reconsidérer et réviser notre politique s'avère important à plus d'un titre. Nos dirigeants, nos intellectuels se laissent souvent aller à ce qui convient d'appeler la politique du ventre. D'éminents penseurs ont tiré le mot jusqu'à utiliser le mot  "ventriloques" pour désigner ce genre d'hommes. Une impérieuse nécessité d'un sens de sacrifice pour son pays tout entier et non seulement pour les siens, doit céder la place l'attitude ignominieuse et honteuse de faire des gains, parfois même frauduleusement, pour satisfaire ses égoïsmes personnels et claniques.

   Donner une nouvelle orientation à l'éducation tchadienne est sans doute la clef de voûte de toute entreprise de développement de notre pays. Quel spectacle désolant que de considérer la baisse de niveau ou mieux la chute verticale du niveau scolaire tchadien! L'expérience d'une seule année d'enseignement nous a donné de constater ce fait ô combien malheureux. Cet handicap est dirions-nous du ressort de l'incompétence de l'éducateur. Mais cet alibi ne fait que nous lancer dans le cercle vicieux des causes qui deviennent à leur tour des effets. Les enseignants eux-mêmes, souvent, sont recrutés dans le tas. Universitaires ou bacheliers sans expériences pédagogiques, ils sont embauchés dans des écoles ou lycées privées qui poussent comme des champignons surtout à N'Djaména. Il va donc de soi que la transmission du savoir, si savoir il y en a, est biaisée. Il nous faut donc remonter à la racine de l'éducation nationale à savoir son contenu et les moyens mis en jeu pour son effectivité et son efficacité.

   Le programme de l'éducation aussi n'est pas appropriée. En général conçu sur le modèle coloniale et seulement superficiellement retouchée, le programme ne répond pas aux attentes de la société tchadienne actuelle. En effet, tout éducation doit avant tout viser à former des femmes et des hommes capables de créativité et non pas de produire des glossateurs érudits de "connaissances générales". C'est pourquoi, il est opportun que notre système éducatif se lance dans la spécialisation, car nous semble-t-il, elle seule peut faire face à la "concurrence", concept de plus en plus "mondialisé".

   Les moyens manquent énormément à l'aboutissement heureux du contenu à transmettre si jamais un contenu, un programme qui répond aux attentes de la société tchadienne était proposé. On allèguerait sans doute en guise de prétexte, l'économie défaillante de l'état tchadien. Mais que ne vaut-il pas de donner des priorités à ce secteur qui constitue la progéniture saine de ce même état! Des parents ne se sacrifient-ils pas pour leur enfant? Pourquoi un État ne se sacrifierait pas pour le bien être humain, intellectuel de ceux qui auront sa destinée en main dans un futur proche ou dans un futur lointain? Ce n'est pas pour rien que les théoriciens du NEPAD ont mis comme priorité au développement de l'Afrique les secteurs de l'éducation et de la santé.

   Pour achever nos propos sur l'éducation, nous ne pouvons omettre l'importance d'un encouragement à la recherche tant scientifique que littéraire et technique, tant médical que de l'ordre de la réflexion sociale, tant du domaine de la réflexion philosophique que de l'ordre de la recherche historique, archéologique. Nous espérons que  suite à la découverte de Toumaï, des vocations d'historiens archéologues naîtront.

   Bien d'autres considérations devraient être faites, tant il est vrai qu'un nombre incommensurable de maux minent notre cher patrie. Quoi qu'il en soit, des déclics devraient permettre leur résolution : Les déclics, certes, de l'amour de notre pays, mais aussi ceux qu'offrent des occasions telles que celle donnée par Toumaï, ce vestige déclaré jusqu'à ce jour l'ancêtre des hommes.

   Pour conclure, disons que Toumaï ne devrait pas être pour nous l'occasion d'une fierté passive et autosuffisante, mais plutôt le déclic d'un amour plus profond de notre pays et par le fait même il devrait nous donner un dynamisme nouveau pour le renouvellement positif de notre "dar". Puisse Toumaï donner un souffle nouveau aux Tchadiennes et aux Tchadiens!
                                                      
Naortangar Rodrigue 
                                                   e-mail: naortaman@yahoo.fr


                                               07/07/2002
                                                  Culture: Point de vue

   Je voudrais juste dire ma vision d'un certain nombre d'éléments  sur la proposition, voire l'idée de la conviction de mon frère Mbairounga Lucien. L'idée de l'unification de l'Afrique, proposée depuis des lustres par d'imminentes personnalités( historiens, politiciens, syndicalistes, anthropologues etc..),  au-delà des rêves trop exorbitants, est géniale. Je ne suis ni un historien ni un anthropologue ni un politicien mais je crois profondément que la fameuse unification de l'Afrique passe avant tout par une volonté réelle des hommes et femmes politiques africains et surtout, et une fois encore surtout des changements sine quo non  des mentalités de l'intelligentsia (la classe intellectuelle) africaine. Tous les maux de l'Afrique émanent de celle-ci. Il me semble que votre définition d'intellectuel est fondamentalement correcte. Mais malheureusement beaucoup d'Africains en général et Tchadiens en particulier confondent entre un instruit( détenant certaines habilités techniques ou professionnelles) et un intellectuel au sens large du mot( apte à analyser des phénomènes complexes de sa société, capable d'agir en toute franchise en faveur de l'intérêt général, ayant des prédispositions honnêtes et un degré mature d'une certaine rectitude et probité intellectuelles).

   Beaucoup de facteurs du milieu africain amène des " intellectuels et intellectuelles africains " à avoir des insuffisances énormes de leur quotient intellectuel, à savoir essentiellement des considérations ethniques, confessionnelles, linguistiques etc.… Et quand vous assistez aux discussions entre des étudiants ou bien entre des hommes intellectuels tchadiens (je parle des groupes hétérogènes), vous comprendriez l'ampleur de la situation. C'est comme une assemblée des  garçonnets évoquant tout sans respect ni limites ni conviction et d'où sortent des rivalités et des jalousies frivoles, des préjugés et fausses considérations des valeurs profondément ancrées, des vagabondages intellectuels, bref un peu de toutes sortes des condiments nuisibles à la santé du peuple( évidemment pour beaucoup peuple est synonyme de groupes d'individus non occidentalisés ou civilisés tout court). alors que ces signes de rétroaction sont considérés dans plusieurs analyses (ou tests de QI) des facteurs de retardement intellectuel. Et comme nous le savons tous, depuis la nuit des " indépendances " en Afrique,  toute la dérive sociale est due aux actes d'hommes dits civilisés ou disons-le occidentalisés( parce qu'ils ont ténu, tiennent et tiendront encore des beaux discours en français ou n'importe quelle langue d'Oncle Sam, très riche en " phonèmes et graphèmes "). Depuis Tombalbay jusqu'à Togoimi, tout le monde a mobilisé et conduit son " peuple " à la boucherie humaine au nom de l'intellectualité. Parce que simplement l'homme " intellectuel " africain sait dire à ses frères paysans qu'il a des solutions magiques pour redorer leur situation. Ainsi donc, le mal de l'Afrique réside en ses hommes " intellectuels " ayant des idéologies importées ou des idées néfastes plutôt qu'en des simples paysans ne disposant aucun moyen de persuasion pour faire la violence. La génération précédente était certes celle des loups affamés et espérons que la suivante va être celle des intellectuels intègres.

   Par conséquent, je ne crois pas qu'une globalisation d'une ou quatre langues(ici je voudrais volontiers confondre dialecte et langue) au détriment des autres supposées moins parlées sera une panacée révolutionnaire même si je concède volontiers qu'un progrès culturel est la base de l'essor économique d'un pays. Cependant, pour nous les Tchadiens en particulier, le mot  CULTURE reste à être redéfini. En tous cas, pour moi, elle n'est pas synonyme d'assimilation ni du "copisme". Et de surcroît, je suis de ceux qui croient qu'une diversité des langues ou des dialectes est une richesse. La mienne constitue le cordon ombilical  qui me lie à tous ceux parlent cette langue. Et je pense que cela est vrai pour tout le monde, sinon pourquoi mon frère  Mbairounga, comme beaucoup d'autres compatriotes, a du mal à accepter le fait que l'arabe tchadien( parlé par plus de 80% de la population tchadienne) soit une langue nationale et aussi officielle? Pourtant il nous a démontré avec aisance que si jamais la proposition de Monsieur Ibrahima Bah sera acceptée et adoptée par tous les Gouvernements africains et qu'il faudra choisir une langue régionale de l'Afrique Centrale( supposons que l'Afrique soit sectorisée en quatre parties et avec 4 grandes langues subdivisées un peu à la manière de Lucien), le Ngambày répond probablement aux critères de sélection. Je ne suis contre l'épanouissement d'aucune langue mais je suis énergiquement contre toute dérive intellectuelle qui a tendance à faire croire que les valeurs et les croyances des autres sont néfastes. Et mon frère si la vie sociale en Indonésie s'est dégradée ce n'est pas à cause de l'Islam mais plutôt à cause de la main cachée de l'impérialisme occidental et plus précisément de " l'exploitationisme " américain. Cependant, j'admets que les pays musulmans (l'exception est faite pour l'Iran) sont aujourd'hui dirigés au nom de l'Islam par des dictateurs affamés du culte de personnalité et cela, de connivence avec l'Occident qui trouve ses comptes auprès des princes( je dirai même des mange-mil à vie) publiquement musulmans. La preuve est que les Américains ont toujours privilégié et soutenu ces régimes en leur fournissant quoi à consolider ou même enraciner leur pouvoir au détriment évidemment du peuple. Et cela ne peut en aucun cas justifier l'échec des valeurs islamiques ni moins celles de la langue arabe. La chose que je ne comprends toujours pas est que chaque fois qu'un intellectuel sudiste( j'aime pas beaucoup ces termes  " sudistes " et " nordistes " parce qu'ils sont à caractère distinctif et raciste) intervient sur la réglementation des langues officielles au Tchad, il a tendance à faire savoir que l'arabe est une langue étrangère et imposée en ignorant toutes fois qu'au-delà de l'extension de celle-ci, au Tchad, il y a une importante communauté arabe. Sont les Arabes tchadiens des étrangers? et le reste des tchadiens qui parlent cette langue, n'en sont-ils pas fiers?  Mais alors pourquoi s'efforce t-on jusqu'à embellir sa façon de s'exprimer en français, une langue aussi étrangère que Voltaire au Tchad? Chose étonnant encore,  aucun homme politique ou intellectuel honnête n'avait jamais proposé l'abolition de la langue française au Tchad en faveur d'un dialecte ou d'une langue nationale soit-elle Ngambày. Alors si d'aucuns pensent que l'arabe est synonyme de l'Islam ou je ne sais pas soudanais, a-t-on le droit de penser le français est celle qui véhicule le christianisme?

   Enfin, si jamais l'Afrique sera démocratique et que l'on nous soumettra un tel projet de l'abolition des dialectes en Afrique en faveur de 4 " Grands Dialectes ", personnellement je voterai contre. mais s'il est obligatoire d'en choisir une( un peu comme à la manière de la démocratie africaine), je voterai Ngambày, une langue tchadienne véhiculant des sentiments, d'expressions et des liens de chez-moi.
                                                                
Yaya Dillo
                                     Étudiant en Télécoms / Université d'Ottawa / Canada


                                               23/06/2002
                   
 
        
La Culture Africaine par Mbaïrounga Lucien
Ce premier article, je l'ai écrit en réponse à celui de Monsieur Ibrahima Bah, concernant la culture africaine, dans un autre site Internet qui s'appelle "xulucity" et il m'a semblé très intéressant de le porter à la connaissance des lecteurs de "Ialtchad". On le trouvera sous la rubrique "Culture" dans le site "Zulucity". C'est un site aussi intéressant que Ialtchad mais différent et n'a que peu de rapport avec le Tchad mais plutôt avec l'Afrique.

   Cet article m'a vivement interpellé, d'autant plus que j'ai fait un travail dans ce sens, dans un livre que j'ai écrit, intitulé : "Introduction à la culture Ngàmbáy du Tchad". Comme chacun le sait, le Tchad est un pays peuplé de nombreuses ethnies s'exprimant dans des langues variées et c'est pour donner des explications sommaires sur une tranche de ces populations que j'ai écrit un livre. Malheureusement, la publication n'a pas encore vu le jour mais néanmoins j'ai relié un certain nombre en auto-édition. Si quelqu'un est intéressé, il peut directement me contacter par l'intermédiaire de Ialtchad en y laissant un message à mon intention ou directement à mon adresse E-mail : rosard@ibelgique.com et je lui répondrai mais je dis tout de suite que ce n'est pas encore l'édition officielle, il n'y a pas encore le numéro d'ISBN. Ce n'est pas un livre politique au sens propre du terme mais sur la question culturelle et je ne puis m'empêcher, ne serait-ce que pour une meilleure compréhension des problèmes que peut soulever un tel sujet, de donner en arrière-plan quelques explications sommaires. C'est d'ailleurs ce qu'a voulu exprimer Monsieur Ibrahima Bah. Pour ceux de nos frères plus jeunes dont le cœur bât aux rythmes des révolutions et la guerre, le problème concernant la culture africaine est de loin la plus intéressante que la guerre car cela permet de prendre du recul et de comprendre à quoi tient la situation actuelle du continent africain en général et de notre pays en particulier.
   D'ailleurs, si j'essaie de donner mon point de vue sur tel ou tel sujet, c'est pour expliquer que certains problèmes sont plus importants que d'autres parce qu'ils font appel à une paix générale en Afrique. Certains me disent que face au drame que connaît notre pays à l'heure actuelle, certains se complaisent à soulever des sujets mineurs à leurs yeux. Ainsi, un jour, j'ai publié dans "Carrefour " la question de savoir ce que voulait dire "N'Djamena". Certains ont fait un effort de me citer des noms des gens qui étaient présents le jour de la création de ce nom. D'autres n'ont fait que donner des opinions négatives. Voici entre crochets [..] une des réponses sur la question publiées dans Carrefour ci-dessous pour rappel. Ce Monsieur qui semble à première vue hostile finit par être finalement d'accord avec moi en donnant des informations très intéressantes. Selon lui, comme il le dira dans ce court texte, N'Djamena" veut dire en arabe tchadien, "on se repose" ou plus politiquement "on est en paix avec ces impérialistes français". Or il existe plusieurs explications, l'une est rendue du temps de Tombalbaye par "qu'on nous laisse en paix". A ce moment là, il était très en colère contre les français, en particulier contre J. Foccart du service de la coopération et à sa suite le fameux Camille Gouvernec, Commandant de la garde nationale et nomade, son ancien bras droit de Tombalbaye, qui officiait en même temps comme centralisateur des services de renseignement, trahissant Tombalbaye en fournissant ces mêmes renseignements à la gendarmerie nationale de A.W.Kamougué.

[ **Carrefour 11/8:- Il y a bien longtemps que j'hésite à donner une explication à la question du (ou de la) compatriote Dabe. Je ne sais pas si cette personne est a cours d'inspiration face à la situation que connaît le pays à l'heure actuelle pour penser à nous distraire avec de telles incongruités. N'Djamena a remplacé Fort-Lamy, dans le cadre de la politique de retour aux sources initiée par feu le Président Tombalbaye. C'était une façon comme une autre de dire m... aux "amis" français, dans le contexte de la "Révolution culturelle", du Canard déchaîne et autres coups de gueule à ceux qui refusaient au Tchad d'exploiter son pétrole car on nous a enseigné dans les livres de Géographie que le Tchad n'avait comme ressources que le coton, l'élevage et le natron. Vous pouvez le vérifier! Il avait également changé Fort-Archambault en Sarh et Faya-Largeau en Faya tout court. Cette dernière est devenue, sous le FROLINAT, FAYA-ABATCHA, du nom de feu Ibrahim Abatcha, fondateur du mouvement. Si N'Djamena en arabe de chez nous signifie "on se repose" ou plus politiquement "on est en paix face à ces impérialistes français", vous conviendrez avec moi que la paix a déserté cette ville pendant des années, quand M. Habre a lance sa "révolution" anti-sudiste, puis il y a eu la guerre de huit mois de Mars a Décembre 1980. M. Goukouni a voulu nous aider a nous reposer en créant la Cour Martiale, mais a été "viré" par son Camarade HH, qui a apporte la stabilité et l'ordre grâce à la DDS. Son illustre remplaçant est venu avec, dans ses bagages, la démocratie et la liberté depuis un 1er Décembre 1990. Et avec des idéologues islamistes du Front National Islamiques et autre pillards soudanais. Le reste, vous le connaissez: DCP et élections truquées du 20 Mai 200.
   Si vous voulez mon avis, il n'y a donc pas eu de repos. Sauf pour ceux qui se la coulent douce avec leurs complices. Mais cela, on ne le voit pas. Alors, comme vous, j'invite tout un chacun a apporter sa lumière au débat très constructif que vous voulez instaurer pour distraire les gens (c'est une de nos spécialités au Tchad)
] Alifa

I : la culture africaine en danger
Maintenant, je vais essayer de donner mon point de vue concernant les langues africaines. Je ne peux malheureusement pas transférer l'article de Monsieur Ibrahima ici mais en gros, il se pose la question de savoir ce qu'il faut faire et comment les africains pourraient arriver à s'unir d'un commun accord pour donner à l'Afrique, deux, trois ou quatre langues principales régionales dont une serait la langue officielle de l'Afrique, sinon trois ou quatre langues régionales principales que toute l'Afrique enseignerait pour les rendre officielles pour tout le monde. Suivent encore quatre propositions pour rendre pratique et crédible selon la voie qu'a tracé le feu Pr Cheik Anta Diop. Il s'agit ici de l'unification de l'Afrique ni plus ni moins sur des bases culturelles, thème qui lui était cher. Il s'agit ici des thèses très sérieuses, mises au point par des linguistes africains et européens de renoms selon des études linguistiques, notamment sur le Tchad.
   Je voudrais d'abord dire que pour l'essentiel, il est tout à fait juste de dire que l'Afrique a subi des traumatismes qui ont perturbé son système culturel, je parle surtout de l'Afrique noire, à cause de la colonisation et de l'esclavage. Il faut simplement faire en sorte que tous les pays africains exigent réparations sur le plan humanitaire, surtout en ce qui concerne l'esclavage.
   Pour simplifier, nous devons prendre la colonisation comme un fait d'ignorance des Européens vis-à-vis de l'Afrique même si le premier but était d'abord la recherche des débouchés et les matières premières. Ce n'est pas simplement pour des raisons économiques mais surtout pour des raisons de domination raciale et culturelle si l'on remonte très loin dans l'histoire. Ajoutons à cela l'ignorance due à l'époque où très peu de gens pouvaient prétendre s'instruire et posséder des connaissances véritables. Les multiples guerres entre Grecques et romains, entre gens du nord et gens du sud, et plus récemment au moyen âge, jusque et y compris les guerres du 20ème siècle. Si l'on prend en compte le système de navigation que l'on connaît de manière parfaite que très récemment, on peut dire que tout ce qui n'est pas connu représente un danger potentiel pour tout voyageur. L'ennemi peut très bien être même son propre frère.
   Il n'est donc pas étonnant que le noir soit perçu comme un moins que rien. Cette perception persiste encore à l'heure où les gens cherchent à faire du tourisme sur la lune alors que l'on n'est même pas encore sûr d'y aller et revenir. La probabilité de débarquer sur la lune même n'est pas encore très élevée mais parler de revenir sain et sauf est presque une gageure. C'est dans ces termes que moi je vois avec recul les premiers missionnaires débarquer en Afrique pour nous "civiliser" et "sauver nos âmes".
   Faute d'avoir commencé d'abord par apprendre nos langues avant toute autre tentative, les colonisateurs ont commencé par le mauvais bout. Voilà l'erreur fondamentale, en négligeant que l'Afrique avait une culture humaniste séculaire. Ils se sont mis alors à inventer des histoires abracadabrantes. Aujourd'hui, ceci est une évidence et la plupart des fils des esclavagistes essayent de réparer l'irréparable même si tout n'est pas de leur faute. Les premiers Africains entrés en contact avec les Européens ne pouvaient ni bien comprendre la langue du colonisateur ni agir adéquatement car l'élément principal qui élevait l'indigène au rang de "civilisé" résidait principalement dans l'expression parlée et écrite, or il ne possédait ni l'une ni l'autre. En effet, c'est un système de valeurs totalement différent de ce qu'il a toujours connu, lui qui est habitué à la tradition orale. De plus, la syntaxe des langues européennes, en particulier le français, différait de celle des africains. Lorsque le système scolaire a été établi, il a fallu suivre un système élitiste du début jusqu'à la fin, d'abord en commençant par le primaire qui permettait à l'indigène d'interpréter grossièrement la parole du blanc à ces compatriotes, ensuite lorsqu'on a constaté que le moment était venu de passer à l'étape suivante, on a installé le secondaire, et ainsi de suite, presque toujours au compte-gouttes pour les besoins des "commandants et des gouverneurs". On voit alors que la fonction crée l'organe en quelque sorte. A partir du moment où le besoin se fait sentir, on ne peut pas faire autrement que d'augmenter le niveau de compréhension des indigènes pour la langue européenne et des connaissances techniques car comment travailler efficacement si l'on n'est incapable d'interpréter correctement les données des problèmes d'exploitation économique.
   Ce qui était important pour l'homme blanc colonisateur, ce n'était pas la langue indigène mais le but supérieur visé. Si le noir devait apprendre la langue européenne, c'est qu'elle était d'emblée, de fait, supérieure à la langue indigène, sans chercher à comprendre ce que le noir disait dans une espèce de baragouinage incompréhensible. Pour être civilisé, il fallait donc s'exprimer dans la langue du colonisateur. Mais ceci ne concerne pas seulement les noirs. Bien avant les noirs, cela concernait surtout leurs européens eux-mêmes. Toutes les noblesses européennes devaient s'exprimer en français surtout, qui était une langue raffinée. Bien que les autres langues étaient très élaborées, le français était de loin la plus noble. On rapporte que les grandes cours européennes avaient leurs précepteurs qui leur enseignaient la langue de Voltaire, lequel enseignait non seulement sa langue mais aussi la philosophie dans la cour de Frédéric II de Prusse.
   Or, comme chacun le sait, la langue prédomine dans toute culture. Sans la langue, pas de politique, c'est-à-dire, pas de relation entre deux personnes, entre deux peuples, pas de signification de la chose signifiée. Dans une conférence, il faut interpréter ce que l'orateur veut partager avec les autres. La domination culturelle se justifie ainsi par la langue du dominateur. Il explique, il persuade, il impose, car il possède la base d'une langue qu'il maîtrise bien et de plus il est né avec et dans cette langue, a suivi des instructions que l'indigène n'a jamais eues. Mais le noir, lui, ne devrait-il pas tout apprendre ? Non seulement il doit apprendre une langue qui lui est étrangère mais aussi ce que mange le blanc, les noms de ce qu'il mange, la manière de se tenir correctement à table, bref, tout ce qui fait de lui quelqu'un de convenable qui plait au blanc pour être considéré comme "civilisé". N'allons pas sauter sur l'occasion pour dire que tout ce que le colonisateur est mauvais par essence et donc, à rejeter en bloc. Dans chaque chose, il y a des bons et des mauvais côtés. Si nous fustigeons souvent le colonisateur, c'est à cause d'une blessure profonde qui nous colle à la peau depuis le début de la colonisation parce qu'il y a eu des agents zélés, le plus souvent en utilisant les indigènes eux-mêmes, se laver les mains des sales besognes. Rappelez-vous Patrice Lumumba. Ce ne sont pas les colons eux-mêmes mais d'autres agents subalternes mais c'est à Mobutu que revenait la décision et la traîtrise. Inutile de parler de Moïse Tschombé. Vous comprenez à quoi je fais allusion ?

Vous avez parlé du système culturel africain ? Cela suppose qu'il faut revenir aux sources primitives propres. Il ne s'agirait pas ici de retrouver la pureté culturelle mais de retrouver l'identité culturelle de l'Afrique au sens où cela confère une originalité à l'ensemble des peuples noirs de ce continent, car il faut bien l'appeler ainsi, parce que c'est le peuple noir qui a toujours fait le plus l'objet de discrimination. Cette recherche couvre un certain danger évident de fausses interprétations. Malgré cela, des exemples existent qui prouvent que tous les peuples du monde recherchent leurs identités : les juifs, les Arabes, les Européens, les Indiens d'Amériques, etc.

Sur les 4 propositions (voir le site "zulucity.com pour lire l'article d'Ibrahima)", il n' y a pas grand chose à redire mais les difficultés pratiques restent entières dans la mesure où il faut amener tout le monde à s'entendre pour abandonner leur souveraineté, car il s'agit bien de la principale difficulté à laquelle il conviendrait d'ajouter des modalités pratiques et les problèmes d'intendance. C'est un projet gigantesque qui devrait faire appel à l'instauration d'un ministère dans chaque pays ou à défaut d'un ministère autonome, faire appel à la tutelle du ministère de la culture mais doté d'un budget solide, renouvelable quel que soit le régime et quel que soit le Ministre qui arrive au pouvoir. Des accommodations seraient nécessaires. Je pense qu'il doit faire l'objet d'articles dans la constitution de chaque pays de l'union envisagé, puisqu'il s'agit de la constitution des Etats-Unis d'Afrique à l'exemple des U.S.A. où seule la cour suprême est habilitée à dissoudre certains articles de la constitution par des amendements.
   Nous entrevoyons là déjà en perspective les multiples difficultés quand on sait que certaines organisations existent déjà depuis trois ou 4 décennies et soulèvent encore des problèmes insolubles, en particulier dans le domaine monétaire par exemple où rien n'a encore été fait pour régler la question de l'inflation chronique des pays africains. Je veux parler du franc CFA qui fut dévalué de moitié après une 40aine d'années d'indépendance. Une telle solution, de nature nationale, si elle était réglée, évitera le problème des retards ou manquements d'assainissement budgétaire. Ce problème, tous les pays africains sans exception les connaissent, sauf peut-être l'Afrique du sud et l'O.U.A en premier lieu, parce qu'il s'agit de payer sa quote-part et non de faire comme un devoir national ou un problème d'un gouvernement devant le chef de l'Etat, devant le parlement ou d'un ministère devant être tenu pour responsable. L'OUA par exemple en est encore à se demander comment sortir de la crise de la pauvreté. Regardons un peu ce qui se passe en Éthiopie, l'un des pays fondateurs de l'OUA et que c'est à Addis-Abeba que fut solennellement fondée cette noble organisation-mère de l'Afrique en 1963. C'est à Addis-Abeba que fut installé le siège pour la toute première fois ? Même si l'Empereur Haïlé Sélassié a commis des erreurs graves, il doit se retourner aujourd'hui dans sa tombe. C'est à peine croyable, en observant tout ce qui se passe aujourd'hui en Afrique, alors que le but premier était la réunion de tous les Etats dans une communion générale.
   Avec tout le respect que je dois à la mémoire du feu Pr Cheik Anta Diop et du non moins illustre Kwamé Khrouma, l'initiateur du panafricanisme, je suis obligé de constater amèrement cet état de choses, en parlant du fondement des bases culturelles de l'Afrique. Je suis écœuré de voir sur les antennes de toutes les télévisions du monde parler de la famine en Afrique, comme si les Africains n'étaient pas capables de se nourrir tous seuls. Comme si les Africains n'étaient pas capables d'entreprendre, d'organiser, d'imaginer des voies de recours aptes à fournir des solutions à leurs problèmes. On nous montre à la face du monde des mamans africaines pilant le mil, l'enfant attaché au dos de sa maman, le né coulant et couvert de morve ou la bouche et les yeux couverts de mouches. Que cela peut vouloir bien signifier ? Je ne fais qu'effleurer les problèmes et vous le savez bien car dès que vous mettez en marche votre téléviseur, toutes les caméra du monde vous fustigent de photos lamentables du petit noir affamé, quelque soit la cause. Mais malgré tout cela, il n'y a pas de quoi avoir honte. Au contraire, nous devons être fiers des femmes africaines. Elles font tout leur possible pour subvenir au besoin de nombreux enfants, parfois aux périls de leurs vies, parfois même, elles voient leurs enfants mutilés par les méfaits des guerres sans cause véritable. Je reste persuadé que les vraies causes de ces "maladies" que sont le manque d'instruction, le manque de transfert de techniques, le manque d'infrastructures de base, la floraison d'engins de guerre sur le sol d'Afrique aux mains de n'importe quelles personnes sous des prétextes fallacieux, doivent être combattues.
   Un jour un collègue de l'agro m'écrivait du pays en me disant ceci : "J'ai eu à m'occuper d'une ferme de riziculture. Faute de responsabilité directe, je devais m'occuper des choses secondaires sans en avoir les moyens de faire avancer quoi que ce soit". Actuellement cette riziculture est tombée en désuétude faute de moyens. "Depuis, j'ai été affecté a la direction de la protection des végétaux dans un poste secondaire sans importance sans aucune responsabilité". Pour un ingénieur agronome, cela doit être frustrant de ne rien foutre de toutes les connaissances acquises et poiroter à se tourner les pousses. C'est dire que le tout n'est bien sûr pas seulement d'avoir les bonnes idées et des diplômes mais aussi la possibilité d'accéder à un certain niveau de décision, afin d'accomplir efficacement sa mission. On parle de famine actuellement. A quoi est-ce dû ?
   Dans les propositions de M. Ibrahima, la 3ème proposition, concerne l'Afrique australe et l'Afrique de l'Est. Mais prenons l'exemple de l'Afrique équatoriale. Il y a la RCA, le Tchad, la République Populaire du Congo (Brazzaville) et le Cameroun. La Centrafrique a une langue qu'une partie de la population tchadienne pratique, c'est le Sango. Une partie du Tchad parle l'arabe tchadien mais compte un nombre incalculable de dialectes que ne comprennent pas les centrafricains. Les populations de cette partie du nord même ne se comprennent pas toutes. Quant à la partie sud du pays, une quantité importante de langues et dialectes existent. Seule la langue Ngàmbáy compte une population assez importante qui s'exprime dans cette langue mais il y a encore une grande disparité de compréhension pour un grand ensemble qu'on nomme Sara. La langue du Congo Brazza n'est pas comprise par les Tchadiens. Et d'ailleurs ce n'est pas une seule langue que parlent les populations de ce pays qui ont comme frontière commune le fleuve Congo avec la République démocratique du Congo (Kinshasa), autant parler de Koussery et N'Djamena où il suffit simplement d'enjamber N'Djaména en prenant le bac pur traverser le fleuve Chari pour aller au Kamerun. C'est un ensemble de langues qui ont presque toujours des différences sensibles sinon des nuances selon les ethnies.
   Le Cameroun pratique déjà plusieurs langues ethniques dont l'anglais et même l'allemand se sont surajoutés. A la frontière commune du sud entre le Tchad et le Cameroun, la plupart des populations se comprennent et pratiquent une langue proche de l'une ou l'autre. Peut-on dire qu'il est facile de régler ce problème. Le rappel de tout cela n'a que pour seul but de mettre le problème sur le tapis pour ceux qui croient qu'il pas de problèmes.
   Si l'on veut véritablement beaucoup de choses soient réglées dans ce domaine particulier, il faut que tous les Etats entreprennent de commencer l'enseignement des langues d'après les 4 propositions d'Ibrahima Bah dans tous les Etats dès le primaire selon un fond commun  admis par l'O.U.A.
   Voilà déjà un niveau de difficultés à franchir mais le vrai problème c'est comment faire accepter ne serait-ce que l'idée même d'abandonner sa langue au profit d'une autre ? En Afrique australe, ou de l'Est, la langue commune pourrait très bien être le Suhahili, beaucoup de gens le parlent, exactement comme cela se fait en Afrique occidentale où l'on pratique de manière véhiculaire pas mal de langues tant bien que mal comme le Wolof, le bambara, etc. mais nous nous heurtons toujours au même problème de solidité de la langue, c'est-à-dire une vraie construction de la langue d'enseignée. Rien qu'au Sénégal ou au Mali, on compte un nombre incalculable de langues même si ces langues se recoupent parfois par l'interpénétration des populations soumises à des migrations successives, exactement comme cela se rencontre au Tchad où l'Arabe vernaculaire est devenue la langue officielle au même titre que le français, au détriment d'autres langues vernaculaires. [Je reviendrai sur la question des langues proprement tchadiennes une autre fois]. Or lorsque M. Ibrahima dit que la multiplicité des langues n'est pas une des difficultés majeures, je pense qu'il est trop optimiste, il s'élève simplement contre la mauvaise habitude qu'ont les Européens de dire que les pays africains ont trop de différences, ils ne pourront jamais être unis. Quelque part, il y a une certaine vérité dans ce qu'ils disent mais cela ne nous empêchera pas de nous unir. Le fait même de nous donner ces argumentations nous aidera à progresser. Ce n'est pas nous qui allons unir tout de suite l'Afrique mais les générations à venir, dans un, deux, trois, plusieurs siècles. Nous ne pouvons que préparer le terrain.
   Pour les gens instruits, le problème se pose moins mais pour les populations de base, souvent analphabètes, le problème qui se pose est simplement la possibilité de parler une langue qu'on ne connaît pas, c'est la capacité à s'exprimer dans une autre langue, dans le but pratique de vendre son bétail ou de vendre les marchandises habituelles sans se poser la question du bien-fondé d'une grande nation ou d'une grande Afrique unie culturellement. La question de l'unité culturelle telle que l'a posée Cheik Anta Diop l'honore sans apporter réellement de vraies solutions encore. Mis à part, l'ensemble des livres (4 en tout si je ne m'abuse sur l'unité culturelle de l'Afrique), son livre "Antériorité des civilisations nègres, mythes ou vérité historique", n'apporte que la démonstration des thèses qui ne sont pas pleinement acceptées par ses confrères scientifiques européens, qui voient d'un mauvais oeil un travail qui tend reléguer au second rang ce qu'ils ont tant essayé de faire accepter par la communauté internationale comme possible à cause des contacts entre grecques et Égyptiens. D'après eux, aucune civilisation noire ne peut atteindre ce degré de civilisation mais admettent volontiers la possibilité que cela soit possible du moment que cela vient des Égyptiens en essayant toujours de prouver l'origine de ces constructions pyramidales. On trouve sur Internet  pas mal de sites faisant référence aux langues africaines, surtout dans les universités de langues anglaises et américaines mais cela reste du domaine des gens lettrés, au parfum touristique. Au risque de me répéter, ce qui me paraît assez important, c'est des décisions gouvernementales d'introduire dans leur constitution des articles permettant de mettre sur pied l'enseignement des principales langues qui doivent être enseignées dès le primaire jusqu'à l'université. Qu'on ne me dise pas que je suis trop ambitieux car c'est justement le manque d'ambition qu'on me reproche le plus. Dites-moi si je me trompe, comment suis-je arrivé à parler le français plus ou moins correctement ? Du moins assez pour qu'on me comprenne ?
   On voit déjà là la difficulté d'une possible unité culturelle africaine. L'apport culturelle des noirs à l'Égypte par exemple est simplement niée et la tentative de démonstration basée sur le carbone 14 de Cheik Anta Diop n'a pas été pleinement acceptée par tout le monde. Or jusqu'ici, les noirs sont toujours représentés dans tous les films de grande production comme des Eunuques mais jamais comme des hommes à part entière. Bien sûr on sait que des princes noirs ont existé et sont représentés dans certains films mais il n'en demeurent pas moins des vassaux, jamais supérieurs aux blancs, même arabes, lesquels sont entrés en contact depuis des millénaires avec les noirs. Il faut donc passer outre et mettre au point non seulement des méthodes d'enseignement à l'intervention des enseignants, linguistes, psychologues, sociologues, anthropologues, etc. mais
surtout les moyens de réalisation des objectifs visés. C'est une oeuvre de longue haleine. Si vous rechignez à accepter des cadres rigides qui rendraient stériles de telles structures, force est de constater que le seul moyen est de répartir horizontalement l'enseignement des langues pour atteindre un grand nombre de gens. Or, à mon humble avis, seul l'enseignement structuré tel que nous connaissons classiquement en français par exemple, permettra de donner une base solide à une langue officielle parlée et écrite. Pour les langues officielles à choisir comme langues communes à toute l'Afrique, répartie par secteur d'ensemble régionale dont parle M. Ibrahima Bah, le procédé sera le même, mais en mettant au point une structure solide. Par structure solide, j'entends non seulement le cadre institutionnel garanti par la constitution de chaque Etat sous la haute autorité de l'O.U.A mais aussi un cortège de support budgétaire pour rendre tout cela possible et opérationnel.
   Il s'agit en effet d'apprendre une langue qui doit être utilisée dans l'administration en remplacement des anciennes structures coloniales. Il ne s'agirait donc pas d'une langue telle que le "pidgin", sans structure cohérente. La culture ne se contenterait pas d'une connaissance approximative, banalisée pour satisfaire les uns et les autres ou simplement pour justifier une certaine cause circonstanciée du moment.
   Je prends un exemple : le français n'est pas un amalgame simple de mots mais une construction raisonnée à partir d'une langue populaire parlée, issue du latin populaire, à l'intervention des savants. Si la langue française est si belle, c'est parce qu'elle possède des règles solides et non parce qu'elle est banalisée. L'intérêt de la langue française réside certainement dans l'art oratoire, dans la poésie. La grammaire lui donne sa justification suivant un ordre logique donnée. Nous ne pouvons jeter des mots n'importe comment. Dans toute langue il y a nécessairement un ordre logique d'agencement des mots, une syntaxe juste sans quoi elle ne serait que charabia incompréhensible et inintelligible. D'où la nécessité d'avoir des bases solides. De ce côté-là, le Sénégal plus que tout autre pays peut s'en glorifier, car beaucoup a été fait dans ce domaine. Le Wolof, le Bambara, le Mandingue, .. sont des langues susceptibles d'avoir une place de choix dans l'enseignement, mais n'en sont qu'à leur début. En Afrique de l'Est et en Afrique australe, il y a le Swahili, en Afrique centrale il y a le Sango, le Lingala, le Ngàmbáy, etc mais beaucoup de problèmes et non des moindres se posent encore. Nous y reviendrons sûrement plus tard.
   Je suis d'avis qu'il faut rejeter le culte du diplôme ronflant mais je ne suis pas d'accord de rejeter simplement le diplôme, le bon usage de la langue, l'orthographe correcte. Entendons-nous bien, ce n'est pas une culture populiste que nous recherchons mais une base culturelle solide tout court. Nous devons laisser libre cours à la culture de se manifester partout où l'occasion lui est donnée tout en évitant autant que faire se peut de tomber dans le stricte élitisme ou dans le populisme. La marche de l'homme est une marche vers le progrès, "toujours plus" comme le dirait François de Closet. Il doit être possible d'améliorer le sort de l'homme. Il n'y a pas longtemps l'homme africain n'imaginait pas l'existence d'un moyen de transport qui l'amènerait jusqu'en Europe et ce n'est pas l'homme africain seul qui est dans ce cas. Avant lui, l'homme blanc n'a traversé l'Atlantique que très récemment, à la première moitié du 20ème siècle. Vous parlez des pays asiatiques très soucieux de leur culture d'origine, fort bien mais nous avons encore devant nos yeux des problèmes beaucoup plus importants que la seule question de langue et la culture d'origine ne peut effacer des problèmes sociaux partout présents sous nos yeux, des enfants utilisés illégalement pour fournir de la main-d'œuvre gratuite ou à bon marché, des filles mineures utilisées sexuellement à titre privé ou dans la prostitution clandestine. Il y a de problème d'intégrisme religieux, problème qui devient de plus en plus rigoureux. L'Indonésie par exemple est peuplée de presque 90% de musulmans, et n'oublions pas que c'est le pays où s'est tenue la première conférence des pays non-alignés à Bandoung en 1966 sous l'égide des leaders politiques importants reconnus internationalement, tel un Sékou Touré de la Guinée équatoriale (Konakry), un Soukarno (d'Indonésie), un Néru de l'Inde, ou un Maréchal Tito (ex. Yougoslavie). Où en est-il de cette grande idée d'indépendance ? Pourquoi a-t-elle échoué ? Où en est-il de la grande Yougoslavie du Maréchal Jozip Broz Tito, l'homme qui s'est fait respecter par la grande Union soviétique à l'heure actuelle ? Nous devons constater malheureusement que l'échec en est bel et bien le résultat. Je ne dénie absolument pas toutes ces belles idées mais j'exhorte plutôt les jeunes cadres dynamiques africains à oeuvrer de l'avant sans se renier une fois l'œuvre entamée, de ne pas mettre les bâtons dans les roues de ceux et celles qui veulent entreprendre, faire oeuvre utile.
   Si les tenants des savoirs traditionnels nous sont grandement utiles, indispensables même, ce ne sont pas eux qui vont faire avancer les choses mais les générations à venir, en s'inspirant de leurs savoirs oraux, retranscrits et conservés au profit du futur, en s'inspirant de leurs illustres prédécesseurs.
   C'est grâce à ces travaux que l'Afrique pourra avancer fermement, solidement, d'un pas sûr. Je suis donc absolument sur la même longueur d'onde que M. Ibrahima Bah pour les idées qu'il avance concernant la culture africaine. Il doit toutefois tenir compte de l'évolution générale de l'Afrique et du monde.
II : la culture africaine.
Ce second volet ne fait plus référence au texte de M. Ibrahima mais j'avais autre chose à dire sur la culture africaine, en particulier sur le cinéma africain. Néanmoins, je n'ai pas procédé par une étude particulière du sujet, ce qui m'aurait amené à citer des sources ou des cinéastes de renom et peut-être parler en connaisseur or je n'ai aucune culture cinématographique. Voilà un sujet intéressant pour le cinéma tchadien, si tenté qu'il en est un.                                                

    Qu'entendons-nous par culture africaine ? Si je comprends bien, englobe le domaine du cinéma, de la musique, de la littérature, bref de l'art en général.

   A partir de là, il est possible d'entrevoir d'énormes difficultés pour l'Afrique, un continent qui, pour le moment, est confronté à plusieurs crises graves. L'homme africain doit repartir de nouveau en régénérant tout ce qu'il a perdu de son essence philosophique, scientifique, historique,... et quand je parle de l'homme africain, je veux parler du général, c.à.d, aussi bien de la gente féminine. On peut difficilement imaginer un début qui aboutisse immédiatement. Il faut un temps pour que tout se
remette en place, pour poser des jalons, pour affermir ce qui n'est qu'un apprentissage, en grande partie influencé encore par l'esprit européen dont nous ne sommes pas encore près d'en sortir. Parler du cinéma africain même n'est pas encore quelque chose de définitif car le monde est constamment en évolution. Si nous faisons référence au terme "africain", c'est simplement dans le but de servir de creuset pour que se crée des oeuvres originales et pour éviter un art stérile qui se mette à copier sans imaginer. Laissez-moi dire qu'il y a cinéma et "cinéma". S'il s'agit simplement de cinéma, l'homme africain n'est pas encore au bout de ses peines pour pouvoir faire réellement du cinéma authentiquement africain bien qu'il existe des talents rares en Afrique mais sans moyens véritables. Nous atteignons là un problème général du manque d'infrastructures, d'industrie du cinéma. Ne nous attendons donc pas à avoir tous les moyens en main pour briller rapidement en art cinématographique.
   S'il s'agit du "cinéma", ma critique s'adresses aux jeunes africains de demain. Je dis : ouverture d'esprit, sens critique et sens pratique des choses, rester dans le domaine civil dans l'art de gouverner, refuser la dictature militaire, éviter des pertes inutiles de vies humaines, en pensant que seul ce qui est authentiquement africain est bon. Éviter de penser que l'homme africain est uniquement de couleur noire, que les métisses ne sont pas des gens comme nous et j'en dirais de même pour les métisses de ne pas se prendre pour des êtres supérieurs.. mais ne nous laissons pas manipuler par les politiciens véreux qui ne pensent qu'à remplir leur poche. Il faut cependant ajouter qu'il est très difficile de pratiquer le "cinéma" en Afrique sans claquer des dents. Du fait de notre jeunesse, de notre inexpérience dans l'art du "cinéma", nous sommes perpétuellement en proie à des convulsions. Je veux dire que ce n'est pas seulement l'homme de la rue qui imagine beaucoup par des supputations plus ou moins gratuites mais même ceux qui sont sur la scène du "cinéma" en train de jouer les "acteurs" sont entraînés par des soi-disant experts conseillers à perdre leur sang-froid à la moindre alerte d'où les claquements de dents. Comme l'on dit, il faut un temps pour accepter l'inacceptable. Pour ma part, je crois que parler de l'art africain, c'est parler d'une disposition mentale, l'esprit de l'art africain qui nous anime, et tant mieux si nous sommes  corps et âmes africains. C'est comme avoir l'esprit jeune.
   On peut avoir 80 ans et être jeune dans sa tête. En général, ceux qui approchent ces âges deviennent démesurément méchants, intolérables. Pourquoi ? Ne pensent-ils pas à leur fin prochaine? Pourquoi vont-ils assidûment à l'église pour les chrétiens ? Pourquoi les musulmans prient 5 fois dans la journée ? A mon avis, il y a une raison à cela ? Ce n'est pas gratuit. Ce n'est pas seulement pour se faire pardonner parce qu'on a fait une mauvaise action. Si c'est le cas, n'est-il pas plus simple d'avoir une discipline et éviter simplement de faire de mauvaises actions ?
   Croyez-vous vraiment que nous serons mieux assurés, mieux protégés par une pléthore d'armes meurtrières fabriquées et vendues pour tuer ? Croyez-vous vraiment que ceux qui prennent les armes, une fois arrivés au pouvoir, vont réellement changer les choses comme par une baguette magique ? Les pouvoirs militaires ont montré leur incapacité depuis les indépendances et les partis uniques des années soixante en Afrique. Les exemples ne manquent pas. Bokassa, Mobutu, Idi Amin Dada, Minguistu ... Ces pouvoirs sont devenus des dictatures. Le ridicule dans tout cela se passe de commentaire. Bien sûr, il y a eu également des pouvoirs civils dictatoriaux mais au moins le peuple, s'il était instruit, politiquement formé, pourrait avoir la possibilité de les contrôler. Il faut former le peuple dès le primaire à refuser le pouvoir imposé de l'extérieur par les vieilles structures militaires européennes.
   Ces structures sont séculaires et ne connaissent que les bonnes vieilles méthodes. Ce qui est normal dans ces formations n'est pas nécessairement normal en Afrique. L'Afrique a d'autres habitudes, parfois héritées parfois des traditions ancestrales. Ce qui me parait normal, c'est de s'inspirer des démocraties européennes, parce qu'elles montrent le chemin de la marche vers les libertés fondamentales mais n'imposent rien. Elles laissent le choix au peuple et à l'individu de choisir en son âme et conscience par l'isoloir. Personne n'est là pour vous contrôler et vous imposer le choix du candidat idéal que vous aimez à votre place mais même là encore il faut que le peuple soit informé sur le sens réel du choix démocratique de l'individu. Comment être bien informé ? Il faut donc que les jeunes africains de demain réfléchissent et pensent à la formation de base des populations en imposant dès le départ l'enseignement libre et gratuit partout dans les pays d'Afrique. A quoi servent les rencontres inter-africaines, que ce soient dans les hautes écoles, dans les colloques, les conférences inter-universitaires de médecine, de biologie ou de pharmacie, d'anthropologie ou de linguistique, sinon d'échanger des points de vue sur tel ou tel domaine ? Du système politique dans tel ou tel pays ? C'est par de tels échanges de vue que pourraient émerger des changements internes pour un progrès décisif en Afrique.
   Les révolutions, bien que d'essence juste au début, ont également prouvé leur incapacité. Observons ce qui se passe partout en Afrique et dans le monde. C'est partout la révolte des peuples, au début pris dans le feu de l'action des révolutions mais actuellement désabusés par le volte-face des soi-disant révolutionnaires. Donc, il faut se dire qu'il n'y a pas de recettes comme en gastronomie. Si le diplôme ne fait pas l'intellectuel au sens noble du terme, c'est-à-dire au sens ancien de l'honnête homme, il faut bien sûr avoir des diplômes parce que c'est la sanction qui prouve la capacité de celui ou de celle qui prétend à ce titre, que telle ou telle personne a fait des études dans telle ou telle direction. C'est l'enfance de l'art. L'intellectuel, à mon sens, ce n'est pas celui qui possède tout simplement des diplômes mais celui qui utilise son cerveau "intelligemment" si je puis m'exprimer ainsi en participant activement à la vie intellectuelle de son Etat. C'est la personne ayant atteint non seulement un niveau de maturité intellectuelle mais qui, au demeurant, lutte pour l'avancement des idées et des choses de la vie. C'est aussi quelqu'un qui prend position dans tel ou tel domaine parce qu'il estime qu'il est de son devoir de montrer que tel ou tel chemin mène à la rencontre de la vérité du moment. Ce n'est pas une personne qui s'assoit sur une seule et unique vérité définitive. Une telle personne possèderait la vérité de Dieu comme Louis XIV disait en son temps : ce que femme veut, Dieu l'a voulu et ce que Louis XIV veut Dieu l'a voulu. En effet, après Dieu, c'est Louis XIV sinon le clergé. Qui d'autre peut avoir une position aussi prépondérante ?
   Je dirais à tous ceux qui s'impatientent et s'inquiètent, qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Ce qui manque cruellement aux artistes africains, c'est simplement les moyens financiers, le marché sur lequel doit se "vendre" leurs productions artistiques. Nous avons besoin d'un marché de l'art. Or qu'est-ce qui fait le marché si ce n'est la population de base, je veux parler du public. Pour apprécier un art, il faut un public cultivé, instruit, connaisseur, capable d'apprécier l'art à sa juste valeur. Avons-nous déjà tout cela ? Avons-nous assez de moyens de produire un art qui puisse concurrencer ce qui se vend sur le marché international ? D'où vient l'argent si ce n'est de la base, je veux parler des populations travailleuses. Vous ne pouvez obtenir grand chose d'une population dont la santé décline à chaque instant. Il faut donc faire en sorte que des conditions soient réunies et mises sur pieds pour que la population africaine recouvre sa santé, que les enfants aillent à l'école dans de bonnes conditions de nourriture et de soin, pour constituer le public averti de demain. A partir de là, les pays africains eux-mêmes pourraient recouvrer leur santé, pour que les populations aient la force de travailler, pour que les pays deviennent plus riches, n'ayons pas peur des mots. Seul l'homme sain de corps et d'esprit pourrait imaginer, créer, aller au théâtre, au cinéma, au concert.
   Il n'y a qu'à regarder dans le monde développé qui engage des millions dollars pour produire par exemple un film mais personne n'est capable de dire qu'une telle superproduction va aboutir au succès qu'on attend. Or nous connaissons des cinéastes africains dont les oeuvres sont dignes de grands renoms du cinéma international mais qui sont méconnus. Cela veut dire que l'art n'est pas un procédé technique, une mécanique qu'on peut ajuster et prédire l'aboutissement final comme on veut même si des techniques très avancées sont utilisées pour produire des effets très spectaculaires. Ce n'est pas une science mais elle est en passe de le devenir et le cinéma futuriste promet. A tout moment, il peut y avoir des hauts et des bas. J'ai pris un plaisir immense à regarder des productions de Sémbéné Ousmane et cela me satisfait pleinement et ce n'est pas une invention de ma part. La preuve en est faite par les succès successifs obtenus par "Festafric". Bien sûr, il y a des choses critiquables dans toutes ces jeunes productions cinématographiques, mais il faut être du métier ou être critique d'art pour discerner le vrai du faux. Par exemple, certains films ressemblent fort au western américain, c'est critiquable mais d'un autre côté, il n'est nullement interdit aux Africains de faire du western américain ? Tout dépend en effet de ce que l'on veut montrer au téléspectateur. C'est à lui de juger. Après tout, les grands cinéastes eux-mêmes vont chercher leur inspiration dans les bas-fonds de New York ou de Paris, sinon dans les milieux du tiers-monde pour faire du bon cinéma. Je parle là du cinéma mais je pourrais étendre tout cela à la musique, à la peinture ou à la littérature. Si j'ai quelque chose à dire, c'est que l'artiste africain ne doit pas chercher absolument à se faire accepter par l'œil critique européen ou américain mais à n'en faire qu'à sa tête tout en tenant compte des observations critiques des autres de loin, en tenant compte des oeuvres européennes ou américaines comme une base assez solide dont on se sert ou s'inspire. L'art ne mérite son nom que parce qu'il est libre. Un art imposé ne serait plus de l'art mais un dictat.
    La faute, c'est de chercher uniquement à ne faire que des oeuvres originales tout comme il serait absurde de ne jamais se détacher de ce que les autres ont fait de meilleur. En conclusion, je dirais que seule la culture, je veux dire, seuls les gens qui mettent en avant la culture démocratique pourraient changer quelque chose en Afrique au profit des populations, mais surtout sur un plan international. Je voudrais dire ici que nous autres africains, nous ne voulons pas ou pire, nous ne savons pas utiliser notre intelligence pour profiter des opportunités qui nous sont offertes en ce moment sur le plan international, pour faire sortir nos peuples du sous-développement. Des sommes énormes sont offertes même sous forme de prêts, c'est l'occasion de profiter de l'occasion pour faire aboutir des projets de première nécessité mais hélas, rien n'est encore fait de toutes ces
opportunités. Une seule chose mérite d'attirer notre attention, c'est d'avoir toujours à l'esprit que le domaine public doit demeurer toujours sain, prêt à parer à toute éventualité. Je pense aux recettes et dépenses, à la capacité de l'Etat d'avoir des moyens d'action. Que faut-il dire de tout cela ? Et la question que j'attends le plus, c'est quelles solutions nous proposez-vous ? Je crois que vous l'avez compris, elles sont entre les mains de chaque prétendant demain au pouvoir politique et économique en Afrique non pour s'y installer à jouer les apprentis dictateurs mais à faire quelque chose pour son peuple. Il faut simplement s'entourer des gens qui veulent réellement faire quelque chose pour leur peuple même si ce n'est pas toujours facile.
Salut et à une toute prochaine fois !
                                                         
Mbaïrounga Lucien
                                                   E-mail : rosard@ibelgique.com


                                                 30/05/2002
                       La jeunesse tchadienne doit se remettre en cause !
    Pour tout observateur attentionné, il n’est pas rare de constater que les errements d’une jeunesse tchadienne abandonnée à son triste sort forcent la ferveur intellectuelle d’un journaliste qui n’hésite pas à parler d’enfance volée, un peu comme ce que voulait dire notre compatriote Zara, dans un court métrage qu’elle avait réalisé. Si son film était consacré à l’enfance féminine, c’est probablement parce que l’avenir de celle-ci est en sursis. Dans un pays très pauvre comme le nôtre, nous ne pouvons négliger la souffrance des enfants handicapés, des élèves entassés dans les salles de classes exiguës, des étudiants qui prennent leurs cours serrés comme des sardines dans une boite alors qu'ils sont dans une amphithéâtre, des footballeurs qui ne peuvent offrir un maillot en souvenir à d’autres footballeurs pour ne pas se retrouver sans tenue au prochain match, ou encore celle des athlètes qui courent pieds nus, pour ne citer que ceux-là. Forte est notre patience qui nous a permis d’espérer un changement qualitatif de cette situation d’il y’a un demi siècle déjà. Pour autant, peut-on mettre tout cela sur le dos de la pauvreté ou de l’inefficacité de notre gouvernement ou encore sur le renoncement de la culture de justice sociale qui doit constituer le fondement de notre société ?  Mais dans un contexte où les affaires de l’Etat sont gérées par les citoyens eux-même, il faut dire que cette désastreuse situation est de notre faute et nous pouvons très bien nous en sortir en faisant plus d’efforts.

   Il me paraît surprenant du reste, étant donné la qualité des intellectuels tchadiens, qu’il ait pu y avoir tant de négligence à l'égard de la prise en charge de la jeunesse. Quoi qu’il en soit, la qualité des services produits par les intellectuels que je viens d’évoquer ne nous a guère permis de nous faire une place digne de ce nom dans le concert des nations civilisées, le peu de moyens dont disposent ces responsables étant dérisoire et incompatible avec une politique sociale efficace souvent prônée  mais jamais appliquée. C’est que non seulement l’absence d’intérêt pour l’épanouissement de la jeunesse est antidémocratique, mais rend la plus part du temps démagogues ceux qui attirent notre sympathie en nous promettant monts et merveilles; chers compatriotes, la jeunesse est abandonnée, c’est vrai. Mais pour autant, nous sommes capables de la refaire; aussi devons-nous nous mettre activement au travail et favoriser l’épanouissement et l’enrichissement de notre culture authentique. Rien ne saurait être plus important pour nous qu’une solidarité dans notre action, et c’est ainsi que nous pourrons voir nos rêves les plus humains, jusqu’alors seulement accessibles aux plus riches, devenir réalité.

   Or, quand par tant de gestes inutiles, les politiques arrivent à prouver à la jeunesse que son avenir n’est pas une priorité, nous sommes les victimes et attendons inconsciemment un changement à travers leurs agissements. Nous ne nous rendons pas compte de la force sociale que nous sommes et du rôle que nous pouvons jouer dans un pays démocratique. Absente du débat politique, la jeunesse tchadienne semble se contenter de servir les intérêts des politiciens à la recherche d’une assise populaire. Mais quoi de plus stupide en politique, quand on a voulu assombrir l’avenir de la jeunesse, que de chercher à disserter sur ses problèmes ; car en négligeant la culture, le sport, l’éducation, et toutes ces choses qui dans d’autres cieux unissent la jeunesse, nos hommes politiques ne savent ni quoi faire, ni comment intéresser la jeunesse à la reconstruction du pays. A vrai dire, les partis que les politiciens tchadiens ont créés étaient plus des partis d’hommes que des partis ayant une idéologie ou un programme précis, afin de prétendre répondre aux attentes de la jeunesse ;  les aspirations des jeunes sont humaines et universelles, et n’importe laquelle de ces aspirations est à qui saura s’en emparer pourvu que l’ouverture de la jeunesse soit la priorité du gouvernement et des partis politiques : on peut développer le sport, professionnaliser l’enseignement, aider les artistes dans leurs efforts perpétuels, créer des campus scolaire et universitaire, mettre en place des programmes d’aide à l’installation professionnelle des jeunes diplômés. Tout ce que je viens d’énumérer peut être obtenu grâce à des moyens dérisoires : par des simples échanges avec d’autres peuples et des investissements dans les secteurs sociaux. La jeunesse a besoin d’être prise en charge, non pour l’utiliser comme un instrument de politique au sens propre du terme, mais pour l’apprêter à prendre la relève; il s’agit d’entreprendre des actions concrètes, directes et axées sur la satisfaction des besoins, à moyen et long terme. Par exemple, comme le général de Gaulle qui créa l’ENA pour doter la France d'administrateurs appelés à s’occuper des affaires de leur pays, nos dirigeants doivent mettre les écoles et instituts qu’ils ont créés dans des bonnes conditions afin de former les cadres de demain.  Mais dans ce combat chacun tire un avantage, de sorte que, même si notre pays n’obtient pas ce qu’il veut, qui est plus ou moins abordable par le courage des hommes, une jeunesse éclairée  ne peut guère être considérée comme un investissement inutile. Considérée comme le fer de lance de toute reconstruction dans un pays démocratique, elle est encouragée et aidée; Mais, jusqu'à ce jour, les dirigeants n'ont fait que peu d'efforts dans ce domaine.

   Qui ne sait, ma foi, que l’échange culturel et sportif est devenu un phénomène mondial par lequel le plus ingénieux des dirigeants de ce monde tente d’épanouir la jeunesse de sa patrie ; On s’empresse pourtant autour de ces gens qui « mondialisent » la planète, par des manières quelques peu mendiantes, pour présenter programmes économiques et je ne sais quoi, afin de bénéficier de leur aide que l’on détourne à merveille? Mais si par orgueil, c’est d’ordinaire notre quotidien, nos dirigeants décident de jeter un regard objectif sur les jeunes qui excellent dans tous les domaines, alors ils trouveront qu'ils peuvent très vite atteindre leurs objectifs et combien ces derniers sont créatifs et intelligents. C’est ce qu'ont fait, me semble-t-il, des jeunes comme Ndoram (footballeur), Haroun (cinéaste) et Hamid kodi, cet ingénieux webmaster que vous connaissez assez bien : je précise seulement que leurs réussites sont personnelles.

   Je me garderais volontiers d'évoquer les incohérences dont font preuve certains responsables quand ils ont en charge les services en relation avec la jeunesse, sans avoir en la matière d’ambitions ni personnelles, ni collectives. Que dites-vous en effet devant la situation désastreuse vécue par nos compatriotes étudiants de Russie ou d’ailleurs que le peuple tout entier entend pleurer, seulement parce qu’on trouve plus important de payer des véhicules de luxe à des intellectuels cupides que d’assurer les bourses estudiantines? Que diriez-vous encore d’un doyen de la faculté qui ignore les accords d’échanges culturels signés par notre université dans le but d’aider la jeunesse ?  Plus grave, que diriez vous de ces pauvres familles qui n’arrivent pas à soigner leurs malades du fait des insuffisances de nos hôpitaux où même les plus élémentaires des appareils n’existent pas pendant que d’autres dépenses inutiles au bien-être de la société sont effectuées?  Et pourquoi trouve-t-on normal que des simples couveuses ne peuvent être acheter pour donner une seconde chance de vie aux milliers d’enfants prématurés qui naissent chaque année? C’est là notre faiblesse, à laquelle il n’existe aucune solution, aucune issue et pour laquelle les étrangers ne peuvent rien. Tout est de notre faute, et la solution viendra de nous.

   Partant de là, chers compatriotes, je remarque, c’est pour moi bien évident, que la culture de la démagogie s’érige en principe de gestion. Mais cette même tendance s’étend aussi à l’ensemble de nos concitoyens, qu’ils soient dans les campagnes ou dans les centres urbains. En effet il n’est pas rare de voir un responsable, quelque qu’il soit, acquérir la sympathie des siens par des flatteries et des réflexes démagogiques ; Je ne suis pas contre le fait que des gens « bien placés » prennent en charge toute une famille, mais je trouve incohérentes ces manières ; En effet, l’aide n’est ni une honte, ni injuste : elle est tout à fait humaine et a pour but de sortir le nécessiteux d’une mauvaise passe, mais pas de l'entretenir : « mieux vaut apprendre à quelqu’un à pêcher lui-même que de lui donner un poisson à manger ».

   Il y a une autre chose que ma conscience de Tchadien ne peut guère admettre: l’inconséquence de la diaspora tchadienne, pourtant présente dans des pays très riches. Celle-ci brille par son absence et par sa démission en ce qui concerne le rôle qui lui est dévolu par la nature. Ce n’est nullement un secret, que partout dans le monde, quand la cupidité des hommes ne permet pas à la populace de vivre convenablement, c’est la diaspora qui prend la relève : les Juifs, les Hongrois, les Maliens, les Libanais, etc. …, vivent, pour la plus part d’entre eux, grâce à l’aide de la diaspora. Les domaines d’intervention de celle-ci sont variés et par cette manière elle a directement contribué à rendre encore vivables les terres des peuples que je viens de citer. Bien évidemment, la nôtre est constituée d’une population très jeune et qui ne s’est pas encore totalement intégrée ; mais les rares qui ont réussi ont perdu la fibre patriotique et je ne leur concède pas cette faiblesse, d’autant plus que l’avenir de nos jeunes frères en dépend.  Il est temps que tous les Tchadiens participent au développement de notre pays ; dans ce domaine précisément, la diaspora tchadienne aurait pu s’affirmer, notamment en investissant dans le développement rural ou dans l’éducation des jeunes villageois, mais le sujet est très vaste et nécessite un grand débat.

   Ainsi, je pense que ce n’est donc pas notre pauvreté qui a accouché d’une jeunesse sans horizon, mais l’abnégation de notre vraie culture de la solidarité traditionnelle qui se trouve en être la cause. Nous avons nié notre originalité et perdu de vue cette solidarité qui enveloppait les actes de nos ancêtres. Cette forme de solidarité active, avec la quelle les peuples primitifs ont su enseigner l’art et la technique à leurs descendants, et que nos pères tenaient de leurs pères, qui le tenaient eux-même de leurs pères, nous ne l’avons plus maintenant ; nous avons échoué car cette solidarité n'existe pas pour notre génération, et si nous ne faisons rien pour changer les choses, elle risque de ne pas exister non plus pour nos enfants.

   Chers compatriotes, par cette interpellation je ne vous appelle pas à un retour aux « sources » auxquelles je n’accorde pas plus d’importance qu’aux valeurs inculquées par nos premiers occupants, mais à une réflexion profonde sur l’homme, sur ses actes, sur l’amitié, sur la fraternité et sur la citoyenneté.

   Ainsi, nous aurons le courage d’affronter les difficultés quotidiennes pour les traduire en actes concrets, plein de sens et positifs ; c’est la raison d’être de tous les peuples, et le nôtre a aussi les mêmes droits.
                                              
Djamal-addine Abdel-aziz Haggar    

                                                            27/03/2002
                                             Égalité entre filles et Garçons

   Je voudrais pencher sur certains problèmes élémentaires rencontrés par nos sœurs mais la plupart de nos parents refusent  de comprendre les droits de celles-ci .
   Je ne suis pas un spécialiste des conflits entre filles et parents mais je demande à ceux qui savent ce que la justice réservent à ces jeunes filles, de se lever et trancher les problèmes pour que nos sœurs jouissent des mêmes droits que nous garçons .
   De ma part, je n’ai jamais entendu parler qu’il y a des loi à travers le monde ou dans des livres religieux interdisant le droit à la scolarisation aux filles mais malheureusement beaucoup de nos parents n’envoient pas leurs filles à l’école ou même s’ils les envoient , à certains âges ou à certains niveau ils les interrompent brusquement .Pour quelles raison? La réponse des parents est ridicule . Beaucoup de ces derniers pensent malheureusement que c’est l’école qui fait de leur filles des prostituées alors dés qu’un candidat se présente, l’école n’a plus d’importance. Ont-il inscrit leurs filles à l’école pour décrocher un diplôme ou pour décrocher un mari ? Si à l’école on forme des prostituées alors combien y ‘avait t- il à Ndjaména  des prostituées qui ont une licence ou une maîtrise ? Je ne pense pas qu’il est facile de trouver une prostituée qui a fini ses études mais je suis sûr que la plupart des filles qui se prostituent ne sont pas instruites et beaucoup sont devenues des prostituées à causes des mariages sans consentement . Selon ce que j’ai appris une fille a le droit d'accepter ou de rejeter des propositions de mariage. Le mariage forcé sans le consentement mutuel est invalide selon les enseignements du Prophète Mohammad.
   Le Coran blâme l'attitude de certains parents qui tendent à favoriser leurs fils. Il prescrit le devoir d'aider et de montrer de la gentillesse et de la justice envers les filles. L'éducation des filles n'est pas seulement un droit mais un devoir pour tous les musulmans, hommes et femmes.
   Je ne sais pas sur quelle loi nos parents se basent pour favoriser leur fils au détriment de leur fille . C’est injuste de faire la différences entre ses propres enfants . Je ne comprends pas comment un homme peut exister sans une femme et ,je trouve que c’est idiot de négliger l’importance de l’être grâce à qui on existe .
   Par ailleurs, un bravo à nos parents sudistes qui sont moins durs avec les filles .
Je m’excuse auprès de ceux qui trouvent mes propos injustes , tout ce que je souhaite c’est l’égalité entre l’homme et la femme car il n’est mentionné nul part que cette dernière est inférieure .
                                    Abdraman Abakar Birkia / abirkia@hotmail.com


                                                           05/02/2002
                                       
Un vieil ami du Tchad         
          Tchad, pays exemplaire d'humanité et d'Amour pour toute la Terre. 
                         Madame , Monsieur, Lalé maggi gay moro way!

    Je m'appelle Raymond, j'ai donné deux ans de ma vie pour votre pays en 1970 et 1972, à Fort Archambauld, pour  la coopération technique Suisse. J'ai réparé des voitures pour les dispensaires, j'ai installé l'électricité dans vos hôpitaux qui a permis à beaucoup de femmes de vos villages d'accouchés  à Bédiodo. J'ai apporté de la nourriture à des tuberculeux, à des lèpreux à Sharh, les restes des repas des étudiants de la mission catholique de Sharh, Jésuite, pendant deux ans, J'ai vu mourir vos pères dans des ghettos., choléra. Je jure la vérité. Je travaillais  au garage de la mission, à Fort Archambault, j'ai connu Roger Wan Talbay, Jean Nan Dibay, Maka Elie, Fostin mon Ami, mes ouvriers,  Je les salue de mon Amour humanitaire car je sais que nous nous retrouverons dans l'au delà . J'ai connu vos Pères dans les champs de cotons, vos femmes dans les champs de mil. J'ai failli mourir après une grave malaria, mais je suis toujours vivant pour honorer vos parents. Vive le Tchad, pays, exemplaire d'humanité et d'Amour pour toute la Terre. Lafia Marie, Ngon Kkem k'êy le Ala., Mbay si sei, Or ndue doï' d unda déné marizé lei, Dö ngoni JESUS' d tö Nembazé ke Marie, J nzé k'ozi nzé rasizé, Ula aré o ndoo lesi, Ziein nzé kaiazé, Basiné iaa sar ba n'0do yosi tö. Amen.

                                           
Raymond Ciana, vieil ami du Tchad


                                                 28/01/2002
                                 
Pourquoi ialtchad en français seulement?         
Salut..., Pour le Tchad les 2 langues officielle sont l'arabe et français comme annoncé dans la constitution  tchadienne. Encore pour nous sommes les tchadiens voulons que le site Ialtchad saura représenter tout le Tchad et sa culture. Nous voulons aussi des pages pour le chat(chatting) dans ce site pour parler et écrire en direct avec les membres ou visiteurs de "IALTCHAD". Nous souhaitons que "ialtchad" crée des pages en arabe littéraire et local. A bientôt.
De:  Fadil Abbazene Said     Résident au Qatar
P.O.BOX:2713 University of Qatar Doha-Qatar 


                                              15/01/2002
                           De la Géopolitique et de la Fonction Publique

  
Salut les Amis et welcome back M. Abakar. Je viens de parcourir l'article de M. Abakar qui est très intéressant et qui couvre beaucoup de sujets qui sont malheureusement la pratique au Tchad. La question Nord-Sud, musulman - chrétien est un faux problème que nous devons combattre par tous les moyens possibles. malheureusement ça été le cheval de bataille de tous ceux qui se sont succèdes au pouvoir depuis les indépendances jusqu'a nos jours. je considère ces gens comme des non-patriotes, des individus sans projets de société . Des ignorants qui n'ont pour but que de se remplir leurs poches et de favoriser leur ethnie. Ce son ces individus qui sont les maux du Tchad. Ces individus doivent partir, ils doivent laisser la place a la nouvelles génération qui doit "gouverner autrement"et éduquer le peuple tchadien. on ne peut pas comprendre que nous n'avons pas de routes bitumées, a télévision ne couvre pas l'étendu du territoire ect..... Félix dans un de ces articles soutenait que seul l'armée absorbait le budget du Tchad. je pense que la Fonction publique est le véritable mal de notre pays. il y a pléthore de fonctionnaires de l'Etat. Ce nombre doit être s'il y a volonté politique. Ceux qui ont atteint l'âge de la retraite doivent partir et ceux qui sont à la fonction publique sans diplôme qui les qualifie d'être intègre à la fonction publique doivent aussi partir peut importe le nombre d'années qu'ils ont passé. Il n'est pas normal que des jeunes sortis des écoles professionnelles soient réduis au chômage. Nous ne pouvons pas décoller si la fonction publique n'est pas assainie et moralisée.
                                           
   Issa Moursal / Salt Lake City / U.S.A                                   


                                               14/01/2002
                                        
Ayons le courage de nos mots !
    Mes frères et sœurs, je suis heureux de vous retrouver sur notre magnifique site web. Je me suis rendu au pays, précisément á N'djaméma pour deux semaines, histoire de passer le réveillon avec la famille et les amis. Comme vous le savez, Internet marche chez nous comme une vieille voiture : un jour ça marche, un autre ça bloque. Bref, je veux seulement dire que j'avais la nostalgie de ialtchad. Deux semaines d'absence et voila que je me retrouve être une balle dans un jeu de ping-pong entre MM Félix et ABC. Je tiens á ramener ces Messieurs á l'ordre afin que nous retrouvions rapidement le chemin du débat constructif. La question de la langue du site. --------------------- Je ne vois pas ce que j'ai pu dire de si vexant jusqu'à me coûter la mise en cause de mon instruction. J'ai tout simplement estimé qu'il serait profitable á tout le monde si chacun s'exprime en Français sur le site. On m'a répondu que c'est une occasion pour les autres d'apprendre l'Anglais. Tant mieux, on pourra apprendre les autres langues aussi avais-je répliqué. Je m'attendais á une réponse plus responsable mais hélas. Certains ont préféré faire l'historique de toutes mes interventions pour finalement me qualifier de je ne sais quoi exactement. Non Messieurs, je pense qu'il est important d'encourager au débat et surtout éviter de s'imposer inutilement en prônant le suivisme. Monsieur Issa Moursal estime qu'il y a un monopole du site par M Félix. Je pense que tu peux écrire á ta guise mais tu ne peux pas nous obliger á partager ton point de vue. Il faut faire preuve de fair-play. La CotonTchad -------------- la gestion ou plutôt le bradage de la CotonTchad voire de tout l'Etat tchadien durant le règne des Sudistes est connu de tous les tchadiens. Vous vous êtes demandés avec quoi certains se sont construits des hôtels 5 étoiles au Gabon, se sont payés des appartements luxueux un peu partout en Europe(France, Belgique, Suisse...). Aujourd'hui, ils vivent tranquillement, planqués comme les anciens nazis. On me cite Hassan Kolingar, Abdoulaye Djonouma. Je complète la liste avec Feu Négué Djoko, Feu Galyam, Abdelkader Kamoungué, Nouradine Kassiré, Abderamane Djasnabaye et la liste est longue. Bien sûr, pour leurs progénitures, ces messieurs ont dû réécrire l'histoire. Car manquant cruellement de courage pour dire tout simplement que c'est eux qui ont mis le feu au Tchad. Et si Habré avait jugé utile de les poursuivre en son temps ??? Parlant de HH, mon compatriote ABC, je voudrais que tu saches que je ne suis pas de ceux á qui, le régime d'Hissein Habré a été relaté par procuration. J'ai vécu ce régime et je sais aussi bien que toi ce qui s'est réellement passé et aussi ce qui a été exagérément, volontairement grossi et amplifié pour des raisons de nuisance que nous connaissons bien. Des organes de presse ont été spécialement crées á cette fin avec des fonds étrangers. Pendant 10 ans(ça continue), tous ces organes avaient qu'un seul dénominateur commun et un seul objectif : faire le procès de Hissein Habré sous tous les angles et selon la bonne formule "Calomniez, calomniez,.. il en restera toujours quelque chose". L'objectif premier de ces organes, tient en quelques mots: en faisant le procès de Habré nous culpabiliserons tous les Nordistes, nous arriverons á les convaincre qu'ils nous ont fait plus de mal en 8 ans que nous leur avons fait en 20 ans. Tous á l'unisson, gueulons haut et fort oú que nous soyons au Tchad, en Europe, aux USA ou ailleurs. Parlons, écrivons, c'est notre seule chance de reprendre un jour le pouvoir. Déby est un pauvre type, c'est HH qu'il faut combattre. Alors lorsqu'une toute petite voix s'élève, s'est l'alerte générale. A titre d'exemple, lorsque l'affaire Hissein Habré a commencé, M Mahamat Hissein, Rédacteur en Chef du journal le progrès, publiait un article neutre et objectif portant sur les différentes responsabilités. Scandales et indignations chez nos frères du Sud qui n'ont pas hésité d'ouvrir largement leurs pages pour des injures haineuses contre Mahamat Hissein. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la composition de ses organes de presse et vous constaterez que 9/10 sont du Sud. Alors ne te ridiculise pas avec le SECADEV oú seuls les chauffeurs sont du Nord. M Félix a une conception très simpliste de la religion musulmane. Pour lui, il est même abusif de parler de la langue arabe au Tchad. J'ai aussi noté que sur les 5 blagues (sahibi) qu'il a signé, 4 ont une relation directe avec l'Islam, presque blasphématoire : le ramadan, alfaki ma tikaloum yadjourou, la prière, á la prière. Taliban est synonyme de barbare, terroriste, sauvage et assassin. N'est ce pas là un bourrage de crane á l'américaine ? Concernant tes avocats qui errent á la recherche du moindre faux pas pour étrangler, qu'est ce que tu peux nous dire des cas suivants : 1) Moumia abu djamal qui meurt á petit feu injustement 2) Le jeune Guinéen sauvagement abattu par 4 policiers américains qui jouissent de toute la liberté "américaine" 3) Du massacre des Afghans aujourd'hui, du massacre des Irakiens hier et de celui des Vietnamiens il y a quelques années. Des massacres qui sont subtilement légalisés et serviront plus tard de gloires aux auteurs pour prétendre á la plus haute fonction Américaine. Mon oeil ! J'espère Félix que tes avocats se sont déjà manifestés pour nous rendre justice de l'assassinat de notre frère au Canada ? Aujourd'hui, les américains ont ôté toute confiance aux étrangers qui vivent chez eux. Ils s'apprêtent á bouter 500.000 terroristes en puissance dans les 3 mois á venir, y compris ceux qui ont acquis la nationalité américaine. Si jamais vous avez déjà reçu votre invitation, sachez M Félix que votre pays a besoin de vous. Vous pourriez nous enseigner l'Anglais, qui sait ? Salut et á bientôt.
                                                  
Mahamat Abakar mahamat.    
                                                
mahamat.abakar@caramail.com


                                             11/01/2002
                   Au nom de la démocratie et de la liberté d'expression
   Salut Moussa, je vous félicite de cette initiative d'avoir un site ou tous pouvons nous exprimer librement au nom de la démocratie et de la liberté d'expression. Je viens de parcourir le site grâce a un ami qui a bien monopolise le débat a savoir Felix R.N'Goussou. Ceci montre son souci a l'égard de notre pauvre Tchad. je suis très content que le débat soit lance et nous pouvons nous exprimer librement sur n'importe quel thème. Ceci dit, la question de la langue ne doit pas soulever des problèmes comme le souhaite le camarade Mahamat Abakar. Nous devons être a mesure de nous exprimer dans la langue de notre choix. Si vous voulez vous exprimer en russe parce que vous avez étudie en Russie, faites-le a bon grés. Il est bien dommage que les Tchadiens ont des langues étrangers comme langues officielles et bien d'autres chose comme les musiques dominantes au Tchad sont d'importation. Donc, camarade Mahamat, écrivez en langue de votre choix. je voudrais inviter les camarades à débattre sur les questions du développement de notre pays. les tchadiens ont trop souffert et nos enfants méritent un avenir meilleur.
                                 
        Issa Moursal / Salt Lake City, Utah / U.S.A


                                                  27/12/2001
                                         Réaction au message du passionnant

     Avant tout, mes meilleurs vœux de fin d'année à tout le monde ainsi que celui de noël à certains. J'ai lu la note de Mr Félix et je suis d'accord avec lui sur un seul point qui est celui de la langue. C'est vrai que ce dommage pour les Tchadiens de ne pas avoir notre propre langue comme la langue nationale car le français est venu de l'occident et l'Arabe de l'orient. Pire encore nous avons toujours tenté d'embrasser le culture des autres. Par exemples le musique, au Tchad tout le monde aime la chanson Française, Zaïroise et Soudanaise, pourtant nous avons des chanteurs qui ne sont pas mal comme Talino, Gazonga ou encore les Chansons des défunts M.Ahamt Djallali et Alhadj A.Pecos qui ont besoin seulement de les motiver et améliorer. Parlant de la politique, Mr Felix parle de  l'inéquitable repartition des membres du Gouvernement. Avais-tu oublié le gouvernement du grand-chef Ngarta Tombalbaye? ou encore celui de Général Malloum que je me rappel encore très bien. Le général lui même a la tête suivie de M.D.Ngakinar ministre d'Etat, W.A.Kamougue aux affaires étrangères, K.Guerina à l'intérieur et j'en passe... Pire encore dans le bureau exécutive du CSM ne figurais que deux nordistes précisément le commandant Zakaria Wawa Dahab et le Lt Mahamoud Abdraman. Dans ce cas, ou est la réalité? C'est n'est pas d'imagination, tu pouvais consulter les archives. D'ailleurs, ça c'est la question la plus élémentaire. Est ce que nous avons besoin d'être égaux au gouvernement pour développer notre pays. En fait, le partage du gouvernement actuel est basé sur la découpage administrative d'ou nous savons que les préfectures du nord sont plus nombreuse que celle du sud. Pour mémoire, le régime le plus horrible qu'a connu le Tchad est celui de H. Habré et nous savons que sur ce 26 ministres nous trouvons une égalité de 13 ministres contre 13. Et quel est le résultat de ce règne? Je vois qu'il est mieux d'oublier une telle idéologie et se mettre à réfléchir ensemble pour le bien commun de notre pays. Pour ce qui est de sigle A B C n'est que l'abréviation de mon nom comme je t'avais dis dans mon précédent message. Toute fois, pour ceux qui désirent le connaître je les écrirais. Bien à vous.
Cordialement,
 

A.B.C


                                               15/12/2001
                                            La langue du site            
   Je me réjouis que les ialtchad ont pris en main leur site et débattent pour apporter le meilleur d'eux quant à l'évolution de ce même site web. Aussi, je profite pour inviter les autres ialtchad à s'impliquer davantage et ne pas se limiter à des félicitations et encouragements. Cela dit, je pense que le choix de la langue sur notre site est une véritable question. La preuve : les plus grands sites proposent aux internautes le choix de la langue. Mais notre site n'est pas de cette catégorie. L'un des objectifs primordiaux de notre site est la communication entre tous les ialtchad. Or, qui dit communication, dit compréhension, échange, dialogue, ...etc. La langue devient là le vecteur directeur de cette communication. Cependant, entre l'Anglais et le Français, force est de constater que le Français prédomine sur le site. Le frère Félix lui-même a participé en dans cette langue. L'Anglais n'est plus un choix mais plutôt une nécessité actuelle. C'est un débat qui est clos depuis fort longtemps. Sinon, ni la Francophonie et aucune autre organisation ne saurait être un cadre fermée pour le Tchad. Je répète : l'objectif c'est la communication. Or si vous permettez à certains de publier en Anglais alors vous admettrez également des publications en Arabe, Russe, Espagnol, Chinois, Turque et j'en passe. Oui, il y a des ialtchad qui maîtrisent parfaitement ces langues et seraient tentés de les utiliser. Et si vous acceptez cette possibilité, vous créez de facto des groupes distincts basés sur la langue. Seul un petit nombre de ialtchad plurilingues qui peuvent profiter de toutes les publications sur notre site. Ainsi vous compromettez le dialogue et l'unité entre tous les ialtchad. Un exemple simple. Ces dernières années, il y a eu à N'djaména un phénomène assez comique dans le milieu des jeunes étudiants formés à l'étranger. Quand ces étudiants se retrouvent lors d'un baptême, mariage ou circoncision; ils se regroupent et discutent dans la langue de leur pays d'étude. On rencontre ainsi des ialtchad algériens, marocains, russes, gaulois, américains, wolof et même québécois avec leur accent ! C'est un véritable délire !!! en résumé, je dirais que connaître une langue est un atout en soi et son usage doit se faire dans un but utile et pas de frime. MABROUK AL AÏD A TOUS LES IALTCHAD, 
QUE LE BON DIEU EXHAUSSE VOS PRIÈRES. 

Mahamat Abakar


                                                 10/12/2001
                                   
Choix de la langue sur notre site       
   J'interviens sur un cas qui commence à prendre sérieusement de l'ampleur sur le site : la langue écrite. J'ai constaté que certains de mes frères sont bilingues (Anglais/Français). C'est formidable. Je fais remarquer que les Tchadiens sont majoritairement francophones et par conséquent, ne comprennent pas les interventions en Anglais. Alors Hamid, tu as là un dilemme à résoudre. Soit, tu nous traduises le texte, soit tu demandes aux ialats d'opter pour la langue de Molière quand ils interviennent sur le site, soit tu proposes un autre site en version anglaise. Je te laisse voir ce cas et je t'écrirai ensuite. Bien de choses à tout le monde, du courage et bonne réflexion.

Mahamat Abakar


                                                   09/12/2001
                                                   
Dear brother Hamid,
   Whenever I take journey in your site, I always feel that I'm home. Feeling home when you're across distance means allot. With your site I 'm able to look to the Harrison, relax on a oasis swim in the logon, intimidating the beauty of lack Tchad watch the heard passing by to the south and to different directions, fly with birds threw the cloud observing whatever I like, and tack off wherever I want, Dear brother you keep reminding that I'm a Tchadian who supposed to look back at the wreckages not to fancy car or high rising buildings. I should look at the wreckages that should be replaced by the plants, people, and love, at the people who are lives on that dark soil. I recall, how my people in Tchad operating difficulties and pushing their times, I learn by heart how the farmers in Tchad are dealing and handling odd jobs, big responsibilities of feeding a nation with their ancient tools. I keep in mind how the teachers in my country with unfilled resources are potential to give allot, while they having nothing, I remember how the student with their empty hand fight the darkness and the other odds by using the moon to light their ways of reading, should we call them heroes. Sure I call them more then that. I recall looking to my nephew 's (7years) telling me that our neighbor kid (8,years, Which is his friend) can't go to school because his father wanted him to work as water delivery. Dear brother, even though there are much to talk about, I always dreamed that Tchdian children are get some attention. Children in Tchad are the most affected being on soil.   We are always generous to give. Contribute our resources, even with no care, wasting allot of time for other things most of which are useless, yet we are gave nothing to benefit the children in Tchad (all). Let's conceder their situations their sympathy, their basic needs. Let's give a bit of time to these big crises. So before any thing ells I'm asking you, my self, and the rest of (Tchadian) peace lover to pry  (The creature) asking more love more kindness toward each other and ultimate unity for sake the best for the children in Tchad and for. It's least what we can give. I'm asking you to open a door to discus this important issue. Finally, Dear brother even though my painful heart crying and bleeding my country's pain, I'm quite happy that you give us this wonderful site that able us to cry loud so can reach every ears. Linking us and offering travel on first class ticket to Tchad every time we set in front of the computers. I'm positive that you worked hard for it, and you already gained the respect of the reader by your honorable aim, moreover your site with it's collections effected most of the Tchadian abroad, us one of them I'm thanking you behalf of all the people who appreciate superior work.. Keep going.

                                                  Abdullah Alijay / Montréal, Canada
                                                   E-mail:
Connay25@yahoo.com  


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