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  Forum Solution (suite)

Suite du Thème: N°3  «Quelles Solutions pour le Tchad»

Autres sujets:

                                                10/10/2003
                           
Les problèmes délicats et dangereux au Tchad

Les problèmes délicats et dangereux au Tchad sont devenus un sujet tabou est réellement étrange et choquant dans un monde comme le nôtre, où il et facile d’écrire et de dénoncer (publier). Jusqu’à ce jour, si peu écrit sur le problème de la violence et de l’injustice. Dans ces diverses manifestations, le Tchad est réduit à zéro, mais encore sous son aspect plus général de fléau de l’humanité. Dans cette dernière perspective si nous faisons l’étude comparative de la violence et des autres calamités qui s‘acharnent sur le monde tchadien. La guerre et les diverses épidémies, nous pourrions vérifier une fois de plus la violence est la moins débattue et la plus méconnue dans ses causes et ses effets. Quels sont les facteurs cachés de ce véritable complot du silence par rapport à la violence ? Est-ce simplement l’œuvre du hasard si ce problème n’a attiré l'attention me semble-t-il de personne malgré l’intérêt et les esprits spéculatifs et créateurs de notre temps? C’est un silence prémédité dû à l’esprit même de notre culture, ce sont les intérêts, les préjugé d’ordre moral ou d’ordre politique et économique qui sont à l'origine de ce silence. Toute économie du pays s’est effondrée, la dignité est réduite à néant, l’intérêt commun et collectif a pris le pas sur l’intérêt individuel. Chers dirigeants évitons le favoritisme, le népotisme, le sectarisme, le particularisme ethnique ….chers compatriotes les hommes meurent mais la nation reste. 

Hissein Wadi Omok 
Étudiant Tchadien à l’Étranger


                                              01/07/2003
             LE F.U.D.P: Une contradiction avec la réalité actuelle
La naissance de CMAP 2 : le FUDP", l'article publié le 25 mai 2003 n'est pas une réalité actuelle:une pure contradiction avec la réalité actuelle. Le FUDP est plutôt un projet d'unité de l'opposition politico-militaire tchadienne.
L'on ne parlera de la naissance du FUDP(Front Uni pour la Démocratie et la Paix) que s'il y a concrétisation effective du projet mais la réalité actuelle est toute une autre contradiction.
En effet, aucun membre de la rédaction du mensuel IYALTCHAD n'a pris part à une des réunions s'il y en a eu, ni à aucun congrès s'il a eu lieu, du moins encore aucun journaliste de la dite rédaction n'est sollicité pour une quelconque couverture médiatique du dit front.
Ainsi donc, la rédaction de l'article " la naissance de CMAP 2 : le FUDP" est basée sur des rumeurs, des allégations verbales ou des chantages de certains leaders de l'opposition tchadienne mais aujourd'hui c'est une pure contradiction: le FUDP n'est jamais né moins encore un projet effectif, c'est une simple projection de l'opposition, après nos investigations.
A cet effet, la rédaction du mensuel IYALTCHAD, vient par la présente démentir toute naissance du FUDP en vue de renverser le régime de Ndjamena moins encore de déstabiliser ou pour toute une autre activité quelconque.

Mahamat Moussa
mbodou@yahoo.com  Tél: 00229 071250


26/05/2003
La naissance de CMAP 2 : Le F.U.D.P
Enfin une possible unité de l'opposition politico-militaire

La chronique d'une chute s'annonce...

Après les échecs incontestés des tentatives d'unité de l'opposition tchadienne avec la CMAP et l'ANR, l'opposition politico-militaire se réveille et prend le destin du "Tchad de demain" en main. Force est de constater depuis janvier dernier un groupe indépendant de pilotage du projet d'unité de l'opposition a été mis en place et est composé de quelques représentants des mouvements armées.


Depuis le déclenchement de l'instabilité politique au Tchad, des révoltes se sont multipliées et des hommes sont contraints à l'exil, des exils qui débouchèrent nombres d'entre eux aux créations des mouvements politico-militaires.
Chaque mouvement mène la lutte à sa manière c'est pour dire que tous ces mouvements allaient en rang dispersé et ce qui n'arrangea guère l'opposition armée. C'est ainsi que le 16 novembre 1996 une tentative d'une partie de l'opposition a vu le jour avec la création de l'ANR ( alliance nationale de résistance) regroupant huit mouvements, dirigé par le colonel Mahamat Garfa président de l'ANTD( armée nationale tchadienne en dissidence, créée en septembre 1994). Mais très vite cette alliance connaîtra d'échec car nombres des mouvements ont quitté et en janvier dernier à Libreville au Gabon l'ANR a signé un accord de paix avec le gouvernement.
Certes malgré l'échec de l'ANR, l'opposition ne se décourage guère et c'est ainsi que quatre ans plus tard après l'échec de la table ronde de Franceville en janvier 1996, une fois de plus une nouvelle tentation d'unité de l'opposition mais avec un fort taux de réussite: la CMAP voit ainsi le jour.
Très vite ce mouvement traversera par des moments difficiles, des moments de division, d'exclusion et aujourd'hui elle n'existe que de nom.
A cet effet, il est important de s'arrêter et de se poser la question de savoir pourquoi ce double échec? Certainement les causes principales ne sont que la trahison, l'égoïsme et la recherche d'intérêt individuel ou ethnique sans autant penser au développement de notre patrie entredéchirée par des guerres fratricides depuis plus de trois décennies.
En effet, depuis la crise qui sévit à la frontière tchado-soudanaise, l'armée de DEBY est désunie et affaiblie. Oumar El Béchir président soudanais fait appel à ID afin de neutraliser la rébellion créée par les zaghawa soudanais et c'est ainsi que DEBY déploie une importante ressource humaine proche de lui et matérielle afin "d'écraser ses propres frères" mais le déploiement se solda par des ralliements. Ainsi donc ID est en position de faiblesse et justement c'est à cet effet que l'opposition politico-militaire tchadienne voulait profiter de la situation qui prévaut à l'Est pour renverser le régime de Ndjamena si l'on en croit aux sources proches de l'opposition.
Selon toujours les mêmes sources, pour renverser ID il fallait nécessairement une unité de l'opposition et c'est ainsi qu'un mouvement d'unité de l'opposition est entrain de naître pour ne pas dire est né: le FUDP( Front Uni pour la Démocratie et la Paix: une idée propre à Ahmat Yacoub selon un membre du dit front). Une unité qui constituera peut être la chronique d'une chute. Est-ce cette unité serait effective? Selon nos sources déjà des exclusions internes ont commencé et d'ailleurs toujours de la même source il n'y a aucun "sudiste" au sein du futur front. Est-ce que cette exclusion ne causera pas l'engourdissement de cette unité? Lors de notre rédaction de l'article quelqu'un nous aurait informé l'entrée d'une sudiste mais est ce une réalité? Certaines sources nous ont confirmé que cette unité vise simplement ceux de la région centre-est, est ce que le "futur Tchad" ne sera que constitué de cette région? N'est-ce pas un revers prémédité?
Certes le front est né mais la question qu'on devrait tous se poser est celle de savoir qui dirigera ce front uni? plusieurs noms circulent dans les coulisses entre autre: Hissein Koty, Adoum Togoï, Salahadine mahdi, Brahim Mallah et Younouss Ibedou.
Une rencontre est prévue pour demain 26 mai et elle se soldera par des signatures d'engagements de tous les mouvements membres du dit front. Selon des sources proches du pouvoir, le régime est bien informé de cette unité et semble-t-il qu'il est entrain de négocier le départ du mouvement de certains: la fragilisation avant la naissance.
A mon humble avis c'est possible car l'opposition a été toujours fragile pour des intérêts égoïstes mais le temps nous apprendra n'est-ce pas?

Mahamat Moussa (Journal IYALTCHAD)
Tel: 00229 07 12 50
mbodou@yahoo.com


 

05/05/2003
  De la mentalité de l'opprimé à une « complicité » avec l'oppresseur : 
Où commence la libération ?

Voici quelques questions qui viennent à l’esprit lorsque nous essayons d’appréhender les sujets relatifs à la notion de liberté, d’oppression et de libération puisque c’est de cela qu’il s’agit. Ainsi, on peut se demander si la liberté est un concept totalement subjectif ou si au contraire, un fait objectif et concret ? Est elle une caractéristique inhérente à l’Homme ?  Sartre disait que « même dans les chaînes, l’Homme demeure libre » Alors, existe t-il une possibilité de liberté à l’intérieur de l’asservissement ? Peut on dire de l’opprimé qu’il est libre à un quelconque degré ? La liberté est-elle la liberté de la pensée ou celle de l’action ? Peut on concevoir l‘une sans l’autre ?

 

La liberté a de tout temps, constitué un axe essentiel autour duquel se sont ordonnés d’autres concepts philosophiques, tel que la notion d’identité, la conscience, l’humanisation, l’aliénation etc. Dans l’histoire des idées en Occident, l’idée de la liberté s’est avérée un thème dominant et les penseurs ont souvent défini l’Homme à partir de son inaliénable liberté. Mais un des paradoxe dont témoigne cette société est le fait que si sur le plan philosophique on définissait la liberté de la façon la plus généreuse et la plus épurée,  pendant des siècles la réalité concrète révélait sans cesse et partout les formes les plus brutales d’absence de liberté et d’asservissement. Dans la Grèce antique, berceau de la démocratie dit-on, l’institution de l’esclavage et le déni des femmes comme citoyennes étaient inscrits dans la constitution. Il en fût de même en France où le Code Noir, texte juridique promulgué en 1685 par Louis XIV, réglementait l’esclavage des noirs aux Antilles, que la colonisation de l’Afrique fût déclarée œuvre civilisatrice tandis que le droit de vote des femmes ne fût concédé que très tard en 1944. Ainsi apparaissait une catégorie singulière d’êtres humains, de personnes indignes de jouir des bienfaits de la liberté et d’égalité. Flagrante contradiction que cela car si la théorie de la liberté demeure sans rapport avec la pratique de la liberté, cela signifie qu’il y quelque chose d’erroné soit dans le concept lui-même ou dans son application. Dès lors, la liberté n’apparaît pas comme le définit le concept, un droit inaliénable mais bien un droit conquis d’âpres luttes par ceux qui en ont été privé.  

 

Dans ce contexte, comment ne pas évoquer les nobles idées de liberté et d’égalité dont s’entourent nos Etats africains et particulièrement le nôtre, le Tchad, à travers leurs constitutions, mais dont la pratique de la liberté et d’égalité s’avère dramatiquement écartée de la conception. Il est évident, que notre société est caractérisée par un fossé gigantesque entre la liberté telle qu’elle est définie sur le plan constitutionnel et notre manque réelle de liberté. Tous les rapports de différentes associations des défense des droits humains (LTDH, Amnesty International, FIDH…) témoignent si besoin est, des violations quotidiennes de nos droits les plus élémentaires, dont le plus sacré, le droit à la vie. Par conséquent il nous paraît clair que le fait que dans un des documents fondamentaux de notre pays, il soit déclaré que tous les Tchadiens sont égaux et sujets à la même justice, que toutes les déclarations officielles des autorités tchadiennes viennent renforcer ces textes et le fait que l’inégalité politique et la criminalisation de l’Etat n’aient jamais été extirpée ne peut être en définitif que le résultat de la  volonté affichée de la classe politique au pouvoir qui tire de cette situation, tous les privilèges.

 

Mais qu’elle est la perception de l’opprimé tchadien lui-même de sa liberté ?  Comment s’articule sa libération ?

Si de notre observation de la société, nous constatons un désaccord certain entre la théorie et la réalité pratique de la liberté, il semble que le Tchadien lui-même développe une attitude très contradictoire voire irrationnelle face à sa liberté. En effet, il est torturé entre son aspiration profonde à la liberté et l’adaptation à la situation oppressive dans laquelle le condamne ce pouvoir dictatorial. Sa lutte est un dilemme à l’intérieur de lui-même, déchiré entre concéder ou affronter l’oppresseur, endurer ou réagir, parler ou se taire, se libérer ou se soumettre, être ou ne pas être. Et contre toute attente, au lieu de chercher des voies et moyens pour sa libération, il  va au contraire, développer un fatalisme exacerbé qui va se traduire par une docilité et un assujettissement exaspéré. Dans le pire des cas, on observe chez lui une réelle attirance pour l’oppresseur et son mode de vie. Il n’est d’ailleurs pas rare de le voir se convertir à son tour en oppresseur et se montrer encore plus impitoyable envers d’anciens compagnons dans le seul but d’assurer une hypothétique promotion et échapper pense t-il à sa condition d’opprimé. On le constate aussi bien chez le Tchadien de la classe moyenne, enfoncée dans toute sorte de misère intellectuelle et matérielle à qui on pourrait trouver quelques menues circonstances atténuantes, que dans la classe intellectuelle dite éclairée où,  la carence de conviction ouvre bien grande la voie à la corruption et à la compromission avec la structure dominante et pour laquelle il n’y a aucune excuse. C’est d’ailleurs dans ce terreau que le pouvoir trouve ses meilleurs alliés et toute la petite clique véreuse des Yokabdjim, Nagoum, Yoadoumadji, Youssouf Maïna, Abdérame Ali Haggard, Moussa Faki et compagnie, illustre remarquablement cette aliénation. Le désir commun de tous étant bien sûr d’égaler « le maître » ou du moins de s’en approcher au maximum.

Les nominations ministérielles et autres postes de responsabilités sont des occasions propices pour observer ce phénomène de subordination et d’allégeance à l’oppresseur. On a ainsi vu des hommes être propulsés du jour au lendemain par la grâce du chef au sommet de la hiérarchie puis, amorcer brutalement six mois après - pour les plus chanceux - toujours par la seule décision du maître, une descente aux enfers dont une fois encore, seul le maître peut y mettre fin. Pour ces hommes potiches, aucune réalisation ne peut se faire en dehors du système. Ils acceptent sans broncher la volonté de celui-ci comme pouvoir absolu sur leur vie et leur existence dépend obligatoirement et totalement de lui et aucune humiliation ne saurait venir à bout de cette servilité. Le cas le plus pathétique est peut être celui de Annadif, ministre des affaires étrangères qui paraît-il afin de garder son poste, aurait fermé les yeux sur la vertu d'une proche. De même lorsque par chance un mouvement de libération se crée, c’est encore l’opprimé qui le premier va trahir ses compagnons et les offrir sur l’autel de ses ambitions bassement matérialistes au pouvoir en échange d’un poste, d’une voiture ou de l’argent. Ainsi, Laokein Bardé a été trahi par ses compagnons les plus proches dont son propre frère et le voir aujourd’hui parader en tant qu’officier de l’armée de Deby dans une Toyota offerte par ce dernier, est sans doute la scène la plus obscène qu’il nous est permis de voir. Les exemples de trahison, d'avilissement des tchadiens malheureusement abondent et confortent le pouvoir dans son œuvre destructrice. On peut donc dire, qu’en définitif, c’est grâce au consentement des tchadiens que Deby et les siens peuvent perpétuer leur domination. Ankylosé par la peur, dépossédé de notre personnalité, opportuniste à volonté et nous proclamant de facto vaincu, nous avons fait le choix de  nous accommoder à notre situation et refusons toute confrontation avec l’oppresseur. Voici comment, consciemment ou inconsciemment, terrifié devant la nécessité de notre propre lutte pour la conquête de notre liberté, nous entrons en « complicité » avec notre oppresseur et permettons la pérennisation de ce régime abject. Telle est l’étendue de notre drame.

Cependant, quelque soit notre écœurement face à cette analyse accablante que nous faisons de la mentalité de l’opprimé tchadien, il serait peut être erroné de croire que ce fatalisme qui se manifeste par une servilité sans borne est un caractère inné et irréversible des tchadiens. En réalité, il est la conséquence profonde d’une situation historique, politique, et socioculturelle dans laquelle nous sommes totalement plongés. Il est lié à un pouvoir violent qui à force de répression exacerbée et quotidienne a réussi non seulement a inculqué une peur viscérale capable d’annihiler toute aspiration à la liberté mais a aussi conditionné notre structure mentale et introduit en nous, une auto dépréciation et un manque total de confiance. Il en résulte souvent chez nous, des troubles psychiques profondes qui illustrent parfaitement une situation de mal être voire de non être avéré.

Alors à ce stade de la réflexion la question fondamentale est de savoir s’il existe pour les Tchadiens, une possibilité quelconque  de se réapproprier de ce qui fait la quintessence même de leur condition humaine, c’est à dire leur liberté et leur dignité ? En d’autre terme, où commence notre libération ?

Nous disons que la perspective de liberté n’existe que si l’opprimé refuse effectivement son assujettissement. C’est d’abord, une résistance de l’esprit, un refus d’accepter la volonté de l’oppresseur. Le rejet de sa condition, le refus de son image dégradante et l’état des lieus tel qu’imposée par l’oppresseur implique forcement une aspiration à autre chose et rien qu’à travers cet acte de déni, nous disons que la liberté existe déjà sous une forme élémentaire. Bien entendu cela ne suffit pas. Rêver de liberté est une chose, être effectivement libre en est une autre.

Plus concrètement, la première phase de libération, implique une analyse critique et rationnelle de la situation, une connaissance objective des causes et acteurs de l’oppression pour que, par une action révolutionnaire exercée sur elle, puisse s’instaurer une nouvelle situation qui permette la libération. A travers cette compréhension de sa condition, l’opprimé réalise que sa liberté n’existe pas de fait, qu’elle ne lui sera jamais donné mais qu’elle est l’enjeu d’un combat. Il conçoit désormais le fait que sa libération dépend d’une lutte dynamique et active qu’il doit organisé. Il commence à croire en lui-même, se sent homme à part entière avec son droit inaliénable à la liberté et s’engage à affronter l’oppresseur. C’est ainsi que tous les peuples du monde ont acquis leurs droits et il serait illusoire de croire que les Tchadiens échapperont à cette loi. Quelque soit la forme que revêt cette lutte, une chose est certaine, il faut qu’elle nous mène à rompre notre complicité avec le système car c’est la seule condition de faire de notre liberté, une possibilité concrète. Mais pour que cette libération soit totale, il faut non seulement rejeter notre condition personnelle, mais refuser en bloc tout le système répressif et seul l'anéantissement intégral de celui-ci, fera disparaître l’affliction et l’aliénation dont nous sommes captifs.

C’est cela la véritable prise de conscience. Le déni de « l’establishment » et tout ce qui l’accompagne et de cette conscience véritable de l’oppression, doit surgir la volonté et l’engagement d’un peuple à se battre pour l’abolir et accéder à la liberté. L’opprimé qui parvient à cette conscience est un homme nouveau et libre qui se fraie un cheminement vers sa libération et se projette vers un avenir meilleur.

La grande question est de savoir comment le Tchadien prisonnier de son aliénation, peut-il accéder à cette prise de conscience  motrice et libératrice? 

C’est là certainement un débat qui pose le problème du rôle des partis politiques et des intellectuels, de leur capacité à éduquer, éveiller la prise de conscience et organiser la lutte des opprimés - que nous sommes tous.

Dans un pays comme le nôtre, où co-existent plus d’une cinquantaine d’organisations politiques et où on compte de nombreux intellectuels, il est affligeant de constater que ce rôle est loin d’être accompli aussi se demande t-on, à quoi servent nos partis politiques et nos intellectuels ?


NEINMEKON ASSOUM,
Bordeaux, France.


                                              03/05/2003
                                                  
where we must go ? 
We have an experience( relation) with French for more than 90 years, the only benefit from this relation  is  poverty and their language with civil war and  coup d'etat . with Arab the situation is different, we are nib Rhode since the beginning but they treat us as second class and they wont us to be like that. so at least they will feel better as they are before the last . but we must thank Arab, because they supply us by weapons and tinkan. since eighties when American start to find foothold in this area, the positive impression appears as the democratic ( in creep) and exploration ( may be development ) which is very important in combating poverty ignore and civil war. so if any one ( local or foreigner) wont to stop the democratic( stability)  and exploration, we must treat him as our enemy.

finally my view is "yesterday is  past and today will be past tomorrow, so let us go to where we will leave (tomorrow) "

Altidjani Zakaria


                                                            28/04/2003
                        Une toute petite réflexion sur le Tchad des extrêmes

Le Tchad de l'extérieur ne cesse de me troubler. Le Tchad vu de l'extérieur par les Tchadiens est un Tchad des extrêmes. Le juste milieu est un concept visiblement défendu dans le milieu des internautes tchadiens vivant à l'extérieur. Pas un d'entre eux n'exprime une opinion ou une position de conciliation.
Ceux qui osent écrire pour concilier les vues le font en deux ou trois lignes. Et ils soulèvent sur-le-champ protestations et longues répliques agressives. A lire mes compatriotes de l'étranger, on se croirait dans un roman africain des années 60 - 70 décrivant la vie et les rêves des étudiants noirs africains vivant en France. En ces temps la, il n'y avait que deux mondes possibles : l'Europe, paradis corrompu et corrupteur, et les Afriques, terres ancestrales encore pucelles, paradis dont on se donnait pour mission de libérer et de defender contre ces homme brutaux et leurs civilisations décadentes et dépravées!!! (Mais on se souviendra toujours des Mobutu et des Sekou Touré). Pourtant nous sommes bien loin maintenant des soleils des indépendances. Le moment est venu, je crois, de penser concret et d'agir sur terre.

J'ai vécu toute ma vie au Tchad (mise à part une parenthèse de trois années chez les voisins camerounais). Et les différentes crises et tragédies qui ont marqué ma terre natale, je les ai presque toutes aussi vécues. Toutes nos crises semblent être des histoires de roman corses. Une histoire des extrêmes.

J'écrivais à un ami qui me demandait les nouvelles de N'Djamena que celle - ci n'a presque pas change. Les hommes en revanche semblent devenir plus récalcitrants que jamais. La rebellions, lui disais - je, semble avoir été inventée pour le Tchad. Pourtant, l'histoire a connu des peuples qui l'avaient élevée (la rébellion) au rang de bien a faire hériter. Et Zapata n'était pas né dans les Afriques. C'est peut être là le dommage des pays comme le nôtre : avoir des hommes extrêmes, mais uniquement des extrêmes. Zapata était rebelle, mais nullement un extrémiste.
Je vous invite par ces quelques mots à penser simplement, et positivement. L'exil ne donne pas tous les droits (en termes de penser et de légiférer au sens de ce qui doit être bien ou de ce qui doit être mal), ni d'ailleurs le fait de vivre en terre natale (pour beaucoup de compatriotes vivant au pays, vivre au Tchad n'est plus une question de choix hélas!). Penser positivement revient à essayer de rendre les rêves actuels, et concrets, tout en évitant les extrêmes quand ce n'est point nécessaire.

A une prochaine fois, si le courage me revient!

Amibiaka
amibiaka@yahoo.fr


17/04/2003
Vérités et réalités du Tchad

 

Ténacité                                         Tribalisme

Courage                                         Corruption

Habileté                                          Haine

Ardeur                                             Assassinats

Développement                              Détournements

 

Est une vérité                                   Est une réalité

Tout patriote qui se respecte doit avant tout appliquer et faire appliquer la devise de sa patrie or l’on se rend compte que tel n’est pas le cas de nos dirigeants car :

-    L’Unité est strictement différente du tribalisme, de la haine et des assassinats.

-    Le Travail aboutit au développement et non aux détournements et à la corruption.

-    Le Progrès n’est jamais issu de ces derniers mais du travail.

Le Tchad est un vieil arbre attaqué par des termites. Il faut trouver le bon insecticide.

Hamit Ogoleh Mahamat


                                                22/02/2003
                                      
Prenons du recul pour mieux juger
Nous devons revenir en arrière sur le passé pour mieux discuter des problèmes qui se posent au pays, pour prendre du recul afin de mieux expliquer, mieux argumenter, mieux convaincre. Évitons de citer des noms de personnes encore vivantes  et  encore en activité, ayant peut-être des fonctions importantes sinon avec une extrême prudence surtout si nous ne disposons pas de preuves réelles de ce que nous avançons. Expliquer un fait, ce n'est pas juger, encore moins condamner. Un fait peut très bien être présent, tangible et palpable, il ne constitue pas encore une preuve. C'est l'évidence même car avec le temps, les choses se transforment même physiquement et de plus ce qui est évident n'est pas nécessairement vrai. Ce qui paraît évident à première vue peut très bien n'être qu'une fausse évidence. Si nous  recherchons des faits, c'est uniquement pour prouver que ce que nous expliquons repose solidement sur des faits réels et non fictifs ou truqués. Il faut donc d'abord qu'il soit prouvé par des arguments solides et des preuves irréfutables par des gens compétents en la matière. Des gens compétents ne manquent pas au Tchad et nous sommes à l'heure des preuves scientifiques. Malgré tout, nous devons redoubler de vigilance et ne pas accepter facilement ce qui se dit ça et là par des témoins indignes de confiance. Il faut remettre les pendules à l'heure.

Jetons un coup d'œil sur les tableaux ci-dessous. Ils pourront peut-être nous éclairer sur le sens des accusations souvent portées sur le retard accusé par les populations du Nord  en faisant de Tombalbaye seul le responsable de tous les malheurs des Nordistes, bouc émissaire idéal mais il n'était que la tête des listes, le premier responsable des dysfonctionnements des institutions de l'Etat sur la liste. Il porte le chapeau qui recouvre tous les torts commis par les autres. Loin de faire l' avocat du diable, il faut s'instruire plutôt d'exemple et en tirer une leçon. Il faut savoir en effet que c'est la première fois qu'un chef d'Etat sans expérience de la démocratie prend le pouvoir dans ce pays aux multiples facettes sur le plan culturel, de surcroît analphabète. Lui-même n'était qu' un instituteur qui, à force de volonté et de travail personnel s'est hissé au plus haut niveau de l'instruction. C'est d'ailleurs comme cela que la plupart de ses ministres et gouvernants se s'étaient formés. Certains s' étaient formés sur le tas sans bagages de départ. Ces tableaux sont éloquents à plus d'un titre mais à y regarder de près, quelles étaient les grosses têtes. La plupart n'avaient que des titres honorifiques dus à leur origine sociale : fils de gros commerçants ou de sultans ou de dirigeants politiques coutumiers. On pouvait difficilement faire la part de l'Etat et leurs propres pouvoirs ou porte-monnaie provenant de leur origine sociale. La parole donnée était plus importante que l'analyse froide à tête baissée basée sur la raison. Voilà ce à quoi était basé le pouvoir politique. Ajoutons à cela que le pays manquaient des gens compétents dans tous les domaines. Seuls deux médecins formés en France étaient revenus en 1960-61/ C 'étaient Outel Bono et Jacques Baroum mais le premier a eu dès le départ maille à pâtir avec le pouvoir par des emprisonnements successifs, de sorte qu'il ne pouvait même pas exercer convenablement sa fonction, fut elle politique. C'est seulement à partir de ces années que les vraies formations débutaient par l'envoi des étudiants en Europe y compris dans les autres pays d'Afrique, en général à Brazzaville, tête de pont de la colonisation française. Il ne fallait donc pas s'attendre à des miracles. Les premiers lycéens sortis chaque année du Lycée Félix Éboué n'étaient qu'au nombre d'un ou de deux au maximum vers les années 1960-64. Le contraire aurait été étonnant à l'époque. Il n'est nullement nécessaire de défendre l'ancien dictateur mais  certains semblent oublier qu'il n'était pas le seul dans son genre. C'était l'époque de Barthélémy Boganda, de David Dacko en Centrafrique où tout était encore basé sur les superstitions. Il était facile de voir en perspective les difficultés des pouvoirs mis en place. Ces personnages étaient des dieux vivants à tel enseigne que les gens attendaient encore le retour de Boganda qui pérît dans un accident d'avion. Il était impossible de faire comprendre qu'il s'agissait simplement d'un banal accident.

A l'heure actuelle, tout semble accuser plutôt les hommes du pouvoir actuel mais cela n'a rien à voir dans le cas qui nous préoccupe. Après tout, l' assassinat de l'ancien Président Tombalbaye n'est pas du ressort de l'actuel pouvoir. Avant de continuer, il faut dire une chose qui me paraît fondamentale. Du fait de notre tradition orale, l'habitude nous incite souvent à l'affirmation des choses, souvent entendues ou dites par d'autres personnes dont nous accordons tout de go notre confiance sans aucune vérification. Nous les prenons comme des vérités finales alors que ce ne sont que des vérités premières. De là des accusations gratuites sans fondement véritable. Il s'ensuit alors des assassinats des personnes sans la moindre preuve. Il est évident qu'on peut citer les noms des ministres et Présidents successifs des Assemblées dont certains semblent même s'éterniser au pouvoir et aux postes successifs sous le règne de Tombalbaye alors que ces gens n'ont rien de sudistes. Que certains dont la mémoire est courte consultent les archives s'ils existent encore. Cela leur rafraîchira grandement leur mémoire.

Comme l'a posé S. Kebzabo dans son récent article sur la laïcité, ne serait-il pas mieux de faire le bilan des résultats des activités du régime actuel et voir s'il n'y a pas lieu de rectifier le tir. Comme ils sont encore vivants, c'est peut-être le moment de leur porter des critiques pour qu'ils rectifient d'eux-mêmes le tir et s'engagent dans une meilleure voie. M. S. Kebzabo qui lui-même a fait l'expérience du pouvoir et en tant qu' ancien journaliste, bien avant même la période actuelle en sait certainement long sur les pouvoirs ancien et  actuel. S'il avance des arguments aussi solides tels que ceux   de son article, ils ne peuvent pas être gratuits. Que certains lui en veuillent pour l'une ou l'autre raison, cela n'a aucune importance dans la mesure ou un forum ne peut pas toujours être à sens unique et que tout le monde ne peut pas toujours avoir la même opinion. L' essentiel est de savoir rester courtois et savoir respecter l'intimité des autres. Dire que telle personne ne sera jamais président du Tchad n'a pas grand sens car personne n'a la clé de toutes les voix des électeurs. Une telle parole témoigne simplement de l'ignorance de la chose politique. Qu'on ne vienne pas m'accuser d'être soudoyer par le député Kebzabo que je ne connais que de réputation en tant que journaliste du temps de Tombalbaye où je faisais partie des étudiants manifestant pour ses altercations avec le pouvoir tombalbayien. Pour rafraîchir une fois de plus la mémoire quelque peu défaillante de certains, Kebzabo n'en est pas à sa première tentative de rectifier le tir des dirigeants politiques de ce pays. N'est-ce pas cela qui fut à l'origine de ses démêlés avec le pouvoir tombalbayien à l'époque de Bono Outel ? Cela doit servir d'enseignement à ceux qui se disent « intellectuels ». Un tel comportement est bien digne d'un intellectuel au sens large du terme. Au lieu de porter des critiques percutantes envers le gouvernement, certains se complaisent à rechercher les origines ethniques et matrimoniales des hommes politiques. N'est-ce pas simplement de l' enfantillage ? Que l'on vienne du nord, du centre ou du sud, quelle importance ? Dites-le nous ! N'est-ce pas le même pays ? N'allons-nous plus jamais mettre pieds ailleurs que dans notre « bled » où nous sommes nés ? Ceux qui sont toujours prêts à employer de ce langage ordurier doivent simplement retourner à l'école primaire. Allons-nous enfin voir les choses du point de vue national et abandonner le sein de la mère ? N'avons-nous pas encore appris de l'initiation cette simple chose qu'est le sevrage ?
Rappelons-nous que chez les Ngàmbaye, il y a trois degrés d'initiation et que le premier stade est le stade fondamental du sevrage de l'enfant et de la mère ? Si le Député doit tenir ses promesses et ses engagements à la région d'où il provient et d'où il est élu, [car il peut très bien être élu à partir d'une autre région] sans aucun problème puisque l'élection est nationale et non régionale. De même et plus encore quand on se présente en tant que candidat aux élections présidentielles, n'est-on pas le candidat de toutes les régions pour tous les Tchadiens ? Voyons plutôt ce qu'il en est de ces tableaux des deux gouvernements sous le régime de Tombalbaye.

Dans les tableaux ci-après, les noms en gras appartiennent aux régions du sud. Le reste appartient  aux régions du nord ou ce qui en tient lieu. Les chiffres (1) et (2) représentent les deux gouvernements, de 1962 à 1971, y compris les remaniements ministériels qui ne sont que des réarrangements de postes sans conséquence sur l'équilibre politique. Tombalbaye avait toujours su éviter la formation des cartels, que ce soit au nord ou au sud, ce qui n' a jamais empêché les affinités, en général entre les différentes régions et confessions religieuses de se former, voire même de lui porter des coups bas, à l'occasion, à son corps défendant. Moins dramatique, on constate des affinités de promotions scolaires se former, même entre gens du nord et gens du sud, parfois entre chrétiens et musulmans se constituer en système de corruption, d'où le clientélisme politique. Le vrai problème invisible était souvent le droit d'aînesse sur le plan politique. Sur ce plan, n'est habilité à monter au créneau que le premier venu ou le plus ancien sur l' échiquier politique. Avant de faire sa rentrée dans l'arène politique, il fallait d'abord prouver sa fiabilité dans un certain nombre de domaines et là où les aînés mettaient leurs pieds, il fallait se garder d'y mettre les siens sans y avoir été explicitement  invités à faire ses preuves. Bien souvent comme l'étaient les confessions religieuses, le régionalisme accentuait également les affinités ethniques d'autant plus que l'on vient d' un même collège ou lycée, plus encore lorsqu'on vient d'une même région ou lorsqu'on parle une même langue. [Mettons entre parenthèses le problème des langues pour une autre fois. En effet, ce problème pose également celui de l 'entente entre le Nord et le Sud et doit faire l'objet du système d' enseignement de l'éducation  nationale].

Il est un fait qu'au Tchad, on se connaît presque tous pour avoir  tout fait ensemble : manger, boire, jouer au football, y compris même fréquenté les mêmes lycées et collèges ou l'université ensemble. Tous les Tchadiens ou presque se connaissent, qu'ils soient du nord ou du sud. A l'heure actuelle, ce n'est plus exactement le même état d'esprit et cela se comprend aisément car la guerre nous a divisés. Du fait de cette guerre qui nous a fait perdre parfois des membres ou des familles entières, nous entraîne inévitablement à garder rancune les uns contre les autres. Le terrain de la politique devient alors un terrain miné où tout sujet politique devient fatalement un problème personnel. Là où il n'y a qu'un problème d'intérêt général, la moindre discussion devient un problème personnel. Une simple allusion un peu spirituelle, une blague un peu poussée devient un problème personnel. Il n'en reste pas moins vrai que cet état d'esprit d'une vie collective des années antérieures hérité des parents reste encore fort ancré dans les mentalités. Cela peut être une très bonne chose si  elle entraîne une grande solidarité sociale dans la société tchadienne. De nos jours, il y a tout de même une certaine évolution vers un certain individualisme, ce qui est tout à fait dans l'ordre des choses.

La seule chose qui doit rester présente à l'esprit, c'est la responsabilité de chacun à l'égard de tout : famille, fonction, probité en vue d'accomplir parfaitement bien une mission d'intérêt général,    en séparant d'une manière nette son propre portefeuille de celui d'une fonction publique. Ce sont des choses qui ne souffrent pas de compromissions quelles que soient les affinités, quels que soient  les liens de parenté. Il est évident qu'on n'exclut en rien certains compromis d'ordre pratique dans la mesure où la vie en société est faite de compromis, de concessions à certains moments et pas à d'autres sans quoi la vie serait impossible. Un compromis qui va jusqu 'à la collusion avec un homme d'affaire ou un homme politique véreux n'est plus un compromis surtout lorsqu'il s'agit des dilapidations des deniers publiques. Divers moyens existent et chacun le sait.

Au sud du pays, cet esprit de responsabilité était érigé en système depuis des générations et des générations par les ancêtres, c'était l'initiation que la modernité a effacé d'un revers de main à tort ou à raison. C'est ce que Tombalbaye avait essayé d'utiliser pour des raisons politiques et ce fut un échec cuisant car la déviation était trop criarde mais surtout le système n'était pas exactement respecté car tous les sudistes n'ont pas nécessairement les mêmes procédures d'initiation même si la base est la même. Les générations actuelles semblent oublier cet enseignement fondamental même si certains côtés sont néfastes.  Les populations habitant les régions nord du pays doivent savoir que toutes ces populations ne sont nullement que des musulmans, encore moins toutes des arabes. Dans certaines statistiques, on peut lire souvent : « populations arabes » en parlant des Kanembou, des gorane, des Peul, des Kotoko, des adjaraï, etc en mélangeant confusément tout le monde. C'est évidemment un abus de langage. Il y a les vrais arabes et les autres, les musulmans de toutes origines. Le temps viendra où l'on fera un vrai recensement pour redonner leur dignité à la plupart des peuples qui habitent le Tchad en enseignant aux enfants qu'il est digne d'être de telle ou telle origine mais qu'ils doivent bien comprendre que le Tchad, c'est notre pays à tous, du nord au sud sans distinction de race, d'ethnie ou de religion. Le Tchad, c'est l'Etat politique, il est à nous tous. Certaines de ces populations refusent même de se convertir dans la religion musulmane, c'est le cas par exemple des Hadjaraï, les Kotoko, les Baguirmien,  pour ne citer que ceux-là. Chacun sait que la conversion était très controversée et très lente et on ne le dira jamais assez, c'est d'abord une question d'ordre strictement personnelle comme la mort. Peut-on imaginer que quelqu'un fasse appel à un autre de venir prendre sa place au moment de mourir ? Qui serait prêt à faire un tel sacrifice purement altruiste sans autre forme de procès ?

D'après les tableaux ci-après, aucun nom d'anciens responsables ministériels n'est cité car le plus important n'est pas de savoir qui a fait quoi mais de savoir si ce tableau correspond bien à la réalité ethnique ou régionale telle que décrite et interprétée souvent. J'ai réuni ces responsables dans le but de comparer la proportion des « nordistes » et des « sudistes » sous Tombalbaye. L'accusation selon laquelle Tombalbaye n'aurait favorisé que ses frères du Sud et laisser-pour-compte les « nordistes » est quelquefois gratuite. Une étude exhaustive serait peut-être nécessaire pour mettre en lumière la « vraie vérité » mais il faut réunir d'abord tous les témoignages des vivants et des documents officiels. Avis aux amateurs. Quant à ces tableaux, les éléments qui y sont contenus proviennent  bien d'une source sûre, l'ancien annuaire téléphonique sous le régime de Tombalbaye.

Répartition des députés selon les préfectures et les deux législatures. De gauche à droite : n° d'ordre, Préfectures, Députés(1ère législature), Députés(2ème législature).

[Les chiffres représentent les nombres des députés élus par préfecture et par législature. En traçant un tableau, on peut mettre le tout dans une grille correspondante. Le tableau sera ainsi plus facile à lire. Un chiffre manquant signifie qu'aucun député n'est élu dans la législature correspondante. Ces chiffres sont ordonnés selon chaque législature. Effacer le texte entre crocher après avoir mis le contenu du tableau ci-dessous dans une grille].

Préfectures            Députés(1)        Députés(2)
1              Batha                                       4
8
2              Biltine                                             6
5
4              Chari-Baguirmi                              11
1
5              Guera                                              7
3
6              Kanem                                            4
8
7              Lac (Bol)                                       8
1
8              Logone occident.                           5
9             Logone oriental                              6
5
10           Mayo-Kebbi                                   3
10
11          Wàdaï                                              2
11
12          Salamat                                           7
3
13         Tanjilé                                              5
6
14         Moyen-chari                                    1
16
Total                                                             69
77

Répartition des ministres et secrétaires d'Etat dans les premier et deuxième gouvernement de Tombalbaye. Le tableau suivant est plus difficile à lire par septennat qui en compte deux. Dans chacun d'eux, il y a eu un  gouvernement dans lequel sont désignés des ministres et des secrétaires d'Etats successifs selon les remaniements ministériels dont Tombalbaye avait le secret.

[On lira de gauche à droite dans cet ordre et également de haut en bas les chiffres dans cet ordre. Le 1er chiffre signifie = nombre de ministre(s) et le 2ème chiffre = nombre de secrétaire(s) d'Etat du 1er gouvernement y compris les remaniements.
Le 3ème chiffre = nombre de Ministre(s) et le 4ème chiffre = nombre(s) de secrétaires d'Etat dans le second gouvernement y compris les remaniements. L'absence de Ministre(s) ou de secrétaire(s) d'Etat est représentée par un trait d'union dans cet ordre selon l'horizontale de gauche à droite. Le nombre de Ministre(s) ou de secrétaire(s) d'Etat est nécessairement représentée par un chiffre par préfecture. NB : L'envoi de cet article par e-mail fait disparaître le tableau. C'est pourquoi, je suis obligé de décrire la manière dont il faut les lire, éventuellement les replacer dans le tableau. Effacer ensuite ce qui est entre crocher après avoir mis le contenu du tableau dans une grille].

 N°d'ordre  Préfecture                    1er gouv.
2ème gouv.
Ministre. et Secr.d'Etat            Ministre. et Secr.d'Etat

1                   Batha
1                   -                          -                  -
2                   Biltine                            -                   -
1                 -
3                   Chari-Baguirmi            2                   3
1                1
4                   Guera
 1                   -                           -                 -
5                   Kanem                           -                    -
1                -
6                   Lac
-                    -                            -                 -
7                   Logone Occident
  -                            -                 -
8                   Log. oriental                1
                     -                 -
9                   Mayo-kebbi                  -                     2
1                 -
10                Waday                           -
                      -                 1
11                Salamat                         -                     -
1                 1
12                Tandjilé                         -                    1
1                  -
 I3                Moyen-Chari                -
                     -                  1
14                Hors
                -                              -                  -
                                                          -                
    -                              -                  -
 Total                                                 7
12                           6                 4

Sur un total de 17 Ministres et 10 secrétaires d'État, tous gouvernements confondus, le nombre des Ministres et celui des secrétaires d'État sont les mêmes au nord qu'au  sud. Dans les régions du nord : 1er gouvernement, il y a pour le nord, 4 Ministres et 4 Secrétaires d'État. Dans le second gouvernement, il y a 5 Ministres et 3 Secrétaires d'État. Au total, on obtient 9 Ministres et 7 Secrétaires d'État pour les deux gouvernements. Régions du sud : 1er gouvernement  = 2 Ministres ; 2ème gouvernement = 7 Ministres. Au total : 2+7 = 9 Ministres.

Mais il faut dire que le sud n'est pas homogène, le Mayo-Kebbi, que l'on considère à tort comme faisant partie du Nord alors que la seule ethnie « arabe » constituée de Foulbé, d'ailleurs parfaitement intégrée dans ce « pays », en réalité composite est en général compté dans les régions du sud, d'où la différence de deux ministres supplémentaires. En conclusion, il y a égalité parfaite entre le nord et le sud. Sur ce plan, il n'y a pas eu d' injustice. Si certains historiens n'hésitent pas à classer au nord le Mayo-Kebbi, c'est uniquement parce qu'il comporte des Peul (appelé Foulbé ou Foulani en langage local). Ce sont en fait des populations nomades venus du nord pour laisser paître leurs troupeaux et qui se sont établi définitivement. Ce n'est pas cette infime minorité qui peut faire du Mayo-Kebbi une région du nord. Au Mayo-Kebbi, nombreuses sont les ethnies originaires de ces lieues : ce sont en général, les Kera, les Toupouri, les Moundang, les Massa qui sont en réalité des Mousseï, des Mousgoum, puis les Kim, etc. sans oublier les Laka et les Ngàmbáy avec lesquels de nombreuses relations matrimoniales s'établissent. Rien ne permet de classer donc cette région du Mayo-Kebbi au Nord, simplement parce qu'on y pratique l'Arabe vernaculaire ou que certains ont contracté des mariages mixtes où parfois l' un ou l'autre conjoint est originaire du nord ou du sud. Ce qui compte, c' est la région dans laquelle vivent toutes ces peuplades et non leur origine ethnique. D'ailleurs, la proximité de cette région avec le Cameroun sert de vase communicant entre les Moundang et même les Toupouri, lesquels entretiennent des relations d'ethnicité avec les Foulbé de ces régions. Une vue trop restrictive engendre évidemment une erreur d'appréciation. Chacun sait que les vrais habitants de ces lieux sont les Moundag et les Toubouri, y compris les Massa et les Kim. Les Arabes ne sont que des immigrés dans cette région. De même, on peut également en dire autant de la capitale N' Djaména, qui n'est à l'origine pas une ville arabe mais au grand maximum baguirmienne composée d'autochtones : les kotoko, les Maba, les Sara, Haoussa,.y compris les arabes, essentiellement des nomades immigrés de longue dates dont les enfants sont devenus des sédentaires bien établis, presque toujours des commerçants et même des grands commerçants.

L'ethnicité qui règne dans ces lieux ne doit pas induire en erreur en faisant croire qu'il y a vraiment un problème comme ce fut le cas au Rwanda ou au Burundi. Dans ce pays, le problème ethnique que la Belgique a largement contribué à ériger en système royal véritable avec des dates et des castes bien précises n'est pas à comparer avec le Tchad, constitué des empires (essentiellement 3). Il n'y a plus à rêver d'un retour possible des empires. Nous sommes définitivement en République à l'image de la France. La comparaison s'arrête simplement à l'image, non à un néocolonialisme. Ce problème hante le plus souvent des historiens étrangers voyant les choses de l'extérieur mais il ne faut pas occulter qu'il est réel dans l'esprit de certains responsables politiques. L'historien même étranger mais surtout étranger doit prendre le temps d'observer et avoir le courage d'apprendre à connaître les populations qu'il décrit à la manière d'un ethnologue pour bien cerner le problème. Lisez donc le livre de Jean Chapelle [Le peuple tchadien, ses racines et sa vie quotidienne, éd. L'harmattan, 1980] et vous comprendrez qu'il sait de quoi il parle. On peut le traiter de colon, de n' importe quoi, mais une chose est certaine, il sait de quoi il parle, pour un européen, s'agissant de décrire les Africains. Il est évident qu'un européen ne peut pas se mettre à la place de ceux qui vivent les problèmes d'ordre ethnique. Il n'empêche que l'on peut mieux voir et sentir les conflits intra et extra-ethniques de l'extérieur des gens directement concernés parce que l 'on y réfléchit à tête reposée sans passion et sans parti pris. Il est certain que ces descriptions souffrent d'erreurs d'appréciation des ethnies que seuls les indigènes eux-mêmes peuvent apprécier car ce sont des héritiers de la tradition orale dont l'habitude de transmission orale de leur origine ethnique est ancrée profondément dans la mémoire collective.

Les populations de base ne font pas toujours la différence ethnique lorsqu' il s'agit de relations matrimoniales parce que l'intégration est presque toujours totale. Ils contractent des mariages comme bon leur semble, surtout au sud du pays. Ce qui est évident à première vue, c'est que chaque Tchadien connaît de manière irréfutable son appartenance ethnique et chaque Tchadien essaie toujours de savoir de quelle origine vient tel ou tel compatriote qu' il rencontre, des fois même discrètement. Dans la partie sud du pays, le mariage est toujours exogame, d'où une inclination à rechercher les origines jusqu'au degré le plus loin possible. Inceste ? Connaît pas ! Ce n'est jamais dans le but de rejeter x ou y mais les Tchadiens  veulent tout savoir de l'origine dont on provient. Celui qui  en doute peut toujours aller vérifier auprès de la plupart.

Cela n'exclut en rien le fait que l'ethnicité reste ancrée dans la mentalité de tout Tchadien bien que l'intégration de la femme (car c'est souvent la femme qui quitte sa famille pour s'intégrer dans la famille de son mari) est totale même s'il y a divorce. Il est évident que l'habitude de vie à l' européenne rend difficile l'intégration d'une femme européenne. Elle ne sera jamais rejetée et vivra sa vie comme elle entend et aura même des quantités d'amis surtout si elle a des descendants, ce qui est presque toujours automatique en Afrique sauf exception ou cas de force majeure. Chacun sait qu'avoir un seul enfant, c'est comme s'il n'y a encore rien dans la mentalité tchadienne. Ce que j'écris ici n'est pas de l'histoire car il n'y a aucune étude sérieuse mais nous le savons tous en tant que Tchadiens combien la sociabilité entre les ethnies est très grande. Lorsque l'on pose des questions sur l'origine de telle ou telle personne, ce n'est jamais dans un but maléfique mais souvent dans un but intéressé de profit. En effet, appartenir à une famille bien située financièrement, même de loin peut toujours servir. Cela se passe en ce moment au pays et les plaintes des uns et des autres à propos des clans sautent aux yeux. Quand je dis que je suis connu du Nord au sud, je ne risque pas d'être démentie par le très grand nombre de personnes que je connais et qui ne m'ont jamais manifesté une animosité quelconque. Ce n'est peut-être plus le cas aujourd'hui mais même les étrangers témoignent du fait que les Tchadiens sont en général accueillants et gentils. Je trouve ces habitudes absolument merveilleuses car il n'y a rien d'autre de plus beau au monde que la convivialité et l'estime de l'autre.

Nous devons avoir le courage de dire que ni la taille, ni l'habit, ni l' origine sociale, ni le sexe, ni la religion ne fait l'homme. Où je veux en venir ? C'est simple. Il faut comprendre que nous parlons souvent du népotisme et tout ce qui induit à la corruption. La seule manière d'éviter le népotisme, c'est de placer tout le monde sur les mêmes pieds d'égalité y compris les membres de sa propre famille si ceux-ci méritent les places qu' ils occupent lorsqu'il s'agit de la fonction publique. Il est normal et même obligatoirement nécessaire d'aider les membres de sa famille avec ses propres biens si l'on dispose des moyens. Il n'y a pas l'ombre d'un doute sauf circonstance exceptionnelle mais mettre les membres de sa famille aux places qu'ils ne méritent pas est inadmissible, c'est digne d'un sultanat et non d'une République. La fonction politique dans une République est d'une toute autre nature. Elle est plus complexe. Elle n'a rien à voir avec un sultanat. Actuellement le multipartisme sous couvert de la démocratie tend à induire en erreur le chef de file qui ne regarde plus que les membres de son parti. C'est le cas du MPS en ce moment d'où les insinuations des uns et des autres en confondant clan et parti politique ou la garde prétorienne du Président. C'est également le cas lorsque l'on parle de la gendarmerie et de l'armée. Est-ce vraiment fondé ? N'y a-t-il pas une étude sérieuse sur ces allégations au lieu de proférer des menaces verbales sans consistance ? Qu' est-ce qui prouve que toutes ces accusations sont réelles ?

Mais qu'en est-il de la fonction publique ? Les examens et les concours doivent se passer devant des personnes compétentes n'appartenant pas nécessairement à la famille mais à tout Tchadien compétent, de probité irréprochable. Il existe des moyens mis en place depuis longtemps pour cela. Il n'y aucun doute là-dessus et c'est là le problème crucial. Ce ne sont donc pas les personnes qu'il faut contrôler même si ceux-ci ont des frères, amis influents haut-   placés. Est-ce vraiment une raison de soupçonner tout le monde à tort ou à raison ? Ce qu'il faut contrôler, c'est l'utilisation des deniers publics mis à leurs dispositions à des fins personnelles. Il y a un certain nombre de projets à réaliser et cela demande des fonds importants et du temps mais il ne s'agit pas d'aller contrôler ces fonds entre les mains des différents responsables, en particulier, les responsables des différents ministères. Ce qu'il faut contrôler c'est le résultat sur le terrain.

L'existence des services de contrôle administratif devra normalement suffire à dissuader les fraudes et les malversations quand il s'agit de la fonction publique. Dans un service, il y a plusieurs niveaux de responsabilité et de nombreuses personnes y sont mêlées mais le résultat sur le terrain se voit. La réalisation des travaux quels qu'ils soient, est toujours étalée dans le temps et dans  l'espace. Il est donc relativement aisé de voir si les deniers publics sont bien utilisés ou non et surtout l'utilité des réalisations. Ici se trouve le niveau de revendication de ce qu'on appelle la transparence. Les députés sur ce plan peuvent très bien accomplir leur mission de contrôle car les plans de  travail gouvernemental sont relativement bien établis à l'avance sur une certaine durée. Ce que fait un haut dignitaire fut-il le chef de l'État en distribuant ça et là des cadeaux directs n'est rien d'autre qu'une survivance du sultanat, surtout dans la partie nord du pays. La récompense du mérite n'est acceptable que dans un contexte donné, bien institué par les services de l'État et non des cadeaux donnés de main en main. Dans ce dernier cas, cela se fait dans le cadre strictement privé des biens personnels.

Il faut éviter de tout confondre et croire que le fait d'être au pouvoir signifie qu'on ne peut pas avoir ses proches parents  ou amis dans des fonctions importantes. C'est une question de compétence et non une question de proximité parentale. Voyons cela de près.

La famille africaine est toujours élargie quelle que soit sa composition. C'est une très bonne chose. Rien n'est plus important que la famille. Le problème, c'est que le pays évolue et avec elle la société dans son ensemble. Il est donc important d'en tenir compte. Il ne s'agit pas de remettre en question le système de vie communautaire, encore moins d'accuser à tort et à travers mais de prendre sérieusement en compte l'organisation de la société. Si la société est bien organisée, tout ira bien vers un bien être général pour que chaque membre de la famille se prenne lui-même en et sa famille charge. Chacun sait qu'il existe des niveaux de contrôle administratifs si tout est bien organisé. L'accusation ne peut porter que sur le manque de responsabilité dans chaque fonction et non au niveau des personnes appartenant à telle ou telle ethnie ou famille.

C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités et de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité à tous les niveaux. A partir de là, nous pouvons dire que nous avons du pain sur la planche car c'est à nous de nous organiser et d'organiser notre travail. Si nous réfléchissons bien, le vrai problème au niveau de la pauvreté vient de là, c'est-à-dire la prise en main de tout le monde pour augmenter non seulement ses revenus monétaires chacun dans son domaine mais la charge sociale individuelle au niveau de la famille. Pour que toute la famille soit heureuse, il faut un minimum de revenu monétaire pour chaque membre de la famille, ce qui implique que chacun doit pouvoir trouver du travail pour gagner de l'argent et satisfaire ses besoins personnels. Si le revenu n'est pas substantiel, le chef de famille seul ne peut satisfaire tout le monde à la fois. Même s'il a un bon niveau de revenu, cela ne suffira pas pour toute la famille si elle est nombreuse, en comptant les cousins et cousines, les oncles et tantes, les neveux et les nièces, car c'est comme ça la famille africaine. Peut-on refuser quelque chose à des personnes de sa famille dans le besoin en Afrique ? C'est plutôt rare car ce n'est pas dans la mentalité de l'homme africain mais les choses changent. Si l'on ne peut pas changer aussi facilement de mentalité, l'on peut organiser autrement les choses, faire comprendre la nécessité de s'organiser individuellement et  d'organiser les choses pour se suffire et contribuer à faire avancer l'ensemble de l' économie nationale. C'est là où je veux en venir. Je veux dire que le vrai problème repose sur l'organisation de la société et l'éducation nationale en partant de la base, c'est-à-dire, de faire en sorte que chaque individu majeur, capable de subvenir à ses propres besoins puisse utiliser son intelligence propre à l'aide des outils qui sont à sa disposition. Si tout se passe bien, chacun devra pouvoir trouver sa place en travaillant et en utilisant son intelligence et ses capacités. Ainsi, les membres de la famille ne pourront pas compter uniquement sur une seule personne pendant que les autres ne peuvent rien faire de leur force de travail. C'est non seulement une perte pour les individus mais surtout pour la société dans son ensemble. Peut-on s'étonner du retard de développement que nous faisons subir à notre pays ? Ceci me permet de dire une chose que nous avons tendance à oublier. Ce n'est pas parce que quelqu'un gagne beaucoup d'argent par rapport à vous que vous deviendrez subitement malheureux. Au contraire il faut essayer de mieux travailler pour le dépasser. Tous les moyens existent pour faire mieux, en particulier les études. Il existe énormément de filières. Ce qui est important, c'est de savoir s'organiser de chercher  le vrai chemin de la réussite. On est issu d'une famille nombreuse, eh bien tant mieux, il faut pousser chacun à trouver un chemin de bien gagner sa vie et pour aider les autres à s'en sortir au lieu de se morfondre en jurant tous vos grands dieux que telle personne est la cause de votre mauvais sort. Cela ne sert à rien.

Et si l'on prend en compte les grands-parents qu'on est obligé de soutenir à cause de leurs âges avancés, de leurs revenus financiers propres qui bien souvent n'existent pas, il faut quand même un bon revenu de la part du fils (ou de la fille) sur les épaules duquel (ou de laquelle) tout le monde repose. Or que se passe-t-il en réalité ? N'est-ce pas un gaspillage d'intelligence et d'énergie ? C'est là qu'il faut chercher les causes de l' insuccès et non sur la tête d'un hypothétique individu maléfique.

Le chômage est à son comble. Au lieu que tous les enfants arrivent au terme de leur scolarité afin qu'ils se débrouillent par eux-mêmes, l'argent nécessaire pour les soutenir manque et certains n'arrivent pas à terme. Même si c'est le cas, ils ne trouvent pas immédiatement de travail à la sortie parce qu'ils sont sous-qualifiés mais surtout parce qu'il n'y a pas assez d'entreprises pour leur offrir du travail ou ce qui est pire, ils doivent attendre longtemps à cause de la lenteur administrative d'intégration, une fausse attente pour nos pays du tiers-monde. C'est une réalité et certains racontent comment ils chôment quatre ou cinq ans durant avant d'entrer dans la vie active. Il faut donc chercher où se trouvent les racines du mal. Si nous maîtrisons bien notre propre organisation, tout cela fera place au succès et nous n'aurons pas trop de mal à vivre comme nous le voulons, à la Tchadienne, en réunissant tout le monde. Si tel est le cas, nous aurons la chance de dépasser rapidement le niveau de pauvreté auquel nous sommes astreints actuellement. Je prêche dans le désert mais je ne désespère pas car vu le nombre de jeunes Tchadiens qui, de plus en plus, veulent actuellement entreprendre, trouver le secret de la réussite, cela devient encourageant. C'est cela le patriotisme et non vouloir faire la guerre. Une telle pensée fait partie des fausses évidences.

Que veut dire être pauvre ?  Est-ce une malédiction ? Pour quelles raisons certains sont riches et pas d'autres ? La réalité, c'est que nous voulons tous occuper le devant de la scène et jouer le beau rôle sans le mériter et certains d'entre nous sont très pressés de se faire reconnaître comme des gens valeureux sans en apporter la preuve. Je pense que nous devons être un peu plus modestes mais aussi souples pour ne pas dire flexibles lorsqu'il s' agit d'occuper des fonctions de niveau relativement secondaire sans grande importance. Il faut de même drainer les jeunes énergies vers des emplois subalternes en les rendants attractifs par un niveau de salaire convenable.

Faire attendre un jeune qui vient de terminer ses études littéraires ou techniques pendant quatre ans avant de l'intégrer uniquement pour des raisons de simple signature aux bas des pages est inexcusable. Il ne s'agit pas là d'une responsabilité bien grande, mais d'une tracasserie bien inutile. Cela me semble évident mais surtout une telle attente réunit toutes les conditions mafieuses et je pèse mes mots, elles font fuir les meilleures volontés vers le clientélisme parce que c'est facile. Elles permettent de savoir qui est qui quand bien même l'intention n'existerait pas. Cela émousse l'enthousiasme du jeune cadre dynamique qui, faute d'avoir trouvé sa place, ne pense qu'à une chose, c'est de se venger un jour lui aussi sur un bouc émissaire imaginaire. N'est-ce pas malheureux d'en venir à cela après tant d'années de scolarité ? Pire encore, les curricula et les conditions d'emploi de plus en plus longs et inutiles ne font que chasser les bonnes volontés vers le chômage alors que nos pays ont besoin de compétence. Encore une fois, il n'y a qu'une manière de faire avancer le pays, c'est de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité sans faire de différence.

R.L. Mbaïrounga


                                               14/02/2003
                                      
CMAP-CPAL, Sauvez ce qui reste!
Halte! les vendeurs des idées veulent se rallier à Deby! quelle honte ? on croirait certains aller jusqu’au bout de la lutte, celle des tchadiens de tous les horizons, ceux qui ne perdent jamais espoirs. Il a fallu que les événements mondiaux de dernières heures interviennent pour que nombre d’opportunistes tchadiens changent de fusils d’épaule. Mandela aura servi quand même de bien d’exemple pour qu’au moins ceux qui vivent à l’ombre puissent porter haut le flambeau de la résistance. Et puis les contextes ne sont surtout pas identiques voyons… Qu’a-t-on fait des sacro-saints principes des mouvements de luttes et de la vision sage de ces dernières années des tchadiens regroupés, ou observateurs des ensembles comme le CMAP ou le CPAL ? En tout cas les réactions de ces jours auprès du maître du Palais rose de N'djamena laisse susciter pas mal d’interrogations dans la diaspora politique tchadienne. Des hommes en perte de sensation politique semblent d’ores et déjà rachetés. Ceux là qualifiés hier par N'djamena de marchands d’illusion n’ont pu résister au mirage du CFA qui circule de Libreville à Paris. Au moins s’il reste une constante encore solide pour faire face à Deby c’est bien celle de l’isolement et de l’abandon sans cesse croissante ces dernières années du régime de N'djamena. Alors de grâce sauvez la face de l’opposition au lieu de vous sauver. L’histoire est têtue et vous ne pourrez jamais échapper au procès. Les tentatives de réconciliation avec les maîtres de N'djaména sont là à titre d’exemple. Sachez que Idriss n’a jamais changé de donnes sinon de ruse. Alors, que lui diriez vous une fois après un dîner copieux chez Hadjé, raccompagnés et félicités par la rutilante Lexus ou Sonata. Et vous voilà dans les rues de N'djaména face encore à la misère d’un peuple, à l’injustice que vous cautionnez chaque jour qui passe. « monsieur le ministre ». Le moment tant attendu viendra certainement tout comme est venu le MPS de ses grottes de Bamina. Ce moment sera celui de la réconciliation des tchadiens avec eux-mêmes, du rétablissement d’une confiance et d’une justice. Confiants les uns des autres, les tchadiens relèveront tous défis. Déjà au regard de la situation stagnante au pays, tous les faucons semblent alités, aucune stratégie ni démarche moderne même copiée chez les autres. Dans la soit disant innovation, l’homme cherche à tout prix à sortir une nouvelle version MPS qui va avaler tous les affamés de l’extérieur. Les arabes bien divisés comptent tous sur un seul joker à l’étranger, et quant aux autres partis, ils sont considérés non crédibles. En attendant le pétrole, les bénis oui oui s’attèlent à la confection d’une constitution sur mesure. Tous les nouveaux ralliés, pièces à conviction, confirmeraient l’intention du chef rassembleur. Il aura gagné. Quelle honte ?.

Amine A. Togou


19/01/2003
        Un combat de coqs       

J'ai lu avec beaucoup de peine les débats entre Mr NGOUSSOU et Mr WECHIMI. Ces articles démontrent, on s'en rend compte, que le risque pour nous de perpétuer les racines, profondes et perspicace, de l'obstacle de notre cohésion et concorde nationale existent toujours. Nous risquons, sans le savoir, de relayer les fausses controverses qui nous ont longtemps fait du tort. Pourtant, ces articles(de Ngoussou et Wéchimi) appellent quelques clarifications et remarques.
   D'abord, il faut dire une fois pour toutes que les hommes d'État, une fois qu'ils accèdent à la souveraineté nationale, n'appartiennent plus véritablement au lieu de leur naissance. Car les actes qu'ils posent concernent tout le monde, qu'on le veuille ou non. Et c'est le pays tout entier qu'ils dirigent. Bien sûr, on ne leur demande pas de faire fi de leur origine, mais quand nous parlons politique, il y a un certain nombre de préalables qu'il est important de ne pas oublier. Les omettre, les oublier porterait préjudice à l'analyse que nous faisons d'une situation.

   Les noms comme Tombalmbaye, Habré, Malloum et Deby n'appartiennent plus à une région. Ils appartiennent à un pays. Il est incohérent, politiquement, de les nommer uniquement comme ressortissants d'une partie de notre pays. Cette remarque fournie, je voudrais dire un mot sur les controverses de nos deux amis. Pour cela, je me dois de revenir un peu en arrière. Les arguments essentiels des uns et des autres sont très limités puisqu'ils ne sont pas fondés sur les faits historiques suffisamment solides. D'abord, comme tout régime africain de son temps, le régime Tombalmbaye n'a pas épargné ses opposants qui sont aussi bien du nord que du sud. Il n'est pas correct de dire que les opposants mis en prison et assassinés viennent seulement d'une région.
Tous ceux qui menacent son pouvoir étaient systématiquement éliminés ou mis en prison. Les plus chanceux ont réussi à prendre la fuite. Les plus courageux ont pu mettre en place des organisations politiques dignes. J'en veux pour preuve la création du FROLINAT d'ABACHA qui a été par la suite détourné de ses principaux objectifs originels. D'ailleurs, l'article éclairant de Lucien Mbaïrounga, sur lequel je ne voudrais pas revenir, le montre bien. Nos parents, qu'ils soient du nord ou du sud, ont fait les frais des erreurs politiques du régime de notre premier président tout comme de celui des régimes qui lui ont succédé. Ensuite, il faut quand même souligner que les erreurs politiques de Tombalmbaye ne doivent pas obscurcir certains points positifs. N'oublions pas que le premier président du Tchad appartenait à la première génération des dirigeants africains, plus nationalistes que nous aujourd'hui. Si nous nous amusons à comparer le Cameroun et le Tchad de 1970 en matière de développement, toutes les statistiques montrent que le Tchad était largement en avance. Nous pouvons faire la même comparaison entre le Tchad et la Côte d'Ivoire mais dans le domaine de l'éducation. En 1970 en effet, le niveau de l'éducation tchadienne était meilleur que celui de la Côte d'Ivoire. Tout cela pour dire que le nationalisme qui habitait la première génération des dirigeants africains est réel. Les gestes et réalisations politiques le montrent. Prenons l'exemple d'Ahidjo sur trois points : l'électricité, les routes et la télévision. L'électricité et la route télévision du Cameroun ont été lancées le même jour sur l'ensemble du territoire camerounais. Les routes au Cameroun sont bitumées sur l'ensemble du territoire. Bien sûr, tel n'est pas le cas pour notre pays. Mais au moins, c'est une vision nationaliste qui habitait la première génération des hommes politiques africains.  D'autre part, les véritables projets de développement qui se réalisent aujourd'hui au Tchad ont été conçus sous le premier régime même s'il faut beaucoup reconnaître que les régimes suivants ont fait preuve de créativité et de volonté pour les mettre en oeuvre.
   Par ailleurs, il faut avoir le courage de reconnaître que nous avons souffert du manque de vision de nos parents du nord. En refusant d'envoyer les enfants à l'école et partant en refusant de collaborer avec les colonisateurs, ils ont contribué au sous-développement de la partie nord de notre pays. Je ne parle pas d'une collaboration naïve et aveugle qui sape l'identité d'un peuple. Je veux dire que nos parents du nord devaient faire preuve de réalisme en s'ouvrant aux colons tout en essayant de garder leurs valeurs fondamentales. Leur refus catégorique d'ouverture a amené les Français à abandonner cette partie du pays pour installer les écoles et les industries de développement au sud. Ce faisant, ils ont provoqué les haines et les ressentiments par la suite. C'est pourquoi, quand nous parlons de marginalisation, il convient de nuancer certaines choses. Il est vrai qu'il n'est pas normal d'accentuer cette marginalisation déjà à en place avant Tombalmbaye. Je ne dis pas que cela justifie les erreurs politiques de Tombalmbaye qui aurait pu essayer de corriger cette situation. Je voudrais simplement dire que nos parents du nord n'ont pas été capables de comprendre que les roues de l'histoire étaient en train de tourner et qu'il fallait accepter quelques compromis avec les colons comme l'a fait par exemple Kémal Atatürk, le père de la Turquie moderne. Ce que l'on a appelé le Kémalisme consistait à adhérer à la fois à la modernisation et à l'occidentalisation. Il est fondé sur l'idée que la modernisation et l'occidentalisation sont désirables et nécessaires. Avec cette conviction, il a créé une Turquie nouvelle sur les ruines de l'Empire ottoman. Il a fait de la Turquie un pays dual, musulman dans sa religion, ses traditions, ses coutumes et institutions, mais dominé par une élite déterminée à en faire une société moderne et liée à l'Occident. Aujourd'hui la Turquie garde toujours ses valeurs religieuses et culturelles en dépit de cette ouverture. Cela dit, le refus catégorique de l'Occident n'est pas une attitude réaliste. Mais cela ne doit pas, comme je l'ai dit, justifier nos erreurs politiques.
   Bien sûr, l'amorce de la marginalisation a été faite pour des raisons objectives : protéger les valeurs culturelles, garder intacte sa religion. Mais la meilleure manière de se préserver contre une éventuelle disparition de sa culture, sa religion n'est pas l'isolement. Celui-ci accent la perte de l'identité. Et l'histoire a montré que ceux qui sont ouverts à l'Occident arrivent à une très grande maturité politique et économique qui leur permet de préserver leur identité. Le Japon et la Chine offrent des exemples parlants. Il faut donc reconnaître que le fait que nos parents du nord s'étaient volontairement mis à l'écart a amorcé la marginalisation de la partie nord pendant le régime de Tombalmbaye qui a mal fait d'accentuer ce phénomène déjà existant. J'appelle cela une erreur politique puisque notre premier président lui aussi n'a pas été capable de rectifier les choses.

   Je termine en évoquant que, finalement, les mots nord et sud sont des termes d'une très grande ambiguïté. Ces deux entités renferment des réalités diverses. C'est qu'a essayé de démontré brillamment Lyadish Ahmed. La seule chose sur laquelle nous ne cesserons de mettre l'accent est que nous devons assumer de manière positive et responsable notre diversité culturelle. Il est urgent de relever que nos débats doivent aller dans ce sens en construisant et en éclairant. Il ne faut jamais cautionner les injustices. Il faut les combattre. C'est la seule attitude digne qu'il faut cultiver. Il faut aussi faire un effort de lucidité et d'impartialité personnelles pour constater que la plus grande partie de nos malheurs vient des préjugés, les fausses images que les hommes politiques ne cessent de monnayer. Nous devons donc cultiver une attitude critique susceptible de nous aider à faire la part des choses. Nous devons faire un effort personnel et collectif pour essayer de transcender ces préjugés pour espérer construire une société où, comme le dit Martin Luther King, les chats et les souris cohabitent. Voilà pourquoi je donne le dernier mot à notre ami Lyadish Ahmed dont l'analyse va bien dans le sens de la visée de mon article : « Comment parler de solidarité, de lutte contre les violations des droits de l'homme, d'alternance au pouvoir, de démocratie, de liberté etc. si l'on ne se reconnaît pas dans les peines et les malheurs d'autrui, si l'on distille des contrevérités dans nos discours ? Comment pouvoir construire une paix durable, une communauté d'intérêts, une nation commune si nous continuons à prêcher la discorde, la haine, la traîtrise. ? Il nous faut une autre lecture de notre histoire, une écriture nouvelle et objective de notre avenir. Le présent doit servir à opérer ce travail de fond. Nos différences ne doivent pas être considérées comme des signes d'infériorité ou de supériorité, mais  plutôt comme une richesse ».


MBAIHORNOM Bruno
RDC


                                                  08/01/2003
                                              Premiers destructeurs du Tchad

   Favorisés par le colonisateur à cause de leur appartenance religieuse, les sudistes arrivaient les premiers au pouvoir allumaient  le feu qui continue à brûler le Tchad. En voulant nous faire croire que les nordistes sont à l’origine de tous les maux du Tchad, personne ne nous convaincra que ce ne sont pas les sudistes qui ont commencé à s’entretuer pour acquérir le pouvoir dont ils accusent les nordistes d’y s’accrocher aujourd’hui. Le premier président tchadien a gouverné le pays en s’appuyant sur une politique régionaliste, arbitraire et un mépris pour les nordistes ce qui a poussé ses proches d’agir sans aucune foi envers les enfants, les femmes… d’origine nordiste. Tombalbaye qui a tracé la ligne que poursuivent nos dirigeants n’était né ni au B.E.T. ni au Kanem. Le premier homme qui a choisi de résoudre les problèmes par les armes et qui cherche le pouvoir à tous les prix, il tue sans pitié, il accepte un posté de responsabilité sans même pensée à sa personnalité c’est Kamougué qui n’était né ni au Batha ni au Biltine. Alors nous devons accepté que les nordistes ont hérité un mauvais comportement de leurs premiers chefs.

   R. Félix qui voit l’islam d’un mauvais œil en pensant faussement que cette religion préconise les tueries et les mensonges je lui dis que sa haine envers les musulmans ne change rien et qu’il laisse cette politique à George W. Bush.

   À ceux qui pensent que seulement les nordistes sont agressives et divisionnistes, je leur rappèle une récente atroce histoire qui s’était déroulée au centre de Ndjaména, bien sûr je voudrais parler des musulmans brûlés au  Rond-point de la mort. Deux innocentes personnes ont été tué et brûlé. Pour quelle cause? Les grands pacifistes sudistes ont avancé la raison d’un meurtre d’un sudiste par un inconnu nordiste. Alors où le sens humain dans cette histoire?

   Par ailleurs, en ce qui me concerne, je ne voie aucune différence entre un sudiste qui raisonne bien et un nordiste qui fait la même chose. Je déteste les nordistes qui haïssent les sudistes et je pense la même chose à l’inverse. Je ne suis pas venu dans ce monde pour islamiser et j’ai un grand respect pour toutes les religions monothéistes.

   Tout ce que m’a laissé de pencher sur cette histoire Nord/Sud, les propos injustes de certains gens qui attribuent les causes des problèmes tchadiens seulement au nordistes et musulmans. Quand je dis premiers destructeurs du Tchad, je suis loin de designer tous les sudistes mais seulement pour rappeler aux personnes anti-nordistes que les responsables sudistes aussi ne sont pas mieux que ceux du Nord. Courte et claire réponse. 

Abdraman Birkia ( abirkia@hotmail.com )


                                                   04/01/2003
                                 Quand le pardon l'emporte sur la vengeance !
  
Une nouvelle ère de confrontation d’idées a commencé finissait par dire Mahamat Moussa Wichemi après un exposé de la lourde dictature de Tombalbaye. Est-ce le début d’une guerre d’idées qui n’a pour mobile que l’assouvissement, la paix d’une blessure longtemps cachée ou est-ce vraiment la recherche d’une solution pour notre bien aimé pays le Tchad ?

   Je pense que l’heure n’est plus à se jeter l’un l’autre la balle, mais il est bien temps d’assumer notre histoire. Au-delà d’une prétendue division Nord-sud, qui n’existe d’ailleurs que pour servir les intérêts de quelques politiciens arrivistes et avides du seul pouvoir, (alors que j’étudiais encore au lycée du sacré cœur à N’djaména, vers 1996, le ministre de l’éducation d’alors, dans une conférence qu’il nous donna, a affirmé la même chose) l’heure est à la réflexion sur les conditions d’une réconciliation effective entre tchadien. Que l’un exalte les mérites des politiciens qu’il aime ( pourvu que ce ne soit pas par pur sentiment de régionalisme ou de tribalisme) il en a les pleins droits, mais qu’on en vienne à parler en ces termes « ce que vous les nordistes vous nous avez fait… » ou « Ce que vous les sudistes vous nous avez fait » ne relève que d’un désir de guerroyer sans objectif de paix.

   Je pense par ailleurs, que pour une réconciliation effective, le pardon devrait tout d’abord être prôné. Beaucoup ont déjà émis en exemple le cas de l’Afrique du sud (Dieu sait ce qu’elle a souffert pendant l’apartheid qui était aussi division et lutte entre de classes farouchement opposées). Pour notre part, qu’il nous suffise de dire qu’il convient d’entrer, non pas dans un processus d’oublie du passé, ce qui serait suicidaire car nous n’aurons alors pas tiré leçon de notre histoire, mais que nous entrions dans un processus de remise en cause personnelle. J’entends par là, qu’avant de se lancer dans la critique purement émotionnelle de l’autre parti qui n’est pas sienne, l’on se demande ce qu’on pourrait faire pour que plus jamais tel ou tel autre méfait de l’histoire n’arrive. Alors, on serait plus enclin à entrer dans le pardon qui, quel que soit le chemin emprunté par tout un tchadien de bonne volonté pour la résolution des pseudo-conflits, est chemin de Réconciliation.

   Notre nature guerrière, c’est à dire l’influence de la guerre, influence blottie dans nos subconscients, peut-être, diraient certains, ne nous dispose pas à cela. Je répondrais que ce sont des balivernes, des histoires à dormir debout ! Impossible n’est pas tchadien ne disons-nous pas fièrement ? Je ne prétends pas par là proposer un remède magique. Loin de nous cette prétention car l’évocation même du mot pardon peut susciter des ébullitions, à n’en point douter.

   Pour tout esprit avertis, il n’est pas un secret que le pardon est la clef de voûte de toute réconciliation, en tant que la relation entre deux partis dans l’après pardon, unit beaucoup plus fortement que dans l’avant pardon. Le pardon intensifie l’amitié et transforme des ennemis en amis. Ne dit-on pas que des contemporains qui se sont battus et se sont pardonnés deviennent de grands amis ? Il suffit de faire un tour chez les enfants pour s’en convaincre. Et nul n’ignore que l’enfant est l’adulte en miniature.

   Comment appliquer la chose sur le plan du prétendu conflit Nord-sud ou conflit chrétiens musulmans ? Notons tout d’abord que le conflit chrétiens-musulmans n’existe que dans les régions fortement influencées par les idéologies des politiciens qui ont usé de ce fait pour leurs ambitions politiques. Ceux qui parlementent sur le conflit chrétiens musulmans seront déroutés quand ils considèreront qu’au Mayo-Kébi par exemple, les liens parentaux priment sur les divergences confessionnelles. Et puis, qu’on considère seulement un réel conflit musulmans-chrétiens, tel celui du Nigeria, on serait alors plus modeste dans l’affirmation de ce conflit au Tchad.

   Un processus réel de pardon dans le prétendu conflit consisterait en concret tout d’abord à un exercice de cohabitation entre musulmans et chrétiens. De cette cohabitation entre gens musulmans et chrétiens, entre ressortissants du Nord et du sud, des conflits naîtront certes, mais sa force viendra de la résolution de ces conflits sans retendue de rancunes. Beaucoup de sudistes qui ont vécu au nord ou beaucoup de chrétiens qui ont vécus en milieu musulmans et vice versa ont des sentiments plus fraternels à l’endroit de l’autre parti. Faut-il revenir à la formule de la construction de quartier mixte ? Nous répondrons avec énergie : oui !

   Il faut ensuite privilégier des rencontres entre jeunes musulmans et chrétiens, ressortissants du Nord et du sud. On permettrait ainsi une progéniture vierge des conflits creux et futiles des générations anciennes.

   Enfin un système éducatif soigneusement suivi fera dissoudre progressivement les clivages nés des blessures de l’histoire.

   La réconciliation entre les Tchadiens viendra de leur capacité à résoudre les conflits, non pas à partir d’une guerre sous quelque forme que ce soit qui n’a pour mobile que d’assouvir une blessure longtemps cachée, une sorte de vengeance, mais à partir d’un sous-bassement simple mais intrépide qui se nomme pardon.

Naortangar Rodrigue
Étudiant en philosophie à Kinshasa/RDC
naortaman@yahoo.fr


                                                 04/01/2003
            
Silence, il faut penser ce qu'on dit et non dire ce qu'on pense
   Je voudrais simplement répondre au message de Mr Moussa A Mahamat Wichemi.
   Je ne suis pas dans le forum ici pour faire des débats stériles car tu es rentré dans des détails inutiles que je dirais même une aide-mémoire pour certains ou certaines qui ne connaissent pas l'histoire du Tchad et surtout avec assez de contradictions:
Ce que j'ai retenu dans ton message c'est que au moins au temps de Tombalbaye il y avait de verdures dans le B.E.T car je peux aussi te le confirmer que le Tchad avait des feux rouges à N'Djamena, il y avait des verdures sur les avenues de N'Djamena, la mairie faisait son devoir envers les citoyens en ramassant les ordures, en coupant les arbres publics etc.

   Aujourd'hui, sans une position partisane, tu peux réévaluer le progrès du Tchad sur l'échelle internationale. Je laisse le jugement à chacun de nous. Le progrès ne se résume pas simplement au niveau individuel. Il faut voir le progrès collectivement et dans l' intérêts public. J'avais déjà mentionné que je ne discute pas ici dans le but de juger un Président tchadien ou un politicien mais plutôt comment apporter mon grain de sel à l'avenir qui nous appartient tous en tant que Tchadiens (nes). Tout le monde a la responsabilité de l'avenir de notre pays ( politiciens, juges, militaires, avocats, journalistes, ingénieurs, enseignants, médecins, cultivateurs, éleveurs ..etc.)  Le pouvoir confisqué sous un masque démocratique cessera un jour. Il faut la transparence dans la gestion des biens publics et la liberté toute entière( non seulement la liberté de la presse qu'on brandit à chaque occasion pour justifier la dictature tchadienne). C'est ce que tout le monde réclame. Il ne faut pas faire le procès de personne ici de peur de nous replonger dans la haine. Les Allemands et les Français se sont affrontés deux fois durant les deux grandes guerres mondiales et pourtant ils ont construit ensemble l'Europe unie que nous connaissons aujourd'hui. Je veux bien intervenir dans des débats constructifs. En te relisant avant même le débat de Mr A. Koulamallah, tu es assez extrémiste dans ta prise de position. Je peux simplement dire que des débats partisans ne sont jamais constructifs et je ne sais pas pourquoi ton message a échappé à l'équipe de Ialtchad sans censure ? Tu as brandi tes couleurs au nom de M.P.S. Ce n'est ni un parti politique qui aidera le peuple tchadien à sortir de nombreux problèmes que nous connaissons. Il faut des gens qui aiment le Tchad et particulièrement des Tchadiens engagés dans ce faisceau salvateur du peuple souffrant. Si je comprend bien ton message, c'est ce que le chien aboie et la caravane passe? Puisque tu trouves nous voulons apprendre aux gouvernants à gouverner. Loin de là mes soucis. Chacun rentrera seul dans sa tombe et auras Dieu en face de lui le jour du jugement.

   Je n'appartiens à aucun parti politique donc ma position est neutre. Je veux le bien de tout le monde sans que certains (nes) profitent de la situation pour exploiter ou terroriser les autres. Il faut y réfléchir au seuil de cette nouvelle année 2003. Discutons d'autres choses que le débat inerte Nord/Sud ou Chrétiens/Musulmans. Tu vis dans la même ville que moi alors renseignes toi auprès des gens qui me connaissent pour savoir ce que je suis.

   Je crois que suite à la déclaration primaire de Mr A Koulamallah, il y a eu plusieurs intervenants, mais tu as visé simplement R. Félix (qui est différent de moi et qui vit aux USA) et moi.

   De grâce, laisses évoluer ce forum. Le jour ou tu apprendras que je cherche le pouvoir, alors utilise tous les moyens pour me barrer la route. Je ne suis pas intéressé par le pouvoir, mais je veux voir tout le peuple tchadien jouir de ses droits et devoirs sans oppressions, peu importe la région ou la religion. Je ne laisse pas mon courriel dans la publication justement pour éviter des courriels personnels. Tout intervenant est obligé de publier son article sur le site.
Merci.

Ramadji Naorgué


                                                 03/01/2003
                               
Onde de choc dans une zone de turbulences.
Attachez vos ceintures!.
   L'une de mes lettres publiées sur Ialtchad en date du 12.12.02 a suscité des réactions mitigées, des remarques et des répliques fracassantes mais bien utiles et constructives. Je salue l'esprit novateur et contestataire de notre génération qui se veut non violente et transparente. La prochaine fois, s'ils vous plait, n'écrivez pas directement à moi pour approuver, critiquer, désapprouver ou me féliciter sur des sujets ou articles qui ont attiré particulièrement votre attention. Je vous recommande plutôt, fortement, de les faire savoir à tous sur la place publique c'est-à-dire Ialtchad. De cette façon, vous contribuerez non seulement à approfondir et élargir n'importe quel débat vers n'importe quel horizon mais aussi d'éviter de vous exprimer dans l'anonymat le plus total. C'est d'ailleurs pour protester en partie contre ceux qui refusent de faire tomber leurs masques que je me suis abstenu de répondre à certains d'entre vous et ils se reconnaîtrons facilement. Merci. Ceci n'est qu'une parenthèse. 
   Je voudrais maintenant passer dans le vif d'un sujet dont je vais bien vous entretenir ou relater aujourd'hui : La dictature de Tombalbaye. D'abord, je dirais à mon compatriote Mahamat Abakar que je ne me suis pas empêché de pouffer de rire quand j'avais lu , comme tous les autres internautes , sa missive (18.12.02).
 
   Il existerait donc bien sur cette terre des tchadiens encore nostalgiques d'un passé glorieux et folklorique, rêvant du même coup à un retour probable de leur héros au pays réincarné dans la peau d'un démocrate des temps nouveaux. Écoute bien, essayer de convaincre H. Habré de revenir un jour au pouvoir c'est comme faire tout son possible et vendre de la glace à un esquimau. Pire encore, cela équivaudrait à raisonner inutilement un juif de la diaspora et l'amener à voter pour un parti d'extrême droite néo-nazie. La démocratie n'est pas un sport de spectateurs, elle ne se résume pas en un vague et insignifiant referendum truqué à plus de 90% de suffrages comme celui organisé en 1989 par cet homme providentiel que vous allez devoir encore attendre pour longtemps. Dans le film L A HAINE de Mathieu Kassovitz, le narrateur nous apprenait à la fin que dans la vie «dur n'est pas la chute mais l'atterrissage ». Depuis le 01.12.90, H. Habré a consommé égoïstement seul sa chute sans se soucier de personne. Reste pour lui la période la plus difficile soit celle de l'atterrissage : Human Rights Watch, la justice belge, la L.T.D.H, Amnesty International, le recours collectif des victimes de la D.D.S. Pour vous, il n'est point interdit de rêver, même dans l'utopie,.alors bonne chance.
   En acceptant dés le départ et sans conditions l'instauration d'une démocratie pluraliste et participative, I. Deby a réussi son coup d'éclat politique car il a su rapprocher l'intérêt politique et propager l'importance du choix de vote tout prés de ses concitoyens. Ce qu'on avait appelé les transitions démocratiques en Afrique ne sont pas un cadeau tombé du ciel mais résulterait d'une lutte des peuples pour stopper toutes les formes de barbarie.

   J'ai aussi eu du mal à digérer une autre déclaration faite cette fois-ci par R. Félix(19.12.02). Ce compatriote n'a pas eu d'autres idées géniales que de nous rappeler « s'il y'a un crime à juger, c'est bien celui de 1959 ou la motion Khoulamallah-Kherallah refusait l'indépendance du Tchad ». Avouez-le, vous aviez tous frissonné comme des gallinacés sans tête en préférant ne pas réagir à ces balivernes. J'ai tellement été choqué que mon réflexe a bondi hors de ma réserve habituelle, tel un étalon en furie. Moi, je ne donnerais pas la chance ni l'occasion à ce monsieur de minimiser ainsi des grands hommes politiques tchadiens comme Ahmed Khoulamallah(le père!) et Djibrine Kherallah, qui étaient avant tout des personnes de grande culture et des philanthropes chers à notre riche histoire passée. Pourquoi t'acharner de la sorte contre ces illustres hommes aujourd'hui décédés(que leurs âmes respectives reposent en paix), quand on sait bien que vous ne voulez surtout pas qu'on juge des morts?. Pourquoi ne pas nous dire clairement que les propos du leader de l'U.D.T(16.12.02) qui laissait entendre «au contraire Tombalbaye a mis fin à l'expérience démocratique des premières heures de l'indépendance nationale. », t'ont déplus?.R.Felix, il n'y a rien de plus satisfaisant que de voir un donneur de leçons se faire mettre le nez dans son propre caca!. N'oublis surtout pas qu'au Tchad tout le monde se connaît, tout le monde fréquente tout le monde, tout le monde travaille avec tout le monde. On ne peut dire du mal de quelqu'un, ni critiquer qui que ce soit sans causer toute une commotion sur nos artères et rues boueuses et sales. En plus, à force de nous rappeler sans cesse que Deby a tué, séquestré et opprimé, tu te ridiculises sans arrêt en nous chantant tout le temps la même chanson. Ta liste d'horreurs qui englobe Auschwitz, Sékou Touré et Hitler n'est qu'exhaustive et ne correspondrait à rien de comparable à notre histoire passée. Et comme le ridicule ne tue pas, il ne te reste plus qu'à compléter ta chronologie événementielle : le Génocide des arméniens, l'Archipel du Goulag, Pol Pot et les Kmers Rouges, les Camps de Srebrenica. Je ne voudrais surtout pas alimenter ici un débat nord-sud, musulmans-chrétiens, mais je dois te mentionner qu'au lieu de vous présenter comme d'éternels victimes(ce qui reste à prouver), il serait mieux de connaître qu'avant tout vous avez été nos bourreaux. Et rien ne vaut plus pour vous qu'un simple survol en guise de leçons d'histoire pour vous éclairer les lanternes. Le 11 août 1960,quand André Malraux, au nom de la France, immortalisa un instant mémorable qui donna à notre pays son indépendance, le monde entier riva les yeux sur nous et pensait que les tchadiens allaient enfin profiter de cet affranchissement pour faire de leur jeune État un coin de paix, de droit et de justice. Dés les premières semaines, le défi fut impossible à réaliser puisque la personne qui avait reçu la clef des champs n'était autre que François(pardon N'GARTA) Tombalbaye. Face au nouveau pouvoir hérité par les ressortissants du sud, Tombalbaye a voulu remettre au goût du jour la cérémonie de l'initiation au "Yondo'' qui est une nouvelle naissance de l'enfant au monde adulte. C'est aussi une école de survie à l'issue de laquelle les sujets n'étant pas reconnus aptes par leur chef de l'initiation sont physiquement éliminés. Tombalbaye s'est inspiré de cette cérémonie pour se débarrasser des notables et personnalités hostiles à son pouvoir sanguinaire. 

   Au départ, conscient de l'infériorité intellectuelle de la partie septentrionale du pays, il imposa une sorte de diktat macabre que toute une génération de tchadiens se souviennent. Heureusement qu'il y'a eu sur son chemin, comme par enchantement, un duo d'hommes politiques intègres et instruits tels que Khoulamallah et Kherallah(et ça rime en plus), pour le ramener à l'ordre, lui mettant les bâtons dans les roues. Mais pour combien de temps?  Tombalbaye continua d'exercer sa forte dictature, le P.T.T devint parti unique, les partis politiques d'opposition sont interdits et les révoltes réprimées dans le sang ne tardèrent pas de provoquer plus tard la naissance du FROLINAT. Je voudrais bien vous faire partager une confidence. Enfant, quand j'étais allé passer mes vacances pour la première fois au milieu des miens dans notre terroir du grand nord B.E.T (Borkou-Ennedi- Tibesti), à Fada pour être précis. Je pensais qu'une fois sur place, je ne verrai qu'une étendue de désert aride et sans vie. Mais détrompez-vous car cette année-là, la récolte de''Ogou''(une variété de céréale sauvage de la même famille que le seigle) a été bonne. Des troupeaux de dromadaires à perte de vue, des montagnes aux peintures rupestres, des oasis entiers de dattes mures prêtes à être cueillies, des jardins de vignes(et de figues!), des chutes d'eaux spectaculaires et la joie de vivre était tellement paradisiaque que j'ai failli ne plus rentrer. Par contre, mes camarades de jeu, sans doute, habitués à cette manne, me parlaient d'un tout autre sujet étrange qui à singulièrement attiré mon attention. Ils me dirent tous en chour ceci «Tant que la dépouille mortelle de Tombalbaye qui est enterrée ici dans la région n'est pas renvoyée chez lui au sud pour être inhumée parmi les siens, Le B.E.T ne connaîtra ni la paix ni d'accalmie ». En quoi une tombe est-elle responsable de la souffrance de tout un peuple?. Les gens d'ici ne sont pas des animistes et ne croient à aucune forme de magie mystique. Pourquoi alors diable apprennent-ils à leurs enfants des choses pareilles?. Ou doit-on considérer cette histoire de tombe comme une forme primaire d'incitation à la haine raciale?. Je vous assure que je n'ai pas mis beaucoup de temps ni déployer assez d'énergie pour comprendre avec vous les vraies racines du mal.

   Le B.E.T qui couvre une superficie grande comme la France (?), n'a été intégré au territoire nationale par les colons qu'en 1929. En septembre(quel hasard!) 1965, à Bardai, après qu'une bagarre entre civiles et militaires éclate, Tombalbaye envoya en renfort tout une armada de gendarmes sudistes(l'armée n'était pas nationale) en renfort pour mission d'arrêter le chef du village et ses fidèles sympathisants. Des coups de feu retentirent. Le pays assista alors impuissant à un bain de sang. Des innocentes victimes meurent. Et comme cela ne suffisait pas, les généraux de Tombalbaye ont commencé à s'adonner à un jeu funeste qui est celui de l'ablation des seins des femmes et le rasage systématique de leur crâne chevelu sous prétexte de les enlaidir, humilier et décourager leurs maris de rejoindre une quelconque rébellion. Cette brusque onde de choc se propagea de bouche à oreille comme une traînée de poudre dans une région qui ne cessa depuis d'être une zone de toutes les turbulences.
    En outre, les gens d'ici imputent à Tombalbaye une autre responsabilité plus grave qui est celle d'avoir, peut-être, vendu la bande d'Aouzou aux libyens. Un marchandage serait le point de départ de toute cette souffrance avant de se terminer des années plus tard devant la Cour Internationale de Justice de La Haye(en Hollande). Donc, Tombalbaye le boucher qui n'hésite pas une seconde de tirer sur ses propres administrés, était aussi un renégat assoiffé de richesses et ne se gêna guère de modifier la carte géographique du Tchad. D'après des sources(officielles?), Tombalbaye aurait cédé la bande d'Aouzou contre le versement d'une somme de 23 milliards CFA. Selon une autre version, ce traité aurait été signé par Monsieur BA, conseiller mauritanien de Tombalbaye qui disposait de pleins pouvoirs. Les deux États s'engageaient à favoriser et développer leur coopération dans le domaine économique, commercial et social. L'occupation de la bande d'Aouzou aurait été opérée à ce titre. Un marchandage honteux aurait bien eu lieu. Si ce traité avait réellement existé, les libyens, lorsqu'ils furent durement attaqué à Libreville, devant l'O.U.A en juillet 1977, n'auraient pas manqué de le produire, la mort de Tombalbaye survenue en 1975, les dispensant de garder le secret. Les 23 milliards auraient été versés mais non en numéraire, sous la forme d'aide au développement (banques, dispensaires, écoles.). Au point de vue juridique, Tombalbaye et son complice Monsieur BA n'ont aucun droit légitime de se livrer à un tel marchandage (chantage?) sans l'avis ou le consentement du peuple tchadien. La Libye ne tarda pas à s'imposer comme une vraie armée d'occupation. Des forces libyennes et leurs équipements lourds viennent prendre positions et installer leurs campements sous nos palmeraies. La population fut vaccinée, Kadhafi voulant par ce geste montrer que son système de santé est la meilleure en Afrique. Comme pour bien célébrer cette alliance à la Hitler-Petain, Tombalbaye alla jusqu'à rompre les relations diplomatiques qui nous liaient à Israël dans le but de plaire au Guide et aux pays arabes. Khadafi ne tardera pas d'inviter son ami(?) à Tripoli pour sabler le champagne et célébrer le tout dans la joie sans se soucier que ce pacte avec le diable ne tardera pas à précipiter sa propre chute en 1975. L'occupation de la bande d'Aouzou sans que Tombalbaye ne proteste, le traité d'amitié, deux choses pour le moins étranges qui ont fait naître des rumeurs sur l'existence d'un traité secret qui aurait été signé entre les deux parties. Depuis ce temps, beaucoup d'eau avait coulé sous le pont Chagoua. Le restant des ossements de Tombalbaye ont bien quitté le B.E.T, traversant ce même pont en direction de Bessada ou les siens lui rendront un dernier hommage dans le respect de son âme et de ses traditions. Dans la région, le langage des armes ne s'était pas stoppé pour autant. Le M.D.J.T avait repris le flambeau, le gouvernement central de Deby ne voudrait surtout pas leur faire des concessions et la population de cette partie du Tchad, considérée déjà comme une espèce humaine en voie de disparition, continue de mourir lentement. Dans la capitale N'djamena, un journal local nommé N'djamena-Hebdo, avec sa horde de journalistes et sa forme de presse partiale et incendiaire, continue de souffler le chaud et le froid mettant en péril la fragile paix des esprits qui nous reste. 

   Si aujourd'hui beaucoup de tchadiens connaissent par cœur la dérive dictatoriale de Tombalbaye, peu sont ceux qui devinent son coté excentrique, snob et mondain. Dans toutes les préfectures du pays alors que le peuple criait partout dans la rue «Du pain!, du pain!, du pain!. ». Tombalbaye se permettait des dépenses folles avec l'argent des contribuables. Des réceptions somptueuses, des invitations dans un décor de marbre, de tapisserie et de diamants que lui envierait bien la famille princière de Monaco. Sa villa, sise au quartier Moursal, ne désemplissait pas d'invités de marques. On pourrait facilement trouver au menu de la brioche, du vin saint-regnier de qualité supérieure, des côtelettes de bœuf et de porc, du caviar. Bref tout se qui se tramait à l'intérieur n'était que calme, luxe et volupté.

   R. Félix, mon rêve pour le Tchad se résume en cinq mots :démocratie, réconciliation, justice, union et transparence. Il est possible dans un pays, de rappeler à l'ordre un gouvernent incompétent soit-il. Mais par contre, il pourrait se révéler fameusement plus compliquer d'avoir constamment à montrer aux gouvernants comment gouverner.

   Enfin, quant à Ramadji(est-ce la même personne que R. Félix?),je te demanderais de bien tenir le bout de ton clavier(et de ton stylo)car désormais ce ne seront plus les armes qui vont crépiter et nous causer des malheurs. Saluons une nouvelle ère de confrontation d'idées, de débats et de respect si négligée par nos aînés. Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2003. À bon internaute, salut !!!.

Mahamat A. Moussa Wichemi
Mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal(Canada).


                                                 01/01/2003
                               Conférence Nationale Souveraine, il y a dix ans

Bonjour
,
En cette fin d’année, je voudrais d’abord présenter mes meilleurs vœux de l’année 2003 à tous et surtout aux responsables de ialtchad.
   En effet, dans quelques jours , nous allons également célébrer le 10eme anniversaire de la conférence nationale souveraine (CNS). J’aimerais en cette circonstance et par rapport au débat sur ce forum apporter quelques éclaircissements .

   Hier à l’occasion de la célébration à Tine du 12eme année au pouvoir,
le président de la république dans son allocution reprise par l’AFP avait prononcé une phrase "la subsistance des foyers d'insécurité baptisées pompeusement rébellions dissimulent mal les ambitions égoïstes de quelques individus assoiffés de pouvoir", a-t-il souligné, précisant que "cessent les marchandages de toutes sortes sur le dos des pauvres citoyens innocents". Aujourd’hui, chacun en mal de posture au Tchad ou ailleurs prend les armes ou même sous une étiquette populaire au Tchad de "politico-militaire" pour soit disant apporter une justice , une paix , une démocratie dans le pays et réclame une autre assise pour débattre du problème tchadien.

   Quel problème ? à mon avis , c ‘est un faux débat. Mr BUIJTENHUIJS Robert qui avait assisté de bout en bout à la conférence nationale( même s’il reconnaît quelques ratés ) ne me démentira pas, tout a été débattu dans la salle du 15 janvier : de la défense , de la sécurité , de la justice , de la forme de l’État, du tout...  On se rappelle du cri de la vieille Hadja Halima (malheureusement pas entendu par certains ), les sorties du feu Marabi Julien , les belles phrases de Mr Ali A. Haggar ou des duels pour les postes au présidium de beaux souvenirs, le verdict des urnes avait d‘ailleurs déjà commencé dans la magnifique salle de Diguel.

    Malgré une transition un peu mouvementé , la conférence nationale a permis au pays de consolider la base de notre jeune démocratie car suivie quelque peu d’élections libres et démocratiques, devant des candidats de l’opposition passant leurs temps à concocté des alliances qui ne durent que deux semaines , le président I. Deby était le seul a sillonné tout le pays et a proposé un programme politique cohérent et réaliste que les tchadiens ont accepté à juste valeur . Ni le Mps , ni son candidat n’ont besoin des fraudes pour gagner les élections qui se sont déroulées dans le pays. Chaque candidat de l’opposition choisit d’aller battre campagne dans sa ville natale et quelques quartiers de la capitale et revenir collecter les rumeurs pour dénoncer les fraudes. Il y a eu quelques irrégularités bien sur mais ceci ne justifie pas la défaite de l’opposition loin du victoire du MPS, les causes sont ailleurs et l’opposition doit tirer sur ses propres ficelles. Ils ont oublié peut être que les paysans , les éleveurs , les nomades votent également. Dénoncer les fraudes ou boycotter a été toujours l’arme préférée de l’opposition africaine. 

   Contrairement à ce qu‘a dit le grand frère , le président de l’UDT Mr Abdrahman Koulamalah que j’admire beaucoup sa manière de voir les choses (d’ailleurs les accolades qu’il avait données à son adversaire à l’élection au poste du vice-président du présidium lors de la conférence nationale en la personne de Youssouf Saleh Abbas(d’ou les applaudissements dans la salle) avant même la déclaration finale des résultats par le bureau de vote démontre en lui sa grande maturité politique, ça fait partie de la démocratie ) mais je ne suis pas d’accord avec lui sur deux choses : il faut rendre à César ce qui appartient à César. En politique les reconnaissances des acquis des adversaires n’a pas de place mais si aujourd’hui il y a la liberté au Tchad c’est l’œuvre du MPS, demander aux paisibles citoyens il vous le diront.

   Ceux qui aujourd’hui propose de chasser la mauvaise démocratie ou soit disant dictature se trompent largement d’époque. Comme c’est un processus, il y a eu quelques dérapages mais malgré la démocratie tchadienne a fait beaucoup des avancées surtout la liberté de la presse qui est parmi la plus libre sur le continent , très agressive parfois mais a contribué à l’édification d’une société libre et démocratique. Le non-recours aux censures préalables au Tchad a beaucoup contribué a l’émergence de cette presse parallèlement aux autres pays de la sous-régions. Mon deuxième désaccord avec le PR de l’UDT concerne la mono politisation de l’assemble nationale : loin d’être une insulte pour les intellectuels tchadiens ; si le MPS est dominant c’est parce qu’il y a deux raisons :
   - les tchadiens ayant déjà vécu la cohabitation au moment de la transition (qui n’a pas laissée de bons souvenirs) ont souhaité accorder la majorité au président élu. En plus de l’organisation des primaires et la présentation des candidats dans plusieurs listes avec d’autres formations telles que le RDP, l’UN, etc..
 
   - la seconde raison est due à l’incapacité de l’opposition à présenté des candidats sur toutes les circonscriptions électorales à noter que sur le 155 sièges, le MPS est parti largement favori avec 45 sièges sans concurrents malgré qu’il y a 37 partis politiques, qui ont pris part aux échéances. 

   En effet , la processus démocratique est comme un enfant qui grandit avec le temps et cet enfant a besoin de beaucoup de contributions de la part du pouvoir, de la société civile, de la presse, de l’opposition et même de tous les citoyens du pays. Il serait beat de dire que notre démocratie est aujourd’hui parfaite et que le Tchad est un paradis en matière de liberté , ils y restent  beaucoup à faire : le MPS doit continuer à éradiqué les pratiques du parti unique , l’opposition de jouer pleinement son rôle, la société civile et la presse d’être objectives, le peuple d’être vigilant car il y aura toujours des insatisfaits qui comme l’a dit le chef de l’État plus haut abuseront du peuple pour assouvir leurs ambitions égoïstes. On se rappelle qu‘à la Conférence Lagos 4 sur la paix au Tchad (21 août 1979 ) des messieurs qui ont crée leurs partis dans la salle même de la conférence quand le moment du partage des gâteaux a sonné. On lit souvent dans ce forum, des internautes qui proposent ou encouragent de luttes armées qui n’ont rien donné au peuple tchadien. Les tchadiens ont un autre combat à faire maintenant, c’est celui du développement.

Abdelkhader Mahamat
Montréal / Canada


                                                 28/12/2002
                                                       Ultime Intervention
  
J’ai longtemps hésité avant de me lancer de nouveau dans un dialogue avec les internautes. Mais cela m'a semblé important car le débat que j’ai suscité a été plus ou moins bien compris par les divers intervenants et globalement leurs réactions m’ont satisfait. Nous avons évité les attaques personnelles et inutiles pour nous lancer dans le véritable débat de l’avenir de notre pays et de sa jeunesse.

 

J’avoue que j’ai hésité avant de lancer ce débat tant je craignais les attaques de ceux qui veulent régler leur compte mais au contraire les jeunes qui m’ont interpellé ont fait preuve de sérieux et ont posé des questions pertinentes et j’ai voulu faire cette ultime intervention. La démocratie c’et aussi la responsabilité !

 

Il est incontestable que notre pays connaît une évolution  politique et sociale qui est loin de répondre à nos interrogations et à nos attentes. Le processus démocratique actuelle n’est pas parfait et connaît suffisamment de ratés pour qu’il entraîne une adhésion de tous les tchadiens et surtout de la part de ceux qui luttent à l’extérieur estimant à tort ou à raison que seul la lutte armée est une réponse au pouvoir de Idriss Déby.

 

Cela n’est pas mon opinion et je le dis haut et fort et avec toute la force de mes convictions. La lutte armée et je me répète n’a fait que générer des régimes dictatoriaux. Ceux qui viennent au pouvoir par ce biais utiliseront les mêmes méthodes pour se maintenir au pouvoir : tribalisme, favoritisme tous ces maux qui ont miné notre nation et l’avenir de sa jeunesse.

 

Je pense qu’un processus démocratique même mauvais comme celui actuellement au Tchad est supérieur aux choix des armes. C’est une opinion, elle est contestable et les internautes la conteste tous les jours mais c’est mon opinion et l’histoire nous dira qui à tort et qui à raison !

 

J’ai dis : « je préfère la mauvaise démocratie de Idriss Déby à une bonne dictature à venir » cette phrase a été mal comprise et choqué certains, j’aurai peut être dû dire simplement que « je préfère une mauvaise démocratie à une bonne dictature »

 

Mahadjir me demande pourquoi ne pas convaincre mon petit frère Abdel-aziz Koulamallah de me rejoindre à l’UDT . Je te remercie cher frère de ta question mais Abdel-aziz et moi avons des opinions diamétralement opposé sur la lutte politique. Je ne partage ni ses opinions que je trouve excessives, ni sa méthode de lutte. Pourquoi veux tu que nous fassions partie du même mouvement politique. Je milite avec des femmes et des hommes qui ont fait le même choix politique que moi. Ceci dit nous entretenons des relations fraternelles fortes et c’et un frère que j’aime beaucoup et qui est d’une grande intelligence.

 

La politique ne doit pas être un lieu où se rassemble les frères ou les personnes de même ethnie, de même tribut mais un lieu de combat politique où milite ensemble des personnes ayant fait les mêmes opinions et la même vision de la société et cela manque singulièrement aux forces politiques tchadiennes qui ne reflètent que les ethnies et les régions.

 

Quant à Moussa Wachimi il est excédé que j’intervienne sur le site de Ialtchad car je suis un homme politique et telle n’est pas ma place. Quelle vision étroite que vous avez d’un site dont le nom se veut rassembleur : les enfants du Tchad. Les hommes politiques sont des gens qui ont fait le choix du combat politique. Qui est mieux qu’eux doit lancer le débat politique et donner des explications sur les actes qu’ils posent ? Dites moi cher frère pourquoi cette vision réductrice des hommes politiques ? Moi je suis fier d’avoir fait le choix de la politique et croyez moi j’ai risqué plusieurs fois ma vie en faisant de la politique car j’aime profondément mon pays et je veux de tout mon cœur le servir.

 

Il ne suffit pas d’être jeune et de contester tout pour être sûr qu'on est un patriote et personne, ni vous, ni moi avons le monopole de l’intelligence et du patriotisme. La démocratie c’est aussi se dire « je n’aime pas tes opinions mais je me battrai pour que tu aies le droit de les exprimer ». Permettez-moi de les exprimer même si vous ne les aimez pas et c’est votre droit. Mais soyez tolérant cher frère !

 

Cependant je pense au plus profond de moi même que le jeunesse tchadienne doit plus s’impliquer dans le combat politique car l’avenir lui appartient. Nous, nous sommes déjà le passé et vous l’avenir et le lendemain de notre nation repose sur les choix que vous ferez aujourd’hui.

 

Et cela me donne l’occasion de dire à ceux qui ont mal compris mes interventions qu’au contraire je pense que les jeunes tchadiens sont le Tchad de demain mais leur combativité est encore faible. Trop faible à mon goût !

 

Certains ont compris que je demande pardon pour les dictateurs et notamment Hissein Habré. Cela n'est pas mon opinion et ne le sera jamais. Je dis que l’on ne peux indéfiniment chercher à condamner, à lancer des luttes armées, des insultes et léguer aux générations futures que le choix de la violence et de la vengeance. Je veux que mes enfants, mes petits frères puissent trouver un Tchad de la science et des nouvelles techniques de l’information et de la communication.

 

Un Tchad de paix, de concorde qui ne soit pas livré à la cupidité d’une caste ou d’une ethnie ou d’une région, un Tchad débarrassé de la nullité et faisant appel à tout ce que nous avons de brillant et savant. Les sceptiques diront c’est impossible mais ceux qui vivent et qui luttent diront que « chaque fois que l’on avance vers l’impossible, il recule tout le temps »


Bonne et Heureuse année à tous !

et continuons le débat sur mon adresse udt_tchad@hotmail.com
Abderaman Koulamallah


                                              26/12/2002
                                       Quelle réponse au déficit démocratique ?
   Après douze années d’agonie durant lesquelles on a pu voir toute une horde de charlatans s’empresser à son chevet, notre « démocratie » se meurt-elle (comme le désire  l’oligarchie au pouvoir)  ou évolue-t-elle résolument vers sa forme la plus « achevée » (comme le souhaitent les citoyens)?

 

Ma réponse à cette question est sans équivoque : notre « démocratie » s’émousse avec le temps. Et pour cause. Loin d’être une institution arrachée de haute lutte par le peuple comme le prétend faussement le président de l’UDT A. Khoulamallah, la « démocratie » tchadienne, cette pièce maîtresse du régime actuel, est plutôt le produit de la double volonté de la France de répondre aux déviances tyranniques et sanguinaires d’H. Habré (et autres despotes africains) d’une part, et de reconfigurer sa propre politique vis-à-vis de ses anciennes colonies en fonction de la nouvelle donne de l’époque, conséquence de la disparition des blocs Est-Ouest d’autre part. Comme telle, ses règles étaient faussées dès le départ.

 

En effet, depuis le 1er décembre 1990, à l’inverse des discours interminables qui n’ont jamais été que des discours, aucun débat démocratique, aucun dialogue de vérités plurielles ni aucune véritable tribune libre n’ont été institués avec la franche volonté d’engager le pays sur la voie du changement. Le rapport populations/institutions n’a jamais été posé en termes clairs et précis. Il suffit pour s’en convaincre de voir les diverses coalitions et lobbies politiques qui se nouent et se dénouent au grès des circonstances laissant toujours les populations interloquées et décontenancées, ne sachant qui suivre in fine. Nos institutions sont prises en otage. Car, même si l’organisation du multipartisme substituant une adhésion plus libre à l’embrigadement aveugle a été progressive, accélérée par la pression extérieure et les multiples manifestations de l’après Habré, il faut remarquer que ce multipartisme de façade a tendance à conforter le parti au pouvoir (le MPS) et lui sert d’écran afin de mieux restaurer le totalitarisme par la voie « démocratique ».

 

Que le régime MPS soit ou non totalitaire, chacun est libre de penser ce qu’il veut et se faire sa propre opinion sur la question. Cependant, on pourra gloser indéfiniment sur le fait qu’il soit un régime démocratique, cela ne me convaincra guère. A mon sens, la démocratie suppose le désaccord, la contradiction, le conflit ; elle doit nous rassembler en nous opposant. Mais elle ne doit pas permettre à quiconque, fut-il chef de l’Etat, de pourfendre ses adversaires. Or, qu’observe-t-on sur la scène politique tchadienne ? Un prodigieux capharnaüm où n’importe quel quidam s’érige sans légitimité démocratique en leader d’un groupuscule et exige sous diverses menaces (la retraite dans les grottes étant la plus prisée) sa part du bien public comme si la démocratie consiste à partager entre fils de Boulama, Gong, Ngar, Cheikh et autres chefs de cantons, les ressources financières de l’Etat.

 

En outre,  l’attitude insolente des intellectuels à l’égard de nos institutions contribue dangereusement à compromettre les élans démocratiques d’une certaine frange de la population qui se refuse à faire le jeu du totalitarisme actuel. En effet, il est certes libre à quiconque de choisir son camps et cela est de l’essence même de la démocratie. En revanche, s’affirmer radicalement opposant au moment des élections dans le seul objectif de s’arroger les faveurs d’un électorat frustré et revenir marchander honteusement les voix de cet électorat afin de se remplir les poches et non de s’engager comme on l’a promis me paraît être une des pratiques les plus indécentes et l’une des causes profondes d’effritement de notre démocratie naissante. Pire, l’essentiel des nos intellectuels s’ingénient chaque jour à modeler, remodeler, définir et redéfinir le contexte politique pour le confort du monarque au pouvoir. A titre d’illustration, toutes les élections gagnées par le MPS l’ont été grâce à l’ingéniosité des enseignants, lesquels on se souvient, n’étaient guère favorables à la gestion du pays par les « combattants du Frolinat » et préféraient faire la grève sèche quitte à se faire « radier de la fonction publique ».  Ce temps paraît bien révolu et on assistera assurément pas à l’ « avènement d’une véritable  démocratie » au Tchad  comme nous l’avaient promis nos chers enseignants.

 

Le rôle de la femme dans la profanation de la démocratie, contrairement à ce que beaucoup peuvent le croire, n’a pas été des moindres non plus. Je sais que mon propos peut paraître inconsidéré aux yeux de quelques "iconoclastes " et féministes inconditionnels. Je leur concède volontiers le loisir d’en penser ce qu’ils veulent. Toujours est-il que je soutiens avec force conviction que la femme participe activement à la sclérose des institutions et ce, de plusieurs façons : en préambule, regroupant plus de la moitié de notre population  (environ 52%) la femme tchadienne (comme la majorité des femmes africaines) est moins instruite, ce qui du coup limite ses possibilités de participer de façon active à quelques organisations associatives ou politiques. Cet état de fait l’expose à toutes sortes de sollicitations, plus incongrues les unes que les autres ; d’où son adhésion à nombre de partis politiques (souvent par imitation de son mari) dont elle ne connaît ni le projet de société ni même le programme politique et moins encore le dirigeant, pour les plus fantaisistes. Ensuite et c’est là le plus déterminant, si elle est instruite, la femme préfère  jouer, au sein du parti auquel elle milite, le rôle de seconde zone (mobiliser ses congénères, s’occuper de la promotion féminine) dans le meilleurs des cas et au pire elle se contente d’organiser le protocole stylo à la main. Rarement la femme tchadienne émet des idées politiques constructives et, s’il lui arrive de le faire c’est simplement pour traduire le discours que le chef de parti débite devant des militantes passives et dociles. Enfin, l’expérience prouve que la plupart des femmes tchadiennes milite au sein du parti au pouvoir. Ce militantisme mû par quelle motivation on ne sait, contribue par son effet d’aimantation à attirer la quasi-totalité des femmes vers des partis comme le MPS, le RDP, l’URD, l’UNDR …partis qui comme je l’ai précédemment souligné, constituent la plate-forme du totalitarisme par voie démocratique.  On voit donc bien dans la démonstration la plus élémentaire que la femme elle-même est un frein au jeu démocratique. Mais on ne doit pas la condamner pour autant. Il appartient aux divers partis de savoir la mobiliser et l’orienter efficacement afin d’en tirer la meilleure contribution pour la survie de nos institutions.

 

Par ailleurs, aucune démocratie ne peut se faire sans la participation de la jeunesse. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les hommes politiques nous claironner cette assertion lors des campagnes électorales pour finalement la reléguer aux oubliettes une fois arriver à leurs fins ? Or, c’est une vérité presque absolue qu’aucune démocratie ne peut se faire sans la jeunesse. Elle suppose en effet, l’alternance. Aussi, les partis politiques étant constitués en principe pour une période indéfinie, ils ne peuvent être indéfiniment présents sur la scène politique qu’en assurant leurs arrières. L’expérience politique dans le monde entier montre d’ailleurs que tous les partis s’appuient essentiellement sur les jeunes pour battre campagne. Seulement, il ne suffit pas que cette jeunesse soit confinée à ce rôle unique qui d’ailleurs ne sert que ceux qui l’oppriment. Les jeunes doivent pouvoir participer activement à l’éclosion de la démocratie au Tchad. Nous  devons nous impliquer davantage et faire en sorte que cette démocratie soit une œuvre commune et qu’elle ne soit pas la chasse gardée d’un homme politique, « garant » des institutions soit-il. Si nos aînés ont préféré s’empiffrer de deniers publics en laissant de côté toutes considérations d’honneur et d’honnêteté, nous, que Khoulamallah voit déjà aux affaires dans les dix prochaines années, devrions œuvrer pour que notre démocratie soit effective. Sans me bercer d’illusions, je demeure certain que des changements auront lieu dans l’avenir si et seulement si le monarque actuel respecte les engagements qu’il prend à tout bout de champs pour mettre en confiance ses partenaires économiques (dénonciations des pratiques occultes et peu recommandables, de corruption en tous genres etc.) La jeunesse doit s’engager résolument dans le combat intellectuel idéel et idéologique. C’est pourquoi il me paraît nécessaire que de nouvelles perspectives soient dessinées. Pour cela nous devons nous débarrasser au préalable de nos paradigmes et préjugés.

 Au risque de décevoir A. Khoulamallah,  je n’ai pas de propositions « produits finis » à faire. D’ailleurs je me défends toujours de jouer les « donneurs de leçons ». Je pars du constat que toute idée en nous est subjective, limitée et ne saurait donc satisfaire absolument les innombrables complexités auxquelles nous faisons face. Je laisse donc la latitude à chaque internaute de nous proposer des pistes de réflexion aux fins de sortir notre pays de ce gouffre abyssal dans lequel  les charognards politiques  l’y enfoncent sans vergogne.

 

Cependant, je me permets  d’écarter d’emblée l’idée d’un forum du genre « Vérité et Réconciliation » dans lequel Khoulammallah voudrait insidieusement nous y entraîner. Pourquoi vérité et réconciliation ? Je ne pense pas qu’un tel colloque soit véritablement conforme aux réalités politiques tchadiennes. Vérité et Réconciliation fut une tribune instituée et encadrée pour répondre à des questions précises touchant des aspects précis et déterminés de la vie sociale et politique d’un pays meurtri par l’Apartheid. Évitons la manie de faire du mimétisme à tout va. C’est l’exemple même de la simplification abusive. L’importation de la Conférence Nationale (œuvre béninoise), loin de contribuer à résoudre quelques problèmes sociopolitiques au Tchad, n’a servi que de tremplin à certains arrivistes pour assouvir leurs basses aspirations. Déjà, l’affirmation de Khoulamallah selon laquelle « je préfère la mauvaise démocratie de Deby » est éloquente. Il veut revenir dans les grâces du monarque. 

Finalement, l'ultime question qui se pose est de savoir quelle réponse au déficit démocratique que nous observons depuis une douzaine d'années? Tirons la substantifique moelle de l'interrogation, méditons-en et lançons de vrais débats.

Lyadish AHMED

Université d'Orléans (FRANCE)

   lyadishahmed@yahoo.fr

PS: Bonne fête de fin d'année à tous.


                                                  24/12/2002
                   Une autre intervention sur le débat Koulamallah / ialtchad
Salut mes chers amis de la génération consciente, 
Cela fait un bon bout de temps que je consulte le site de ialtchad.com et grâce à celui-ci j'ai pu me faire à l'évidence que la jeunesse tchadienne est tout sauf une jeunesse qui accepte sans rechigner de cesser de se battre dans l'espoir d'un avenir meilleur.

Mon désarroi est très grand aujourd'hui - et c'est pourquoi j'interviens - quand je lis les propos du Président de l'UDT qui met en doute l'effort de cette jeunesse dont je fais partie en l'accusant de passer son temps sur le site pour ne parler que des problèmes Nord/Sud, à se lancer des propos incendiaires et surtout à ne proposer aucune solution pour la résolution des problèmes du Tchad. Pas moins!

J'aimerais attirer l'attention du président de l'UDT sur des faits qui devraient l'amener, lui en tant qu'ancien décideur de ce pays et tous les autres, à comprendre l'ampleur du mal qu'ils constituent pour mon pays:

1. La majorité des intervenants dans les débats sur ialtchad se trouvent être à l'étranger. Pourquoi est-ce que les tchadiens qui sont au Tchad n'y participent que de façon parcimonieuse?
Est-ce que Mr Koulamallah pense que c'est parce que ceux-ci n'ont rien à dire sur ce genre de débat ou croit-il comme moi que c'est parce que leurs conditions de vie n'ont pas aménagés pour qu'ils soient invités à pareille fête?
S'ils ne le sont pas, n'est ce pas parce que les tenants du pouvoir tchadien dans leur entièreté (de Tombalbaye à Déby) n'ont jamais compris que l'avenir de ce pays était toujours plus important que son présent et qu'il fallait aller au delà de la conception tribale du pouvoir qu'ils ont tous eu ou continuent par avoir en investissant dans le devenir de ce qui reste encore aujourd'hui à bâtir: une nation tchadienne?

2. Le Président de l'UDT prétend préférer la démocratie à la façon Déby à toute autre forme de dictature (belle phrase!). Peut-il me dire à quoi sert cette pseudo - liberté de façade quand on sait que l'avenir du pays se meurt?  Le système éducatif tchadien forme t-il - depuis 1990 - des gens assez compétents pour assurer la gestion de son patrimoine économique et culturel, sa survie?
Au contraire, à mon sens, le régime de Déby est à mon sens celui qui, de tous, a contribué le plus à opprimer les tchadiens. Loin de moi l'idée de faire l'apologie d'une quelconque tyrannie, mais n'est-ce pas le pire des crimes que de tuer chez nos plus jeunes frères tout simplement l'ESPOIR d'une vie meilleur en amenant ceux-ci à déserter leurs salles de classe parce que tout simplement l'éducation ne garantit plus l'avenir dans un pays aussi pauvre et traumatisé que le Tchad?

3. Que penser des contributions du genre de celles de mon petit frère Biaka Tedang qui accepte de prendre de son temps pour informer ses compatriotes (données économiques et statistiques à l'appui) sur ce qu'il pense être les dangers qui guettent le Tchad dans son envol vers l'ère pétrolière?
N'aurait-ce pas dû être là une tâche dévolue à nos soit disant "dirigeants"?
Mr. Koulamallah peut-il simplement me dire quelles sont les interventions radiodiffusées qui ont été faites par l'Assemblée Nationale Tchadienne ou même par le gouvernement sur la question pour alerter mes compatriotes et leur dire simplement que "cette manne" qu'est le pétrole tchadien ne sera pas éternelle et qu'il ne faudrait pas que ceux-ci en attendent à des miracles?

4. Les problèmes Nordistes/Sudistes ont été crées par la première génération politique et savamment entretenu par la sienne (même s'il prétend ne pas adhérer à cette dialectique). Nous autres n'avons eu le tort que de subir les affres de leurs politiques tribales depuis que nous étions petits, même si cela ne nous disculpe pas des travers dont nous avons pu être complices. 
Doit-on alors pourtant être tenus pour responsables de la survie de cette situation quand ce sont des "kleptocrates" et des incompétents qui ont la destinée de notre pays entre leurs mains et que pour seul moyen de conservation du pouvoir ils n'ont que la violence et la « terrorrisation »  de leur frères?

Je voudrais terminer mes propos en rappelant, comme ont dû le faire avant moi d'autres internautes, que la roue de l'histoire ne cessera jamais de tourner...
On a entendu parler de ce qui a été fait par nos grands-parents pour l’édification de ce pays, nous voyons aujourd'hui ce qui est réalisé par l'actuelle génération. Demain à notre tour nous serons jugés par nos enfants...
Par le biais de ialtchad.com et de tout les autres contacts que nous avons avec nos frères restés au pays et qui n'ont malheureusement pas la chance de voir ce qui se passe dans le reste du monde pendant que notre pays se meurt, livré à cette horde de prédateurs que nous connaissons tous aujourd'hui, nous nous frayons un chemin vers ce qui sera le Tchad de demain.

Il est des choses qui me semblent pardonnables et donc discutables, il en est d'autres par contre qui ne le méritent pas. L'insulte faite aux tentatives de mes congénères de créer ce de quoi nos aînés n'arrivent même plus à rêver est de cette dernière catégorie: un Tchad où simplement il ferait bon vivre!

Comme le souligne à chaque fois, mon ancien collègue de classe Zainal, Maximum respect

Gapili Pofinet Patrick, Sherbrooke (Canada)
gapofick@yahoo.com


                                               23/12/2002
                                      
Mon opinion sur le débat
Avant d'intervenir dans le débat lancé par Monsieur Abderaman sur le site Ialtchad. Je souhaiterais dire d'abord une chose. Que mon opinion soit perçue par tous comme celle d'un tchadien, qui intervient à un débat concernant son pays. Ceci dit, je vais essayer de donner mes opinions sur ce qui a été dit par les uns comme par les autres. Je commence par les interventions de Monsieur koulamallah.

Si j'ai bien compris son message, il demande d'une part que les tchadiens pardonnent les criminels, il soutient aussi que la démocratie dictatoriale instaurée par Déby est le meilleur système politique pour le moment au Tchad et il met en même temps un doute sur la capacité des autres tchadiens, particulièrement celle de la jeunesse tchadienne à proposer mieux.

D'autre part, il dit que les élections au Tchad sont une insulte, et qu'il doute que Déby ait la capacité de réconcilier tous les tchadiens ou en d'autres mots, qu'il ait la capacité de diriger le Tchad.

Ce que moi je pense, premièrement les criminels comme H.H doivent être poursuivis peu importe la juridiction devant laquelle ils seront traduits, mais il faut qu'ils soient jugés et condamnés pour les crimes commis. Donc, dans cette situation on ne peut demander aux gens qui ont été torturés, humiliés ou ceux qui ont vu toute leur famille décimée, de pardonner les auteurs de ces crimes sans qu'ils soient jugées et condamnés.

Pour ce que l'intervenant appelle la mauvaise démocratie de Déby ou son projet de réconciliation, je n'ai pas d'opinion à donner comme lui-même, il dit une chose et son contraire dans les deux interventions.

Pour les interventions des autres internautes, je pense qu'il y a beaucoup des gens qui interviennent de façon objectif et tout en donnant des idées intéressantes, même si je ne partage pas leur façon de faire c’est-à-dire l'anonymat de leur intervention. Par contre d'autres interviennent pour semer la confusion, bien qu'ils savent que les gens qui les lisent, connaissent autant le Tchad et son histoire qu’eux. Pour ces gens, je dirai que c'est le prix à payer par les autres pour la démocratie ou comme dirait un philosophe de l'antiquité, « la démocratie c'est un régime du désordre » chacun dit et fait ce qu’il veut. Cela ne veut pas dire que je partage le point de vue de ce philosophe et surtout pas dans une société contemporaine que nous connaissons. Je ne terminerai pas mon propos sans demander à tous les tchadiens où qu’ils se trouvent de mener des actions pour sauver le Tchad qui meurt à petit feu. S’ils ne peuvent pas le faire par les armes ou s’ils ne veulent pas le faire par les armes, qu’ils le fassent par des idées constructives.

Abdel-aziz Koulamallah
Tel: (613) 316 8398
E-mail : toukour36@hotmail.com
Ottawa / Ontario 


                                                 23/12/2002
                                                         Notes de passage

Les déclarations en rafale sur Ialtchad du leader de l'U.D.T sous la forme d'un coup de gueule(ce sont ses propos), n'a laissé personne indifférent. Je ne suis pas surpris du tout que ce coup de gueule inattendu s'était en fin de compte transformé en un boomerang avant de lui retomber sur la tête comme un véritable coup de... massue!.

   À propos justement de ce débat interminable et lassant qui oppose Abderaman K. et les autres internautes, je voudrais vous rappeler le caractère neutre, rassembleur et indépendant de notre site web à tous qu'est Ialtchad. Cet outil miracle des nouvelles technologies permet aujourd'hui à tous les tchadiens de toutes les origines, confessions religieuses et ethnies confondues, de se retrouver virtuellement afin d'exposer leurs points de vue, suggestions, questions et réponses aux problèmes qui minent notre pays depuis son indépendance. Mais malheureusement certaines personnes profitent de cette opportunité pour nous entraîner dans des discutions vides de sens, des attaques personnelles indirectes, des lamentations fortuites et une frustration intellectuelle à tous les niveaux.

   C'est comme si tout ce beau monde est convoqué dans un palais de justice où le Chef de l'U.D.T tente, par ses propos jugés par certains diffamatoires et déplacés, de se défendre face à des plaignants dont les commentaires et témoignages n'en finissent pas de nous dégoûter.

   Arrêtons, s'ils vous plait, cette "hémorragie" quand on sait que les divergences finissent toujours en queue de poissons. En sus, je vous rappelle qu'un débat similaire à celui-ci avait opposé, il y'a belle lurette, un autre K. à une autre personne sur un autre site web avant de tourner au vinaigre. À l'avenir, il faut Qu'Ialtchad limite les partis politiques et leurs représentants à leurs simples communiqués de presses et les interviews et non une intervention directe de ces derniers dans les rubriques Forums. Ialtchad n'est pas une vitrine d'un quelconque électorat à conquérir mais le lieu où une jeune génération de tchadiens veut débattre des sujets utiles.

   Comme le disait si bien Mr Boulanodji Édouard, mon professeur de mathématiques quand j'étais en sixième, je le cite: « À l'approche des fêtes (Tabaski ou noël), quand le partage et le pardon sont au rendez-vous, il est tout indiqué de revoir quelques notions d'étiquette et de savoir-vivre qu'on avait un peu reléguées aux oubliettes». Sur cette belle citation, je vous quitte en espérant que le débat continuera sainement.
À bon internaute, salut!.

Mahamat A. Moussa Wichemi
mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal / Canada.


                                                  21/12/2002
                                       Réponse à Mr Abderaman Koulamallah
   Mon précédent article a été modifié sans consentement par l'équipe Ialtchad. Il a été dépourvu de la saveur que je voudrais lui apporter. C'est ainsi que j'ai préféré demander son retrait. Est-ce que c'est un début de censure? l'équipe a cru que je voudrais faire une attaque personnelle à l'endroit de Abdraman Koulamallah. J'ai dépassé ce stade de lancer des flèches à une personne publiquement pour le nuire. Dans ce type de débat il faut prendre le taureau par les cornes pour provoquer un vrai dialogue et savoir les fonds des choses. Je ne confond pas le personnage et la personne. En politique, il ne faut pas tout prendre personnellement. C'est ça la force de caractère d'un bon politicien. J'ai déjà parlé de Deby, pas de sa personne, mais de Deby en tant que Président de la République du Tchad. Il ne va pas m'emprisonner s'il comprend le bien fondé d'être un Chef d'État. Il nous représente.  
   Quand à votre question de jugement des morts, oui si les victimes de Tombalbaye réclament une réparation, je suis d'accord. Il y a une trentaine d'années, l'Afrique n'a pas connu cette démocratie, cette liberté d'expression que nous connaissons aujourd'hui. Pas d'appui des ONG en matière de droit humain. Il faut commencer là ou on a encore les preuves de le démontrer. M Koulamallah a compris que le fils de Tombalbaye, Salomon a demandé pardon au nom de son feu père pendant la conférence nationale, bien que les actes de Tombalbaye ne lui (Salomon) soient imputés directement car ce n'est pas héréditaire. Il ne faut pas saluer la création du Frolinat car c'est de cette Frolinat que les problèmes Nord/Sud se sont accentués. Tous les tchadiens étaient victimes du régime de Tombalbaye. Au sud aussi, il a enterré des religieux vivant etc. Ce sont les sudistes qui ont organisés le coup d'état de 1975. Jugé Hissein Habré ou quiconque ne répond pas à la résolution globale des problèmes du Tchad, mais cela donnera du courage aux victimes d'actes de barbaries, que l'impunité ne vaut plus la chandelle. Les victimes peuvent croire désormais à une justice universelle.
   Quand à la question soulevé concernant la jeunesse tchadienne, il faut que nos aînés changent leurs façons de voir les choses. En partant du structure familiale, administrative, gouvernementale, les dirigeants (ou chefs) agissent de la même manière: la raison revient toujours au plus grand, et ce dernier refuse d'admettre ses erreurs. Chaque jeune peut me le confirmer dans son entourage. Si un jeune qui refuse de faire la courbette, alors il est marginalisé. Cette façon traditionnelle de faire ne nous aident pas dans l'application du système administratif occidental. Il faut ouvrir le cercle aux jeunes à tous les niveaux dans la société. Accepter leurs idées et si possible rectifier en utilisant la sagesse et l'expérience de l'aîné et l'aider à marcher comme un nouveau-né. Ils sont abandonnés à leur destin, c'est grâce à leur courage et détermination que beaucoup se sont évadés de la " prison collective" pour aller chercher leurs diplômes ou trouver des conditions meilleures dans d'autres pays. On dit que "on est mieux que chez soi" et pourtant cette fuite de cerveaux démontre que l'État ne fait rien pour arrêter l'hémorragie.
   Il faut négocier avec les bailleurs de fonds pour construire les universités, les instituts, les écoles, les hôpitaux, les habitats sociaux, les routes, le chemin de fer pour faciliter les transport des marchandises et voyageurs, le transport aérien etc. Tous ces biens seront les héritages que tout le pays peut en profiter durant l'ère pétrolière ou post-pétrolière. N'oublions pas que le pétrole finiras un jour. Pour un début, former le personnel à l'étranger est raisonnable et c'est une solution temporaire. Il faut intégrer cette jeunesse à la fonction publique, dans les institutions internationales, régionales etc. Il faut préparer une prélève à temps au lieu d'attendre. Les solutions pour créer un climat de confiance et de fierté chez cette jeunesse sont nombreuses, mais l'Etat feint de les ignorer et cherche à les pousser vers l'agonie. C'est ignoble de constater que les étrangers viennent occuper des postes qui doivent revenir de droit aux jeunes tchadiens dans leur propre pays. Je ne suis pas xénophobe, mais c'est une triste réalité, sous prétexte qu'il manque des jeunes qualifiés. La qualification ne tombe pas du ciel. Il faut se prendre à temps pour les former, éviter de les pousser vers l'exil. Ces deux paramètres doivent être revus par nos dirigeants s'ils sont conscients des problèmes de la jeunesse.

   Pour finir, les débats sur ialtchad sont importants seulement s'ils suscitent l'intérêt collectif de soulever des problèmes, proposer des solutions et finaliser les idées. Le dernier tronçon revient aux décideurs comme M Abdraman Koulamallah. Il a soulevé un problème, les propositions sont venus de partout, alors il se charge aussi de transmettre à ses collègues ces solutions. L'action doit soutenir tout les débats à intérêt collectif. J'invite aussi les autres décideurs de suivre son exemple pour nous dévoiler comment ils voient les choses et nous pouvons les aider à réajuster leurs tirs humblement et avec courtoisie. Préparez avec nous notre avenir et celui de vos enfants.

Ramadji Naorgue


                                                 21/12/2002
                                                      La mémoire négative
   Mon point de vue sur le fameux "septembre noir" et la réaction légitime de certains compatriotes m'impulse à revenir sur ce même sujet. En effet, j'ai dit à Kaar Kaas Sonn de ne point verser trop des larmes car, comme dit G. LE BON, «gémir sur le passé fait appel à d'autres souffrances». Mais heureux fus-je d'apprendre qu'il existe d'autres tchadiens plus décidés que jamais à commémorer leur "septembre noir", au besoin en faisant porter le licou de la force à ceux qui ne se joignent pas à leur deuil. «Tu n'es pas endeuillé comme nous, tu es contre nous. Tu es même responsable de notre deuil», voilà en substance ce que veulent les acabits d'un Félix (Le tchadien) qui me trouve comme étant «le produit des accusations». Probablement mon courageux compatriote Félix a dit tout haut ce que d'autres disent tout bas: tout «Doum» ou supposé tel est responsable de toute exaction perpétrée au Sud du pays! L'on va au-delà pour affirmer que tout enfant du Nord est «un produit des accusations» et voilà la mémoire négative chère au rwandais. 
   En effet, un jour, un Tutsi donna une vache (en cadeau) à un Hutu. En bon agriculteur le Hutu jugea mieux d'abattre son ovidé pour compléter sa ration alimentaire faite de céréales. Quoi de plus normal! Mais pour le bienfaiteur Tutsi, quel affront de voir son ami Hutu tuer l'animal qui, normalement, devait vivre et témoigner une amitié durable! Alors le tutsi demanda la «restitium at intégrum» de la vache. A défaut de vache l'ancêtre des Hutu se constitua serf au service du tutsi. Mais il interdit aux siens et ses descendances d'accepter désormais tout cadeau en nature provenant d'un tutsi. Cette méfiance que j'appelle «mémoire négative» fut entretenue jusqu'en 1994 pour aboutir à ce que tout le monde sait: Le génocide!!!
   Beaucoup d'hommes, d'un ton jubilatoire, affirment leur appartenance à la grande jeunesse du Tchad prompte à enterrer les cruautés indicibles de leurs aînés pour une vie symbiotique. Mais hélas peu possèdent effectivement cet engouement. Sinon comment comprendre cet acharnement de certains à trouver en toute opinion opposé une dérivé synthétique voire biologique des auteurs des crimes infâmes? Et d'ailleurs est-ce "le septembre noir" a-t-il vraiment existé? Le doute n'est pas hypocrite car la perplexité est grande parce que ceux qui se disent victime de ce fumeux événement ne connaissent même pas leurs agresseurs et semblent confondre non seulement d'hommes mais de générations! Ma soif incoercible de connaître davantage est alors subitement entraver par l'amalgame que font les humbles pleureurs du dudit événement! Le pain sur la planche est gros, rugueux et voire insapide puisque les "victimes", comme emportés par un torrent en furie, s'accrochent aussi bien sur les branches épineuses (auteurs) que celles inoffensives (nous les autres). La vérité reste un mensonge!!!!

Djiddi Ali Sougoudi


                                                  20/12/2002
                      Réponse à Félix R, Mahamat Abakar, Ramadji Naorgue

Chers amis,
 
Je tiens à remercier Félix, Mahamat Abakar et Ramadji pour leur réaction à ma réflexion sur le Tchad.

Je ne tiens pas à répondre point par point, j’ai donné mon avis ils ont donné les leurs, il appartient aux internautes de juger nos propos et ce que cela leur inspire.

Néanmoins je tiens à apporter quelques précisions : Loin de moi l’idée de faire l’apologie des crimes de Hissein Habré, ni de défendre le pouvoir de Idriss DEBY. Je dis simplement qu’il n’est pas acceptable de juger seulement Hissein Habré comme le seul et unique dictateur de toute l’histoire politique du Tchad. D’autres chef d’Etat ont commis des crimes de sang dans l’exercice de leur pouvoir et instauré des régimes dictatoriaux qui ont empêché l’instauration de la démocratie. Parmi eux j’ai cité un des plus  illustres : N'garta TOMBALBAYE.

                       

Son fils Salamon Tombalbaye, avec un courage exemplaire a, lors de la Conférence Nationale Souveraine, demandé pardon à toutes les victimes de son père.

 

Cette même Conférence a réhabilité Tombalbaye, j’étais présent à la conférence et je ne me suis pas opposé à cette réhabilitation  mais j’avais à l’époque rendu hommage dans mon discours à ceux qui ont lutté contre ce dictateur et surtout le plus illustres d’entre eux Ibrahim Abatcha fondateur de du Front de Libération Nationale du Tchad.

 

J’ai voulu  par ce geste témoigner en faveur des victimes de Tombalbaye. 

 

Pour toi Ramadji tu estimes que l’on ne doit pas juger un mort. Ainsi selon ta logique et toute proportion gardée bien sûr, on ne doit pas juger Hitler par ce qu’il est mort en fonction, ni Staline parce qu’il n’est plus en vie et demain on doit arrêter de dénoncer les crimes de Hissein Habré s’il venait à disparaître ? Mais alors où est le devoir de mémoire ? Que devons nous laisser comme témoignage aux générations futures ? Devons nous leur dire la vérité ou occulter une partie et dénoncer une autre ?

 

En Afrique du Sud à la fin du régime inique de l'apartheid, une commission Vérité et Réconciliation a été mise en place pour faire la lumière sur les crimes et horreur de ce régime mais dans un esprit de réconciliation pour que cela n'arrive plus jamais. je suggère qu'au Tchad nous nous dirigeons vers cette voie. Mais cela est mon opinion et l'exprimer n'est pas se rendre complice d'une dictature qui a brisé la vie du jeune militant que j'étais.

 

Je ne suis pas partisan de Habré, lorsqu’il a pris le pouvoir, je me suis exilé durant sept années de ma vie et j’avais 24 ans. C’est vrai que j’ai rallié son pouvoir 9 mois avant sa chute mais je ne me suis jamais senti lié par sa politique, ni approuvé les actes de barbarie que son pouvoir a pu commettre.

 

Quant à Idriss Déby nos relations ont été plus compliquées, j’ai été d’abord son opposant puisque j’ai été porte-parole de l’opposition. Ensuite j’ai été son allié et deux fois son Ministre.

 

J’entretiens des relations difficiles avec le MPS et lors des dernières législatives, nous avons échangé des propos violents mais je demeure toujours proche de Idriss Deby tant sur le plan personnel que politique même si en ce moment je me pose sérieusement des questions sur sa capacité de réconcilier et de rassembler les Tchadiens.

 

La domination écrasante du MPS à l’assemblée Nationale est une insulte au bon sens et à l’intelligence des tchadiens. Le risque est grand de voir désormais les tchadiens se tourner vers les stratégies de lutte armée car pour eux la voie démocratique est bouchée.

Aujourd’hui si vous n’êtes pas MPS vous ne pourrez faire de la politique, à moins de choisir la voie de l’opposition radicale qui est loin d’être ma tasse de thé ou de la lutte armée qui pour moi est inenvisageable car sans issue. J’estime que «tout ce qui est excessif est insignifiant » !

 

Il ne reste plus qu’à persévérer le processus démocratique actuel avec ses insuffisances, les fraudes massives des élections et donc la perversion de l’expression du suffrage du peuple souverain.

 

« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent »

 

Le 1er décembre 1990 lors de sa prise de pouvoir le MPS n’était pas si prêt pour la démocratie mais face à eux des hommes et des femmes aux mains nues ont lutté pour instaurer un processus démocratique et une liberté d’expression, l’une des mieux assurée en Afrique. Cela c’est une conquête du peuple tchadien et non un cadeau.

 

D’autres conquêtes attendent la jeunesse tchadienne !

 

 On ne vous reprochera jamais d’avoir échoué mais de ne pas avoir osé !

Abderaman Koulamallah


                                                20/12/2002
                                           Réponse au président de l'UDT
Bonjour à tous
,
C'est en réponse au président de l'Union Démocratique Tchadienne, Mr Abdraman Koulamallah, que je voudrai porter mon coup de gueule.

  Lorsque j'ai lu son article j'ai été surpris par les propos de ce monsieur qui se veut nommer politicien. Commençant ses propos par qualifier la jeunesse tchadienne d'être un peu rétrograde, Mr Koulamallah devrait comprendre que si aujourd'hui il y a une tribune où les jeunes peuvent s'exprimer librement sans subir aucun sévices corporel, où les problèmes concernant notre pays sont dévoilés sans tabou, ,je crois qu'il faut d'abord féliciter cette jeunesse consciente de son passé, cette jeunesse qui sait son rôle dans le débat politique national. Il est vrai si elle ne réussit tout de même pas à proposer une ou des solutions à la crise actuelle de notre Tchad ce n'est pas par manque de proposition c'est tout simplement une question de temps.

  Abordant les problèmes politiques Mr Koulamallah a, et je suis de son avis, bien souligné le manque de démocratie, de liberté d'expression causes aujourd'hui de beaucoup de maux tels que la fuite des cerveaux(même s'il faut comprendre cela comme lier à une certaine crise économique interne), des assassinats politiques, et aussi des emprisonnements des hommes d'opinions avec tout ce que cela engendre. Mais là où je ne comprends pas le président de l'UDT, c'est lorsqu'il dit qu"aujourd'hui je préfère la mauvaise démocratie de Idriss Deby à n'importe quelle dictature passée où à venir". Il me semble là, et nous serons tous d'accord, qu'il y a une contradiction et un manque de lucidité dans l'esprit de ce monsieur. Comment quelqu'un peut-il tout d'abord condamner le manque de liberté d'expression et qu'ensuite accepter le même régime qui l'empêche d'étaler ses opinions comme bon lui semble sous contrainte d'être châtier? En quoi est-ce que cette "mauvaise démocratie" diffère-t-elle de la dictature? De même je me demande si" mauvaise démocratie" ne signifie pas aussi dictature(je pense que c'est un jeu de mots auquel se livre Mr Koulamallah).

  Toujours dans le même ordre d'idée un homme politique français du nom de Raymond Aaron disait "une nation qui marginalise ses élites est appelée à la déchéance". Si notre cher pays continue à être gouverné par un régime antidémocratique, vaut mieux pour nous tchadiens de prier Dieu afin de ne pas assister à cette déchéance dont parlait tantôt Mr Aaron et qui est supporté par notre frère Koulamallah. A ce niveau je crois que monsieur le président a bien compris que la jeunesse tchadienne n'est pas ce qu'il croit être.

  Je voudrai aussi souligné un passage du même article où le chef de l'UDT dit ne pas comprendre pourquoi les gens s'acharnent-ils à vouloir voir Mr Habré passé devant la barre mais en contre partie il demande le pardon ou alors le jugement de tous ceux qui ont commis l'injustice. C'est une option mais quand un homme est opprimé jusqu'au plus profond de lui-même et de sa famille il ne peut pardonner pour rien que ce soit sans avoir vu ses bourreaux jugés. Tout homme a droit à la justice et tant que les portes des tribunaux seront ouvertes aux opprimés et tant que le Droit de l'Homme continue à exister il est souhaitables que tous les victimes de régimes passé ou futur trouvent réparation. Aujourd'hui c'est H.H. qui est visé mais l'action ne s'arrêtera pas là.

 Enfin je demanderai à ce que Mr Koulamallah puisse nous dire son projet pour le Tchad en tant que futur candidat à la magistrature suprême à part le fait d'organiser un forum de réconciliation à la sud-africaine qui est à mon avis loin de refléter notre contexte national.

Je souhaite une bonne fin d'année à tous mes compatriotes et que l'année suivante puisse trouver notre Tchad libéré de cette torpeur et de cette indignité dont il est victime.

PS. Il vient d'être créer un journal de la diaspora tchadienne au Bénin du nom de "iyaltchad" et que vous pouvez consulter sur le site:http://site.voila.fr/ladiaspora. J'invite tout le monde à le visiter. Merci.

Oumar Barkai, Cotonou / Bénin


                                               20/12/2002
                                   
Koulamallah n'est pas au bon endroit!
   J'ai lu l'intégralité de l'article de Monsieur le parlementaire. Sa modeste ou médiocre contribution ne peut laisser la jeunesse tchadienne indifférente. Avant tout, je tiens à le féliciter pour le courage et l'audace qu'il a eu à demander un débat avec la jeunesse bien qu'il l' accuse de ne pouvoir élaborer un projet sociétal digne de foi. Aussi, je tiens à lui tirer mon chapeau pour la création d'un site pour promouvoir son parti même si ce dernier est plus folklorique que visant à se préoccuper des problèmes des jeunes. Car cette jeunesse serait plus fière et digne de voir Mr Khoulamallah lui montrer les photos des écoles et hôpitaux délabrés du Tchad que des images avec le Président Bongo même si tout le monde sait la traduction de ce genre de rencontre qui souvent se solde par une remise d'enveloppe destinée à la promotion de l'élégance (achat d'une veste pour parcourir les rues de N'djamena jonchées de jeunes laisser pour compte).

   Sauf que Monsieur Khoulamallah n'est pas au bon endroit. Le site ialtchad comparativement à beaucoup de sites parlant des problèmes du pays est un site très enrichissant ou la transparence, l'impartialité (même si elle n'est pas trop cultivée aujourd'hui) sont de mise. Et si Abdraman a pris le temps de lire tous les articles sur ialtchad.com, il se serait poser beaucoup de questions afin de s'instruire davantage avant de lancer des propos assez déplacés concernant les intervenants sur ce site qu'ils considèrent prêts à se lancer à de " vulgaire combat de chiffonnier". Qu'il essaie d'approcher Biaka, Félix, Malloumi, Haggar, Zain-al Abine, Mandekor, Bruno pour qu'ils l'aident modestement à savoir ce que c'est qu'un débat intellectuel et intelligent ou dans le respect total, ces jeunes (ayant suivi ne fut-ce que le cursus scolaire normal) ont et continuent d'échanger modestement ce qu'ils ont appris à l'école et vécu tout au long de leur vie. Sinon il suivra fièrement le chemin des autres opposants ou hommes politiques tchadiens qui l'ont précèdes et pour qui faire un débat ou la politique se résume à des communiqués de presse rédigés de manière oiseuse ou les fautes grammaticales, d'orthographes, fautes de syntaxe sont légion. Car il doit savoir que sur ce site, les mauvais grains tombent d'eux-mêmes.

   Par ailleurs, je voudrais revenir brièvement sur son article pour lui rafraîchir la cervelle comme a essayer de faire Félix sans rejeter en bloc tout le contenu de celui-ci.
   En effet, Je suis parfaitement d'accord que la guerre n'a jamais rien résolu mais à quoi servira une conférence à la sud-africaine " vérité-réconciliation". La conférence nationale n'était pas suffisante pour que les tchadiens puissent discuter des problèmes réels qu'ils traversent. On sait à quoi cela à servi. Au moment où on brûlait les armes en N'djamena, le sud du pays étaient en flamme ou des villages et ses habitants ont cessé d'exister sous l'œil nargueur des dirigeants et autres opposants. C'est cela préférer, " La démocratie de Deby que toute autre dictature" même si mon cher grand frère, je me rappelle quand j'avais 12 ans (l'age fétiche de mon ami Wichemi) tu étais un des principaux sensibilisateur de l'UNIR qui était une dictature. A moins que la notion de dictature aurait changé de définition entre 1982 et 1990. C'est bien dommage que la jeunesse pensait plus à la révolution et à la révolte il y a 12 ans que de nos jours ou les éléments révoltants deviennent de plus en plus patents. Le fils de ceux que Félix a cité dans son article: "Téne Behidi, Dadi, Toigoïmi, Miskine, Outel Bono, Dr Farris, Dr Mendekor, Dr Ndem, Gueti , Koti Abas, Goukouni guet" qui avaient 12 ans ou ont 12 ans aujourd'hui sont ils prêts à oublier les dictatures de Tombalbaye, Hissein ou la démocratie de Deby. Le fils de Bisso Mamadou qui a vu son père exécuté devant lui quand il venait de naître et (qui a 12 ans aujourd'hui j'imagine) ne diabolisera pas davantage Deby... S'il vous plait...

   Ce que Mr Koulamallah doit savoir, c'est que l'avenir, l'histoire, Allah sont les principaux juges. Les jeunes ont tout compris du jeu auquel nos semblants de dirigeants, d'opposants se lancent même si Koulamallah a eu le courage de se confesser dans le passage de son écrit en soulignant: " s'il est vrai que nous dirigeants de ce pays ....avons plus pratiqué la politique du ventre...." et du folklore, du clientélisme, du détournement, d'enrichissement illicite. Cette jeunesse qui s'évertue au débat sur www.ialchad.com prendra la relève. Sauf que vous tous qui avez " léchez les bottes" (je m'excuse ce sont tes propres propos) et continue à le faire, devriez leur concéder la place même provisoirement en repartant vous recycler, ou étudier comme le fait modestement certains, car la mondialisation de l'économie demande une nouvelle approche du débat tant au niveau national qu'international. Et donc, le Tchad a plus besoin des jeunes instruits et intègrent pour décoller.

L'avenir du Tchad est entre les mains des jeunes.

Alio Barka


                                                18/12/2002
                                          
          Terrible confession
   Décidément, il y a encore des Tchadiens qui n’ont rien compris ou peut être qu’ils ne veulent tout simplement rien comprendre. J’ose même croire qu’ils se moquent éperdument du malheur que nous vivons jusque-là. Car le lieu où certains se trouvent ne leur permet pas sans doute de jauger sérieusement l’impact des mots qu’ils utilisent pour parler de leur cher pays. 

   Mais tout cela ne m’écœure pas. Ce qui m’écœure le plus, c’est le statu-quo dans lequel s’enferment ces frères. C’est aussi la narration sans fin du régime de HH.

   Durant 12 ans, ces messieurs et dames, comme d’ailleurs toutes leurs presses et même leurs mômes de 12 ans à l’époque, n’ont cessé une seconde de rafraîchir la mémoire de nos compatriotes sur ce qui s’est passé au temps de HH. Pire, ils en ont tellement rajouté que cela les ridiculise finalement. Comme dit un proverbe bien de chez nous : « Tes affaires met les dans une caisse et ferme-la à clef. Celles des autres expose-les à la place du marché »

  
Aujourd’hui, certains, toute honte bue, nous demandent de légitimer subitement le Président Idriss Déby. Je ne peux m’empêcher de leur poser quelques petites questions :

    1.  Le Président Idriss Déby n’est donc pas légitime selon vous ?

    2.  Pour quelle raison doit-on le légitimer subitement ? Pourquoi ne pas le faire en connaissance
         de causes ? Se baser sur son bilan par exemple.

    3.  En tant que « chantre de la démocratie tchadienne », Idriss Déby ne devrait-il pas respecter la
         constitution en se limitant aux nombres de mandats autorisés ?

    4.  Vous justifiez votre choix par le fait qu’il manque un homme à la hauteur des problèmes
         actuels de notre pays. Nous avions bien relevé votre empressement de raviver en nous le
         sinistre Président à vie HH. Dites-nous dans ce contexte démocratique précis, quel est le
         rapport avec HH ?

   Idriss Déby et vous aviez échoué lamentablement sur tout le plan : politique, économique, social et militaire. Le Tchad est actuellement par terre. Ses filles et fils s’exilent chaque jour. Vous aviez fait le vide autour de vous en assassinant lâchement des hommes compétents et patriotes. Youssouf Togoïmi est votre dernier crime politique en date.

   Il n’est donc pas étonnant dans ce contexte que de foyers de rébellion armée se soient
développés à travers tout le pays, acculant le régime clanique et mafieux de N'djamena à une fuite en avant désespérée, tuant sauvagement de paisibles citoyens sans défense sous prétexte de soutien à la Rébellion, empoisonnant de puits rares en zone désertique, incendiant de palmeraies et de villages, abattant d’animaux domestiques. Mais les mouvements rebelles gagnent chaque jour du terrain et les jours du régime Déby sont comptés.

   Ainsi, l’éventualité que l’ancien Président tchadien Hissein Habré puisse, dans l’ère post Déby, redevenir l’un des acteurs de la scène politique au Tchad dans un contexte démocratique nouveau, affole ces messieurs qui craignent sérieusement que leurs ambitions personnelles soient compromises.

   Aujourd’hui, Déby ne s’aventure plus des jours durant à Abéché, Faya et ailleurs. Il s’est replié sur N’djaména. Décidément le début de la fin a bien commencé pour vous.

Maximum de respect comme disait un frère.
Mahamat Abakar
Mahamat.abakar@caramail.com


                                                16/12/2002
                                             
Abdraman KOULAMALLAH
                       Président de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT)

Bonjour chers amis
,
C’est avec beaucoup de surprise que j’ai découvert votre site qui est plaisant et facile à parcourir  avec une belle banque de données susceptible de nous aider tous.

Votre rubrique consacrée aux internautes qui donnent leur point de vue sur le Tchad et peuplée de propos incendiaires et quelques fois ne font pas avancer le débat politique et social. Internet doit être un outil positif de communication pour la confrontation des idées.

La jeunesse tchadienne est déçue à juste titre des hommes politiques qu’elle accuse de corruption et de « lèche botte ». Que propose t- elle car dans dix ans et peut être même avant ceux qui critiquent et s’opposent seront ceux là même qui dirigeront le pays ?

 

Alors quelles sont leurs propositions d’avenir et non pas de déverser dans  l’éternel et inutile débat des nordistes et des sudistes, des musulmans et chrétiens, des partisans de différents chefs de guerre en exil ou militants de partis politiques opposés qui  se déchirent dans des invectives négatives sans fondement frisant les attaques personnelles.

 

Donnons un autre sens à la politique et posons le véritable problème de l’avenir de notre pays prisonnier encore de la vision tribaliste du pouvoir. Notre démocratie encore balbutiante et qui doit se battre tous les jours pour contrer les relents dictatoriaux de nos dirigeants qui brandissent le Kalachnikov chaque fois que les intellectuels, les cadres et les politiques brandissent eux leurs convictions et leur vision d’un Tchad libre et démocratique !

 

S’il est vrai que nous qui avons été des dirigeants de ce pays, ministres, députés, chefs de partis politiques avons plus pratiqué la politique du ventre que la joie de servir un peuple, le peuple tchadien victime de la guerre et des injustices de toutes sortes, je peux affirmer que la jeunesse actuelle se préoccupe également d’un certain carriérisme que de s’affirmer dans une lutte véritablement nationale.

 

Les partis politiques, les forces politico-militaires que rejoignent massivement  ces jeunes ne sont hélas que le reflet des ethnies et des tributs. Triste constat qui fera bondir vos jeunes internautes mais c’est hélas la triste réalité.

 

Sommes-nous capables de refuser les logiques de guerre et de destruction ? Quand je vois des jeunes tchadiens se lancer à corps perdus dans la création d’opposition armées hétéroclites et vouées à la dégénérescence, je suis perdu et profondément déçu qu’à l’heure d’Internet, on utilise encore cet outil pour lancer des slogans de haine et de destruction.

 

Je reste convaincu que seul le dialogue peut apporter la paix ! Les armes n’ont jamais rien réglées, sinon en plus de trente ans de conflit armé, s’il y avait une issue par ce moyen on s’en serait déjà aperçu.

 

La prolifération incroyable des mouvements politico-militaires plus fantaisistes les uns que les autres est tout simplement lamentable. Les luttes armées n’ont généré que la dictature, la destruction et la consécration de l’ethnie comme moyen de promotion sociale.

 

Je milite pour la réconciliation des tchadiens en mettant en place une commission comme en Afrique du Sud «  vérité et réconciliation » pour affirmer le passé et pour qu’il soit présent dans notre mémoire collective et la réconciliation nationale qui suppose de pardonner à tout le monde.

Ce n’est pas en cherchant à poursuivre Hissein Habré qu’on réglera le problème du Tchad, il n’a pas été le premier dictateur au Tchad avant lui Tombalbaye a aussi tué et massacré des milliers de tchadiens et empêché pendant dix huit ans l’émergence d’une démocratie au Tchad au contraire Tombalbaye a mis fin à l’expérience démocratique des premières heures de l’Indépendance Nationale. Pourquoi notre devoir de mémoire s’arrêterait t-elle seulement à Hissein Habré ? Je ne suis pas d’accord !

 

Si nous devons oublier, oublions tout. Si nous devons juger, jugeons tout ! Voilà le courage en politique.

 

Aujourd’hui  je préfère la mauvaise démocratie de Idriss DEBY à n’importe quelle bonne dictature passée ou à venir.

 

La liberté au Tchad n’est pas un cadeau du MPS mais une conquête du peuple tchadien !

 

Voilà ma modeste contribution à un débat qui je l’espère sera ouvert à la confrontation des idées et non à devenir un vulgaire combat de chiffonnier

Abdraman KOULAMALLAH
Président de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT)
Site de l’UDT : www.maxpages.com/udt1tchad
udt_tchad@hotmail.com


                                             12/12/2002
              Et si brusquement, on arrête de "diaboliser" Idriss Deby?
   Comme dans un verset biblique, un beau soir d'avril 1989, des tchadiens qui aiment leur pays et bien connus de la société civile s'étaient levés comme une seule personne et auraient déclaré solennellement ceci: «la nuit avance, le jour approche, dépouillons-nous des oeuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumières». Parmi ce groupe d'individus figurait un certain Idriss Deby, jeune recru de l'armée, déjà Com-chef et décoré de tous les honneurs. En ces temps, nous vivions dans une dictature implacable où « les œuvres des ténèbres » étaient symboli sés par un seul homme, où les mots démocratie, multipartisme et liberté n'existaient nulle part dans le vocabulaire des tchadiens. Un coup d'Etat manqué avait bien eu lieu ce soir-là. Les mutins ont alors tranquillement pris les routes de la rébellion. N'ont-ils pas payés de leur sang quand les F.A.N.T et leurs ouailles s'étaient mis à leurs trousses avant de se rétracter un peu plus loin?.
   En cette même année 1989, je venais à peine de fêter mes 12 ans. Le mur de Berlin s'écroulera exactement le 09 novembre et emportera avec lui toutes les dictatures du bloc communiste. Comme tous les adolescents tchadiens de mon âge pris en tenaille dans un pays aux lendemains incertains où le peuple ne chante que le culte de la personnalité, au contraire moi je rêvais de révolte, de changement et de liberté. C'est pour vous dire combien le putsch raté de Deby et ses acolytes, bien avant qu'ils ne reviennent prendre le pouvoir en décembre 90, était à mes yeux une vraie mini-révolution qui arriva à un point nommé puisque le tiers-monde est partout en ébullition. Ce changement brusque de cap d'une démagogie stagnante vers l'ouverture d'une mentalité démocratique marqua l'histoire de notre pays. Je ne suis pas un supporter du gouvernement actuel, je ne dis pas non plus que ce régime est blanc comme le linceul mais comment nier abruptement 12 ans de gouvernance sans reconnaître, parler et débattre des côtés positifs qu'accomplissent sur le terrain des compatriotes engagés et fidèles aux règlements de notre démocratie encore balbutiante?.
   Le Tchad n'est pas la Somalie, nous avons des institutions qui fonctionnent, les gens vaquent quotidiennement à leurs occupations, la jeunesse dit haut et fort ce qu'elle en pense et manifeste fortement ses revendications. Seule ombre au tableau: la guerre fratricide qui ne finit jamais de nous démolir. En 30 ans de conflit nous n'avons encore enregistré aucun martyr digne de ce nom. Pourquoi alors «diaboliser» un président en place quand on sait que sa relève dans l'état actuel des choses n'est même pas assurée. En prenant le pouvoir à N'djamena, Idriss Deby avait fait face à un scénario désolant c'est-à-dire que pour lui le spectacle de la victoire était plus pénible à supporter que celui de la guerre. Une caisse de l'Etat vide, des archives détruites, des biens de l'Etat pillés ou mis à sac et le spectre des survivants de la D.D.S hante encore nos esprits. Mais le président a compris dès les premières heures de son entrée en fonction une chose... qu'une force dévient mouvement dès qu'elle entre en transe et se développe dans sa durée.
   Notre président est -il aussi un mauvais gestionnaire, un irresponsable et parfois sanguinaire comme nous le décrivent assez souvent ses détracteurs?. Je pense que non. Au fil des ans, l'homme politique qu'est Idriss Deby s'est métamorphosé en un véritable chef d'Etat au point de surprendre le plus habile de ses adversaires. Ce n'est plus ce jeune militaire en treillis, la mine déconfite par les affres du maquis et qui nous promettait en ce soir de décembre 1990 « ni or, ni argent mais la démocratie». Voulez-vous me faire croire qu'en 12 ans de pouvoir(le deuxième en importance après celui de feu Tombalbaye), cet homme n'a rien apporté à notre pays?. D'hommage mais il est hypocrite de croire le contraire. Permettez-moi de m'en prendre vigoureusement contre nos hommes politiques de l'opposition qui sont sur place au pays et qui brillent par leur absence remarquable. C'est comme si on les entends à peine s'exprimer alors qu'ils ont le droit. L'être humain(symbolisé ici par l'opposition) a du mal à accepter et en découdre pacifiquement avec la réalité(représenté ici par le pouvoir) et l'art de la politique de la chaise vide en est la meilleure solution. L'opposition fait l'apanage d'un manque de réalisme dépravant. Idriss Deby était dès le départ muni d'un désir de changement et pour y parvenir, il lui a fallu surmonter bien des obstacles, dans un contexte politique différent. Qu'attendent-ils pour descendre vraiment dans l'arène du jeu et nous faire apporter un autre changement digne d'une autre époque?.
   Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y'a un chemin à parcourir et il faut le parcourir mais il n'y a pas de voyageurs. Des actes sont accomplis mais il n'y a pas d'acteurs. Il faut cependant penser peut-être à une logique de laisser-aller inventée par Idriss Deby vis-à-vis de ses opposants qui permettrait de maintenir en place les incompétents, les inutiles et les nuisibles. Si c'est le cas, il revient au peuple de comprendre l'imposture afin d'élire la bonne opposition à la bonne place. C'est pourquoi je parie sur la puissance de l'idéal démocratique. Le Tchad est un pays certes, recalé, mais apte aux nouveaux changements. Il changera, pour cela donnons la priorité à l'union et à la réconciliation.
   Pour terminer, je voudrais rajouter que longtemps Hisseine Habré était persuadé que sa seule autorité doit l'emporter sur toute autre considération puisqu'il était le Chef (se prenait-il pour un président à vie?.) allant jusqu'à refuser de voir les dangers qui le guettaient dans l'entourage de son Com-chef de l'époque(qui n'est autre que l'actuel président). Il adopta d'emblée l'attitude d'un dictateur gâté sans s'aviser que ses ennemis aux aguets ne manqueront pas d'exploiter les fautes qu'il commettra. Idriss Deby se prêtera t-il au même jeu?, lui qui n'a jusqu'à là fait rien que le contraire de ce qu'avait accompli son tristement célèbre prédécesseur.
 Le peuple est un observateur averti. À chacun son point de vue. À bon internaute, salut!.

Mahamat A. Moussa Wichemi
mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal (Canada).


                                                18/11/2002
                                  
Réaction à Mbaïrounga Lucien
   J'ai lu avec une attention particulière les critiques rationnelles et raisonnables de mon cher compatriote Mbaïrounga. Objectivement, je pense que ces critiques sont fondées et m'ont obligé à faire des retouches dans mon article. Je le remercie sincèrement pour tout cela.
   Mais mon intuition fondamentale reste la même. Celle de montrer que nous devons aller plus loin qu'une simple justice rétributive, celle qui consiste à réparer les torts bien que, dans le cas de Habré, cette réparation est capitale. Mon souci est donc de montrer les éléments suivants:
D'abord inviter les gens à relire les causes historiques des actes barbares de Habré et de tous ceux qui nous ont dirigés. Les frustrations, les humiliations, les injustices dont étaient victimes nos compatriotes du nord pendant le règne de Tombalmbaye sont historiquement vraies. Mais il ne faut pas oublier que ceux du sud aussi avaient payé un lourd tribut pendant ce règne. Je n'avais pas fait ressortir clairement cet aspect. De ce fait, je remercie sincèrement Mbaïrounga pour son complément qui apporte des éléments historiques fondés.
   Ensuite bien situer le débat et bien montrer la direction que nous devons prendre par rapport à cette question de justice si nous voulons qu'elle nous soit effectivement utile. En lisant les articles, les journaux et autres, je me suis rendu compte que les gens s'arrêtaient simplement à la question de réparation que Habré, en tant qu'individu, doit effectuer. Je répète avec force, que les actes inhumains qu'il avait posés, il les avait posés en tant qu'individu et en tant que Chef de l'Etat. C'est un élément qui me paraît capital. Il ne faut pas oublier cela dans le processus judiciaire. Ce n'est pas pour le laver de tout ce qu'il avait fait. Bien sûr, il a son tempérament, son caractère, mais s'il devait être condamné, il faut qu'il le soit en tant qu'individu et en tant qu'Etat. Le contexte historique que j'ai montré aide à comprendre les raisons qui avaient motivé ses actes.
   Ceci étant, il faut souligner avec force que les nouveaux paradigmes sont nés aujourd'hui. L'information, le marché et la civilisation sont les paradigmes les plus représentatifs. Mais je voulais évoquer le dernier pour le cas de notre pays quitte à revenir sur les autres prochainement. J'évoque particulièrement ce paradigme pour deux raisons principales. D'abord parce que nous sommes dans un monde qui admet radicalement le pluralisme dont l'élément clé demeure la tolérance. Ensuite parce que la question de l'identité est devenue une préoccupation majeure de notre siècle débutant. Nous savons que l'approche civilisationnelle met fortement l'accent sur les liens culturels, personnels et historiques qui unissent les peuples et les groupes ethniques.
   Huntington, grand philosophe politique américain, dit ceci à la page 18 de son ouvrage Le choc des Civilisations: "Nous éviterons une guerre généralisée entre civilisations si, dans le monde entier, les chefs politiques admettent que la politique globale est devenue multicivilisationnelle et coopèrent à préserver cet état de fait" Beaucoup pensent que les conflits entre les nations, entre les ethnies sont d'ordre économiques et politiques. Cela n'est pas toujours vrai. Les gens utilisent la politique et l'économie non seulement pour faire prévaloir leur intérêt, mais pour définir leur identité. Jacques Delors l'a bien montré lorsqu'il dit que les conflits à venir seront provoqués par des facteurs culturels plutôt qu'économiques ou idéologiques. La Côte d'Ivoire avec le phénomène de l'ivoirité offre un meilleur exemple. Cependant il convient de prendre le paradigme civilisationnel en compte tout en menant une guerre lucide et implacable contre les replis identitaires dont les conséquences sociales sont tout aussi amères.
   En Afrique, nous négligeons souvent ce facteur si capital: la reconnaissance politique de l'identité des groupes. Cela est dangereux pour un pays parce que les peuples qui se sentent exclus par un pouvoir n'hésitent pas à prendre des moyens violents pour revendiquer leur identité et leur réintégration sociale. Ce faisant, ils mettent en danger la concorde nationale.
   Je crois profondément que nous souffrons de cette question identitaire chez nous. Les massacres que nous avons connus dans presque toutes la parties de notre pays n'étaient pas très loin des génocides. Mais une lecture historique basée sur le paradigme civilisationnel montre bien que l'exclusion sociale, la non reconnaissance politique sont pour beaucoup dans tous ces conflits. Voilà pourquoi il faut travailler chez nous à l'acceptation intégrale et effective de la tolérance dans un processus d'intégration rationnelle et raisonnable de tous les peuples qui constituent notre pays. Nous ne pouvons le faire que si nous prenons au sérieux tout ce que nous avons vécu pour les éviter à l'avenir. Et si nous prenons notre histoire au sérieux, nous pouvons constituer une société fondée sur une justice politique rationnelle et raisonnable où l'exclusion sociale et politique seront combattues par des moyens politiques justes.

                                                    
   Bruno MBAIHORNOM


                                               17/10/2002
                                            Réaction : appel à l'initiative
Salut ialtchad, Bonjour Kelly Saleh Abderahim, ne trouves -tu pas que c'est trop tôt de t'attribuer le titre de politologue ? Je lis rarement la rubrique Forum. Mais le titre et la première phrase("... une initiative spéciale régionale interethnique du pays ") de ton article m'ont incité à lire intégralement. Malheureusement j'étais déçu et ne trouvais nulle part les explications ou les propositions sur ton initiative interethnique régionale. J'attends impatiemment un développement "plus cohérent et plus réaliste" comme tu le dis, de cette initiative spéciale.
Merci quand même. A bientôt

Malloum SOULTAN
GEMPPM INSA DE LYON
Bât 303 Saint Exupéry 3 étage 69 629 Villeurbanne cedex
tel.:  04 72 43 89 90   cel.: 06 65 14 57 12
mél.: Soultan.Malloum@insa-lyon.fr  malloum_soultan@yahoo.fr
http://www.insa-lyon.fr/Laboratoires/GEMPPM/endo/pe.html


                                              16/10/2002
                    Quand la démocratie ouvrira-t-elle sa porte au Tchad? 
                   Ou bien la démocratie actuelle n’est qu’une photocopie?
   Je veux adresser aux frères tchadiens porteurs des armes, aux hommes politiques et à tous les hommes de bonne volonté un message de paix.

   Je rappelle aussi de ce message, mes intentions ravies à nous l’attente et l’espérance de la paix universelle qui nous est promise par certains hommes et à laquelle nous sommes invites à contribuer intellectuellement, moralement de tous nos moyens.
   Ce message fait à tous les fils du Tchad, je souhaite qu’il soit reçue du plus grand nombre. En parlant de la paix, j’avais aussi conscience de répondre à l’aspiration la plus profonde et la plus vraie du Cœur des hommes et des femmes de notre pays pourvu que cette aspiration ne soit pas pervertie par le goût du pouvoir et de la domination que procurent la violence des armes ou la corruption de l’argent.

   Plus souvent la paix au Tchad est menacée par la peur et la complicité de certains hommes politiques qui se disent les leaders de leurs partis.

   Puis-je parler raisonnablement de paix alors que notre pays abrite des foyers de guerre et de violence injuste à l’égard des populations? Cette violence est telle qu’elle a rendu nécessaires des interventions étrangères, selon un droit d’ingérence approuvé par les Nations Unies.

   Puis-je parler de paix et à la réconciliation alors que je constate chez nous qu’une grande partie de la population de nos villes et de nos campagnes vit dans la peur? Il s’agit d'abord de cette 3 peur radicale qui fait craindre pour la vie, cette peur qui naît toutes les fois que des armes sont dans la main des hommes qui ignorent le droit des autres ou s’en moquent pour se livrer au vol et à l’assassinat. Des populations sont ainsi mises en conditions.

   Je veux aussi parler de cette peur du lendemain qui apparaît actuellement dans toutes les familles sans salaire. Cette déplorable situation qui dure détruit la paix sociale et l’équilibre de la société. Elle conduit à légitimer la complicité et la corruption comme moyen indispensable de survie, absorbée par la préoccupation de cette survie quotidienne, beaucoup perdent l’honnêteté professionnelle et contribuent ainsi à la chute de l’économie et à la démoralisation du pays.

  
J’ignore pas les difficultés de la démocratie du pays. Beaucoup d’exemples dans notre continent d’aujourd’hui nous montrent que les peuples qui ont opté pour les conférences nationales, ne vivent pas immédiatement des jours paisibles. Ou ne passe pas du jour au lendemain du jeu du parti au pouvoir qui donne tous les droits à ceux qui le dirigent, puisqu’ils font le droit, au jeu de la démocratie.

  
Celle-ci est en effet basée sur la séparation des pouvoirs. Comme telle elle garantie la liberté des citoyens, notamment la liberté de la presse et le libre recours à la justice. C’est donc à un changement convié. La condition la plus importante nous parait bien être le renoncement au recours à la violence. Or nous devons reconnaître que jusqu’a nos jours la violence n’a pas quitté notre pays.

                                               Kelley Ali Abderahim (Moscou)


                                               15/10/2002
                                                      Appel à L’initiative

  
J’ai le grand plaisir de lancer un appel aux peuples tchadiens, une initiative spéciale du système régionale interethniques du pays. Cette initiative est tout d’abord un appel aux leaders des différentes parties politiques et aux politico-millitaires y compris du régime en place en exercice pour qu’il se joignent à un effort qui va bénéficier à des millions de tchadiens vivants à l’intérieur qu’a l’extérieur du pays.

   En tant que politologue sur des études stratégiques et politiques de défense, je me réjouis de voir les responsables des différents partis politiques de toutes les régions du pays de répondre à un souhait de promouvoir une approche plus cohérente et plus réaliste de besoins et priorités de notre cher pays. Chaque parti jouera un rôle clé de son coté, d’être saint et honnête pour ses engagements politiques. Je considère cette initiative comme une étape importante dans l’effort continu pour renforcer la collaboration entre les opposants politiques en exile, pour la réconciliation en main ouverte et le dialogue les plus vite possible. Une réconciliation pour but qui donnera un image de paix, au développement et l’intégrité territoriale de notre pays.

   Je voudrais exprimé mes remerciements au président de la république Idriss Deby et à l’ex-président général Félix Malloum  Ngakoutou Bey-Ndi,  pour leur engagement du Devoir et pour le rôle crucial que leur accord de paix jouera un rôle  très important dans l’histoire politique du Tchad et dans la mise en œuvre de cette initiative. Je voudrais également remercier un personnage très  important, le premier vice président du MDJT Adoum Maurice Hel-Bongo pour son appel à la réconciliation signé le 25 Septembre dernier à Genève après la mort tragique de son président Mr Youssouf Togoimi survenue le 24 Septembre 2002 à Tripoli dans la capitale libyenne suite d’une hémorragie cérébrale qui a coûté sa vie, que le Tout Puissant comble l’âme du défunt repose en paix.

   Je tiens aussi à féliciter l’administrateur du programme de Nations unies pour le développement, la Banque mondiale, et le  secrétaire exécutif de la commission économique pour le développement au Tchad, pour leur gestion du projet de l’exploitation de l’or noir tchadien qui a été décisive dans la mise au point de cette initiative.

   Il s’agit pour l’ensemble de la communauté internationale de montrer son attachement au développement et la sécurité d’un pays qui reste pour nous tous, une préoccupation constante. Mais cette initiative est aussi un message destiné à tous les tchadiens et à toutes les tchadiennes de l’intérieur qu’a l’extérieur du pays, car nous voulons, aujourd’hui, dire solennellement à notre pays le Tchad, qu’il n’est pas abandonné, que le monde entier a le regard tourné vers lui.

   Depuis quelques années, le Tchad, en dépit de ses différentes difficultés, a engagé un courageux combat pour la paix pas seulement au Tchad par exemple, sa participation avec la casque bleu de l’ONU au Rwanda, au Congo Brazzaville etc…, pour le développement, la démocratie et pour le respect des droits de l’homme.

   Plus que jamais, je crois en la capacité d’action des tchadiens et des tchadiennes, en leur sagesse et en persévérance, leurs efforts doivent bénéficier de plus large soutien. Ce n’est pas à la générosité de la communauté internationale que j’en appelle, mais à la conscience. Conscience des enjeux internationaux, de l’interdépendance des intérêts de notre pays, conscience que le Tchad sera un jour pour le monde entier un facteur de paix et prospérité s’il reçoit, enfin ce qui lui est dû.

   Il est urgent que les Nation unies et la communauté internationale toute entière se tiennent aux cotés du Tchad, des dirigeants, de ses peuples. Le Tchad a d’abord besoin de trouver la paix. Plus que jamais, la diplomatie préventive doit être mise au service du pays. Mais il faut aussi permettre au pays ravage par la guerre de retrouver des conditions de vie normales.

   Le développement est évidement indissociable de la paix. Depuis que j’ai été en première année en science-po, en cours depuis le 1er Septembre 2002, ,j’attache une importance toute particulière à l’action que doit mener le président Idriss Deby au service du  développement au Tchad. Cette région déconcerte souvent le monde, car elle donne sans cesse à la communauté internationale des raisons d’osciller entre espoir et découragement de ses troubles rationnelles et révolutionnaires.

   Parmi les facteurs qui entravent le développement, on peut citer l’insuffisance des infrastructures, la faiblesse des institution, la  mauvaise utilisation des ressources humaines, une grande vulnérabilité à l’égard des catastrophes naturelles et climatiques et l’impact des fluctuations défavorables des termes de l’échange. Il faut aussi ajouter le poids de la dette extérieur, une croissance démographique non maîtrisée et la dégradation de l’environnement. Le développement du Tchad est aussi fortement compromis par l’instabilité politique. Certes, le Tchad continu a progresser sur la voie de la démocratie. La paix est revenue partout dans le monde. Par exemple au Mozambique, Rwanda et en Angola;la situation permet d’entrevoir enfin de vrais espoirs de réconciliation.

   Mais la Tchad est encore, trop souvent, le terrain d’affrontement ethniques et des conflits civiles qui s’ajoutent à la misère économique et au sous-développement. Certains pays continuent de nous offrir le spectacle affligeant de peuples qui s’entre déchirent pour de rien. En diverses régions, des tensions risquent, a tout moment, si nous prenons garde, de dégénérer en combats sanglants. Or, nous savons tous que cette instabilité est un obstacle majeur au développement. Le développement social dépend, avant tout, de la volonté politique de l’Etat. L’Etat, c’est d’abord une administration saine, dévouée, instruite, soucieuse du service public et de l’intérêt général, attentive  aux besoins sociaux des citoyens et des citoyennes. Nous sommes tous conscients que cette administration doit être créée de toutes pièces dans de nombreux régions du Tchad.

   Mais rien ne sera possible si les tchadiens et tchadiennes ne prennent pas en main leur destin. Je crois profondément en leur capacité de travail, d’action, d'initiative, d’imagination. Je sais aussi le sens aigu qu’ils peuvent avoir de la solidarité sans laquelle ne saurait se concevoir de véritable développement économique et social.

Kelley-Saleh Ali Abderahim
Étudiant en 2e année en science-po
à l’université de l’amitié des peuples de Moscou, Russie.
Tel: (7095) 432 74 98   Portable: 7903 736 7454
E-mail: kelleyali@yandex.ru      ou     kelleyali@hotmail.com  


                                               07/10/2002
                     
      Dictature, démocratie et terrorisme en ... Afrique.
   Le Mahatma(la Grande âme en langue hindoue) Gandhi connu dans le monde entier pour sa sagesse et la lutte non violente déclara un jour, je le cite: «Quand je suis au désespoir, je me rappelle que tout au long de l'histoire, les voies de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y'a eu des tyrans et des meurtriers et, pendant quelques temps, ils peuvent sembler invincibles, mais ils finissent toujours par tomber. Penser à cela. Toujours».

   D'après moi, mis à part Hirochima, Nagasaki et la chute du mur de Berlin, les attentats du 11/09/01 sont l'un des évènements majeurs qui marquera à jamais notre siècle. Cette nouvelle forme de terreur devrait inciter certains pays dits de tradition démocratique tels que la France, les États-Unis et le Canada à prendre conscience de la situation pour venir en aide à l'Afrique, exactement comme ils avaient prévu dans leur agenda commun lors du dernier sommet du G8 à Kananaskis(Canada). 

   En effet, l'Afrique regorge encore de dictateurs qui, au nom de la «démocratie camouflée» et du «multipartisme éthnisé», tuent, affament et exilent leurs populations sans répit tout en s'éternisant au pouvoir. Le plus grave dans cette histoire c'est que des groupes terroristes mal intentionnés plus riches que certaines multinationales et capables de faire fondre en quelques minutes des grattes-ciels de Manhattan pourraient bien profiter de la fragilité de nos régimes corrompus en utilisant leurs pays comme des bases arrières d'attaques et d'entraînements. Rappelez-vous les Talibans et leurs mœurs barbares. Le monde civilisé a fermé les yeux et les avait laissé faire jusqu'à ce que tout explose. Si aujourd'hui le pays de Hamid Karzay aspire à un retour probable de la démocratie, c'est bien grâce à cette coalition anti-terroriste mise en place après les attaques du 11/09/01.

   À mon humble avis, cette coalition doit faire de même pour une normalisation de la situation déjà critique en Afrique. Car c'est en instaurant des bases solides de vraie démocratie, de justice et de transparence que notre cher continent devrait espérer sortir un jour de son marasme. Certains de me compatriotes tchadiens me reprocheront peut-être en disant que la démocratie occidentale connaîtrait elle aussi une crise bénigne et ne correspondrait pas aux aspirations du Tiers-monde. Mais n'a t-elle pas fait ses preuves?. Bien sûr, les africains sont appelés à déployer des efforts eux-mêmes et faire des sacrifices énormes pour «bouger les choses». Mais que peuvent-ils faire face à des dictateurs corrompus, méchants, lourdement armés et qui n'hésiteraient pas une seconde à tirer sur une foule de manifestants pacifiques et sans défense?. Un changement s'impose dés à présent pour qu'à l'avenir aucun pays d'Afrique ne tombe sous les griffes des dictateurs et des réseaux ...terroristes. 

   J'aimerais conclure ma missive par un appel pressant à l'endroit de ces trois pays qui sont le Canada, les États-Unis et la France: s'ils vous plait, venez-nous en aide le plus tôt possible et avant qu'il ne soit trop tard afin que l'Afrique soit enfin débarrassée de ses dictateurs et pour toujours. C'est bon pour votre sécurité. C'est bon pour vos intérêts. Ghandi ne s'était pas trompé, ses propos prémonitoires resteront à jamais gravés dans nos fraîches mémoires. 

Mahamat Ahmed Moussa WICHEMI
mahamat.ahmed.moussa@caramail.com 
Montréal (Canada)


                                               01/10/2002
          
Tchadiens du monde entier unissez vous contre l'ethnocentrisme...
  
Le tribalisme (tendance à tout juger à partir de sa tribut) est un mal qui ronge l'Afrique. Tel une gangrène, il engendre des maux tels le népotisme, le fanatisme, la corruption et bien pire encore l'ethnocentrisme.
En effet, cette tendance à vouloir tout juger à partir de son ethnie remonte à une époque où la nécessité de se protéger contre les razzias, les guerres tribales et biens de conflits poussaient les tributs à se blinder par certains isolats.
Cependant, malgré les indépendances qui ont faits de nos anciens tributs des États, l'ethnocentrisme résiste encore et sévit activement chez les jeunes.

   C'est ainsi que j'ai noté ici au Cameroun avec mes Amis Tchadiens qu'ils se considéraient selon qu'ils soient du Nord Musulman ou du Sud Chrétien ou encore selon la tribut. Au delà de la solidarité qui semble les unir, je constate qu'elle est fragilisée par ces considération qui ma foi va contre l'objectif du peuple tchadien qui s'exprime par cette belle devise: "unité travail progrès"... Que peut-on faire sans unité? Le peuple a t'il encore besoin d'une énième division?.
Prenons l'exemple des occidentaux(qui nous ont divisés) en matière d'unité. L'union Européenne, L'Euro, Le SHUGUN!
Considérons le USA... Il est temps d'oublier nos différences tribales, religieuses, pour être tout simplement tchadiens...
Pas de nordiste pas de sudiste juste tchadien.
                                                        
Tagne Éric Roger
                                                      
Yaoundé / Cameroun


                                             24/09/2002
             
Se souvenir du passé n'est pas synonyme de pleurnicher
   Je ne connais pas personnellement les deux compatriotes kaar Kas Soon et Siddimi Djiddi Ali Sougoudi mais j'aimerais particulièrement répondre à la réaction du dernier qui est, à mon avis étouffé de méprise et d'insulte à la mémoire des tchadiens disparus en septembre 1984.

Mr Siddimi Djiddi Ali Sougoudi semble dire que ce qui s'est passé en septembre 1984 est un retour de l'ascenseur mais qui serait disproportionné. Est-il normal ou censé de cautionner des tueries des personnes innocentes sous prétexte qu'un des leurs ait commis des actes odieux auparavant? Combien de personnes civilisées peuvent tolérer que des communautés paient les égarements d'un individu ou d'un groupe d'individus, fussent-ils de leur ethnie ou de leur groupe social? La loi de talion est invalide dans cette nouvelle ère de droits de l'Homme.

Maurice Papon est en train d'être jugé et incarcéré en France pour sa complicité à la déportation des juifs  lors de la deuxième guerre mondiale.
Les États-Unis viennent d'organiser le premier anniversaire commémoratif des attentats du 11 Septembre 2001. Est-ce synonyme  que le peuple français et le peuple américain sont pour autant des peuples pleurnichards inconsolables? Non, je ne crois pas. Seules les espèces sauvages font table rase du passé car n'ayant pas de mémoire pour retenir les faits, ils agissent comme des êtres qui viennent de naître. Mais, nous êtres humains, nous avons cet avantage d'avoir une mémoire qui nous permet de mémoriser les faits passés de sorte que nous soyons moins exposés aux mêmes erreurs dans le futur. « Premier gaou n'est pas gaou mais deuxième gaou est Yanta » disait un chanteur africain.
 
Mr kaar Kas Soon a fait des propositions par rapport à un évènement particulier qu'il a vécu. Il est un témoin oculaire de l'événement. Si Mr Siddimi Djiddi Ali Sougoudi a des propositions à faire par rapport à des évènements douloureux ou heureux qui ont eu lieu au Tchad, peu importe le régime au pouvoir, qu'il nous le fasse. Voila une démarche constructive dont les ialtchadiens ont besoin pour aller de l'avant.

Considérer les évènements du septembre  84 comme un non-évènement ou quelque chose d'ordinaire est une insulte à la mémoire des victimes de cette triste période et à tous ceux qui ont perdu des leurs ou qui en gardent des chocs corporels, moraux et psychologiques. Et cela ne constitue aucunement un encouragement au travail comme semble indiquer Mr Siddimi Djiddi Ali Sougoudi .

Une fois de plus, mes félicitations aux initiateurs de ialtchad pour l'opportunité qu'ils nous offrent d'échanger les idées.
                                                       
T.Symphorien Ndang
                                                         tabosymph@yahoo.fr


                                              23/09/2002
                                        
         Regardons plus loin!
   Pour quelques compatriotes, les tragédies qui secouent notre chère patrie avaient vu le jour avec les fameux événements de "Septembre Noir" de 1984 ( article de Kaar Kaas sonn). Hélas quelle obtuosité d'esprit et quel désir infâme de tirer la couverture vers soi!

    Le Tchad est entré dans le tourbillon des exactions lorsque le premier Président François Tombalbaye l'a plongé dans le sous-bois du parti unique avec pour corollaires des actes ignominieux comme celui de l'incendie de la palmeraie de Bardai à coup de Napalm, la bataille de Maya-Wini dans l'Ennedi et le triste rituel d'ablation de seins à Fada par le tristement célèbre Commandant Allafi(dans les années 70) etc... Ceux qui écrivent trop ou parlent facilement ne sont pas les plus véridiques. Il n'est pas facile également de décaper l'histoire du Tchad en jetant la vilenie sur un seul événement parmi des milliers.

   L'entrée de Toubous ( appelés Goranes par d'autres) dans la danse animée par le fameux F.R.O.L.I.N.A.T est consécutive à la terreur brandie par les dirigeants post-coloniaux aux ressortissants du septentrion tchadien. Ainsi le "Septembre Noir" de Kaar Kaas Sonn est le probable retour de l'ascenseur. Peut-être ce retour a été disproportionné par rapport à l'aller.

   Mais quand il est question de trouver un jour commémoratif pour cette seule triste époque, alors mille autres journées de deuil national germeront sur nos calendriers. Les pleurs prendront, alors, les pas sur les labeurs et nous serons invariablement un peuple de pleurnichards inconsolables. Et là je ne suis pas partant comme le veut mon compatriote Kaar Kaas Sonn qui,
paradoxalement, troque sa voix suave de rappeur en herbe avec celle lugubre de pleureur d'ères surannées.

                                               
Sidimi Djiddi Ali Sougoudi
                                                     
sidimi@caramail.com


                                            12/09/2002
                                       
15 septembre 1984 au Tchad
  
Bonjour, J'aimerais bien savoir quand est-ce qu'il y aura une journée commémorative du 15 septembre au Tchad? En effet, j'avais 11 ans quand, ce 15 septembre 1984, une opération d'épuration ethnique avait eu lieu au sud du Tchad. J'étais à Laï. Et tous ces milliers de morts? De morts innocents! Toute cette souffrance? D'avoir vécu à 11 ans ce genre de choc me peine terriblement, jusqu'aux plus profondes racines de mon âme. On a connu les victimes. Connaîtra-t-on un jour leur génocideurs?

   Doit-on pour autant faire une croix sur ce massacre? Je me pose sans cesse ces questions en sachant qu'un pardon biaisé n'arrangera pas les choses. Que ceux qui ont commandité ou orchestrés ce génocides soient punis un jour et l'abcès sera crevé. Les cœurs seront libérés.

   Je souhaiterais bien que chaque 15 septembre soit une journée nationale de réflexion et de commémoration. Cela pourra avoir l'avantage de nous faire prendre conscience sur nos agissements. Cela aura aussi l'avantage de nous empêcher de reprendre les mêmes bêtises. Car toute la génération de la guerre au Tchad n'en sortira pas et aura tendance à vouloir refaire la même chose. Ce genre de remake ne grandit pas un peuple.
                                                        
Kaar Kaas Sonn


                                              16/08/2002
                                                          Aux ialtchad
   Je viens associer ma voix à celle de la jeunesse tchadienne, qui aujourd'hui éparpillée de par le monde, se cherche dans la vallée érodée par la crue des événements qui ont compromis et compromettent toujours l’effort de construire notre pays le Tchad.  Notre génération a le malheur d’avoir aux lèvres un biberon au lait tourné alors que nos vallées et plaines promettent un pâturage saint et une exubérance de vies.


   Après tant d’années de querelles infécondes et de gaspillage de vies, émerge une jeunesse qui dévie de la trajectoire de cette tendance. Une jeunesse qui a compris qu’on a pas besoin des tendons de fer et des ailes magiques pour marcher et transcender les saletés héritées.


   
Que ces savanes herbeuses, ces forêts claires, ces oasis essentiels a qui nous avions confié nos rêves et aspirations s’additionnent pour afficher sur l’écran du monde, notre passion: construire un Tchad nouveau!  Nous sommes une jeunesse seule, désarmée, rachetée au rivage d’une conscience nationale dominée par l’ignorance, la peur et le désir incessant de régler les comptes. Que cette passion d’ériger sur la cendre des insuffisances le havre de paix se matérialise en nous et par nous. Oui, l’heure est la cueillette! La cueillette de la géographie et de l’ histoire de notre pays –malgré les épines, les serpents, les scorpions, les sécheresses, les famines –malgré les tempêtes de poussière –malgré les stigmates des prisons –malgré le froid, la chaleur et les humiliations de l’exil – ll nous faut construire le Tchad! Afin que nos enfants se servent des fruits que nous aurions cueillis ainsi au terme d’une longue marche marche génératrice d’une éclatante victoire –victoire arrachée pour le compte de tout le monde.

                                                          Nanga Kaye Mady
                                                             Lincoln USA
                                                     nangakayem@hotmail.com


                                                 11/082002
                                
Réaction:Existe-t-il une armée au Tchad?

   Salutations mes frères et sœurs de IALTCHAD, comme "l'opinion est l'intermédiaire entre la connaissance et l'ignorance"(Platon), je m'en vais dire tout simplement que dans le cas du Tchad on ne peut pas s'en passer ou bien de remarquer qu'il y a des analphabètes dans le système de gestion national, pas seulement dans l'armée.
Mais, ceux gens là, la plus part d'entre eux ont mérité leur position actuelle et avaient fait preuve de bravoure quelque part dans nos multiples conflits, donc je précise que personne ne peut juger simplement le "Bakhit ou bien le Wardougou'' qu'a mentionné Abakar comme étant des gens qui ne méritent pas de vivre au sein de l'armée. Bien sûr que tout le monde a appris cette devinette lancée sur les ondes de la radio Africa N°1, mais je suis étonné que tu as l'envie de vomir!! C'est la réalité, et tu devais affronter la réalité pour en réfléchir, néanmoins tu as oublié qui est cette armée, d'ailleurs tu l'a mentionné, "très forte" mais mal organisée, si vraiment ma mémoire est fraîche, depuis que cette armée est née, elle n'a jamais eu une période de paix afin de s'instaurer et d'être moderne à l'instar de celles des autres pays, ce qui est normale et juste pour justifier qu'il y a pas eu le temps de recruter des intellectuels.
   Et l'idée qui est grave!! et que tout Tchadien voit "l'armée'' comme le dernier métier, mais c'est faut! il y a tout dans l'armée, la médecine, l'informatique, la télécommunication et j'en passe...! Donc ce refus de ces intellectuels a laissé ce vide à ce bakhit ou ce wardougou,(comme tu le disais), donc il n'y a pas le choix. Et si vraiment tu la traite de ne pas être nationale, la je te rafraîchi la mémoire, lorsque la Libye a voulu engloutir le Tchad, je crois qu'elle a fait preuve de nationalisme et je n'ai pas vu un cas pareil depuis presque 14 ans. Je reconnais qu'elle n'est pas organisée mais je pense qu'elle a un caractère national et si un de nos voisin s'aventure à envahir le sol Tchadien, il récoltera des fruits amères.
   En revenant sur le terme"discrimination" au sein de la dite armée, je n'en disconviens pas, mais je te rappelle qu'au Tchad et plus précisément dans l'armée, le mérite est clair!! Si tu es la où tout fonctionne mal et que tu as participé à instaurer la paix au moins quelque part dans le 1.284.000 km, tu peux en avoir des avantages du métier! donc je vois bien que discrimination et avantage différent!
A cet effet, je suis sûr qu'il y a des oublis et des failles, et nul n'est parfait, donc ne dis pas que Mr  Djimadoum n'a jamais eu d'avancement!! ça m'étonne, parce que l'appareil administrative de l'armée est dirigé à 90% par ton soit disant Djimadoum! Il faut ôter de vos idées que nos frères du sud ne sont pas bien récompenser dans cette institution, ils sont présents et font preuve de maturité. Si par un simple hasard qu'un certain "djimadoum intellectuel" n'a pas eu un poste ne donne pas l'impression que les milliers de "bakhit et wardougou'" qui ont perdu des familles entières et leur vie ne soient oubliés, parce qu'eux aussi ils en ont vu des cas pareils( cas d'oubli ou bien de malchance).Tout simplement je m'en vais dire que mes lignes ici veulent dire "ne faisons pas la ségrégation dans nos débats" et faisons preuve d'optimisme, parce que"un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, mais un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté "(Churchill). Ainsi regardons l'avenir d'une vision optimiste, et à mon frère Abakar abdraman, je dirai que tout problème est précaire mais la solution nous confronte à un autre donc, dans le cas de notre armée on aura un temps pour la reformer à l'image des grandes armées des autres pays développés. Parce que le conflit qui a duré depuis 30 ans a laissé des séquelles indélébiles et qui ont affecté le système éducatif, à cet effet "Bakhit et wardougou" n'avaient pas eu la chance d'aller à l'école, mais je te promet que les prochains "bakhit et wardougou" feront preuve d'intellectualisme! ( la vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier).
   Juste faisons preuve de tolérance et de pardon et tout ira bien, et je ne sais pas pourquoi on fait allusion "djim et Mht " ça intoxique l'environnement du forum.
Par ce je te laisse avec cet idée de Jacques Chirac "Face à l'intolérance et la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible.

                           Thanks and God bless! (no offence on you brother Abakar)
                                                      Ali Senoussi / Canada


                                                 06/082002
                                          
Existe-t-il une armée au Tchad?
   Oui. Elle est très forte bien qu’elle est très mal organisée. Bien sûr vous me trouver pas logique dans ce que je dis mais étant tchadiens vous témoigner que mes propos sont réelles. Une armée très mal organisée et très forte. C’est bizarre.

Est-elle nationale?
Non. Défendent-elle l’intérêt du peuple tchadien? Non. Alors pourquoi existe-elle? Très bonnes questions mais resteront sans réponses le temps que la justice naîtra au Tchad.

Je dis qu’elle n’est pas nationale et ne possédant aucun statut légal car la discrimination y est flagrante. On peut y trouver beaucoup des officiers qui ne savent ni lire ni écrire. Alors n’est-elle pas ignorante une personne qui ne sait ni lire ni écrire? Imaginer la gravité des actes qui peuvent être posées par une personne non instruite. Ce sont ces actes qui définissent exactement la justice au Tchad.

D’un autre côté, il existe des militaires instruits mais n’accéderont jamais aux postes des officiers et n’auront jamais des paroles dans l’armée qui est loin d’être une armée nationale.

La triste vérité est que la plupart des officiers ce sont des Wardougou et Bakhit et ceux qui demeureront des soldats ce sont des Djimadoum. Bien sûr que même les Wardougou et les bakhit instruits et optant pour la justice n’ont pas une place dans cette armée.

Un jour j’étais en train d’écouter la Radio Africa No1 qui a posé la question suivante" Dans quel pays africain où on trouve des gendarmes qui ne savent ni lire ni écrire?" La réponse donne la nausée.

                                                  
  Abdraman Abakar Birkia


                                               08/07/2002
                                         Pour compléter Félix Ngoussou
   Quand j'ai fait une première lecture de l'article de mon frère Ngoussou Félix intitulé "l'art de vivre la guerre à durée illimitée", j'étais découragé. La raison en est simple. J'ai senti un sérieux pessimisme au moins sur un point:l'éternité de la guerre comme constat d'un passé et comme projection d'avenir. En effet, aucune diplomatie, aucune stratégie, aucune initiative n'a réussi à résoudre les conflits chez nous. L'éternité est telle qu'on ne voit plus d'issue. D'où ce qui m'a paru être un pessimisme chez
Félix. Mais il faut bien comprendre cet important article pour bien en tirer profit. Avant d'y revenir, je fais remarquer une chose. je me suis toujours dit que les manières dont on a voulu résoudre nos conflits n'ont pas donné des résultats escomptés parce que les initiatives ont été prises non seulement à l'extérieur mais sans véritablement associer les Tchadiens qui pourtant faisaient la guerre. Les gens pensaient qu'il suffisait de se réunir à Kano, à Paris, pour résoudre les problèmes du Tchad. Ces
réunions ont bonnes tant il est vrai qu'elles expriment une bonne intention et même une bonne intuition. Mais il fallait aller beaucoup plus loin dans la démarche en cherchant une vraie adhésion de l'ensemble de ceux qui étaient en guerre. On a toujours voulu régler les conflits du Tchad à la va vite en imposant des solutions toutes faites aux belligérants. Naturellement, on en était arrivé à ce que l'on sait. C'est dire que la guerre dure parce que les différentes stratégies n'étaient pas réalistes.
   Par ailleurs, la plupart de nous qui écrivons aujourd'hui sur les conflits sommes nés dans la guerre. Et nous ne voyons pas comment cela va se terminer. Elle ne fait que continuer. Chacun cherche des stratégies pour la faire durer. L'essentiel est qu'il y trouve des intérêts personnels, pour reprendre Félix.
   Mais en relisant plusieurs fois l'article en filigrane, j'ai compris qu'il a fait une analyse objective, même si un pessimisme semble en transparaître. Les causes de la guerre qu'il a épinglées sont pertinentes et profondes. Même ceux qui veulent continuer la guerre pour maintenir leurs compatriotes dans la misère savent qu'on ne peut rien résoudre tout en évitant ces causes.
   Pour vraiment le(Félix) compléter, il faut dire, sans optimisme béat, qu'il est possible que la guerre prenne fin au Tchad. Une condition doit être trouvée cependant:une génération d'hommes nouveaux. Car notre problème est moins celui d'une situation, d'un contexte que celui d'hommes radicalement et mentalement différents. Je ne dis pas que les hommes qu'on a actuellement ne font rien pour mettre fin à la guerre. Ils le font et parfois en endurant des sacrifices énormes. Mais ils ont un obstacle réel: une culture à la violence. Ils utilisent la diplomatie, mais une diplomatie stratégique pour attirer leurs adversaires dans leurs filets. Ils n'ont aucun respect de la parole donnée. ils signent des contrats qu'ils ne respectent pas parce qu'ils sont convaincus que seule la force trouve des solutions efficaces.
   Comme nous le voyons, ces habitudes ne sont plus adaptées pour une culture démocratique qui, elle, exige pardon et tolérance. Le jour où nous aurons des hommes de culture de paix, de tolérance, de pardon, nous aurons une paix chez nous. Mais en attendant, armons-nous de patience et sachons que c'est quand tout semble sans issue que nous devons en chercher. En cela, l'article de Félix, tout en suscitant le débat sur l'issue de la guerre chez nous, a un mérite assez considérable.

                                                         
MBAIHORNOM (RDC)
                                                      mbaihornomn@caramail.com


                                                  26/06/2002
                                                
Ce qu'il ne faut pas oublier
   Lorsqu'un article force l'attention non pas par sa longueur, mais par sa profondeur, on lui accorde volontiers le temps qu'il faut pour en apprécier la valeur. Les différentes contributions de M. Haggar sur ce site ne laissent indifférent aucun lecteur sérieux tant par leur logique sémantique que par la pertinence de l'analyse qu'il fait de la situation politique et socio-économique de notre pays. Le plus irréductible des radicaux y adhérerait sans condition si seulement cette pertinence n'avait pas pour objectif inavoué d'asséner le coup de grâce à un peuple qui agonise sous le poids de la misère. De l'autocritique de la jeunesse à l'irresponsabilité des tchadiens de la diaspora en passant par l'obligation à un éternel espoir de voir le Tchad transformé en pays de cocagne sous le pouvoir Deby, M.Haggar semble vouloir insidieusement faire croire que le Tchadien est lui-même responsable de ses malheurs.
   Certes, depuis environ deux décennies, on observe une certaine introversion de la jeunesse et son manque d'enthousiasme pour l'effort intellectuel, la culture et le sport. Mais de quelle jeunesse s'agit-il ? De celle qui n'a connu d'autre refrain que les coups de canons et l'enrôlement forcé ou d'une autre jeunesse imaginaire ? Qu'à-t-on offert à cette jeunesse si ce n'est de l'avoir transformée en chaire à canon et avoir ôté en elle tout espoir de pouvoir un jour servir sa patrie avec force et conviction.
   S'agissant des Tchadiens de la diaspora, M. Haggar n'ignore pas que ceux-ci sont pour la plupart des hommes et des femmes qui n'ont eu d'autres alternatives que de fuir la répression sanglante et bestiale des polices politiques et que tout contact avec leurs familles était systématiquement analysé comme une conspiration et réprimé avec une rare violence. De quelle manière pouvaient-ils venir en aide à leurs proches si ce n'est de se calfeutrer dans le silence ou de s'éteindre dans la peau de quidam.
   Pour ce qui est du rejet de la logique des armes pour l'accession au pouvoir, l'adhésion des tchadiens à une telle proposition a toujours été fondamentalement plurielle. Seulement, lorsqu'un chef d'Etat s'accroche au pouvoir avec une farouche détermination alors même que les urnes l'en écartent, il apparaît aux yeux de ses adversaires comme un tyran à abattre. Pour Karl Koper « la démocratie est la possibilité de changer de dirigeant en évitant le bain de sang ». Malloum, Goukouni, Habré et Deby puis Deby, tous ont usé des armes pour chasser leurs prédécesseurs du pouvoir. Deby doit-il échapper à une logique dont il est lui-même friand ? C'est l'affirmatif qui doit l'emporter en principe. Cependant, quelles garanties ce personnage peut-il offrire pour l'alternance par la voie de l'isoloir ? Aucune à mon avis, ou du moins pas pour les opposants politiques originaires du Nord. Le monarque au pouvoir à N'Djaména ne supporte aucune opposition venue du Nord. Or, c'est sans doute là une des causes de l'instabilité politique au Tchad. L'intolérance à toute opposition politique ayant pour dirigeant un nordiste et sa répression par élimination physique constitue la principale aberration du pouvoir Deby. Quelles solutions cet homme propose pour le Tchad (sinon le partage en bandes organisées des ressources financières du pays) au point de s'acharner à vouloir écarter ces adversaires ?. Se voit-il investi d'une « mission divine » pour sortir le pays de sa misérable condition ?  Si c'est le cas, il doit pouvoir commencer par s'immoler afin de se voir accorder mansuétude et absolution car il a complètement failli.
   Enfin, il faut cesser de fantasmer et de chercher des boucs émissaires en la personne de Kadhafi. Certes, les visées hégémoniques et subversives de cet annexionniste sont indéniables. Mais n'est-ce pas Deby, Goukouni, Y.Togoïmi, A.Togoï... qui sont constamment en Libye en train de tendre la sébile comme des mendiants dans les rues d'Adis Abeba ? Le vieux proverbe plein de sagesse ne dit-il pas que la main qui reçoit est toujours en dessous de celle qui donne ? Il ne suffit pas d'accuser Kadhafi, encore faut-il prouver qu'il est le seul auteur des guerres fratricides ayant causé le malheur de tout un peuple. Tant que Deby sera intransigeant sur l'aspiration démocratique des populations du Nord, il aura toujours devant lui une révolte perpétuelle et la méthode Coué qu'on nous propose sans cesse n'aura aucun sens.
                                                            
  Lyadish AHMED


                                              25/06/2002
                     
Est ce que le pays a un avenir avec le debysme actuel  ?   
   Tchadiens, tchadiennes, chers frères et sœurs, est ce que le pays a un avenir avec le debysme actuel ?  toute fois je suis persuadé que la réponse est non. Mobilisons nous contre ce que Deby fait avec ses complices.
   Tout d'abord le peuple tchadien est un peuple qui ne réclame jamais ses droits, est ce que nous attendons un miracle ou une autre solution que de réagir ? alors le phénomène est plus que grave à part les cercles corrompus tous les fils du pays semblent contre cette mauvaise gestion mais personne ne réagit à part les quelques réactionnaires qui combattent le régime de Deby. Beaucoup disent Deby et Togoimi c'est les mêmes têtes mais un changement de Deby est plus que nécessaire pour le peuple tchadien en générale.
Nous sommes contres à accepter un régime qui n'a pas seulement un intérêt pour le peuple en générale mais qui sombre l'avenir de notre chère patrie. Ceux qui semblent et osent dire qu'Ils sont satisfaits du régime Deby sont ceux qui sont impliqués dans cette mauvaise gestion et aussi les grands corrompus du pays. Nous les autres quel est notre intérêt si aucun bien du pays n'est bénéfique pour les fils du pays alors que des soudanais viennent gagner des marchés dans le pétrole et dans des grands chantiers comme celui du pont a double voix. Et en se moquant des dupes tchadiens ils partent amenés des indiens en Asie pour faire les travaux du chantier du pétrole de sidigui à n'djamena. Et pourtant c'était même pas achever le projet de mini raffinerie à
N'djamena. Un président qui se manque de l'honneur en traitant des affaires de quelques millions avec des individus et pourrait mettre l'avenir de son peuple à cause de quelques millions de CFA, c'est ridicule à faire. Il y a des gens qui semblent satisfaits de cette mauvaise gestion et aiment cacher les réalités malgré qu'ils sont conscients. En réalité chaque régime en Afrique a des problèmes quant à la bonne gouvernance et à la bonne gestion des deniers publics mais pour le cas de Deby c'est pire. Le Tchad a des biens et des ressources naturelles mais ses biens et ses ressources naturelles n'en  profitent personne à part les cercles des proches de Deby. Une décennie est passée nous demeurons sous ajustement des institutions de bretton woods et le Tchad s'en dette de plus en plus et l'argent est volatilise dans les poches des individus et certains se contentent même des millions épargnes dans des comptes bancaires a l'extérieur.
   Nous demandons à tous ceux qui ont et manifestent un intérêt pour l'avenir du Tchad de réagir, par tous les moyens même la force si possible. Être un opposant pour son ventre ou un poste dans le régime actuel est un chemin emprunte par beaucoup  des politiciens du pays mais les jeunes de la génération de nos jours évitons de suivre les aines. Les étudiants tchadiens sont presque les seuls à net pas être boursiers parmi leurs collègues. N'oublions pas que notre système de santé est plus que mauvais. Des milliers meurent à cause des maladies pourtant traitables. L'arrivée de certaines têtes dans le gouvernement à chaque remaniement inquiète l'avenir de la classe politique et la création des ministères qui sont supprimées quelques temps plus tard est aussi un phénomène de détournement des fonds non justifiés, pourquoi pas payer des bourses aux étudiants tchadiens qui souffrent de tous les maux à l'extérieur du pays loin de leurs parents. Chers frères et sœurs nous sommes restes longtemps sans réagir et Deby va partir c'est le souhait de beaucoup mais personne ne manifeste réellement . Vous n'êtes pas habitues à réagir c'est pas la France ou la Libye qui doit agir a notre place beaucoup attendent le départ de Deby par les français ou la Libye .
Mais pas question de penser de cette manière et réagissons vite. Ceux qui ne veulent pas le faire sont aussi les corrompus et à l'avenir si Deby part par la force ils doivent être jugés. 
   Des lèches culs se voient attribués des postes et détournent des deniers publics mais est ce qu'Ils se posent la question s'ils seront juges ou non. être millionnaire en quelques temps c'est du vol mais ils sont couverts par le régime mais est ce que Deby est éternel. Comment peut on accepte que les richesses du pays soit au bénéfice de quelques individus vulgaires sans aucune valeur de la société. Le Tchad est riche mais le peuple est pris en otage et l'argent est dans les poches des debystes ( arnaqueurs,...) .  Le peuple ne génère aucun intérêt des programmes d'aide et le main d'œuvre et même les quelques avantages des investissements du pétrole. Et pourtant au 21eme siècle nous avons l'électricité le plus cher au monde pourtant même la capitale n'est pas électrifié. Les gens ont parles de la dictature de Habre mais Deby a tué plus que Habre et Deby tue le jour au jour . et pourtant la différence entre Deby et Habre n'a jamais été constate en réalité. Alors nous n'allons pas attendre plus longtemps demandons le départ de Deby Mobutu a été rejeté par son peuple voir tous les dirigeants dictateurs et corrompus donc nous allons attendre jusqu'a quand pour réagir et nous allons pas laisses les debystes prendre tous les biens du Tchad. Les tchadiens vivent avec tous les problèmes du monde , la soif manque des puits dans le désert, insécurité, développement des villes , la construction  des routes, la hausse du carburant qui est d'ailleurs un phénomène qui gonfle les caisses de la douane et des recettes fictifs pareils sont partout dans tous les ministères du pays . Il y a des directeurs généraux qui sont plus riches que leur direction . Des paysans du clan du président se font des richesses au dos de l'État par des canaux comme les postes frontaliers des douanes et B.N.F ( bureau national de fret ) . L'Asecna ne profite pas le peuple tchadien pourtant nous le quatrième centre en Afrique parce que c'est devenu un moyen de se faire des millions partages par les cercles de Deby.
   Nous sommes conscients que tous les directions généraux sont attribues a des gens presque chaque année pour se faire le minimum de richesse et partir . Avec des salaires mensuels de 500.000 ou 600.000 F CFA peut on construire un villa d'une valeur de 50.000.000 de F CFA c'est utopique mais on laisse faire.
Qui d'autre voulons nous qu'il réagisse à notre place . Des cadres comme Gueti et Abderaman Dadi et Ahmet lamine sont tués à cause des intérêts. Mais finalement est ce que Deby est conscient de ses actes qui doivent coûtés à sa personne et sa famille surtout il parait qu'il veut bien mourir au pouvoir mais nous allons le contraindre à mourir a l'exil parce qu'il mérite ça. Togoimi n'est pas dupe pour revenir comme Abbas Koty l'a fait . Et Togoimi ne doit pas faire mourir tous ses fils du pays et repartir faire un accord de paix avec Deby. Cette rébellion est un moyen de faire partir Deby , car l'opposition politique est un symbole pour avantageux le système Deby . Les Kamougué sont réduits au rang de simple député, mais c'est parce qu'Il est trop gourmand et Deby est plus que lui c'est question d'intérêt seulement, il n'y a pas une seule raison politique. Nous les tchadiens sommes jaloux chacun de l'autre et nous ne nous entendrons jamais sur quelque chose de commun mais il est question de faire le minimum pour trouver une solution à Deby et ses complices . Le changement de Deby serait le résultat de l'attente de tous les fils du pays . Chacun aura ses droits et y aura justice en fin dans notre pays après 12 années d'injustice et de vol et de hold-up et de corruption . 
   Toute fois nous avons plus que marre de voir des individus s'enrichir au dos de l'Etat sans oublier le manque de l'autoritarisme de l'État . Pas d'argent pour payer les bourses des étudiants et des besoins en santé et éducation mais y a de l'argent pour payer des fonctionnaires avec la création des nouveaux département un surplus des sous préfets, des chefs de poste administratif, des préfets, etc... ou ils ont trouvé les moyens de faire ça et pourquoi a cause de la législation bien entendu . 
   Alors nous sommes victimes de tous les maux. En fait le peuple est il un peuple maudit par le bon DIEU, car nous sommes  victimes vraiment victimes. Réagir est chose difficile et s'entendre l'est de même chez nous les tchadiens mais l'idée est qu'Il faut pas se faire du mal autant lorsque nous avons le choix et notre choix est un intérêt national . Nous avons vaincus la Libye par notre patriotisme alors c'est quoi Deby et son armée quasiment clanique . Tous ceux qui se disent  d'accord doivent saisir l'occasion. agissons maintenant et tout de suite. Que le bon DIEU nous réalise ce vœu.
vive le Tchad, vive le peuple tchadien .
                                                           Par  W.  Djimi


                                               19/06/2002
              Les causes de nos problèmes, les raisons de notre espoir
   Quelles solutions peuvent être raisonnablement proposées pour le Tchad ? Comme si d’un coup de baguette magique nous pouvions résoudre les difficultés que rencontre notre pays sur le chemin de la reconstruction, les « ialtchad » cherchent, au travers des idées, de faire tout pour que nos espérances se transforment en réalité pour les générations futures ; Mais d’emblée il faut circonscrire l’étendue de nos problèmes à quelques-unes de leurs causes directes afin que nous mesurions mieux l’ampleur du travail qui nous attend. Je suis optimiste sur les chances de décollage de notre pays, sur la possibilité de faire la paix entre nous, sur la transformation de toutes nos souffrances en efforts visant l’amélioration de notre mieux-être. Mais je suis en même temps conscient que ces efforts sous-tendent une réelle prise de conscience et nécessitent un climat de stabilité et de paix intérieure.  Pour que dans notre pays les revenus futurs attendus de l’exploitation du pétrole ne soient pas destinés à l’achat des armes comme en Angola ou au Congo, que ces mêmes revenus ne soient plus consommés par anticipation comme dans ces mêmes pays, il nous faudra d'abord résoudre les nombreux problèmes récurrents d’instabilité et plus généralement relatifs à l’armée. Aussi, tant que la paix ne s’instaure pas définitivement, les chances de voir ces ressources gaspillées par des mécontents sont assez importantes.

La pauvreté et les humiliations constantes des tchadiennes avaient certes constitué un argument de taille à toutes les rebellions au Tchad, mais ces mêmes rebellions ont aussi amené notre pays vers la division et le cataclysme. Aujourd’hui, même si on considère que le recours aux armes est essentiel pour préserver les institutions et les valeurs morales ou pour conquérir le pouvoir, les efforts de reconstruction ne sont guère dans la guerre mais dans une recherche constante de la paix ; mais cette paix est très difficile à obtenir tant que des intérêts égoïstes priment sur d’autres considérations plus essentielles et collectives, tant que les citoyens n’ont pas confiance dans un système de gouvernement et une armée censée leur apporter le bien-être et la sécurité. Beaucoup des compatriotes ont soutenu que si notre armée était républicaine et bien organisée, nous n’aurions jamais vu des rebellions se constituer et toutes les désorganisations à l’origine de tous nos problèmes auraient bien pu ne pas exister. Ce qui est bien vrai quand on voit le contexte dans le quel ces rebellions se sont constitués. Mais cela ne peut être une excuse pour créer des mouvements armés qui s’incrustent trop souvent dans les velléités expansionnistes de certains pays auxquels nous croyons comme s’ils étaient des défenseurs de la cause humaine alors même qu’ils constituent des bastions pour les terroristes les plus inhumains.

Pour amorcer tout développement économique et social, une stabilité politique est en effet nécessaire et indispensable. Cela doit se passer au travers d’une réconciliation nationale fondée sur le pardon et sur des engagements à renoncer définitivement à la conquête du pouvoir par les armes. Mais une réconciliation ne peut être une concession de tous les droits républicains à un groupe quelconque. Pour que la réconciliation devienne une réalité, il faudra envisager quelques reformes indispensables pour permettre à tous d’avoir les mêmes chances de participer, par leurs projets, au développement de notre pays.

Étant donné la multitude des reformes rendues nécessaires par les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui, je vous livre ici quelques-unes de plus essentielles dont le but est d’anticiper de façon rationnelle l’utilisation des ressources futures attendues de l’exploitation du pétrole et du plan de développement intégré de l’Afrique, c’est à dire le Nepad, et auquel notre pays a souscrit; même si fondamentalement je pense que ce plan n’est pas la dernière chance qu’elle soit pour notre continent, et cela à cause des quelques imperfections obéissant à une logique de suprématie dont font preuve les concepteurs de ce plan, je crois qu’il est tout à fait possible que ce dernier nous conduise à davantage de bénéfices, nous permette de réaliser des infrastructures de dimension régionale et continentale, mais également de nous mettre sur une orbite de croissance pour lequel notre pays a tous les atouts. Aussi une véritable action de sensibilisation et d’éducation sur la réconciliation nationale, mais également sur le développement socio-économique, menée par chacun de nous s’impose aujourd’hui pour avoir un climat fraternel et solidaire qui puisse garantir la paix et la stabilité politique au Tchad, préalable à tout développement économique.

Ce faisant, s’il est un constant qui mérite d’être relevé, c’est sûrement celui ayant trait aux dysfonctionnements répétitifs qui caractérisent notre armée. A mon avis ces nombreux dysfonctionnements récurrents ont participé de manière très directe pour anéantir les efforts constants fournis par quelques gouvernements pour reformer l’armée dans notre pays. Ces mesures qui n’étaient pas dans tous les cas effectives et réalistes n’ont pas su répondre aux besoins d’organisation de l’armée. A cause de ces problèmes nous avons certes de difficultés pour constituer une armée capable de ne servir que l’intérêt national. Cependant nous ne saurons perdre de vue que ces gouvernements aussi représentatifs qu’ils soient, n’ont pas toujours engagé les reformes avec une réelle efficacité et sans quelques arrières pensés.

L’armée en général et l’organisation des forces de sécurité en particulier sont d’une grande importance pour tout Etat. La sécurité et la défense du territoire national en dépendent ainsi que la sécurité et la liberté de tous les citoyens : ne pas y accorder une grande attention à l’organisation et au fonctionnement de l’armée équivaudrait à une sous-estimation de la sécurité des citoyens et à considérer les risques de guerre comme des phénomènes aléatoires. Loin de moi de défendre une stratégie de défense fondée constamment sur une vision réaliste de la guerre,  je pense tout simplement qu’il faudrait non seulement avoir une armée républicaine qui puisse dissuader, du fait de son organisation et de l’esprit d’union qui la caractérise, ses potentiels adversaires qui sont nombreux, mais il faudrait aussi disposer des forces de sécurité qui garantissent aux citoyens la paix interne. C’est en sens que les forces armées sont utiles et servent les intérêts de tous les citoyens. Il n’est pas rare d’entendre des observateurs affirmer que notre armée est clanique, qu’elle est prise en otage par un groupe ethnique, mais aucune analyse sérieuse ne peut prétendre nous faire comprendre les problèmes les plus profonds de cette armée.


Or si tous s’accordent à dire que la volonté d’organisation de notre armée n’a pas constitué un objectif pour les dirigeants, à cause du caractère ethnique de l’armée qu’ils citent sans ambages, force est de reconnaître que nos militaires n’ont pas facilité la tâche en subissant tout le temps l’influence des chefs guerriers : tant que les militaires continuent par s’identifier à des hommes pour lesquels ils peuvent concéder toute sorte de sacrifice, l’instauration et la gestion d’une véritable paix ne seront que des lointaines espérances. Les vrais stratèges politiques ne doivent pas se servir des militaires mais en utilisant leur expérience selon les intérêts que commande le peuple, ils font de ces derniers les défenseurs du peuple qui est à la recherche de la liberté et du bien-être. Avec l’avènement de la démocratie incluant la conquête et l’exercice du pouvoir par le suffrage populaire, le rôle de l’armée aurait pu être de garantir les institutions démocratiques. Mais, il faut reconnaître que de telles notions n’ont jamais été enseignées aux militaires et ceux-ci sont encore tributaires des idées véhiculées par des hommes qui les ont forgé pour servir des intérêts obscurs, en faisant abstraction des règles et principes élémentaires régissant toutes les armées du monde.

Ainsi, suivant les années les militaires sont devenus des personnes vulnérables et susceptibles d’être soudoyés par un quelconque politicien mécontent, occasionnant des rebellions et autres bandes armées qui continuent par faire subsister toutes les formes d’atrocité imaginables ( guerre, famine, viol, pillage etc.…) ; les objectifs clairs des forces armées nationales auxquels ils n’ont jamais été préparés avaient été relégués aux poubelles et la défense et la préservation des droits des seigneurs de la guerre sont devenues les maîtres mots auxquels ils ont souscrit depuis la création du jeune Etat tchadien; ces militaires ont renié le serment d’allégeance au tricolore national comme si l’avenir de notre pays avait cessé de constituer une priorité ; ils ont été à l’origine de toutes les situations d’instabilité qui causent famine et pauvreté aujourd’hui à travers notre pays.

Aussi, le temps est certes arrivé pour nous de transcender nos querelles et de nous mettre ensemble pour prendre en main notre destin. Mais cela doit se faire en rassemblant tous les Tchadiens sous un idéal commun qui est celui de voir notre pays occuper une place honorable dans un monde en pleine effervescence; Je pense que nous avons d’autres ennemis pour lesquels nous devons unir nos forces afin de tirer le meilleur parti : tous les Tchadiens sont concernés et il faut que la reconstruction de notre pays par nous tous soit la raison de notre combat, un seul combat incluant l’apport de tous les Tchadiens.  Car si on ne pouvait jamais convaincre d’un seul coup la réticence de tous les Tchadiens qui ont des projets différents, on peut amener tout Tchadien ayant un projet à accepter le souci de reconstruire notre pays. Tout le reste c’est par la voie démocratique que ça se conquiert.  Il y’a aujourd’hui des stratèges politiques capables de proposer des alternatives et des reformes constructives mais celles-ci ne peuvent donner un résultat tant que le pays connaît des problèmes de stabilité dus à des rebellions internes. Ces rebellions sont source des souffrances et sans grand intérêt pour résoudre les problèmes de développement. En toute logique, il faut admettre l’urgence de mettre fin à toutes les formes d’injustice et toutes les incohérences qui existent dans notre pays démocratique. Cela demande certainement une réelle volonté de la part des hommes politiques, mais reste essentiellement une affaire d’hommes épris de paix et de justice sociale. Car l’avenir de notre pays n’est-il pas quelque chose qui soit vraiment digne de notre engagement et de notre sens du devoir ?

Voilà une raison de plus pour chercher des solutions à nos problèmes. Mais quel est celui de nos problèmes qui a connu une ébauche de solution depuis l’apparition des premières rebellions ? Aucun. Nous connaissons toujours, depuis notre indépendance, des rebellions successives, stériles et fratricides qui ne nous conduisent qu’à davantage de division, de déchirement  et de dépendance à l’égard de ceux-là qui nous vendent ou livrent gratuitement armes et munitions sans aucune foi. A cause de multiples rebellions, nos forces armées sont devenues des clients potentiels qui sont même pris en compte dans les études de faisabilité des projets qui font la fortune des industries de la mort : ils créent le besoin d’armement chez nous et nous livrent quand ça leur plait et comme il convient aux intérêts de leurs dirigeants. Mais là se trouve le vrai problème : les armes fabriquées par ces pays ayant toujours servi à supprimer des vies ailleurs, les financiers de ces marchands d’armes auraient bien pu se poser des questions sur la destination de leur argent. Ou bien souscrivent-ils délibérément aux actions de destruction engagées par les dirigeants de leurs pays contre notre intérêt ? Nous sommes très loin de trouver les raisons de ce silence et aucune voix ne se lève pour protester contre cette méchanceté, instituée par les riches pour contenir les pauvres dans de situations qui frisent avec l’intolérable.

Nos pauvres pays n’ont pourtant pas besoin de ces armes. Ils n’ont fait aucun mal, aucune injustice qui aurait pu autoriser ou justifier cet acharnement à les pousser vers une destruction totale. En réalité, rien ne justifiait une telle méchanceté et la situation de misère qui caractérise nos pays militait au contraire pour que d’autres alternatives nous soient permises ; l’intérêt de ces marchands d’armes serait sans doute plus grand : d’abord parce que les investissements nécessaires pour la fabrication de ces armes nous permettraient de produire et de commercer avec ces pays d’autres choses que les armes, ensuite parce que les gains tirés de ces investissements peuvent être d’une coloration plus humaine ; mais détrompons-nous : les mêmes stratégies militaires ont été muées en stratégies commerciales et c’est bien la raison pour laquelle certains pays continuent de faire fortune par le commerce des engins de la mort. A quoi servent ces armes fabriquées par les plus grands scientifiques de la terre ? Pour assurer la sécurité de leurs citoyens, vous diront-ils ! Mais c’est peut être pour ôter la vie à des pauvres qui peuplent la planète et qu’on dédaigne voir vivre humainement.

Rien ne peut nous empêcher de croire que cette logique d’armement qui caractérise les relations des pays pauvres avec les pays riches, qui cherchent à avoir une main mise sur nos ressources il est vrai, s’inscrit dans une volonté de destruction et de négation du droit à la vie aux pauvres de ce monde. C’est vraiment un grand dommage que nous ayons perdu cette notion de domination, même si en leur temps des hommes clairvoyants comme le célèbre écrivain martiniquais, le Dr Frantz Fanon, nous avaient mis en garde par des écrits assez transcendants qui resteront toujours d’une grande utilité pour les intellectuels des pays pauvres. Pour ainsi dire, des pays comme la Malaisie, la korê et la Thaïlande  ont renié cette forme de domination et en comptant sur des ressources propres donnèrent la preuve que le développement est une affaire d’hommes. Cela parce que leur objectif consistait à rattraper l’occident qui accusait des siècles d’avance sur le plan du développement économique, et non de faire la courbette devant les tristement puissants du monde pour pouvoir obtenir quelques millions de dollars insignifiants comme le font si bien nos dirigeants africains.

Mais il faut reconnaître qu’aujourd’hui l’injustice se dresse en arme de dissuasion politico-économique et devient la caractéristique essentielle des relations internationales. Ce qui ne surprend guerre quand on voit les avantages que peuvent tirer de cette situation les pays qui cherchent à gérer le monde selon leurs propres convenances et leurs intérêts. Et cela est très grave pour la stabilité politique dans le monde, surtout avec le fait que certains pays dits démocratiques protègent des Etats qui violent en permanence les résolutions d’une O.N.U. morte-née et pour les décisions de laquelle ils ne reconnaissent aucune autorité respectable. Ceci à cause du fait que cette institution soit gérée par un citoyen d’un pays considéré par eux-mêmes comme de droit inférieur. Cela contraste fort bien avec le discours presque comique d’un certain nombre de dirigeants qui promettent de tout faire pour réduire les inégalités entre le Nord qui connaît l’abondance et le Sud qui est dans la disette. Mais ces mêmes riches éprouvent énormément des difficultés à voir les pays pauvres faire librement de projets de société qu’ils n’hésitent pas à utiliser la famine comme une arme politique ou économique pour les asservir, par exemple. C’est le cas notamment des États-Unis d’Amérique qui contraignent l’Égypte, sans doute tributaire d’une aide alimentaire indispensable, à l’asservissement afin d’obtenir que celle-ci défende auprès du monde musulman l’image de Sharon qui est de loin l’égal d’un Hitler à l’actif duquel on peut mettre la plus grande tragédie de l’histoire. Mais au-delà de cette triste réalité qui caractérise les relations internationales, que pouvons-nous faire face à des adversaires qui utilisent tous les moyens pour nous asservir ? Rien. Sauf si nous prenions conscience que c’est bien évidemment pour nous détruire que de telles actions sont justifiées par les puissances qui forment « l’axe du mal économique. »

Bien évidement ces quelques remarques relatives à la tragique réalité que connaissent certains pays pauvres  m’amènent sans transition vers une réalité que vit le peuple tchadien sous le joug d’un dirigeant africain qui s’était très maladroitement autoproclamé chantre de l’unité africaine. Il s’agit bien de Kadhafi dans les idées duquel nous avons trouvé, aux premières heures de son engagement dans la voie de l’unité en Afrique, et ceci bien naturellement à cause des largesses financières qu’il n’a de cesse manquée d’avoir face à des pays nécessiteux comme le nôtre, une sorte d’homme providentiel pour l’Afrique. Malheureusement le temps s’est vengé de lui et tout porte à croire que cet individu n’est ni indispensable pour l’Afrique, ni encore pour notre pays pour lequel il n’a que des mauvaises pensées : Il a certes une idéologie très appréciable du point de vue économique, mais il a une telle méconnaissance du droit international qu’il n’hésite pas à confondre la Libye et le Tchad, bien entendu pour étendre davantage sa seigneuriale personnalité. Les multiples tentatives de sa part pour occuper notre pays constituent l’illustrant exemple d’occupation qui constitue son ultime rêve de dictateur finissant. En s’impliquant une nouvelle fois dans la crise politico-militaire qui secoue notre pays, il vient de nous prouver une fois de plus que résoudre les problèmes de rébellion au Tchad et œuvrer pour une paix n’ont guère été ses priorités : il cherche au contraire la division des Tchadiens pour se montrer de plus en plus indispensable. Une fois de plus, il est temps d’en découdre avec Kadhafi qui n’est ni un démocrate qui convaincs,  ni un terroriste qui clame haut et fort son identité : il revêt le costume selon les intérêts du moment et nous avons une obligation morale de ne pas souscrire aux pensées hétérodoxes qu’il charrie à travers son livre vert.

Mais dans un monde où les choses deviennent ainsi plus compliquées pour tout le monde, y compris pour les marchands d’armes qui continuent d’exploiter notre misère et nos querelles afin de réaliser un mieux-être chez eux,  ma préoccupation n’est pas de se replier sur nous afin de protéger nos maigres intérêts, mais elle consiste très certainement à bâtir un monde juste et équitable avec tous les peuples. C’est la raison pour laquelle nous devons nous mettre au travail. Il faut reconnaître que le pouvoir est un moyen d’action et non une finalité car il consiste bien naturellement à travailler pour les autres en leur proposant un projet de société. Cela veut dire qu’en prenant en considération cette vérité, l’on se rendra compte de l’immensité de la tâche qui attend chacun de nous. Notre pays est pauvre, et sa situation risque de s’amplifier si nous n’arrêtons pas de nous quereller et tirer dessus comme des vrais ennemis. Transposons le combat sur le champ des idées car cela est d’un grand intérêt pour nous tous : Arrêtons, chers compatriotes !  Car ce sont de trop toutes ces querelles inutiles. La conquête du pouvoir ne peut se faire que par des projets démocratiques. Si le pouvoir de servir notre peuple reste une chose qui soit digne de tous nos efforts, c’est par le suffrage populaire qu’il faudra le conquérir. Et c’est par la voie démocratique que tout pouvoir sera sanctionné : le gouvernement actuel qui a les commandes de notre pays peut un jour ne pas répondre aux aspirations du peuple qui le sanctionnera par un suffrage populaire transparent et incontestable.

C’est dans ce contexte de paix intérieure que nous pourrions essayer de nous positionner pour tirer davantage de gains de la mondialisation et de la nouvelle donne économique en Afrique que constitue le plan de développement intégré Nepad. Mais tous les chantiers précités appèlent quelques reformes indispensables, par exemple dans les domaines comme l’armée. Dans ce cas exactement, Il nous faut entreprendre des reformes non pas pour détruire les forces militaires mais pour que celles-ci aient un rôle utile à la société. Celles-ci auront un objectif précis et clair qui consiste à donner plus d’impulsion pour l’instauration de la paix dans notre pays. Loin d’être un spécialiste de la question militaire, je pense tout simplement que les dysfonctionnements et les crises récurrentes qui ont touché le corps militaire ont montré les limites du système d’organisation actuel et qu’il faudrait naturellement envisager des reformes afin de mettre sur pied une armée républicaine et au service de la nation ; ces reformes s’articulent autour de quatre axes principaux :

-          La professionnalisation du métier de militaire et l’institution des écoles de formation adéquates, dotées d’importants moyens et capables de motiver les nouvelles recrues à leur métier par l’acquisition des nouvelles connaissances ; ce professionnalisme implique que les militaires seront formés dans différents métiers en relation avec le développement et la lutte contre la pauvreté pour lesquels ils doivent être mobilisés dans le cas où la sécurité du pays ne serait pas menacée. L’armée ne doit pas être qu’un gouffre financier pour l’Etat, mais un secteur de production et de consommation pour l’économie nationale.

-          Doter l’armée des infrastructures adéquates et très utiles pour le développement du pays. Des moyens de secours, de défense et d’action en tous domaines doivent être affectés aux militaires. Une redéfinition de la mission des forces de sécurité sera privilégiée pour parer à toute éventualité.

-          Opérer une nouvelle stratification des corps de l’armée et la modernisation de leurs moyens d’action doivent être privilégiée. Donc dans ce cadre là, il serait préférable d’envisager la création des nouvelles hiérarchies et zones militaires stratégiques. Ces nouvelles hiérarchies et zones militaires seront instituées pour répondre aux besoins de sécurité du pays.

-          Amorcer une démobilisation de tous les militaires n’ayant connu que les guerres fratricides et prévoir leur insertion dans la vie sociale en tenant compte de tous les facteurs d’insertion; eu égard aux demi-échecs auxquels a conduit ce système dans un passé récent, une nouvelle conception basée sur un programme de développement doit être privilégiée. Ce nouveau programme permettra aux militaires démobilisés d’avoir une certaine indépendance financière, tout en ayant la possibilité de gérer d’autres activités agropastorales ou industrielles par exemple. En ce qui concerne les démobilisations qui ont été engagées depuis un certain temps, je pense que celles-ci sont intervenues au mauvais moment et lorsque aucune perspective d’insertion ne s’offrait aux militaires démobilisés. En effet une insertion ne se résume pas à consacrer quelques maigres budgets pour résoudre ces problèmes endémiques que constituent les mécontentements et les affrontements interethniques, caractéristiques de notre armée depuis notre indépendance. 

Sur le plan économique, des solutions peuvent être également proposées. Tout d’abord, on peut certainement admettre que le pays a besoin d’un programme économique fiable qui s’inscrit dans le long terme.  Les opportunités de décollage économique sont certes franches et notre pays semble déjà propulsé sur le sentier de la croissance économique avec l’exploitation du brut tchadien ; mais compte tenu de l’apparente pauvreté qui caractérise notre économie et nos finances publiques, l’Etat tchadien n’a pas les moyens d’une véritable politique de développement qui nécessite des reformes fiscales, monétaires, financières et politiques ; les soutiens des bailleurs de fonds à nos problèmes de développement ont certes été nombreux et conditionnés par des énormes sacrifices que sont les reformes précitées, et comme je l’avais souligné dans une analyse précédente, il est à mon avis très hasardeux de compter sur les quelques dollars du F.M.I. et de la banque mondiale pour amorcer le développement de notre pays. L’objectif de cette assistance des institutions internationales ne consiste pas à aider les pays pauvres, mais préparer leur insertion dans l’économie de marché ( dans laquelle ils n’ont aucune chance tant la répartition des richesses reste pour la moins obscure avec la dichotomie: pays producteurs et pays consommateurs ) par des plans d’ajustement dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils ont été à l’origine même des crises récurrentes de nos économies. Même si ces financements sont affectés aux reformes indispensables de nos structures économiques pour lesquelles nous avons consenti d’énormes sacrifices en croyant que celles-ci avaient autre but que de nous amener à brader notre patrimoine national ; ma perception de faiblesses économiques de notre pays est bien contraire à celle des institutions de Bretton Woods : autant je partage avec eux les causes indirectes, seulement indirectes, de la crise économique, autant les solutions préconisées par ces institutions sont loin de ma position et donc de mon point de vue elles sont nuisibles et inadaptées pour sortir notre  pays de cette crise ; je l’ai dit dans mon analyse intitulée « l’Afrique doit combattre elle-même son mal développement » et toute référence à celle-ci peut être d’un grand éclairage sur la nécessité de quelques actions dont je recommande la mise en œuvre dans la présente réflexion. Seulement pour plus de précision je ne manquerai pas de soulever quelques zones d’ombres qui puissent subsister dans la lecture d’une analyse brève ; celles-ci concernent les reformes qui sont très essentielles et dont voici les principales :

-          Les privatisations des entreprises doivent être un choix économique obéissant à une logique de satisfaction des besoins de la société et les éventuels acquéreurs doivent être des gestionnaires avisés tenant compte de la nécessité pour notre pays de produire et d’avoir des entreprises à vocation sociale, car nous avons des obligations de faire du social quand l’intérêt de notre peuple commande cela.

-          Les reformes fiscales et douanières doivent être orientées vers les contribuables qui pourraient se voir motivés par un système fiscal innovateur et moins répressif. C’est la meilleure arme pour rationaliser les ressources fiscales et faciliter l’application des politiques fiscales. 

-          Les reformes monétaires et financières doivent être axées sur la création des institutions bancaires et financières capables de financer l’économie à partir des ressources nationales. Mais il faut aussi envisager l’amélioration et la réglementation des ces institutions appelées à mobiliser les ressources locales afin de les orienter vers des secteurs productifs nationaux. Celles-ci peuvent également jouer des rôles de conseil en ingénierie financière et dans la création des structures productives.

Naturellement la résolution de problèmes de famine, de pauvreté et d’instabilité doit passer nécessairement par une prise de conscience de tous les Tchadiens, de tous les Africains et de tous les citoyens du monde. C’est absurde que de se contenter de faire des appréciations sur la situation de pauvreté et de misère qui caractérise toute l’humanité. Et il est temps de jouer un vrai rôle dans le but de faire disparaître les inégalités dans le monde. Quant à nous Tchadiens, l’avenir de notre pays et l’amélioration de notre niveau de vie commandent ce changement de vision que nous devons adopter pour amorcer une nouvelle ère marquée par la prospérité, la justice, la solidarité et l’égalité pour tous. C’est en sens que doivent œuvrer le gouvernement et le parlement issus des élections qui viennent d’avoir lieu. Même si celles-ci avaient été marquées par des irrégularités qui se corrigeront par la conscientisation et la responsabilisation de tous les citoyens tchadiens, futurs chantiers de toute action politique. Tous les Tchadiens de quelque obédience politique qu’ils soient doivent espérer que les actions de ces institutions démocratiques nous seraient d’un recours gracieux afin qu’un jour servir le peuple ne devienne que le rôle naturel dévolu aux responsables politiques appelés à gérer le pays.
                                               
Djamal-addine Abdel-aziz Haggar


                                                06/06/2002
                                      Le Tchad: Un dérapage inéluctable

   Est-il vraiment lieu de le dire ? Le discrédit qui frappe le pays n’a pas d’équivalent dans l’histoire du continent. Pendant la colonisation, nous étions assurément des victimes. Aujourd’hui, nous sommes nous-mêmes les principaux fossoyeurs de notre présent et de notre avenir. Au sortir de l’indépendance, nous disposons d’appareils d’Etat certes embryonnaires, mais qui avaient le grand mérite de remplir efficacement les missions élémentaires qui leur étaient dévolues : la sécurité, la santé publique, l’éducation, entretien des voies de communication.

   Hélas, aujourd’hui, le Tchad est complètement liquéfié et spolié, les gardes prétoriennes(GR) et les agents politico-ethnique de l’(ANS) ont supplanté l’armée, la police et la gendarmerie, qui ne sont que les ombres d’elles –mêmes. L’insécurité s’est généralisée, nos propres maisons, les rues sont devenues des lieux de peur.

   La tragédie de la pauvreté et de la famine nous rappellent fort dramatiquement qu’avec des administrations honnêtes, intègres, efficaces et responsables nous aurons pu endiguer ses fléaux. Au lieu de cela une majorité des jeunes tchadiens et des cadres bien formés sont à l’extérieur, victimes des tergiversations de cet Etat(s’il existe) et d’une ambiance délétère et ludique ou le sens de la responsabilité individuelle et collective s’est évaporé. Les crises politico-militaires qui reprennent, l’appauvrissement du Tchad de jour en jour pris en otage par des coteries prédatrices, la propension des soit disant dirigeants qui sont préoccupés essentiellement de leur sécurité et des moyens de conserver le pouvoir, tout cela conduit au fait qu’un secteur aussi décisif pour le présent et l’avenir que l’éducation est naufragé.

   L’insécurité et le désordre général, la criminalisation rampante de plus en plus contrôlés par des systèmes mafieux, les lourdeurs administratives et l’absence quasi- quotidienne de règles transparentes occasionnées par une corruption endémique font que tenir notre image. Même les donateurs publics nous considèrent désormais comme des puits sans fond et des cas d’acharnement thérapeutique sur lequel il ne faut plus se lamenter.
                                                           
   A. Abdelaziz


                                                25/05/2002
                                 Éducation et Transformation des Hommes
   De l'eau a beaucoup coulé sous le pont depuis que , les uns et les autres, nous apportons chacun ses réflexions pour permettre à notre pays d'être efficient dans sa démarche vers le bien-être pour tous(vaste programme !!).
 
  Partons d'abord du principe que le chemin sera long, cahoteux et difficile. Le Tchad, n'a pas bénéficié des mêmes « chances » que la plupart des pays d'Afrique Noire Francophone. Alors part quel(s) bon(s) bout(s) commencer, pour IMPULSER LA MARCHE VERS LE MIEUX ÊTRE DES CITOYENS (avec les quelques « Chouia » qui viendront du pétrole (pendant 25 ans, n'oubliez pas !!))?
L'Éducation de masse (et pour tous) à mon avis.

   Une Éducation généreuse, sans calculs, planifiée en règle sur le long terme (25-50 ans) et surtout prise en main par les enfants du terroirs. Seulement, vous me direz, que faire des enseignants aux rabais qui écument nos villes et campagnes ??  pour briser le cercle vicieux  des enseignants aux rabais qui forment des élèves aux rabais (inadaptés dans les grandes écoles étrangères), il faudrait (pardonner mon esprit vieilles valeurs !!)  refaire appel (encore une fois) à la coopération mutuellement profitable entre d'une part la France et le Tchad et d'autres part entre L'Égypte et la Tchad. Ces coopérations sous la Forme d'enseignants de qualité en masse pendant 25 ans, permettraient de former les Fils du terroirs  qui à leur tour retransmettront le savoir aux autres couches de la population tchadienne. N'oubliez pas que ce sont des investissements à long terme. A ce prix là, vous verrez ce que sera la Tchad dans 50 ans .

   Toutes les courbes de statistiques et de stagflation économique (distillées çà et là) ne seront pas les premières gouttes de pétrole qui viendront améliorer les conditions difficiles de vie (surtout matérielles) que vivent les parents (à Sarh, Faya, Abéché, Mondou ou Bongor). Je ne doute pas que les cases en obus de Bongor et nos maisons en ddour-ddour (avec les terrasses flanquées des am- bawalla) constituent des richesses de notre culture dont nous sommes d'ailleurs fières. Mais transformer les Hommes dans leurs façons d'aborder les défis du siècle naissant (tout en préservant jalousement leur propre cultures hérités des ancêtres) n'est pas moins un noble objectif.

L'organisation cohérente des futurs processus dans le long terme pour nous même et pour nos enfants, avec ce que Dieu voudra bien nous donner, voilà de quoi faire réfléchir plus d'un Tchadien.

Prendre le bout du changement par l'éducation, certes difficile,  est mon avis.
A bientôt.
                                                            
Patrick KIMATO
                                                       
pkimato@hotmail.com


                                               24/05/2002
              De l'indifférence à l'École comme principe de gouvernement
   Au Tchad, pays pauvre, misérable à la limite, l'éducation considérée comme moteur principal du développement, n'a paradoxalement jamais été la préoccupation de nos dirigeants. D'ailleurs, même la population semble oublier que l'École est de loin salvatrice et sécurisante. 

   Certes, ceux qui avaient eu le pouvoir après les indépendances ont passé le clair de leur temps à dilapider les deniers publics dans les victuailles et autres orgies. Mais à la différence de ceux qui nous gouvernent actuellement, les premiers avaient accordé une place de choix à l'éducation. Un hasard heureux ou la suite logique de ce qu'avait laissé le colonisateur ? Je n'ai pas la réponse. Toujours est-il que les gouvernements d'après se sont illustrés par leur incapacité à gouverner autrement que par l'oppression. Là aussi, l'argent public a servi non pas à creuser des puits, construire des salles de classes et des centres hospitaliers, mais simplement à organiser des mariages princiers et à mener une vie de pacha. L'école n'a jamais été la priorité, pas plus que la santé. Le credo est bien connu. Moins la population est éduquée, moins sera le risque de révolte et des réclamations. H. Habré avait fait disparaître des bibliothèques tous les livres traitant de démocratie et des droits de l'Homme. Idriss deby refuse tout simplement d'inscrire la reforme de l'éducation dans les priorités de ses projets. S'il le fait, c'est juste pour empocher les aides que lui apportent la France et les lilliputiens du pétrole en ce domaine. D'ailleurs, lors d'une de ses rencontres avec les jeunes de son parti, il va jusqu'à dire que " Le 21e siècle est celui des affinités. Les diplômes universitaires n'auront que peu d'importance ". Une telle affirmation prouve le mépris qu'ont nos dirigeants pour l'éducation. 

   En effet, si certains des responsables ont pu accéder à des responsabilités purement politiques sans avoir été à l'école, il convient de souligner qu'un pays quel qu'il soit, ne peut être construit et dirigé que par la politique. Tous les secteurs scientifiques, socio-économiques et juridiques d'un Etat requièrent des compétences reconnues. Or, aujourd'hui au Tchad, les disciplines comme les maths, la physique, la chimie (dans les écoles) et le droit, l'économie, la géographie, la biologie (à l'Universités) sont tout simplement mal enseignées. Et l'école normale forme (au rabais bien entendu)  plus des enseignants dans les domaines littéraires que scientifiques. Les conséquences de ce mépris sont irréfutables : absence de niveau dans nos écoles, incapacité de poursuivre les études dans les Universités étrangères pour ceux qui ont la chance d'aller à l'étranger, enseignants peu qualifiés ou sans niveau eux-mêmes etc. Tout cela, sans que les pouvoirs publics ne réagissent. Mais au fait, qui sont ces pouvoirs publics ? Deby, Nagoum, leurs différents Ministres, l'Assemblée nationale. Bref, le groupuscule au pouvoir, sans état d'âme, peu scrupuleux, faisant leur, le fameux carpe diem.

   Le pays est en train de s'engouffrer. J'ai pu lire dans certains articles publiés sur ce site la réaction désabusée de certains de nos compatriotes qui s'offusquent de voir les Camerounais s'agiter à partager avec nous la " manne pétrolière ". Mais ce
n'est que normal. En fait, j'allais dire c'est logique car, comment aurions-nous pu négocier l'exploitation de ce pétrole sans l'intervention ingénieuse des experts camerounais auprès de la Banque mondiale ? Je ne fais pas là l'éloge du génie voisin. Je constate simplement et je suis même sidéré que notre pays soit incapable de présenter des compétences pour l'exploitation de ce pétrole. Déjà pour les simples travaux de forage, les entreprises telles que Schlumberger, Esso et autres n'hésitent pas à employer des ouvriers  étrangers jugés qualifiés. Allez visiter le site pétrolifère de Komé. Vous n'en croirez pas vos yeux : Indiens, Irlandais, Roumains, Polonais, pullulent les lieux. Ouvriers Spécialisés. Pas d'autres étiquettes. Au Cameroun voisin, Changement de décors: aucune tête blanche n'ose s'approcher. Le pays a ses OS.

   Alors, chers compatriotes, à qui la faute ? Au Tchad, les Hommes ont passé le précieux de leurs temps à s'entretuer comme des sauvages pour s'approprier les biens de l'Etat alors même que les voisins créent des écoles, enseignent la technique et la science à leurs enfants. Notre pays a brillé par son incompétence dans tous les domaines. Et il le sera ainsi tant que l'École n'aura pas droit de cité entre nos frontières. 
                                                          
    Lyadish AHMED


                                                 16/05/2002
                                                             Mention bien

Mention bien pour l'article de Mbaïrounga Lucien, particulièrement par rapport à ce passage ;

« Voilà pourquoi il faut scolariser au maximum le pays parce que plus le pays sera scolarisé et plus ses fils sauront distinguer le vrai du faux. Il faut avouer pourtant que ce qui a manqué au Nord et qui continuera encore longtemps à manquer, c'est l'instruction des masses dans la partie Nord du pays qui a toujours refusé l'école. Le Nord musulman a toujours refusé l'école française sauf quelques rares enfants dont les parents étaient eux-mêmes déjà instruits ou simplement des notables ouverts
sur le progrès. »

   Ce refus de l'école française (peut-être implicite), doit certainement trouver quelques explications dans les dures conditions de vie dans le nord du pays. Quels temps pour aller à l'école, quels temps pour chercher sa pitance de tous les jours. Et le climat ??

   En définitive, instruire tous les citoyens (jeunesse entière ) du pays (nord, sud, est, ouest) en français et/ou en arabe; voilà les véritables enjeux de demain. (y affecter le maximum de ressources disponibles: routes, salles de classes, enseignants, santé).

   Enseigner le civisme, l'amour de la patrie, l'honnêteté, la probité, l'amour du prochain, la non violence, planter des arbres, préserver le bien commun, monter des projets pour le grand bénéfice de nos parents, etc. Voilà ce à quoi nous les jeunes nous devons nous y atteler.
                                                            
Patrick KIMATO
                                                         pkimato@hotmail.com


                                                 15/05/2002
                                 
L'union nationale j'y croit, je suis optimiste
   Le poids des traditions séculaires, l'endoctrinement ou plutôt le conditionnement de la masse par les colonisateurs d'abord puis par des dirigeants soucieux de préserver d'intérêts égoïstes; toutes ces considérations ont divisé le peuple tchadien tel qu'on ne raisonne plus qu'en terme de clan, de région ou de religion. La tâche que doivent s'assigner les "ialtchad" (je parle de ceux qui caressent le rêve de voir un jour le Tchad accéder à un certain niveau de développement, ceux qui s'indignent et ont honte en face de cette misère qui caractérise notre quotidien) c'est de montrer à nos frères paysans que ces arguments fallacieux qu'avancent nos politicards ne sont destinés qu'à maintenir un climat permettant aux rapaces qu'ils sont de dépecer le pays, de nous voler, de tuer ceux d'entre nous qui arrivent à voir clair.
   Pour démontrer que la région ou la religion n'ont rien à voir dans la triste histoire du Tchad, je vous invite à réfléchir avec moi sur ces questions élémentaires:
      -De quelle région et de quelle confession est Tombalbaye?
      -Qui, d'où et quelle est la confession de son assassin?
      -De quelles région et confession est Goukouni?
      -Qui l'a évincé, de quelle région est il?
      -Et ce dernier qui et de quelle confession est celui qui l'a chassé?
   Il appert de ces interrogations que seul le pouvoir et les intérêts matériels motivent les acteurs de toutes les scènes odieuses, dramatiques, crapuleuses qui se sont déroulées chez nous. 
   L'union des fils du Tchad, précurseur du développement, passe par une prise de conscience collective de nos vrais problèmes communs.
   Nous devons savoir que l'ennemi du musulman n'est pas le chrétien, que l'ennemi du sudiste n'est pas le nordiste mais que nos ennemis communs sont: la faim, les maladies, l'ignorance et j'en passe, la liste est trop longue. L'union nationale j'y croit, je suis optimiste; si les américains, différents de race, de culture, venus de partout sont parvenus à constituer aujourd'hui la première
puissance, ,j'ai toutes les raisons de croire qu'au moins nous, on peut réaliser le rassemblement fraternel.
                                                         Issa Dardoki Zakaria 


                                                07/05/2002
                                    
            C’est quoi un parti politique?

   Je suis très surpris par la création et la division des partis politique au Tchad. On dirait qu’au Tchad il n’y a pas des conditions requises pour être dirigeant, n’importe qui se lève un matin et crée son parti pour chercher la chaise  présidentielle. Quand on leur demande de leur mission, ces gens nous répondent qu’ils veulent un changement. Maintenant on leur demande qu’ils nous disent c’est quoi un changement ? Je ne pense pas qu’ils seront capables de répondre à cette question à moins qu’ils veulent un changement dans un sens plus négatif que le Tchad vit de nos jours.
 
   Selon ce que je pense ceux qui sont capables de changer le pays positivement, ils possèdent certaines connaissances, certaines bagages certaines réputations si vous voulez. Diriger un pays ce n’est pas diriger sa famille bien qu’il faut savoir diriger celle-ci avant de tenter de relever certains défis. Que les gens arrêtent de se moquer de la population tchadienne, elle n’est pas un troupeau de mouton pour se laisser diriger par n’importe quel berger. Si les dirigeants des pays occidentaux acceptent d’abriter certaines personnes comme des chefs de partis sans leur demander qu’est-ce qu’ils ont fait de bon pour le Tchad afin qu’ils puissent demain apporter un changement souhaité, le peuple tchadien leur demandera et il connaît le passé de tout le monde. Donc il n’y a pas un idiot plus que celui qui prend les autres pour des idiots.

    C’est logique. Le régime de DEBY devient de plus en plus fort grâce aux faiblesses de ses opposants. Je pense que si DEBY cherche à négocier avec certains genre de partis politiques, il perd de plus en plus sa crédibilité d’un Président, d’un  homme d’Etat car il y a des gens qui se disent des opposant parce que monsieur X ou Y est opposant, ou tout juste pour se faire voir.

    Alors pourquoi perdre son temps avec des gens qui n’ont pas un programme politique ? Aujourd’hui la politique au Tchad est devenue de l’amusement, ceux qui ne connaissent rien en politique sont des ‘’vedettes politiciens’’, le monde est à l’envers. La liberté et la démocratie ont rendu fou ceux qui ne connaissent pas leur définition. Et c’est bien le but même des blancs qui veulent instaurer la démocratie en Afrique. Comment voulez-vous une démocratie sans justice ? Dans nos pays africaines, il n’y a même pas la justice et nous nous disons des démocrates, quelle incohérence ? Lorsque j’ai appris la  création des certains partis, tellement j’ai eu mal au cœur j’ai vomi toute la journée et j’ai fait une dépression car je ne comprends pas pourquoi des tchadiens se moquent du TCHAD.

                                                       Abdraman Abakar Birkia


                                                25/04/2002
                
       L’intérêt du peuple pour une saine politique en Afrique
   Notre réflexion embrassant l'Afrique de manière générale plutôt que le seul cas du Tchad, voudrait poser l’intérêt du peuple comme condition à une politique plus saine car il semble rester en veilleuse malgré le fait que nos politiques en soient conscients. Mais avant cela, nous partirons d’un constat relatif non seulement au dialogue inter congolais mais aussi relatif à de nombreux pays africains, puis nous proposerons quelques pistes de concrétisation d’une telle politique.
   Le récent dialogue inter congolais à Sun-City a révélé une difficulté commune aux tentatives de réconciliation nationales de nos pays africains : Un problème de partage du gâteau national: les richesses, le pouvoir… Les tiraillements des uns et des autres pour en déguster sinon la totalité, du moins la part du lion, a provoqué des maux atroces, qui semblent trouver en terre africaine mieux qu’ailleurs, un asile hospitalier : génocides, rebellions, instabilité politique, économique, social, insécurité, des présidents réélus indéfiniment…. La région des grands Lacs, le Congo Brazzaville, l’Angola, la Centrafrique, le Tchad, La Guinée Conakry, le Libéria, la Sierra Léone en savent quelque chose. Pourtant, les cris de détresse des victimes par trop longtemps meurtris, déchire désespérément le ciel africain: « Assez ! Plus de génocides, plus de guerres, nous voulons la paix, la sécurité. Nous voulons profiter de nos richesses ! ».
   D’aucuns se plaignent des manipulateurs occidentaux. Bien que fondées en bien d’égards, ces plaintes ne sont pas libératrices car le mal est avant tout interne : Nous n’arrivons pas à faire un partage équitable de nos richesses car nos intérêts personnels priment sur l’intérêt général et par le fait même nous sommes divisés et donc facilement manipulables. Comment alors opérer un partage qui fasse table rase des atrocités indescriptibles et qui établisse la paix ? Partager sans orientations aucune ou par des compromis ne profite en rien : nous ne serons alors plus des nations mais des conglomérats n’ayant cure que de contrôler la part qui leur est due. Ainsi, la nécessité d’une noble visée commune s’impose.
   Si la politique est l’art de bien gouverner la « polis » (la cité), elle n’atteindra son but que dans la mesure où les acteurs politiques privilégient l’intérêt général des membres de cette « polis ». Cela suppose inévitablement un mis à l’écart de tout intérêt particulier et égoïste. Il s’agit de se départir d’une vision trop exiguë pour embrasser une vision large, quand bien même cela est astreignant, pour qu’advienne un avenir moins hideux. En d’autres termes, chaque acteur politique devra avoir l’intérêt de tous devant les yeux.
   Cela sera concrètement possible par la reconstruction du droit comme le suggèrent certains (Cf. l’article « Reconstruire le droit » de Mazembo dans le numéro janvier-mars 2002 d’Afrique d’Espérance). Toutefois, on ne peut construire un Etat de droits qu’avec un peuple éduqué à la chose politique et à l’intérêt général. Or une telle éducation ne saurait être sans sous-bassement morale. Donc, il s’avère opportun d’imprimer dans l’éducation des jeunes Africains des valeurs morales telles que le sens du sacrifice, le souci de l’intérêt de la Nation pour espérer un futur meilleur. Ceci permettrait effectivement de construire un Etat de droit qui garantirait à sa mesure, le bien de tout le peuple. Des valeurs africaines jadis exaltées et aujourd’hui altérées telle que la solidarité auraient été des prédispositions à de telles visées si elles étaient dépouillées de leur cocon clanique, car nos cultures africaines, en général holiste, faisaient primer le tout sur le particulier.
   De là nous pouvons tirer aisément quelques conséquences heureuses : Un peuple éduqué à une telle fin ne se laissera pas brimer par quelques politiciens avides du pouvoir et désirant être indéfiniment réélus. Si l’autorité n’est que la chance d’être obéi, tant que le peuple lui désobéira malgré les représailles que ses proches pourront organiser, il ne fera pas long feu.
   Un peuple uni par une telle fin décidera par lui-même et refusera d’être téléguidé par de quelconques « directions d’agence » n’ayant souci que de leurs intérêts au détriment de la vie des centaines et des milliers d’êtres humains.
   Le peuple étant uni, toute agression étrangère se heurtera et s’arrêtera devant la massivité de la force de l’union nationale, quelle que soit la perfection de son arsenal militaire. La petite Vietnam n’a-t-elle pas tenue tête à la géante USA ?
   Pour conclure, nous voulons évoquer la personnalité de Nelson Mandela, qui a incarné la figure de l’homme politique modèle : Le bien de son peuple, est un idéal pour lequel il accepta de se priver de la chaleur familiale et de purger la peine d’un emprisonnement qui dura 27 ans après une lutte qui elle-même s’est révélée rude à cause des dirigeants racistes et pro-apartheid de l’Afrique du Sud d’alors. Au prix de détermination et de sacrifices, il a permis un grand pas dans la réalisation de l’idéal pour lequel il luttait : Une Afrique du Sud démocratique. Puisse nos politiques africains prendre modèle sur cette homme, pour que déterminés et donnés à leurs peuples, ils donnent l’espoir d’une Afrique debout, libre et prospère.
                                                        
Naortangar Rodrigue,
                                                   
e-mail: naortaman@yahoo.fr
                                                             Kinshasa, RDC.


                                                  12/04/2002
                                                                      
            Révélation!
   Avant tout, salut Hamid Kodi Moussa avec l'équipe"ialtchad" ainsi qu'à tout(es) mes compatriotes.
   Ma révélation se base sur la réalité et celle-ci est dure mais la cachée c'est pire à l'ère où nous en sommes. Je veux que notre génération prends courage de dire la vérité afin de revendiquer nos droits pour pouvoir reconstruire notre chère patrie qui ne cesse pas encore de se déchirer par la guerre depuis 11 Août 1960.
Il nous faut une bonne gouvernance car on jamais connu un Président qui pense aux citoyens et au développement du pays. Malheureusement ce sont les malfaiteurs et profiteurs qui ont saisi la chance de diriger. Pourquoi si un fils ou une fille du Tchad dit la vérité quelques têtes l'opposent? Si la personne éclaircit certaines obscurités c'est justes pour sauver la vie de tout un peuple. Jetons un clin d'œil sur le média qui prouve la modernité, l'autocritique, la liberté d'expression... par exemple: tu peux critiquer le Président Bush, sans hésiter, celui représente la puissance mondiale. Peu importe le monde qui connectent sur notre site ialtchad.
   Chers(es) compatriotes partageons
 nos idées dès temps afin d'améliorer la position économique, politique, industrielle,...du Tchad. Au lieu de riposter dans le vague. Merci de votre compréhension. Et bonne connections sur l'internet. 
                                      
Par Mahamat Abakar Rozzi de Caen en France


                                                 11/04/2002
                                    A quand une remise en cause collective?!

   Il nous arrive de fois que certaines interrogations hantent nos esprits sans le vouloir. Au regard de l’ambiance teintée de pétrole qui règne actuellement au Tchad, de l’histoire du Tchad, de ses enfants et de leurs actes, au regard des actes que posent nos dirigeants depuis les années d’indépendance, des orientations faites aux politiques économiques, de la longue guerre civile qu’a connues le Tchad, je n’ai pu m’empêcher de me poser cette question: un véritable libérateur du Tchad, est-ce une hallucination?
   Loin de moi l’intention de me plonger  dans l’exercice le plus favori de certains à savoir: la plainte et l’indignation. Elles n’ont jamais résolu un problème. Mais c’est un état de faits qu’il faut restaurer de manière à susciter des interrogations en chacun de nous.
   Je me souviens encore, il y a quelques années quand j’étais à l’école primaire, qu’ on expliquait la misère des tchadiens par les facteurs naturels tel que la sécheresse, l’absence d’un port maritime, son enclavement,  l’absence de produits phares d’exportation.
   Aujourd’hui, le débat devrait être clos avec les la découverte des réserves du pétrole et les travaux sur les sentiers pétroliers de komé.  
   Mais que constate t-on ? des inquiétudes montent  partout ; sont elles légitimes ou fruit du Tchado-pessimissme ? on ne saurait répondre à cette question de manière tranchée à ce stade. Ce qui est sûr, le pétrole n’est profitable au citoyen qu’à travers les possibilités d’emploi qu’il lui offre et non  fondamentalement les recettes issues  de la vente du Brut comme beaucoup le pensent. En effet, dans le même ordre que les aides au développement accordées en pompe par les bailleurs de fond qui n’ont servi qu’à ceux en qui on a confié la gestion de ces fonds, le projet pétrolier du Tchad risque d’accoucher une souri. L’exemple du Gabon doit pourtant nous édifier à ne pas tomber dans les mêmes erreurs. Voilà un petit pays avec moins de deux millions habitants et avec d’énormes  ressources pétrolières, on constate tout de même que la grande masse souffre. L’insuffisance de la préparation à ce projet, le passivisme  risquent de compromettre la relève de ce pari. C’est donc logique que les postes les mieux rémunérés reviennent aux expatriés mieux outillés. Nous ne nous contenterons des miettes nécessaires pour gérer le quotidien. 
   Il n’y a points de richesse que d’homme. Et je suis persuadé  que la pauvreté de notre pays découle de notre pauvreté en tant qu’homme. Elle est une résultante de nos forces et de nos faiblesses;
   L’homme est au début et à la fin de tout développement, disait si bien le regretté Léopold Sedar Senghor.  Mais Avons-nous à cœur de faire avancer les choses dans le sens noble du terme ? 
   Mon père, le paysan, quant tu reçois les recettes de ta récolte, penses-tu  aux possibilités d’accroître la capacité de la production à la prochaine récolte ?
   Mon oncle, l’éleveur, que fais-tu de tes nombreux troupeaux ? es-tu conscient de ta place irremplaçable dans le développement du pays ou joues-tu seulement à l’égoïsme en faisant détruire les semences du papa par tes troupeaux en quête de pâturage ?
   Ma mère, la ménagère, quant papa te présente ses revenus, quels conseils, tu lu donnes par rapport à la gestion de ces revenus ?
   Mon frère aîné, le fonctionnaire de l’Etat, prend-tu en compte la dimension de ton traitement salarial dans ton fonctionnement de tous les jours et combien alloue-tu aux activités productives ?
   Technicien supérieur que je suis, que fais-je pour innover le milieu où je suis appelé à travailler ? Quelles sont mes préoccupations  quand je suis au travail? Sont-elles uniquement d’ordre salarial ?
   Mon frère cadet, le chômeur, que fais-tu de tes temps de chômage ? Consacres-tu ce temps à chercher les solutions  ou préfères-tu te distraire dans les bars et les cabarets  en cherchant les bouc émissaires, responsables de ton mal?
   Ma sœur l’élève, de quoi discutez-vous avec ton petit ami qui vient tous les soirs à la maison ? Écoutes-tu ses conseils qui te disent d’écourter tes études pour devenir sa femme ou ambitionne-tu d’aller le plus loin que possible, devenir même professeur agrégé car les moyens intellectuels ne te manquent pas ?
   Mon neveu le cultivateur, tu as laissé les énormes terres arabes que Dieu a mises gratuitement à ta disposition pour venir chercher bonheur à N’djaména. N’djamena ne t’a rien donné. Que comptes tu faire maintenant ? vivre du parasitisme ou retournes-tu chez toi, là où tu peux vivre dans la dignité, à la sueur de ton front ?
   Mon grand-père le sage, tu as peut être au plus 5ans, 7 ans ou 10 ans à vivre encore. sur la terre, vu ton âge très avancé et ton état de santé fragile.  Que fais-tu de ton énorme trésor de sagesse, les secrets ancestraux qui font de toi un homme mystique ? vas-tu mourir avec ces valeurs qui sont nos supports en cette période de mondialisation , d’émancipation de la femme ? ou plutôt vas-tu nous transmettre le flambeau ?
   Mon cousin le pasteur, cherches-tu le salut éternel de ton peuple ? Contribues-tu à cultiver la paix au sein de tes adeptes, à les aider à se détourner  du mal ou vises-tu seulement les offrandes et les dîmes  de dimanches?
   Mon marabout, El hadji,  que prêches-tu à tes adeptes ? la paix léguée par Mohammed ou la domination des autres ?
   Toi, mon compagnon, tu es venu à l’extérieur pour étudier. Après plusieurs années d’étude, tu es le seul à savoir si tu as fini ou non mais visiblement, tu rencontres beaucoup de difficultés. Peux-tu rentrer au terroir de tes ancêtres d’où personne ne peut te rejeter pour mettre ton expérience au service de tes siens ?
   Mon ami, le fonctionnaire international, quelle est la place de ton pays dans les privilèges que tu as ?  partages-tu tes riches et nombreuses expériences avec tes frères du terroir ?
   En fin, Monsieur l’homme politique, le papa national , Monsieur, quelles sont tes motivations et tes convictions en visant la conquête du pouvoir ou en l’exerçant ? est-ce pour assouvir une soif personnelle sur le dos des populations? as-tu un projet de société pour ton peuple ou garantis-tu seulement les intérêts claniques ?
   Dis-moi, Monsieur l’opposant démocratique ou monsieur l’opposant rebelle, qu’est ce que tu proposes à tes frères tchadiens ? Qu’offres-tu à tes concitoyens après avoir obtenu le fauteuil ministériel ou présidentiel ?
  Dis-moi, Monsieur le politicien, toi  qui a dirigé les destinées de ton pays ou qui dirige encore, qu’as-tu fait de pérenne pour la nation tchadienne ? Combien de routes  as-tu bitumé? Cites moi le nombre des hôpitaux, des écoles, des monuments que tu as crées ?  Que fais-tu de tes nombreux voyages à l’extérieur ? Qu’attend-tu pour copier ce que l’extérieur présente de bon ? As-tu le souci de pousser le pays que tu diriges au même diapason que ceux que tu visites allégrement et régulièrement ? Que ressent-tu au regard de la misère de tes concitoyens ? les tchadiens sont-ils tous égaux à tes yeux ?
   Autant de questions dont les réponses sont à mon avis, importantes pour amorcer le processus de développement de notre cher et commun pays.
   Oui, chacun de nous a une pièce à apporter à l’édification et nous devons en être conscients, si nous voulons être au rendez-vous des pays prospères.
Vivement un mea-culpa collectif.
                                                                T.Symphorien       
                             


                                                 04/04/2002
        
         Tendre la main à un frère, tendre la main à un avenir prospère
   Je ne saurais demeurer indifférent face au geste loyal de Félix Ngoussou qui tend une main de réconciliation à Abakar Mahamat. Leur différent, par la virulence qu'elle a parfois fait montre ne laissait pas envisager un quelconque "pacte de réconciliation". C'est là un geste qui, si seulement pouvait être appliqué par la majorité des Tchadiens, serait une garantie de l'avenir d'un Tchad réconcilié avec lui-même après les affres sanglantes tribales, ethniques, claniques, régionales, religieuses, politiques de son passé; et par le fait même un Tchad prospère, car il ne peut y avoir de prospérité nationale véritable sans concorde nationale. Il ne faut pas non plus nourrir l'illusion qu'alors une "uniformisation passive" résoudrait tous les problèmes. Il faut des débats qui se contredisent pour qu'apparaissent la vérité car elle ne peut être l'apanage de quelque parti. La solution viendra non pas d'hommes et de femmes qui se combattent mais qui d'hommes et de femmes qui confrontent leurs idées, des idées peut-être contradictoires, mais qui visent tous un bien commun: celui du pays. Par ailleurs, des débats d'idées qui dégénèrent en débats de sentiments ne sauraient disparaître carrément en raison de notre nature humaine à bien des égards violente. Mais notre grandeur d'âme consistera à les dépasser chaque fois pour viser le bien commun. Je veux donc exprimer ici ma joie de voir cette main tendue de Félix à Abakar, je serais encore plus joyeux si je vois celle d'Abakar la serrer vigoureusement. Je voudrais aussi saluer l'encourageant mot de Yacine en faveur d'un esprit communautaire d'action. Abakar, à vous la balle!
                                                
Naortangar Rodrigue, Kinshasa (RDC)
                                                        e-mail: naortaman@yahoo.fr                                       


                                                  03/04/2002
                                                     L'amour de notre pays
   J'ai été très ému par le sens de responsabilité et d'amour de notre pays qui se cachaient dernière les débats houleux entre Ngoussou et Abakar. En réalité ce débat n'était pas aussi négatif que ça, même si les mots parfois désobligeants qui ont été utilisés nous ont gênés. Les deux ont simplement montré chacun leur amour pour le pays mais selon leur tempérament propre. Ce débat nous aura tous appris à savoir que nous pouvons aussi en arriver là. Mais le plus important était le récent article de Ngoussou auquel je suis sûr qu'Abakar ne tardera pas à réagir. J'ai senti avec force l'élan de dépassement et de tourner la page qui habitait Ngoussou quand il avait décidé de tendre, à travers ce pathétique article, une main fraternelle à Abakar. L'article exprime un grand sens de responsabilité que je salue. Je suis content et fier de savoir qu'ils sont capables de transcender leurs malentendus pour que ialtchad soit véritablement un lieu non seulement un espace d'union mais aussi de partage d'idées pour la construction de notre chère patrie. Nous devons tous être prêts à suivre leur bon exemple au cas où d'autres cas pareils se présenteraient. Car il est clair que tout lieu de débats contradictoires comme ialtchad contient nécessairement des risques comme nous en avons vécu avec nos deux amis. Il ne faut pas avoir peur de se confronter aux idées contradictoires. De toute contradiction sort l'heureuse vérité. Nous ne pouvons vraiment pas y échapper si nous voulons avoir des débats authentiquement contradictoires. Mais le plus important aussi est d'en être conscient et de les assumer avec responsabilité. 
   J'en profite pour saluer ialtchadement tous les ialtchad, surtout nos deux amis. Je forme le vœu le plus cher que ialtchad soit véritablement le lieu qui nous aide à grandir davantage en maturité, en responsabilité et en amour pour chacun de nos compatriotes et pour notre pays.
                                                     
Mbaihornom Ngotar Bruno. 


                                                  01/04/2002
                                      
               Vision d'un fils du pays
  J'ai l'intime conviction que le renouveau du Tchad ne se fera que si l'on règle nos petites querelles internes. A savoir la recherche de l'intérêt général et non la défense du clan ou de l'ethnie. Ce qui est d'ailleurs la philosophie du pouvoir actuel, hérité des régimes antérieurs. Le changement ne viendra donc :
   - Ni du gouvernement actuel (leur vision du Salut et du Patriotisme non merci)
   - Ni des partis de l'opposition actuelle, dont la majorité ont fait leur incursion dans le gouvernement, mis à par leur brusque changement de niveau de vie ne nous ont rien apporté.
   - Ni des mouvements politico-armés (leur choix est tout à fait légitime mais il ne reflète en aucun cas la volonté des tchadiens).
Le dernier en date qui défraya la chronique à savoir le MDJT a entretenu pendant longtemps un certain espoir, mais vu la tournure des choses nul doute que se sera un éternel recommencement.
Le véritable essor, c'est du peuple qu'il découlera. Mais à ce jour, très, peu nombreux sont ceux qui ont le courage d'agir. L'heure n'est plus au martyre, mais à une action d'envergure, dans l'unité et l'engagement commun. Mon discours est peut être pessimiste, mais il exprime la réalité des choses. Toute critique constructive sera la bienvenue.
                                 
    
Écrivez-moi : yacine_f7@hotmail.com
                                                       Lyon, FRANCE.

                      PS : soyez plus nombreuses les filles, on a aussi besoin de vous.


                                                            16/03/2002
                                   
                      Une précision
    j'ose me permettre ce droit de relever certains manques de précisions. comme bcp de compates soucieux du devenir de leur chère patrie, je suis au regret de noter un certain nombre d'insuffisances quitte à mettre sur le dos de manque d'informations ou d'un choix deliberé de restreindre les evenements justes et justifiés au profit  de ce qui serait appelé l'intervention de l'etat d'âme. en parcourant le site, je suis malheureusement resté sur ma soif car en aucun moment je n'ai vu apparaitre une analyse critique et honnète des événements qui ont jusqu'à là marqué le tchad et continue à le marquer.cependant, permettez-moi de vous encourager dans cette mission que vous vous ètes assignées, nobles bien entendu, de faire l'unamité, autour de certaines questions brulantes et sensibles de notre pays l'incomprise patrie,le tchad, qui n'auront de solutions que lorsqu'il ya une juste sociale,justice sans laquelle aucune paix sociale ne peut être instaurée. et upso facto aucun developpement dans une instabilité institutionnelle et politique généralisée et dans un désordre chaotique, pire un etat de delabrement total sans parler de l'insécurité galopante. en effet , si vous me le permettez, la mission -votre mission- consiste,je pense, à laisser libre cours aux débats, dans un esprit de neutralité absolue et non de mettre d'entrée de jeux des gardes fous,sous pretexte que j'ignore.mais permettez-moi enfin de vous rappelez une chose, une toute petite chose: c'est surtout dans la confrontation des propos divergents et contradictoires que l'on evalue la grandeur et les qualités d'un homme.mais si célà  n'existe pas où se trouve alors la notion de ne jamais dire le contraire de ce qu'on pense, pire encore débattre pour plaire à l'interlocutaire.
                       
   bekourou@refer.sn ( mon contact depuis dakar au sénégal).

   
ialtchad Réponse- Bonjour Monsieur, Merci pour vos remarques et aussi votre gentil encouragement. Cependant ialtchad est une tribune pour tous les tchadiens et il revient à ceux deniers de réfléchir, débattre, et proposer des analyses, donc la mission de ialtchad comme vous le dites et que nous l'avons aussi mentionné sur le site c'est de laisser libre cours aux débats, dans un esprit de neutralité absolue. Or ce principe engendrerai des paradoxes si ialtchad cesse de devenir une tribune ou un arène en tentant d'usurper des rôles qui sont par essence qualificatifs et lui appartiennent guère. ialtchad croit qu'il serait intelligent d'inviter les autres ialtchad à participer dans ce sens ou tout simplement apportez vos "analyses critiques et honnêtes" qui s'avèrent manquer au site et ignorer de bien d'autres ialtchad, afin bien sûr, de parer aux lacunes dont vous faites mention sans vraiment les élucider et aussi dans l'intérêt de tous les fils et filles du Tchad. Mais si jamais vous pensez qu'il y a des entraves(gardes fous) qui peuvent vous empêcher d'apporter vos idées, dites nous car nous les ignorons et www.ialtchad.com  vous servira avec plaisir. Merci encore, ialtchad espère vous lire très bientôt sur le Forum, vos idées nous intéressent.
ialtchadement, Hamid Kodi


                                               13/02/2002
                              
            Ou va l'effort Tchadien
   
Le Tchad plus jolie que sa carte géographique, il n'y a pas, un drapeau encore plus beau, un hymne national prometteur d' avenir rayonnant; plus un un nom très original qui veut dire forcement loin quelque part un casse-tête; un pays remorquer par la Banque  mondiale qui nous fait vivre le mal du monde moderne avant d'y avoir goûter son bien, on brûle les étapes mais c'est pas dans notre avantage cet injection d'argent a répétition et l'application a sens unique d'un statut stéréotypé qui déséquilibre la personnalité politique de notre pays en poussant tout les cadres a s'entassés dans le camp du pouvoir exécutif pour vu que c'est la seule entreprise au sein du quel on dîne bien; cella a pu empêcher tout litige censé de la part des législateurs;on vis une harmonie constitutionnelle de la pur fiction, dans un temps ou il fallait que les concernés(les magistrats) trouve le chemin et les moyens d'assumer leur devoir, ce n'est pas évident mais il le faut après des études aussi longues et appropriés, pour faire comprendre a leurs confrère de l'exécutif qu'a force de vouloir tout faire seul on finis par tout rater et qu'il ne faut jamais donner a seul homme une vie aussi longue que celui d'un peuple.
    Démocratie, être ou ne pas être la fameuse question ne se pose pas dans un pays ou on n'osent jamais même pas une seule fois braver le saint-argent, ni honneur ni vertus ne lui rivalise; la méthode est simple concentre toi et fait la politique du ventre pas (celle des tout le monde) t'as 500f seul t'es plus riche que d'en avoir 1000f chacun dans un groupe alors fais en sorte,
mais pourquoi ce sont les bien placés les plus instruis qu'ont toujours le plus peur du faim?, est-ce parce qu'ils connaissent bien les effets destructives du malnutrition, les effrayantes spectres des maladies; au lieu d'un peuple mis a mal dans son quotidien privé de tout, exposé a tout risque, qui se contente de ND'jaména notre grande ville, la crème de patrimoine tchadien, elle est toujours torturée au pire moment par la STEE; qui devait être diriger par un directeur qui n'a jamais passer une seule nuit en dehors du Tchad pour qu'il puisse être en accord avec lui même. Qui a tors, ce n'est pas une énigme, mais il est absurde de dire que 4 ou 5 hommes nous ont réduis ainsi; tous ça sans mentionner les défis écologique qui nous menace, des soucis vertigineux, heureusement on se demande par fois est-ce que on a raison a culpabiliser autant que ça un État moins âgé que son chef d'état un pays dépassé dans son niveau de vie par son propre peuple, sérieusement cherchons la solution au fond de nous même ni vaincre ni mourir plutôt existons et participons a l'unité au travail pour le progrès.

                                                      
Ahmat Mahamat Saleh


                                               31/01/2002
                                     
Joindre l'espoir national
 
Bonjour mon compatriote, Voila, une bonne conception tchadienne et un indice constructive du future génération tant attendu par notre souffrante nation, dit-on ensemble à tous nos jeunes et futures responsables, intellectuelles élargissons nos horizons d'intérêt ;qu' il est grand temps pour changer notre conduite d'autrefois celle de la majorité des nos aînés, parce qu'elle ne nous à pas menée jusqu'à maintenant loin des annés1960, nous le savons tous quelle gâchis humanitaire, financière, temporelle, ça été! c'est déplorable, chers frère et sœurs; pourtant ce n'est pas la connaissance, l'ingéniosité, ou le pouvoir qui manque, c'est tout simplement la bonne volonté et un peu de ténacité, moins que l'acharnement qu'il fallait pour faire la guerre fratricide. Ne nous trahisons plus à % nous les jeunes et l'avenir du patrie sera % GARANTIE. Un parmi les millions de tes compatriotes: 
                                                      
Ahmat Mahamat saleh
                                                        ahmat@hotmail.com


                                               02/01/2002
                                          Félicitations et remerciements
   
Salut Hamid Kodi Moussa, C'est avec beaucoup d'allégresse et d'émotion que je t'écris pour exprimer ma gratitude et remerciement. Car l'acte inédit que tu viens de poser montre à suffisance ton dévouement et l'esprit de patriotisme. J'avoue que notre chère patrie a besoin de personnes de votre qualité. l'opportunité que tu venais de nous offrir permettra à tous les fils du Tchad d'échanger leur point de vue. Donc pour qu'il n y ait pas de malentendu, des injures ou encore de quiproquo;les intervenants doivent faire preuve de responsabilité, de sincérité, d'honnêteté, et de discipline afin d'enrichir le débat avec quiétude. En outre je voudrais relever une de mes préoccupations qui me semble un peu euphémisme c'est le cas de certains de nos compatriotes qui aiment dire nord-sud ou encore musulmans-chrètiens. Je crois que ces genres de discriminations ne nous honorent pas. d'ailleurs la constitution de 1996 de la république du Tchad stipule dans ses articles que le Tchad est indivisible et laïc. d'autres part vous conviendrez avec moi aussi qu'il n y a pas un pays en recul de par le monde comme le tchad. cela me conduis à beaucoup songer et à poser des questions: pourquoi es ce que c'est nous (tchadiens)qui étions les plus débiles?les plus paresseux? ou bien les plus stupides?....? Sinon comment ça fait-il qu'un pays comme le Tchad reste l'un de dernier État en construction. Je sais quoi dire à toutes ces questions. si vous avez de réponses à ces interrogations n'hésitez à m'écrire pour que je sois consoler. Pour mettre terme à mon intervention je souhaite bonne heureuse fête du ramadan et de noël à tous les tchadiens d'ou qu'ils se trouvent. Que Dieu le tout puissant bénit notre pays. vive ialtchad.
                                                       Bakhit Haroun Djoum
                                 Étudiant à l'Université Abdrrahmane Mira de Bejaia
                                 
bdjouma@caramail.com  BP: 38  Cedex:26 Bejaia
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