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  Forum Solution (suite)

Suite du Thème: N°3  «Quelles Solutions pour le Tchad»

Autres sujets:

                                                10/10/2003
                           
Les problèmes délicats et dangereux au Tchad

Les problèmes délicats et dangereux au Tchad sont devenus un sujet tabou est réellement étrange et choquant dans un monde comme le nôtre, où il et facile d’écrire et de dénoncer (publier). Jusqu’à ce jour, si peu écrit sur le problème de la violence et de l’injustice. Dans ces diverses manifestations, le Tchad est réduit à zéro, mais encore sous son aspect plus général de fléau de l’humanité. Dans cette dernière perspective si nous faisons l’étude comparative de la violence et des autres calamités qui s‘acharnent sur le monde tchadien. La guerre et les diverses épidémies, nous pourrions vérifier une fois de plus la violence est la moins débattue et la plus méconnue dans ses causes et ses effets. Quels sont les facteurs cachés de ce véritable complot du silence par rapport à la violence ? Est-ce simplement l’œuvre du hasard si ce problème n’a attiré l'attention me semble-t-il de personne malgré l’intérêt et les esprits spéculatifs et créateurs de notre temps? C’est un silence prémédité dû à l’esprit même de notre culture, ce sont les intérêts, les préjugé d’ordre moral ou d’ordre politique et économique qui sont à l'origine de ce silence. Toute économie du pays s’est effondrée, la dignité est réduite à néant, l’intérêt commun et collectif a pris le pas sur l’intérêt individuel. Chers dirigeants évitons le favoritisme, le népotisme, le sectarisme, le particularisme ethnique ….chers compatriotes les hommes meurent mais la nation reste. 

Hissein Wadi Omok 
Étudiant Tchadien à l’Étranger


                                              01/07/2003
             LE F.U.D.P: Une contradiction avec la réalité actuelle
La naissance de CMAP 2 : le FUDP", l'article publié le 25 mai 2003 n'est pas une réalité actuelle:une pure contradiction avec la réalité actuelle. Le FUDP est plutôt un projet d'unité de l'opposition politico-militaire tchadienne.
L'on ne parlera de la naissance du FUDP(Front Uni pour la Démocratie et la Paix) que s'il y a concrétisation effective du projet mais la réalité actuelle est toute une autre contradiction.
En effet, aucun membre de la rédaction du mensuel IYALTCHAD n'a pris part à une des réunions s'il y en a eu, ni à aucun congrès s'il a eu lieu, du moins encore aucun journaliste de la dite rédaction n'est sollicité pour une quelconque couverture médiatique du dit front.
Ainsi donc, la rédaction de l'article " la naissance de CMAP 2 : le FUDP" est basée sur des rumeurs, des allégations verbales ou des chantages de certains leaders de l'opposition tchadienne mais aujourd'hui c'est une pure contradiction: le FUDP n'est jamais né moins encore un projet effectif, c'est une simple projection de l'opposition, après nos investigations.
A cet effet, la rédaction du mensuel IYALTCHAD, vient par la présente démentir toute naissance du FUDP en vue de renverser le régime de Ndjamena moins encore de déstabiliser ou pour toute une autre activité quelconque.

Mahamat Moussa
mbodou@yahoo.com  Tél: 00229 071250


26/05/2003
La naissance de CMAP 2 : Le F.U.D.P
Enfin une possible unité de l'opposition politico-militaire

La chronique d'une chute s'annonce...

Après les échecs incontestés des tentatives d'unité de l'opposition tchadienne avec la CMAP et l'ANR, l'opposition politico-militaire se réveille et prend le destin du "Tchad de demain" en main. Force est de constater depuis janvier dernier un groupe indépendant de pilotage du projet d'unité de l'opposition a été mis en place et est composé de quelques représentants des mouvements armées.


Depuis le déclenchement de l'instabilité politique au Tchad, des révoltes se sont multipliées et des hommes sont contraints à l'exil, des exils qui débouchèrent nombres d'entre eux aux créations des mouvements politico-militaires.
Chaque mouvement mène la lutte à sa manière c'est pour dire que tous ces mouvements allaient en rang dispersé et ce qui n'arrangea guère l'opposition armée. C'est ainsi que le 16 novembre 1996 une tentative d'une partie de l'opposition a vu le jour avec la création de l'ANR ( alliance nationale de résistance) regroupant huit mouvements, dirigé par le colonel Mahamat Garfa président de l'ANTD( armée nationale tchadienne en dissidence, créée en septembre 1994). Mais très vite cette alliance connaîtra d'échec car nombres des mouvements ont quitté et en janvier dernier à Libreville au Gabon l'ANR a signé un accord de paix avec le gouvernement.
Certes malgré l'échec de l'ANR, l'opposition ne se décourage guère et c'est ainsi que quatre ans plus tard après l'échec de la table ronde de Franceville en janvier 1996, une fois de plus une nouvelle tentation d'unité de l'opposition mais avec un fort taux de réussite: la CMAP voit ainsi le jour.
Très vite ce mouvement traversera par des moments difficiles, des moments de division, d'exclusion et aujourd'hui elle n'existe que de nom.
A cet effet, il est important de s'arrêter et de se poser la question de savoir pourquoi ce double échec? Certainement les causes principales ne sont que la trahison, l'égoïsme et la recherche d'intérêt individuel ou ethnique sans autant penser au développement de notre patrie entredéchirée par des guerres fratricides depuis plus de trois décennies.
En effet, depuis la crise qui sévit à la frontière tchado-soudanaise, l'armée de DEBY est désunie et affaiblie. Oumar El Béchir président soudanais fait appel à ID afin de neutraliser la rébellion créée par les zaghawa soudanais et c'est ainsi que DEBY déploie une importante ressource humaine proche de lui et matérielle afin "d'écraser ses propres frères" mais le déploiement se solda par des ralliements. Ainsi donc ID est en position de faiblesse et justement c'est à cet effet que l'opposition politico-militaire tchadienne voulait profiter de la situation qui prévaut à l'Est pour renverser le régime de Ndjamena si l'on en croit aux sources proches de l'opposition.
Selon toujours les mêmes sources, pour renverser ID il fallait nécessairement une unité de l'opposition et c'est ainsi qu'un mouvement d'unité de l'opposition est entrain de naître pour ne pas dire est né: le FUDP( Front Uni pour la Démocratie et la Paix: une idée propre à Ahmat Yacoub selon un membre du dit front). Une unité qui constituera peut être la chronique d'une chute. Est-ce cette unité serait effective? Selon nos sources déjà des exclusions internes ont commencé et d'ailleurs toujours de la même source il n'y a aucun "sudiste" au sein du futur front. Est-ce que cette exclusion ne causera pas l'engourdissement de cette unité? Lors de notre rédaction de l'article quelqu'un nous aurait informé l'entrée d'une sudiste mais est ce une réalité? Certaines sources nous ont confirmé que cette unité vise simplement ceux de la région centre-est, est ce que le "futur Tchad" ne sera que constitué de cette région? N'est-ce pas un revers prémédité?
Certes le front est né mais la question qu'on devrait tous se poser est celle de savoir qui dirigera ce front uni? plusieurs noms circulent dans les coulisses entre autre: Hissein Koty, Adoum Togoï, Salahadine mahdi, Brahim Mallah et Younouss Ibedou.
Une rencontre est prévue pour demain 26 mai et elle se soldera par des signatures d'engagements de tous les mouvements membres du dit front. Selon des sources proches du pouvoir, le régime est bien informé de cette unité et semble-t-il qu'il est entrain de négocier le départ du mouvement de certains: la fragilisation avant la naissance.
A mon humble avis c'est possible car l'opposition a été toujours fragile pour des intérêts égoïstes mais le temps nous apprendra n'est-ce pas?

Mahamat Moussa (Journal IYALTCHAD)
Tel: 00229 07 12 50
mbodou@yahoo.com


 

05/05/2003
  De la mentalité de l'opprimé à une « complicité » avec l'oppresseur : 
Où commence la libération ?

Voici quelques questions qui viennent à l’esprit lorsque nous essayons d’appréhender les sujets relatifs à la notion de liberté, d’oppression et de libération puisque c’est de cela qu’il s’agit. Ainsi, on peut se demander si la liberté est un concept totalement subjectif ou si au contraire, un fait objectif et concret ? Est elle une caractéristique inhérente à l’Homme ?  Sartre disait que « même dans les chaînes, l’Homme demeure libre » Alors, existe t-il une possibilité de liberté à l’intérieur de l’asservissement ? Peut on dire de l’opprimé qu’il est libre à un quelconque degré ? La liberté est-elle la liberté de la pensée ou celle de l’action ? Peut on concevoir l‘une sans l’autre ?

 

La liberté a de tout temps, constitué un axe essentiel autour duquel se sont ordonnés d’autres concepts philosophiques, tel que la notion d’identité, la conscience, l’humanisation, l’aliénation etc. Dans l’histoire des idées en Occident, l’idée de la liberté s’est avérée un thème dominant et les penseurs ont souvent défini l’Homme à partir de son inaliénable liberté. Mais un des paradoxe dont témoigne cette société est le fait que si sur le plan philosophique on définissait la liberté de la façon la plus généreuse et la plus épurée,  pendant des siècles la réalité concrète révélait sans cesse et partout les formes les plus brutales d’absence de liberté et d’asservissement. Dans la Grèce antique, berceau de la démocratie dit-on, l’institution de l’esclavage et le déni des femmes comme citoyennes étaient inscrits dans la constitution. Il en fût de même en France où le Code Noir, texte juridique promulgué en 1685 par Louis XIV, réglementait l’esclavage des noirs aux Antilles, que la colonisation de l’Afrique fût déclarée œuvre civilisatrice tandis que le droit de vote des femmes ne fût concédé que très tard en 1944. Ainsi apparaissait une catégorie singulière d’êtres humains, de personnes indignes de jouir des bienfaits de la liberté et d’égalité. Flagrante contradiction que cela car si la théorie de la liberté demeure sans rapport avec la pratique de la liberté, cela signifie qu’il y quelque chose d’erroné soit dans le concept lui-même ou dans son application. Dès lors, la liberté n’apparaît pas comme le définit le concept, un droit inaliénable mais bien un droit conquis d’âpres luttes par ceux qui en ont été privé.  

 

Dans ce contexte, comment ne pas évoquer les nobles idées de liberté et d’égalité dont s’entourent nos Etats africains et particulièrement le nôtre, le Tchad, à travers leurs constitutions, mais dont la pratique de la liberté et d’égalité s’avère dramatiquement écartée de la conception. Il est évident, que notre société est caractérisée par un fossé gigantesque entre la liberté telle qu’elle est définie sur le plan constitutionnel et notre manque réelle de liberté. Tous les rapports de différentes associations des défense des droits humains (LTDH, Amnesty International, FIDH…) témoignent si besoin est, des violations quotidiennes de nos droits les plus élémentaires, dont le plus sacré, le droit à la vie. Par conséquent il nous paraît clair que le fait que dans un des documents fondamentaux de notre pays, il soit déclaré que tous les Tchadiens sont égaux et sujets à la même justice, que toutes les déclarations officielles des autorités tchadiennes viennent renforcer ces textes et le fait que l’inégalité politique et la criminalisation de l’Etat n’aient jamais été extirpée ne peut être en définitif que le résultat de la  volonté affichée de la classe politique au pouvoir qui tire de cette situation, tous les privilèges.

 

Mais qu’elle est la perception de l’opprimé tchadien lui-même de sa liberté ?  Comment s’articule sa libération ?

Si de notre observation de la société, nous constatons un désaccord certain entre la théorie et la réalité pratique de la liberté, il semble que le Tchadien lui-même développe une attitude très contradictoire voire irrationnelle face à sa liberté. En effet, il est torturé entre son aspiration profonde à la liberté et l’adaptation à la situation oppressive dans laquelle le condamne ce pouvoir dictatorial. Sa lutte est un dilemme à l’intérieur de lui-même, déchiré entre concéder ou affronter l’oppresseur, endurer ou réagir, parler ou se taire, se libérer ou se soumettre, être ou ne pas être. Et contre toute attente, au lieu de chercher des voies et moyens pour sa libération, il  va au contraire, développer un fatalisme exacerbé qui va se traduire par une docilité et un assujettissement exaspéré. Dans le pire des cas, on observe chez lui une réelle attirance pour l’oppresseur et son mode de vie. Il n’est d’ailleurs pas rare de le voir se convertir à son tour en oppresseur et se montrer encore plus impitoyable envers d’anciens compagnons dans le seul but d’assurer une hypothétique promotion et échapper pense t-il à sa condition d’opprimé. On le constate aussi bien chez le Tchadien de la classe moyenne, enfoncée dans toute sorte de misère intellectuelle et matérielle à qui on pourrait trouver quelques menues circonstances atténuantes, que dans la classe intellectuelle dite éclairée où,  la carence de conviction ouvre bien grande la voie à la corruption et à la compromission avec la structure dominante et pour laquelle il n’y a aucune excuse. C’est d’ailleurs dans ce terreau que le pouvoir trouve ses meilleurs alliés et toute la petite clique véreuse des Yokabdjim, Nagoum, Yoadoumadji, Youssouf Maïna, Abdérame Ali Haggard, Moussa Faki et compagnie, illustre remarquablement cette aliénation. Le désir commun de tous étant bien sûr d’égaler « le maître » ou du moins de s’en approcher au maximum.

Les nominations ministérielles et autres postes de responsabilités sont des occasions propices pour observer ce phénomène de subordination et d’allégeance à l’oppresseur. On a ainsi vu des hommes être propulsés du jour au lendemain par la grâce du chef au sommet de la hiérarchie puis, amorcer brutalement six mois après - pour les plus chanceux - toujours par la seule décision du maître, une descente aux enfers dont une fois encore, seul le maître peut y mettre fin. Pour ces hommes potiches, aucune réalisation ne peut se faire en dehors du système. Ils acceptent sans broncher la volonté de celui-ci comme pouvoir absolu sur leur vie et leur existence dépend obligatoirement et totalement de lui et aucune humiliation ne saurait venir à bout de cette servilité. Le cas le plus pathétique est peut être celui de Annadif, ministre des affaires étrangères qui paraît-il afin de garder son poste, aurait fermé les yeux sur la vertu d'une proche. De même lorsque par chance un mouvement de libération se crée, c’est encore l’opprimé qui le premier va trahir ses compagnons et les offrir sur l’autel de ses ambitions bassement matérialistes au pouvoir en échange d’un poste, d’une voiture ou de l’argent. Ainsi, Laokein Bardé a été trahi par ses compagnons les plus proches dont son propre frère et le voir aujourd’hui parader en tant qu’officier de l’armée de Deby dans une Toyota offerte par ce dernier, est sans doute la scène la plus obscène qu’il nous est permis de voir. Les exemples de trahison, d'avilissement des tchadiens malheureusement abondent et confortent le pouvoir dans son œuvre destructrice. On peut donc dire, qu’en définitif, c’est grâce au consentement des tchadiens que Deby et les siens peuvent perpétuer leur domination. Ankylosé par la peur, dépossédé de notre personnalité, opportuniste à volonté et nous proclamant de facto vaincu, nous avons fait le choix de  nous accommoder à notre situation et refusons toute confrontation avec l’oppresseur. Voici comment, consciemment ou inconsciemment, terrifié devant la nécessité de notre propre lutte pour la conquête de notre liberté, nous entrons en « complicité » avec notre oppresseur et permettons la pérennisation de ce régime abject. Telle est l’étendue de notre drame.

Cependant, quelque soit notre écœurement face à cette analyse accablante que nous faisons de la mentalité de l’opprimé tchadien, il serait peut être erroné de croire que ce fatalisme qui se manifeste par une servilité sans borne est un caractère inné et irréversible des tchadiens. En réalité, il est la conséquence profonde d’une situation historique, politique, et socioculturelle dans laquelle nous sommes totalement plongés. Il est lié à un pouvoir violent qui à force de répression exacerbée et quotidienne a réussi non seulement a inculqué une peur viscérale capable d’annihiler toute aspiration à la liberté mais a aussi conditionné notre structure mentale et introduit en nous, une auto dépréciation et un manque total de confiance. Il en résulte souvent chez nous, des troubles psychiques profondes qui illustrent parfaitement une situation de mal être voire de non être avéré.

Alors à ce stade de la réflexion la question fondamentale est de savoir s’il existe pour les Tchadiens, une possibilité quelconque  de se réapproprier de ce qui fait la quintessence même de leur condition humaine, c’est à dire leur liberté et leur dignité ? En d’autre terme, où commence notre libération ?

Nous disons que la perspective de liberté n’existe que si l’opprimé refuse effectivement son assujettissement. C’est d’abord, une résistance de l’esprit, un refus d’accepter la volonté de l’oppresseur. Le rejet de sa condition, le refus de son image dégradante et l’état des lieus tel qu’imposée par l’oppresseur implique forcement une aspiration à autre chose et rien qu’à travers cet acte de déni, nous disons que la liberté existe déjà sous une forme élémentaire. Bien entendu cela ne suffit pas. Rêver de liberté est une chose, être effectivement libre en est une autre.

Plus concrètement, la première phase de libération, implique une analyse critique et rationnelle de la situation, une connaissance objective des causes et acteurs de l’oppression pour que, par une action révolutionnaire exercée sur elle, puisse s’instaurer une nouvelle situation qui permette la libération. A travers cette compréhension de sa condition, l’opprimé réalise que sa liberté n’existe pas de fait, qu’elle ne lui sera jamais donné mais qu’elle est l’enjeu d’un combat. Il conçoit désormais le fait que sa libération dépend d’une lutte dynamique et active qu’il doit organisé. Il commence à croire en lui-même, se sent homme à part entière avec son droit inaliénable à la liberté et s’engage à affronter l’oppresseur. C’est ainsi que tous les peuples du monde ont acquis leurs droits et il serait illusoire de croire que les Tchadiens échapperont à cette loi. Quelque soit la forme que revêt cette lutte, une chose est certaine, il faut qu’elle nous mène à rompre notre complicité avec le système car c’est la seule condition de faire de notre liberté, une possibilité concrète. Mais pour que cette libération soit totale, il faut non seulement rejeter notre condition personnelle, mais refuser en bloc tout le système répressif et seul l'anéantissement intégral de celui-ci, fera disparaître l’affliction et l’aliénation dont nous sommes captifs.

C’est cela la véritable prise de conscience. Le déni de « l’establishment » et tout ce qui l’accompagne et de cette conscience véritable de l’oppression, doit surgir la volonté et l’engagement d’un peuple à se battre pour l’abolir et accéder à la liberté. L’opprimé qui parvient à cette conscience est un homme nouveau et libre qui se fraie un cheminement vers sa libération et se projette vers un avenir meilleur.

La grande question est de savoir comment le Tchadien prisonnier de son aliénation, peut-il accéder à cette prise de conscience  motrice et libératrice? 

C’est là certainement un débat qui pose le problème du rôle des partis politiques et des intellectuels, de leur capacité à éduquer, éveiller la prise de conscience et organiser la lutte des opprimés - que nous sommes tous.

Dans un pays comme le nôtre, où co-existent plus d’une cinquantaine d’organisations politiques et où on compte de nombreux intellectuels, il est affligeant de constater que ce rôle est loin d’être accompli aussi se demande t-on, à quoi servent nos partis politiques et nos intellectuels ?


NEINMEKON ASSOUM,
Bordeaux, France.


                                              03/05/2003
                                                  
where we must go ? 
We have an experience( relation) with French for more than 90 years, the only benefit from this relation  is  poverty and their language with civil war and  coup d'etat . with Arab the situation is different, we are nib Rhode since the beginning but they treat us as second class and they wont us to be like that. so at least they will feel better as they are before the last . but we must thank Arab, because they supply us by weapons and tinkan. since eighties when American start to find foothold in this area, the positive impression appears as the democratic ( in creep) and exploration ( may be development ) which is very important in combating poverty ignore and civil war. so if any one ( local or foreigner) wont to stop the democratic( stability)  and exploration, we must treat him as our enemy.

finally my view is "yesterday is  past and today will be past tomorrow, so let us go to where we will leave (tomorrow) "

Altidjani Zakaria


                                                            28/04/2003
                        Une toute petite réflexion sur le Tchad des extrêmes

Le Tchad de l'extérieur ne cesse de me troubler. Le Tchad vu de l'extérieur par les Tchadiens est un Tchad des extrêmes. Le juste milieu est un concept visiblement défendu dans le milieu des internautes tchadiens vivant à l'extérieur. Pas un d'entre eux n'exprime une opinion ou une position de conciliation.
Ceux qui osent écrire pour concilier les vues le font en deux ou trois lignes. Et ils soulèvent sur-le-champ protestations et longues répliques agressives. A lire mes compatriotes de l'étranger, on se croirait dans un roman africain des années 60 - 70 décrivant la vie et les rêves des étudiants noirs africains vivant en France. En ces temps la, il n'y avait que deux mondes possibles : l'Europe, paradis corrompu et corrupteur, et les Afriques, terres ancestrales encore pucelles, paradis dont on se donnait pour mission de libérer et de defender contre ces homme brutaux et leurs civilisations décadentes et dépravées!!! (Mais on se souviendra toujours des Mobutu et des Sekou Touré). Pourtant nous sommes bien loin maintenant des soleils des indépendances. Le moment est venu, je crois, de penser concret et d'agir sur terre.

J'ai vécu toute ma vie au Tchad (mise à part une parenthèse de trois années chez les voisins camerounais). Et les différentes crises et tragédies qui ont marqué ma terre natale, je les ai presque toutes aussi vécues. Toutes nos crises semblent être des histoires de roman corses. Une histoire des extrêmes.

J'écrivais à un ami qui me demandait les nouvelles de N'Djamena que celle - ci n'a presque pas change. Les hommes en revanche semblent devenir plus récalcitrants que jamais. La rebellions, lui disais - je, semble avoir été inventée pour le Tchad. Pourtant, l'histoire a connu des peuples qui l'avaient élevée (la rébellion) au rang de bien a faire hériter. Et Zapata n'était pas né dans les Afriques. C'est peut être là le dommage des pays comme le nôtre : avoir des hommes extrêmes, mais uniquement des extrêmes. Zapata était rebelle, mais nullement un extrémiste.
Je vous invite par ces quelques mots à penser simplement, et positivement. L'exil ne donne pas tous les droits (en termes de penser et de légiférer au sens de ce qui doit être bien ou de ce qui doit être mal), ni d'ailleurs le fait de vivre en terre natale (pour beaucoup de compatriotes vivant au pays, vivre au Tchad n'est plus une question de choix hélas!). Penser positivement revient à essayer de rendre les rêves actuels, et concrets, tout en évitant les extrêmes quand ce n'est point nécessaire.

A une prochaine fois, si le courage me revient!

Amibiaka
amibiaka@yahoo.fr


17/04/2003
Vérités et réalités du Tchad

 

Ténacité                                         Tribalisme

Courage                                         Corruption

Habileté                                          Haine

Ardeur                                             Assassinats

Développement                              Détournements

 

Est une vérité                                   Est une réalité

Tout patriote qui se respecte doit avant tout appliquer et faire appliquer la devise de sa patrie or l’on se rend compte que tel n’est pas le cas de nos dirigeants car :

-    L’Unité est strictement différente du tribalisme, de la haine et des assassinats.

-    Le Travail aboutit au développement et non aux détournements et à la corruption.

-    Le Progrès n’est jamais issu de ces derniers mais du travail.

Le Tchad est un vieil arbre attaqué par des termites. Il faut trouver le bon insecticide.

Hamit Ogoleh Mahamat


                                                22/02/2003
                                      
Prenons du recul pour mieux juger
Nous devons revenir en arrière sur le passé pour mieux discuter des problèmes qui se posent au pays, pour prendre du recul afin de mieux expliquer, mieux argumenter, mieux convaincre. Évitons de citer des noms de personnes encore vivantes  et  encore en activité, ayant peut-être des fonctions importantes sinon avec une extrême prudence surtout si nous ne disposons pas de preuves réelles de ce que nous avançons. Expliquer un fait, ce n'est pas juger, encore moins condamner. Un fait peut très bien être présent, tangible et palpable, il ne constitue pas encore une preuve. C'est l'évidence même car avec le temps, les choses se transforment même physiquement et de plus ce qui est évident n'est pas nécessairement vrai. Ce qui paraît évident à première vue peut très bien n'être qu'une fausse évidence. Si nous  recherchons des faits, c'est uniquement pour prouver que ce que nous expliquons repose solidement sur des faits réels et non fictifs ou truqués. Il faut donc d'abord qu'il soit prouvé par des arguments solides et des preuves irréfutables par des gens compétents en la matière. Des gens compétents ne manquent pas au Tchad et nous sommes à l'heure des preuves scientifiques. Malgré tout, nous devons redoubler de vigilance et ne pas accepter facilement ce qui se dit ça et là par des témoins indignes de confiance. Il faut remettre les pendules à l'heure.

Jetons un coup d'œil sur les tableaux ci-dessous. Ils pourront peut-être nous éclairer sur le sens des accusations souvent portées sur le retard accusé par les populations du Nord  en faisant de Tombalbaye seul le responsable de tous les malheurs des Nordistes, bouc émissaire idéal mais il n'était que la tête des listes, le premier responsable des dysfonctionnements des institutions de l'Etat sur la liste. Il porte le chapeau qui recouvre tous les torts commis par les autres. Loin de faire l' avocat du diable, il faut s'instruire plutôt d'exemple et en tirer une leçon. Il faut savoir en effet que c'est la première fois qu'un chef d'Etat sans expérience de la démocratie prend le pouvoir dans ce pays aux multiples facettes sur le plan culturel, de surcroît analphabète. Lui-même n'était qu' un instituteur qui, à force de volonté et de travail personnel s'est hissé au plus haut niveau de l'instruction. C'est d'ailleurs comme cela que la plupart de ses ministres et gouvernants se s'étaient formés. Certains s' étaient formés sur le tas sans bagages de départ. Ces tableaux sont éloquents à plus d'un titre mais à y regarder de près, quelles étaient les grosses têtes. La plupart n'avaient que des titres honorifiques dus à leur origine sociale : fils de gros commerçants ou de sultans ou de dirigeants politiques coutumiers. On pouvait difficilement faire la part de l'Etat et leurs propres pouvoirs ou porte-monnaie provenant de leur origine sociale. La parole donnée était plus importante que l'analyse froide à tête baissée basée sur la raison. Voilà ce à quoi était basé le pouvoir politique. Ajoutons à cela que le pays manquaient des gens compétents dans tous les domaines. Seuls deux médecins formés en France étaient revenus en 1960-61/ C 'étaient Outel Bono et Jacques Baroum mais le premier a eu dès le départ maille à pâtir avec le pouvoir par des emprisonnements successifs, de sorte qu'il ne pouvait même pas exercer convenablement sa fonction, fut elle politique. C'est seulement à partir de ces années que les vraies formations débutaient par l'envoi des étudiants en Europe y compris dans les autres pays d'Afrique, en général à Brazzaville, tête de pont de la colonisation française. Il ne fallait donc pas s'attendre à des miracles. Les premiers lycéens sortis chaque année du Lycée Félix Éboué n'étaient qu'au nombre d'un ou de deux au maximum vers les années 1960-64. Le contraire aurait été étonnant à l'époque. Il n'est nullement nécessaire de défendre l'ancien dictateur mais  certains semblent oublier qu'il n'était pas le seul dans son genre. C'était l'époque de Barthélémy Boganda, de David Dacko en Centrafrique où tout était encore basé sur les superstitions. Il était facile de voir en perspective les difficultés des pouvoirs mis en place. Ces personnages étaient des dieux vivants à tel enseigne que les gens attendaient encore le retour de Boganda qui pérît dans un accident d'avion. Il était impossible de faire comprendre qu'il s'agissait simplement d'un banal accident.

A l'heure actuelle, tout semble accuser plutôt les hommes du pouvoir actuel mais cela n'a rien à voir dans le cas qui nous préoccupe. Après tout, l' assassinat de l'ancien Président Tombalbaye n'est pas du ressort de l'actuel pouvoir. Avant de continuer, il faut dire une chose qui me paraît fondamentale. Du fait de notre tradition orale, l'habitude nous incite souvent à l'affirmation des choses, souvent entendues ou dites par d'autres personnes dont nous accordons tout de go notre confiance sans aucune vérification. Nous les prenons comme des vérités finales alors que ce ne sont que des vérités premières. De là des accusations gratuites sans fondement véritable. Il s'ensuit alors des assassinats des personnes sans la moindre preuve. Il est évident qu'on peut citer les noms des ministres et Présidents successifs des Assemblées dont certains semblent même s'éterniser au pouvoir et aux postes successifs sous le règne de Tombalbaye alors que ces gens n'ont rien de sudistes. Que certains dont la mémoire est courte consultent les archives s'ils existent encore. Cela leur rafraîchira grandement leur mémoire.

Comme l'a posé S. Kebzabo dans son récent article sur la laïcité, ne serait-il pas mieux de faire le bilan des résultats des activités du régime actuel et voir s'il n'y a pas lieu de rectifier le tir. Comme ils sont encore vivants, c'est peut-être le moment de leur porter des critiques pour qu'ils rectifient d'eux-mêmes le tir et s'engagent dans une meilleure voie. M. S. Kebzabo qui lui-même a fait l'expérience du pouvoir et en tant qu' ancien journaliste, bien avant même la période actuelle en sait certainement long sur les pouvoirs ancien et  actuel. S'il avance des arguments aussi solides tels que ceux   de son article, ils ne peuvent pas être gratuits. Que certains lui en veuillent pour l'une ou l'autre raison, cela n'a aucune importance dans la mesure ou un forum ne peut pas toujours être à sens unique et que tout le monde ne peut pas toujours avoir la même opinion. L' essentiel est de savoir rester courtois et savoir respecter l'intimité des autres. Dire que telle personne ne sera jamais président du Tchad n'a pas grand sens car personne n'a la clé de toutes les voix des électeurs. Une telle parole témoigne simplement de l'ignorance de la chose politique. Qu'on ne vienne pas m'accuser d'être soudoyer par le député Kebzabo que je ne connais que de réputation en tant que journaliste du temps de Tombalbaye où je faisais partie des étudiants manifestant pour ses altercations avec le pouvoir tombalbayien. Pour rafraîchir une fois de plus la mémoire quelque peu défaillante de certains, Kebzabo n'en est pas à sa première tentative de rectifier le tir des dirigeants politiques de ce pays. N'est-ce pas cela qui fut à l'origine de ses démêlés avec le pouvoir tombalbayien à l'époque de Bono Outel ? Cela doit servir d'enseignement à ceux qui se disent « intellectuels ». Un tel comportement est bien digne d'un intellectuel au sens large du terme. Au lieu de porter des critiques percutantes envers le gouvernement, certains se complaisent à rechercher les origines ethniques et matrimoniales des hommes politiques. N'est-ce pas simplement de l' enfantillage ? Que l'on vienne du nord, du centre ou du sud, quelle importance ? Dites-le nous ! N'est-ce pas le même pays ? N'allons-nous plus jamais mettre pieds ailleurs que dans notre « bled » où nous sommes nés ? Ceux qui sont toujours prêts à employer de ce langage ordurier doivent simplement retourner à l'école primaire. Allons-nous enfin voir les choses du point de vue national et abandonner le sein de la mère ? N'avons-nous pas encore appris de l'initiation cette simple chose qu'est le sevrage ?
Rappelons-nous que chez les Ngàmbaye, il y a trois degrés d'initiation et que le premier stade est le stade fondamental du sevrage de l'enfant et de la mère ? Si le Député doit tenir ses promesses et ses engagements à la région d'où il provient et d'où il est élu, [car il peut très bien être élu à partir d'une autre région] sans aucun problème puisque l'élection est nationale et non régionale. De même et plus encore quand on se présente en tant que candidat aux élections présidentielles, n'est-on pas le candidat de toutes les régions pour tous les Tchadiens ? Voyons plutôt ce qu'il en est de ces tableaux des deux gouvernements sous le régime de Tombalbaye.

Dans les tableaux ci-après, les noms en gras appartiennent aux régions du sud. Le reste appartient  aux régions du nord ou ce qui en tient lieu. Les chiffres (1) et (2) représentent les deux gouvernements, de 1962 à 1971, y compris les remaniements ministériels qui ne sont que des réarrangements de postes sans conséquence sur l'équilibre politique. Tombalbaye avait toujours su éviter la formation des cartels, que ce soit au nord ou au sud, ce qui n' a jamais empêché les affinités, en général entre les différentes régions et confessions religieuses de se former, voire même de lui porter des coups bas, à l'occasion, à son corps défendant. Moins dramatique, on constate des affinités de promotions scolaires se former, même entre gens du nord et gens du sud, parfois entre chrétiens et musulmans se constituer en système de corruption, d'où le clientélisme politique. Le vrai problème invisible était souvent le droit d'aînesse sur le plan politique. Sur ce plan, n'est habilité à monter au créneau que le premier venu ou le plus ancien sur l' échiquier politique. Avant de faire sa rentrée dans l'arène politique, il fallait d'abord prouver sa fiabilité dans un certain nombre de domaines et là où les aînés mettaient leurs pieds, il fallait se garder d'y mettre les siens sans y avoir été explicitement  invités à faire ses preuves. Bien souvent comme l'étaient les confessions religieuses, le régionalisme accentuait également les affinités ethniques d'autant plus que l'on vient d' un même collège ou lycée, plus encore lorsqu'on vient d'une même région ou lorsqu'on parle une même langue. [Mettons entre parenthèses le problème des langues pour une autre fois. En effet, ce problème pose également celui de l 'entente entre le Nord et le Sud et doit faire l'objet du système d' enseignement de l'éducation  nationale].

Il est un fait qu'au Tchad, on se connaît presque tous pour avoir  tout fait ensemble : manger, boire, jouer au football, y compris même fréquenté les mêmes lycées et collèges ou l'université ensemble. Tous les Tchadiens ou presque se connaissent, qu'ils soient du nord ou du sud. A l'heure actuelle, ce n'est plus exactement le même état d'esprit et cela se comprend aisément car la guerre nous a divisés. Du fait de cette guerre qui nous a fait perdre parfois des membres ou des familles entières, nous entraîne inévitablement à garder rancune les uns contre les autres. Le terrain de la politique devient alors un terrain miné où tout sujet politique devient fatalement un problème personnel. Là où il n'y a qu'un problème d'intérêt général, la moindre discussion devient un problème personnel. Une simple allusion un peu spirituelle, une blague un peu poussée devient un problème personnel. Il n'en reste pas moins vrai que cet état d'esprit d'une vie collective des années antérieures hérité des parents reste encore fort ancré dans les mentalités. Cela peut être une très bonne chose si  elle entraîne une grande solidarité sociale dans la société tchadienne. De nos jours, il y a tout de même une certaine évolution vers un certain individualisme, ce qui est tout à fait dans l'ordre des choses.

La seule chose qui doit rester présente à l'esprit, c'est la responsabilité de chacun à l'égard de tout : famille, fonction, probité en vue d'accomplir parfaitement bien une mission d'intérêt général,    en séparant d'une manière nette son propre portefeuille de celui d'une fonction publique. Ce sont des choses qui ne souffrent pas de compromissions quelles que soient les affinités, quels que soient  les liens de parenté. Il est évident qu'on n'exclut en rien certains compromis d'ordre pratique dans la mesure où la vie en société est faite de compromis, de concessions à certains moments et pas à d'autres sans quoi la vie serait impossible. Un compromis qui va jusqu 'à la collusion avec un homme d'affaire ou un homme politique véreux n'est plus un compromis surtout lorsqu'il s'agit des dilapidations des deniers publiques. Divers moyens existent et chacun le sait.

Au sud du pays, cet esprit de responsabilité était érigé en système depuis des générations et des générations par les ancêtres, c'était l'initiation que la modernité a effacé d'un revers de main à tort ou à raison. C'est ce que Tombalbaye avait essayé d'utiliser pour des raisons politiques et ce fut un échec cuisant car la déviation était trop criarde mais surtout le système n'était pas exactement respecté car tous les sudistes n'ont pas nécessairement les mêmes procédures d'initiation même si la base est la même. Les générations actuelles semblent oublier cet enseignement fondamental même si certains côtés sont néfastes.  Les populations habitant les régions nord du pays doivent savoir que toutes ces populations ne sont nullement que des musulmans, encore moins toutes des arabes. Dans certaines statistiques, on peut lire souvent : « populations arabes » en parlant des Kanembou, des gorane, des Peul, des Kotoko, des adjaraï, etc en mélangeant confusément tout le monde. C'est évidemment un abus de langage. Il y a les vrais arabes et les autres, les musulmans de toutes origines. Le temps viendra où l'on fera un vrai recensement pour redonner leur dignité à la plupart des peuples qui habitent le Tchad en enseignant aux enfants qu'il est digne d'être de telle ou telle origine mais qu'ils doivent bien comprendre que le Tchad, c'est notre pays à tous, du nord au sud sans distinction de race, d'ethnie ou de religion. Le Tchad, c'est l'Etat politique, il est à nous tous. Certaines de ces populations refusent même de se convertir dans la religion musulmane, c'est le cas par exemple des Hadjaraï, les Kotoko, les Baguirmien,  pour ne citer que ceux-là. Chacun sait que la conversion était très controversée et très lente et on ne le dira jamais assez, c'est d'abord une question d'ordre strictement personnelle comme la mort. Peut-on imaginer que quelqu'un fasse appel à un autre de venir prendre sa place au moment de mourir ? Qui serait prêt à faire un tel sacrifice purement altruiste sans autre forme de procès ?

D'après les tableaux ci-après, aucun nom d'anciens responsables ministériels n'est cité car le plus important n'est pas de savoir qui a fait quoi mais de savoir si ce tableau correspond bien à la réalité ethnique ou régionale telle que décrite et interprétée souvent. J'ai réuni ces responsables dans le but de comparer la proportion des « nordistes » et des « sudistes » sous Tombalbaye. L'accusation selon laquelle Tombalbaye n'aurait favorisé que ses frères du Sud et laisser-pour-compte les « nordistes » est quelquefois gratuite. Une étude exhaustive serait peut-être nécessaire pour mettre en lumière la « vraie vérité » mais il faut réunir d'abord tous les témoignages des vivants et des documents officiels. Avis aux amateurs. Quant à ces tableaux, les éléments qui y sont contenus proviennent  bien d'une source sûre, l'ancien annuaire téléphonique sous le régime de Tombalbaye.

Répartition des députés selon les préfectures et les deux législatures. De gauche à droite : n° d'ordre, Préfectures, Députés(1ère législature), Députés(2ème législature).

[Les chiffres représentent les nombres des députés élus par préfecture et par législature. En traçant un tableau, on peut mettre le tout dans une grille correspondante. Le tableau sera ainsi plus facile à lire. Un chiffre manquant signifie qu'aucun député n'est élu dans la législature correspondante. Ces chiffres sont ordonnés selon chaque législature. Effacer le texte entre crocher après avoir mis le contenu du tableau ci-dessous dans une grille].

Préfectures            Députés(1)        Députés(2)
1              Batha                                       4
8
2              Biltine                                             6
5
4              Chari-Baguirmi                              11
1
5              Guera                                              7
3
6              Kanem                                            4
8
7              Lac (Bol)                                       8
1
8              Logone occident.                           5
9             Logone oriental                              6
5
10           Mayo-Kebbi                                   3
10
11          Wàdaï                                              2
11
12          Salamat                                           7
3
13         Tanjilé                                              5
6
14         Moyen-chari                                    1
16
Total                                                             69
77

Répartition des ministres et secrétaires d'Etat dans les premier et deuxième gouvernement de Tombalbaye. Le tableau suivant est plus difficile à lire par septennat qui en compte deux. Dans chacun d'eux, il y a eu un  gouvernement dans lequel sont désignés des ministres et des secrétaires d'Etats successifs selon les remaniements ministériels dont Tombalbaye avait le secret.

[On lira de gauche à droite dans cet ordre et également de haut en bas les chiffres dans cet ordre. Le 1er chiffre signifie = nombre de ministre(s) et le 2ème chiffre = nombre de secrétaire(s) d'Etat du 1er gouvernement y compris les remaniements.
Le 3ème chiffre = nombre de Ministre(s) et le 4ème chiffre = nombre(s) de secrétaires d'Etat dans le second gouvernement y compris les remaniements. L'absence de Ministre(s) ou de secrétaire(s) d'Etat est représentée par un trait d'union dans cet ordre selon l'horizontale de gauche à droite. Le nombre de Ministre(s) ou de secrétaire(s) d'Etat est nécessairement représentée par un chiffre par préfecture. NB : L'envoi de cet article par e-mail fait disparaître le tableau. C'est pourquoi, je suis obligé de décrire la manière dont il faut les lire, éventuellement les replacer dans le tableau. Effacer ensuite ce qui est entre crocher après avoir mis le contenu du tableau dans une grille].

 N°d'ordre  Préfecture                    1er gouv.
2ème gouv.
Ministre. et Secr.d'Etat            Ministre. et Secr.d'Etat

1                   Batha
1                   -                          -                  -
2                   Biltine                            -                   -
1                 -
3                   Chari-Baguirmi            2                   3
1                1
4                   Guera
 1                   -                           -                 -
5                   Kanem                           -                    -
1                -
6                   Lac
-                    -                            -                 -
7                   Logone Occident
  -                            -                 -
8                   Log. oriental                1
                     -                 -
9                   Mayo-kebbi                  -                     2
1                 -
10                Waday                           -
                      -                 1
11                Salamat                         -                     -
1                 1
12                Tandjilé                         -                    1
1                  -
 I3                Moyen-Chari                -
                     -                  1
14                Hors
                -                              -                  -
                                                          -                
    -                              -                  -
 Total                                                 7
12                           6                 4

Sur un total de 17 Ministres et 10 secrétaires d'État, tous gouvernements confondus, le nombre des Ministres et celui des secrétaires d'État sont les mêmes au nord qu'au  sud. Dans les régions du nord : 1er gouvernement, il y a pour le nord, 4 Ministres et 4 Secrétaires d'État. Dans le second gouvernement, il y a 5 Ministres et 3 Secrétaires d'État. Au total, on obtient 9 Ministres et 7 Secrétaires d'État pour les deux gouvernements. Régions du sud : 1er gouvernement  = 2 Ministres ; 2ème gouvernement = 7 Ministres. Au total : 2+7 = 9 Ministres.

Mais il faut dire que le sud n'est pas homogène, le Mayo-Kebbi, que l'on considère à tort comme faisant partie du Nord alors que la seule ethnie « arabe » constituée de Foulbé, d'ailleurs parfaitement intégrée dans ce « pays », en réalité composite est en général compté dans les régions du sud, d'où la différence de deux ministres supplémentaires. En conclusion, il y a égalité parfaite entre le nord et le sud. Sur ce plan, il n'y a pas eu d' injustice. Si certains historiens n'hésitent pas à classer au nord le Mayo-Kebbi, c'est uniquement parce qu'il comporte des Peul (appelé Foulbé ou Foulani en langage local). Ce sont en fait des populations nomades venus du nord pour laisser paître leurs troupeaux et qui se sont établi définitivement. Ce n'est pas cette infime minorité qui peut faire du Mayo-Kebbi une région du nord. Au Mayo-Kebbi, nombreuses sont les ethnies originaires de ces lieues : ce sont en général, les Kera, les Toupouri, les Moundang, les Massa qui sont en réalité des Mousseï, des Mousgoum, puis les Kim, etc. sans oublier les Laka et les Ngàmbáy avec lesquels de nombreuses relations matrimoniales s'établissent. Rien ne permet de classer donc cette région du Mayo-Kebbi au Nord, simplement parce qu'on y pratique l'Arabe vernaculaire ou que certains ont contracté des mariages mixtes où parfois l' un ou l'autre conjoint est originaire du nord ou du sud. Ce qui compte, c' est la région dans laquelle vivent toutes ces peuplades et non leur origine ethnique. D'ailleurs, la proximité de cette région avec le Cameroun sert de vase communicant entre les Moundang et même les Toupouri, lesquels entretiennent des relations d'ethnicité avec les Foulbé de ces régions. Une vue trop restrictive engendre évidemment une erreur d'appréciation. Chacun sait que les vrais habitants de ces lieux sont les Moundag et les Toubouri, y compris les Massa et les Kim. Les Arabes ne sont que des immigrés dans cette région. De même, on peut également en dire autant de la capitale N' Djaména, qui n'est à l'origine pas une ville arabe mais au grand maximum baguirmienne composée d'autochtones : les kotoko, les Maba, les Sara, Haoussa,.y compris les arabes, essentiellement des nomades immigrés de longue dates dont les enfants sont devenus des sédentaires bien établis, presque toujours des commerçants et même des grands commerçants.

L'ethnicité qui règne dans ces lieux ne doit pas induire en erreur en faisant croire qu'il y a vraiment un problème comme ce fut le cas au Rwanda ou au Burundi. Dans ce pays, le problème ethnique que la Belgique a largement contribué à ériger en système royal véritable avec des dates et des castes bien précises n'est pas à comparer avec le Tchad, constitué des empires (essentiellement 3). Il n'y a plus à rêver d'un retour possible des empires. Nous sommes définitivement en République à l'image de la France. La comparaison s'arrête simplement à l'image, non à un néocolonialisme. Ce problème hante le plus souvent des historiens étrangers voyant les choses de l'extérieur mais il ne faut pas occulter qu'il est réel dans l'esprit de certains responsables politiques. L'historien même étranger mais surtout étranger doit prendre le temps d'observer et avoir le courage d'apprendre à connaître les populations qu'il décrit à la manière d'un ethnologue pour bien cerner le problème. Lisez donc le livre de Jean Chapelle [Le peuple tchadien, ses racines et sa vie quotidienne, éd. L'harmattan, 1980] et vous comprendrez qu'il sait de quoi il parle. On peut le traiter de colon, de n' importe quoi, mais une chose est certaine, il sait de quoi il parle, pour un européen, s'agissant de décrire les Africains. Il est évident qu'un européen ne peut pas se mettre à la place de ceux qui vivent les problèmes d'ordre ethnique. Il n'empêche que l'on peut mieux voir et sentir les conflits intra et extra-ethniques de l'extérieur des gens directement concernés parce que l 'on y réfléchit à tête reposée sans passion et sans parti pris. Il est certain que ces descriptions souffrent d'erreurs d'appréciation des ethnies que seuls les indigènes eux-mêmes peuvent apprécier car ce sont des héritiers de la tradition orale dont l'habitude de transmission orale de leur origine ethnique est ancrée profondément dans la mémoire collective.

Les populations de base ne font pas toujours la différence ethnique lorsqu' il s'agit de relations matrimoniales parce que l'intégration est presque toujours totale. Ils contractent des mariages comme bon leur semble, surtout au sud du pays. Ce qui est évident à première vue, c'est que chaque Tchadien connaît de manière irréfutable son appartenance ethnique et chaque Tchadien essaie toujours de savoir de quelle origine vient tel ou tel compatriote qu' il rencontre, des fois même discrètement. Dans la partie sud du pays, le mariage est toujours exogame, d'où une inclination à rechercher les origines jusqu'au degré le plus loin possible. Inceste ? Connaît pas ! Ce n'est jamais dans le but de rejeter x ou y mais les Tchadiens  veulent tout savoir de l'origine dont on provient. Celui qui  en doute peut toujours aller vérifier auprès de la plupart.

Cela n'exclut en rien le fait que l'ethnicité reste ancrée dans la mentalité de tout Tchadien bien que l'intégration de la femme (car c'est souvent la femme qui quitte sa famille pour s'intégrer dans la famille de son mari) est totale même s'il y a divorce. Il est évident que l'habitude de vie à l' européenne rend difficile l'intégration d'une femme européenne. Elle ne sera jamais rejetée et vivra sa vie comme elle entend et aura même des quantités d'amis surtout si elle a des descendants, ce qui est presque toujours automatique en Afrique sauf exception ou cas de force majeure. Chacun sait qu'avoir un seul enfant, c'est comme s'il n'y a encore rien dans la mentalité tchadienne. Ce que j'écris ici n'est pas de l'histoire car il n'y a aucune étude sérieuse mais nous le savons tous en tant que Tchadiens combien la sociabilité entre les ethnies est très grande. Lorsque l'on pose des questions sur l'origine de telle ou telle personne, ce n'est jamais dans un but maléfique mais souvent dans un but intéressé de profit. En effet, appartenir à une famille bien située financièrement, même de loin peut toujours servir. Cela se passe en ce moment au pays et les plaintes des uns et des autres à propos des clans sautent aux yeux. Quand je dis que je suis connu du Nord au sud, je ne risque pas d'être démentie par le très grand nombre de personnes que je connais et qui ne m'ont jamais manifesté une animosité quelconque. Ce n'est peut-être plus le cas aujourd'hui mais même les étrangers témoignent du fait que les Tchadiens sont en général accueillants et gentils. Je trouve ces habitudes absolument merveilleuses car il n'y a rien d'autre de plus beau au monde que la convivialité et l'estime de l'autre.

Nous devons avoir le courage de dire que ni la taille, ni l'habit, ni l' origine sociale, ni le sexe, ni la religion ne fait l'homme. Où je veux en venir ? C'est simple. Il faut comprendre que nous parlons souvent du népotisme et tout ce qui induit à la corruption. La seule manière d'éviter le népotisme, c'est de placer tout le monde sur les mêmes pieds d'égalité y compris les membres de sa propre famille si ceux-ci méritent les places qu' ils occupent lorsqu'il s'agit de la fonction publique. Il est normal et même obligatoirement nécessaire d'aider les membres de sa famille avec ses propres biens si l'on dispose des moyens. Il n'y a pas l'ombre d'un doute sauf circonstance exceptionnelle mais mettre les membres de sa famille aux places qu'ils ne méritent pas est inadmissible, c'est digne d'un sultanat et non d'une République. La fonction politique dans une République est d'une toute autre nature. Elle est plus complexe. Elle n'a rien à voir avec un sultanat. Actuellement le multipartisme sous couvert de la démocratie tend à induire en erreur le chef de file qui ne regarde plus que les membres de son parti. C'est le cas du MPS en ce moment d'où les insinuations des uns et des autres en confondant clan et parti politique ou la garde prétorienne du Président. C'est également le cas lorsque l'on parle de la gendarmerie et de l'armée. Est-ce vraiment fondé ? N'y a-t-il pas une étude sérieuse sur ces allégations au lieu de proférer des menaces verbales sans consistance ? Qu' est-ce qui prouve que toutes ces accusations sont réelles ?

Mais qu'en est-il de la fonction publique ? Les examens et les concours doivent se passer devant des personnes compétentes n'appartenant pas nécessairement à la famille mais à tout Tchadien compétent, de probité irréprochable. Il existe des moyens mis en place depuis longtemps pour cela. Il n'y aucun doute là-dessus et c'est là le problème crucial. Ce ne sont donc pas les personnes qu'il faut contrôler même si ceux-ci ont des frères, amis influents haut-   placés. Est-ce vraiment une raison de soupçonner tout le monde à tort ou à raison ? Ce qu'il faut contrôler, c'est l'utilisation des deniers publics mis à leurs dispositions à des fins personnelles. Il y a un certain nombre de projets à réaliser et cela demande des fonds importants et du temps mais il ne s'agit pas d'aller contrôler ces fonds entre les mains des différents responsables, en particulier, les responsables des différents ministères. Ce qu'il faut contrôler c'est le résultat sur le terrain.

L'existence des services de contrôle administratif devra normalement suffire à dissuader les fraudes et les malversations quand il s'agit de la fonction publique. Dans un service, il y a plusieurs niveaux de responsabilité et de nombreuses personnes y sont mêlées mais le résultat sur le terrain se voit. La réalisation des travaux quels qu'ils soient, est toujours étalée dans le temps et dans  l'espace. Il est donc relativement aisé de voir si les deniers publics sont bien utilisés ou non et surtout l'utilité des réalisations. Ici se trouve le niveau de revendication de ce qu'on appelle la transparence. Les députés sur ce plan peuvent très bien accomplir leur mission de contrôle car les plans de  travail gouvernemental sont relativement bien établis à l'avance sur une certaine durée. Ce que fait un haut dignitaire fut-il le chef de l'État en distribuant ça et là des cadeaux directs n'est rien d'autre qu'une survivance du sultanat, surtout dans la partie nord du pays. La récompense du mérite n'est acceptable que dans un contexte donné, bien institué par les services de l'État et non des cadeaux donnés de main en main. Dans ce dernier cas, cela se fait dans le cadre strictement privé des biens personnels.

Il faut éviter de tout confondre et croire que le fait d'être au pouvoir signifie qu'on ne peut pas avoir ses proches parents  ou amis dans des fonctions importantes. C'est une question de compétence et non une question de proximité parentale. Voyons cela de près.

La famille africaine est toujours élargie quelle que soit sa composition. C'est une très bonne chose. Rien n'est plus important que la famille. Le problème, c'est que le pays évolue et avec elle la société dans son ensemble. Il est donc important d'en tenir compte. Il ne s'agit pas de remettre en question le système de vie communautaire, encore moins d'accuser à tort et à travers mais de prendre sérieusement en compte l'organisation de la société. Si la société est bien organisée, tout ira bien vers un bien être général pour que chaque membre de la famille se prenne lui-même en et sa famille charge. Chacun sait qu'il existe des niveaux de contrôle administratifs si tout est bien organisé. L'accusation ne peut porter que sur le manque de responsabilité dans chaque fonction et non au niveau des personnes appartenant à telle ou telle ethnie ou famille.

C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités et de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité à tous les niveaux. A partir de là, nous pouvons dire que nous avons du pain sur la planche car c'est à nous de nous organiser et d'organiser notre travail. Si nous réfléchissons bien, le vrai problème au niveau de la pauvreté vient de là, c'est-à-dire la prise en main de tout le monde pour augmenter non seulement ses revenus monétaires chacun dans son domaine mais la charge sociale individuelle au niveau de la famille. Pour que toute la famille soit heureuse, il faut un minimum de revenu monétaire pour chaque membre de la famille, ce qui implique que chacun doit pouvoir trouver du travail pour gagner de l'argent et satisfaire ses besoins personnels. Si le revenu n'est pas substantiel, le chef de famille seul ne peut satisfaire tout le monde à la fois. Même s'il a un bon niveau de revenu, cela ne suffira pas pour toute la famille si elle est nombreuse, en comptant les cousins et cousines, les oncles et tantes, les neveux et les nièces, car c'est comme ça la famille africaine. Peut-on refuser quelque chose à des personnes de sa famille dans le besoin en Afrique ? C'est plutôt rare car ce n'est pas dans la mentalité de l'homme africain mais les choses changent. Si l'on ne peut pas changer aussi facilement de mentalité, l'on peut organiser autrement les choses, faire comprendre la nécessité de s'organiser individuellement et  d'organiser les choses pour se suffire et contribuer à faire avancer l'ensemble de l' économie nationale. C'est là où je veux en venir. Je veux dire que le vrai problème repose sur l'organisation de la société et l'éducation nationale en partant de la base, c'est-à-dire, de faire en sorte que chaque individu majeur, capable de subvenir à ses propres besoins puisse utiliser son intelligence propre à l'aide des outils qui sont à sa disposition. Si tout se passe bien, chacun devra pouvoir trouver sa place en travaillant et en utilisant son intelligence et ses capacités. Ainsi, les membres de la famille ne pourront pas compter uniquement sur une seule personne pendant que les autres ne peuvent rien faire de leur force de travail. C'est non seulement une perte pour les individus mais surtout pour la société dans son ensemble. Peut-on s'étonner du retard de développement que nous faisons subir à notre pays ? Ceci me permet de dire une chose que nous avons tendance à oublier. Ce n'est pas parce que quelqu'un gagne beaucoup d'argent par rapport à vous que vous deviendrez subitement malheureux. Au contraire il faut essayer de mieux travailler pour le dépasser. Tous les moyens existent pour faire mieux, en particulier les études. Il existe énormément de filières. Ce qui est important, c'est de savoir s'organiser de chercher  le vrai chemin de la réussite. On est issu d'une famille nombreuse, eh bien tant mieux, il faut pousser chacun à trouver un chemin de bien gagner sa vie et pour aider les autres à s'en sortir au lieu de se morfondre en jurant tous vos grands dieux que telle personne est la cause de votre mauvais sort. Cela ne sert à rien.

Et si l'on prend en compte les grands-parents qu'on est obligé de soutenir à cause de leurs âges avancés, de leurs revenus financiers propres qui bien souvent n'existent pas, il faut quand même un bon revenu de la part du fils (ou de la fille) sur les épaules duquel (ou de laquelle) tout le monde repose. Or que se passe-t-il en réalité ? N'est-ce pas un gaspillage d'intelligence et d'énergie ? C'est là qu'il faut chercher les causes de l' insuccès et non sur la tête d'un hypothétique individu maléfique.

Le chômage est à son comble. Au lieu que tous les enfants arrivent au terme de leur scolarité afin qu'ils se débrouillent par eux-mêmes, l'argent nécessaire pour les soutenir manque et certains n'arrivent pas à terme. Même si c'est le cas, ils ne trouvent pas immédiatement de travail à la sortie parce qu'ils sont sous-qualifiés mais surtout parce qu'il n'y a pas assez d'entreprises pour leur offrir du travail ou ce qui est pire, ils doivent attendre longtemps à cause de la lenteur administrative d'intégration, une fausse attente pour nos pays du tiers-monde. C'est une réalité et certains racontent comment ils chôment quatre ou cinq ans durant avant d'entrer dans la vie active. Il faut donc chercher où se trouvent les racines du mal. Si nous maîtrisons bien notre propre organisation, tout cela fera place au succès et nous n'aurons pas trop de mal à vivre comme nous le voulons, à la Tchadienne, en réunissant tout le monde. Si tel est le cas, nous aurons la chance de dépasser rapidement le niveau de pauvreté auquel nous sommes astreints actuellement. Je prêche dans le désert mais je ne désespère pas car vu le nombre de jeunes Tchadiens qui, de plus en plus, veulent actuellement entreprendre, trouver le secret de la réussite, cela devient encourageant. C'est cela le patriotisme et non vouloir faire la guerre. Une telle pensée fait partie des fausses évidences.

Que veut dire être pauvre ?  Est-ce une malédiction ? Pour quelles raisons certains sont riches et pas d'autres ? La réalité, c'est que nous voulons tous occuper le devant de la scène et jouer le beau rôle sans le mériter et certains d'entre nous sont très pressés de se faire reconnaître comme des gens valeureux sans en apporter la preuve. Je pense que nous devons être un peu plus modestes mais aussi souples pour ne pas dire flexibles lorsqu'il s' agit d'occuper des fonctions de niveau relativement secondaire sans grande importance. Il faut de même drainer les jeunes énergies vers des emplois subalternes en les rendants attractifs par un niveau de salaire convenable.

Faire attendre un jeune qui vient de terminer ses études littéraires ou techniques pendant quatre ans avant de l'intégrer uniquement pour des raisons de simple signature aux bas des pages est inexcusable. Il ne s'agit pas là d'une responsabilité bien grande, mais d'une tracasserie bien inutile. Cela me semble évident mais surtout une telle attente réunit toutes les conditions mafieuses et je pèse mes mots, elles font fuir les meilleures volontés vers le clientélisme parce que c'est facile. Elles permettent de savoir qui est qui quand bien même l'intention n'existerait pas. Cela émousse l'enthousiasme du jeune cadre dynamique qui, faute d'avoir trouvé sa place, ne pense qu'à une chose, c'est de se venger un jour lui aussi sur un bouc émissaire imaginaire. N'est-ce pas malheureux d'en venir à cela après tant d'années de scolarité ? Pire encore, les curricula et les conditions d'emploi de plus en plus longs et inutiles ne font que chasser les bonnes volontés vers le chômage alors que nos pays ont besoin de compétence. Encore une fois, il n'y a qu'une manière de faire avancer le pays, c'est de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité sans faire de différence.

R.L. Mbaïrounga


                                               14/02/2003
                                      
CMAP-CPAL, Sauvez ce qui reste!
Halte! les vendeurs des idées veulent se rallier à Deby! quelle honte ? on croirait certains aller jusqu’au bout de la lutte, celle des tchadiens de tous les horizons, ceux qui ne perdent jamais espoirs. Il a fallu que les événements mondiaux de dernières heures interviennent pour que nombre d’opportunistes tchadiens changent de fusils d’épaule. Mandela aura servi quand même de bien d’exemple pour qu’au moins ceux qui vivent à l’ombre puissent porter haut le flambeau de la résistance. Et puis les contextes ne sont surtout pas identiques voyons… Qu’a-t-on fait des sacro-saints principes des mouvements de luttes et de la vision sage de ces dernières années des tchadiens regroupés, ou observateurs des ensembles comme le CMAP ou le CPAL ? En tout cas les réactions de ces jours auprès du maître du Palais rose de N'djamena laisse susciter pas mal d’interrogations dans la diaspora politique tchadienne. Des hommes en perte de sensation politique semblent d’ores et déjà rachetés. Ceux là qualifiés hier par N'djamena de marchands d’illusion n’ont pu résister au mirage du CFA qui circule de Libreville à Paris. Au moins s’il reste une constante encore solide pour faire face à Deby c’est bien celle de l’isolement et de l’abandon sans cesse croissante ces dernières années du régime de N'djamena. Alors de grâce sauvez la face de l’opposition au lieu de vous sauver. L’histoire est têtue et vous ne pourrez jamais échapper au procès. Les tentatives de réconciliation avec les maîtres de N'djaména sont là à titre d’exemple. Sachez que Idriss n’a jamais changé de donnes sinon de ruse. Alors, que lui diriez vous une fois après un dîner copieux chez Hadjé, raccompagnés et félicités par la rutilante Lexus ou Sonata. Et vous voilà dans les rues de N'djaména face encore à la misère d’un peuple, à l’injustice que vous cautionnez chaque jour qui passe. « monsieur le ministre ». Le moment tant attendu viendra certainement tout comme est venu le MPS de ses grottes de Bamina. Ce moment sera celui de la réconciliation des tchadiens avec eux-mêmes, du rétablissement d’une confiance et d’une justice. Confiants les uns des autres, les tchadiens relèveront tous défis. Déjà au regard de la situation stagnante au pays, tous les faucons semblent alités, aucune stratégie ni démarche moderne même copiée chez les autres. Dans la soit disant innovation, l’homme cherche à tout prix à sortir une nouvelle version MPS qui va avaler tous les affamés de l’extérieur. Les arabes bien divisés comptent tous sur un seul joker à l’étranger, et quant aux autres partis, ils sont considérés non crédibles. En attendant le pétrole, les bénis oui oui s’attèlent à la confection d’une constitution sur mesure. Tous les nouveaux ralliés, pièces à conviction, confirmeraient l’intention du chef rassembleur. Il aura gagné. Quelle honte ?.

Amine A. Togou


19/01/2003
        Un combat de coqs       

J'ai lu avec beaucoup de peine les débats entre Mr NGOUSSOU et Mr WECHIMI. Ces articles démontrent, on s'en rend compte, que le risque pour nous de perpétuer les racines, profondes et perspicace, de l'obstacle de notre cohésion et concorde nationale existent toujours. Nous risquons, sans le savoir, de relayer les fausses controverses qui nous ont longtemps fait du tort. Pourtant, ces articles(de Ngoussou et Wéchimi) appellent quelques clarifications et remarques.
   D'abord, il faut dire une fois pour toutes que les hommes d'État, une fois qu'ils accèdent à la souveraineté nationale, n'appartiennent plus véritablement au lieu de leur naissance. Car les actes qu'ils posent concernent tout le monde, qu'on le veuille ou non. Et c'est le pays tout entier qu'ils dirigent. Bien sûr, on ne leur demande pas de faire fi de leur origine, mais quand nous parlons politique, il y a un certain nombre de préalables qu'il est important de ne pas oublier. Les omettre, les oublier porterait préjudice à l'analyse que nous faisons d'une situation.

   Les noms comme Tombalmbaye, Habré, Malloum et Deby n'appartiennent plus à une région. Ils appartiennent à un pays. Il est incohérent, politiquement, de les nommer uniquement comme ressortissants d'une partie de notre pays. Cette remarque fournie, je voudrais dire un mot sur les controverses de nos deux amis. Pour cela, je me dois de revenir un peu en arrière. Les arguments essentiels des uns et des autres sont très limités puisqu'ils ne sont pas fondés sur les faits historiques suffisamment solides. D'abord, comme tout régime africain de son temps, le régime Tombalmbaye n'a pas épargné ses opposants qui sont aussi bien du nord que du sud. Il n'est pas correct de dire que les opposants mis en prison et assassinés viennent seulement d'une région.
Tous ceux qui menacent son pouvoir étaient systématiquement éliminés ou mis en prison. Les plus chanceux ont réussi à prendre la fuite. Les plus courageux ont pu mettre en place des organisations politiques dignes. J'en veux pour preuve la création du FROLINAT d'ABACHA qui a été par la suite détourné de ses principaux objectifs originels. D'ailleurs, l'article éclairant de Lucien Mbaïrounga, sur lequel je ne voudrais pas revenir, le montre bien. Nos parents, qu'ils soient du nord ou du sud, ont fait les frais des erreurs politiques du régime de notre premier président tout comme de celui des régimes qui lui ont succédé. Ensuite, il faut quand même souligner que les erreurs politiques de Tombalmbaye ne doivent pas obscurcir certains points positifs. N'oublions pas que le premier président du Tchad appartenait à la première génération des dirigeants africains, plus nationalistes que nous aujourd'hui. Si nous nous amusons à comparer le Cameroun et le Tchad de 1970 en matière de développement, toutes les statistiques montrent que le Tchad était largement en avance. Nous pouvons faire la même comparaison entre le Tchad et la Côte d'Ivoire mais dans le domaine de l'éducation. En 1970 en effet, le niveau de l'éducation tchadienne était meilleur que celui de la Côte d'Ivoire. Tout cela pour dire que le nationalisme qui habitait la première génération des dirigeants africains est réel. Les gestes et réalisations politiques le montrent. Prenons l'exemple d'Ahidjo sur trois points : l'électricité, les routes et la