

|
 |
 |
| |
Forum
Solution (suite) |
 |
10/10/2003
Les
problèmes délicats et dangereux au Tchad
Les problèmes délicats et dangereux au Tchad sont devenus un sujet
tabou est réellement étrange et choquant dans un monde comme le nôtre,
où il et facile d’écrire et de dénoncer (publier). Jusqu’à ce
jour, si peu écrit sur le problème de la violence et de l’injustice.
Dans ces diverses manifestations, le Tchad est réduit à zéro, mais
encore sous son aspect plus général de fléau de l’humanité. Dans
cette dernière perspective si nous faisons l’étude comparative de la
violence et des autres calamités qui s‘acharnent sur le monde
tchadien. La guerre et les diverses épidémies, nous pourrions vérifier
une fois de plus la violence est la moins débattue et la plus méconnue
dans ses causes et ses effets. Quels sont les facteurs cachés de ce véritable
complot du silence par rapport à la violence ? Est-ce simplement l’œuvre
du hasard si ce problème n’a attiré l'attention me semble-t-il de
personne malgré l’intérêt et les esprits spéculatifs et créateurs
de notre temps? C’est un silence prémédité dû à l’esprit même
de notre culture, ce sont les intérêts, les préjugé d’ordre moral
ou d’ordre politique et économique qui sont à l'origine de ce
silence. Toute économie du pays s’est effondrée, la dignité est réduite
à néant, l’intérêt commun et collectif a pris le pas sur l’intérêt
individuel. Chers dirigeants évitons le favoritisme, le népotisme, le
sectarisme, le particularisme ethnique ….chers compatriotes les hommes
meurent mais la nation reste.
Hissein Wadi Omok
Étudiant Tchadien à l’Étranger
01/07/2003
LE F.U.D.P: Une contradiction avec la réalité
actuelle
La naissance de
CMAP 2 : le FUDP", l'article publié le 25 mai 2003 n'est pas une réalité
actuelle:une pure contradiction avec la réalité actuelle. Le FUDP est
plutôt un projet d'unité de l'opposition politico-militaire
tchadienne.
L'on ne parlera de la naissance du FUDP(Front Uni pour la Démocratie et
la Paix) que s'il y a concrétisation effective du projet mais la réalité
actuelle est toute une autre contradiction.
En effet, aucun membre de la rédaction du mensuel IYALTCHAD n'a pris
part à une des réunions s'il y en a eu, ni à aucun congrès s'il a eu
lieu, du moins encore aucun journaliste de la dite rédaction n'est
sollicité pour une quelconque couverture médiatique du dit front.
Ainsi donc, la rédaction de l'article " la naissance de CMAP 2 :
le FUDP" est basée sur des rumeurs, des allégations verbales ou
des chantages de certains leaders de l'opposition tchadienne mais
aujourd'hui c'est une pure contradiction: le FUDP n'est jamais né moins
encore un projet effectif, c'est une simple projection de l'opposition,
après nos investigations.
A cet effet, la rédaction du mensuel IYALTCHAD, vient par la présente
démentir toute naissance du FUDP en vue de renverser le régime de
Ndjamena moins encore de déstabiliser ou pour toute une autre activité
quelconque.
Mahamat
Moussa
mbodou@yahoo.com Tél: 00229 071250
26/05/2003
La naissance de CMAP 2 : Le F.U.D.P
Enfin une possible unité de l'opposition politico-militaire
La
chronique d'une chute s'annonce...
Après les échecs incontestés des tentatives d'unité de l'opposition
tchadienne avec la CMAP et l'ANR, l'opposition politico-militaire se réveille
et prend le destin du "Tchad de demain" en main. Force est de
constater depuis janvier dernier un groupe indépendant de pilotage du
projet d'unité de l'opposition a été mis en place et est composé de
quelques représentants des mouvements armées.
Depuis le déclenchement de l'instabilité politique au Tchad, des révoltes
se sont multipliées et des hommes sont contraints à l'exil, des exils
qui débouchèrent nombres d'entre eux aux créations des mouvements
politico-militaires.
Chaque mouvement mène la lutte à sa manière c'est pour dire que tous
ces mouvements allaient en rang dispersé et ce qui n'arrangea guère
l'opposition armée. C'est ainsi que le 16 novembre 1996 une tentative
d'une partie de l'opposition a vu le jour avec la création de l'ANR (
alliance nationale de résistance) regroupant huit mouvements, dirigé
par le colonel Mahamat Garfa président de l'ANTD( armée nationale
tchadienne en dissidence, créée en septembre 1994). Mais très vite
cette alliance connaîtra d'échec car nombres des mouvements ont quitté
et en janvier dernier à Libreville au Gabon l'ANR a signé un accord de
paix avec le gouvernement.
Certes malgré l'échec de l'ANR, l'opposition ne se décourage guère
et c'est ainsi que quatre ans plus tard après l'échec de la table
ronde de Franceville en janvier 1996, une fois de plus une nouvelle
tentation d'unité de l'opposition mais avec un fort taux de réussite:
la CMAP voit ainsi le jour.
Très vite ce mouvement traversera par des moments difficiles, des
moments de division, d'exclusion et aujourd'hui elle n'existe que de nom.
A cet effet, il est important de s'arrêter et de se poser la question
de savoir pourquoi ce double échec? Certainement les causes principales
ne sont que la trahison, l'égoïsme et la recherche d'intérêt
individuel ou ethnique sans autant penser au développement de notre
patrie entredéchirée par des guerres fratricides depuis plus de trois
décennies.
En effet, depuis la crise qui sévit à la frontière tchado-soudanaise,
l'armée de DEBY est désunie et affaiblie. Oumar El Béchir président
soudanais fait appel à ID afin de neutraliser la rébellion créée par
les zaghawa soudanais et c'est ainsi que DEBY déploie une importante
ressource humaine proche de lui et matérielle afin "d'écraser ses
propres frères" mais le déploiement se solda par des ralliements.
Ainsi donc ID est en position de faiblesse et justement c'est à cet
effet que l'opposition politico-militaire tchadienne voulait profiter de
la situation qui prévaut à l'Est pour renverser le régime de Ndjamena
si l'on en croit aux sources proches de l'opposition.
Selon toujours les mêmes sources, pour renverser ID il fallait nécessairement
une unité de l'opposition et c'est ainsi qu'un mouvement d'unité de
l'opposition est entrain de naître pour ne pas dire est né: le FUDP(
Front Uni pour la Démocratie et la Paix: une idée propre à Ahmat
Yacoub selon un membre du dit front). Une unité qui constituera peut être
la chronique d'une chute. Est-ce cette unité serait effective? Selon
nos sources déjà des exclusions internes ont commencé et d'ailleurs
toujours de la même source il n'y a aucun "sudiste" au sein
du futur front. Est-ce que cette exclusion ne causera pas
l'engourdissement de cette unité? Lors de notre rédaction de l'article
quelqu'un nous aurait informé l'entrée d'une sudiste mais est ce une réalité?
Certaines sources nous ont confirmé que cette unité vise simplement
ceux de la région centre-est, est ce que le "futur Tchad" ne
sera que constitué de cette région? N'est-ce pas un revers prémédité?
Certes le front est né mais la question qu'on devrait tous se poser est
celle de savoir qui dirigera ce front uni? plusieurs noms circulent dans
les coulisses entre autre: Hissein Koty, Adoum Togoï, Salahadine mahdi,
Brahim Mallah et Younouss Ibedou.
Une rencontre est prévue pour demain 26 mai et elle se soldera par des
signatures d'engagements de tous les mouvements membres du dit front.
Selon des sources proches du pouvoir, le régime est bien informé de
cette unité et semble-t-il qu'il est entrain de négocier le départ du
mouvement de certains: la fragilisation avant la naissance.
A mon humble avis c'est possible car l'opposition a été toujours
fragile pour des intérêts égoïstes mais le temps nous apprendra
n'est-ce pas?
Mahamat
Moussa (Journal IYALTCHAD)
Tel: 00229 07 12 50
mbodou@yahoo.com
05/05/2003
De la mentalité de l'opprimé à une « complicité » avec
l'oppresseur :
Où commence la libération ?
Voici
quelques questions qui viennent à l’esprit
lorsque nous essayons d’appréhender les sujets relatifs à la
notion de liberté, d’oppression et de libération puisque c’est de
cela qu’il s’agit. Ainsi, on peut se demander si la liberté est
un concept totalement subjectif ou si au contraire, un fait
objectif et concret ? Est elle une caractéristique inhérente à
l’Homme ? Sartre
disait que « même dans les chaînes, l’Homme demeure libre »
Alors, existe t-il une possibilité de liberté à l’intérieur de
l’asservissement ? Peut on dire de l’opprimé qu’il est libre
à un quelconque degré ? La liberté est-elle
la liberté de la pensée ou celle de l’action ? Peut on
concevoir l‘une sans l’autre ?
La
liberté a de tout temps, constitué un axe essentiel autour duquel se
sont ordonnés d’autres concepts
philosophiques, tel que la notion d’identité, la conscience,
l’humanisation, l’aliénation etc. Dans l’histoire des idées en
Occident, l’idée de la liberté s’est avérée un thème dominant
et les penseurs ont souvent défini l’Homme à partir de son inaliénable
liberté. Mais un des paradoxe dont témoigne cette société est le
fait que si sur le plan
philosophique on définissait la liberté de la façon la plus généreuse
et la plus épurée, pendant
des siècles la réalité concrète révélait
sans cesse et partout les formes les plus brutales d’absence de liberté
et d’asservissement. Dans la Grèce antique, berceau de la démocratie
dit-on, l’institution de
l’esclavage et le déni des femmes comme citoyennes étaient inscrits
dans la constitution. Il en fût
de même en France où le Code Noir, texte juridique promulgué en 1685
par Louis XIV, réglementait l’esclavage des noirs aux Antilles, que
la colonisation de l’Afrique fût déclarée œuvre civilisatrice
tandis que le droit de vote des femmes ne fût concédé que très tard
en 1944. Ainsi apparaissait une
catégorie singulière d’êtres humains, de personnes indignes de
jouir des bienfaits de la liberté et d’égalité. Flagrante
contradiction que cela car si la théorie de la liberté demeure sans
rapport avec la pratique de la liberté, cela signifie qu’il y quelque
chose d’erroné soit dans le concept lui-même ou dans son
application. Dès lors, la liberté n’apparaît pas comme le définit
le concept, un droit inaliénable mais bien un droit conquis d’âpres
luttes par ceux qui en ont été privé.
Dans
ce contexte, comment ne pas évoquer les nobles idées de liberté et
d’égalité dont s’entourent nos Etats africains et particulièrement
le nôtre, le Tchad, à travers
leurs constitutions, mais dont la pratique de la liberté et d’égalité
s’avère dramatiquement écartée
de la conception. Il est évident, que notre société est caractérisée
par un fossé gigantesque entre la liberté telle qu’elle est définie
sur le plan constitutionnel et notre manque réelle de liberté. Tous
les rapports de différentes associations des défense des droits
humains (LTDH, Amnesty
International, FIDH…) témoignent si besoin est, des violations
quotidiennes de nos droits les
plus élémentaires, dont le plus sacré, le droit à la vie. Par conséquent
il nous paraît clair que le fait que dans un des documents fondamentaux
de notre pays, il soit déclaré que tous les Tchadiens sont égaux et
sujets à la même justice, que toutes les déclarations officielles des
autorités tchadiennes viennent renforcer ces textes et le fait que
l’inégalité politique et la criminalisation de l’Etat n’aient
jamais été extirpée ne peut être en définitif que le résultat de
la volonté affichée de la
classe politique au pouvoir qui tire de cette situation,
tous les privilèges.
Mais
qu’elle est la perception de l’opprimé tchadien lui-même de sa
liberté ? Comment
s’articule sa libération ?
Si
de notre observation de la société, nous constatons un désaccord
certain entre la théorie et la réalité pratique de la liberté, il
semble que le Tchadien lui-même développe
une attitude très contradictoire
voire irrationnelle face à sa
liberté. En effet, il est torturé entre son aspiration profonde à la
liberté et l’adaptation à la situation oppressive dans laquelle le
condamne ce pouvoir dictatorial. Sa lutte est un dilemme à l’intérieur
de lui-même, déchiré entre concéder ou affronter l’oppresseur,
endurer ou réagir, parler ou se taire, se libérer ou
se soumettre, être ou ne pas être. Et contre toute attente,
au lieu de chercher des voies et moyens pour sa libération, il
va au contraire, développer un
fatalisme exacerbé qui va se traduire par une docilité et un
assujettissement exaspéré. Dans le pire des cas, on observe chez lui
une réelle attirance pour l’oppresseur et son mode de vie. Il n’est
d’ailleurs pas rare de le voir
se convertir à son tour en oppresseur et se montrer encore plus
impitoyable envers d’anciens compagnons dans le seul but d’assurer
une hypothétique promotion et échapper pense t-il à sa condition
d’opprimé. On le constate aussi bien chez le Tchadien de la classe
moyenne, enfoncée dans toute sorte de misère intellectuelle et matérielle
à qui on pourrait trouver quelques menues circonstances atténuantes,
que dans la classe intellectuelle
dite éclairée où, la
carence de conviction ouvre bien grande la voie à la corruption et à
la compromission avec la structure dominante et pour laquelle il n’y a
aucune excuse. C’est d’ailleurs dans ce terreau que le pouvoir
trouve ses meilleurs alliés et toute la petite clique véreuse des
Yokabdjim, Nagoum, Yoadoumadji, Youssouf Maïna, Abdérame Ali Haggard,
Moussa Faki et compagnie,
illustre remarquablement cette aliénation. Le désir commun de tous
étant bien sûr d’égaler
« le maître » ou du moins de s’en approcher au maximum.
Les
nominations ministérielles et autres postes de responsabilités sont
des occasions propices pour observer ce phénomène de subordination et
d’allégeance à l’oppresseur. On a ainsi vu des hommes être
propulsés du jour au lendemain par la grâce du chef au sommet
de la hiérarchie puis, amorcer brutalement six mois après - pour les
plus chanceux - toujours par la seule décision du maître, une descente
aux enfers dont une fois encore, seul le maître peut y mettre fin.
Pour ces hommes potiches, aucune réalisation ne peut se faire en
dehors du système. Ils acceptent sans broncher la volonté de celui-ci
comme pouvoir absolu sur leur vie et leur
existence dépend obligatoirement et totalement de lui et aucune
humiliation ne saurait venir à bout de cette servilité. Le cas le plus
pathétique est peut être celui de Annadif, ministre des affaires étrangères
qui paraît-il afin de garder son poste, aurait fermé les yeux sur la
vertu d'une proche. De même lorsque par chance un mouvement de libération
se crée, c’est encore l’opprimé qui le premier va trahir ses
compagnons et les offrir sur l’autel de ses ambitions bassement matérialistes
au pouvoir en échange d’un poste, d’une voiture ou de l’argent.
Ainsi, Laokein Bardé a été trahi par ses compagnons les plus proches
dont son propre frère et le voir aujourd’hui parader en tant
qu’officier de l’armée de Deby dans une Toyota offerte par ce
dernier, est sans doute la scène la plus obscène qu’il nous est
permis de voir. Les exemples de
trahison, d'avilissement des tchadiens malheureusement
abondent et confortent le pouvoir dans son œuvre destructrice.
On peut donc dire, qu’en définitif,
c’est grâce au
consentement des tchadiens que Deby et les siens peuvent perpétuer leur
domination. Ankylosé par la peur, dépossédé de notre personnalité,
opportuniste à volonté et nous proclamant de facto vaincu, nous avons
fait le choix de
nous accommoder à notre situation et refusons toute
confrontation avec l’oppresseur. Voici comment, consciemment ou
inconsciemment, terrifié devant la
nécessité de notre propre lutte pour la conquête de notre liberté,
nous entrons en « complicité » avec notre oppresseur et
permettons la pérennisation de ce régime
abject. Telle est l’étendue
de notre drame.
Cependant,
quelque soit notre écœurement face à
cette analyse accablante que nous faisons de la mentalité de
l’opprimé tchadien, il serait peut être erroné de croire que ce
fatalisme qui se manifeste par une servilité sans borne est un caractère
inné et irréversible des tchadiens. En réalité, il est la conséquence
profonde d’une situation historique, politique,
et socioculturelle dans laquelle nous sommes totalement plongés.
Il est lié à un pouvoir violent
qui à force de répression exacerbée et
quotidienne a réussi non seulement a inculqué une peur
viscérale capable d’annihiler toute aspiration à la liberté
mais a aussi conditionné notre structure mentale
et introduit en nous, une auto dépréciation et un manque total
de confiance. Il en résulte
souvent chez nous, des troubles psychiques profondes
qui illustrent parfaitement une
situation de mal être voire de non être avéré.
Alors
à ce stade de la réflexion la question fondamentale est de savoir
s’il existe pour les Tchadiens,
une possibilité quelconque de
se réapproprier de ce qui fait
la quintessence même de leur condition humaine, c’est à dire leur
liberté et leur dignité ? En d’autre terme, où commence notre
libération ?
Nous
disons que la perspective de liberté n’existe que si l’opprimé
refuse effectivement son assujettissement. C’est d’abord, une résistance
de l’esprit, un refus d’accepter la volonté de l’oppresseur. Le
rejet de sa condition, le refus de son image dégradante et l’état
des lieus tel qu’imposée par l’oppresseur implique forcement une
aspiration à autre chose et rien qu’à travers cet acte de déni,
nous disons que la liberté
existe déjà sous une forme élémentaire.
Bien entendu cela ne suffit pas. Rêver de liberté est une
chose, être effectivement libre en est une autre.
Plus
concrètement, la première phase de libération, implique une analyse
critique et rationnelle de la situation, une connaissance objective
des causes et acteurs de l’oppression pour que, par une action
révolutionnaire exercée sur elle, puisse s’instaurer une nouvelle
situation qui permette la libération. A
travers cette compréhension de sa condition, l’opprimé réalise
que sa liberté n’existe pas de fait, qu’elle ne lui sera
jamais donné mais qu’elle est l’enjeu d’un combat. Il conçoit désormais
le fait que sa libération dépend d’une lutte dynamique et active
qu’il doit organisé. Il commence à croire en lui-même, se sent
homme à part entière avec son droit inaliénable à la liberté et
s’engage à affronter l’oppresseur. C’est ainsi que tous les
peuples du monde ont acquis leurs droits et il serait illusoire de
croire que les Tchadiens échapperont
à cette loi. Quelque soit la forme que revêt cette lutte, une chose
est certaine, il faut qu’elle
nous mène à rompre notre
complicité avec le système car c’est la seule condition de faire de
notre liberté, une possibilité
concrète. Mais pour que cette libération soit totale, il faut
non seulement rejeter notre condition personnelle, mais refuser
en bloc tout le système répressif et seul l'anéantissement intégral
de celui-ci, fera disparaître l’affliction
et l’aliénation dont nous
sommes captifs.
C’est
cela la véritable prise de conscience. Le déni de « l’establishment »
et tout ce qui l’accompagne et de cette conscience véritable de
l’oppression, doit surgir la volonté et l’engagement d’un peuple
à se battre pour l’abolir et accéder à la liberté. L’opprimé
qui parvient à cette conscience
est un homme nouveau et libre qui se
fraie un cheminement vers sa libération et se projette vers un avenir
meilleur.
La
grande question est de savoir comment le Tchadien prisonnier de son aliénation,
peut-il accéder à cette prise de conscience motrice et libératrice?
C’est
là certainement un débat qui pose le problème du rôle des partis
politiques et des intellectuels, de leur capacité à éduquer, éveiller
la prise de conscience et organiser la lutte des opprimés - que nous
sommes tous.
Dans
un pays comme le nôtre, où co-existent plus d’une cinquantaine
d’organisations politiques et où on compte de nombreux intellectuels,
il est affligeant de constater que ce rôle est loin d’être accompli
aussi se demande t-on, à quoi servent nos partis politiques et nos
intellectuels ?
NEINMEKON ASSOUM,
Bordeaux, France.
03/05/2003
where we must go ?
We have an
experience( relation) with French for more than 90 years, the only
benefit from this relation is poverty and their language
with civil war and coup d'etat . with Arab the situation is
different, we are nib Rhode since the beginning but they treat us as
second class and they wont us to be like that. so at least they will
feel better as they are before the last . but we must thank Arab,
because they supply us by weapons and tinkan. since eighties when
American start to find foothold in this area, the positive impression
appears as the democratic ( in creep) and exploration ( may be
development ) which is very important in combating poverty ignore
and civil war. so if any one ( local or foreigner) wont to stop the
democratic( stability) and exploration, we must treat him as
our enemy.
finally my
view is "yesterday is past and today will be
past tomorrow, so let us go to where we will leave (tomorrow) "
Altidjani
Zakaria
28/04/2003
Une
toute petite réflexion sur le Tchad des extrêmes
Le Tchad de l'extérieur ne cesse de me troubler. Le Tchad vu de l'extérieur
par les Tchadiens est un Tchad des extrêmes. Le juste milieu est un concept
visiblement défendu dans le milieu des internautes tchadiens vivant à l'extérieur.
Pas un d'entre eux n'exprime une opinion ou une position de conciliation.
Ceux qui osent écrire pour concilier les vues le font en deux ou trois lignes.
Et ils soulèvent sur-le-champ protestations et longues répliques agressives. A
lire mes compatriotes de l'étranger, on se croirait dans un roman africain des
années 60 - 70 décrivant la vie et les rêves des étudiants noirs africains
vivant en France. En ces temps la, il n'y avait que deux mondes possibles :
l'Europe, paradis corrompu et corrupteur, et les Afriques, terres ancestrales
encore pucelles, paradis dont on se donnait pour mission de libérer et de
defender contre ces homme brutaux et leurs civilisations décadentes et dépravées!!!
(Mais on se souviendra toujours des Mobutu et des Sekou Touré). Pourtant nous
sommes bien loin maintenant des soleils des indépendances. Le moment est venu,
je crois, de penser concret et d'agir sur terre.
J'ai vécu toute ma vie au Tchad (mise à part une parenthèse de trois années
chez les voisins camerounais). Et les différentes crises et tragédies qui ont
marqué ma terre natale, je les ai presque toutes aussi vécues. Toutes nos
crises semblent être des histoires de roman corses. Une histoire des extrêmes.
J'écrivais à un ami qui me demandait les nouvelles de N'Djamena que celle - ci
n'a presque pas change. Les hommes en revanche semblent devenir plus récalcitrants
que jamais. La rebellions, lui disais - je, semble avoir été inventée pour le
Tchad. Pourtant, l'histoire a connu des peuples qui l'avaient élevée (la rébellion)
au rang de bien a faire hériter. Et Zapata n'était pas né dans les Afriques.
C'est peut être là le dommage des pays comme le nôtre : avoir des hommes extrêmes,
mais uniquement des extrêmes. Zapata était rebelle, mais nullement un extrémiste.
Je vous invite par ces quelques mots à penser simplement, et positivement.
L'exil ne donne pas tous les droits (en termes de penser et de légiférer au
sens de ce qui doit être bien ou de ce qui doit être mal), ni d'ailleurs le
fait de vivre en terre natale (pour beaucoup de compatriotes vivant au pays,
vivre au Tchad n'est plus une question de choix hélas!). Penser positivement
revient à essayer de rendre les rêves actuels, et concrets, tout en évitant
les extrêmes quand ce n'est point nécessaire.
A une prochaine fois, si le courage me revient!
Amibiaka
amibiaka@yahoo.fr
17/04/2003
Vérités
et réalités du Tchad
Ténacité
Tribalisme
Courage
Corruption
Habileté
Haine
Ardeur
Assassinats
Développement
Détournements
Est
une vérité
Est une réalité
Tout
patriote qui se respecte doit avant tout appliquer et faire appliquer la devise
de sa patrie or l’on se rend compte que tel n’est pas le cas de nos
dirigeants car :
-
L’Unité
est strictement différente du tribalisme, de la haine et des assassinats.
-
Le Travail
aboutit au développement et non aux détournements et à la corruption.
-
Le Progrès
n’est jamais issu de ces derniers mais du travail.
Le
Tchad est un vieil arbre attaqué par des termites.
Il faut trouver le bon insecticide.
Hamit
Ogoleh Mahamat
22/02/2003
Prenons
du recul pour mieux juger
Nous devons revenir en arrière sur le passé pour mieux discuter des problèmes
qui se posent au pays, pour prendre du recul afin de mieux expliquer, mieux
argumenter, mieux convaincre. Évitons de citer des noms de personnes encore
vivantes et encore en activité, ayant peut-être des fonctions
importantes sinon avec une extrême prudence surtout si nous ne disposons pas de
preuves réelles de ce que nous avançons. Expliquer un fait, ce n'est pas
juger, encore moins condamner. Un fait peut très bien être présent, tangible
et palpable, il ne constitue pas encore une preuve. C'est l'évidence même car
avec le temps, les choses se transforment même physiquement et de plus ce qui
est évident n'est pas nécessairement vrai. Ce qui paraît évident à première
vue peut très bien n'être qu'une fausse évidence. Si nous recherchons
des faits, c'est uniquement pour prouver que ce que nous expliquons repose
solidement sur des faits réels et non fictifs ou truqués. Il faut donc d'abord
qu'il soit prouvé par des arguments solides et des preuves irréfutables par
des gens compétents en la matière. Des gens compétents ne manquent pas au
Tchad et nous sommes à l'heure des preuves scientifiques. Malgré tout, nous
devons redoubler de vigilance et ne pas accepter facilement ce qui se dit ça et
là par des témoins indignes de confiance. Il faut remettre les pendules à
l'heure.
Jetons un coup d'œil sur les tableaux ci-dessous. Ils pourront peut-être nous
éclairer sur le sens des accusations souvent portées sur le retard accusé par
les populations du Nord en faisant de Tombalbaye seul le responsable de
tous les malheurs des Nordistes, bouc émissaire idéal mais il n'était que la
tête des listes, le premier responsable des dysfonctionnements des institutions
de l'Etat sur la liste. Il porte le chapeau qui recouvre tous les torts commis
par les autres. Loin de faire l' avocat du diable, il faut s'instruire plutôt
d'exemple et en tirer une leçon. Il faut savoir en effet que c'est la première
fois qu'un chef d'Etat sans expérience de la démocratie prend le pouvoir dans
ce pays aux multiples facettes sur le plan culturel, de surcroît analphabète.
Lui-même n'était qu' un instituteur qui, à force de volonté et de travail
personnel s'est hissé au plus haut niveau de l'instruction. C'est d'ailleurs
comme cela que la plupart de ses ministres et gouvernants se s'étaient formés.
Certains s' étaient formés sur le tas sans bagages de départ. Ces tableaux
sont éloquents à plus d'un titre mais à y regarder de près, quelles étaient
les grosses têtes. La plupart n'avaient que des titres honorifiques dus à leur
origine sociale : fils de gros commerçants ou de sultans ou de dirigeants
politiques coutumiers. On pouvait difficilement faire la part de l'Etat et leurs
propres pouvoirs ou porte-monnaie provenant de leur origine sociale. La parole
donnée était plus importante que l'analyse froide à tête baissée basée sur
la raison. Voilà ce à quoi était basé le pouvoir politique. Ajoutons à cela
que le pays manquaient des gens compétents dans tous les domaines. Seuls deux médecins
formés en France étaient revenus en 1960-61/ C 'étaient Outel Bono et Jacques
Baroum mais le premier a eu dès le départ maille à pâtir avec le pouvoir par
des emprisonnements successifs, de sorte qu'il ne pouvait même pas exercer
convenablement sa fonction, fut elle politique. C'est seulement à partir de ces
années que les vraies formations débutaient par l'envoi des étudiants en
Europe y compris dans les autres pays d'Afrique, en général à Brazzaville, tête
de pont de la colonisation française. Il ne fallait donc pas s'attendre à des
miracles. Les premiers lycéens sortis chaque année du Lycée Félix Éboué n'étaient
qu'au nombre d'un ou de deux au maximum vers les années 1960-64. Le contraire
aurait été étonnant à l'époque. Il n'est nullement nécessaire de défendre
l'ancien dictateur mais certains semblent oublier qu'il n'était pas le
seul dans son genre. C'était l'époque de Barthélémy Boganda, de David Dacko
en Centrafrique où tout était encore basé sur les superstitions. Il était
facile de voir en perspective les difficultés des pouvoirs mis en place. Ces
personnages étaient des dieux vivants à tel enseigne que les gens attendaient
encore le retour de Boganda qui pérît dans un accident d'avion. Il était
impossible de faire comprendre qu'il s'agissait simplement d'un banal accident.
A l'heure actuelle, tout semble accuser plutôt les hommes du pouvoir actuel
mais cela n'a rien à voir dans le cas qui nous préoccupe. Après tout, l'
assassinat de l'ancien Président Tombalbaye n'est pas du ressort de l'actuel
pouvoir. Avant de continuer, il faut dire une chose qui me paraît fondamentale.
Du fait de notre tradition orale, l'habitude nous incite souvent à
l'affirmation des choses, souvent entendues ou dites par d'autres personnes dont
nous accordons tout de go notre confiance sans aucune vérification. Nous les
prenons comme des vérités finales alors que ce ne sont que des vérités premières.
De là des accusations gratuites sans fondement véritable. Il s'ensuit alors
des assassinats des personnes sans la moindre preuve. Il est évident qu'on peut
citer les noms des ministres et Présidents successifs des Assemblées dont
certains semblent même s'éterniser au pouvoir et aux postes successifs sous le
règne de Tombalbaye alors que ces gens n'ont rien de sudistes. Que certains
dont la mémoire est courte consultent les archives s'ils existent encore. Cela
leur rafraîchira grandement leur mémoire.
Comme l'a posé S. Kebzabo dans son récent article sur la laïcité, ne
serait-il pas mieux de faire le bilan des résultats des activités du régime
actuel et voir s'il n'y a pas lieu de rectifier le tir. Comme ils sont encore
vivants, c'est peut-être le moment de leur porter des critiques pour qu'ils
rectifient d'eux-mêmes le tir et s'engagent dans une meilleure voie. M. S.
Kebzabo qui lui-même a fait l'expérience du pouvoir et en tant qu' ancien
journaliste, bien avant même la période actuelle en sait certainement long sur
les pouvoirs ancien et actuel. S'il avance des arguments aussi solides
tels que ceux de son article, ils ne peuvent pas être gratuits. Que
certains lui en veuillent pour l'une ou l'autre raison, cela n'a aucune
importance dans la mesure ou un forum ne peut pas toujours être à sens unique
et que tout le monde ne peut pas toujours avoir la même opinion. L' essentiel
est de savoir rester courtois et savoir respecter l'intimité des autres. Dire
que telle personne ne sera jamais président du Tchad n'a pas grand sens car
personne n'a la clé de toutes les voix des électeurs. Une telle parole témoigne
simplement de l'ignorance de la chose politique. Qu'on ne vienne pas m'accuser
d'être soudoyer par le député Kebzabo que je ne connais que de réputation en
tant que journaliste du temps de Tombalbaye où je faisais partie des étudiants
manifestant pour ses altercations avec le pouvoir tombalbayien. Pour rafraîchir
une fois de plus la mémoire quelque peu défaillante de certains, Kebzabo n'en
est pas à sa première tentative de rectifier le tir des dirigeants politiques
de ce pays. N'est-ce pas cela qui fut à l'origine de ses démêlés avec le
pouvoir tombalbayien à l'époque de Bono Outel ? Cela doit servir
d'enseignement à ceux qui se disent « intellectuels ». Un tel comportement
est bien digne d'un intellectuel au sens large du terme. Au lieu de porter des
critiques percutantes envers le gouvernement, certains se complaisent à
rechercher les origines ethniques et matrimoniales des hommes politiques.
N'est-ce pas simplement de l' enfantillage ? Que l'on vienne du nord, du centre
ou du sud, quelle importance ? Dites-le nous ! N'est-ce pas le même pays ?
N'allons-nous plus jamais mettre pieds ailleurs que dans notre « bled » où
nous sommes nés ? Ceux qui sont toujours prêts à employer de ce langage
ordurier doivent simplement retourner à l'école primaire. Allons-nous enfin
voir les choses du point de vue national et abandonner le sein de la mère ?
N'avons-nous pas encore appris de l'initiation cette simple chose qu'est le
sevrage ?
Rappelons-nous que chez les Ngàmbaye, il y a trois degrés d'initiation et que
le premier stade est le stade fondamental du sevrage de l'enfant et de la mère
? Si le Député doit tenir ses promesses et ses engagements à la région d'où
il provient et d'où il est élu, [car il peut très bien être élu à partir
d'une autre région] sans aucun problème puisque l'élection est nationale et
non régionale. De même et plus encore quand on se présente en tant que
candidat aux élections présidentielles, n'est-on pas le candidat de toutes les
régions pour tous les Tchadiens ? Voyons plutôt ce qu'il en est de ces
tableaux des deux gouvernements sous le régime de Tombalbaye.
Dans les tableaux ci-après, les noms en gras appartiennent aux régions du sud.
Le reste appartient aux régions du nord ou ce qui en tient lieu. Les
chiffres (1) et (2) représentent les deux gouvernements, de 1962 à 1971, y
compris les remaniements ministériels qui ne sont que des réarrangements de
postes sans conséquence sur l'équilibre politique. Tombalbaye avait toujours
su éviter la formation des cartels, que ce soit au nord ou au sud, ce qui n' a
jamais empêché les affinités, en général entre les différentes régions et
confessions religieuses de se former, voire même de lui porter des coups bas,
à l'occasion, à son corps défendant. Moins dramatique, on constate des
affinités de promotions scolaires se former, même entre gens du nord et gens
du sud, parfois entre chrétiens et musulmans se constituer en système de
corruption, d'où le clientélisme politique. Le vrai problème invisible était
souvent le droit d'aînesse sur le plan politique. Sur ce plan, n'est habilité
à monter au créneau que le premier venu ou le plus ancien sur l' échiquier
politique. Avant de faire sa rentrée dans l'arène politique, il fallait
d'abord prouver sa fiabilité dans un certain nombre de domaines et là où les
aînés mettaient leurs pieds, il fallait se garder d'y mettre les siens sans y
avoir été explicitement invités à faire ses preuves. Bien souvent
comme l'étaient les confessions religieuses, le régionalisme accentuait également
les affinités ethniques d'autant plus que l'on vient d' un même collège ou
lycée, plus encore lorsqu'on vient d'une même région ou lorsqu'on parle une même
langue. [Mettons entre parenthèses le problème des langues pour une autre
fois. En effet, ce problème pose également celui de l 'entente entre le Nord
et le Sud et doit faire l'objet du système d' enseignement de l'éducation
nationale].
Il est un fait qu'au Tchad, on se connaît presque tous pour avoir tout
fait ensemble : manger, boire, jouer au football, y compris même fréquenté
les mêmes lycées et collèges ou l'université ensemble. Tous les Tchadiens ou
presque se connaissent, qu'ils soient du nord ou du sud. A l'heure actuelle, ce
n'est plus exactement le même état d'esprit et cela se comprend aisément car
la guerre nous a divisés. Du fait de cette guerre qui nous a fait perdre
parfois des membres ou des familles entières, nous entraîne inévitablement à
garder rancune les uns contre les autres. Le terrain de la politique devient
alors un terrain miné où tout sujet politique devient fatalement un problème
personnel. Là où il n'y a qu'un problème d'intérêt général, la moindre
discussion devient un problème personnel. Une simple allusion un peu
spirituelle, une blague un peu poussée devient un problème personnel. Il n'en
reste pas moins vrai que cet état d'esprit d'une vie collective des années antérieures
hérité des parents reste encore fort ancré dans les mentalités. Cela peut être
une très bonne chose si elle entraîne une grande solidarité sociale
dans la société tchadienne. De nos jours, il y a tout de même une certaine évolution
vers un certain individualisme, ce qui est tout à fait dans l'ordre des choses.
La seule chose qui doit rester présente à l'esprit, c'est la responsabilité
de chacun à l'égard de tout : famille, fonction, probité en vue d'accomplir
parfaitement bien une mission d'intérêt général, en séparant
d'une manière nette son propre portefeuille de celui d'une fonction publique.
Ce sont des choses qui ne souffrent pas de compromissions quelles que soient les
affinités, quels que soient les liens de parenté. Il est évident qu'on
n'exclut en rien certains compromis d'ordre pratique dans la mesure où la vie
en société est faite de compromis, de concessions à certains moments et pas
à d'autres sans quoi la vie serait impossible. Un compromis qui va jusqu 'à la
collusion avec un homme d'affaire ou un homme politique véreux n'est plus un
compromis surtout lorsqu'il s'agit des dilapidations des deniers publiques.
Divers moyens existent et chacun le sait.
Au sud du pays, cet esprit de responsabilité était érigé en système depuis
des générations et des générations par les ancêtres, c'était l'initiation
que la modernité a effacé d'un revers de main à tort ou à raison. C'est ce
que Tombalbaye avait essayé d'utiliser pour des raisons politiques et ce fut un
échec cuisant car la déviation était trop criarde mais surtout le système n'était
pas exactement respecté car tous les sudistes n'ont pas nécessairement les mêmes
procédures d'initiation même si la base est la même. Les générations
actuelles semblent oublier cet enseignement fondamental même si certains côtés
sont néfastes. Les populations habitant les régions nord du pays doivent
savoir que toutes ces populations ne sont nullement que des musulmans, encore
moins toutes des arabes. Dans certaines statistiques, on peut lire souvent : «
populations arabes » en parlant des Kanembou, des gorane, des Peul, des Kotoko,
des adjaraï, etc en mélangeant confusément tout le monde. C'est évidemment
un abus de langage. Il y a les vrais arabes et les autres, les musulmans de
toutes origines. Le temps viendra où l'on fera un vrai recensement pour
redonner leur dignité à la plupart des peuples qui habitent le Tchad en
enseignant aux enfants qu'il est digne d'être de telle ou telle origine mais
qu'ils doivent bien comprendre que le Tchad, c'est notre pays à tous, du nord
au sud sans distinction de race, d'ethnie ou de religion. Le Tchad, c'est l'Etat
politique, il est à nous tous. Certaines de ces populations refusent même de
se convertir dans la religion musulmane, c'est le cas par exemple des Hadjaraï,
les Kotoko, les Baguirmien, pour ne citer que ceux-là. Chacun sait que la
conversion était très controversée et très lente et on ne le dira jamais
assez, c'est d'abord une question d'ordre strictement personnelle comme la mort.
Peut-on imaginer que quelqu'un fasse appel à un autre de venir prendre sa place
au moment de mourir ? Qui serait prêt à faire un tel sacrifice purement
altruiste sans autre forme de procès ?
D'après les tableaux ci-après, aucun nom d'anciens responsables ministériels
n'est cité car le plus important n'est pas de savoir qui a fait quoi mais de
savoir si ce tableau correspond bien à la réalité ethnique ou régionale
telle que décrite et interprétée souvent. J'ai réuni ces responsables dans
le but de comparer la proportion des « nordistes » et des « sudistes » sous
Tombalbaye. L'accusation selon laquelle Tombalbaye n'aurait favorisé que ses frères
du Sud et laisser-pour-compte les « nordistes » est quelquefois gratuite. Une
étude exhaustive serait peut-être nécessaire pour mettre en lumière la «
vraie vérité » mais il faut réunir d'abord tous les témoignages des vivants
et des documents officiels. Avis aux amateurs. Quant à ces tableaux, les éléments
qui y sont contenus proviennent bien d'une source sûre, l'ancien annuaire
téléphonique sous le régime de Tombalbaye.
Répartition des députés selon les préfectures et les deux législatures. De
gauche à droite : n° d'ordre, Préfectures, Députés(1ère législature), Députés(2ème
législature).
[Les chiffres représentent les nombres des députés élus par préfecture et
par législature. En traçant un tableau, on peut mettre le tout dans une grille
correspondante. Le tableau sera ainsi plus facile à lire. Un chiffre manquant
signifie qu'aucun député n'est élu dans la législature correspondante. Ces
chiffres sont ordonnés selon chaque législature. Effacer le texte entre
crocher après avoir mis le contenu du tableau ci-dessous dans une grille].
Préfectures Députés(1)
Députés(2)
1
Batha
4
8
2
Biltine
6
5
4
Chari-Baguirmi
11
1
5
Guera
7
3
6
Kanem
4
8
7
Lac (Bol)
8
1
8
Logone occident.
5
9 Logone
oriental
6
5
10 Mayo-Kebbi
3
10
11 Wàdaï
2
11
12 Salamat
7
3
13 Tanjilé
5
6
14 Moyen-chari
1
16
Total
69
77
Répartition des ministres et secrétaires d'Etat dans les premier et deuxième
gouvernement de Tombalbaye. Le tableau suivant est plus difficile à lire par
septennat qui en compte deux. Dans chacun d'eux, il y a eu un gouvernement
dans lequel sont désignés des ministres et des secrétaires d'Etats successifs
selon les remaniements ministériels dont Tombalbaye avait le secret.
[On lira de gauche à droite dans cet ordre et également de haut en bas les
chiffres dans cet ordre. Le 1er chiffre signifie = nombre de ministre(s) et le 2ème
chiffre = nombre de secrétaire(s) d'Etat du 1er gouvernement y compris les
remaniements.
Le 3ème chiffre = nombre de Ministre(s) et le 4ème chiffre = nombre(s) de secrétaires
d'Etat dans le second gouvernement y compris les remaniements. L'absence de
Ministre(s) ou de secrétaire(s) d'Etat est représentée par un trait d'union
dans cet ordre selon l'horizontale de gauche à droite. Le nombre de Ministre(s)
ou de secrétaire(s) d'Etat est nécessairement représentée par un chiffre par
préfecture. NB : L'envoi de cet article par e-mail fait disparaître le
tableau. C'est pourquoi, je suis obligé de décrire la manière dont il faut
les lire, éventuellement les replacer dans le tableau. Effacer ensuite ce qui
est entre crocher après avoir mis le contenu du tableau dans une grille].
N°d'ordre Préfecture
1er gouv.
2ème gouv.
Ministre. et Secr.d'Etat
Ministre. et Secr.d'Etat
1
Batha
1
-
-
-
2
Biltine
-
-
1
-
3
Chari-Baguirmi
2
3
1
1
4
Guera
1
-
-
-
5
Kanem
-
-
1
-
6
Lac
-
-
-
-
7
Logone Occident
-
-
-
8
Log. oriental
1
-
-
9
Mayo-kebbi
-
2
1
-
10
Waday
-
-
1
11
Salamat
-
-
1
1
12
Tandjilé
-
1
1
-
I3
Moyen-Chari
-
-
1
14
Hors
-
-
-
-
-
-
-
Total
7
12
6
4
Sur un total de 17 Ministres et 10 secrétaires d'État, tous gouvernements
confondus, le nombre des Ministres et celui des secrétaires d'État sont les mêmes
au nord qu'au sud. Dans les régions du nord : 1er gouvernement, il y a
pour le nord, 4 Ministres et 4 Secrétaires d'État. Dans le second
gouvernement, il y a 5 Ministres et 3 Secrétaires d'État. Au total, on obtient
9 Ministres et 7 Secrétaires d'État pour les deux gouvernements. Régions du
sud : 1er gouvernement = 2 Ministres ; 2ème gouvernement = 7 Ministres.
Au total : 2+7 = 9 Ministres.
Mais il faut dire que le sud n'est pas homogène, le Mayo-Kebbi, que l'on considère
à tort comme faisant partie du Nord alors que la seule ethnie « arabe »
constituée de Foulbé, d'ailleurs parfaitement intégrée dans ce « pays »,
en réalité composite est en général compté dans les régions du sud, d'où
la différence de deux ministres supplémentaires. En conclusion, il y a égalité
parfaite entre le nord et le sud. Sur ce plan, il n'y a pas eu d' injustice. Si
certains historiens n'hésitent pas à classer au nord le Mayo-Kebbi, c'est
uniquement parce qu'il comporte des Peul (appelé Foulbé ou Foulani en langage
local). Ce sont en fait des populations nomades venus du nord pour laisser paître
leurs troupeaux et qui se sont établi définitivement. Ce n'est pas cette
infime minorité qui peut faire du Mayo-Kebbi une région du nord. Au Mayo-Kebbi,
nombreuses sont les ethnies originaires de ces lieues : ce sont en général,
les Kera, les Toupouri, les Moundang, les Massa qui sont en réalité des
Mousseï,
des Mousgoum, puis les Kim, etc. sans oublier les Laka et les Ngàmbáy avec
lesquels de nombreuses relations matrimoniales s'établissent. Rien ne permet de
classer donc cette région du Mayo-Kebbi au Nord, simplement parce qu'on y
pratique l'Arabe vernaculaire ou que certains ont contracté des mariages mixtes
où parfois l' un ou l'autre conjoint est originaire du nord ou du sud. Ce qui
compte, c' est la région dans laquelle vivent toutes ces peuplades et non leur
origine ethnique. D'ailleurs, la proximité de cette région avec le Cameroun
sert de vase communicant entre les Moundang et même les Toupouri, lesquels
entretiennent des relations d'ethnicité avec les Foulbé de ces régions. Une
vue trop restrictive engendre évidemment une erreur d'appréciation. Chacun
sait que les vrais habitants de ces lieux sont les Moundag et les Toubouri, y
compris les Massa et les Kim. Les Arabes ne sont que des immigrés dans cette région.
De même, on peut également en dire autant de la capitale N' Djaména, qui
n'est à l'origine pas une ville arabe mais au grand maximum baguirmienne composée
d'autochtones : les kotoko, les Maba, les Sara, Haoussa,.y compris les arabes,
essentiellement des nomades immigrés de longue dates dont les enfants sont
devenus des sédentaires bien établis, presque toujours des commerçants et même
des grands commerçants.
L'ethnicité qui règne dans ces lieux ne doit pas induire en erreur en faisant
croire qu'il y a vraiment un problème comme ce fut le cas au Rwanda ou au
Burundi. Dans ce pays, le problème ethnique que la Belgique a largement
contribué à ériger en système royal véritable avec des dates et des castes
bien précises n'est pas à comparer avec le Tchad, constitué des empires
(essentiellement 3). Il n'y a plus à rêver d'un retour possible des empires.
Nous sommes définitivement en République à l'image de la France. La
comparaison s'arrête simplement à l'image, non à un néocolonialisme. Ce
problème hante le plus souvent des historiens étrangers voyant les choses de
l'extérieur mais il ne faut pas occulter qu'il est réel dans l'esprit de
certains responsables politiques. L'historien même étranger mais surtout étranger
doit prendre le temps d'observer et avoir le courage d'apprendre à connaître
les populations qu'il décrit à la manière d'un ethnologue pour bien cerner le
problème. Lisez donc le livre de Jean Chapelle [Le peuple tchadien, ses racines
et sa vie quotidienne, éd. L'harmattan, 1980] et vous comprendrez qu'il sait de
quoi il parle. On peut le traiter de colon, de n' importe quoi, mais une chose
est certaine, il sait de quoi il parle, pour un européen, s'agissant de décrire
les Africains. Il est évident qu'un européen ne peut pas se mettre à la place
de ceux qui vivent les problèmes d'ordre ethnique. Il n'empêche que l'on peut
mieux voir et sentir les conflits intra et extra-ethniques de l'extérieur des
gens directement concernés parce que l 'on y réfléchit à tête reposée sans
passion et sans parti pris. Il est certain que ces descriptions souffrent
d'erreurs d'appréciation des ethnies que seuls les indigènes eux-mêmes
peuvent apprécier car ce sont des héritiers de la tradition orale dont
l'habitude de transmission orale de leur origine ethnique est ancrée profondément
dans la mémoire collective.
Les populations de base ne font pas toujours la différence ethnique lorsqu' il
s'agit de relations matrimoniales parce que l'intégration est presque toujours
totale. Ils contractent des mariages comme bon leur semble, surtout au sud du
pays. Ce qui est évident à première vue, c'est que chaque Tchadien connaît
de manière irréfutable son appartenance ethnique et chaque Tchadien essaie
toujours de savoir de quelle origine vient tel ou tel compatriote qu' il
rencontre, des fois même discrètement. Dans la partie sud du pays, le mariage
est toujours exogame, d'où une inclination à rechercher les origines jusqu'au
degré le plus loin possible. Inceste ? Connaît pas ! Ce n'est jamais dans le
but de rejeter x ou y mais les Tchadiens veulent tout savoir de l'origine
dont on provient. Celui qui en doute peut toujours aller vérifier auprès
de la plupart.
Cela n'exclut en rien le fait que l'ethnicité reste ancrée dans la mentalité
de tout Tchadien bien que l'intégration de la femme (car c'est souvent la femme
qui quitte sa famille pour s'intégrer dans la famille de son mari) est totale même
s'il y a divorce. Il est évident que l'habitude de vie à l' européenne rend
difficile l'intégration d'une femme européenne. Elle ne sera jamais rejetée
et vivra sa vie comme elle entend et aura même des quantités d'amis surtout si
elle a des descendants, ce qui est presque toujours automatique en Afrique sauf
exception ou cas de force majeure. Chacun sait qu'avoir un seul enfant, c'est
comme s'il n'y a encore rien dans la mentalité tchadienne. Ce que j'écris ici
n'est pas de l'histoire car il n'y a aucune étude sérieuse mais nous le savons
tous en tant que Tchadiens combien la sociabilité entre les ethnies est très
grande. Lorsque l'on pose des questions sur l'origine de telle ou telle
personne, ce n'est jamais dans un but maléfique mais souvent dans un but intéressé
de profit. En effet, appartenir à une famille bien située financièrement, même
de loin peut toujours servir. Cela se passe en ce moment au pays et les plaintes
des uns et des autres à propos des clans sautent aux yeux. Quand je dis que je
suis connu du Nord au sud, je ne risque pas d'être démentie par le très grand
nombre de personnes que je connais et qui ne m'ont jamais manifesté une
animosité quelconque. Ce n'est peut-être plus le cas aujourd'hui mais même
les étrangers témoignent du fait que les Tchadiens sont en général
accueillants et gentils. Je trouve ces habitudes absolument merveilleuses car il
n'y a rien d'autre de plus beau au monde que la convivialité et l'estime de
l'autre.
Nous devons avoir le courage de dire que ni la taille, ni l'habit, ni l' origine
sociale, ni le sexe, ni la religion ne fait l'homme. Où je veux en venir ?
C'est simple. Il faut comprendre que nous parlons souvent du népotisme et tout
ce qui induit à la corruption. La seule manière d'éviter le népotisme, c'est
de placer tout le monde sur les mêmes pieds d'égalité y compris les membres
de sa propre famille si ceux-ci méritent les places qu' ils occupent lorsqu'il
s'agit de la fonction publique. Il est normal et même obligatoirement nécessaire
d'aider les membres de sa famille avec ses propres biens si l'on dispose des
moyens. Il n'y a pas l'ombre d'un doute sauf circonstance exceptionnelle mais
mettre les membres de sa famille aux places qu'ils ne méritent pas est
inadmissible, c'est digne d'un sultanat et non d'une République. La fonction
politique dans une République est d'une toute autre nature. Elle est plus
complexe. Elle n'a rien à voir avec un sultanat. Actuellement le multipartisme
sous couvert de la démocratie tend à induire en erreur le chef de file qui ne
regarde plus que les membres de son parti. C'est le cas du MPS en ce moment d'où
les insinuations des uns et des autres en confondant clan et parti politique ou
la garde prétorienne du Président. C'est également le cas lorsque l'on parle
de la gendarmerie et de l'armée. Est-ce vraiment fondé ? N'y a-t-il pas une étude
sérieuse sur ces allégations au lieu de proférer des menaces verbales sans
consistance ? Qu' est-ce qui prouve que toutes ces accusations sont réelles ?
Mais qu'en est-il de la fonction publique ? Les examens et les concours doivent
se passer devant des personnes compétentes n'appartenant pas nécessairement à
la famille mais à tout Tchadien compétent, de probité irréprochable. Il
existe des moyens mis en place depuis longtemps pour cela. Il n'y aucun doute là-dessus
et c'est là le problème crucial. Ce ne sont donc pas les personnes qu'il faut
contrôler même si ceux-ci ont des frères, amis influents haut-
placés. Est-ce vraiment une raison de soupçonner tout le monde à tort ou à
raison ? Ce qu'il faut contrôler, c'est l'utilisation des deniers publics mis
à leurs dispositions à des fins personnelles. Il y a un certain nombre de
projets à réaliser et cela demande des fonds importants et du temps mais il ne
s'agit pas d'aller contrôler ces fonds entre les mains des différents
responsables, en particulier, les responsables des différents ministères. Ce
qu'il faut contrôler c'est le résultat sur le terrain.
L'existence des services de contrôle administratif devra normalement suffire à
dissuader les fraudes et les malversations quand il s'agit de la fonction
publique. Dans un service, il y a plusieurs niveaux de responsabilité et de
nombreuses personnes y sont mêlées mais le résultat sur le terrain se voit.
La réalisation des travaux quels qu'ils soient, est toujours étalée dans le
temps et dans l'espace. Il est donc relativement aisé de voir si les
deniers publics sont bien utilisés ou non et surtout l'utilité des réalisations.
Ici se trouve le niveau de revendication de ce qu'on appelle la transparence.
Les députés sur ce plan peuvent très bien accomplir leur mission de contrôle
car les plans de travail gouvernemental sont relativement bien établis à
l'avance sur une certaine durée. Ce que fait un haut dignitaire fut-il le chef
de l'État en distribuant ça et là des cadeaux directs n'est rien d'autre
qu'une survivance du sultanat, surtout dans la partie nord du pays. La récompense
du mérite n'est acceptable que dans un contexte donné, bien institué par les
services de l'État et non des cadeaux donnés de main en main. Dans ce dernier
cas, cela se fait dans le cadre strictement privé des biens personnels.
Il faut éviter de tout confondre et croire que le fait d'être au pouvoir
signifie qu'on ne peut pas avoir ses proches parents ou amis dans des
fonctions importantes. C'est une question de compétence et non une question de
proximité parentale. Voyons cela de près.
La famille africaine est toujours élargie quelle que soit sa composition. C'est
une très bonne chose. Rien n'est plus important que la famille. Le problème,
c'est que le pays évolue et avec elle la société dans son ensemble. Il est
donc important d'en tenir compte. Il ne s'agit pas de remettre en question le
système de vie communautaire, encore moins d'accuser à tort et à travers mais
de prendre sérieusement en compte l'organisation de la société. Si la société
est bien organisée, tout ira bien vers un bien être général pour que chaque
membre de la famille se prenne lui-même en et sa famille charge. Chacun sait
qu'il existe des niveaux de contrôle administratifs si tout est bien organisé.
L'accusation ne peut porter que sur le manque de responsabilité dans chaque
fonction et non au niveau des personnes appartenant à telle ou telle ethnie ou
famille.
C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités et de mettre tout le monde
sur un même pied d'égalité à tous les niveaux. A partir de là, nous pouvons
dire que nous avons du pain sur la planche car c'est à nous de nous organiser
et d'organiser notre travail. Si nous réfléchissons bien, le vrai problème au
niveau de la pauvreté vient de là, c'est-à-dire la prise en main de tout le
monde pour augmenter non seulement ses revenus monétaires chacun dans son
domaine mais la charge sociale individuelle au niveau de la famille. Pour que
toute la famille soit heureuse, il faut un minimum de revenu monétaire pour
chaque membre de la famille, ce qui implique que chacun doit pouvoir trouver du
travail pour gagner de l'argent et satisfaire ses besoins personnels. Si le
revenu n'est pas substantiel, le chef de famille seul ne peut satisfaire tout le
monde à la fois. Même s'il a un bon niveau de revenu, cela ne suffira pas pour
toute la famille si elle est nombreuse, en comptant les cousins et cousines, les
oncles et tantes, les neveux et les nièces, car c'est comme ça la famille
africaine. Peut-on refuser quelque chose à des personnes de sa famille dans le
besoin en Afrique ? C'est plutôt rare car ce n'est pas dans la mentalité de
l'homme africain mais les choses changent. Si l'on ne peut pas changer aussi
facilement de mentalité, l'on peut organiser autrement les choses, faire
comprendre la nécessité de s'organiser individuellement et d'organiser
les choses pour se suffire et contribuer à faire avancer l'ensemble de l' économie
nationale. C'est là où je veux en venir. Je veux dire que le vrai problème
repose sur l'organisation de la société et l'éducation nationale en partant
de la base, c'est-à-dire, de faire en sorte que chaque individu majeur, capable
de subvenir à ses propres besoins puisse utiliser son intelligence propre à
l'aide des outils qui sont à sa disposition. Si tout se passe bien, chacun
devra pouvoir trouver sa place en travaillant et en utilisant son intelligence
et ses capacités. Ainsi, les membres de la famille ne pourront pas compter
uniquement sur une seule personne pendant que les autres ne peuvent rien faire
de leur force de travail. C'est non seulement une perte pour les individus mais
surtout pour la société dans son ensemble. Peut-on s'étonner du retard de développement
que nous faisons subir à notre pays ? Ceci me permet de dire une chose que nous
avons tendance à oublier. Ce n'est pas parce que quelqu'un gagne beaucoup
d'argent par rapport à vous que vous deviendrez subitement malheureux. Au
contraire il faut essayer de mieux travailler pour le dépasser. Tous les moyens
existent pour faire mieux, en particulier les études. Il existe énormément de
filières. Ce qui est important, c'est de savoir s'organiser de chercher
le vrai chemin de la réussite. On est issu d'une famille nombreuse, eh bien
tant mieux, il faut pousser chacun à trouver un chemin de bien gagner sa vie et
pour aider les autres à s'en sortir au lieu de se morfondre en jurant tous vos
grands dieux que telle personne est la cause de votre mauvais sort. Cela ne sert
à rien.
Et si l'on prend en compte les grands-parents qu'on est obligé de soutenir à
cause de leurs âges avancés, de leurs revenus financiers propres qui bien
souvent n'existent pas, il faut quand même un bon revenu de la part du fils (ou
de la fille) sur les épaules duquel (ou de laquelle) tout le monde repose. Or
que se passe-t-il en réalité ? N'est-ce pas un gaspillage d'intelligence et d'énergie
? C'est là qu'il faut chercher les causes de l' insuccès et non sur la tête
d'un hypothétique individu maléfique.
Le chômage est à son comble. Au lieu que tous les enfants arrivent au terme de
leur scolarité afin qu'ils se débrouillent par eux-mêmes, l'argent nécessaire
pour les soutenir manque et certains n'arrivent pas à terme. Même si c'est le
cas, ils ne trouvent pas immédiatement de travail à la sortie parce qu'ils
sont sous-qualifiés mais surtout parce qu'il n'y a pas assez d'entreprises pour
leur offrir du travail ou ce qui est pire, ils doivent attendre longtemps à
cause de la lenteur administrative d'intégration, une fausse attente pour nos
pays du tiers-monde. C'est une réalité et certains racontent comment ils chôment
quatre ou cinq ans durant avant d'entrer dans la vie active. Il faut donc
chercher où se trouvent les racines du mal. Si nous maîtrisons bien notre
propre organisation, tout cela fera place au succès et nous n'aurons pas trop
de mal à vivre comme nous le voulons, à la Tchadienne, en réunissant tout le
monde. Si tel est le cas, nous aurons la chance de dépasser rapidement le
niveau de pauvreté auquel nous sommes astreints actuellement. Je prêche dans
le désert mais je ne désespère pas car vu le nombre de jeunes Tchadiens qui,
de plus en plus, veulent actuellement entreprendre, trouver le secret de la réussite,
cela devient encourageant. C'est cela le patriotisme et non vouloir faire la
guerre. Une telle pensée fait partie des fausses évidences.
Que veut dire être pauvre ? Est-ce une malédiction ? Pour quelles
raisons certains sont riches et pas d'autres ? La réalité, c'est que nous
voulons tous occuper le devant de la scène et jouer le beau rôle sans le mériter
et certains d'entre nous sont très pressés de se faire reconnaître comme des
gens valeureux sans en apporter la preuve. Je pense que nous devons être un peu
plus modestes mais aussi souples pour ne pas dire flexibles lorsqu'il s' agit
d'occuper des fonctions de niveau relativement secondaire sans grande
importance. Il faut de même drainer les jeunes énergies vers des emplois
subalternes en les rendants attractifs par un niveau de salaire convenable.
Faire attendre un jeune qui vient de terminer ses études littéraires ou
techniques pendant quatre ans avant de l'intégrer uniquement pour des raisons
de simple signature aux bas des pages est inexcusable. Il ne s'agit pas là
d'une responsabilité bien grande, mais d'une tracasserie bien inutile. Cela me
semble évident mais surtout une telle attente réunit toutes les conditions
mafieuses et je pèse mes mots, elles font fuir les meilleures volontés vers le
clientélisme parce que c'est facile. Elles permettent de savoir qui est qui
quand bien même l'intention n'existerait pas. Cela émousse l'enthousiasme du
jeune cadre dynamique qui, faute d'avoir trouvé sa place, ne pense qu'à une
chose, c'est de se venger un jour lui aussi sur un bouc émissaire imaginaire.
N'est-ce pas malheureux d'en venir à cela après tant d'années de scolarité ?
Pire encore, les curricula et les conditions d'emploi de plus en plus longs et
inutiles ne font que chasser les bonnes volontés vers le chômage alors que nos
pays ont besoin de compétence. Encore une fois, il n'y a qu'une manière de
faire avancer le pays, c'est de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité
sans faire de différence.
R.L.
Mbaïrounga
14/02/2003
CMAP-CPAL,
Sauvez ce qui reste!
Halte!
les vendeurs des idées veulent se rallier à Deby! quelle honte ? on
croirait certains aller jusqu’au bout de la lutte, celle des tchadiens de tous
les horizons, ceux qui ne perdent jamais espoirs. Il a fallu que les événements
mondiaux de dernières heures interviennent pour que nombre d’opportunistes
tchadiens changent de fusils d’épaule. Mandela aura servi quand même de bien
d’exemple pour qu’au moins ceux qui vivent à l’ombre puissent porter haut
le flambeau de la résistance. Et puis les contextes ne sont surtout pas
identiques voyons… Qu’a-t-on fait des sacro-saints principes des mouvements
de luttes et de la vision sage de ces dernières années des tchadiens regroupés,
ou observateurs des ensembles comme le CMAP ou le CPAL ? En tout cas les réactions
de ces jours auprès du maître du Palais rose de N'djamena laisse susciter pas
mal d’interrogations dans la diaspora politique tchadienne. Des hommes en
perte de sensation politique semblent d’ores et déjà rachetés. Ceux là
qualifiés hier par N'djamena de marchands d’illusion n’ont pu résister au
mirage du CFA qui circule de Libreville à Paris. Au moins s’il reste une
constante encore solide pour faire face à Deby c’est bien celle de
l’isolement et de l’abandon sans cesse croissante ces dernières années du
régime de N'djamena. Alors de grâce sauvez la face de l’opposition au lieu
de vous sauver. L’histoire est têtue et vous ne pourrez jamais échapper au
procès. Les tentatives de réconciliation avec les maîtres de N'djaména sont
là à titre d’exemple. Sachez que Idriss n’a jamais changé de donnes sinon
de ruse. Alors, que lui diriez vous une fois après un dîner copieux chez
Hadjé,
raccompagnés et félicités par la rutilante Lexus
ou Sonata. Et vous voilà dans les rues de N'djaména face encore à la misère d’un peuple, à l’injustice que vous
cautionnez chaque jour qui passe. « monsieur le ministre ». Le
moment tant attendu viendra certainement tout comme est venu le MPS de ses
grottes de Bamina. Ce moment sera celui de la réconciliation des tchadiens avec
eux-mêmes, du rétablissement d’une confiance et d’une justice. Confiants
les uns des autres, les tchadiens relèveront tous défis. Déjà au regard de
la situation stagnante au pays, tous les faucons semblent alités, aucune stratégie
ni démarche moderne même copiée chez les autres. Dans la soit disant
innovation, l’homme cherche à tout prix à sortir une nouvelle version MPS
qui va avaler tous les affamés de l’extérieur. Les arabes bien divisés
comptent tous sur un seul joker à l’étranger, et quant aux autres partis,
ils sont considérés non crédibles. En attendant le pétrole, les bénis oui
oui s’attèlent à la confection d’une constitution sur mesure. Tous les
nouveaux ralliés, pièces à conviction, confirmeraient l’intention du chef
rassembleur. Il aura gagné. Quelle honte ?.
Amine
A. Togou
19/01/2003
Un
combat de coqs
J'ai
lu avec beaucoup de peine les débats entre Mr NGOUSSOU et Mr WECHIMI. Ces
articles démontrent, on s'en rend compte, que le risque pour nous de perpétuer
les racines, profondes et perspicace, de l'obstacle de notre cohésion et
concorde nationale existent toujours. Nous risquons, sans le savoir, de relayer
les fausses controverses qui nous ont longtemps fait du tort. Pourtant, ces
articles(de Ngoussou et Wéchimi) appellent quelques clarifications et
remarques.
D'abord, il faut dire une fois pour toutes que les hommes d'État,
une fois qu'ils accèdent à la souveraineté nationale, n'appartiennent plus véritablement
au lieu de leur naissance. Car les actes qu'ils posent concernent tout le monde,
qu'on le veuille ou non. Et c'est le pays tout entier qu'ils dirigent. Bien sûr,
on ne leur demande pas de faire fi de leur origine, mais quand nous parlons
politique, il y a un certain nombre de préalables qu'il est important de ne pas
oublier. Les omettre, les oublier porterait préjudice à l'analyse que nous
faisons d'une situation.
Les noms comme Tombalmbaye, Habré, Malloum et Deby n'appartiennent
plus à une région. Ils appartiennent à un pays. Il est incohérent,
politiquement, de les nommer uniquement comme ressortissants d'une partie de
notre pays. Cette remarque fournie, je voudrais dire un mot sur les controverses
de nos deux amis. Pour cela, je me dois de revenir un peu en arrière. Les
arguments essentiels des uns et des autres sont très limités puisqu'ils ne
sont pas fondés sur les faits historiques suffisamment solides. D'abord, comme
tout régime africain de son temps, le régime Tombalmbaye n'a pas épargné ses
opposants qui sont aussi bien du nord que du sud. Il n'est pas correct de dire
que les opposants mis en prison et assassinés viennent seulement d'une région.
Tous ceux qui menacent son pouvoir étaient systématiquement éliminés ou mis
en prison. Les plus chanceux ont réussi à prendre la fuite. Les plus courageux
ont pu mettre en place des organisations politiques dignes. J'en veux pour
preuve la création du FROLINAT d'ABACHA qui a été par la suite détourné de
ses principaux objectifs originels. D'ailleurs, l'article éclairant de Lucien
Mbaïrounga, sur lequel je ne voudrais pas revenir, le montre bien. Nos parents,
qu'ils soient du nord ou du sud, ont fait les frais des erreurs politiques du régime
de notre premier président tout comme de celui des régimes qui lui ont succédé.
Ensuite, il faut quand même souligner que les erreurs politiques de Tombalmbaye
ne doivent pas obscurcir certains points positifs. N'oublions pas que le premier
président du Tchad appartenait à la première génération des dirigeants
africains, plus nationalistes que nous aujourd'hui. Si nous nous amusons à
comparer le Cameroun et le Tchad de 1970 en matière de développement, toutes
les statistiques montrent que le Tchad était largement en avance. Nous pouvons
faire la même comparaison entre le Tchad et la Côte d'Ivoire mais dans le
domaine de l'éducation. En 1970 en effet, le niveau de l'éducation tchadienne
était meilleur que celui de la Côte d'Ivoire. Tout cela pour dire que le
nationalisme qui habitait la première génération des dirigeants africains est
réel. Les gestes et réalisations politiques le montrent. Prenons l'exemple
d'Ahidjo sur trois points : l'électricité, les routes et la télévision. L'électricité
et la route télévision du Cameroun ont été lancées le même jour sur
l'ensemble du territoire camerounais. Les routes au Cameroun sont bitumées sur
l'ensemble du territoire. Bien sûr, tel n'est pas le cas pour notre pays. Mais
au moins, c'est une vision nationaliste qui habitait la première génération
des hommes politiques africains. D'autre part, les véritables projets de
développement qui se réalisent aujourd'hui au Tchad ont été conçus sous le
premier régime même s'il faut beaucoup reconnaître que les régimes suivants
ont fait preuve de créativité et de volonté pour les mettre en oeuvre.
Par ailleurs, il faut avoir le courage de reconnaître que nous
avons souffert du manque de vision de nos parents du nord. En refusant d'envoyer
les enfants à l'école et partant en refusant de collaborer avec les
colonisateurs, ils ont contribué au sous-développement de la partie nord de
notre pays. Je ne parle pas d'une collaboration naïve et aveugle qui sape
l'identité d'un peuple. Je veux dire que nos parents du nord devaient faire
preuve de réalisme en s'ouvrant aux colons tout en essayant de garder leurs
valeurs fondamentales. Leur refus catégorique d'ouverture a amené les Français
à abandonner cette partie du pays pour installer les écoles et les industries
de développement au sud. Ce faisant, ils ont provoqué les haines et les
ressentiments par la suite. C'est pourquoi, quand nous parlons de
marginalisation, il convient de nuancer certaines choses. Il est vrai qu'il
n'est pas normal d'accentuer cette marginalisation déjà à en place avant
Tombalmbaye. Je ne dis pas que cela justifie les erreurs politiques de
Tombalmbaye qui aurait pu essayer de corriger cette situation. Je voudrais
simplement dire que nos parents du nord n'ont pas été capables de comprendre
que les roues de l'histoire étaient en train de tourner et qu'il fallait
accepter quelques compromis avec les colons comme l'a fait par exemple Kémal
Atatürk, le père de la Turquie moderne. Ce que l'on a appelé le Kémalisme
consistait à adhérer à la fois à la modernisation et à l'occidentalisation.
Il est fondé sur l'idée que la modernisation et l'occidentalisation sont désirables
et nécessaires. Avec cette conviction, il a créé une Turquie nouvelle sur les
ruines de l'Empire ottoman. Il a fait de la Turquie un pays dual, musulman dans
sa religion, ses traditions, ses coutumes et institutions, mais dominé par une
élite déterminée à en faire une société moderne et liée à l'Occident.
Aujourd'hui la Turquie garde toujours ses valeurs religieuses et culturelles en
dépit de cette ouverture. Cela dit, le refus catégorique de l'Occident n'est
pas une attitude réaliste. Mais cela ne doit pas, comme je l'ai dit, justifier
nos erreurs politiques.
Bien sûr, l'amorce de la marginalisation a été faite pour des
raisons objectives : protéger les valeurs culturelles, garder intacte sa
religion. Mais la meilleure manière de se préserver contre une éventuelle
disparition de sa culture, sa religion n'est pas l'isolement. Celui-ci accent la
perte de l'identité. Et l'histoire a montré que ceux qui sont ouverts à
l'Occident arrivent à une très grande maturité politique et économique qui
leur permet de préserver leur identité. Le Japon et la Chine offrent des
exemples parlants. Il faut donc reconnaître que le fait que nos parents du nord
s'étaient volontairement mis à l'écart a amorcé la marginalisation de la
partie nord pendant le régime de Tombalmbaye qui a mal fait d'accentuer ce phénomène
déjà existant. J'appelle cela une erreur politique puisque notre premier président
lui aussi n'a pas été capable de rectifier les choses.
Je termine en évoquant que, finalement, les mots nord et sud sont
des termes d'une très grande ambiguïté. Ces deux entités renferment des réalités
diverses. C'est qu'a essayé de démontré brillamment Lyadish Ahmed. La seule
chose sur laquelle nous ne cesserons de mettre l'accent est que nous devons
assumer de manière positive et responsable notre diversité culturelle. Il est
urgent de relever que nos débats doivent aller dans ce sens en construisant et
en éclairant. Il ne faut jamais cautionner les injustices. Il faut les
combattre. C'est la seule attitude digne qu'il faut cultiver. Il faut aussi
faire un effort de lucidité et d'impartialité personnelles pour constater que
la plus grande partie de nos malheurs vient des préjugés, les fausses images
que les hommes politiques ne cessent de monnayer. Nous devons donc cultiver une
attitude critique susceptible de nous aider à faire la part des choses. Nous
devons faire un effort personnel et collectif pour essayer de transcender ces préjugés
pour espérer construire une société où, comme le dit Martin Luther King, les
chats et les souris cohabitent. Voilà pourquoi je donne le dernier mot à notre
ami Lyadish Ahmed dont l'analyse va bien dans le sens de la visée de mon
article : « Comment parler de solidarité, de lutte contre les violations des
droits de l'homme, d'alternance au pouvoir, de démocratie, de liberté etc. si
l'on ne se reconnaît pas dans les peines et les malheurs d'autrui, si l'on
distille des contrevérités dans nos discours ? Comment pouvoir construire une
paix durable, une communauté d'intérêts, une nation commune si nous
continuons à prêcher la discorde, la haine, la traîtrise. ? Il nous faut une
autre lecture de notre histoire, une écriture nouvelle et objective de notre
avenir. Le présent doit servir à opérer ce travail de fond. Nos différences
ne doivent pas être considérées comme des signes d'infériorité ou de supériorité,
mais plutôt comme une richesse ».
MBAIHORNOM Bruno
RDC
08/01/2003
Premiers
destructeurs du Tchad
Favorisés par le colonisateur à cause de leur appartenance religieuse, les
sudistes arrivaient les premiers au pouvoir
allumaient le feu qui
continue à brûler le Tchad. En voulant nous faire croire que les nordistes
sont à l’origine de tous les maux du
Tchad, personne ne nous convaincra que ce ne sont pas les sudistes qui ont
commencé à s’entretuer pour acquérir le pouvoir dont ils accusent les
nordistes d’y s’accrocher aujourd’hui. Le premier président tchadien a
gouverné le pays en s’appuyant sur une politique
régionaliste, arbitraire et un mépris pour les nordistes ce qui a poussé
ses proches d’agir sans aucune foi envers
les enfants, les femmes… d’origine nordiste. Tombalbaye qui a tracé la
ligne que poursuivent nos dirigeants n’était né ni au B.E.T. ni au Kanem. Le
premier homme qui a choisi de résoudre les problèmes par les armes et qui
cherche le pouvoir à tous les prix, il tue sans pitié, il accepte un posté de
responsabilité sans même pensée à sa personnalité c’est Kamougué qui
n’était né ni au Batha ni au Biltine. Alors nous devons accepté que les
nordistes ont hérité un mauvais comportement de leurs premiers chefs.
R. Félix qui voit l’islam d’un mauvais œil en pensant faussement que cette
religion préconise les tueries et les mensonges je lui dis que sa haine envers
les musulmans ne change rien et qu’il laisse cette politique à George W.
Bush.
À ceux qui pensent que seulement les nordistes sont agressives et
divisionnistes, je leur rappèle une récente atroce
histoire qui s’était déroulée au centre de Ndjaména, bien sûr je voudrais
parler des musulmans brûlés au Rond-point
de la mort. Deux innocentes personnes ont été tué et brûlé. Pour quelle
cause? Les grands pacifistes sudistes ont avancé la raison d’un meurtre
d’un sudiste par un inconnu nordiste. Alors où le sens humain dans cette
histoire?
Par ailleurs, en ce qui me concerne, je ne voie aucune différence entre un
sudiste qui raisonne bien et un nordiste qui fait la même chose. Je déteste
les nordistes qui haïssent les sudistes et je pense la même chose à
l’inverse. Je ne suis pas venu dans ce monde pour islamiser et j’ai un grand
respect pour toutes les religions monothéistes.
Tout ce que m’a laissé de pencher sur cette histoire Nord/Sud, les propos
injustes de certains gens qui attribuent les causes des problèmes tchadiens
seulement au nordistes et musulmans. Quand je dis premiers destructeurs du
Tchad, je suis loin de designer tous les sudistes mais seulement pour rappeler
aux personnes anti-nordistes que les responsables sudistes aussi ne sont pas
mieux que ceux du Nord. Courte et claire réponse.
Abdraman
Birkia ( abirkia@hotmail.com
)
04/01/2003
Quand
le pardon l'emporte sur la vengeance !
Une nouvelle
ère de confrontation d’idées a commencé finissait par dire Mahamat Moussa
Wichemi après un exposé de la lourde dictature de Tombalbaye. Est-ce le début
d’une guerre d’idées qui n’a pour mobile que l’assouvissement, la paix
d’une blessure longtemps cachée ou est-ce vraiment la recherche d’une
solution pour notre bien aimé pays le Tchad ?
Je pense que
l’heure n’est plus à se jeter l’un l’autre la balle, mais il est bien
temps d’assumer notre histoire. Au-delà d’une prétendue division Nord-sud,
qui n’existe d’ailleurs que pour servir les intérêts de quelques
politiciens arrivistes et avides du seul pouvoir, (alors que j’étudiais
encore au lycée du sacré cœur à N’djaména, vers 1996, le ministre de l’éducation
d’alors, dans une conférence qu’il nous donna, a affirmé la même chose)
l’heure est à la réflexion sur les conditions d’une réconciliation
effective entre tchadien. Que l’un exalte les mérites des politiciens qu’il
aime ( pourvu que ce ne soit pas par pur sentiment de régionalisme ou de
tribalisme) il en a les pleins droits, mais qu’on en vienne à parler en ces
termes « ce que vous les nordistes vous nous avez fait… » ou
« Ce que vous les sudistes vous nous avez fait » ne relève que
d’un désir de guerroyer sans objectif de paix.
Je pense par
ailleurs, que pour une réconciliation effective, le pardon devrait tout
d’abord être prôné. Beaucoup ont déjà émis en exemple le cas de l’Afrique
du sud (Dieu sait ce qu’elle a souffert pendant l’apartheid qui était aussi
division et lutte entre de classes farouchement opposées). Pour notre part,
qu’il nous suffise de dire qu’il convient d’entrer, non pas dans un
processus d’oublie du passé, ce qui serait suicidaire car nous n’aurons
alors pas tiré leçon de notre histoire, mais que nous entrions dans un
processus de remise en cause personnelle. J’entends par là, qu’avant de se
lancer dans la critique purement émotionnelle de l’autre parti qui n’est
pas sienne, l’on se demande ce qu’on pourrait faire pour que plus jamais tel
ou tel autre méfait de l’histoire n’arrive. Alors, on serait plus enclin à
entrer dans le pardon qui, quel que soit le chemin emprunté par tout un
tchadien de bonne volonté pour la résolution des pseudo-conflits, est chemin
de Réconciliation.
Notre nature
guerrière, c’est à dire l’influence de la guerre, influence blottie dans
nos subconscients, peut-être, diraient certains, ne nous dispose pas à cela.
Je répondrais que ce sont des balivernes, des histoires à dormir debout !
Impossible n’est pas tchadien ne disons-nous pas fièrement ? Je
ne prétends pas par là proposer un remède magique. Loin de nous cette prétention
car l’évocation même du mot pardon peut susciter des ébullitions, à n’en
point douter.
Pour tout esprit
avertis, il n’est pas un secret que le pardon est la clef de voûte de toute réconciliation,
en tant que la relation entre deux partis dans l’après pardon, unit beaucoup
plus fortement que dans l’avant pardon. Le pardon intensifie l’amitié et
transforme des ennemis en amis. Ne dit-on pas que des contemporains qui se sont
battus et se sont pardonnés deviennent de grands amis ? Il suffit de faire
un tour chez les enfants pour s’en convaincre. Et nul n’ignore que
l’enfant est l’adulte en miniature.
Comment
appliquer la chose sur le plan du prétendu conflit Nord-sud ou conflit chrétiens
musulmans ? Notons tout d’abord que le conflit chrétiens-musulmans
n’existe que dans les régions fortement influencées par les idéologies des
politiciens qui ont usé de ce fait pour leurs ambitions politiques. Ceux qui
parlementent sur le conflit chrétiens musulmans seront déroutés quand ils
considèreront qu’au Mayo-Kébi par exemple, les liens parentaux priment sur
les divergences confessionnelles. Et puis, qu’on considère seulement un réel
conflit musulmans-chrétiens, tel celui du Nigeria, on serait alors plus modeste
dans l’affirmation de ce conflit au Tchad.
Un processus réel
de pardon dans le prétendu conflit consisterait en concret tout d’abord à un
exercice de cohabitation entre musulmans et chrétiens. De cette cohabitation
entre gens musulmans et chrétiens, entre ressortissants du Nord et du sud, des
conflits naîtront certes, mais sa force viendra de la résolution de ces
conflits sans retendue de rancunes. Beaucoup de sudistes qui ont vécu au nord
ou beaucoup de chrétiens qui ont vécus en milieu musulmans et vice versa ont
des sentiments plus fraternels à l’endroit de l’autre parti. Faut-il
revenir à la formule de la construction de quartier mixte ? Nous répondrons
avec énergie : oui !
Il faut ensuite
privilégier des rencontres entre jeunes musulmans et chrétiens, ressortissants
du Nord et du sud. On permettrait ainsi une progéniture vierge des conflits
creux et futiles des générations anciennes.
Enfin un système
éducatif soigneusement suivi fera dissoudre progressivement les clivages nés
des blessures de l’histoire.
La réconciliation
entre les Tchadiens viendra de leur capacité à résoudre les conflits, non pas
à partir d’une guerre sous quelque forme que ce soit qui n’a pour mobile
que d’assouvir une blessure longtemps cachée, une sorte de vengeance, mais à
partir d’un sous-bassement simple mais intrépide qui se nomme pardon.
Naortangar
Rodrigue
Étudiant en philosophie à Kinshasa/RDC
naortaman@yahoo.fr
04/01/2003
Silence,
il faut penser ce qu'on dit et non dire ce qu'on pense
Je voudrais simplement répondre au message de Mr Moussa A Mahamat
Wichemi.
Je ne suis pas dans le forum ici pour faire des débats stériles
car tu es rentré dans des détails inutiles que je dirais même une aide-mémoire
pour certains ou certaines qui ne connaissent pas l'histoire du Tchad et surtout
avec assez de contradictions:
Ce que j'ai retenu dans ton message c'est que au moins au temps de Tombalbaye il
y avait de verdures dans le B.E.T car je peux aussi te le confirmer que le Tchad
avait des feux rouges à N'Djamena, il y avait des verdures sur les avenues de
N'Djamena, la mairie faisait son devoir envers les citoyens en ramassant les
ordures, en coupant les arbres publics etc.
Aujourd'hui, sans une position partisane, tu peux réévaluer le
progrès du Tchad sur l'échelle internationale. Je laisse le jugement à chacun
de nous. Le progrès ne se résume pas simplement au niveau individuel. Il faut
voir le progrès collectivement et dans l' intérêts public. J'avais déjà
mentionné que je ne discute pas ici dans le but de juger un Président tchadien
ou un politicien mais plutôt comment apporter mon grain de sel à l'avenir qui
nous appartient tous en tant que Tchadiens (nes). Tout le monde a la responsabilité
de l'avenir de notre pays ( politiciens, juges, militaires, avocats,
journalistes, ingénieurs, enseignants, médecins, cultivateurs, éleveurs
..etc.) Le pouvoir confisqué sous un masque démocratique cessera un
jour. Il faut la transparence dans la gestion des biens publics et la liberté
toute entière( non seulement la liberté de la presse qu'on brandit à chaque
occasion pour justifier la dictature tchadienne). C'est ce que tout le monde réclame.
Il ne faut pas faire le procès de personne ici de peur de nous replonger dans
la haine. Les Allemands et les Français se sont affrontés deux fois durant les
deux grandes guerres mondiales et pourtant ils ont construit ensemble l'Europe
unie que nous connaissons aujourd'hui. Je veux bien intervenir dans des débats
constructifs. En te relisant avant même le débat de Mr A. Koulamallah, tu es
assez extrémiste dans ta prise de position. Je peux simplement dire que des débats
partisans ne sont jamais constructifs et je ne sais pas pourquoi ton message a
échappé à l'équipe de Ialtchad sans censure ? Tu as brandi tes couleurs au
nom de M.P.S. Ce n'est ni un parti politique qui aidera le peuple tchadien à
sortir de nombreux problèmes que nous connaissons. Il faut des gens qui aiment
le Tchad et particulièrement des Tchadiens engagés dans ce faisceau salvateur
du peuple souffrant. Si je comprend bien ton message, c'est ce que le chien aboie
et la caravane passe? Puisque tu trouves nous voulons apprendre aux gouvernants
à gouverner. Loin de là mes soucis. Chacun rentrera seul dans sa tombe et
auras Dieu en face de lui le jour du jugement.
Je n'appartiens à aucun parti politique donc ma position est
neutre. Je veux le bien de tout le monde sans que certains (nes) profitent de la
situation pour exploiter ou terroriser les autres. Il faut y réfléchir au
seuil de cette nouvelle année 2003. Discutons d'autres choses que le débat
inerte Nord/Sud ou Chrétiens/Musulmans. Tu vis dans la même ville que moi
alors renseignes toi auprès des gens qui me connaissent pour savoir ce que je
suis.
Je crois que suite à la déclaration primaire de Mr A Koulamallah,
il y a eu plusieurs intervenants, mais tu as visé simplement R. Félix (qui est
différent de moi et qui vit aux USA) et moi.
De grâce, laisses évoluer ce forum. Le jour ou tu apprendras que
je cherche le pouvoir, alors utilise tous les moyens pour me barrer la route. Je
ne suis pas intéressé par le pouvoir, mais je veux voir tout le peuple
tchadien jouir de ses droits et devoirs sans oppressions, peu importe la région
ou la religion. Je ne laisse pas mon courriel dans la publication justement pour
éviter des courriels personnels. Tout intervenant est obligé de publier son
article sur le site.
Merci.
Ramadji
Naorgué
03/01/2003
Onde de choc dans une zone de
turbulences.
Attachez vos ceintures!.
L'une de mes lettres publiées sur Ialtchad en date du 12.12.02 a suscité des réactions
mitigées, des remarques et des répliques fracassantes mais bien utiles et
constructives. Je salue l'esprit novateur et contestataire de notre génération
qui se veut non violente et transparente. La prochaine fois, s'ils vous plait, n'écrivez
pas directement à moi pour approuver, critiquer, désapprouver ou me féliciter
sur des sujets ou articles qui ont attiré particulièrement votre attention. Je
vous recommande plutôt, fortement, de les faire
savoir à tous sur la place publique c'est-à-dire Ialtchad. De cette façon,
vous
contribuerez non seulement à
approfondir et élargir n'importe quel débat vers n'importe quel horizon mais
aussi d'éviter de vous exprimer dans l'anonymat le plus total. C'est d'ailleurs
pour protester en partie contre ceux qui refusent de faire tomber leurs masques
que je me suis abstenu de répondre à certains d'entre vous et ils se reconnaîtrons
facilement. Merci. Ceci n'est qu'une parenthèse.
Je voudrais maintenant passer
dans le vif d'un sujet dont je vais bien vous entretenir ou relater aujourd'hui
: La dictature de Tombalbaye. D'abord, je dirais à mon compatriote Mahamat Abakar
que je ne me suis pas empêché de pouffer de rire quand j'avais lu , comme tous
les autres internautes , sa missive (18.12.02).
Il existerait donc bien sur cette terre des tchadiens encore
nostalgiques d'un passé glorieux et folklorique, rêvant du même coup à un
retour probable de leur héros au pays réincarné dans la peau d'un démocrate
des temps nouveaux. Écoute bien, essayer de convaincre H. Habré de revenir un
jour au pouvoir c'est comme faire tout son possible et vendre de la glace à un
esquimau. Pire encore, cela équivaudrait à raisonner inutilement un juif de la
diaspora et l'amener à voter pour un parti d'extrême droite néo-nazie. La démocratie
n'est pas un sport de spectateurs, elle ne se résume pas en un vague et
insignifiant referendum truqué à plus de 90% de suffrages comme celui organisé
en 1989 par cet homme providentiel que vous allez devoir encore attendre pour
longtemps. Dans le film L A HAINE de Mathieu Kassovitz, le narrateur nous
apprenait à la fin que dans la vie «dur n'est pas la chute mais
l'atterrissage ». Depuis le 01.12.90, H. Habré a consommé égoïstement seul sa
chute sans se soucier de personne. Reste pour lui la période la plus difficile
soit celle de l'atterrissage : Human Rights Watch, la justice belge, la L.T.D.H,
Amnesty International, le recours collectif des victimes de la D.D.S.
Pour vous, il n'est point interdit de rêver, même dans l'utopie,.alors bonne
chance.
En acceptant dés le départ et sans conditions l'instauration d'une démocratie
pluraliste et participative, I. Deby a réussi son coup d'éclat politique car
il a su rapprocher l'intérêt politique et propager l'importance du choix de
vote tout prés de ses concitoyens. Ce qu'on avait appelé les transitions démocratiques
en Afrique ne sont pas un cadeau tombé du ciel mais résulterait d'une lutte
des peuples pour stopper toutes les formes de barbarie.
J'ai aussi eu du mal à digérer une autre déclaration faite cette
fois-ci par R. Félix(19.12.02). Ce compatriote n'a pas eu d'autres idées géniales
que de nous rappeler « s'il y'a un crime à juger, c'est bien celui de
1959 ou la motion Khoulamallah-Kherallah refusait l'indépendance du Tchad ».
Avouez-le, vous aviez tous frissonné comme des gallinacés sans tête en préférant
ne pas réagir à ces balivernes. J'ai tellement été choqué que mon réflexe
a bondi hors de ma réserve habituelle, tel un étalon en furie. Moi, je ne
donnerais pas la chance ni l'occasion à ce monsieur de minimiser ainsi des
grands hommes politiques tchadiens comme Ahmed Khoulamallah(le père!) et
Djibrine Kherallah, qui étaient avant tout des personnes de grande culture et
des philanthropes chers à notre riche histoire passée. Pourquoi t'acharner de
la sorte contre ces
illustres hommes aujourd'hui décédés(que leurs âmes respectives reposent en
paix), quand on sait bien que vous ne voulez surtout pas qu'on juge des morts?.
Pourquoi ne pas nous dire clairement que les propos du leader de l'U.D.T(16.12.02)
qui laissait entendre «au contraire Tombalbaye a mis fin à l'expérience
démocratique des premières heures de l'indépendance nationale. », t'ont
déplus?.R.Felix, il
n'y a rien de plus satisfaisant que de voir un donneur de leçons se faire
mettre le nez dans son propre caca!. N'oublis surtout pas qu'au Tchad tout le
monde se connaît, tout le monde fréquente tout le monde, tout le monde travaille
avec tout le monde. On ne peut dire du mal de quelqu'un, ni critiquer qui que ce
soit sans causer toute une commotion sur nos artères et rues boueuses et sales.
En plus, à force de nous rappeler sans cesse que Deby a tué, séquestré
et opprimé, tu te ridiculises sans arrêt en nous chantant tout le temps la même
chanson. Ta liste d'horreurs qui englobe Auschwitz, Sékou Touré et Hitler n'est
qu'exhaustive et ne correspondrait à rien de comparable à notre histoire passée.
Et comme le ridicule ne tue pas, il ne te reste plus qu'à compléter ta
chronologie événementielle : le Génocide des arméniens, l'Archipel du
Goulag, Pol Pot et les Kmers Rouges, les Camps de Srebrenica. Je ne voudrais
surtout pas alimenter ici un débat nord-sud, musulmans-chrétiens, mais je dois
te mentionner qu'au lieu de vous présenter comme d'éternels victimes(ce qui
reste à prouver), il serait mieux de connaître qu'avant tout vous avez été
nos bourreaux. Et rien ne vaut plus pour vous qu'un simple survol en guise de leçons
d'histoire pour vous éclairer les lanternes. Le 11 août 1960,quand André
Malraux, au nom de la France, immortalisa un instant mémorable qui donna à
notre pays son indépendance, le monde entier riva les yeux sur nous et pensait
que les tchadiens allaient enfin profiter de cet affranchissement pour faire de
leur jeune État un coin de paix, de droit et de justice. Dés les premières semaines, le défi fut impossible à réaliser puisque la personne qui avait reçu
la clef des champs n'était autre que François(pardon N'GARTA) Tombalbaye. Face
au nouveau pouvoir hérité par les ressortissants du
sud, Tombalbaye a voulu remettre au goût du jour la cérémonie de l'initiation
au "Yondo'' qui est une nouvelle naissance de l'enfant au monde adulte. C'est aussi une école de survie à
l'issue de laquelle les sujets n'étant
pas reconnus aptes par leur chef de l'initiation sont physiquement éliminés.
Tombalbaye
s'est inspiré de cette
cérémonie pour se débarrasser des notables et personnalités hostiles à son
pouvoir sanguinaire.
Au
départ, conscient de l'infériorité intellectuelle de la partie septentrionale
du pays, il imposa une sorte de diktat macabre que toute une génération de tchadiens se souviennent.
Heureusement qu'il y'a eu sur son chemin, comme par enchantement, un duo
d'hommes politiques intègres et instruits tels que Khoulamallah et Kherallah(et
ça rime en plus), pour le ramener à l'ordre, lui mettant les bâtons dans les
roues. Mais pour combien de temps? Tombalbaye continua d'exercer sa forte
dictature, le P.T.T devint parti unique, les partis politiques d'opposition sont
interdits et les révoltes réprimées dans le sang ne tardèrent pas de
provoquer plus tard la naissance du FROLINAT. Je voudrais bien vous faire
partager une confidence. Enfant, quand j'étais allé passer mes vacances pour
la première fois au milieu des miens dans notre terroir du grand nord B.E.T (Borkou-Ennedi- Tibesti),
à Fada pour être précis. Je pensais qu'une fois sur place, je ne verrai qu'une
étendue de désert aride et sans vie. Mais détrompez-vous car cette année-là,
la récolte de''Ogou''(une variété de céréale sauvage de la même famille
que le seigle) a été bonne. Des troupeaux de dromadaires à perte de vue, des
montagnes aux peintures rupestres, des oasis entiers de dattes mures prêtes à
être cueillies, des jardins de vignes(et de figues!), des chutes d'eaux
spectaculaires et la joie de vivre était tellement paradisiaque que j'ai failli
ne plus rentrer. Par contre, mes camarades de jeu, sans doute, habitués à
cette
manne, me parlaient d'un tout autre sujet étrange qui à singulièrement attiré
mon attention. Ils me dirent tous en chour ceci «Tant que la dépouille
mortelle de Tombalbaye qui est enterrée ici dans la région n'est pas renvoyée
chez lui au sud pour être inhumée parmi les siens, Le B.E.T ne connaîtra ni
la paix ni d'accalmie ». En quoi une tombe est-elle responsable de la
souffrance de tout un peuple?. Les gens d'ici ne sont pas des animistes et ne
croient à aucune forme de magie mystique. Pourquoi alors diable apprennent-ils
à leurs enfants des choses pareilles?. Ou doit-on considérer cette histoire de
tombe
comme une forme primaire d'incitation à la haine raciale?. Je vous assure que je
n'ai pas mis beaucoup de temps ni déployer assez d'énergie pour comprendre
avec vous les vraies racines du mal.
Le B.E.T qui couvre une superficie grande comme la France (?), n'a été intégré
au territoire nationale par les colons qu'en 1929. En septembre(quel hasard!)
1965, à Bardai, après qu'une bagarre entre civiles et militaires éclate,
Tombalbaye envoya en renfort tout une armada de gendarmes sudistes(l'armée n'était
pas nationale) en renfort pour mission d'arrêter le chef du village et ses fidèles
sympathisants. Des coups de feu retentirent. Le pays assista alors impuissant à
un bain de sang. Des innocentes
victimes meurent. Et comme cela ne suffisait pas, les généraux de Tombalbaye
ont commencé à s'adonner à un jeu funeste qui est celui de l'ablation des
seins des femmes et le rasage systématique de leur crâne chevelu sous prétexte
de les enlaidir, humilier et décourager leurs maris de rejoindre une quelconque
rébellion. Cette brusque onde de choc se propagea de bouche à oreille comme une
traînée de poudre dans une région qui ne cessa depuis d'être une zone de
toutes les turbulences.
En outre, les
gens d'ici imputent à Tombalbaye une autre responsabilité plus grave qui est
celle d'avoir, peut-être, vendu la bande d'Aouzou aux libyens. Un marchandage
serait le point de départ de toute cette souffrance avant de se terminer des
années plus tard devant la Cour Internationale de Justice de La Haye(en
Hollande). Donc, Tombalbaye le boucher qui n'hésite pas une seconde de tirer sur
ses propres administrés, était aussi un renégat assoiffé de richesses et ne
se gêna guère de modifier la carte géographique du
Tchad. D'après des sources(officielles?), Tombalbaye aurait cédé la bande d'Aouzou
contre le versement d'une somme de
23 milliards CFA. Selon une autre version, ce traité aurait été signé par
Monsieur BA, conseiller mauritanien de Tombalbaye qui disposait de pleins
pouvoirs. Les deux États s'engageaient à favoriser et développer leur coopération
dans le domaine économique, commercial et social. L'occupation de la bande d'Aouzou
aurait été opérée à ce titre. Un marchandage honteux aurait bien eu lieu. Si
ce traité avait réellement existé, les libyens, lorsqu'ils furent durement
attaqué à Libreville, devant l'O.U.A en
juillet 1977, n'auraient pas manqué de le produire, la mort de Tombalbaye
survenue en 1975, les dispensant de garder le secret. Les 23 milliards auraient été versés mais non en numéraire, sous la
forme d'aide au développement
(banques, dispensaires, écoles.). Au point de vue juridique, Tombalbaye et son
complice Monsieur BA n'ont aucun droit légitime de se livrer à un tel
marchandage (chantage?) sans l'avis ou le consentement du peuple tchadien. La
Libye ne tarda pas à s'imposer comme une vraie armée d'occupation. Des forces
libyennes et leurs équipements lourds viennent prendre positions et installer
leurs campements sous nos palmeraies. La population fut vaccinée, Kadhafi
voulant par ce geste montrer que son
système de santé est la meilleure en Afrique. Comme pour bien célébrer cette
alliance à la Hitler-Petain, Tombalbaye alla jusqu'à rompre les relations
diplomatiques qui nous liaient à Israël dans le but de plaire au Guide et aux
pays arabes. Khadafi ne tardera pas d'inviter son ami(?) à Tripoli pour sabler
le champagne et célébrer le tout dans la joie sans se soucier que ce pacte
avec le diable ne tardera pas à précipiter sa propre chute en 1975.
L'occupation de la bande d'Aouzou sans que Tombalbaye ne proteste, le traité
d'amitié, deux choses pour le moins étranges qui ont fait naître des rumeurs
sur l'existence d'un traité secret qui aurait été signé entre les deux
parties. Depuis ce temps, beaucoup d'eau avait coulé sous le pont Chagoua. Le
restant des ossements de Tombalbaye ont bien quitté le B.E.T, traversant ce même
pont en direction de Bessada ou les siens lui rendront un dernier hommage dans
le respect de son âme et de ses traditions. Dans la région, le langage des
armes ne s'était pas stoppé pour autant. Le M.D.J.T avait repris le flambeau, le gouvernement central de Deby ne
voudrait surtout pas leur faire des concessions et la population de cette partie
du Tchad, considérée déjà comme une espèce humaine en voie de disparition,
continue de mourir lentement. Dans la capitale N'djamena, un journal local nommé
N'djamena-Hebdo, avec sa horde de journalistes et sa forme de presse partiale et
incendiaire, continue de souffler le chaud et le froid mettant en péril la
fragile paix des esprits qui nous
reste.
Si aujourd'hui beaucoup de tchadiens connaissent par cœur la dérive
dictatoriale de Tombalbaye, peu sont ceux qui devinent son coté excentrique,
snob et mondain. Dans toutes les préfectures du pays alors que le peuple criait
partout dans la rue «Du pain!, du pain!, du pain!. ». Tombalbaye se
permettait des dépenses folles avec l'argent des contribuables. Des réceptions
somptueuses, des invitations dans un décor de marbre, de tapisserie et de
diamants que lui envierait bien la famille princière de Monaco. Sa villa, sise
au quartier Moursal, ne désemplissait pas d'invités de marques. On pourrait
facilement trouver au menu de la brioche, du vin saint-regnier de qualité supérieure,
des côtelettes de bœuf et de porc, du caviar. Bref tout se qui se tramait à
l'intérieur n'était que calme, luxe et volupté.
R. Félix, mon rêve pour le
Tchad se résume en cinq mots :démocratie, réconciliation, justice, union et
transparence. Il est possible dans un pays, de rappeler à l'ordre un gouvernent
incompétent
soit-il. Mais par contre, il pourrait se révéler fameusement plus compliquer
d'avoir constamment à montrer aux gouvernants comment gouverner.
Enfin, quant à Ramadji(est-ce la même personne que R. Félix?),je te
demanderais de bien tenir le bout de ton clavier(et de ton stylo)car désormais
ce ne seront plus les armes qui vont crépiter et nous causer des malheurs.
Saluons une nouvelle ère de confrontation d'idées, de débats et de
respect si négligée par nos aînés. Je vous souhaite à tous une bonne et
heureuse année 2003. À bon internaute, salut !!!.
Mahamat A. Moussa Wichemi
Mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal(Canada).
01/01/2003
Conférence
Nationale Souveraine, il y a dix ans
Bonjour,
En cette fin d’année,
je voudrais d’abord présenter mes meilleurs vœux de l’année 2003 à
tous et surtout aux responsables de
ialtchad.
En effet, dans quelques jours , nous allons également célébrer le
10eme
anniversaire de la conférence nationale souveraine (CNS). J’aimerais en cette circonstance et par rapport au débat sur ce forum apporter
quelques éclaircissements .
Hier à l’occasion de la célébration à Tine du 12eme année au pouvoir,
le président de la république dans son allocution reprise par
l’AFP avait prononcé une phrase "la
subsistance des foyers d'insécurité baptisées pompeusement rébellions
dissimulent mal les ambitions égoïstes de quelques individus assoiffés de
pouvoir", a-t-il souligné, précisant que "cessent les marchandages
de toutes sortes sur le dos des pauvres citoyens innocents". Aujourd’hui, chacun en mal de
posture au Tchad ou ailleurs prend les armes ou même
sous une étiquette populaire au
Tchad de "politico-militaire" pour soit disant apporter une justice , une
paix , une démocratie dans le pays et réclame une
autre assise pour débattre du problème tchadien.
Quel problème ? à mon avis , c
‘est un faux débat. Mr BUIJTENHUIJS Robert qui avait
assisté de bout en
bout à la conférence nationale( même
s’il reconnaît quelques ratés ) ne me démentira pas, tout a été débattu dans la salle du 15
janvier : de la défense , de la sécurité , de la justice , de la forme de l’État, du tout...
On se rappelle
du cri de la vieille Hadja Halima (malheureusement pas entendu par certains ),
les sorties du feu Marabi Julien
, les belles phrases de Mr Ali A.
Haggar ou des duels pour les
postes au présidium de beaux
souvenirs, le verdict des urnes avait d‘ailleurs déjà commencé dans la magnifique salle de
Diguel.
Malgré
une transition un peu mouvementé , la conférence nationale a permis au pays de
consolider la base de notre jeune démocratie car suivie quelque peu d’élections
libres et démocratiques, devant des
candidats de l’opposition passant
leurs temps à concocté des alliances qui ne durent que deux semaines , le président I. Deby était le seul a
sillonné tout le pays et a proposé un programme politique cohérent et réaliste
que les tchadiens ont accepté à juste valeur . Ni le Mps , ni son candidat
n’ont besoin des fraudes pour gagner les élections qui se sont déroulées
dans le pays. Chaque candidat de l’opposition choisit d’aller battre
campagne dans sa ville natale et
quelques quartiers de la capitale et revenir collecter les rumeurs pour dénoncer les
fraudes. Il y a eu quelques irrégularités
bien sur mais ceci ne justifie pas la défaite de l’opposition loin du victoire du MPS, les causes sont ailleurs et
l’opposition doit tirer sur ses propres ficelles. Ils ont oublié peut être
que les paysans , les éleveurs , les nomades votent également. Dénoncer les fraudes ou boycotter a été toujours l’arme
préférée de
l’opposition africaine.
Contrairement à ce qu‘a dit le
grand frère , le président de l’UDT Mr Abdrahman Koulamalah que j’admire beaucoup sa manière de voir les choses (d’ailleurs les accolades qu’il avait données à son
adversaire à l’élection au poste
du vice-président du présidium lors de la conférence nationale en la
personne de Youssouf Saleh Abbas(d’ou les applaudissements dans la salle)
avant même la déclaration finale des résultats par le bureau de vote démontre en lui sa grande maturité politique, ça fait partie de la démocratie
) mais je ne suis pas d’accord avec lui sur deux choses : il faut rendre
à César ce qui appartient à César.
En politique les reconnaissances des acquis des adversaires n’a pas de place mais si aujourd’hui
il y a la liberté au Tchad c’est l’œuvre du MPS, demander aux paisibles
citoyens il vous le diront.
Ceux qui aujourd’hui propose de
chasser la mauvaise démocratie ou soit disant dictature se trompent
largement d’époque. Comme c’est un processus, il y a eu quelques dérapages
mais malgré la démocratie tchadienne a fait beaucoup des avancées surtout la liberté de la presse
qui est parmi la plus libre sur le
continent , très agressive parfois mais a contribué à l’édification d’une
société libre et démocratique. Le non-recours aux censures préalables au
Tchad a beaucoup contribué a l’émergence de cette presse parallèlement aux
autres pays de la sous-régions. Mon deuxième désaccord avec le
PR de l’UDT concerne la mono politisation de l’assemble nationale :
loin d’être une insulte pour les intellectuels tchadiens ; si le
MPS est dominant c’est parce qu’il y a deux raisons :
- les tchadiens
ayant déjà vécu la cohabitation au
moment de la transition (qui n’a
pas laissée de bons souvenirs) ont souhaité accorder la majorité au président
élu. En plus de l’organisation des primaires et la présentation des
candidats dans plusieurs listes avec d’autres formations telles que le RDP,
l’UN, etc..
- la seconde
raison est due à l’incapacité de
l’opposition à présenté des
candidats sur toutes les circonscriptions électorales
à noter que sur le 155 sièges, le
MPS est parti largement favori
avec 45 sièges sans concurrents malgré qu’il y a 37 partis politiques, qui
ont pris part aux échéances.
En effet , la processus démocratique
est comme un enfant qui grandit avec le temps et cet enfant a besoin de beaucoup
de contributions de la part du pouvoir, de la société civile, de la presse,
de l’opposition et même de
tous les citoyens du pays.
Il serait beat de dire que notre
démocratie est aujourd’hui parfaite et que le Tchad est un paradis en matière de liberté , ils y
restent beaucoup à faire : le
MPS doit continuer à éradiqué les pratiques du parti unique , l’opposition
de jouer pleinement son rôle, la société civile et la presse d’être objectives, le peuple
d’être vigilant car il y aura toujours des insatisfaits qui comme l’a dit le chef de l’État plus haut abuseront du peuple pour
assouvir leurs ambitions égoïstes.
On se rappelle qu‘à la Conférence
Lagos 4 sur la paix au Tchad (21
août 1979 ) des messieurs qui ont crée leurs partis dans la salle même de la
conférence quand le moment du partage des gâteaux a sonné.
On lit souvent dans ce forum, des
internautes qui proposent ou encouragent de
luttes armées
qui n’ont rien donné au peuple
tchadien. Les tchadiens ont un autre combat
à faire maintenant, c’est celui du développement.
Abdelkhader
Mahamat
Montréal / Canada
28/12/2002
Ultime
Intervention
J’ai
longtemps hésité avant de me lancer de nouveau dans un dialogue
avec les internautes. Mais cela m'a semblé important car le débat
que j’ai suscité a été plus ou moins bien compris par les
divers intervenants et globalement leurs réactions m’ont
satisfait. Nous avons évité les attaques personnelles et inutiles
pour nous lancer dans le véritable débat de l’avenir de notre
pays et de sa jeunesse.
J’avoue
que j’ai hésité avant de lancer ce débat tant je craignais les
attaques de ceux qui veulent régler leur compte mais au contraire
les jeunes qui m’ont interpellé ont fait preuve de sérieux et
ont posé des questions pertinentes et j’ai voulu faire cette
ultime intervention. La démocratie c’et aussi la responsabilité !
Il
est incontestable que notre pays connaît une évolution
politique et sociale qui est loin de répondre à nos
interrogations et à nos attentes. Le processus démocratique
actuelle n’est pas parfait et connaît suffisamment de ratés pour
qu’il entraîne une adhésion de tous les tchadiens et surtout de
la part de ceux qui luttent à l’extérieur estimant à tort ou à
raison que seul la lutte armée est une réponse au pouvoir de
Idriss Déby.
Cela
n’est pas mon opinion et je le dis haut et fort et avec toute la
force de mes convictions. La lutte armée et je me répète n’a
fait que générer des régimes dictatoriaux. Ceux qui viennent au
pouvoir par ce biais utiliseront les mêmes méthodes pour se
maintenir au pouvoir : tribalisme, favoritisme tous ces maux
qui ont miné notre nation et l’avenir de sa jeunesse.
Je
pense qu’un processus démocratique même mauvais comme celui
actuellement au Tchad est supérieur aux choix des armes. C’est
une opinion, elle est contestable et les internautes la conteste
tous les jours mais c’est mon opinion et l’histoire nous dira
qui à tort et qui à raison !
J’ai
dis : « je préfère la mauvaise démocratie de Idriss Déby
à une bonne dictature à venir » cette phrase a été mal
comprise et choqué certains, j’aurai peut être dû dire
simplement que « je préfère une mauvaise démocratie à une
bonne dictature »
Mahadjir
me demande pourquoi ne pas convaincre mon petit frère Abdel-aziz
Koulamallah de me rejoindre à l’UDT . Je te remercie cher frère
de ta question mais Abdel-aziz et moi avons des opinions diamétralement
opposé sur la lutte politique. Je ne partage ni ses opinions que je
trouve excessives, ni sa méthode de lutte. Pourquoi veux tu que
nous fassions partie du même mouvement politique. Je milite avec
des femmes et des hommes qui ont fait le même choix politique que
moi. Ceci dit nous entretenons des relations fraternelles fortes et
c’et un frère que j’aime beaucoup et qui est d’une grande
intelligence.
La
politique ne doit pas être un lieu où se rassemble les frères ou
les personnes de même ethnie, de même tribut mais un lieu de
combat politique où milite ensemble des personnes ayant fait les mêmes
opinions et la même vision de la société et cela manque singulièrement
aux forces politiques tchadiennes qui ne reflètent que les ethnies
et les régions.
Quant
à Moussa Wachimi il est excédé que j’intervienne sur le site de
Ialtchad car je suis un homme politique et telle n’est pas ma
place. Quelle vision étroite que vous avez d’un site dont le nom
se veut rassembleur : les enfants du Tchad. Les hommes
politiques sont des gens qui ont fait le choix du combat politique.
Qui est mieux qu’eux doit lancer le débat politique et donner des
explications sur les actes qu’ils posent ? Dites moi cher frère
pourquoi cette vision réductrice des hommes politiques ? Moi
je suis fier d’avoir fait le choix de la politique et croyez moi
j’ai risqué plusieurs fois ma vie en faisant de la politique car
j’aime profondément mon pays et je veux de tout mon cœur le
servir.
Il
ne suffit pas d’être jeune et de contester tout pour être sûr
qu'on est un patriote et personne, ni vous, ni moi avons le monopole
de l’intelligence et du patriotisme. La démocratie c’est aussi
se dire « je n’aime pas tes opinions mais je me battrai pour que
tu aies le droit de les exprimer ». Permettez-moi de les
exprimer même si vous ne les aimez pas et c’est votre droit. Mais
soyez tolérant cher frère !
Cependant
je pense au plus profond de moi même que le jeunesse tchadienne
doit plus s’impliquer dans le combat politique car l’avenir lui
appartient. Nous, nous sommes déjà le passé et vous l’avenir et
le lendemain de notre nation repose sur les choix que vous ferez
aujourd’hui.
Et
cela me donne l’occasion de dire à ceux qui ont mal compris mes
interventions qu’au contraire je pense que les jeunes tchadiens
sont le Tchad de demain mais leur combativité est encore faible.
Trop faible à mon goût !
Certains
ont compris que je demande pardon pour les dictateurs et notamment
Hissein Habré. Cela n'est pas mon opinion et ne le sera jamais. Je
dis que l’on ne peux indéfiniment chercher à condamner, à
lancer des luttes armées, des insultes et léguer aux générations
futures que le choix de la violence et de la vengeance. Je veux que
mes enfants, mes petits frères puissent trouver un Tchad de la
science et des nouvelles
techniques de l’information et de la communication.
Un
Tchad de paix, de concorde qui ne soit pas livré à la cupidité
d’une caste ou d’une ethnie ou d’une région, un Tchad débarrassé
de la nullité et faisant appel à tout ce que nous avons de
brillant et savant. Les sceptiques diront c’est impossible mais
ceux qui vivent et qui luttent diront que « chaque fois que
l’on avance vers l’impossible, il recule tout le temps »
Bonne et Heureuse année
à tous !
et
continuons le débat sur mon adresse
udt_tchad@hotmail.com
Abderaman
Koulamallah
26/12/2002
Quelle
réponse au déficit démocratique ?
Après douze années d’agonie durant lesquelles on a pu voir toute
une horde de charlatans s’empresser à son chevet, notre « démocratie »
se meurt-elle (comme le désire l’oligarchie
au pouvoir) ou évolue-t-elle résolument
vers sa forme la plus « achevée » (comme le souhaitent
les citoyens)?
Ma
réponse à cette question est sans équivoque : notre « démocratie »
s’émousse avec le temps. Et pour cause. Loin d’être une
institution arrachée de haute lutte par le peuple comme le prétend
faussement le président de l’UDT A. Khoulamallah, la « démocratie »
tchadienne, cette pièce maîtresse du régime actuel, est plutôt
le produit de la double volonté de la France de répondre aux déviances
tyranniques et sanguinaires d’H. Habré (et autres despotes
africains) d’une part, et de reconfigurer sa propre politique vis-à-vis
de ses anciennes colonies en fonction de la nouvelle donne de l’époque,
conséquence de la disparition des blocs Est-Ouest d’autre part.
Comme telle, ses règles étaient faussées dès le départ.
En
effet, depuis le 1er décembre 1990, à l’inverse des
discours interminables qui n’ont jamais été que des discours,
aucun débat démocratique, aucun dialogue de vérités plurielles
ni aucune véritable tribune libre n’ont été institués avec la
franche volonté d’engager le pays sur la voie du changement. Le
rapport populations/institutions n’a jamais été posé en termes
clairs et précis. Il suffit pour s’en convaincre de voir les
diverses coalitions et lobbies politiques qui se nouent et se dénouent
au grès des circonstances laissant toujours les populations
interloquées et décontenancées, ne sachant qui suivre in fine.
Nos institutions sont prises en otage. Car, même si
l’organisation du multipartisme substituant une adhésion plus
libre à l’embrigadement aveugle a été progressive, accélérée
par la pression extérieure et les multiples manifestations de
l’après Habré, il faut remarquer que ce multipartisme de façade
a tendance à conforter le parti au pouvoir (le MPS) et lui sert
d’écran afin de mieux restaurer le totalitarisme par la voie
« démocratique ».
Que
le régime MPS soit ou non totalitaire, chacun est libre de penser
ce qu’il veut et se faire sa propre opinion sur la question.
Cependant, on pourra gloser indéfiniment sur le fait qu’il soit
un régime démocratique, cela ne me convaincra guère. A mon sens,
la démocratie suppose le désaccord, la contradiction, le conflit ;
elle doit nous rassembler en nous opposant. Mais elle ne doit pas
permettre à quiconque, fut-il chef de l’Etat, de pourfendre ses
adversaires. Or, qu’observe-t-on sur la scène politique
tchadienne ? Un prodigieux capharnaüm où n’importe quel
quidam s’érige sans légitimité démocratique en leader d’un
groupuscule et exige sous diverses menaces (la retraite dans les
grottes étant la plus prisée) sa part du bien public comme si la démocratie
consiste à partager entre fils de Boulama, Gong, Ngar, Cheikh et
autres chefs de cantons, les ressources financières de l’Etat.
En
outre, l’attitude
insolente des intellectuels à l’égard de nos institutions
contribue dangereusement à compromettre les élans démocratiques
d’une certaine frange de la population qui se refuse à faire le
jeu du totalitarisme actuel. En effet, il est certes libre à
quiconque de choisir son camps et cela est de l’essence même de
la démocratie. En revanche, s’affirmer radicalement opposant au
moment des élections dans le seul objectif de s’arroger les
faveurs d’un électorat frustré et revenir marchander
honteusement les voix de cet électorat afin de se remplir les
poches et non de s’engager comme on l’a promis me paraît être
une des pratiques les plus indécentes et l’une des causes
profondes d’effritement de notre démocratie naissante. Pire,
l’essentiel des nos intellectuels s’ingénient chaque jour à
modeler, remodeler, définir et redéfinir le contexte politique
pour le confort du monarque au pouvoir. A titre d’illustration,
toutes les élections gagnées par le MPS l’ont été grâce à
l’ingéniosité des enseignants, lesquels on se souvient, n’étaient
guère favorables à la gestion du pays par les « combattants
du Frolinat » et préféraient faire la grève sèche quitte
à se faire « radier de la fonction publique ».
Ce temps paraît bien révolu et on assistera assurément pas
à l’ « avènement d’une véritable
démocratie » au Tchad
comme nous l’avaient promis nos chers enseignants.
Le
rôle de la femme dans la profanation de la démocratie,
contrairement à ce que beaucoup peuvent le croire, n’a pas été
des moindres non plus. Je sais que mon propos peut paraître
inconsidéré aux yeux de quelques "iconoclastes " et
féministes inconditionnels. Je leur concède volontiers le loisir
d’en penser ce qu’ils veulent. Toujours est-il que je soutiens
avec force conviction que la femme participe activement à la sclérose
des institutions et ce, de plusieurs façons : en préambule,
regroupant plus de la moitié de notre population
(environ 52%) la femme tchadienne (comme la majorité des femmes
africaines) est moins instruite, ce qui du coup limite ses
possibilités de participer de façon active à quelques
organisations associatives ou politiques. Cet état de fait
l’expose à toutes sortes de sollicitations, plus incongrues les
unes que les autres ; d’où son adhésion à nombre de partis
politiques (souvent par imitation de son mari) dont elle ne connaît
ni le projet de société ni même le programme politique et moins
encore le dirigeant, pour les plus fantaisistes. Ensuite et c’est
là le plus déterminant, si elle est instruite, la femme préfère
jouer, au sein du parti auquel elle milite, le rôle de
seconde zone (mobiliser ses congénères, s’occuper de la
promotion féminine) dans le meilleurs des cas et au pire elle se
contente d’organiser le protocole stylo à la main. Rarement la
femme tchadienne émet des idées politiques constructives et,
s’il lui arrive de le faire c’est simplement pour traduire le
discours que le chef de parti débite devant des militantes passives
et dociles. Enfin, l’expérience prouve que la plupart des femmes
tchadiennes milite au sein du parti au pouvoir. Ce militantisme mû
par quelle motivation on ne sait, contribue par son effet
d’aimantation à attirer la quasi-totalité des femmes vers des
partis comme le MPS, le RDP, l’URD, l’UNDR …partis qui comme
je l’ai précédemment souligné, constituent la plate-forme du
totalitarisme par voie démocratique. On
voit donc bien dans la démonstration la plus élémentaire que la
femme elle-même est un frein au jeu démocratique. Mais on ne doit
pas la condamner pour autant. Il appartient aux divers partis de
savoir la mobiliser et l’orienter efficacement afin d’en tirer
la meilleure contribution pour la survie de nos institutions.
Par
ailleurs, aucune démocratie ne peut se faire sans la participation
de la jeunesse. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les hommes
politiques nous claironner cette assertion lors des campagnes électorales
pour finalement la reléguer aux oubliettes une fois arriver à
leurs fins ? Or, c’est une vérité presque absolue
qu’aucune démocratie ne peut se faire sans la jeunesse. Elle
suppose en effet, l’alternance. Aussi, les partis politiques étant
constitués en principe pour une période indéfinie, ils ne peuvent
être indéfiniment présents sur la scène politique qu’en
assurant leurs arrières. L’expérience politique dans le monde
entier montre d’ailleurs que tous les partis s’appuient
essentiellement sur les jeunes pour battre campagne. Seulement, il
ne suffit pas que cette jeunesse soit confinée à ce rôle unique
qui d’ailleurs ne sert que ceux qui l’oppriment. Les jeunes
doivent pouvoir participer activement à l’éclosion de la démocratie
au Tchad. Nous devons
nous impliquer davantage et faire en sorte que cette démocratie soit
une œuvre commune et qu’elle ne soit pas la chasse gardée d’un
homme politique, « garant » des institutions soit-il. Si
nos aînés ont préféré s’empiffrer de deniers publics en
laissant de côté toutes considérations d’honneur et d’honnêteté,
nous, que Khoulamallah voit déjà aux affaires dans les dix
prochaines années, devrions œuvrer pour que notre démocratie soit
effective. Sans me bercer d’illusions, je demeure certain que des
changements auront lieu dans l’avenir si et seulement si le
monarque actuel respecte les engagements qu’il prend à tout bout
de champs pour mettre en confiance ses partenaires économiques (dénonciations
des pratiques occultes et peu recommandables, de corruption en tous
genres etc.) La jeunesse doit s’engager résolument dans le combat
intellectuel idéel et idéologique. C’est pourquoi il me paraît
nécessaire que de nouvelles perspectives soient dessinées. Pour
cela nous devons nous débarrasser au préalable de nos paradigmes
et préjugés.
Au
risque de décevoir A. Khoulamallah,
je n’ai pas de propositions « produits finis »
à faire. D’ailleurs je me défends toujours de jouer les « donneurs
de leçons ». Je pars du constat que toute idée en nous est
subjective, limitée et ne saurait donc satisfaire absolument les
innombrables complexités auxquelles nous faisons face. Je laisse
donc la latitude à chaque internaute de nous proposer des pistes de
réflexion aux fins de sortir notre pays de ce gouffre abyssal dans
lequel les charognards
politiques l’y enfoncent sans vergogne.
Cependant,
je me permets d’écarter
d’emblée l’idée d’un forum du genre « Vérité et Réconciliation »
dans lequel Khoulammallah voudrait insidieusement nous y entraîner.
Pourquoi vérité et réconciliation ? Je ne
pense pas qu’un tel colloque soit véritablement conforme aux réalités
politiques tchadiennes. Vérité et Réconciliation
fut une tribune instituée et encadrée pour répondre à des
questions précises touchant des aspects précis et déterminés de
la vie sociale et politique d’un pays meurtri par l’Apartheid. Évitons
la manie de faire du mimétisme à tout va. C’est l’exemple même
de la simplification abusive. L’importation de la Conférence
Nationale (œuvre béninoise), loin de contribuer à résoudre
quelques problèmes sociopolitiques au Tchad, n’a servi que de
tremplin à certains arrivistes pour assouvir leurs basses
aspirations. Déjà,
l’affirmation de Khoulamallah selon laquelle « je préfère
la mauvaise démocratie de Deby » est éloquente. Il veut
revenir dans les grâces du monarque.
Finalement,
l'ultime question qui se pose est de savoir quelle réponse au déficit
démocratique que nous observons depuis une douzaine d'années?
Tirons la substantifique
moelle de l'interrogation, méditons-en et lançons de vrais débats.
Lyadish
AHMED
Université d'Orléans
(FRANCE)
lyadishahmed@yahoo.fr
PS: Bonne fête de fin d'année à tous.
24/12/2002
Une
autre intervention sur le débat Koulamallah / ialtchad
Salut mes chers
amis de la génération consciente,
Cela fait un bon bout de temps que je consulte le site de
ialtchad.com et grâce à celui-ci j'ai pu me faire à l'évidence
que la jeunesse tchadienne est tout sauf une jeunesse qui accepte
sans rechigner de cesser de se battre dans l'espoir d'un avenir
meilleur.
Mon désarroi est très grand aujourd'hui - et c'est pourquoi
j'interviens - quand je lis les propos du Président de l'UDT
qui met en doute l'effort de cette jeunesse dont je fais partie
en l'accusant de passer son temps sur le site pour ne parler
que des problèmes Nord/Sud, à se lancer des propos incendiaires et
surtout à ne proposer aucune solution pour la résolution des problèmes
du Tchad. Pas moins!
J'aimerais attirer l'attention du président de l'UDT sur des faits
qui devraient l'amener, lui en tant qu'ancien décideur de ce pays
et tous les autres, à comprendre l'ampleur du mal qu'ils
constituent pour mon pays:
1. La majorité des intervenants dans les débats sur
ialtchad se trouvent être
à l'étranger. Pourquoi est-ce que les tchadiens
qui sont au Tchad n'y participent que de façon parcimonieuse?
Est-ce que Mr Koulamallah pense que c'est parce que ceux-ci n'ont
rien à dire sur ce genre de débat ou croit-il comme moi que c'est parce
que leurs conditions de vie n'ont pas aménagés pour qu'ils soient invités
à pareille fête?
S'ils ne le sont pas, n'est ce pas parce que les tenants du pouvoir
tchadien dans leur entièreté (de Tombalbaye à Déby) n'ont jamais
compris que l'avenir de ce pays était toujours plus important que
son présent et qu'il fallait aller au delà de la conception
tribale du pouvoir qu'ils ont tous eu ou continuent par avoir en
investissant dans le devenir de ce qui reste encore aujourd'hui à bâtir:
une nation tchadienne?
2.
Le Président de l'UDT prétend préférer la démocratie à la façon
Déby à toute autre forme de dictature (belle phrase!). Peut-il me
dire à quoi sert cette pseudo - liberté de façade quand on sait
que l'avenir du pays se meurt? Le système éducatif tchadien
forme t-il - depuis 1990 - des gens assez compétents pour assurer
la gestion de son patrimoine économique et culturel, sa survie?
Au contraire, à mon sens, le régime de Déby est à mon sens celui
qui, de tous, a contribué le plus à opprimer les tchadiens. Loin
de moi l'idée de faire l'apologie d'une quelconque tyrannie, mais
n'est-ce pas le pire des crimes que de tuer chez nos plus jeunes frères
tout simplement l'ESPOIR d'une vie meilleur en amenant ceux-ci à déserter
leurs salles de classe parce que tout simplement l'éducation
ne garantit plus l'avenir dans un pays aussi pauvre et
traumatisé que le Tchad?
3.
Que penser des contributions du genre de celles de mon petit frère
Biaka Tedang qui accepte de prendre de son temps pour informer ses
compatriotes (données économiques et statistiques à l'appui) sur
ce qu'il pense être les dangers qui guettent le Tchad dans
son envol vers l'ère pétrolière?
N'aurait-ce pas dû être là une tâche dévolue à nos soit disant
"dirigeants"?
Mr. Koulamallah peut-il simplement me dire quelles sont les
interventions radiodiffusées qui ont été faites par l'Assemblée
Nationale Tchadienne ou même par le gouvernement sur la question
pour alerter mes compatriotes et leur dire simplement que
"cette manne" qu'est le pétrole tchadien ne sera pas éternelle
et qu'il ne faudrait pas que ceux-ci en attendent à des miracles?
4.
Les problèmes Nordistes/Sudistes ont été crées par la première
génération politique et savamment entretenu par la sienne (même
s'il prétend ne pas adhérer à cette dialectique). Nous autres
n'avons eu le tort que de subir les affres de leurs politiques
tribales depuis que nous étions petits, même si cela ne nous
disculpe pas des travers dont nous avons pu être complices.
Doit-on alors pourtant être tenus pour responsables de la survie de
cette situation quand ce sont des "kleptocrates"
et des incompétents qui ont la destinée de notre pays entre leurs
mains et que pour seul moyen de conservation du pouvoir ils n'ont
que la violence et la « terrorrisation » de leur
frères?
Je
voudrais terminer mes propos en rappelant, comme ont dû le faire
avant moi d'autres internautes, que la roue de l'histoire ne cessera
jamais de tourner...
On a entendu parler de ce qui a été fait par nos
grands-parents pour l’édification de ce pays, nous voyons
aujourd'hui ce qui est réalisé par l'actuelle génération. Demain à
notre tour nous serons jugés par nos enfants...
Par le biais de ialtchad.com et de tout les autres contacts que nous
avons avec nos frères restés au pays et qui n'ont malheureusement
pas la chance de voir ce qui se passe dans le reste du monde pendant
que notre pays se meurt, livré à cette horde de prédateurs que
nous connaissons tous aujourd'hui, nous nous frayons un chemin vers
ce qui sera le Tchad de demain.
Il
est des choses qui me semblent pardonnables et donc
discutables, il en est d'autres par contre qui ne le méritent pas.
L'insulte faite aux tentatives de mes congénères de créer ce de
quoi nos aînés n'arrivent même plus à rêver est de cette dernière
catégorie: un Tchad où simplement il ferait bon vivre!
Comme
le souligne à chaque fois, mon ancien collègue de classe Zainal, Maximum
respect
Gapili
Pofinet Patrick,
Sherbrooke (Canada)
gapofick@yahoo.com
23/12/2002
Mon
opinion sur le débat
Avant d'intervenir dans le débat lancé par Monsieur Abderaman sur
le site Ialtchad. Je souhaiterais dire d'abord une chose. Que mon
opinion soit perçue par tous comme celle d'un tchadien, qui
intervient à un débat concernant son pays. Ceci dit, je vais
essayer de donner mes opinions sur ce qui a été dit par les uns
comme par les autres. Je commence par les interventions de Monsieur
koulamallah.
Si j'ai bien compris son message, il demande d'une part que les
tchadiens pardonnent les criminels, il
soutient aussi que la démocratie dictatoriale instaurée par
Déby est le meilleur système politique pour le moment au Tchad et
il met en même temps un doute sur la capacité des autres
tchadiens, particulièrement celle de la jeunesse tchadienne à
proposer mieux.
D'autre part, il dit que les élections au Tchad sont une insulte,
et qu'il doute que Déby ait la capacité de réconcilier tous les
tchadiens ou en d'autres mots, qu'il ait la capacité de diriger le
Tchad.
Ce que moi je pense, premièrement les criminels comme H.H doivent
être poursuivis peu importe la juridiction devant laquelle ils
seront traduits, mais il faut qu'ils soient jugés et condamnés
pour les crimes commis. Donc, dans cette situation on ne peut
demander aux gens qui ont été torturés, humiliés ou ceux qui ont
vu toute leur famille décimée, de pardonner les auteurs de ces
crimes sans qu'ils soient jugées et condamnés.
Pour ce que l'intervenant appelle la mauvaise démocratie de Déby
ou son projet de réconciliation, je n'ai pas d'opinion à donner
comme lui-même, il dit une chose et son contraire dans les deux
interventions.
Pour les
interventions des autres internautes, je pense qu'il y a beaucoup
des gens qui interviennent de façon objectif et tout en donnant des
idées intéressantes, même si je ne partage pas leur façon de
faire c’est-à-dire l'anonymat de leur intervention. Par contre d'autres
interviennent pour semer la confusion, bien qu'ils savent
que les gens qui les lisent, connaissent autant le Tchad et
son histoire qu’eux. Pour ces gens, je dirai que c'est le prix à
payer par les autres pour la démocratie ou comme dirait un
philosophe de l'antiquité, « la démocratie c'est un régime
du désordre » chacun dit et fait ce qu’il veut. Cela ne
veut pas dire que je partage le point de vue de ce philosophe et
surtout pas dans une société contemporaine que nous connaissons.
Je ne terminerai pas mon propos sans demander à tous les tchadiens
où qu’ils se trouvent de mener des actions pour sauver le Tchad
qui meurt à petit feu. S’ils ne peuvent pas le faire par les
armes ou s’ils ne veulent pas le faire par les armes, qu’ils le
fassent par des idées constructives.
Abdel-aziz
Koulamallah
Tel: (613)
316 8398
E-mail : toukour36@hotmail.com
Ottawa / Ontario
23/12/2002
Notes
de passage
Les déclarations en rafale sur Ialtchad du leader de l'U.D.T sous
la forme d'un coup de gueule(ce sont ses propos), n'a laissé
personne indifférent. Je ne suis pas surpris du tout que ce coup de
gueule inattendu s'était en fin de compte transformé en un
boomerang avant de lui retomber sur la tête comme un véritable
coup de... massue!.
À propos justement de ce débat interminable et
lassant qui oppose Abderaman K. et les autres internautes, je
voudrais vous rappeler le caractère neutre, rassembleur et indépendant
de notre site web à tous qu'est Ialtchad. Cet outil miracle des
nouvelles technologies permet aujourd'hui à tous les tchadiens de
toutes les origines, confessions religieuses et ethnies confondues,
de se retrouver virtuellement afin d'exposer leurs points de vue,
suggestions, questions et réponses aux problèmes qui minent notre
pays depuis son indépendance. Mais malheureusement certaines
personnes profitent de cette opportunité pour nous entraîner dans
des discutions vides de sens, des attaques personnelles indirectes,
des lamentations fortuites et une frustration intellectuelle à tous
les niveaux.
C'est comme si tout ce beau monde est convoqué dans un
palais de justice où le Chef de l'U.D.T tente, par ses propos jugés
par certains diffamatoires et déplacés, de se défendre face à
des plaignants dont les commentaires et témoignages n'en finissent
pas de nous dégoûter.
Arrêtons, s'ils vous plait, cette "hémorragie"
quand on sait que les divergences finissent toujours en queue de
poissons. En sus, je vous rappelle qu'un débat similaire à
celui-ci avait opposé, il y'a belle lurette, un autre K. à une
autre personne sur un autre site web avant de tourner au vinaigre.
À l'avenir, il faut Qu'Ialtchad limite les partis politiques et
leurs représentants à leurs simples communiqués de presses et les
interviews et non une intervention directe de ces derniers dans les
rubriques Forums. Ialtchad n'est pas une vitrine d'un quelconque électorat
à conquérir mais le lieu où une jeune génération de tchadiens
veut débattre des sujets utiles.
Comme le disait si bien Mr Boulanodji Édouard, mon
professeur de mathématiques quand j'étais en sixième, je le cite:
« À l'approche des fêtes (Tabaski ou noël), quand le
partage et le pardon sont au rendez-vous, il est tout indiqué de
revoir quelques notions d'étiquette et de savoir-vivre qu'on avait
un peu reléguées aux oubliettes». Sur cette belle citation,
je vous quitte en espérant que le débat continuera sainement.
À bon internaute, salut!.
Mahamat
A. Moussa Wichemi
mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal / Canada.
21/12/2002
Réponse
à Mr Abderaman Koulamallah
Mon précédent article a été modifié sans
consentement par l'équipe Ialtchad. Il a été dépourvu de la
saveur que je voudrais lui apporter. C'est ainsi que j'ai préféré
demander son retrait. Est-ce que c'est un début de censure? l'équipe
a cru que je voudrais faire une attaque personnelle à l'endroit de
Abdraman Koulamallah. J'ai dépassé ce stade de lancer des flèches
à une personne publiquement pour le nuire. Dans ce type de débat
il faut prendre le taureau par les cornes pour provoquer un vrai
dialogue et savoir les fonds des choses. Je ne confond pas le
personnage et la personne. En politique, il ne faut pas tout prendre
personnellement. C'est ça la force de caractère d'un bon
politicien. J'ai déjà parlé de Deby, pas de sa personne, mais de
Deby en tant que Président de la République du Tchad. Il ne va pas
m'emprisonner s'il comprend le bien fondé d'être un Chef d'État.
Il nous représente.
Quand à votre question de jugement des morts, oui si
les victimes de Tombalbaye réclament une réparation, je suis
d'accord. Il y a une trentaine d'années, l'Afrique n'a pas connu
cette démocratie, cette liberté d'expression que nous connaissons
aujourd'hui. Pas d'appui des ONG en matière de droit humain. Il
faut commencer là ou on a encore les preuves de le démontrer. M
Koulamallah a compris que le fils de Tombalbaye, Salomon a demandé
pardon au nom de son feu père pendant la conférence nationale,
bien que les actes de Tombalbaye ne lui (Salomon) soient imputés
directement car ce n'est pas héréditaire. Il ne faut pas saluer la
création du Frolinat car c'est de cette Frolinat que les problèmes
Nord/Sud se sont accentués. Tous les tchadiens étaient victimes du
régime de Tombalbaye. Au sud aussi, il a enterré des religieux
vivant etc. Ce sont les sudistes qui ont organisés le coup d'état
de 1975. Jugé Hissein Habré ou quiconque ne répond pas à la résolution
globale des problèmes du Tchad, mais cela donnera du courage aux
victimes d'actes de barbaries, que l'impunité ne vaut plus la
chandelle. Les victimes peuvent croire désormais à une justice
universelle.
Quand à la question soulevé concernant la jeunesse tchadienne, il
faut que nos aînés changent leurs façons de voir les choses. En
partant du structure familiale, administrative, gouvernementale, les
dirigeants (ou chefs) agissent de la même manière: la raison
revient toujours au plus grand, et ce dernier refuse d'admettre ses
erreurs. Chaque jeune peut me le confirmer dans son entourage. Si un
jeune qui refuse de faire la courbette, alors il est marginalisé.
Cette façon traditionnelle de faire ne nous aident pas dans
l'application du système administratif occidental. Il faut ouvrir
le cercle aux jeunes à tous les niveaux dans la société. Accepter
leurs idées et si possible rectifier en utilisant la sagesse et
l'expérience de l'aîné et l'aider à marcher comme un nouveau-né.
Ils sont abandonnés à leur destin, c'est grâce à leur courage et
détermination que beaucoup se sont évadés de la " prison
collective" pour aller chercher leurs diplômes ou trouver des
conditions meilleures dans d'autres pays. On dit que "on est
mieux que chez soi" et pourtant cette fuite de cerveaux démontre
que l'État ne fait rien pour arrêter l'hémorragie.
Il faut négocier avec les bailleurs de fonds pour
construire les universités, les instituts, les écoles, les hôpitaux,
les habitats sociaux, les routes, le chemin de fer pour faciliter
les transport des marchandises et voyageurs, le transport aérien
etc. Tous ces biens seront les héritages que tout le pays peut en
profiter durant l'ère pétrolière ou post-pétrolière. N'oublions
pas que le pétrole finiras un jour. Pour un début, former le
personnel à l'étranger est raisonnable et c'est une solution
temporaire. Il faut intégrer cette jeunesse à la fonction
publique, dans les institutions internationales, régionales etc. Il
faut préparer une prélève à temps au lieu d'attendre. Les
solutions pour créer un climat de confiance et de fierté chez
cette jeunesse sont nombreuses, mais l'Etat feint de les ignorer et
cherche à les pousser vers l'agonie. C'est ignoble de constater que
les étrangers viennent occuper des postes qui doivent revenir de
droit aux jeunes tchadiens dans leur propre pays. Je ne suis pas xénophobe,
mais c'est une triste réalité, sous prétexte qu'il manque des
jeunes qualifiés. La qualification ne tombe pas du ciel. Il faut se
prendre à temps pour les former, éviter de les pousser vers
l'exil. Ces deux paramètres doivent être revus par nos dirigeants
s'ils sont conscients des problèmes de la jeunesse.
Pour finir, les débats sur ialtchad sont importants
seulement s'ils suscitent l'intérêt collectif de soulever des
problèmes, proposer des solutions et finaliser les idées. Le
dernier tronçon revient aux décideurs comme M Abdraman Koulamallah.
Il a soulevé un problème, les propositions sont venus de partout,
alors il se charge aussi de transmettre à ses collègues ces
solutions. L'action doit soutenir tout les débats à intérêt
collectif. J'invite aussi les autres décideurs de suivre son
exemple pour nous dévoiler comment ils voient les choses et nous
pouvons les aider à réajuster leurs tirs humblement et avec
courtoisie. Préparez avec nous notre avenir et celui de vos
enfants.
Ramadji
Naorgue
21/12/2002
La
mémoire négative
Mon point de vue sur le fameux "septembre
noir" et la réaction légitime de certains compatriotes
m'impulse à revenir sur ce même sujet. En effet, j'ai dit à Kaar
Kaas Sonn de ne point verser trop des larmes car, comme dit G. LE
BON, «gémir sur le passé fait appel à d'autres souffrances».
Mais heureux fus-je d'apprendre qu'il existe d'autres tchadiens plus
décidés que jamais à commémorer leur "septembre noir",
au besoin en faisant porter le licou de la force à ceux qui ne se
joignent pas à leur deuil. «Tu n'es pas endeuillé comme nous, tu
es contre nous. Tu es même responsable de notre deuil», voilà en
substance ce que veulent les acabits d'un Félix (Le
tchadien) qui me trouve comme étant «le produit des accusations».
Probablement mon courageux compatriote Félix a dit tout haut ce que
d'autres disent tout bas: tout «Doum» ou supposé tel est
responsable de toute exaction perpétrée au Sud du pays! L'on va au-delà
pour affirmer que tout enfant du Nord est «un produit des
accusations» et voilà la mémoire négative chère au
rwandais.
En effet, un jour, un Tutsi donna une vache (en cadeau)
à un Hutu. En bon agriculteur le Hutu jugea mieux d'abattre son
ovidé pour compléter sa ration alimentaire faite de céréales.
Quoi de plus normal! Mais pour le bienfaiteur Tutsi, quel affront de
voir son ami Hutu tuer l'animal qui, normalement, devait vivre et témoigner
une amitié durable! Alors le tutsi demanda la «restitium at intégrum»
de la vache. A défaut de vache l'ancêtre des Hutu se constitua
serf au service du tutsi. Mais il interdit aux siens et ses
descendances d'accepter désormais tout cadeau en nature provenant
d'un tutsi. Cette méfiance que j'appelle «mémoire négative» fut
entretenue jusqu'en 1994 pour aboutir à ce que tout le monde sait: Le
génocide!!!
Beaucoup d'hommes, d'un ton jubilatoire, affirment leur
appartenance à la grande jeunesse du Tchad prompte à enterrer les
cruautés indicibles de leurs aînés pour une vie symbiotique. Mais
hélas peu possèdent effectivement cet engouement. Sinon comment
comprendre cet acharnement de certains à trouver en toute opinion
opposé une dérivé synthétique voire biologique des auteurs des
crimes infâmes? Et d'ailleurs est-ce "le septembre noir"
a-t-il vraiment existé? Le doute n'est pas hypocrite car la perplexité
est grande parce que ceux qui se disent victime de ce fumeux événement
ne connaissent même pas leurs agresseurs et semblent confondre non
seulement d'hommes mais de générations! Ma soif incoercible de
connaître davantage est alors subitement entraver par l'amalgame
que font les humbles pleureurs du dudit événement! Le pain sur la
planche est gros, rugueux et voire insapide puisque les
"victimes", comme emportés par un torrent en furie,
s'accrochent aussi bien sur les branches épineuses (auteurs) que
celles inoffensives (nous les autres). La vérité reste un
mensonge!!!!
Djiddi
Ali Sougoudi
20/12/2002
Réponse
à Félix R, Mahamat Abakar, Ramadji Naorgue
Chers amis,
Je tiens à remercier Félix, Mahamat Abakar et Ramadji pour leur réaction
à ma réflexion sur le Tchad.
Je
ne tiens pas à répondre point par point, j’ai donné mon avis
ils ont donné les leurs, il appartient aux internautes de juger nos
propos et ce que cela leur inspire.
Néanmoins je tiens à apporter quelques précisions : Loin de
moi l’idée de faire l’apologie des crimes de Hissein Habré, ni
de défendre le pouvoir de Idriss DEBY. Je dis simplement qu’il
n’est pas acceptable de
juger seulement Hissein Habré comme le seul et unique dictateur de
toute l’histoire politique du Tchad. D’autres chef d’Etat ont
commis des crimes de sang dans l’exercice de leur pouvoir et
instauré des régimes dictatoriaux qui ont empêché
l’instauration de la démocratie. Parmi eux j’ai cité un des
plus illustres : N'garta TOMBALBAYE.
Son
fils Salamon Tombalbaye, avec un courage exemplaire a, lors de la
Conférence Nationale Souveraine, demandé pardon à toutes les
victimes de son père.
Cette
même Conférence a réhabilité Tombalbaye, j’étais présent
à la conférence et je ne me suis pas opposé à cette réhabilitation
mais j’avais à l’époque rendu hommage dans mon discours
à ceux qui ont lutté contre ce dictateur et surtout le plus
illustres d’entre eux Ibrahim Abatcha fondateur de du Front de Libération
Nationale du Tchad.
J’ai
voulu par ce geste témoigner
en faveur des victimes de Tombalbaye.
Pour
toi Ramadji tu estimes que l’on ne doit pas juger un mort. Ainsi
selon ta logique et toute
proportion gardée bien sûr, on ne doit pas juger Hitler par ce
qu’il est mort en fonction, ni Staline parce qu’il n’est plus
en vie et demain on doit arrêter de dénoncer les crimes de Hissein
Habré s’il venait à disparaître ? Mais alors où est le
devoir de mémoire ? Que devons nous laisser comme témoignage
aux générations futures ? Devons nous leur dire la vérité ou
occulter une partie et dénoncer une autre ?
En
Afrique du Sud à la fin du régime inique de l'apartheid, une
commission Vérité et Réconciliation a été mise en place pour
faire la lumière sur les crimes et horreur de ce régime mais dans
un esprit de réconciliation pour que cela n'arrive plus jamais. je
suggère qu'au Tchad nous nous dirigeons vers cette voie. Mais cela
est mon opinion et l'exprimer n'est pas se rendre complice d'une
dictature qui a brisé la vie du jeune militant que j'étais.
Je
ne suis pas partisan de Habré, lorsqu’il a pris le pouvoir, je me
suis exilé durant sept années de ma vie et j’avais 24 ans.
C’est vrai que j’ai rallié son pouvoir 9 mois avant sa chute
mais je ne me suis jamais senti lié par sa politique, ni approuvé
les actes de barbarie que son pouvoir a pu commettre.
Quant
à Idriss Déby nos relations ont été plus compliquées, j’ai été
d’abord son opposant puisque j’ai été porte-parole de
l’opposition. Ensuite j’ai été son allié et deux fois son
Ministre.
J’entretiens
des relations difficiles avec le MPS et lors des dernières législatives,
nous avons échangé des propos violents mais je demeure toujours
proche de Idriss Deby tant sur le plan personnel que politique même
si en ce moment je me pose sérieusement des questions sur sa
capacité de réconcilier et de rassembler les Tchadiens.
La
domination écrasante du MPS à l’assemblée Nationale est une
insulte au bon sens et à l’intelligence des tchadiens. Le risque
est grand de voir désormais les tchadiens se tourner vers les stratégies
de lutte armée car pour eux la voie démocratique est bouchée.
Aujourd’hui si vous n’êtes pas MPS vous ne pourrez faire de la
politique, à moins de choisir la voie de l’opposition radicale
qui est loin d’être ma tasse de thé ou de la lutte armée qui
pour moi est inenvisageable car sans issue. J’estime que «tout
ce qui est excessif est insignifiant » !
Il
ne reste plus qu’à persévérer le processus démocratique actuel
avec ses insuffisances, les fraudes massives des élections et donc
la perversion de l’expression du suffrage du peuple souverain.
« Ceux
qui vivent sont ceux qui luttent »
Le
1er décembre 1990 lors de sa prise de pouvoir le MPS
n’était pas si prêt pour la démocratie mais face à eux des
hommes et des femmes aux mains nues ont lutté pour instaurer un
processus démocratique et une liberté d’expression, l’une des
mieux assurée en Afrique. Cela c’est une conquête du peuple
tchadien et non un cadeau.
D’autres
conquêtes attendent la jeunesse tchadienne !
On
ne vous reprochera jamais d’avoir échoué mais de ne pas avoir osé !
Abderaman
Koulamallah
20/12/2002
Réponse
au président de l'UDT
Bonjour à tous,
C'est en réponse au président
de l'Union Démocratique Tchadienne, Mr Abdraman Koulamallah, que je
voudrai porter mon coup de gueule.
Lorsque j'ai
lu son article j'ai été surpris par les propos de ce monsieur qui
se veut nommer politicien. Commençant ses propos par qualifier la
jeunesse tchadienne d'être un peu rétrograde, Mr Koulamallah
devrait comprendre que si aujourd'hui il y a une tribune où les
jeunes peuvent s'exprimer librement sans subir aucun sévices corporel, où
les problèmes concernant notre pays sont dévoilés sans tabou, ,je
crois qu'il faut d'abord féliciter cette jeunesse consciente de son
passé, cette jeunesse qui sait son rôle dans le débat politique
national. Il est vrai si elle ne réussit tout de même pas à
proposer une ou des solutions à la crise actuelle de notre
Tchad ce n'est pas par manque de proposition c'est tout simplement
une question de temps.
Abordant les problèmes
politiques Mr Koulamallah a, et je suis de son avis, bien souligné
le manque de démocratie, de liberté d'expression causes
aujourd'hui de beaucoup de maux tels que la fuite des cerveaux(même
s'il faut comprendre cela comme lier à une certaine crise économique
interne), des assassinats politiques, et aussi des emprisonnements
des hommes d'opinions avec tout ce que cela engendre. Mais là où
je ne comprends pas le président de l'UDT, c'est lorsqu'il dit
qu"aujourd'hui je préfère la mauvaise démocratie de Idriss
Deby à n'importe quelle dictature passée où à venir". Il me
semble là, et nous serons tous d'accord, qu'il y a une
contradiction et un manque de lucidité dans l'esprit de ce
monsieur. Comment quelqu'un peut-il tout d'abord condamner le manque
de liberté d'expression et qu'ensuite accepter le même régime qui
l'empêche d'étaler ses opinions comme bon lui semble sous
contrainte d'être châtier? En quoi est-ce que cette "mauvaise
démocratie" diffère-t-elle de la dictature? De même je me
demande si" mauvaise démocratie" ne signifie pas aussi
dictature(je pense que c'est un jeu de mots auquel se livre Mr
Koulamallah).
Toujours dans
le même ordre d'idée un homme politique français du nom de
Raymond Aaron disait "une nation qui marginalise ses élites
est appelée à la déchéance". Si notre cher pays continue à
être gouverné par un régime antidémocratique, vaut mieux pour
nous tchadiens de prier Dieu afin de ne pas assister à cette déchéance
dont parlait tantôt Mr Aaron et qui est supporté par notre frère
Koulamallah. A ce niveau je crois que monsieur le président a
bien compris que la jeunesse tchadienne n'est pas ce qu'il croit être.
Je voudrai
aussi souligné un passage du même article où le chef de l'UDT dit
ne pas comprendre pourquoi les gens s'acharnent-ils à vouloir voir
Mr Habré passé devant la barre mais en contre partie il demande le
pardon ou alors le jugement de tous ceux qui ont commis l'injustice.
C'est une option mais quand un homme est opprimé jusqu'au plus
profond de lui-même et de sa famille il ne peut pardonner pour rien
que ce soit sans avoir vu ses bourreaux jugés. Tout homme a droit
à la justice et tant que les portes des tribunaux seront ouvertes
aux opprimés et tant que le Droit de l'Homme continue à exister il
est souhaitables que tous les victimes de régimes passé ou futur
trouvent réparation. Aujourd'hui c'est H.H. qui est visé mais
l'action ne s'arrêtera pas là.
Enfin je
demanderai à ce que Mr Koulamallah puisse nous dire son projet pour
le Tchad en tant que futur candidat à la magistrature suprême à
part le fait d'organiser un forum de réconciliation à la
sud-africaine qui est à mon avis loin de refléter notre contexte
national.
Je souhaite une bonne
fin d'année à tous mes compatriotes et que l'année suivante
puisse trouver notre Tchad libéré de cette torpeur et de
cette indignité dont il est victime.
PS. Il vient d'être créer
un journal de la diaspora tchadienne au Bénin du nom de "iyaltchad"
et que vous pouvez consulter sur le site:http://site.voila.fr/ladiaspora.
J'invite tout le monde à le visiter. Merci.
Oumar
Barkai, Cotonou / Bénin
20/12/2002
Koulamallah
n'est pas au bon endroit!
J'ai lu l'intégralité de l'article de Monsieur le
parlementaire. Sa modeste ou médiocre contribution ne peut laisser
la jeunesse tchadienne indifférente. Avant tout, je tiens à le féliciter
pour le courage et l'audace qu'il a eu à demander un débat avec la
jeunesse bien qu'il l' accuse de ne pouvoir élaborer un projet
sociétal digne de foi. Aussi, je tiens à lui tirer mon chapeau
pour la création d'un site pour promouvoir son parti même si ce
dernier est plus folklorique que visant à se préoccuper des problèmes
des jeunes. Car cette jeunesse serait plus fière et digne de voir
Mr Khoulamallah lui montrer les photos des écoles et hôpitaux délabrés
du Tchad que des images avec le Président Bongo même si tout le
monde sait la traduction de ce genre de rencontre qui souvent se
solde par une remise d'enveloppe destinée à la promotion de l'élégance
(achat d'une veste pour parcourir les rues de N'djamena jonchées de
jeunes laisser pour compte).
Sauf que Monsieur Khoulamallah n'est pas au bon
endroit. Le site ialtchad comparativement à beaucoup de sites
parlant des problèmes du pays est un site très enrichissant ou la
transparence, l'impartialité (même si elle n'est pas trop cultivée
aujourd'hui) sont de mise. Et si Abdraman a pris le temps de lire
tous les articles sur ialtchad.com, il se serait poser beaucoup de
questions afin de s'instruire davantage avant de lancer des propos
assez déplacés concernant les intervenants sur ce site qu'ils considèrent
prêts à se lancer à de " vulgaire combat de chiffonnier".
Qu'il essaie d'approcher Biaka, Félix, Malloumi, Haggar, Zain-al
Abine, Mandekor, Bruno pour qu'ils l'aident modestement à savoir ce
que c'est qu'un débat intellectuel et intelligent ou dans le
respect total, ces jeunes (ayant suivi ne fut-ce que le cursus
scolaire normal) ont et continuent d'échanger modestement ce qu'ils
ont appris à l'école et vécu tout au long de leur vie. Sinon il
suivra fièrement le chemin des autres opposants ou hommes
politiques tchadiens qui l'ont précèdes et pour qui faire un débat
ou la politique se résume à des communiqués de presse rédigés
de manière oiseuse ou les fautes grammaticales, d'orthographes,
fautes de syntaxe sont légion. Car il doit savoir que sur ce site,
les mauvais grains tombent d'eux-mêmes.
Par ailleurs, je voudrais revenir brièvement sur son
article pour lui rafraîchir la cervelle comme a essayer de faire Félix
sans rejeter en bloc tout le contenu de celui-ci.
En effet, Je suis parfaitement d'accord que la guerre
n'a jamais rien résolu mais à quoi servira une conférence à la
sud-africaine " vérité-réconciliation". La conférence
nationale n'était pas suffisante pour que les tchadiens puissent
discuter des problèmes réels qu'ils traversent. On sait à quoi
cela à servi. Au moment où on brûlait les armes en N'djamena, le
sud du pays étaient en flamme ou des villages et ses habitants ont
cessé d'exister sous l'œil nargueur des dirigeants et autres
opposants. C'est cela préférer, " La démocratie de Deby
que toute autre dictature" même si mon cher grand frère,
je me rappelle quand j'avais 12 ans (l'age fétiche de mon ami Wichemi)
tu étais un des principaux sensibilisateur de l'UNIR qui était une
dictature. A moins que la notion de dictature aurait changé de définition
entre 1982 et 1990. C'est bien dommage que la jeunesse pensait plus
à la révolution et à la révolte il y a 12 ans que de nos jours
ou les éléments révoltants deviennent de plus en plus patents. Le
fils de ceux que Félix a cité dans son article: "Téne Behidi,
Dadi, Toigoïmi, Miskine, Outel Bono, Dr Farris, Dr Mendekor, Dr
Ndem, Gueti , Koti Abas, Goukouni guet" qui avaient 12 ans ou
ont 12 ans aujourd'hui sont ils prêts à oublier les dictatures de
Tombalbaye, Hissein ou la démocratie de Deby. Le fils de Bisso Mamadou
qui a vu son père exécuté devant lui quand il venait de naître
et (qui a 12 ans aujourd'hui j'imagine) ne diabolisera pas davantage
Deby... S'il vous plait...
Ce que Mr Koulamallah doit savoir, c'est que l'avenir,
l'histoire, Allah sont les principaux juges. Les jeunes ont tout
compris du jeu auquel nos semblants de dirigeants, d'opposants se
lancent même si Koulamallah a eu le courage de se confesser dans le
passage de son écrit en soulignant: " s'il est vrai que nous
dirigeants de ce pays ....avons plus pratiqué la politique du
ventre...." et du folklore, du clientélisme, du détournement,
d'enrichissement illicite. Cette jeunesse qui s'évertue au débat
sur www.ialchad.com prendra la
relève. Sauf que vous tous qui avez " léchez les bottes"
(je m'excuse ce sont tes propres propos) et continue à le faire,
devriez leur concéder la place même provisoirement en repartant
vous recycler, ou étudier comme le fait modestement certains, car
la mondialisation de l'économie demande une nouvelle approche du débat
tant au niveau national qu'international. Et donc, le Tchad a plus
besoin des jeunes instruits et intègrent pour décoller.
L'avenir du Tchad est entre les mains des jeunes.
Alio
Barka
18/12/2002
Terrible
confession
Décidément, il y a encore des Tchadiens qui n’ont rien compris
ou peut être qu’ils ne veulent tout simplement rien comprendre.
J’ose même croire qu’ils se moquent éperdument du malheur que
nous vivons jusque-là. Car le lieu où certains se trouvent ne leur
permet pas sans doute de jauger sérieusement l’impact des mots
qu’ils utilisent pour parler de leur cher pays.
Mais tout cela ne m’écœure pas. Ce qui m’écœure
le plus, c’est le statu-quo dans lequel s’enferment ces frères.
C’est aussi la narration sans fin du régime de HH.
Durant 12 ans, ces messieurs et dames, comme
d’ailleurs toutes leurs presses et même leurs mômes de 12 ans à
l’époque, n’ont cessé une seconde de rafraîchir la mémoire
de nos compatriotes sur ce qui s’est passé au temps de HH. Pire,
ils en ont tellement rajouté que cela les ridiculise finalement.
Comme dit un proverbe bien de chez nous : « Tes
affaires met les dans une caisse et ferme-la à clef. Celles des
autres expose-les à la place du marché »
Aujourd’hui, certains, toute honte bue,
nous demandent de légitimer subitement le Président
Idriss Déby. Je ne peux m’empêcher de leur poser quelques
petites questions :
1.
Le Président Idriss Déby n’est donc pas légitime selon vous ?
2. Pour quelle raison doit-on le légitimer subitement ?
Pourquoi ne pas le faire en connaissance
de causes ? Se
baser sur son bilan par exemple.
3. En tant que « chantre de la démocratie
tchadienne », Idriss Déby ne devrait-il pas respecter la
constitution en se
limitant aux nombres de mandats autorisés ?
4. Vous
justifiez votre choix par le fait qu’il manque un homme à la
hauteur des problèmes
actuels de notre
pays. Nous avions bien relevé votre empressement de raviver en nous
le
sinistre Président
à vie HH. Dites-nous dans ce contexte démocratique précis, quel
est le
rapport avec HH ?
Idriss Déby et vous aviez échoué lamentablement sur tout le plan :
politique, économique, social et
militaire. Le Tchad est actuellement par terre. Ses filles et fils
s’exilent chaque jour. Vous aviez fait le vide autour de vous en
assassinant lâchement des hommes compétents et patriotes. Youssouf
Togoïmi est votre dernier crime politique en date.
Il n’est donc pas étonnant dans ce contexte que de
foyers de rébellion armée se soient développés
à travers tout le pays, acculant le régime clanique et mafieux de
N'djamena à une fuite en avant désespérée, tuant sauvagement de
paisibles citoyens sans défense sous prétexte de soutien à la Rébellion,
empoisonnant de puits rares en zone désertique, incendiant de
palmeraies et de villages, abattant d’animaux domestiques. Mais
les mouvements rebelles gagnent chaque jour du terrain et les jours
du régime Déby sont comptés.
Ainsi, l’éventualité que l’ancien Président tchadien Hissein
Habré puisse, dans l’ère post Déby, redevenir l’un des
acteurs de la scène politique au Tchad dans un contexte démocratique
nouveau, affole ces messieurs qui craignent sérieusement que leurs
ambitions personnelles soient compromises.
Aujourd’hui, Déby ne s’aventure plus des jours
durant à Abéché, Faya et ailleurs. Il s’est replié sur N’djaména.
Décidément le début de la fin a bien commencé pour vous.
Maximum
de respect comme disait un frère.
Mahamat
Abakar
Mahamat.abakar@caramail.com
16/12/2002
Abdraman
KOULAMALLAH
Président de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT)
Bonjour chers amis,
C’est avec beaucoup de
surprise que j’ai découvert votre site qui est plaisant et facile
à parcourir avec une
belle banque de données susceptible de nous aider tous.
Votre rubrique consacrée aux internautes qui donnent leur point de
vue sur le Tchad et peuplée de propos incendiaires et quelques fois
ne font pas avancer le débat politique et social. Internet doit être
un outil positif de communication pour la confrontation des idées.
La
jeunesse tchadienne est déçue à juste titre des hommes politiques
qu’elle accuse de corruption et de « lèche botte ».
Que propose t- elle car dans dix ans et peut être même avant ceux
qui critiquent et s’opposent seront ceux là même qui dirigeront
le pays ?
Alors
quelles sont leurs propositions d’avenir et non pas de déverser
dans l’éternel et
inutile débat des nordistes et des sudistes, des musulmans et chrétiens,
des partisans de différents chefs de guerre en exil ou militants de
partis politiques opposés qui
se déchirent dans des invectives négatives sans fondement
frisant les attaques personnelles.
Donnons
un autre sens à la politique et posons le véritable problème de
l’avenir de notre pays prisonnier encore de la vision tribaliste
du pouvoir. Notre démocratie encore balbutiante et qui doit se
battre tous les jours pour contrer les relents dictatoriaux de nos
dirigeants qui brandissent le Kalachnikov chaque fois que les
intellectuels, les cadres et les politiques brandissent eux leurs
convictions et leur vision d’un Tchad libre et démocratique !
S’il
est vrai que nous qui avons été des dirigeants de ce pays,
ministres, députés, chefs de partis politiques avons plus pratiqué
la politique du ventre que la joie de servir un peuple, le peuple
tchadien victime de la guerre et des injustices de toutes sortes, je
peux affirmer que la jeunesse actuelle se préoccupe également
d’un certain carriérisme que de s’affirmer dans une lutte véritablement
nationale.
Les
partis politiques, les forces politico-militaires que rejoignent
massivement ces jeunes
ne sont hélas que le reflet des ethnies et des tributs. Triste
constat qui fera bondir vos jeunes internautes mais c’est hélas
la triste réalité.
Sommes-nous
capables de refuser les logiques de guerre et de destruction ?
Quand je vois des jeunes tchadiens se lancer à corps perdus dans la
création d’opposition armées hétéroclites et vouées à la dégénérescence,
je suis perdu et profondément déçu qu’à l’heure d’Internet,
on utilise encore cet outil pour lancer des slogans de haine et de
destruction.
Je
reste convaincu que seul le dialogue peut apporter la paix !
Les armes n’ont jamais rien réglées, sinon en plus de trente ans
de conflit armé, s’il y avait une issue par ce moyen on s’en
serait déjà aperçu.
La
prolifération incroyable des mouvements politico-militaires plus
fantaisistes les uns que les autres est tout simplement lamentable.
Les luttes armées n’ont généré que la dictature, la
destruction et la consécration de l’ethnie comme moyen de
promotion sociale.
Je
milite pour la réconciliation des tchadiens en mettant en place une
commission comme en Afrique du Sud « vérité et réconciliation »
pour affirmer le passé et pour qu’il soit présent dans notre mémoire
collective et la réconciliation nationale qui suppose de pardonner
à tout le monde.
Ce n’est pas en cherchant à poursuivre Hissein Habré qu’on réglera
le problème du Tchad, il n’a pas été le premier dictateur au
Tchad avant lui Tombalbaye a aussi tué et massacré des milliers de
tchadiens et empêché pendant dix huit ans l’émergence d’une démocratie
au Tchad au contraire Tombalbaye a mis fin à l’expérience démocratique
des premières heures de l’Indépendance Nationale. Pourquoi notre
devoir de mémoire s’arrêterait t-elle seulement à Hissein Habré ?
Je ne suis pas d’accord !
Si
nous devons oublier, oublions tout. Si nous devons juger, jugeons
tout ! Voilà le courage en politique.
Aujourd’hui
je préfère la mauvaise démocratie de Idriss DEBY à
n’importe quelle bonne dictature passée ou à venir.
La
liberté au Tchad n’est pas un cadeau du MPS mais une conquête du
peuple tchadien !
Voilà
ma modeste contribution à un débat qui je l’espère sera ouvert
à la confrontation des idées et non à devenir un vulgaire combat
de chiffonnier
Abdraman
KOULAMALLAH
Président de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT)
Site
de l’UDT : www.maxpages.com/udt1tchad
udt_tchad@hotmail.com
12/12/2002
Et
si brusquement, on arrête de "diaboliser" Idriss Deby?
Comme dans un verset biblique, un beau soir d'avril
1989, des tchadiens qui
aiment leur pays et bien connus de la société civile s'étaient levés comme
une seule personne et auraient déclaré solennellement ceci: «la nuit
avance, le jour approche, dépouillons-nous des oeuvres des ténèbres et revêtons
les armes de la lumières». Parmi ce groupe d'individus figurait un certain Idriss
Deby, jeune
recru de l'armée, déjà Com-chef et décoré de tous les honneurs. En ces temps, nous vivions dans une dictature
implacable où « les œuvres des ténèbres » étaient symboli
sés par un seul homme, où les mots démocratie, multipartisme et liberté n'existaient
nulle part dans le vocabulaire des tchadiens. Un coup d'Etat manqué avait bien
eu lieu ce soir-là. Les mutins ont alors tranquillement pris les routes de la rébellion.
N'ont-ils pas payés de leur sang quand les F.A.N.T et leurs ouailles
s'étaient mis à leurs trousses avant de se rétracter un peu plus loin?.
En cette même année 1989, je venais à peine de fêter mes 12 ans.
Le mur de Berlin s'écroulera exactement le 09 novembre et emportera avec lui
toutes les dictatures du bloc communiste. Comme tous les adolescents tchadiens
de mon âge pris en tenaille dans un pays aux lendemains incertains où le
peuple ne chante que le culte de la personnalité, au contraire moi je rêvais de
révolte, de changement et de liberté. C'est pour vous dire combien le putsch raté
de Deby et ses acolytes, bien avant qu'ils ne reviennent prendre le pouvoir en décembre
90, était à mes yeux une vraie mini-révolution qui arriva à un point
nommé puisque le tiers-monde est partout en ébullition. Ce changement brusque
de cap d'une démagogie stagnante vers l'ouverture d'une mentalité démocratique
marqua l'histoire de notre pays. Je ne suis pas un supporter du gouvernement
actuel, je ne dis pas non plus que ce régime est blanc comme le linceul mais
comment nier abruptement 12 ans de gouvernance sans reconnaître, parler et débattre
des côtés positifs qu'accomplissent sur le terrain des compatriotes engagés
et fidèles aux règlements de notre démocratie encore balbutiante?.
Le Tchad n'est pas la Somalie, nous avons des institutions qui
fonctionnent, les gens vaquent quotidiennement à leurs occupations, la jeunesse
dit haut et fort ce qu'elle en pense et manifeste fortement ses revendications.
Seule ombre au tableau: la guerre fratricide qui ne finit jamais de nous démolir.
En 30 ans de conflit nous n'avons encore enregistré aucun martyr digne de ce
nom. Pourquoi alors «diaboliser» un président en place quand on
sait que sa relève dans l'état actuel des choses n'est même pas assurée. En prenant le pouvoir à
N'djamena, Idriss Deby avait fait face à
un scénario désolant c'est-à-dire que pour lui le spectacle de la victoire était plus
pénible à supporter que celui de la guerre. Une caisse de l'Etat
vide, des archives détruites, des biens de l'Etat pillés ou mis à sac et le
spectre des survivants de la D.D.S hante encore nos esprits. Mais le président
a compris dès les
premières heures de son entrée en fonction une chose... qu'une force dévient
mouvement dès qu'elle entre en transe et se développe dans sa durée.
Notre président est -il aussi un mauvais gestionnaire, un
irresponsable et
parfois sanguinaire comme nous le décrivent assez souvent ses détracteurs?. Je
pense que non. Au fil des ans, l'homme politique qu'est Idriss Deby s'est métamorphosé en un
véritable chef d'Etat au point de surprendre le plus habile
de ses adversaires. Ce n'est plus ce jeune militaire en treillis, la mine déconfite par les
affres du maquis et qui nous promettait en ce soir de décembre 1990
« ni or, ni argent mais la démocratie». Voulez-vous
me faire croire qu'en 12 ans de pouvoir(le deuxième en importance après celui
de feu Tombalbaye), cet homme n'a rien apporté à notre pays?. D'hommage mais il
est hypocrite de croire le contraire. Permettez-moi de m'en prendre vigoureusement contre nos hommes
politiques de l'opposition qui sont sur place au pays et qui brillent par leur
absence remarquable. C'est comme si on les entends à peine s'exprimer alors
qu'ils ont le droit. L'être humain(symbolisé ici par l'opposition) a du mal à accepter et en découdre
pacifiquement avec la réalité(représenté ici par le pouvoir) et l'art de la
politique de la chaise vide en est la meilleure solution. L'opposition fait l'apanage d'un manque de réalisme
dépravant. Idriss
Deby était dès le départ muni d'un désir de changement et pour y parvenir, il
lui a fallu surmonter bien des obstacles, dans un contexte politique différent.
Qu'attendent-ils pour descendre vraiment dans l'arène du jeu et nous
faire apporter un autre changement digne d'une autre époque?.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y'a un chemin à parcourir et il
faut le parcourir mais il n'y a pas de voyageurs. Des actes sont accomplis mais
il n'y a pas d'acteurs. Il faut cependant penser peut-être à une logique de
laisser-aller inventée par Idriss Deby vis-à-vis de ses opposants qui
permettrait de maintenir en place les incompétents, les inutiles et les
nuisibles. Si c'est le cas, il revient au peuple de comprendre l'imposture afin d'élire la
bonne opposition à la bonne place. C'est pourquoi je parie sur la puissance de
l'idéal démocratique. Le Tchad est un pays certes, recalé, mais apte aux
nouveaux changements. Il changera, pour cela donnons la priorité à l'union et à la réconciliation.
Pour terminer, je voudrais rajouter que longtemps Hisseine Habré était persuadé que sa seule autorité doit l'emporter sur toute autre
considération puisqu'il était le Chef (se prenait-il pour un président à vie?.)
allant jusqu'à refuser de voir les dangers qui le guettaient dans
l'entourage de son Com-chef de l'époque(qui n'est autre que l'actuel président). Il adopta d'emblée l'attitude d'un dictateur gâté sans s'aviser
que ses ennemis aux aguets ne manqueront pas d'exploiter les fautes qu'il
commettra. Idriss Deby se prêtera t-il au même jeu?, lui qui n'a jusqu'à là
fait rien que le contraire de ce qu'avait accompli son tristement célèbre prédécesseur.
Le peuple est un observateur averti. À chacun son point de vue. À bon
internaute, salut!.
Mahamat
A. Moussa Wichemi
mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal (Canada).
18/11/2002
Réaction à Mbaïrounga
Lucien
J'ai lu avec une attention particulière les critiques
rationnelles et raisonnables de mon cher compatriote Mbaïrounga.
Objectivement, je pense que ces critiques sont fondées et m'ont obligé
à faire des retouches dans mon article. Je le remercie sincèrement
pour tout cela.
Mais mon intuition fondamentale reste la même. Celle de
montrer que nous devons aller plus loin qu'une simple justice rétributive,
celle qui consiste à réparer les torts bien que, dans le cas de Habré,
cette réparation est capitale. Mon souci est donc de montrer les éléments
suivants:
D'abord inviter les gens à relire les causes historiques des actes
barbares de Habré et de tous ceux qui nous ont dirigés. Les
frustrations, les humiliations, les injustices dont étaient victimes
nos compatriotes du nord pendant le règne de Tombalmbaye sont
historiquement vraies. Mais il ne faut pas oublier que ceux du sud aussi
avaient payé un lourd tribut pendant ce règne. Je n'avais pas fait
ressortir clairement cet aspect. De ce fait, je remercie sincèrement
Mbaïrounga pour son complément qui apporte des éléments historiques
fondés.
Ensuite bien situer le débat et bien montrer la direction
que nous devons prendre par rapport à cette question de justice si nous
voulons qu'elle nous soit effectivement utile. En lisant les articles,
les journaux et autres, je me suis rendu compte que les gens s'arrêtaient
simplement à la question de réparation que Habré, en tant
qu'individu, doit effectuer. Je répète avec force, que les actes
inhumains qu'il avait posés, il les avait posés en tant qu'individu et
en tant que Chef de l'Etat. C'est un élément qui me paraît capital.
Il ne faut pas oublier cela dans le processus judiciaire. Ce n'est pas
pour le laver de tout ce qu'il avait fait. Bien sûr, il a son tempérament,
son caractère, mais s'il devait être condamné, il faut qu'il le soit
en tant qu'individu et en tant qu'Etat. Le contexte historique que j'ai
montré aide à comprendre les raisons qui avaient motivé ses actes.
Ceci étant, il faut souligner avec force que les nouveaux
paradigmes sont nés aujourd'hui. L'information, le marché et la
civilisation sont les paradigmes les plus représentatifs. Mais je
voulais évoquer le dernier pour le cas de notre pays quitte à revenir
sur les autres prochainement. J'évoque particulièrement ce paradigme
pour deux raisons principales. D'abord parce que nous sommes dans un
monde qui admet radicalement le pluralisme dont l'élément clé demeure
la tolérance. Ensuite parce que la question de l'identité est devenue
une préoccupation majeure de notre siècle débutant. Nous savons que
l'approche civilisationnelle met fortement l'accent sur les liens
culturels, personnels et historiques qui unissent les peuples et les
groupes ethniques.
Huntington, grand philosophe politique américain, dit ceci
à la page 18 de son ouvrage Le choc des Civilisations:
"Nous éviterons une guerre généralisée entre civilisations si,
dans le monde entier, les chefs politiques admettent que la politique
globale est devenue multicivilisationnelle et coopèrent à préserver
cet état de fait" Beaucoup pensent que les conflits entre les
nations, entre les ethnies sont d'ordre économiques et politiques. Cela
n'est pas toujours vrai. Les gens utilisent la politique et l'économie
non seulement pour faire prévaloir leur intérêt, mais pour définir
leur identité. Jacques Delors l'a bien montré lorsqu'il dit que les
conflits à venir seront provoqués par des facteurs culturels plutôt
qu'économiques ou idéologiques. La Côte d'Ivoire avec le phénomène
de l'ivoirité offre un meilleur exemple. Cependant il convient de
prendre le paradigme civilisationnel en compte tout en menant une guerre
lucide et implacable contre les replis identitaires dont les conséquences
sociales sont tout aussi amères.
En Afrique, nous négligeons souvent ce facteur si capital:
la reconnaissance politique de l'identité des groupes. Cela est
dangereux pour un pays parce que les peuples qui se sentent exclus par
un pouvoir n'hésitent pas à prendre des moyens violents pour
revendiquer leur identité et leur réintégration sociale. Ce faisant,
ils mettent en danger la concorde nationale.
Je crois profondément que nous souffrons de cette question
identitaire chez nous. Les massacres que nous avons connus dans presque
toutes la parties de notre pays n'étaient pas très loin des génocides.
Mais une lecture historique basée sur le paradigme civilisationnel
montre bien que l'exclusion sociale, la non reconnaissance politique
sont pour beaucoup dans tous ces conflits. Voilà pourquoi il faut
travailler chez nous à l'acceptation intégrale et effective de la tolérance
dans un processus d'intégration rationnelle et raisonnable de tous les
peuples qui constituent notre pays. Nous ne pouvons le faire que si nous
prenons au sérieux tout ce que nous avons vécu pour les éviter à
l'avenir. Et si nous prenons notre histoire au sérieux, nous pouvons
constituer une société fondée sur une justice politique rationnelle
et raisonnable où l'exclusion sociale et politique seront combattues
par des moyens politiques justes.
Bruno MBAIHORNOM
17/10/2002
Réaction : appel à l'initiative
Salut ialtchad,
Bonjour Kelly Saleh Abderahim, ne trouves -tu pas que c'est trop tôt de
t'attribuer le titre de politologue ? Je lis rarement la rubrique Forum.
Mais le titre et la première phrase("... une initiative spéciale
régionale interethnique du pays ") de ton article m'ont incité à
lire intégralement. Malheureusement j'étais déçu et ne trouvais
nulle part les explications ou les propositions sur ton initiative
interethnique régionale. J'attends impatiemment un développement
"plus cohérent et plus réaliste" comme tu le dis, de cette
initiative spéciale.
Merci quand même. A bientôt
Malloum
SOULTAN
GEMPPM INSA DE LYON
Bât 303 Saint Exupéry 3 étage 69 629 Villeurbanne cedex
tel.: 04 72 43 89 90 cel.: 06 65 14 57 12
mél.: Soultan.Malloum@insa-lyon.fr
malloum_soultan@yahoo.fr
http://www.insa-lyon.fr/Laboratoires/GEMPPM/endo/pe.html
16/10/2002
Quand
la démocratie ouvrira-t-elle sa porte au Tchad?
Ou bien la démocratie actuelle n’est qu’une photocopie?
Je
veux adresser aux frères tchadiens
porteurs des armes, aux hommes politiques et à tous les hommes de bonne
volonté un message de paix.
Je rappelle aussi de ce message, mes intentions ravies à
nous l’attente et l’espérance de la paix universelle qui nous est
promise par certains hommes et à laquelle nous sommes invites à
contribuer intellectuellement, moralement de tous nos moyens.
Ce message fait à tous les fils du Tchad, je souhaite
qu’il soit reçue du plus grand nombre. En parlant de la paix,
j’avais aussi conscience de répondre à l’aspiration la plus
profonde et la plus vraie du Cœur des hommes et des femmes de notre
pays pourvu que cette aspiration ne soit pas pervertie par le goût du
pouvoir et de la domination que procurent la violence des armes ou la
corruption de l’argent.
Plus souvent la paix au Tchad est menacée par la peur et
la complicité de certains hommes politiques qui se disent les leaders
de leurs partis.
Puis-je parler raisonnablement de paix alors que notre pays
abrite des foyers de guerre et de violence injuste à l’égard des
populations? Cette violence est telle qu’elle a rendu nécessaires des
interventions étrangères, selon un droit d’ingérence approuvé par
les Nations Unies.
Puis-je parler de paix et à la réconciliation alors que
je constate chez nous qu’une grande partie de la population de nos
villes et de nos campagnes vit dans la peur? Il s’agit d'abord de
cette 3 peur radicale qui fait craindre pour la vie, cette peur qui naît
toutes les fois que des armes sont dans la main des hommes qui ignorent
le droit des autres ou s’en moquent pour se livrer au vol et à
l’assassinat. Des populations sont ainsi mises en conditions.
Je veux aussi parler de cette peur du lendemain qui apparaît
actuellement dans toutes les familles sans salaire. Cette déplorable
situation qui dure détruit la paix sociale et l’équilibre de la société.
Elle conduit à légitimer la complicité et la corruption comme moyen
indispensable de survie, absorbée par la préoccupation de cette survie
quotidienne, beaucoup perdent l’honnêteté professionnelle et
contribuent ainsi à la chute de l’économie et à la démoralisation
du pays.
J’ignore
pas les difficultés de la démocratie du pays. Beaucoup d’exemples
dans notre continent d’aujourd’hui nous montrent que les peuples qui
ont opté pour les conférences nationales, ne vivent pas immédiatement
des jours paisibles. Ou ne passe pas du jour au lendemain
du jeu du parti au pouvoir qui donne tous les droits à ceux qui
le dirigent, puisqu’ils font le droit, au jeu de la démocratie.
Celle-ci
est en effet basée sur la séparation des pouvoirs. Comme telle elle
garantie la liberté des citoyens, notamment la liberté de la presse et
le libre recours à la justice. C’est donc à un changement convié.
La condition la plus importante nous parait bien être le renoncement au
recours à la violence. Or nous devons reconnaître que jusqu’a nos
jours la violence n’a pas quitté notre pays.
Kelley Ali Abderahim (Moscou)
15/10/2002
Appel à L’initiative
J’ai
le grand plaisir de lancer un appel aux peuples tchadiens, une
initiative spéciale du système régionale
interethniques du pays.
Cette initiative
est tout d’abord
un appel aux
leaders des différentes
parties politiques et aux
politico-millitaires y compris du régime en place en
exercice pour qu’il se joignent à un effort qui va bénéficier
à des millions de tchadiens vivants à l’intérieur
qu’a l’extérieur du pays.
En tant que politologue sur des
études stratégiques et
politiques de défense, je me réjouis de
voir les responsables des différents partis politiques de toutes les régions
du pays de répondre à un
souhait de promouvoir une approche plus cohérente et plus réaliste de
besoins et priorités
de notre cher pays. Chaque
parti jouera
un rôle clé de son coté,
d’être saint et honnête pour ses
engagements politiques. Je considère cette initiative comme une étape
importante dans l’effort continu
pour renforcer la collaboration entre les opposants politiques en
exile, pour la réconciliation en main ouverte et le dialogue les plus
vite possible. Une réconciliation pour but qui donnera un image de
paix, au développement et l’intégrité territoriale de notre pays.
Je voudrais
exprimé mes remerciements
au président de la république
Idriss Deby et à l’ex-président général
Félix Malloum Ngakoutou
Bey-Ndi, pour leur
engagement du Devoir
et pour le rôle crucial que leur accord de paix jouera un rôle
très important dans l’histoire
politique du Tchad et dans
la mise en œuvre de cette initiative.
Je
voudrais également remercier un
personnage très important,
le premier vice président du MDJT Adoum Maurice Hel-Bongo
pour son appel à la réconciliation signé le 25 Septembre
dernier à Genève après la mort tragique de
son président Mr Youssouf Togoimi survenue le 24 Septembre 2002
à Tripoli dans la capitale libyenne suite d’une hémorragie cérébrale
qui a coûté sa vie, que le Tout Puissant comble l’âme du défunt
repose en paix.
Je tiens aussi à féliciter l’administrateur du programme de Nations
unies pour le développement, la Banque mondiale,
et le
secrétaire exécutif
de la commission
économique pour le développement
au Tchad, pour leur
gestion du projet de
l’exploitation de l’or noir tchadien qui a été décisive dans la
mise au point de cette initiative.
Il s’agit pour l’ensemble de la communauté internationale de
montrer son
attachement au développement et la sécurité d’un pays qui
reste pour nous tous, une préoccupation
constante. Mais
cette initiative est aussi un message destiné à tous les tchadiens et
à toutes les tchadiennes de l’intérieur qu’a l’extérieur du
pays, car nous voulons,
aujourd’hui, dire solennellement à notre pays le Tchad, qu’il
n’est pas abandonné, que le monde entier
a le regard tourné vers lui.
Depuis quelques années, le Tchad, en dépit de ses différentes
difficultés, a engagé un courageux combat pour la paix pas seulement
au Tchad par exemple, sa participation avec la casque bleu de l’ONU au
Rwanda, au Congo Brazzaville etc…, pour le développement, la démocratie
et pour le respect des droits de l’homme.
Plus que jamais, je crois en la capacité d’action des tchadiens et
des tchadiennes, en leur sagesse et en persévérance, leurs efforts
doivent bénéficier de plus large soutien.
Ce
n’est pas
à la générosité de la communauté internationale
que j’en appelle, mais à la conscience. Conscience des enjeux
internationaux, de
l’interdépendance des intérêts de notre pays, conscience que le
Tchad sera un jour pour le monde entier un
facteur de paix et prospérité
s’il reçoit, enfin ce qui lui est dû.
Il est urgent que les Nation unies et la communauté internationale
toute entière se tiennent aux cotés du Tchad, des dirigeants, de ses
peuples. Le Tchad a d’abord besoin de trouver la paix. Plus que
jamais, la diplomatie préventive doit être mise au service du pays. Mais
il faut aussi permettre au pays ravage par la guerre de retrouver des
conditions de vie normales.
Le développement est évidement indissociable de la paix. Depuis que
j’ai été en première année en science-po, en cours depuis le 1er
Septembre 2002, ,j’attache une importance toute particulière
à l’action que doit mener
le président Idriss Deby
au service du développement
au Tchad. Cette
région déconcerte souvent le
monde, car elle donne sans cesse à la communauté internationale des
raisons d’osciller entre espoir et découragement de ses troubles
rationnelles et révolutionnaires.
Parmi les facteurs qui entravent
le développement,
on peut citer l’insuffisance
des infrastructures, la faiblesse des institution, la
mauvaise utilisation des
ressources humaines, une grande vulnérabilité à l’égard des
catastrophes naturelles et climatiques et l’impact des fluctuations
défavorables des termes de l’échange. Il faut aussi ajouter
le poids de la dette extérieur, une croissance démographique non maîtrisée
et la dégradation de l’environnement. Le développement du Tchad est
aussi fortement compromis par l’instabilité politique. Certes, le
Tchad continu a progresser sur la voie de la démocratie. La paix est
revenue partout dans le monde. Par exemple au Mozambique, Rwanda et en
Angola;la situation permet d’entrevoir enfin de vrais espoirs de réconciliation.
Mais la Tchad est encore, trop souvent, le terrain d’affrontement
ethniques et des conflits civiles qui s’ajoutent à la misère économique
et au sous-développement. Certains pays continuent de nous offrir le
spectacle affligeant de peuples qui s’entre déchirent pour de rien.
En diverses régions, des tensions risquent, a tout moment, si nous
prenons garde, de dégénérer en combats sanglants. Or, nous savons
tous que cette instabilité est un obstacle majeur au développement. Le
développement social dépend, avant tout, de la volonté politique de
l’Etat. L’Etat, c’est d’abord une administration saine, dévouée,
instruite, soucieuse du service public et de l’intérêt général,
attentive aux besoins
sociaux des citoyens et des citoyennes. Nous sommes tous conscients que
cette administration doit être créée de toutes pièces dans de
nombreux régions du Tchad.
Mais rien ne sera possible si les tchadiens et tchadiennes ne prennent
pas en main leur destin. Je
crois profondément en leur capacité de travail, d’action,
d'initiative, d’imagination. Je sais aussi le sens aigu qu’ils
peuvent avoir de la solidarité sans laquelle ne saurait se concevoir de
véritable développement économique et social.
Kelley-Saleh
Ali Abderahim,
Étudiant en 2e année en science-po
à l’université de l’amitié des peuples de Moscou, Russie.
Tel:
(7095) 432 74 98
Portable:
7903 736 7454
E-mail:
kelleyali@yandex.ru
ou kelleyali@hotmail.com
07/10/2002
Dictature,
démocratie et terrorisme en ... Afrique.
Le Mahatma(la Grande âme en langue hindoue) Gandhi
connu dans le monde entier pour sa sagesse et la lutte non violente déclara
un jour, je le cite: «Quand je suis au désespoir, je me rappelle que
tout au long de l'histoire, les voies de la vérité et de l'amour ont
toujours triomphé. Il y'a eu des tyrans et des meurtriers et, pendant
quelques temps, ils peuvent sembler invincibles, mais ils finissent
toujours par tomber. Penser à cela. Toujours».
D'après moi, mis à part Hirochima, Nagasaki et la chute
du mur de Berlin, les attentats du 11/09/01 sont l'un des évènements
majeurs qui marquera à jamais notre siècle. Cette nouvelle forme de
terreur devrait inciter certains pays dits de tradition démocratique
tels que la France, les États-Unis et le Canada à prendre conscience
de la situation pour venir en aide à l'Afrique, exactement comme ils
avaient prévu dans leur agenda commun lors du dernier sommet du G8 à
Kananaskis(Canada).
En effet, l'Afrique regorge encore de dictateurs qui, au
nom de la «démocratie camouflée» et du «multipartisme éthnisé»,
tuent, affament et exilent leurs populations sans répit tout en s'éternisant
au pouvoir. Le plus grave dans cette histoire c'est que des groupes
terroristes mal intentionnés plus riches que certaines multinationales
et capables de faire fondre en quelques minutes des grattes-ciels de
Manhattan pourraient bien profiter de la fragilité de nos régimes
corrompus en utilisant leurs pays comme des bases arrières d'attaques
et d'entraînements. Rappelez-vous les Talibans et leurs mœurs
barbares. Le monde civilisé a fermé les yeux et les avait laissé
faire jusqu'à ce que tout explose. Si aujourd'hui le pays de Hamid
Karzay aspire à un retour probable de la démocratie, c'est bien grâce
à cette coalition anti-terroriste mise en place après les attaques du
11/09/01.
À mon humble avis, cette coalition doit faire de même
pour une normalisation de la situation déjà critique en Afrique. Car
c'est en instaurant des bases solides de vraie démocratie, de justice
et de transparence que notre cher continent devrait espérer sortir un
jour de son marasme. Certains de me compatriotes tchadiens me
reprocheront peut-être en disant que la démocratie occidentale connaîtrait
elle aussi une crise bénigne et ne correspondrait pas aux aspirations
du Tiers-monde. Mais n'a t-elle pas fait ses preuves?. Bien sûr, les
africains sont appelés à déployer des efforts eux-mêmes et faire des
sacrifices énormes pour «bouger les choses». Mais que peuvent-ils
faire face à des dictateurs corrompus, méchants, lourdement armés et
qui n'hésiteraient pas une seconde à tirer sur une foule de
manifestants pacifiques et sans défense?. Un changement s'impose dés
à présent pour qu'à l'avenir aucun pays d'Afrique ne tombe sous les
griffes des dictateurs et des réseaux ...terroristes.
J'aimerais conclure ma missive par un appel pressant à
l'endroit de ces trois pays qui sont le Canada, les États-Unis et la
France: s'ils vous plait, venez-nous en aide le plus tôt possible et
avant qu'il ne soit trop tard afin que l'Afrique soit enfin débarrassée
de ses dictateurs et pour toujours. C'est bon pour votre sécurité.
C'est bon pour vos intérêts. Ghandi ne s'était pas trompé, ses
propos prémonitoires resteront à jamais gravés dans nos fraîches mémoires.
Mahamat
Ahmed Moussa WICHEMI
mahamat.ahmed.moussa@caramail.com
Montréal (Canada)
01/10/2002
Tchadiens du monde entier
unissez vous contre l'ethnocentrisme...
Le
tribalisme (tendance à tout juger à partir de sa tribut) est un mal
qui ronge l'Afrique. Tel une gangrène, il engendre des maux tels le népotisme,
le fanatisme, la corruption et bien pire encore l'ethnocentrisme.
En effet, cette tendance à vouloir tout juger à partir de son ethnie
remonte à une époque où la nécessité de se protéger contre les
razzias, les guerres tribales et biens de conflits poussaient les
tributs à se blinder par certains isolats.
Cependant, malgré les indépendances qui ont faits de nos anciens
tributs des États, l'ethnocentrisme résiste encore et sévit
activement chez les jeunes.
C'est ainsi que j'ai noté ici au Cameroun avec mes Amis
Tchadiens qu'ils se considéraient selon qu'ils soient du Nord Musulman
ou du Sud Chrétien ou encore selon la tribut. Au delà de la solidarité
qui semble les unir, je constate qu'elle est fragilisée par ces considération
qui ma foi va contre l'objectif du peuple tchadien qui s'exprime par
cette belle devise: "unité travail progrès"... Que peut-on
faire sans unité? Le peuple a t'il encore besoin d'une énième
division?.
Prenons l'exemple des occidentaux(qui nous ont divisés) en matière
d'unité. L'union Européenne, L'Euro, Le SHUGUN!
Considérons le USA... Il est temps d'oublier nos différences tribales,
religieuses, pour être tout simplement tchadiens...
Pas de nordiste pas de sudiste juste tchadien.
Tagne Éric Roger
Yaoundé / Cameroun
24/09/2002
Se souvenir du passé
n'est pas synonyme de pleurnicher
Je ne connais pas personnellement les deux compatriotes
kaar Kas Soon et Siddimi Djiddi Ali Sougoudi mais j'aimerais particulièrement
répondre à la réaction du dernier qui est, à mon avis étouffé de méprise
et d'insulte à la mémoire des tchadiens disparus en septembre 1984.
Mr Siddimi Djiddi Ali Sougoudi semble dire que ce qui s'est passé en
septembre 1984 est un retour de l'ascenseur mais qui serait
disproportionné. Est-il normal ou censé de cautionner des tueries des
personnes innocentes sous prétexte qu'un des leurs ait commis des actes
odieux auparavant? Combien de personnes civilisées peuvent tolérer que
des communautés paient les égarements d'un individu ou d'un groupe
d'individus, fussent-ils de leur ethnie ou de leur groupe social? La loi
de talion est invalide dans cette nouvelle ère de droits de l'Homme.
Maurice Papon est en train d'être jugé et incarcéré en France pour
sa complicité à la déportation des juifs lors de la deuxième
guerre mondiale.
Les États-Unis viennent d'organiser le premier anniversaire commémoratif
des attentats du 11 Septembre 2001. Est-ce synonyme que le peuple
français et le peuple américain sont pour autant des peuples
pleurnichards inconsolables? Non, je ne crois pas. Seules les espèces
sauvages font table rase du passé car n'ayant pas de mémoire pour
retenir les faits, ils agissent comme des êtres qui viennent de naître.
Mais, nous êtres humains, nous avons cet avantage d'avoir une mémoire
qui nous permet de mémoriser les faits passés de sorte que nous soyons
moins exposés aux mêmes erreurs dans le futur. « Premier gaou n'est
pas gaou mais deuxième gaou est Yanta » disait un chanteur africain.
Mr kaar Kas Soon a fait des propositions par rapport à un évènement
particulier qu'il a vécu. Il est un témoin oculaire de l'événement.
Si Mr Siddimi Djiddi Ali Sougoudi a des propositions à faire par
rapport à des évènements douloureux ou heureux qui ont eu lieu au
Tchad, peu importe le régime au pouvoir, qu'il nous le fasse. Voila une
démarche constructive dont les ialtchadiens ont besoin pour aller de
l'avant.
Considérer les évènements du septembre 84 comme un non-évènement
ou quelque chose d'ordinaire est une insulte à la mémoire des victimes
de cette triste période et à tous ceux qui ont perdu des leurs ou qui
en gardent des chocs corporels, moraux et psychologiques. Et cela ne
constitue aucunement un encouragement au travail comme semble indiquer
Mr Siddimi Djiddi Ali Sougoudi .
Une fois de plus, mes félicitations aux initiateurs de ialtchad pour
l'opportunité qu'ils nous offrent d'échanger les idées.
T.Symphorien Ndang
tabosymph@yahoo.fr
23/09/2002
Regardons plus loin!
Pour quelques compatriotes, les tragédies qui secouent
notre chère patrie avaient vu le jour avec les fameux événements de
"Septembre Noir" de 1984 ( article de Kaar Kaas sonn). Hélas
quelle obtuosité d'esprit et quel désir infâme de tirer la couverture
vers soi!
Le Tchad est entré dans le tourbillon des exactions
lorsque le premier Président François Tombalbaye l'a plongé dans le
sous-bois du parti unique avec pour corollaires des actes ignominieux
comme celui de l'incendie de la palmeraie de Bardai à coup de Napalm,
la bataille de Maya-Wini dans l'Ennedi et le triste rituel d'ablation de
seins à Fada par le tristement célèbre Commandant Allafi(dans les années
70) etc... Ceux qui écrivent trop ou parlent facilement ne sont pas les
plus véridiques. Il n'est pas facile également de décaper l'histoire
du Tchad en jetant la vilenie sur un seul événement parmi des
milliers.
L'entrée de Toubous ( appelés Goranes par d'autres) dans
la danse animée par le fameux F.R.O.L.I.N.A.T est consécutive à la
terreur brandie par les dirigeants post-coloniaux aux ressortissants du
septentrion tchadien. Ainsi le "Septembre Noir" de Kaar Kaas
Sonn est le probable retour de l'ascenseur. Peut-être ce retour a été
disproportionné par rapport à l'aller.
Mais quand il est question de trouver un jour commémoratif
pour cette seule triste époque, alors mille autres journées de deuil
national germeront sur nos calendriers. Les pleurs prendront, alors, les
pas sur les labeurs et nous serons invariablement un peuple de
pleurnichards inconsolables. Et là je ne suis pas partant comme le veut
mon compatriote Kaar Kaas Sonn qui,
paradoxalement, troque sa voix suave de rappeur en herbe avec celle
lugubre de pleureur d'ères surannées.
Sidimi Djiddi Ali Sougoudi
sidimi@caramail.com
12/09/2002
15 septembre 1984 au Tchad
Bonjour,
J'aimerais bien savoir quand est-ce qu'il y aura une journée commémorative
du 15 septembre au Tchad? En effet, j'avais 11 ans quand, ce 15
septembre 1984, une opération d'épuration ethnique avait eu lieu au
sud du Tchad. J'étais à Laï. Et tous ces milliers de morts? De morts
innocents! Toute cette souffrance? D'avoir vécu à 11 ans ce genre de
choc me peine terriblement, jusqu'aux plus profondes racines de mon âme.
On a connu les victimes. Connaîtra-t-on un jour leur génocideurs?
Doit-on pour autant faire une croix sur ce massacre? Je me
pose sans cesse ces questions en sachant qu'un pardon biaisé
n'arrangera pas les choses. Que ceux qui ont commandité ou orchestrés
ce génocides soient punis un jour et l'abcès sera crevé. Les cœurs
seront libérés.
Je souhaiterais bien que chaque 15 septembre soit une journée
nationale de réflexion et de commémoration. Cela pourra avoir
l'avantage de nous faire prendre conscience sur nos agissements. Cela
aura aussi l'avantage de nous empêcher de reprendre les mêmes bêtises.
Car toute la génération de la guerre au Tchad n'en sortira pas et aura
tendance à vouloir refaire la même chose. Ce genre de remake ne
grandit pas un peuple.
Kaar Kaas Sonn
16/08/2002
Aux
ialtchad
Je
viens associer ma voix à celle de la jeunesse tchadienne, qui
aujourd'hui éparpillée de par le monde, se cherche dans la vallée érodée
par la crue des événements qui ont compromis et compromettent toujours
l’effort de construire notre pays le Tchad.
Notre génération a le malheur d’avoir aux lèvres un biberon
au lait tourné alors que nos vallées et plaines promettent un pâturage
saint et une exubérance de vies.
Après tant d’années de querelles infécondes et de
gaspillage de vies, émerge une jeunesse qui dévie de la trajectoire de
cette tendance. Une jeunesse qui a compris qu’on a pas besoin des
tendons de fer et des ailes magiques pour marcher et transcender les
saletés héritées.
Que
ces savanes herbeuses, ces forêts claires, ces oasis essentiels a qui
nous avions confié nos rêves et aspirations s’additionnent pour
afficher sur l’écran du monde, notre passion: construire un Tchad
nouveau! Nous sommes une
jeunesse seule, désarmée, rachetée au rivage d’une conscience
nationale dominée par l’ignorance, la peur et le désir incessant de
régler les comptes. Que cette passion d’ériger sur la cendre des
insuffisances
le havre
de paix se matérialise en nous et par nous. Oui, l’heure est la
cueillette! La cueillette de la géographie et de l’ histoire de notre
pays –malgré les épines, les serpents, les scorpions, les sécheresses,
les famines –malgré les tempêtes de poussière –malgré les
stigmates des prisons –malgré le froid, la chaleur et les
humiliations de l’exil – ll nous faut construire le Tchad! Afin que
nos enfants se servent des fruits que nous aurions cueillis ainsi au
terme d’une longue
marche
–
marche
génératrice d’une éclatante victoire –victoire arrachée pour le
compte de tout le monde.
Nanga
Kaye Mady
Lincoln
–
USA
nangakayem@hotmail.com
11/082002
Réaction:Existe-t-il
une armée au Tchad?
Salutations mes frères et sœurs de IALTCHAD, comme
"l'opinion est l'intermédiaire entre la connaissance et
l'ignorance"(Platon), je m'en vais dire tout simplement que dans le
cas du Tchad on ne peut pas s'en passer ou bien de remarquer qu'il y a
des analphabètes dans le système de gestion national, pas seulement
dans l'armée.
Mais, ceux gens là, la plus part d'entre eux ont mérité leur position
actuelle et avaient fait preuve de bravoure quelque part dans nos
multiples conflits, donc je précise que personne ne peut juger
simplement le "Bakhit ou bien le Wardougou'' qu'a mentionné Abakar
comme étant des gens qui ne méritent pas de vivre au sein de l'armée.
Bien sûr que tout le monde a appris cette devinette lancée sur les
ondes de la radio Africa N°1, mais je suis étonné que tu as l'envie
de vomir!! C'est la réalité, et tu devais affronter la réalité pour
en réfléchir, néanmoins tu as oublié qui est cette armée,
d'ailleurs tu l'a mentionné, "très forte" mais mal organisée,
si vraiment ma mémoire est fraîche, depuis que cette armée est née,
elle n'a jamais eu une période de paix afin de s'instaurer et d'être
moderne à l'instar de celles des autres pays, ce qui est normale et
juste pour justifier qu'il y a pas eu le temps de recruter des
intellectuels.
Et l'idée qui est grave!! et que tout Tchadien voit
"l'armée'' comme le dernier métier, mais c'est faut! il y a tout
dans l'armée, la médecine, l'informatique, la télécommunication et
j'en passe...! Donc ce refus de ces intellectuels a laissé ce vide à
ce bakhit ou ce wardougou,(comme tu le disais), donc il n'y a pas
le choix. Et si vraiment tu la traite de ne pas être nationale, la
je te rafraîchi la mémoire, lorsque la Libye a voulu
engloutir le Tchad, je crois qu'elle a fait preuve de nationalisme et je
n'ai pas vu un cas pareil depuis presque 14 ans. Je reconnais qu'elle
n'est pas organisée mais je pense qu'elle a un caractère national et
si un de nos voisin s'aventure à envahir le sol Tchadien, il récoltera
des fruits amères.
En revenant sur le terme"discrimination" au sein
de la dite armée, je n'en disconviens pas, mais je te rappelle
qu'au Tchad et plus précisément dans l'armée, le mérite est clair!!
Si tu es la où tout fonctionne mal et que tu as participé à instaurer
la paix au moins quelque part dans le 1.284.000 km, tu peux en avoir des
avantages du métier! donc je vois bien que discrimination et avantage
différent!
A cet effet, je suis sûr qu'il y a des oublis et des failles, et nul
n'est parfait, donc ne dis pas que Mr Djimadoum n'a jamais eu
d'avancement!! ça m'étonne, parce que l'appareil administrative de
l'armée est dirigé à 90% par ton soit disant Djimadoum! Il faut ôter
de vos idées que nos frères du sud ne sont pas bien récompenser dans
cette institution, ils sont présents et font preuve de maturité. Si
par un simple hasard qu'un certain "djimadoum intellectuel"
n'a pas eu un poste ne donne pas l'impression que les milliers de "bakhit
et wardougou'" qui ont perdu des familles entières et leur vie ne
soient oubliés, parce qu'eux aussi ils en ont vu des cas pareils( cas
d'oubli ou bien de malchance).Tout simplement je m'en vais dire que mes
lignes ici veulent dire "ne faisons pas la ségrégation dans nos débats"
et faisons preuve d'optimisme, parce que"un pessimiste voit la
difficulté dans chaque opportunité, mais un optimiste voit
l'opportunité dans chaque difficulté "(Churchill). Ainsi
regardons l'avenir d'une vision optimiste, et à mon frère Abakar
abdraman, je dirai que tout problème est précaire mais la solution
nous confronte à un autre donc, dans le cas de notre armée on aura un
temps pour la reformer à l'image des grandes armées des autres pays développés.
Parce que le conflit qui a duré depuis 30 ans a laissé des séquelles
indélébiles et qui ont affecté le système éducatif, à cet effet
"Bakhit et wardougou" n'avaient pas eu la chance d'aller à l'école,
mais je te promet que les prochains "bakhit et wardougou"
feront preuve d'intellectualisme! ( la vérité de demain se nourrit de
l'erreur d'hier).
Juste faisons preuve de tolérance et de pardon et tout ira
bien, et je ne sais pas pourquoi on fait allusion "djim et Mht
" ça intoxique l'environnement du forum.
Par ce je te laisse avec cet idée de Jacques Chirac "Face à
l'intolérance et la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de
compromission possible, pas de débat possible.
Thanks and God bless! (no offence on you brother Abakar)
Ali Senoussi
/ Canada
06/082002
Existe-t-il une armée au
Tchad?
Oui.
Elle est très forte bien qu’elle est très mal organisée. Bien sûr
vous me trouver pas logique dans ce que je dis mais étant tchadiens
vous témoigner que mes propos sont réelles. Une armée très mal
organisée et très forte. C’est bizarre.
Est-elle nationale? Non.
Défendent-elle l’intérêt du peuple tchadien? Non. Alors pourquoi
existe-elle? Très bonnes questions mais resteront sans réponses le
temps que la justice naîtra au Tchad.
Je dis qu’elle n’est pas nationale et ne possédant aucun statut légal
car la discrimination y est flagrante. On peut y trouver beaucoup des
officiers qui ne savent ni lire ni écrire. Alors n’est-elle pas
ignorante une personne qui ne sait ni lire ni écrire? Imaginer la
gravité des actes qui peuvent être posées par une personne non
instruite. Ce sont ces actes qui définissent exactement la justice au
Tchad.
D’un autre côté, il existe des militaires instruits mais n’accéderont
jamais aux postes des officiers et n’auront jamais des paroles dans
l’armée qui est loin d’être une armée nationale.
La triste vérité est que la plupart des officiers ce sont des
Wardougou et Bakhit et ceux qui demeureront des soldats ce sont des
Djimadoum. Bien sûr que même les Wardougou et les bakhit instruits et
optant pour la justice n’ont pas une place dans cette armée.
Un jour j’étais en train d’écouter la Radio Africa No1 qui a posé
la question suivante" Dans quel pays africain où on trouve des
gendarmes qui ne savent ni lire ni écrire?" La réponse donne la
nausée.
Abdraman Abakar Birkia
08/07/2002
Pour compléter Félix Ngoussou
Quand j'ai fait
une première lecture de l'article de mon frère Ngoussou Félix intitulé
"l'art de vivre la guerre à durée illimitée", j'étais découragé.
La raison en est simple. J'ai senti un sérieux pessimisme au moins sur
un point:l'éternité de la guerre comme constat d'un passé et comme
projection d'avenir. En effet, aucune diplomatie, aucune stratégie,
aucune initiative n'a réussi à résoudre les conflits chez nous. L'éternité
est telle qu'on ne voit plus d'issue. D'où ce qui m'a paru être un
pessimisme chez
Félix. Mais il faut bien comprendre cet important article pour bien en
tirer profit. Avant d'y revenir, je fais remarquer une chose. je me suis
toujours dit que les manières dont on a voulu résoudre nos conflits
n'ont pas donné des résultats escomptés parce que les initiatives ont
été prises non seulement à l'extérieur mais sans véritablement
associer les Tchadiens qui pourtant faisaient la guerre. Les gens
pensaient qu'il suffisait de se réunir à Kano, à Paris, pour résoudre
les problèmes du Tchad. Ces
réunions ont bonnes tant il est vrai qu'elles expriment une bonne
intention et même une bonne intuition. Mais il fallait aller beaucoup
plus loin dans la démarche en cherchant une vraie adhésion de
l'ensemble de ceux qui étaient en guerre. On a toujours voulu régler
les conflits du Tchad à la va vite en imposant des solutions toutes
faites aux belligérants. Naturellement, on en était arrivé à ce que
l'on sait. C'est dire que la guerre dure parce que les différentes
stratégies n'étaient pas réalistes.
Par ailleurs, la plupart de nous qui écrivons aujourd'hui
sur les conflits sommes nés dans la guerre. Et nous ne voyons pas
comment cela va se terminer. Elle ne fait que continuer. Chacun cherche
des stratégies pour la faire durer. L'essentiel est qu'il y trouve des
intérêts personnels, pour reprendre Félix.
Mais en relisant plusieurs fois l'article en filigrane,
j'ai compris qu'il a fait une analyse objective, même si un pessimisme
semble en transparaître. Les causes de la guerre qu'il a épinglées
sont pertinentes et profondes. Même ceux qui veulent continuer la
guerre pour maintenir leurs compatriotes dans la misère savent qu'on ne
peut rien résoudre tout en évitant ces causes.
Pour vraiment le(Félix) compléter, il faut dire, sans
optimisme béat, qu'il est possible que la guerre prenne fin au Tchad.
Une condition doit être trouvée cependant:une génération d'hommes
nouveaux. Car notre problème est moins celui d'une situation, d'un
contexte que celui d'hommes radicalement et mentalement différents. Je
ne dis pas que les hommes qu'on a actuellement ne font rien pour mettre
fin à la guerre. Ils le font et parfois en endurant des sacrifices énormes.
Mais ils ont un obstacle réel: une culture à la violence. Ils
utilisent la diplomatie, mais une diplomatie stratégique pour attirer
leurs adversaires dans leurs filets. Ils n'ont aucun respect de la
parole donnée. ils signent des contrats qu'ils ne respectent pas parce
qu'ils sont convaincus que seule la force trouve des solutions
efficaces.
Comme nous le voyons, ces habitudes ne sont plus adaptées
pour une culture démocratique qui, elle, exige pardon et tolérance. Le
jour où nous aurons des hommes de culture de paix, de tolérance, de
pardon, nous aurons une paix chez nous. Mais en attendant, armons-nous
de patience et sachons que c'est quand tout semble sans issue que nous
devons en chercher. En cela, l'article de Félix, tout en suscitant le débat
sur l'issue de la guerre chez nous, a un mérite assez considérable.
MBAIHORNOM (RDC)
mbaihornomn@caramail.com
26/06/2002
Ce qu'il ne faut pas
oublier
Lorsqu'un article force l'attention non pas par sa longueur, mais par sa
profondeur, on lui accorde volontiers le temps qu'il faut pour en apprécier
la valeur. Les différentes contributions de M. Haggar sur ce site ne
laissent indifférent aucun lecteur sérieux tant par leur logique sémantique
que par la pertinence de l'analyse qu'il fait de la situation politique
et socio-économique de notre pays. Le plus irréductible des radicaux y
adhérerait sans condition si seulement cette pertinence n'avait pas
pour objectif inavoué d'asséner le coup de grâce à un peuple qui
agonise sous le poids de la misère. De l'autocritique de la jeunesse à
l'irresponsabilité des tchadiens de la diaspora en passant par
l'obligation à un éternel espoir de voir le Tchad transformé en pays
de cocagne sous le pouvoir Deby, M.Haggar semble vouloir insidieusement
faire croire que le Tchadien est lui-même responsable de ses malheurs.
Certes, depuis environ deux décennies, on observe une
certaine introversion de la jeunesse et son manque d'enthousiasme pour
l'effort intellectuel, la culture et le sport. Mais de quelle jeunesse
s'agit-il ? De celle qui n'a connu d'autre refrain que les coups de
canons et l'enrôlement forcé ou d'une autre jeunesse imaginaire ? Qu'à-t-on
offert à cette jeunesse si ce n'est de l'avoir transformée en chaire
à canon et avoir ôté en elle tout espoir de pouvoir un jour servir sa
patrie avec force et conviction.
S'agissant des Tchadiens de la diaspora, M. Haggar n'ignore
pas que ceux-ci sont pour la plupart des hommes et des femmes qui n'ont
eu d'autres alternatives que de fuir la répression sanglante et
bestiale des polices politiques et que tout contact avec leurs familles
était systématiquement analysé comme une conspiration et réprimé
avec une rare violence. De quelle manière pouvaient-ils venir en aide
à leurs proches si ce n'est de se calfeutrer dans le silence ou de s'éteindre
dans la peau de quidam.
Pour ce qui est du rejet de la logique des armes pour
l'accession au pouvoir, l'adhésion des tchadiens à une telle
proposition a toujours été fondamentalement plurielle. Seulement,
lorsqu'un chef d'Etat s'accroche au pouvoir avec une farouche détermination
alors même que les urnes l'en écartent, il apparaît aux yeux de ses
adversaires comme un tyran à abattre. Pour Karl Koper « la démocratie
est la possibilité de changer de dirigeant en évitant le bain de sang
». Malloum, Goukouni, Habré et Deby puis Deby, tous ont usé des armes
pour chasser leurs prédécesseurs du pouvoir. Deby doit-il échapper à
une logique dont il est lui-même friand ? C'est l'affirmatif qui doit
l'emporter en principe. Cependant, quelles garanties ce personnage
peut-il offrire pour l'alternance par la voie de l'isoloir ? Aucune à
mon avis, ou du moins pas pour les opposants politiques originaires du
Nord. Le monarque au pouvoir à N'Djaména ne supporte aucune opposition
venue du Nord. Or, c'est sans doute là une des causes de l'instabilité
politique au Tchad. L'intolérance à toute opposition politique ayant
pour dirigeant un nordiste et sa répression par élimination physique
constitue la principale aberration du pouvoir Deby. Quelles solutions
cet homme propose pour le Tchad (sinon le partage en bandes organisées
des ressources financières du pays) au point de s'acharner à vouloir
écarter ces adversaires ?. Se voit-il investi d'une « mission divine
» pour sortir le pays de sa misérable condition ? Si c'est le
cas, il doit pouvoir commencer par s'immoler afin de se voir accorder
mansuétude et absolution car il a complètement failli.
Enfin, il faut cesser de fantasmer et de chercher des boucs
émissaires en la personne de Kadhafi. Certes, les visées hégémoniques
et subversives de cet annexionniste sont indéniables. Mais n'est-ce pas
Deby, Goukouni, Y.Togoïmi, A.Togoï... qui sont constamment en Libye en
train de tendre la sébile comme des mendiants dans les rues d'Adis
Abeba ? Le vieux proverbe plein de sagesse ne dit-il pas que la main qui
reçoit est toujours en dessous de celle qui donne ? Il ne suffit pas
d'accuser Kadhafi, encore faut-il prouver qu'il est le seul auteur des
guerres fratricides ayant causé le malheur de tout un peuple. Tant que
Deby sera intransigeant sur l'aspiration démocratique des populations
du Nord, il aura toujours devant lui une révolte perpétuelle et la méthode
Coué qu'on nous propose sans cesse n'aura aucun sens.
Lyadish AHMED
25/06/2002
Est ce que le pays a un
avenir avec le debysme actuel ?
Tchadiens, tchadiennes, chers frères
et sœurs, est ce que le pays a un avenir avec le debysme actuel ?
toute fois je suis persuadé que la réponse est non. Mobilisons
nous contre ce que Deby fait avec ses complices.
Tout d'abord le peuple tchadien est un peuple qui ne réclame
jamais ses droits, est ce que nous attendons un miracle ou une autre
solution que de réagir ? alors le phénomène est plus que grave à
part les cercles corrompus tous les fils du pays semblent contre cette
mauvaise gestion mais personne ne réagit à part les quelques réactionnaires
qui combattent le régime de Deby. Beaucoup disent Deby et Togoimi c'est
les mêmes têtes mais un changement de Deby est plus que nécessaire
pour le peuple tchadien en générale.
Nous sommes contres à accepter un régime qui n'a pas seulement un intérêt
pour le peuple en générale mais qui sombre l'avenir de notre chère
patrie. Ceux qui semblent et osent dire qu'Ils sont satisfaits du régime
Deby sont ceux qui sont impliqués dans cette mauvaise gestion et aussi
les grands corrompus du pays. Nous les autres quel est notre intérêt
si aucun bien du pays n'est bénéfique pour les fils du pays alors que
des soudanais viennent gagner des marchés dans le pétrole et dans des
grands chantiers comme celui du pont a double voix. Et en se moquant des
dupes tchadiens ils partent amenés des indiens en Asie pour faire les
travaux du chantier du pétrole de sidigui à n'djamena. Et pourtant c'était
même pas achever le projet de mini raffinerie à
N'djamena. Un président qui se manque de l'honneur en traitant des
affaires de quelques millions avec des individus et pourrait mettre
l'avenir de son peuple à cause de quelques millions de CFA, c'est
ridicule à faire. Il y a des gens qui semblent satisfaits de cette
mauvaise gestion et aiment cacher les réalités malgré qu'ils sont
conscients. En réalité chaque régime en Afrique a des problèmes
quant à la bonne gouvernance et à la bonne gestion des deniers publics
mais pour le cas de Deby c'est pire. Le Tchad a des biens et des
ressources naturelles mais ses biens et ses ressources naturelles n'en
profitent personne à part les cercles des proches de Deby. Une décennie
est passée nous demeurons sous ajustement des institutions de bretton
woods et le Tchad s'en dette de plus en plus et l'argent est volatilise
dans les poches des individus et certains se contentent même des
millions épargnes dans des comptes bancaires a l'extérieur.
Nous demandons à tous ceux qui ont et manifestent un intérêt
pour l'avenir du Tchad de réagir, par tous les moyens même la force si
possible. Être un opposant pour son ventre ou un poste dans le régime
actuel est un chemin emprunte par beaucoup des politiciens du pays
mais les jeunes de la génération de nos jours évitons de suivre les
aines. Les étudiants tchadiens sont presque les seuls à net pas être
boursiers parmi leurs collègues. N'oublions pas que notre système de
santé est plus que mauvais. Des milliers meurent à cause des
maladies pourtant traitables. L'arrivée de certaines têtes dans le
gouvernement à chaque remaniement inquiète l'avenir de la classe
politique et la création des ministères qui sont supprimées quelques
temps plus tard est aussi un phénomène de détournement des fonds non
justifiés, pourquoi pas payer des bourses aux étudiants tchadiens qui
souffrent de tous les maux à l'extérieur du pays loin de leurs
parents. Chers frères et sœurs nous sommes restes longtemps sans réagir
et Deby va partir c'est le souhait de beaucoup mais personne ne
manifeste réellement . Vous n'êtes pas habitues à réagir c'est pas
la France ou la Libye qui doit agir a notre place beaucoup attendent le
départ de Deby par les français ou la Libye .
Mais pas question de penser de cette manière et réagissons vite. Ceux
qui ne veulent pas le faire sont aussi les corrompus et à l'avenir si
Deby part par la force ils doivent être jugés.
Des lèches culs se voient attribués des postes et détournent
des deniers publics mais est ce qu'Ils se posent la question s'ils
seront juges ou non. être millionnaire en quelques temps c'est du vol
mais ils sont couverts par le régime mais est ce que Deby est éternel.
Comment peut on accepte que les richesses du pays soit au bénéfice de
quelques individus vulgaires sans aucune valeur de la société. Le
Tchad est riche mais le peuple est pris en otage et l'argent est dans
les poches des debystes ( arnaqueurs,...) . Le peuple ne génère
aucun intérêt des programmes d'aide et le main d'œuvre et même les
quelques avantages des investissements du pétrole. Et pourtant au
21eme siècle nous avons l'électricité le plus cher au monde pourtant
même la capitale n'est pas électrifié. Les gens ont parles de la
dictature de Habre mais Deby a tué plus que Habre et Deby tue le jour
au jour . et pourtant la différence entre Deby et Habre n'a jamais été
constate en réalité. Alors nous n'allons pas attendre plus longtemps
demandons le départ de Deby Mobutu a été rejeté par son peuple voir
tous les dirigeants dictateurs et corrompus donc nous allons attendre
jusqu'a quand pour réagir et nous allons pas laisses les debystes
prendre tous les biens du Tchad. Les tchadiens vivent avec tous les
problèmes du monde , la soif manque des puits dans le désert, insécurité,
développement des villes , la construction des routes, la hausse
du carburant qui est d'ailleurs un phénomène qui gonfle les caisses de
la douane et des recettes fictifs pareils sont partout dans tous les
ministères du pays . Il y a des directeurs généraux qui sont plus
riches que leur direction . Des paysans du clan du président se font
des richesses au dos de l'État par des canaux comme les postes
frontaliers des douanes et B.N.F ( bureau national de fret ) . L'Asecna
ne profite pas le peuple tchadien pourtant nous le quatrième centre en
Afrique parce que c'est devenu un moyen de se faire des millions
partages par les cercles de Deby.
Nous sommes conscients que tous les directions généraux
sont attribues a des gens presque chaque année pour se faire le minimum
de richesse et partir . Avec des salaires mensuels de 500.000 ou 600.000
F CFA peut on construire un villa d'une valeur de 50.000.000 de F CFA
c'est utopique mais on laisse faire.
Qui d'autre voulons nous qu'il réagisse à notre place . Des cadres
comme Gueti et Abderaman Dadi et Ahmet lamine sont tués à cause des
intérêts. Mais finalement est ce que Deby est conscient de ses actes
qui doivent coûtés à sa personne et sa famille surtout il parait
qu'il veut bien mourir au pouvoir mais nous allons le contraindre à
mourir a l'exil parce qu'il mérite ça. Togoimi n'est pas dupe pour
revenir comme Abbas Koty l'a fait . Et Togoimi ne doit pas faire mourir
tous ses fils du pays et repartir faire un accord de paix avec Deby.
Cette rébellion est un moyen de faire partir Deby , car l'opposition
politique est un symbole pour avantageux le système Deby . Les Kamougué
sont réduits au rang de simple député, mais c'est parce qu'Il est
trop gourmand et Deby est plus que lui c'est question d'intérêt seulement,
il n'y a pas une seule raison politique. Nous les tchadiens sommes
jaloux chacun de l'autre et nous ne nous entendrons jamais sur quelque
chose de commun mais il est question de faire le minimum pour trouver
une solution à Deby et ses complices . Le changement de Deby serait le
résultat de l'attente de tous les fils du pays . Chacun aura ses droits
et y aura justice en fin dans notre pays après 12 années d'injustice
et de vol et de hold-up et de corruption .
Toute fois nous avons plus que marre de voir des individus
s'enrichir au dos de l'Etat sans oublier le manque de l'autoritarisme de
l'État . Pas d'argent pour payer les bourses des étudiants et des
besoins en santé et éducation mais y a de l'argent pour payer des
fonctionnaires avec la création des nouveaux département un surplus
des sous préfets, des chefs de poste administratif, des préfets,
etc... ou ils ont trouvé les moyens de faire ça et pourquoi a cause de
la législation bien entendu .
Alors nous sommes victimes de tous les maux. En fait le
peuple est il un peuple maudit par le bon DIEU, car nous sommes
victimes vraiment victimes. Réagir est chose difficile et
s'entendre l'est de même chez nous les tchadiens mais l'idée est qu'Il
faut pas se faire du mal autant lorsque nous avons le choix et notre
choix est un intérêt national . Nous avons vaincus la Libye par notre
patriotisme alors c'est quoi Deby et son armée quasiment clanique .
Tous ceux qui se disent d'accord doivent saisir l'occasion.
agissons maintenant et tout de suite. Que le bon DIEU nous réalise ce vœu.
vive le Tchad, vive le peuple tchadien .
Par W. Djimi
19/06/2002
Les
causes de nos problèmes, les raisons de
notre espoir
Quelles solutions peuvent être raisonnablement proposées pour le Tchad ?
Comme si d’un coup de baguette magique nous pouvions résoudre les
difficultés que rencontre notre pays sur le chemin de la
reconstruction, les « ialtchad » cherchent, au travers des
idées, de faire tout pour que nos espérances se transforment en réalité
pour les générations futures ; Mais d’emblée il faut
circonscrire l’étendue de nos problèmes à quelques-unes de leurs
causes directes afin que nous mesurions mieux l’ampleur du travail qui
nous attend. Je suis optimiste sur les chances de décollage de notre
pays, sur la possibilité de faire la paix entre nous, sur la
transformation de toutes nos souffrances en efforts visant l’amélioration
de notre mieux-être. Mais je suis en même temps conscient que ces
efforts sous-tendent une réelle prise de conscience et nécessitent un
climat de stabilité et de paix intérieure.
Pour que dans notre pays les revenus futurs attendus de
l’exploitation du pétrole ne soient pas destinés à l’achat des
armes comme en Angola ou au Congo, que ces mêmes revenus ne soient plus
consommés par anticipation comme dans ces mêmes pays, il nous faudra
d'abord résoudre les nombreux problèmes récurrents d’instabilité
et plus généralement relatifs à l’armée. Aussi, tant que la paix
ne s’instaure pas définitivement, les chances de voir ces ressources
gaspillées par des mécontents sont assez importantes.
La pauvreté et les humiliations constantes des tchadiennes avaient
certes constitué un argument de taille à toutes les rebellions au
Tchad, mais ces mêmes rebellions ont aussi amené notre pays vers la
division et le cataclysme. Aujourd’hui, même si on considère que le
recours aux armes est essentiel pour préserver les institutions et les
valeurs morales ou pour conquérir le pouvoir, les efforts de
reconstruction ne sont guère dans la guerre mais dans une recherche
constante de la paix ; mais cette paix est très difficile à
obtenir tant que des intérêts égoïstes priment sur d’autres considérations
plus essentielles et collectives, tant que les citoyens n’ont pas
confiance dans un système de gouvernement et une armée censée leur
apporter le bien-être et la sécurité. Beaucoup des compatriotes ont
soutenu que si notre armée était républicaine et bien organisée,
nous n’aurions jamais vu des rebellions se constituer et toutes
les désorganisations à l’origine de tous nos problèmes auraient
bien pu ne pas exister. Ce qui est bien vrai quand on voit le contexte
dans le quel ces rebellions se sont constitués. Mais cela ne peut être
une excuse pour créer des mouvements armés qui s’incrustent trop
souvent dans les velléités expansionnistes de certains pays auxquels
nous croyons comme s’ils étaient des défenseurs de la cause humaine
alors même qu’ils constituent des bastions pour les terroristes les
plus inhumains.
Pour amorcer tout développement économique et social, une stabilité
politique est en effet nécessaire et indispensable. Cela doit se passer
au travers d’une réconciliation nationale fondée sur le pardon et
sur des engagements à renoncer définitivement à la conquête du
pouvoir par les armes. Mais une réconciliation ne peut être une
concession de tous les droits républicains à un groupe quelconque.
Pour que la réconciliation devienne une réalité, il faudra envisager
quelques reformes indispensables pour permettre à tous d’avoir
les mêmes chances de participer, par leurs projets, au développement
de notre pays.
Étant donné la multitude des reformes rendues nécessaires par les
difficultés que nous rencontrons aujourd’hui, je vous livre ici
quelques-unes de plus essentielles dont le but est d’anticiper de façon
rationnelle l’utilisation des ressources futures attendues de
l’exploitation du pétrole et du plan de développement intégré de
l’Afrique, c’est à dire le Nepad, et auquel notre pays a souscrit;
même si fondamentalement je pense que ce plan n’est pas la dernière
chance qu’elle soit pour notre continent, et cela à cause des
quelques imperfections obéissant à une logique de suprématie dont
font preuve les concepteurs de ce plan, je crois qu’il est tout à
fait possible que ce dernier nous conduise à davantage de bénéfices,
nous permette de réaliser des infrastructures de dimension régionale
et continentale, mais également de nous mettre sur une orbite de
croissance pour lequel notre pays a tous les atouts. Aussi une véritable
action de sensibilisation et d’éducation sur la réconciliation
nationale, mais également sur le développement socio-économique, menée
par chacun de nous s’impose aujourd’hui pour avoir un climat
fraternel et solidaire qui puisse garantir la paix et la stabilité
politique au Tchad, préalable à tout développement économique.
Ce faisant, s’il est un
constant qui mérite d’être relevé, c’est sûrement celui ayant
trait aux dysfonctionnements répétitifs qui caractérisent notre armée.
A mon avis ces nombreux dysfonctionnements récurrents ont participé de
manière très directe pour anéantir les efforts constants fournis par
quelques gouvernements pour reformer l’armée dans notre pays. Ces
mesures qui n’étaient pas dans tous les cas effectives et réalistes
n’ont pas su répondre aux besoins d’organisation de l’armée. A
cause de ces problèmes nous avons certes de difficultés pour
constituer une armée capable de ne servir que l’intérêt national.
Cependant nous ne saurons perdre de vue que ces gouvernements
aussi représentatifs qu’ils soient, n’ont pas toujours engagé les
reformes avec une réelle efficacité et sans quelques arrières pensés.
L’armée en général et l’organisation des forces de sécurité en
particulier sont d’une grande importance pour tout Etat. La sécurité
et la défense du territoire national en dépendent ainsi que la sécurité
et la liberté de tous les citoyens : ne pas y accorder une grande
attention à l’organisation et au fonctionnement de l’armée équivaudrait
à une sous-estimation de la sécurité des citoyens et à considérer
les risques de guerre comme des phénomènes aléatoires. Loin de moi de
défendre une stratégie de défense fondée constamment sur une vision
réaliste de la guerre, je
pense tout simplement qu’il faudrait non seulement avoir une armée républicaine
qui puisse dissuader, du fait de son organisation et de l’esprit
d’union qui la caractérise, ses potentiels adversaires qui sont
nombreux, mais il faudrait aussi disposer des forces de sécurité qui
garantissent aux citoyens la paix interne. C’est en sens que les
forces armées sont utiles et servent les intérêts de tous les
citoyens. Il n’est pas rare d’entendre des observateurs affirmer que
notre armée est clanique, qu’elle est prise en otage par un groupe
ethnique, mais aucune analyse sérieuse ne peut prétendre nous faire
comprendre les problèmes les plus profonds de cette armée.
Or si tous s’accordent à dire que la volonté d’organisation de
notre armée n’a pas constitué un objectif pour les dirigeants, à
cause du caractère ethnique de l’armée qu’ils citent sans ambages,
force est de reconnaître que nos militaires n’ont pas facilité la tâche
en subissant tout le temps l’influence des chefs guerriers : tant
que les militaires continuent par s’identifier à des hommes pour
lesquels ils peuvent concéder toute sorte de sacrifice,
l’instauration et la gestion d’une véritable paix ne seront que des
lointaines espérances. Les vrais stratèges politiques ne doivent pas
se servir des militaires mais en utilisant leur expérience selon les
intérêts que commande le peuple, ils font de ces derniers les défenseurs
du peuple qui est à la recherche de la liberté et du bien-être. Avec
l’avènement de la démocratie incluant la conquête et l’exercice
du pouvoir par le suffrage populaire, le rôle de l’armée aurait pu
être de garantir les institutions démocratiques. Mais, il faut reconnaître
que de telles notions n’ont jamais été enseignées aux militaires et
ceux-ci sont encore tributaires des idées véhiculées par des hommes
qui les ont forgé pour servir des intérêts obscurs, en faisant
abstraction des règles et principes élémentaires régissant toutes
les armées du monde.
Ainsi, suivant les années les militaires sont devenus des personnes
vulnérables et susceptibles d’être soudoyés par un quelconque
politicien mécontent, occasionnant des rebellions et autres bandes armées
qui continuent par faire subsister toutes les formes d’atrocité
imaginables ( guerre, famine, viol, pillage etc.…) ; les
objectifs clairs des forces armées nationales auxquels ils n’ont
jamais été préparés avaient été relégués aux poubelles et la défense
et la préservation des droits des seigneurs de la guerre sont devenues
les maîtres mots auxquels ils ont souscrit depuis la création du jeune
Etat tchadien; ces militaires ont renié le serment d’allégeance au
tricolore national comme si l’avenir de notre pays avait cessé de
constituer une priorité ; ils ont été à l’origine de toutes
les situations d’instabilité qui causent famine et pauvreté
aujourd’hui à travers notre pays.
Aussi,
le temps est certes arrivé pour nous de transcender nos querelles et de
nous mettre ensemble pour prendre en main notre destin. Mais cela doit
se faire en rassemblant tous les Tchadiens sous un idéal commun qui est
celui de voir notre pays occuper une place honorable dans un monde
en pleine effervescence; Je pense que nous avons d’autres ennemis pour
lesquels nous devons unir nos forces afin de tirer le meilleur parti :
tous les Tchadiens sont concernés et il faut que la reconstruction de
notre pays par nous tous soit la raison de notre combat, un seul combat
incluant l’apport de tous les Tchadiens. Car si on ne pouvait
jamais convaincre d’un seul coup la réticence de tous les Tchadiens
qui ont des projets différents, on peut amener tout Tchadien ayant un
projet à accepter le souci de reconstruire notre pays. Tout le reste
c’est par la voie démocratique que ça se conquiert.
Il y’a aujourd’hui des stratèges politiques capables de
proposer des alternatives et des reformes constructives mais celles-ci
ne peuvent donner un résultat tant que le pays connaît des problèmes
de stabilité dus à des rebellions internes. Ces rebellions sont source
des souffrances et sans grand intérêt pour résoudre les problèmes de
développement. En toute logique, il faut admettre l’urgence de mettre
fin à toutes les formes d’injustice et toutes les incohérences qui
existent dans notre pays démocratique. Cela demande certainement
une réelle volonté de la part des hommes politiques, mais reste
essentiellement une affaire d’hommes épris de paix et de justice
sociale. Car l’avenir de notre pays n’est-il pas quelque chose qui
soit vraiment digne de notre engagement et de notre sens du devoir ?
Voilà
une raison de plus pour chercher des solutions à nos problèmes. Mais
quel est celui de nos problèmes qui a connu une ébauche de solution
depuis l’apparition des premières rebellions ? Aucun. Nous
connaissons toujours, depuis notre indépendance, des rebellions
successives, stériles et fratricides qui ne nous conduisent qu’à
davantage de division, de déchirement
et de dépendance à l’égard de ceux-là qui nous vendent ou
livrent gratuitement armes et munitions sans aucune foi. A cause de
multiples rebellions, nos forces armées sont devenues des clients
potentiels qui sont même pris en compte dans les études de faisabilité
des projets qui font la fortune des industries de la mort : ils créent
le besoin d’armement chez nous et nous livrent quand ça leur plait et
comme il convient aux intérêts de leurs dirigeants. Mais là se trouve
le vrai problème : les armes fabriquées par ces pays ayant
toujours servi à supprimer des vies ailleurs, les financiers de ces
marchands d’armes auraient bien pu se poser des questions sur la
destination de leur argent. Ou bien souscrivent-ils délibérément aux
actions de destruction engagées par les dirigeants de leurs pays contre
notre intérêt ? Nous sommes très loin de trouver les raisons de
ce silence et aucune voix ne se lève pour protester contre cette méchanceté,
instituée par les riches pour contenir les pauvres dans de situations
qui frisent avec l’intolérable.
Nos
pauvres pays n’ont pourtant pas besoin de ces armes. Ils n’ont fait
aucun mal, aucune injustice qui aurait pu autoriser ou justifier cet
acharnement à les pousser vers une destruction totale. En réalité,
rien ne justifiait une telle méchanceté et la situation de misère qui
caractérise nos pays militait au contraire pour que d’autres
alternatives nous soient permises ; l’intérêt de ces marchands
d’armes serait sans doute plus grand : d’abord parce que les
investissements nécessaires pour la fabrication de ces armes nous
permettraient de produire et de commercer avec ces pays d’autres
choses que les armes, ensuite parce que les gains tirés de ces
investissements peuvent être d’une coloration plus humaine ;
mais détrompons-nous : les mêmes stratégies militaires ont été
muées en stratégies commerciales et c’est bien la raison pour
laquelle certains pays continuent de faire fortune par le commerce des
engins de la mort. A quoi servent ces armes fabriquées par les plus
grands scientifiques de la terre ? Pour assurer la sécurité de
leurs citoyens, vous diront-ils ! Mais c’est peut être pour ôter
la vie à des pauvres qui peuplent la planète et qu’on dédaigne voir
vivre humainement.
Rien ne peut nous empêcher de croire que cette logique d’armement qui
caractérise les relations des pays pauvres avec les pays riches, qui
cherchent à avoir une main mise sur nos ressources il est vrai,
s’inscrit dans une volonté de destruction et de négation du droit à
la vie aux pauvres de ce monde. C’est vraiment un grand dommage que
nous ayons perdu cette notion de domination, même si en leur temps des
hommes clairvoyants comme le célèbre écrivain martiniquais, le Dr
Frantz Fanon, nous avaient mis en garde par des écrits assez
transcendants qui resteront toujours d’une grande utilité pour les
intellectuels des pays pauvres. Pour ainsi dire, des pays comme la
Malaisie, la korê et la Thaïlande
ont renié cette forme de domination et en comptant sur des
ressources propres donnèrent la preuve que le développement est une
affaire d’hommes. Cela parce que leur objectif consistait à rattraper
l’occident qui accusait des siècles d’avance sur le plan du développement
économique, et non de faire la courbette devant les tristement
puissants du monde pour pouvoir obtenir quelques millions de dollars
insignifiants comme le font si bien nos dirigeants africains.
Mais il faut reconnaître qu’aujourd’hui l’injustice se dresse en
arme de dissuasion politico-économique et devient la caractéristique
essentielle des relations internationales. Ce qui ne surprend guerre
quand on voit les avantages que peuvent tirer de cette situation les
pays qui cherchent à gérer le monde selon leurs propres convenances et
leurs intérêts. Et cela est très grave pour la stabilité politique
dans le monde, surtout avec le fait que certains pays dits démocratiques
protègent des Etats qui violent en permanence les résolutions d’une
O.N.U. morte-née et pour les décisions de laquelle ils ne
reconnaissent aucune autorité respectable. Ceci à cause du fait que
cette institution soit gérée par un citoyen d’un pays considéré
par eux-mêmes comme de droit inférieur. Cela contraste fort bien avec
le discours presque comique d’un certain nombre de dirigeants qui
promettent de tout faire pour réduire les inégalités entre le Nord
qui connaît l’abondance et le Sud qui est dans la disette. Mais ces mêmes
riches éprouvent énormément des difficultés à voir les pays pauvres
faire librement de projets de société qu’ils n’hésitent pas à
utiliser la famine comme une arme politique ou économique pour les
asservir, par exemple. C’est le cas notamment des États-Unis d’Amérique
qui contraignent l’Égypte, sans doute tributaire d’une aide
alimentaire indispensable, à l’asservissement afin d’obtenir que
celle-ci défende auprès du monde musulman l’image de Sharon qui est
de loin l’égal d’un Hitler à l’actif duquel on peut mettre la
plus grande tragédie de l’histoire. Mais au-delà de cette triste réalité
qui caractérise les relations internationales, que pouvons-nous faire
face à des adversaires qui utilisent tous les moyens pour nous asservir ?
Rien. Sauf si nous prenions conscience que c’est bien évidemment pour
nous détruire que de telles actions sont justifiées par les puissances
qui forment « l’axe du mal économique. »
Bien évidement ces quelques remarques relatives à la tragique réalité
que connaissent certains pays pauvres
m’amènent sans transition vers une réalité que vit le peuple
tchadien sous le joug d’un dirigeant africain qui s’était très
maladroitement autoproclamé chantre de l’unité africaine. Il
s’agit bien de Kadhafi dans les idées duquel nous avons trouvé, aux
premières heures de son engagement dans la voie de l’unité en
Afrique, et ceci bien naturellement à cause des largesses financières
qu’il n’a de cesse manquée d’avoir face à des pays nécessiteux
comme le nôtre, une sorte d’homme providentiel pour l’Afrique. Malheureusement
le temps s’est vengé de lui et tout porte à croire que cet individu
n’est ni indispensable pour l’Afrique, ni encore pour notre pays
pour lequel il n’a que des mauvaises pensées : Il a certes une
idéologie très appréciable du point de vue économique, mais il a une
telle méconnaissance du droit international qu’il n’hésite pas à
confondre la Libye et le Tchad, bien entendu pour étendre davantage sa
seigneuriale personnalité. Les multiples tentatives de sa part pour
occuper notre pays constituent l’illustrant exemple d’occupation qui
constitue son ultime rêve de dictateur finissant. En s’impliquant une
nouvelle fois dans la crise politico-militaire qui secoue notre pays, il
vient de nous prouver une fois de plus que résoudre les problèmes de rébellion
au Tchad et œuvrer pour une paix n’ont guère été ses priorités :
il cherche au contraire la division des Tchadiens pour se montrer de
plus en plus indispensable. Une fois de plus, il est temps d’en découdre
avec Kadhafi qui n’est ni un démocrate qui convaincs,
ni un terroriste qui clame haut et fort son identité : il
revêt le costume selon les intérêts du moment et nous avons une
obligation morale de ne pas souscrire aux pensées hétérodoxes qu’il
charrie à travers son livre vert.
Mais dans un monde où les choses deviennent ainsi plus compliquées
pour tout le monde, y compris pour les marchands d’armes qui
continuent d’exploiter notre misère et nos querelles afin de réaliser
un mieux-être chez eux, ma préoccupation n’est pas de se
replier sur nous afin de protéger nos maigres intérêts, mais elle
consiste très certainement à bâtir un monde juste et équitable avec
tous les peuples. C’est la raison pour laquelle nous devons nous
mettre au travail. Il faut reconnaître que le pouvoir est un moyen
d’action et non une finalité car il consiste bien naturellement à
travailler pour les autres en leur proposant un projet de société.
Cela veut dire qu’en prenant en considération cette vérité, l’on
se rendra compte de l’immensité de la tâche qui attend chacun de
nous. Notre pays est pauvre, et sa situation risque de s’amplifier si
nous n’arrêtons pas de nous quereller et tirer dessus comme des vrais
ennemis. Transposons le combat sur le champ des idées car cela est
d’un grand intérêt pour nous tous : Arrêtons,
chers compatriotes ! Car
ce sont de trop toutes ces querelles inutiles. La conquête du pouvoir
ne peut se faire que par des projets démocratiques. Si le pouvoir de
servir notre peuple reste une chose qui soit digne de tous nos efforts,
c’est par le suffrage populaire qu’il faudra le conquérir. Et
c’est par la voie démocratique que tout pouvoir sera sanctionné :
le gouvernement actuel qui a les commandes de notre pays peut un jour ne
pas répondre aux aspirations du peuple qui le sanctionnera par un
suffrage populaire transparent et incontestable.
C’est dans ce contexte de paix intérieure que nous pourrions essayer
de nous positionner pour tirer davantage de gains de la mondialisation
et de la nouvelle donne économique en Afrique que constitue le plan de
développement intégré Nepad. Mais tous les chantiers précités appèlent
quelques reformes indispensables, par
exemple dans les domaines comme l’armée. Dans ce cas exactement, Il
nous faut entreprendre des reformes non pas pour détruire les forces
militaires mais pour que celles-ci aient un rôle utile à la société.
Celles-ci auront un objectif précis et clair qui consiste à donner
plus d’impulsion pour l’instauration de la paix dans notre pays.
Loin d’être un spécialiste de la question militaire, je pense tout
simplement que les dysfonctionnements et les crises récurrentes qui ont
touché le corps militaire ont montré les limites du système
d’organisation actuel et qu’il faudrait naturellement envisager des
reformes afin de mettre sur pied une armée républicaine et au service
de la nation ; ces reformes s’articulent autour de quatre axes
principaux :
-
La professionnalisation du métier de militaire et
l’institution des écoles de formation adéquates, dotées
d’importants moyens et capables de motiver les nouvelles recrues à
leur métier par l’acquisition des nouvelles connaissances ; ce
professionnalisme implique que les militaires seront formés dans différents
métiers en relation avec le développement et la lutte contre la
pauvreté pour lesquels ils doivent être mobilisés dans le cas où la
sécurité du pays ne serait pas menacée. L’armée ne doit pas être
qu’un gouffre financier pour l’Etat, mais un secteur de production
et de consommation pour l’économie nationale.
-
Doter l’armée des infrastructures adéquates et très utiles
pour le développement du pays. Des moyens de secours, de défense et
d’action en tous domaines doivent être affectés aux militaires. Une
redéfinition de la mission des forces de sécurité sera privilégiée
pour parer à toute éventualité.
-
Opérer une nouvelle stratification des corps de l’armée et la
modernisation de leurs moyens d’action doivent être privilégiée.
Donc dans ce cadre là, il serait préférable d’envisager la création
des nouvelles hiérarchies et zones militaires stratégiques. Ces
nouvelles hiérarchies et zones militaires seront instituées pour répondre
aux besoins de sécurité du pays.
-
Amorcer une démobilisation de tous les militaires n’ayant
connu que les guerres fratricides et prévoir leur insertion dans la vie
sociale en tenant compte de tous les facteurs d’insertion; eu égard
aux demi-échecs auxquels a conduit ce système dans un passé récent,
une nouvelle conception basée sur un programme de développement doit
être privilégiée. Ce nouveau programme permettra aux militaires démobilisés
d’avoir une certaine indépendance financière, tout en ayant la
possibilité de gérer d’autres activités agropastorales ou
industrielles par exemple. En ce qui concerne les démobilisations qui
ont été engagées depuis un certain temps, je pense que celles-ci sont
intervenues au mauvais moment et lorsque aucune perspective
d’insertion ne s’offrait aux militaires démobilisés. En effet une
insertion ne se résume pas à consacrer quelques maigres budgets pour résoudre
ces problèmes endémiques que constituent les mécontentements et les
affrontements interethniques, caractéristiques de notre armée depuis
notre indépendance.
Sur
le plan économique, des solutions peuvent être également proposées.
Tout d’abord, on peut certainement admettre que le pays a besoin
d’un programme économique fiable qui s’inscrit dans le long terme.
Les opportunités de décollage économique sont certes franches
et notre pays semble déjà propulsé sur le sentier de la croissance économique
avec l’exploitation du brut tchadien ; mais compte tenu de
l’apparente pauvreté qui caractérise notre économie et nos finances
publiques, l’Etat tchadien n’a pas les moyens d’une véritable
politique de développement qui nécessite des reformes fiscales, monétaires,
financières et politiques ; les soutiens des bailleurs de fonds à
nos problèmes de développement ont certes été nombreux et conditionnés
par des énormes sacrifices que sont les reformes précitées, et comme
je l’avais souligné dans une analyse précédente, il est à mon avis
très hasardeux de compter sur les quelques dollars du F.M.I. et de la
banque mondiale pour amorcer le développement de notre pays.
L’objectif de cette assistance des institutions internationales ne
consiste pas à aider les pays pauvres, mais préparer leur insertion
dans l’économie de marché ( dans laquelle ils n’ont aucune chance
tant la répartition des richesses reste pour la moins obscure avec la
dichotomie: pays producteurs et pays consommateurs ) par des plans
d’ajustement dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils ont été
à l’origine même des crises récurrentes de nos économies. Même si
ces financements sont affectés aux reformes indispensables de nos
structures économiques pour lesquelles nous avons consenti d’énormes
sacrifices en croyant que celles-ci avaient autre but que de nous amener
à brader notre patrimoine national ; ma perception de faiblesses
économiques de notre pays est bien contraire à celle des institutions
de Bretton Woods : autant je partage avec eux les causes
indirectes, seulement indirectes, de la crise économique, autant les
solutions préconisées par ces institutions sont loin de ma position et
donc de mon point de vue elles sont nuisibles et inadaptées pour sortir
notre pays de cette crise ;
je l’ai dit dans mon analyse intitulée « l’Afrique doit
combattre elle-même son mal développement » et toute référence
à celle-ci peut être d’un grand éclairage sur la nécessité
de quelques actions dont je recommande la mise en œuvre dans la
présente réflexion. Seulement pour plus de précision je ne manquerai
pas de soulever quelques zones d’ombres qui puissent subsister dans la
lecture d’une analyse brève ; celles-ci concernent les reformes
qui sont très essentielles et dont voici les principales :
-
Les privatisations des entreprises doivent être un choix économique
obéissant à une logique de satisfaction des besoins de la société et
les éventuels acquéreurs doivent être des gestionnaires avisés
tenant compte de la nécessité pour notre pays de produire et d’avoir
des entreprises à vocation sociale, car nous avons des obligations de
faire du social quand l’intérêt de notre peuple commande cela.
-
Les reformes fiscales et douanières doivent être orientées
vers les contribuables qui pourraient se voir motivés par un système
fiscal innovateur et moins répressif. C’est la meilleure arme pour
rationaliser les ressources fiscales et faciliter l’application des
politiques fiscales.
-
Les reformes monétaires et financières doivent être axées sur
la création des institutions bancaires et financières capables de
financer l’économie à partir des ressources nationales. Mais il faut
aussi envisager l’amélioration et la réglementation des ces
institutions appelées à mobiliser les ressources locales afin de les
orienter vers des secteurs productifs nationaux. Celles-ci peuvent également
jouer des rôles de conseil en ingénierie financière et dans la création
des structures productives.
Naturellement
la résolution de problèmes de famine, de pauvreté et d’instabilité
doit passer nécessairement par une prise de conscience de tous les
Tchadiens, de tous les Africains et de tous les citoyens du monde.
C’est absurde que de se contenter de faire des appréciations sur la
situation de pauvreté et de misère qui caractérise toute l’humanité.
Et il est temps de jouer un vrai rôle dans le but de faire
disparaître les inégalités dans le monde. Quant à nous Tchadiens,
l’avenir de notre pays et l’amélioration de notre niveau de vie
commandent ce changement de vision que nous devons adopter pour amorcer
une nouvelle ère marquée par la prospérité, la justice, la solidarité
et l’égalité pour tous. C’est en sens que doivent œuvrer le
gouvernement et le parlement issus des élections qui viennent d’avoir
lieu. Même si celles-ci avaient été marquées par des irrégularités
qui se corrigeront par la conscientisation et la responsabilisation de
tous les citoyens tchadiens, futurs chantiers de toute action politique.
Tous les Tchadiens de quelque obédience politique qu’ils soient
doivent espérer que les actions de ces institutions démocratiques nous
seraient d’un recours gracieux afin qu’un jour servir le peuple ne
devienne que le rôle naturel dévolu aux responsables politiques appelés
à gérer le pays.
Djamal-addine
Abdel-aziz Haggar
06/06/2002
Le Tchad: Un dérapage inéluctable
Est-il vraiment lieu de le dire ? Le discrédit
qui frappe le pays n’a pas d’équivalent dans l’histoire du
continent. Pendant la colonisation, nous étions assurément des
victimes. Aujourd’hui, nous sommes nous-mêmes les principaux
fossoyeurs de notre présent et de notre avenir. Au sortir de l’indépendance,
nous disposons d’appareils d’Etat certes embryonnaires, mais qui
avaient le grand mérite de remplir efficacement les missions élémentaires
qui leur étaient dévolues : la sécurité, la santé publique,
l’éducation, entretien des voies de communication.
Hélas, aujourd’hui, le Tchad est complètement liquéfié et spolié,
les gardes prétoriennes(GR) et les agents politico-ethnique de
l’(ANS) ont supplanté l’armée, la police et la gendarmerie, qui ne
sont que les ombres d’elles –mêmes. L’insécurité s’est généralisée,
nos propres maisons, les rues sont devenues des lieux de peur.
La tragédie de la pauvreté et de la famine nous rappellent fort
dramatiquement qu’avec des administrations honnêtes, intègres,
efficaces et responsables nous aurons pu endiguer ses fléaux. Au lieu
de cela une majorité des jeunes tchadiens et des cadres bien formés
sont à l’extérieur, victimes des tergiversations de cet Etat(s’il
existe) et d’une ambiance délétère et ludique ou le sens de la
responsabilité individuelle et collective s’est évaporé. Les crises
politico-militaires qui reprennent, l’appauvrissement du Tchad de jour
en jour pris en otage par des coteries prédatrices, la propension des
soit disant dirigeants qui sont préoccupés essentiellement de leur sécurité
et des moyens de conserver le pouvoir, tout cela conduit au fait qu’un
secteur aussi décisif pour le présent et l’avenir que l’éducation
est naufragé.
L’insécurité et le désordre général, la criminalisation rampante
de plus en plus contrôlés par des systèmes mafieux, les lourdeurs
administratives et l’absence quasi- quotidienne de règles
transparentes occasionnées par une corruption endémique font que tenir
notre image. Même les donateurs publics nous considèrent désormais
comme des puits sans fond et des cas d’acharnement thérapeutique sur
lequel il ne faut plus se lamenter.
A. Abdelaziz
25/05/2002
Éducation et
Transformation des Hommes
De l'eau a beaucoup coulé sous le pont depuis que , les
uns et les autres, nous apportons chacun ses réflexions pour permettre
à notre pays d'être efficient dans sa démarche vers le bien-être
pour tous(vaste programme !!).
Partons d'abord du principe que le chemin sera long, cahoteux et
difficile. Le Tchad, n'a pas bénéficié des mêmes « chances » que
la plupart des pays d'Afrique Noire Francophone. Alors part quel(s)
bon(s) bout(s) commencer, pour IMPULSER LA MARCHE VERS LE MIEUX ÊTRE
DES CITOYENS (avec les quelques « Chouia » qui viendront du pétrole
(pendant 25 ans, n'oubliez pas !!))?
L'Éducation de masse (et pour tous) à mon avis.
Une Éducation généreuse, sans calculs, planifiée en règle
sur le long terme (25-50 ans) et surtout prise en main par les enfants
du terroirs. Seulement, vous me direz, que faire des enseignants aux
rabais qui écument nos villes et campagnes ?? pour briser le
cercle vicieux des enseignants aux rabais qui forment des élèves
aux rabais (inadaptés dans les grandes écoles étrangères), il
faudrait (pardonner mon esprit vieilles valeurs !!) refaire
appel (encore une fois) à la coopération mutuellement profitable entre
d'une part la France et le Tchad et d'autres part entre L'Égypte et la
Tchad. Ces coopérations sous la Forme d'enseignants de qualité en
masse pendant 25 ans, permettraient de former les Fils du terroirs
qui à leur tour retransmettront le savoir aux autres couches de la
population tchadienne. N'oubliez pas que ce sont des investissements à
long terme. A ce prix là, vous verrez ce que sera la Tchad dans 50 ans
.
Toutes les courbes de statistiques et de stagflation économique
(distillées çà et là) ne seront pas les premières gouttes de pétrole
qui viendront améliorer les conditions difficiles de vie (surtout matérielles)
que vivent les parents (à Sarh, Faya, Abéché, Mondou ou Bongor). Je
ne doute pas que les cases en obus de Bongor et nos maisons en
ddour-ddour (avec les terrasses flanquées des am- bawalla)
constituent des richesses de notre culture dont nous sommes d'ailleurs
fières. Mais transformer les Hommes dans leurs façons d'aborder les défis
du siècle naissant (tout en préservant jalousement leur propre
cultures hérités des ancêtres) n'est pas moins un noble objectif.
L'organisation cohérente des futurs processus dans le long terme pour
nous même et pour nos enfants, avec ce que Dieu voudra bien nous
donner, voilà de quoi faire réfléchir plus d'un Tchadien.
Prendre le bout du changement par l'éducation, certes difficile,
est mon avis.
A bientôt.
Patrick KIMATO
pkimato@hotmail.com
24/05/2002
De l'indifférence à
l'École comme principe de gouvernement
Au
Tchad, pays pauvre, misérable à la limite, l'éducation considérée
comme moteur principal du développement, n'a paradoxalement jamais été
la préoccupation de nos dirigeants. D'ailleurs, même la population
semble oublier que l'École est de loin salvatrice et sécurisante.
Certes, ceux qui avaient eu le pouvoir après les indépendances
ont passé le clair de leur temps à dilapider les deniers publics dans
les victuailles et autres orgies. Mais à la différence de ceux qui
nous gouvernent actuellement, les premiers avaient accordé une place de
choix à l'éducation. Un hasard heureux ou la suite logique de ce
qu'avait laissé le colonisateur ? Je n'ai pas la réponse. Toujours
est-il que les gouvernements d'après se sont illustrés par leur
incapacité à gouverner autrement que par l'oppression. Là aussi,
l'argent public a servi non pas à creuser des puits, construire des
salles de classes et des centres hospitaliers, mais simplement à
organiser des mariages princiers et à mener une vie de pacha. L'école
n'a jamais été la priorité, pas plus que la santé. Le credo est bien
connu. Moins la population est éduquée, moins sera le risque de révolte
et des réclamations. H. Habré avait fait disparaître des bibliothèques
tous les livres traitant de démocratie et des droits de l'Homme. Idriss
deby refuse tout simplement d'inscrire la reforme de l'éducation dans
les priorités de ses projets. S'il le fait, c'est juste pour empocher
les aides que lui apportent la France et les lilliputiens du pétrole en
ce domaine. D'ailleurs, lors d'une de ses rencontres avec les jeunes de
son parti, il va jusqu'à dire que " Le 21e siècle est celui des
affinités. Les diplômes universitaires n'auront que peu d'importance
". Une telle affirmation prouve le mépris qu'ont nos dirigeants
pour l'éducation.
En effet, si certains des responsables ont pu accéder à
des responsabilités purement politiques sans avoir été à l'école,
il convient de souligner qu'un pays quel qu'il soit, ne peut être
construit et dirigé que par la politique. Tous les secteurs
scientifiques, socio-économiques et juridiques d'un Etat requièrent
des compétences reconnues. Or, aujourd'hui au Tchad, les disciplines
comme les maths, la physique, la chimie (dans les écoles) et le droit,
l'économie, la géographie, la biologie (à l'Universités) sont tout
simplement mal enseignées. Et l'école normale forme (au rabais bien
entendu) plus des enseignants dans les domaines littéraires que
scientifiques. Les conséquences de ce mépris sont irréfutables :
absence de niveau dans nos écoles, incapacité de poursuivre les études
dans les Universités étrangères pour ceux qui ont la chance d'aller
à l'étranger, enseignants peu qualifiés ou sans niveau eux-mêmes
etc. Tout cela, sans que les pouvoirs publics ne réagissent. Mais au
fait, qui sont ces pouvoirs publics ? Deby, Nagoum, leurs différents
Ministres, l'Assemblée nationale. Bref, le groupuscule au pouvoir, sans
état d'âme, peu scrupuleux, faisant leur, le fameux carpe diem.
Le pays est en train de s'engouffrer. J'ai pu lire dans
certains articles publiés sur ce site la réaction désabusée de
certains de nos compatriotes qui s'offusquent de voir les Camerounais
s'agiter à partager avec nous la " manne pétrolière ". Mais
ce
n'est que normal. En fait, j'allais dire c'est logique car, comment
aurions-nous pu négocier l'exploitation de ce pétrole sans
l'intervention ingénieuse des experts camerounais auprès de la Banque
mondiale ? Je ne fais pas là l'éloge du génie voisin. Je constate
simplement et je suis même sidéré que notre pays soit incapable de présenter
des compétences pour l'exploitation de ce pétrole. Déjà pour les
simples travaux de forage, les entreprises telles que Schlumberger, Esso
et autres n'hésitent pas à employer des ouvriers étrangers jugés
qualifiés. Allez visiter le site pétrolifère de Komé. Vous n'en
croirez pas vos yeux : Indiens, Irlandais, Roumains, Polonais, pullulent
les lieux. Ouvriers Spécialisés. Pas d'autres étiquettes. Au Cameroun
voisin, Changement de décors: aucune tête blanche n'ose s'approcher.
Le pays a ses OS.
Alors, chers compatriotes, à qui la faute ? Au Tchad, les
Hommes ont passé le précieux de leurs temps à s'entretuer comme des
sauvages pour s'approprier les biens de l'Etat alors même que les
voisins créent des écoles, enseignent la technique et la science à
leurs enfants. Notre pays a brillé par son incompétence dans tous les
domaines. Et il le sera ainsi tant que l'École n'aura pas droit de cité
entre nos frontières.
Lyadish AHMED
16/05/2002
Mention bien
Mention bien pour l'article de Mbaïrounga Lucien, particulièrement par
rapport à ce passage ;
« Voilà pourquoi il faut scolariser au maximum le pays parce que plus
le pays sera scolarisé et plus ses fils sauront distinguer le vrai du
faux. Il faut avouer pourtant que ce qui a manqué au Nord et qui
continuera encore longtemps à manquer, c'est l'instruction des masses
dans la partie Nord du pays qui a toujours refusé l'école. Le Nord
musulman a toujours refusé l'école française sauf quelques rares
enfants dont les parents étaient eux-mêmes déjà instruits ou
simplement des notables ouverts
sur le progrès. »
Ce refus de l'école française (peut-être implicite),
doit certainement trouver quelques explications dans les dures
conditions de vie dans le nord du pays. Quels temps pour aller à l'école,
quels temps pour chercher sa pitance de tous les jours. Et le climat ??
En définitive, instruire tous les citoyens (jeunesse entière
) du pays (nord, sud, est, ouest) en français et/ou en arabe; voilà
les véritables enjeux de demain. (y affecter le maximum de ressources
disponibles: routes, salles de classes, enseignants, santé).
Enseigner le civisme, l'amour de la patrie, l'honnêteté,
la probité, l'amour du prochain, la non violence, planter des arbres,
préserver le bien commun, monter des projets pour le grand bénéfice
de nos parents, etc. Voilà ce à quoi nous les jeunes nous devons nous
y atteler.
Patrick KIMATO
pkimato@hotmail.com
15/05/2002
L'union nationale j'y
croit, je suis optimiste
Le poids des traditions séculaires,
l'endoctrinement ou plutôt le conditionnement de la masse par les
colonisateurs d'abord puis par des dirigeants soucieux de préserver
d'intérêts égoïstes; toutes ces considérations ont divisé le
peuple tchadien tel qu'on ne raisonne plus qu'en terme de clan, de région
ou de religion. La tâche que doivent s'assigner les "ialtchad"
(je parle de ceux qui caressent le rêve de voir un jour le Tchad accéder
à un certain niveau de développement, ceux qui s'indignent et ont
honte en face de cette misère qui caractérise notre quotidien) c'est
de montrer à nos frères paysans que ces arguments fallacieux
qu'avancent nos politicards ne sont destinés qu'à maintenir un climat
permettant aux rapaces qu'ils sont de dépecer le pays, de nous voler,
de tuer ceux d'entre nous qui arrivent à voir clair.
Pour démontrer que la région ou la religion n'ont
rien à voir dans la triste histoire du Tchad, je vous invite à réfléchir
avec moi sur ces questions élémentaires:
-De quelle région et de quelle
confession est Tombalbaye?
-Qui, d'où et quelle est la confession
de son assassin?
-De quelles région et confession est
Goukouni?
-Qui l'a évincé, de quelle région est
il?
-Et ce dernier qui et de quelle
confession est celui qui l'a chassé?
Il appert de ces interrogations que seul le pouvoir
et les intérêts matériels motivent les acteurs de toutes les
scènes odieuses, dramatiques, crapuleuses qui se sont déroulées chez
nous.
L'union des fils du Tchad, précurseur du développement,
passe par une prise de conscience collective de nos vrais problèmes
communs.
Nous devons savoir que l'ennemi du musulman n'est pas le
chrétien, que l'ennemi du sudiste n'est pas le nordiste mais que nos
ennemis communs sont: la faim, les maladies, l'ignorance et j'en passe,
la liste est trop longue. L'union nationale j'y croit, je suis
optimiste; si les américains, différents de race, de culture, venus de
partout sont parvenus à constituer aujourd'hui la première
puissance, ,j'ai toutes les raisons de croire qu'au moins nous, on peut
réaliser le rassemblement fraternel.
Issa Dardoki Zakaria
07/05/2002
C’est
quoi un parti politique?
Je suis très surpris par la création et la division des partis
politique au Tchad. On dirait qu’au Tchad il n’y a pas des
conditions requises pour être dirigeant, n’importe qui se lève un
matin et crée son parti pour chercher la chaise
présidentielle. Quand on leur demande de leur mission, ces gens
nous répondent qu’ils veulent un changement. Maintenant on leur
demande qu’ils nous disent c’est quoi un changement ? Je ne
pense pas qu’ils seront capables de répondre à cette question à
moins qu’ils veulent un changement dans un sens plus négatif que le
Tchad vit de nos jours.
Selon ce que je pense ceux qui sont capables de changer le
pays positivement, ils possèdent certaines connaissances, certaines
bagages certaines réputations si vous voulez. Diriger un pays ce
n’est pas diriger sa famille bien qu’il faut savoir diriger celle-ci
avant de tenter de relever certains défis. Que les gens arrêtent de se
moquer de la population tchadienne, elle n’est pas un troupeau de
mouton pour se laisser diriger par n’importe quel berger. Si les
dirigeants des pays occidentaux acceptent d’abriter certaines
personnes comme des chefs de partis sans leur demander qu’est-ce
qu’ils ont fait de bon pour le Tchad afin qu’ils puissent demain
apporter un changement souhaité, le peuple tchadien leur demandera et
il connaît le passé de tout le monde. Donc il n’y a pas un idiot
plus que celui qui prend les autres pour des idiots.
C’est logique. Le régime de DEBY devient de plus
en plus fort grâce aux faiblesses de ses opposants. Je pense que si
DEBY cherche à négocier avec certains genre de partis politiques,
il perd de plus en plus sa crédibilité d’un Président, d’un
homme d’Etat car il y a des gens qui se disent des opposant
parce que monsieur X ou Y est opposant, ou tout juste pour se faire
voir.
Alors pourquoi perdre son temps avec des gens qui
n’ont pas un programme
politique ? Aujourd’hui la politique au Tchad est devenue de
l’amusement, ceux qui ne connaissent rien en politique sont des
‘’vedettes politiciens’’, le monde est à l’envers. La liberté
et la démocratie ont rendu fou ceux qui ne connaissent pas leur définition.
Et c’est bien le but même des blancs qui veulent instaurer la démocratie
en Afrique. Comment voulez-vous une démocratie sans justice ? Dans
nos pays africaines, il n’y a même pas la justice et nous nous disons
des démocrates, quelle incohérence ? Lorsque j’ai appris la
création des certains partis, tellement j’ai eu mal au cœur
j’ai vomi toute la journée et j’ai fait une dépression car je ne
comprends pas pourquoi des tchadiens se moquent du TCHAD.
Abdraman Abakar Birkia
25/04/2002
L’intérêt du peuple pour une saine politique en Afrique
Notre réflexion embrassant l'Afrique de manière générale plutôt
que le seul cas du Tchad, voudrait poser l’intérêt du peuple
comme condition à une politique plus saine car il semble rester en
veilleuse malgré le fait que nos politiques en soient conscients. Mais
avant cela, nous partirons d’un constat relatif non seulement au
dialogue inter congolais mais aussi relatif à de nombreux pays
africains, puis nous proposerons quelques pistes de concrétisation
d’une telle politique.
Le
récent dialogue inter congolais à Sun-City a révélé une
difficulté commune aux tentatives de réconciliation nationales de nos
pays africains : Un problème de partage du gâteau national: les
richesses, le pouvoir… Les tiraillements des uns et des autres pour en
déguster sinon la totalité, du moins la part du lion, a provoqué des
maux atroces, qui semblent trouver en terre africaine mieux
qu’ailleurs, un asile hospitalier : génocides,
rebellions, instabilité politique, économique, social, insécurité,
des présidents réélus indéfiniment…. La région des grands
Lacs, le Congo Brazzaville, l’Angola, la Centrafrique, le Tchad, La
Guinée Conakry, le Libéria, la Sierra Léone en savent quelque chose.
Pourtant, les cris de détresse des victimes par trop longtemps
meurtris, déchire désespérément le ciel africain: « Assez !
Plus de génocides, plus de guerres, nous voulons la paix, la sécurité.
Nous voulons profiter de nos richesses ! ».
D’aucuns se plaignent des manipulateurs occidentaux. Bien
que fondées en bien d’égards, ces plaintes ne sont pas libératrices
car le mal est avant tout interne : Nous n’arrivons pas à faire
un partage équitable de nos richesses car nos intérêts personnels
priment sur l’intérêt général et par le fait même nous sommes
divisés et donc facilement manipulables. Comment alors opérer un
partage qui fasse table rase des atrocités indescriptibles et qui établisse
la paix ? Partager sans orientations aucune ou par des compromis ne
profite en rien : nous ne serons alors plus des nations mais des
conglomérats n’ayant cure que de contrôler la part qui leur est due.
Ainsi, la nécessité d’une noble visée commune s’impose.
Si la politique est l’art de bien gouverner la
« polis » (la cité), elle n’atteindra son but que dans la
mesure où les acteurs politiques privilégient l’intérêt général
des membres de cette « polis ». Cela suppose inévitablement
un mis à l’écart de tout intérêt particulier et égoïste. Il
s’agit de se départir d’une vision trop exiguë pour embrasser une
vision large, quand bien même cela est astreignant, pour qu’advienne
un avenir moins hideux. En d’autres termes, chaque acteur politique
devra avoir l’intérêt de tous devant les yeux.
Cela
sera concrètement possible par la reconstruction du droit comme
le suggèrent certains (Cf. l’article « Reconstruire le droit »
de Mazembo dans le numéro janvier-mars 2002 d’Afrique d’Espérance).
Toutefois, on ne peut construire un Etat de droits qu’avec un peuple
éduqué à la chose politique et à l’intérêt général. Or une
telle éducation ne saurait être sans sous-bassement morale. Donc, il
s’avère opportun d’imprimer dans l’éducation des jeunes
Africains des valeurs morales telles que le sens du sacrifice, le souci
de l’intérêt de la Nation pour espérer un futur meilleur. Ceci
permettrait effectivement de construire un Etat de droit qui garantirait
à sa mesure, le bien de tout le peuple. Des valeurs africaines jadis
exaltées et aujourd’hui altérées telle que la solidarité auraient
été des prédispositions à de telles visées si elles étaient dépouillées
de leur cocon clanique, car nos cultures africaines, en général
holiste, faisaient primer le tout sur le particulier.
De là nous pouvons tirer aisément quelques conséquences
heureuses : Un peuple éduqué à une telle fin ne se laissera pas
brimer par quelques politiciens avides du pouvoir et désirant être indéfiniment
réélus. Si l’autorité
n’est que la chance d’être obéi, tant que le peuple lui désobéira
malgré les représailles que ses proches pourront organiser, il ne fera
pas long feu.
Un peuple uni par une telle fin décidera par lui-même et
refusera d’être téléguidé par de quelconques « directions
d’agence » n’ayant souci que de leurs intérêts au détriment
de la vie des centaines et des milliers d’êtres humains.
Le peuple étant uni, toute agression étrangère se
heurtera et s’arrêtera devant la massivité de la force de l’union
nationale, quelle que soit la perfection de son arsenal militaire. La
petite Vietnam n’a-t-elle pas tenue tête à la géante USA ?
Pour
conclure, nous voulons évoquer la personnalité de Nelson
Mandela, qui a incarné la figure de l’homme politique modèle :
Le bien de son peuple, est un idéal pour lequel il accepta de se priver
de la chaleur familiale et de purger la peine d’un emprisonnement qui
dura 27 ans après une lutte qui elle-même s’est révélée rude à
cause des dirigeants racistes et pro-apartheid de l’Afrique du Sud
d’alors. Au prix de détermination et de sacrifices, il a permis un
grand pas dans la réalisation de l’idéal pour lequel il luttait :
Une Afrique du Sud démocratique. Puisse nos politiques africains
prendre modèle sur cette homme, pour que déterminés et donnés à
leurs peuples, ils donnent l’espoir d’une Afrique debout, libre et
prospère.
Naortangar
Rodrigue,
e-mail: naortaman@yahoo.fr
Kinshasa, RDC.
12/04/2002
Révélation!
Avant tout, salut Hamid Kodi Moussa avec l'équipe"ialtchad"
ainsi qu'à tout(es) mes compatriotes.
Ma révélation se base sur la réalité et celle-ci est dure mais
la cachée c'est pire à l'ère où nous en sommes. Je veux que notre génération
prends courage de dire la vérité afin de revendiquer nos droits
pour pouvoir reconstruire notre chère patrie qui ne cesse pas encore de
se déchirer par la guerre depuis 11 Août 1960.
Il nous faut une bonne gouvernance car
on jamais connu un Président qui pense aux citoyens et au développement
du pays. Malheureusement ce sont les malfaiteurs et profiteurs qui
ont saisi la chance de diriger. Pourquoi si un fils ou une fille du
Tchad dit la vérité quelques têtes l'opposent? Si la personne éclaircit certaines
obscurités c'est justes pour sauver la vie de tout un peuple. Jetons
un clin d'œil sur le média qui
prouve la modernité, l'autocritique, la liberté d'expression...
par exemple: tu peux critiquer le Président Bush, sans hésiter,
celui représente la puissance mondiale. Peu importe le monde qui
connectent sur notre site ialtchad.
Chers(es) compatriotes partageons nos
idées dès temps afin d'améliorer la position économique, politique,
industrielle,...du Tchad. Au lieu de riposter dans le vague. Merci de
votre compréhension. Et bonne connections sur l'internet.
Par Mahamat
Abakar Rozzi de Caen en France
11/04/2002
A quand une remise en cause collective?!
Il nous arrive de fois que certaines interrogations hantent
nos esprits sans le vouloir. Au regard de l’ambiance teintée de pétrole
qui règne actuellement au Tchad, de l’histoire du Tchad, de ses
enfants et de leurs actes, au regard des actes que posent nos dirigeants
depuis les années d’indépendance, des orientations faites aux
politiques économiques, de la longue guerre civile qu’a connues le
Tchad, je n’ai pu m’empêcher de me poser cette question: un véritable
libérateur du Tchad, est-ce une hallucination?
Loin de moi l’intention de me plonger
dans l’exercice le plus favori de certains à savoir: la
plainte et l’indignation. Elles n’ont jamais résolu un problème.
Mais c’est un état de faits qu’il faut restaurer de manière à
susciter des interrogations en chacun de nous.
Je me souviens encore, il y a quelques années quand j’étais
à l’école primaire, qu’ on expliquait la misère des tchadiens par
les facteurs naturels tel que la sécheresse, l’absence d’un port
maritime, son enclavement, l’absence
de produits phares d’exportation.
Aujourd’hui, le débat devrait être clos avec les la découverte
des réserves du pétrole et les travaux sur les sentiers pétroliers de
komé.
Mais que constate t-on ? des inquiétudes montent
partout ; sont elles légitimes ou fruit du
Tchado-pessimissme ? on ne saurait répondre à cette question de
manière tranchée à ce stade. Ce qui est sûr, le pétrole n’est
profitable au citoyen qu’à travers les possibilités d’emploi
qu’il lui offre et non fondamentalement
les recettes issues de la
vente du Brut comme beaucoup le pensent. En effet, dans le même ordre
que les aides au développement accordées en pompe par les bailleurs de
fond qui n’ont servi qu’à ceux en qui on a confié la gestion de
ces fonds, le projet pétrolier du Tchad risque d’accoucher une souri.
L’exemple du Gabon doit pourtant nous édifier à ne pas tomber dans
les mêmes erreurs. Voilà un petit pays avec moins de deux millions
habitants et avec d’énormes ressources
pétrolières, on constate tout de même que la grande masse souffre.
L’insuffisance de la préparation à ce projet, le passivisme
risquent de compromettre la relève de ce pari. C’est donc
logique que les postes les mieux rémunérés reviennent aux expatriés
mieux outillés. Nous ne nous contenterons des miettes nécessaires pour
gérer le quotidien.
Il n’y a points de richesse que d’homme.
Et je suis persuadé que
la pauvreté de notre pays découle de notre pauvreté en tant
qu’homme. Elle est une résultante de nos forces et de nos faiblesses;
L’homme est au début et à la fin de tout développement,
disait si bien le regretté Léopold Sedar Senghor. Mais
Avons-nous à cœur de faire avancer les choses dans le sens noble du
terme ?
Mon père, le paysan, quant tu reçois les recettes de ta récolte,
penses-tu aux possibilités
d’accroître la capacité de la production à la prochaine récolte ?
Mon oncle, l’éleveur, que fais-tu de tes nombreux
troupeaux ? es-tu conscient de ta place irremplaçable dans le développement
du pays ou joues-tu seulement à l’égoïsme en faisant détruire les
semences du papa par tes troupeaux en quête de pâturage ?
Ma mère, la ménagère, quant papa te présente ses
revenus, quels conseils, tu lu donnes par rapport à la gestion de ces
revenus ?
Mon frère aîné, le fonctionnaire de l’Etat, prend-tu
en compte la dimension de ton traitement salarial dans ton
fonctionnement de tous les jours et combien alloue-tu aux activités
productives ?
Technicien supérieur que je suis, que fais-je pour innover
le milieu où je suis appelé à travailler ? Quelles sont mes préoccupations
quand je suis au travail? Sont-elles uniquement d’ordre salarial ?
Mon frère cadet, le chômeur, que fais-tu de tes temps de
chômage ? Consacres-tu ce temps à chercher les solutions
ou préfères-tu te distraire dans les bars et les cabarets
en cherchant les bouc émissaires, responsables de ton mal?
Ma sœur l’élève, de quoi discutez-vous avec ton petit
ami qui vient tous les soirs à la maison ? Écoutes-tu ses
conseils qui te disent d’écourter tes études pour devenir sa femme
ou ambitionne-tu d’aller le plus loin que possible, devenir même
professeur agrégé car les moyens intellectuels ne te manquent pas ?
Mon neveu le cultivateur, tu as laissé les énormes terres
arabes que Dieu a mises gratuitement à ta disposition pour venir
chercher bonheur à N’djaména. N’djamena ne t’a rien donné. Que
comptes tu faire maintenant ? vivre du parasitisme ou retournes-tu
chez toi, là où tu peux vivre dans la dignité, à la sueur de ton
front ?
Mon grand-père le sage, tu as peut être au plus 5ans, 7
ans ou 10 ans à vivre encore. sur la terre, vu ton âge très avancé
et ton état de santé fragile. Que
fais-tu de ton énorme trésor de sagesse, les secrets ancestraux qui
font de toi un homme mystique ? vas-tu mourir avec ces valeurs qui
sont nos supports en cette période de mondialisation , d’émancipation
de la femme ? ou plutôt vas-tu nous transmettre le flambeau ?
Mon cousin le pasteur, cherches-tu le salut éternel de ton
peuple ? Contribues-tu à cultiver la paix au sein de tes adeptes,
à les aider à se détourner du
mal ou vises-tu seulement les offrandes et les dîmes de
dimanches?
Mon marabout, El hadji,
que prêches-tu à tes adeptes ? la paix léguée par
Mohammed ou la domination des autres ?
Toi, mon compagnon, tu es venu à l’extérieur pour étudier.
Après plusieurs années d’étude, tu es le seul à savoir si tu as
fini ou non mais visiblement, tu rencontres beaucoup de difficultés.
Peux-tu rentrer au terroir de tes ancêtres d’où personne ne peut te
rejeter pour mettre ton expérience au service de tes siens ?
Mon ami, le fonctionnaire international, quelle est la
place de ton pays dans les privilèges que tu as ?
partages-tu tes riches et nombreuses expériences avec tes frères
du terroir ?
En fin, Monsieur l’homme politique, le papa national
, Monsieur, quelles sont tes motivations et tes convictions en visant la
conquête du pouvoir ou en l’exerçant ? est-ce pour assouvir une
soif personnelle sur le dos des populations? as-tu un projet de société
pour ton peuple ou garantis-tu seulement les intérêts claniques ?
Dis-moi, Monsieur l’opposant démocratique ou monsieur
l’opposant rebelle, qu’est ce que tu proposes à tes frères
tchadiens ? Qu’offres-tu à tes concitoyens après avoir obtenu
le fauteuil ministériel ou présidentiel ?
Dis-moi, Monsieur le politicien, toi qui
a dirigé les destinées de ton pays ou qui dirige encore, qu’as-tu
fait de pérenne pour la nation tchadienne ? Combien de routes
as-tu bitumé? Cites moi le nombre des hôpitaux, des écoles, des
monuments que tu as crées ? Que
fais-tu de tes nombreux voyages à l’extérieur ? Qu’attend-tu
pour copier ce que l’extérieur présente de bon ? As-tu le souci
de pousser le pays que tu diriges au même diapason que ceux que tu
visites allégrement et régulièrement ? Que ressent-tu au regard
de la misère de tes concitoyens ? les tchadiens sont-ils tous égaux
à tes yeux ?
Autant de questions dont les réponses sont à mon avis,
importantes pour amorcer le processus de développement de notre cher et
commun pays.
Oui, chacun de nous a une pièce à apporter à l’édification
et nous devons en être conscients, si nous voulons être au rendez-vous
des pays prospères.
Vivement un mea-culpa collectif.
T.Symphorien
04/04/2002
Tendre la main à un frère, tendre la main à un avenir prospère
Je ne saurais demeurer indifférent face au geste loyal de
Félix Ngoussou qui tend une main de réconciliation à Abakar Mahamat.
Leur différent, par la virulence qu'elle a parfois fait montre ne
laissait pas envisager un quelconque "pacte de réconciliation".
C'est là un geste qui, si seulement pouvait être appliqué par la
majorité des Tchadiens, serait une garantie de l'avenir d'un Tchad réconcilié
avec lui-même après les affres sanglantes tribales, ethniques,
claniques, régionales, religieuses, politiques de son passé; et par le
fait même un Tchad prospère, car il ne peut y avoir de prospérité
nationale véritable sans concorde nationale. Il ne faut pas non plus
nourrir l'illusion qu'alors une "uniformisation passive" résoudrait
tous les problèmes. Il faut des débats qui se contredisent pour
qu'apparaissent la vérité car elle ne peut être l'apanage de quelque
parti. La solution viendra non pas d'hommes et de femmes qui se
combattent mais qui d'hommes et de femmes qui confrontent leurs idées,
des idées peut-être contradictoires, mais qui visent tous un bien
commun: celui du pays. Par ailleurs, des débats d'idées qui dégénèrent
en débats de sentiments ne sauraient disparaître carrément en raison
de notre nature humaine à bien des égards violente. Mais notre
grandeur d'âme consistera à les dépasser chaque fois pour viser le
bien commun. Je veux donc exprimer ici ma joie de voir cette main tendue
de Félix à Abakar, je serais encore plus joyeux si je vois celle d'Abakar
la serrer vigoureusement. Je voudrais aussi saluer l'encourageant mot de
Yacine en faveur d'un esprit communautaire d'action. Abakar, à vous la
balle!
Naortangar
Rodrigue, Kinshasa (RDC)
e-mail: naortaman@yahoo.fr
03/04/2002
L'amour de notre pays
J'ai été très
ému par le sens de responsabilité et d'amour de notre pays qui se
cachaient dernière les débats houleux entre Ngoussou et Abakar. En réalité
ce débat n'était pas aussi négatif que ça, même si les mots parfois
désobligeants qui ont été utilisés nous ont gênés. Les deux ont
simplement montré chacun leur amour pour le pays mais selon leur tempérament
propre. Ce débat nous aura tous appris à savoir que nous pouvons aussi
en arriver là. Mais le plus important était le récent article de
Ngoussou auquel je suis sûr qu'Abakar ne tardera pas à réagir. J'ai
senti avec force l'élan de dépassement et de tourner la page qui
habitait Ngoussou quand il avait décidé de tendre, à travers ce pathétique
article, une main fraternelle à Abakar. L'article exprime un grand sens
de responsabilité que je salue. Je suis content et fier de savoir
qu'ils sont capables de transcender leurs malentendus pour que ialtchad
soit véritablement un lieu non seulement un espace d'union mais aussi
de partage d'idées pour la construction de notre chère patrie. Nous
devons tous être prêts à suivre leur bon exemple au cas où d'autres
cas pareils se présenteraient. Car il est clair que tout lieu de débats
contradictoires comme ialtchad contient nécessairement des risques
comme nous en avons vécu avec nos deux amis. Il ne faut pas avoir peur
de se confronter aux idées contradictoires. De toute contradiction sort
l'heureuse vérité. Nous ne pouvons vraiment pas y échapper si nous
voulons avoir des débats authentiquement contradictoires. Mais le plus
important aussi est d'en être conscient et de les assumer avec
responsabilité.
J'en profite pour saluer ialtchadement tous les ialtchad,
surtout nos deux amis. Je forme le vœu le plus cher que ialtchad soit véritablement
le lieu qui nous aide à grandir davantage en maturité, en
responsabilité et en amour pour chacun de nos compatriotes et pour
notre pays.
Mbaihornom Ngotar
Bruno.
01/04/2002
Vision
d'un fils du pays
J'ai l'intime conviction que
le renouveau du Tchad ne se fera que si l'on règle nos petites
querelles internes. A savoir la recherche de l'intérêt général et
non la défense du clan ou de l'ethnie. Ce qui est d'ailleurs la
philosophie du pouvoir actuel, hérité des régimes antérieurs. Le
changement ne viendra donc :
- Ni du gouvernement actuel (leur vision du Salut et du
Patriotisme non merci)
- Ni des partis de l'opposition actuelle, dont la majorité
ont fait leur incursion dans le gouvernement, mis à par leur brusque
changement de niveau de vie ne nous ont rien apporté.
- Ni des mouvements politico-armés (leur choix est tout à
fait légitime mais il ne reflète en aucun cas la volonté des
tchadiens).
Le dernier en date qui défraya la chronique à savoir le MDJT a
entretenu pendant longtemps un certain espoir, mais vu la tournure des
choses nul doute que se sera un éternel recommencement.
Le véritable essor, c'est du peuple qu'il découlera. Mais à ce jour,
très, peu nombreux sont ceux qui ont le courage d'agir. L'heure n'est
plus au martyre, mais à une action d'envergure, dans l'unité et
l'engagement commun. Mon discours est peut être pessimiste, mais il
exprime la réalité des choses. Toute critique constructive sera la
bienvenue.
Écrivez-moi
: yacine_f7@hotmail.com
Lyon, FRANCE.
PS : soyez plus nombreuses les filles, on a aussi besoin
de vous.
16/03/2002
Une précision
j'ose me permettre ce droit de relever certains manques de précisions.
comme bcp de compates soucieux du devenir de leur chère patrie, je suis
au regret de noter un certain nombre d'insuffisances quitte à mettre
sur le dos de manque d'informations ou d'un choix deliberé de
restreindre les evenements justes et justifiés au profit de ce
qui serait appelé l'intervention de l'etat d'âme. en parcourant le
site, je suis malheureusement resté sur ma soif car en aucun moment je
n'ai vu apparaitre une analyse critique et honnète des événements qui
ont jusqu'à là marqué le tchad et continue à le marquer.cependant,
permettez-moi de vous encourager dans cette mission que vous vous ètes
assignées, nobles bien entendu, de faire l'unamité, autour de
certaines questions brulantes et sensibles de notre pays l'incomprise
patrie,le tchad, qui n'auront de solutions que lorsqu'il ya une juste
sociale,justice sans laquelle aucune paix sociale ne peut être instaurée.
et upso facto aucun developpement dans une instabilité institutionnelle
et politique généralisée et dans un désordre chaotique, pire un etat
de delabrement total sans parler de l'insécurité galopante. en effet ,
si vous me le permettez, la mission -votre mission- consiste,je pense,
à laisser libre cours aux débats, dans un esprit de neutralité
absolue et non de mettre d'entrée de jeux des gardes fous,sous pretexte
que j'ignore.mais permettez-moi enfin de vous rappelez une chose, une
toute petite chose: c'est surtout dans la confrontation des propos
divergents et contradictoires que l'on evalue la grandeur et les qualités
d'un homme.mais si célà n'existe pas où se trouve alors la
notion de ne jamais dire le contraire de ce qu'on pense, pire encore débattre
pour plaire à l'interlocutaire.
bekourou@refer.sn (
mon contact depuis dakar au sénégal).
ialtchad
Réponse- Bonjour
Monsieur, Merci pour vos remarques et aussi votre gentil
encouragement. Cependant ialtchad est une tribune pour tous les
tchadiens et il revient à ceux deniers de réfléchir, débattre, et
proposer des analyses, donc la mission de ialtchad comme vous le dites
et que nous l'avons aussi mentionné sur le site c'est de laisser libre
cours aux débats, dans un esprit de neutralité absolue. Or ce principe
engendrerai des paradoxes si ialtchad cesse de devenir une tribune ou un
arène en tentant d'usurper des rôles qui sont par essence
qualificatifs et lui appartiennent guère. ialtchad croit qu'il serait
intelligent d'inviter les autres ialtchad à participer dans ce sens ou
tout simplement apportez vos "analyses critiques et honnêtes"
qui s'avèrent manquer au site et ignorer de bien d'autres ialtchad,
afin bien sûr, de parer aux lacunes dont vous faites mention sans
vraiment les élucider et aussi dans l'intérêt de tous les fils et
filles du Tchad. Mais si jamais vous pensez qu'il y a des
entraves(gardes fous) qui peuvent vous empêcher d'apporter vos idées,
dites nous car nous les ignorons et www.ialtchad.com
vous servira avec plaisir. Merci encore, ialtchad espère vous lire très
bientôt sur le Forum, vos idées nous intéressent.
ialtchadement, Hamid Kodi
13/02/2002
Ou va l'effort Tchadien
Le
Tchad plus jolie que sa carte géographique, il n'y a pas, un drapeau
encore plus beau, un hymne national prometteur d' avenir rayonnant; plus
un un nom très original qui veut dire forcement loin quelque part un
casse-tête; un pays remorquer par la Banque mondiale qui nous
fait vivre le mal du monde moderne avant d'y avoir goûter son bien, on
brûle les étapes mais c'est pas dans notre avantage cet injection
d'argent a répétition et l'application a sens unique d'un statut stéréotypé
qui déséquilibre la personnalité politique de notre pays en poussant
tout les cadres a s'entassés dans le camp du pouvoir exécutif pour vu
que c'est la seule entreprise au sein du quel on dîne bien; cella a pu
empêcher tout litige censé de la part des législateurs;on vis une
harmonie constitutionnelle de la pur fiction, dans un temps ou il
fallait que les concernés(les magistrats) trouve le chemin et les
moyens d'assumer leur devoir, ce n'est pas évident mais il le faut après
des études aussi longues et appropriés, pour faire comprendre a leurs
confrère de l'exécutif qu'a force de vouloir tout faire seul on finis
par tout rater et qu'il ne faut jamais donner a seul homme une vie aussi
longue que celui d'un peuple.
Démocratie, être ou ne pas être la fameuse
question ne se pose pas dans un pays ou on n'osent jamais même pas une
seule fois braver le saint-argent, ni honneur ni vertus ne lui rivalise;
la méthode est simple concentre toi et fait la politique du ventre pas
(celle des tout le monde) t'as 500f seul t'es plus riche que d'en avoir
1000f chacun dans un groupe alors fais en sorte, mais
pourquoi ce sont les bien placés les plus instruis qu'ont toujours le
plus peur du faim?, est-ce parce qu'ils connaissent bien les effets
destructives du malnutrition, les effrayantes spectres des maladies;
au lieu d'un peuple mis a mal dans son quotidien privé de tout, exposé
a tout risque, qui se contente de ND'jaména notre grande ville, la crème
de patrimoine tchadien, elle est toujours torturée au pire moment
par la STEE; qui devait être diriger par un directeur qui n'a jamais
passer une seule nuit en dehors du Tchad pour qu'il puisse être en
accord avec lui même. Qui a tors, ce n'est pas une énigme, mais
il est absurde de dire que 4 ou 5 hommes nous ont réduis ainsi; tous ça
sans mentionner les défis écologique qui nous menace, des soucis
vertigineux, heureusement on se demande par fois est-ce que on a raison
a culpabiliser autant que ça un État moins âgé que son chef d'état
un pays dépassé dans son niveau de vie par son propre peuple, sérieusement
cherchons la solution au fond de nous même ni vaincre ni mourir plutôt
existons et participons a l'unité au travail pour le progrès.
Ahmat Mahamat
Saleh
31/01/2002
Joindre l'espoir national
Bonjour
mon compatriote, Voila, une bonne conception tchadienne et un indice
constructive du future génération tant attendu par notre
souffrante nation, dit-on ensemble à tous nos jeunes et futures
responsables, intellectuelles élargissons nos horizons d'intérêt ;qu'
il est grand temps pour changer notre conduite d'autrefois celle de la
majorité des nos aînés, parce qu'elle ne nous à pas menée jusqu'à
maintenant loin des annés1960, nous le savons tous quelle gâchis
humanitaire, financière, temporelle, ça été! c'est déplorable,
chers frère et sœurs; pourtant ce n'est pas la connaissance, l'ingéniosité,
ou le pouvoir qui manque, c'est tout simplement la bonne volonté et un
peu de ténacité, moins que l'acharnement qu'il fallait pour faire la
guerre fratricide. Ne nous trahisons plus à % nous les jeunes et
l'avenir du patrie sera % GARANTIE. Un parmi les millions de tes
compatriotes:
Ahmat Mahamat
saleh
ahmat@hotmail.com
02/01/2002
Félicitations et remerciements
Salut
Hamid Kodi Moussa, C'est avec beaucoup d'allégresse et d'émotion que
je t'écris pour exprimer ma gratitude et remerciement. Car l'acte inédit
que tu viens de poser montre à suffisance ton dévouement et l'esprit
de patriotisme. J'avoue que notre chère patrie a besoin de personnes de
votre qualité. l'opportunité que tu venais de nous offrir permettra à
tous les fils du Tchad d'échanger leur point de vue. Donc pour qu'il n
y ait pas de malentendu, des injures ou encore de quiproquo;les
intervenants doivent faire preuve de responsabilité, de sincérité,
d'honnêteté, et de discipline afin d'enrichir le débat avec quiétude.
En outre je voudrais relever une de mes préoccupations qui me semble un
peu euphémisme c'est le cas de certains de nos compatriotes qui aiment
dire nord-sud ou encore musulmans-chrètiens. Je crois que ces genres de
discriminations ne nous honorent pas. d'ailleurs la constitution de 1996
de la république du Tchad stipule dans ses articles que le Tchad est
indivisible et laïc. d'autres part vous conviendrez avec moi aussi
qu'il n y a pas un pays en recul de par le monde comme le tchad. cela me
conduis à beaucoup songer et à poser des questions: pourquoi es ce que
c'est nous (tchadiens)qui étions les plus débiles?les plus paresseux?
ou bien les plus stupides?....? Sinon comment ça fait-il qu'un pays
comme le Tchad reste l'un de dernier État en construction. Je sais quoi
dire à toutes ces questions. si vous avez de réponses à ces
interrogations n'hésitez à m'écrire pour que je sois consoler. Pour
mettre terme à mon intervention je souhaite bonne heureuse fête du
ramadan et de noël à tous les tchadiens d'ou qu'ils se trouvent. Que
Dieu le tout puissant bénit notre pays. vive ialtchad.
Bakhit Haroun Djoum
Étudiant à l'Université Abdrrahmane Mira de Bejaia
bdjouma@caramail.com
BP: 38 Cedex:26 Bejaia & |