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Billet de
Amine |
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Le
billet de Amine:
«
Humeur
: qu'ils se taisent alors !
»
Par
Amine
Idriss Adoum
Article paru le 04 mars 2006
-
Ialtchad Presse |
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«
Humeur
: qu'ils se taisent alors !
»
Dans
quelques deux mois se dérouleront les prochaines élections présidentielles
tchadiennes. Et comme à l'accoutumée, tous les acteurs sont en train
de se réveiller, l'un après l'autre, pour faire entendre leurs voix
ensommeillées et profondément en des-écho avec le
quotidien. Bien que nous y soyons déjà habitues, cela ne manque pas de
nous irriter. Plus personne n'est surpris, sauf bien entendu les
quelques rares personnes qui viennent de se forger une
espèce de conscience politique.
Ce qui est surprenant dans le discours des soi disant acteurs et
observateurs (étranges personnages qui disent agir pour nous à
distance depuis les fenêtres de leurs appartements parisiens ou
new-yorkais – ça frise la sorcellerie comme auraient dit mes amis
camerounais), c'est la récurrence des idées, des concepts et des
postures. Des phrases vieillottes, des postures entièrement inadaptées,
des stratégies désuètes. A croire que les hommes politiques, les
associations et les observateurs de la vie de notre pays vivent hors du
temps.
Massalbaye
Ténébaye et Delphine Kemneloum se réveillent et nous resservent une
veille idée de pacte pour la paix !
La CPCDC
(désolé je ne connais pas le sigle exact de ce groupuscule de
personnes dispersées entre Paris et Washington et qui ne
semblent être connus que des lecteurs de ialtchad) se cramponnent à
des stratégies que l'Actus de Fidel Moungar à l'époque
a testé sans succès. Beaucoup d'étudiants, longtemps endormis, se
réveillent subitement et se rendant compte de leur situation de
« perdus dans les vastes étendues américano-canadiennes ou sur
les bords de
la Seine
», reviennent nous servir des analyses academico-intellecteulles sensées
éclairer notre compréhension de la politique de notre pays. Certains
encore, se demandant comment se faire connaître, vont jusqu'à vouloir
jouer au révisionniste (mais sans la classe et le talent qui fait d'un
révisionniste quelqu'un de dangereux - d'ou je recommanderai simplement
aux familles et aux associations des victimes de Habré de ne pas se
laisser impressionner par monsieur Assilec Halata ; il n'a ni la carrure
ni l'intelligence d'une personne capable de déformer la vérité)
certainement en vue d'un positionnement politique prochain. Bref, que de
litanies et de discours ennuyeux et qui sont devenus à la longue
énervants.
A
part les articles de Ahmed Lyadish et de Enoch Djondang que je trouve osé
en ces temps difficiles, la plupart des commentateurs restent décevants.
La plupart des positions sur les futures élections ne sont ni opératoires
ni spectaculaires. Quand Delphine Kemneloum coordonnatrice du Comité
pour
la Paix
au Tchad déclare qu'aller aux élections maintenant empirerait la
situation, je me dis que l'adresse postale de cette dame doit être
Jupiter ou Pluton. La situation ne va pas empirer. Elle n'a jamais été
aussi pire. Et ce n'est pas le fait d'aller aux élections qui la
rendrait encore plus dramatique. Massalbaye Tenebaye, président de
la LTDH
, Delphine Kemneloum, Soubiane,
la CDPDC
et l'ensemble des poltrons politiques et associatifs qui les peuplent doivent
arrêter de vouloir partager avec nous de cette façon grossière leurs
peurs du quotidien, leurs fantasmes aussi. Nous avons nos propres peurs
et nous les assumons déjà avec beaucoup de difficultés. A N'Djamena,
et dans n'importe quelle petite ville du Tchad, personne n'a osé
applaudir quand la banque mondiale a décidé de suspendre ses crédits.
Qui oserait d'ailleurs ricaner devant la fermeture de la seule boutique
encore capable de faire des prêts dans un quartier ? Sauf bien sur ces
quelques personnes que je viens de citer, et qui croient encore que
l'avenir se dessine à Paris.
Je
crois que nos commentateurs et nos acteurs politiques, nos « élites »,
devraient simplement revoir leurs copies (ils me rappellent nos bons
vieux professeurs de la faculté d'Ardep-Djouml, qui relisaient les mêmes
cours dix années durant) avant de nous les resservir les
prochaines semaines. Nous voulons du neuf. Nous attendons
d'eux de l'espoir et
non de la fuite. Nous attendons d'eux des positions fermes et pas des déclarations
lâches. Nous attendons d'eux qu'ils nous conduisent et pas qu'ils
viennent se cacher à Paris ou derrière nous. Nous attendons d'eux
qu'ils se comportent en hommes et en femmes capables de faire face à
une situation unique dans l'histoire de notre pays, des hommes et des
femmes capables
d'assumer ce rôle unique que l'histoire est en train de leur
offrir sur un plateau
d'argent. Si ce n'est pas cela, qu ils se taisent donc et nous laissent
combattre avec nos armes à nous, qui sont les armes de la résistance
quotidienne.
Amine
Idriss Adoum
Ialtchad Presse
Pour
vos réactions : aminidriss@yahoo.fr
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