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La mise en œuvre des réformes des Institutions de
la CEMAC
, décidé par les chefs d’Etat de la sous région lors du
dernier sommet de N’djamena( ironie du sort ?) est en passe
de remettre en cause les acquis en ce qui le Tchad
quant à sa position dans le Gouvernement de
la Banque des États de l'Afrique Centrale (Beac).
En effet, l’entrée au gouvernement de 3 autres pays que sont le
Cameroun,
la RCA
et
la Guinée Équatoriale
avec des titres de Directeurs Généraux se traduit par une mise
à plat de la structure actuelle de la banque centrale et une
nouvelle définition des « chasses gardés » des États.
Malheureusement, cela se fait au détriment du Secrétariat Général,
poste qu’occupe le Tchad. Le comité ad hoc mis en place, par le
Vice-Gouverneur, au sein de
la Banque, tout en oeuvrant pour renforcer l’influence de celui-ci, a
littéralement vidé le Secrétariat Général de l’essentiel de
ses prérogatives, lui conférant désormais qu’un rôle
symbolique. Le projet d’organigramme de la Banque, entériné
par le dernier comité ministériel, qui s’est tenu le 12
juillet 2007 à Yaoundé, fait que le SG perd 3 des 4 départements
qui étaient sous sa responsabilité. Aussi paradoxal que cela puisse paraître,
le ministre tchadien des Finances ne s’est pas empêcher de
souscrire à cette entreprise de démantèlement.
Les manœuvres du
V/Gouverneur.
Avant cette série des reformes, cette personnalité qui ne
faisait que de la figuration, ne supportait pas le fait que le SG
ait pu tirer son épingle du jeu dans le trio de tête
gouvernemental. Notamment, il voyait d’un mauvais oeil la parfaite
entente entre MAMAPELOT et GATA, collaboration qui parfois, frisait
la complicité et qui le mettait hors jeu. Le départ dans les conditions que
l'on sait du gouverneur lui apparaissant comme une aubaine, régler le compte à GATA, constitue alors son objectif
primordial. Ce faisant, il s’attaque aux intérêts de tout un État.
Sous le couvert de reformer les textes de base de
la Banque, il a mis, dans la précipitation, en place un comité « d’experts »
taillé sur mesure afin d’atteindre ses noires desseins vis à
vis du Tchad. Sur la composition de ce comité beaucoup d’encre
et de salive ont coulé. Mais rien n’y fait. L’on a relevé
entre autres comme dérives, la désignation
sur la base fantaisiste, clientéliste et symbolique ( à titre de
faire-valoir) de certains membres ; la mise à l’écart des
personnes reconnues notoirement comme ayant une « autonomie
et indépendance d’esprit ». Bref, il avait fait la part
belle à son pré carré et ses obligés. En plus, ce comité a
travaillé dans un black out total, le projet de textes, issu de ses travaux n’a,
d’ailleurs,
fait l’objet que d’une diffusion limitée, auprès exclusivement des personnes choisies et sélectionnées
en raison de leur sensibilité ou leur appartenance supposée ou
avérée au pré carré du vice-Gouverneur. Incohérences et
aberrations sont signalées çà et là dans
ce document. A titre d’exemple, couper le lien entre les
Ressources Humaines et
la Formation;
la Drh
relavant de la mastodonte Direction Générale d’Exploitation,
la DF, pour sa part, de
la Direction
des Études, Recherche. Si on admet que la formation est un volet
de la politique du management des ressources humaines, cette
proposition nous laisse perplexe. En plus, on semble n’avoir pas
pris en compte de l’épineux problème de l’équilibre des
pouvoirs qui a justifié ces importantes réformes, la création
d’une Direction générale d’exploitation qui représente à
elle seule, plus de 95 % des activités de
la Banque
, en est une illustration. C’est d’ailleurs vers cette
Direction Générale que vont l’essentiel des anciennes prérogatives
du SG. Cela s’appelle déshabiller Paul au profit de Pierre.
Selon toute vraisemblance, cette direction générale échoirait
à
la RCA, ce qui non seulement renforcera sa position, mais aussi, lui
conférera le statut de grand bénéficiaire de cette redistribution des cartes.
Et pour cause !
Ajouter au nombre des incohérences, cette confusion délibérément
entretenue, selon laquelle d’un côté, le SG est la troisième
personnalité de
la Banque
et de l’autre, il est placé au même niveau que les 3 DG.
Incivisme tchadien
Si l’unanimité se dégage quant à la nécessité de défendre
les intérêts de
la Communauté
, pour autant, l’on
ne peut aucunement accepter toute transaction qui tend à remettre
en cause les acquis du pays. En l’occurrence, le nouvel
organigramme de la Beac, telle que définie dans les conditions
évoquées ci-dessus et, qui, manifestement, porte atteinte à la
place du Tchad au sein de cette institution, devrait être dénoncée
avec toute la vigueur qui soit et rejetée en bloc. Cependant,
force est de constater du côté des représentants du Pays, aussi
bien, au niveau du comité ministériel et du Conseil
d’Administration qu’au sein de
la Banque
où deux personnalités occupent des fonctions importantes ( SG et
DCG), aucune réaction, à la hauteur de cette inimitié, n’a été
notée. En revanche, une lutte de positionnement s’est engagé,
en sourdine, entre les différents protagonistes autour du poste
de GATA, qui lui-même, n’a pris aucune initiative de
nature à sauvegarder les acquis du Tchad.
Du côté des cadres, une trentaine au total, on l’était
à l’expectative. Certaines personnes, craignant les foudres
d’un camp ou l’autre, préfèrent esquiver la question.
D’autres, une minorité, sont ceux qui estiment qu’il y a lieu
de faire quelques choses mais, ils n’ont pas été écoutés soit, en raison de
leur jeune âge, soit par rapport à leur relative ancienneté à la
banque.
Le
Comble de tout cela, c’est la légèreté et le manque de sens
de responsabilité du Ministre des Finances qui,
tout le long des travaux du Comité Ministériel, n’a, à
aucun moment, cherché à connaître la position des cadres de la maison sur les différents enjeux de ces réformes. Suffisance,
arrogance ou orgueil primaire ou alors incompétence? En
tout cas,
son attitude a été contre-productif pour le pays. A ceux ( ou
celui) qui l’ont (a) mis à ce poste d’en tirer les conséquences.
Tout
n’est pas totalement perdu.
La date du
28 juillet 2007 : une opportunité.
A cette occasion, Le Tchad doit marquer son refus en récusant
le nouvel organigramme de
la Banque. Il
convient de faire appliquer les réformes sans porter atteinte aux prérogatives du SG. Mieux, par
souci d’efficacité de l’organisation, il serait judicieux de
lui donner les missions de coordination des activités des
directions générales. Bien sûr, un regroupement des directions
centrales suivant des affinités fonctionnelles est possible.
Les Tchadiens
sont interpellés, chacun en ce qui le concerne, là où il se
trouve, afin de faire face à cette conspiration «
subtilement » montée contre le pays.
Merci.
Mahamat DJARMA BOURMA
djarma_78@yahoo.fr
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