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Ce « nous »,
c’est les populations de la zone CEMAC comprenant surtout le
Gabon, le Congo Brazzaville, le Cameroun, le Tchad et
la République
centrafricaine. C’est nous, hommes, femmes, et jeunes qui avons
de la peine à joindre les deux bouts. C’est nous dans nos
villages, dans le monde rural sans infrastructure routière,
sanitaire, scolaire. C’est nous pour qui des sommes faramineuses
ont été empruntées et gaspillées sans amélioration de vie
aucune. Suivez le
reste dans ce document.
Le
choix de cette zone n’est pas fortuit et il l’est pour deux
raisons essentielles : le degré de haine que ces dirigeants
affichent à l’égard de leurs pays et leurs concitoyens et la
dilapidation des ressources naturelles avec son corollaire de
corruption.
Le
degré de haine réside dans le fait qu’à l’exception du Président
Bozizé de
la République Centrafricaine
, les autres quatre présidents sont à la commande de leurs états
pendant de très longues périodes.
Le Gabonais Omar Bongo Ondimba est au pouvoir depuis 1967
et totalise plus de 38 ans de règne.
Il vient de briguer un autre mandat pour encore 7 ans.
Le Camerounais Biya n’est pas très éloigné du temps
record accumulé par son aîné Bongo.
Biya est à la tête du Cameroun depuis 24 ans et ne s’en
presse pas de quitter le pouvoir.
Sassou-Nguesso accumule 19 ans de pouvoir et fait du Congo
sa véritable vache à lait. Le
Président Idriss Deby Itno suit de très près ses voisins avec
16 ans de pouvoir et cherche à s’éterniser à l’instar des
autres. Bozizé vient juste
d’être mis au pouvoir par son parrain de N’Djaména et si
l’expérience de la sous région est un gage, il ne manquera pas
de s’installer dans le fauteuil impérial pour toute sa vie.
D’ailleurs il y a déjà eu un précédent en
Centrafrique et Bozizé saura en profiter au moment opportun.
|
Pays
|
Cameroun
|
Gabon
|
Chad
|
Congo-Brazzaville
|
Rep
Centrafricanie
|
|
Président
|
Biya
|
Bongo
|
Deby
|
Sassou-Nguesso
|
Bozize
|
|
Au
pouvoir depuis
|
24
ans
|
38
ans
|
16
ans
|
19
ans
|
3
ans
|
|
Superficie
(km2)
|
475400
|
267700
|
1284000
|
342000
|
623000
|
|
Population
(million)
|
16.1
|
1.3
|
8.3
|
3.8
|
3.9
|
|
Dette
extérieure ($ milliards)
|
5.1
|
3.9
|
891.7
million
|
8.4
|
1.7
|
|
Routes
bitumées (%) (2000)
|
--
|
9.9
|
--
|
--
|
--
|
|
Index
de corruption
|
2.2
|
2.2
|
1.7
|
2.3
|
--
|
Note :
Ce tableau est construit à partir des données de
la Banque
mondiale (World Development Indicators 2004 from Development
Gateway)
Selon
Transparency International, les pays dont leur index de corruption
est moins de 5.5 sont de plus corrompus comparés aux pays qui
sont au-delà du seuil de 5.5.
Les indices de corruption dans le tableau ci-dessus en
disent plus. A moins
que nous nous trompons d’analyse, les indicateurs de performance
en termes politiques et socio-économiques de la zone CEMAC ne
sont pas de nature à porter secours à l’état de délabrement
des pays respectifs.
D’abord
tous les présidents de la zone CEMAC s’éternisent au pouvoir
et n’arrivent pas à faire le minimum d’efforts requis pour développer
leur pays. Remarquons
que tous ces pays ont une très faible population par rapport aux
ressources naturelles : le Gabon, le Congo Brazzaville et le
Cameroun recèlent de ressources naturelles abondantes en bois et
pétrole ; le Tchad en pétrole et élevage, diamant et bois
pour
la Centrafrique.
En
observant le tableau ci-dessus, il ressort qu’en plus du revenu
non moins important de ces pays généré par les richesses, la
dette extérieure est aussi très élevée et varie de US$891
million pour le Tchad, à US$8.4 milliards pour le Congo
Brazzaville.
En
matière de réalisations et surtout dans le secteur routier, seul
le Gabon a osé rapporté avoir bitumé 9.9 pourcent de ses
routes. Les autres
pays ne sont même pas fichus de compiler les données dans ce
secteur qui est plus primordial pour la circulation aussi bien des
personnes que des biens. Les
inamovibles leaders se comportent comme si le secteur routier
n’a jamais été cité comme l’une des conditions sine qua
none pour le développement d’un pays.
L’endettement
de ces pays dépasse l’entendement et les réalisations dans les
autres secteurs tels que la santé, l’éducation, les outils de
la communication et de l’information laissent aussi beaucoup à
désirer. Les dettes,
comme compilées dans le tableau auraient suffit largement à résoudre
une grande partie des besoins fondamentaux de la population.
Si cela ne dépendait que de nous, cette dette n’aurait
pu être accumulée mais aurait servi à moderniser les états.
Considérons le cas du Gabon : une dette extérieure
de US$3.9 milliards pour une population de 1.3 million
d’habitants. Faites
un petit calcul et vous nous en direz la suite.
Ce qui fait encore plus mal c’est le fait que les
populations deviennent de plus en plus marginalisées.
Elles ne disposent d’aucun pouvoir de décision et de
pression. Les élections
sont truquées et les résultats sont manipulés à toutes fins
utiles pour satisfaire l’insatiabilité des dinosaures.
La
misère avec laquelle les pays de
la CEMAC
sont gérés a été longuement traitée sur tchadnews.info (lire l’article
pour plus de détails). La
corruption généralisée coûte
US$150 milliards par an pour les pays africains, surtout dans les
industries du pétrole et extractives selon le BBC
Website. Cette
situation est décriée tout récemment par le Président Obasanjo.
Il joint les autres poids lourds qui luttent contre la
corruption tels que l’Honorable Alpha Oumar Konare, Président
de l’Union africaine, le SG des Nations unies Kofi Annan, Paul
Wolfowitz, Président de
la Banque
mondiale et Hillary Benn, ministre britannique du développement
international.
Heureusement
qu’en plus des cris des populations qui sont restées
jusqu’ici inouïes, d’autres voix s’élèvent pour
manifester leur dédain aux pratiques mafieuses de dilapidation.
C’est
peut-être finalement le cas d’un réveil massif pour forcer la
communauté internationale à minimiser les sales pratiques pour
redonner espoir aux générations désabusées de la zone
CEMAC. Que Bongo,
Sassou, Deby Itno, Biya et Bozize en prennent bonne note !
Djimé
Adoum
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