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En ce début de
saison de pluies où les cotonculteurs s’apprêtent à sarcler
leurs champs, il nous est semblé utiles de nous faire une
réflexion sur la Coton Tchad et la vie des producteurs.
Après plusieurs
années de gloire et de fierté pour l’économie nationale, la
COTON-TCHAD, ex COTON-FRANC ne semble plus avoir les mêmes
renommés qu’autrefois. Il y a de cela encore quinze ans, les
cotonculteur Tchadiens étaient fiers du coton qu’ils
cultivaient et ont toujours eu à faire leurs projets en fonction
du jour de payement de l’argent du coton. « Quand l’avion
viendra (avion amenant de l’argent pour payer les cotonculteurs),
je vais, acheter un charrue, une houe, je vous donnerai chacune
une étoffe Wax, je doterai ma deuxième femme, j’organiserai la
cérémonie de mariage de mon fils aîné…etc. ». C’est par ces
genres d’expressions que les paysans expriment leur foi en ce
que peut leur rapporter le coton. Dans les marchés hebdomadaires
qui alimentent le monde rural en produits de première nécessité,
le simple fait d’être un coton culteur est une garantie qui te
permet d’avoir une dette auprès du commerçant car il sait que,
« Quand l’avion viendra… ». Ainsi le coton faisait vivre ses
travailleurs qui étaient fiers tant de leur activité que du fait
qu’ils participent à l’économie nationale.
Mais aujourd’hui la
done semble changer, car le cotonculteur à oublié l’expression
« quand l’avion… » Et découvre un nouveau vocabulaire difficile
à maîtriser qu’à admettre. Ces termes sont entre autres,
« Impayé, Baa Mani, taxe, commerce équitable, AV … » ces termes
compliqués pour l’homme rural créent des situations souvent
difficiles à vivre. Avec la nouvelle terminologie, impayé
signifie que ton argent a été retenu en remboursement à la dette
d’une autre personne dont les récoltes n’ont pas été bonne. Une
chose bizarre, ce que bien qu’on soit dans une économie
libéralisée, le producteur de coton n’est pas à mesure de fixer
lui-même le prix de son coton. Pourtant, quand la COTON-TCHAD
lui donne ses engrais en dette, c’est elle qui fixe le prix. Baa-Mani
quand à lui est un terme utilisé dans la région de la Tandjilé
pour désigner le fait de ne rien gagner de ses récoltes,
c'est-à-dire que le prix du coton vendu est égal au prix de
l’engrais donné en crédit par la COTON-TCHAD. Bref la vie du
cotonculteur a changé avec la nouvelle terminologie. Plus de
Wax après les récoltes, les jeunes ne peuvent plus espérer sur
le coton pour se marier, le père de famille ne peut plus prendre
une deuxième femme car même si « l’Avion viendra », il repartira
avec ce qu’il a amené. Le cahier des enfants à la rentrée n’est
désormais possible que par la grâce de l’argent du charbon
produit en détruisant l’environnement.
Mais si le coton ne
donne plus le bonheur à ses producteurs, le constat n’est pas le
même chez les employés de la société cotonnière. Un tour à
Moundou permet de le constater. Des grosses Cylindrés, des
villas climatisées avec bouquet Satellite…ne sont pas des choses
qui manquent aux agents de la maison mère. On serait
certainement tenté de savoir comment le niveau de vie des agents
de la COTON-TCHAD va grandissant alors que celui des paysans ne
fait que se détériorer. Autre chose ce qu’on va nous faire
croire que le prix du coton au marché mondial a baissé et que la
maison ne fait plus de bénéfice donc pas d’augmentation de
salaire. Mais par quel moyen sont sorti les « bagnoles dernier
cri » qui sont garés chaque jour devant la direction et les
usines avec des immatriculation de type Particulier ?
Certainement il y a des choses à savoir pour lesquelles, le
gouvernement, l’assemblée nationale ainsi le contrôle d’Etat ont
intérêt à agir. Car, le Tchad est un pays à 80% rural.
NDakmissou GEDEON, FMSB-UY1, YAOUNDE-CAMEROUN
Tel: 0023794736978
E-mail :ndakmissou@yahoo.fr
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