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Opinion |
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Opinion
: «
Quelle
alternative à trouver après l’oubli de la non Publication du décret
de référendum dans le délai.
»
Par
Adoum
GAGOLOUM
Article
paru le 23 août 2004 -
Ialtchad Presse |
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«
Quelle
alternative à trouver après l’oubli de la non Publication
du décret de référendum dans le délai.
»
Ce
qui s’est passé c’est une question d’hystérie qui ne
laisse personne indifférent et qui nous montre comment nous sommes
gouvernés. Un gouvernement de léthargie qui ne se souci d’aucune éthique
de responsabilité et de vouloir faire dans la règle de l’art.
Comment expliqué que le chef de l’Etat d’une grande nation comme le
Tchad qui se veut un modèle en Afrique central ne soit pas informé par
son entourage de la date fatidique de décret de promulgation de du référendum
après modification de la Constitution. Si nous comprenons bien le chef
de l’Etat lui même a déclaré tout récemment que le « Kermesse
de désordre est terminé » mais là nous voyons le
contraire et le désordre continue de sévir de plus belle.
Nous avons des institutions
juridiques, un ministère de tutelle, des conseillers juridiques
à la présidence, à la primature, à l’assemblée nationale et
j’en passe. Nous avons un gouvernement structuré avec des secrétaires
généraux du gouvernement. Nous avons le cabinet civil du président de
la république qui doit être un système de veille et d’alerte du président
de la république.
Dirigé
un pays est différent de diriger une entreprise, et même dans ce
second cas une entreprise est un centre décision compacte qui gère son
information à temps réel pour être au devant des meilleures
entreprises côtées.
Le
pape du Management Kotler
disait « Gérer son entreprise c’est géré son information et
géré son information c’est géré son avenir ». Dans la tracée
des chose, nous assistons à une situation où le chef de l’Etat
n’est pas tenu informer des cruciaux problèmes de son pays, ou
simplement il est mal
entouré, ou bien encore il est entouré par des gens qui ne se soucis
que de leur intérêt personnel sans loyauté et dévouement à leur
chef. Dans ce cadre je n’accuse pas Idriss Déby de laxisme, mais ceux
qui l’entourent et qui obéissent comme des bénis Oui – Oui. Nul
n’est prophète dans son pays. Déby n’est pas prophète au palais
rose. Et même s’il est, il a besoin d’être conseillé, d’être
contredit, d’être confronté dans ses idées afin de trouver des
solutions idoines aux problèmes posés. En un mot il ne peut pas tout
faire. Et c’est pour ça qu’il a délégué des responsabilités, et
ceux qui l’ont doivent y veiller et en assumer la responsabilité et
non pas se laisser guider par un cerveau qui n’est pas le tient.
Le
peuple Tchadien a besoin d’être gouverné autrement, par des Hommes
capables qui prennent des initiatives, des patriotes ayant un sens
civique et l’amour de leur patrie.
Aujourd’hui
on se trouve devant un dilemme. La date officielle de la promulgation du
décret de referendum est passée, et il n’est prévu dans aucun
passage de la constitution de promulguer le décret dans deux ou trois
mois après modification mais dans 15 jours plus 8 jours de grâce qui
fait en tout 23 jours après modification de la constitution.
L’attention
de l’opinion nationale et internationale a été attirée par
l’opposant Ngarlédji Yorongar. Depuis c’est un silence de mort
qu’on observe du côté de la présidence de la république et de
l’assemblée nationale. Le dernier remaniement gouvernemental ne dis
rien au peuple tchadien. Nous voulons des réponses justes, des
solutions appropriées, un issu de sortie favorable et bénéfique pour
tous. Donc il faut poser le problème dès maintenant et en débattre,
si possible initier des rencontre entre gouvernement – opposants- société
civile. Ne restons pas à la dernière minute pour mettre le peuple
Tchadien devant un fait accompli sans justice et antidémocratique. Par
ce que si Déby a été choisit pour être élu c’est
dans la démocratie que cela doit se passer même si beaucoup
n’y croit pas trop. Mais chacun de nous est appelé à défendre
l’image de son pays quoi qu’il en soit, n’oublions pas que nous
sommes d’abord des Tchadiens par de vers tout et Déby est le président
de tous les tchadiens.
La démocratie n’est plus un objet de l’histoire, ni assujettie à
des conditions de possibilité. Elle est une revendication essentielle
de toutes les sociétés, un droit fondamental qu’exigent les hommes
dans tous les lieux et toutes les sociétés, quoi qu’en disent les
derniers culturalistes. Il est, à jamais, acquis que la seule légitimité
acceptable est la légitimité démocratique. Le défi même de l’époque
est d’inventer la démocratie là où les «conditions» ne lui sont
apparemment pas favorables. L’onde choc provoquée par cet oubli peut
être considérée comme à l’origine du fossé existant entre l’«élite
intellectuelle» et les «masses». Si les premières, emportées par
les bouleversements à l’échelle mondiale, ont fait de la démocratie
leur cheval de bataille, les secondes, bien que conscientes de son
caractère salutaire, y cherchent encore leurs marques. L’on doit
s’interroger alors sur les causes d’un tel décalage dont l’une
des conséquences déplorables est la perte de repères, voire une crise
d’identité politique qui ne dit pas son nom. Il y a une sorte de
statisme qui donne l’impression d’une vie politique mouvementée au
Tchad. L’agitation sociale est aggravée par une crise d’identité
politique, dans une série de convulsions dont on est pas sûr de
l’issue bénéfique au sens de la gestation d’un cadre nouveau.
Autrement dit, nous voyons depuis plusieurs mois une scène politique
mouvementée sur laquelle les acteurs se cherchent des rôles
lorsqu’ils ne se contentent pas de faire de la figuration. On dirait même
qu’ils trouvent leur utilité sociale dans ce seul fait d’être là
où cela se passe. Au mieux, de faire bonne figure pour ne pas perdre la
face. Une telle situation ne peut conduire qu’à de multiples
interrogations. Est-on arrivé à une impasse politique et sociale sans
l’avouer ? Ou bien, la génération d’hommes politiques en
place a-t-elle atteint toutes ses limites ? Ou encore, ne doit on
pas reposer la question de la place et du rôle des partis dans notre démocratie ?
Le plus inquiétant, cependant, est que tout le monde est quasi
convaincu de l’inexistence de toute alternative alors que nous nous
trouvons dans un pays dont l’action et la lucidité de la société
civile et des forces vives doivent faire leçon en Afrique centrale.
A-t-on définitivement cru au caractère indispensable de la politique
politicienne telle qu’exercée par les entrepreneurs politiques au
sein des différentes formations qui agitent notre quotidien, jusqu’à
oublier d’attirer l’attention de chef de l’Etat sur un sujet aussi
capital ?
L’expérience
historique en matière politique a démontré que la reproduction
sociale et la perpétuation du système clientéliste a été la
malheureuse et seule constante depuis l’indépendance du Tchad. Et
c’est comme si tout le monde, en même temps d’y croire, s’en
accommodait. La croyance au caractère incontournable de l’engagement
partisan, avec un militantisme alimentaire devant servir les intérêts
particuliers, au-delà de toute préoccupation éthique, s’enracine
bel et bien. Pourtant, avec l’avènement de l’alternance, il y avait
un état d’esprit positif qui inspirait autre chose. Il y avait, là,
une occasion en or de procéder à la révolution des mentalités après
celle des urnes qui en était, sous certains angles, le signe
annonciateur. Malheureusement, comme pour donner raison aux tenants du
holisme méthodologique, l’homme-acteur devient vite prisonnier du
système et la machine infernale se remet à tourner dans le même sens
pour les mêmes «classes».
Devant
une telle situation, où le débat public se réduit aux invectives
renvoyées et reformulées, on doit, déceler les signes d’une usure.
C’est que le débat - s’il en est un - ne fait plus sens et que les
politiques de tous bords n’ont plus la capacité de résoudre les
problèmes et de comprendre les demandes sociales qui ne manquent pas.
Les citoyens ordinaires ont comme l’impression d’être oubliés et
de ne plus servir que de vivier électoral que viennent se disputer des
entrepreneurs-militants lors des différentes échéances. Le pays vit
au rythme d’une éternelle campagne électorale. On a oublié que
cette dernière servait à discuter les différents projets rivalisant
de patriotisme, de sérieux, d’ambition à l’approche d’une élection.
A défaut de projets convaincants, les différentes formations
partisanes se réfugient dans le maniement de discours de type
utopico-sophiste, lorsque le machiavélisme politique reste l’apanage
d’une caste.
Notre
actualité politique fournit des exemples d’une pertinence
incomparable de ce processus de l’évolution cyclique du discours et
des attitudes militantes. On fait la critique du système en place tant
qu’on y est pas associé, pour finir par son apologie irraisonnée
lorsqu’il nous ouvre ses mailles. Si seulement la nouvelle recrue
devait, ainsi, contribuer à l’amélioration du système qu’il intègre
dans le sens d’un apport positif, la transhumance serait,
paradoxalement mais salutairement, une chance pour la politique. Mais, généralement,
c’est le contraire qui se produit. Avec le malheureux effet d’en
faire une voie d’ascension sociale au mépris de toutes les valeurs
tant vantées par les chantres de notre nationalisme alors débordant.
Lorsque
les partis et acteurs politiques se renvoient la responsabilité de
l’extrême politisation de l’Etat qui devait être le garant de l’éthique
de la neutralité objective, c’est qu’on est en mal de repères. Le
fait que la société civile devient, de plus en plus, la cible des
attaques politiques, est un signe que les formations partisanes ont
dilapidé leur capital dans des querelles insensées et se sont rendu
compte de leur homogénéité d’action et de vision. Si on se vaut
tous, doivent-ils penser, les adversaires changent de bord et le combat
de nature ! Une extrême prudence s’impose, alors, pour la société
civile qui ne peut se transformer en parti des acteurs ordinaires, mais
doit rester l’alternative et faire l’écho des préoccupations générales
noyées dans les eaux troubles de la compétition politique. Cette dernière
est, certes, l’arôme nécessaire à la confrontation des idées
indispensable à la viabilité du système démocratique. Cependant,
lorsqu’elle se fait aux dépens de l’acteur principal qu’est le
citoyen, elle repose, avec acuité, le problème de la représentativité
politique qui n’est pas qu’un simple idéal. Une concertation élargie
à toutes les forces vives serait un début de solution à cette crise
d’identité politique. Il ne s’agit pas de pourparlers dans lesquels
on perdrait son âme pour être écouté, ni de se rejeter mutuellement
pour se faire entendre. Simplement, il faudrait arriver à un état
d’esprit citoyen qui aiderait à dédramatiser la contradiction et en
faire le socle de la critique constructive. Autrement dit, les différentes
ambitions que les acteurs politiques - du pouvoir comme de
l’opposition - ont pour le Tchad, doivent motiver l’action de
chacun. Sans faire de l’opposition systématique ni de l’entêtement
politique, tous doivent travailler pour l’évolution de la chose
commune et l’émergence d’un Tchad émergent.
Ceci
ne veut point dire une uniformisation qui tuerait le débat, véritable
stimulant permettant l’éclosion de toutes les énergies positives.
Seulement, on devrait arriver à cet état d’esprit selon lequel
toutes les bonnes idées pour le Tchad seraient à prendre au-delà des
appartenances partisanes et des ambitions personnelles. Si on arrive à
ce stade, la démocratie, alors libérée de la mainmise des partis et
des entrepreneurs politiques, comme idéal ou système permettant un développement
harmonieux pourrait, enfin, commencer à faire sens. Et de là nous
trouverons peut être
ensemble une solution à cet imbroglio. Reste à savoir que
doit-on faire démocratiquement pour trouver une alternative devant
cette situation. C’est un sujet qui nous interpelle tous, loin d’une
démocratie excessive à la Tchadienne.
Adoum
GAGOLOUM
Dakar/
Sénégal
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