|
L’an 2007 est partie. 2008 est arrivée. Comme d’habitude, à pareil moment, c’est l’heure des bilans. Oui, il convient de
prendre du recul, dresser un bilan sans complaisance de l’année
qui vient de s’en aller.
D’abord, il faut préciser que 2007 a été riche en actualité.
L’espoir était né fin 2006, lorsque le leader du front uni pour le
changement (FUC) Mahamat Nour Abdelkerim a fumé le calumet de la
paix avec le gouvernement de N’djamena, sous l’égide du guide
libyen.
En Février 2007, le FUC scelle son entrée au gouvernement, et
Mahamat Nour Abdelkerim fut nomme ministre de la défense
nationale. Tout le monde avait applaudit à l’époque. Mais la
lune de miel n’a été que de courte durée, elle a finie comme
elle a commencée, raille un leader de l’opposition Tchadienne.
Ensuite, c’est la tenue du dialogue entre la majorité
présidentielle et ses alliés d’un coté, et l’opposition
démocratique, du moins celle réunie au sein de la coordination
pour la défense de la constitution (CPDC) de
l’autre. Ces pourparlers parrainés par l’union européenne et la
France ont débouchés le 13 Août 2007 à la signature d’un accord,
baptisé « Accord pour le renforcement du processus
démocratique au Tchad ». Le document signé constitue une
feuille de route importante pour la suite du processus
électoral, tant décrié, s’il est réellement appliqué par les
signataires. Refonte du fichier électoral qui sera désormais
informatisé et fiable, composition paritaire de la CENI,
la CNRE…, les principales préoccupations de l’opposition
ont été prise en compte, une première dans l’histoire politique
du Tchad depuis la conférence nationale souveraine de 1993. Là
aussi, tout le monde ou presque avait applaudi. Près de six
mois après la signature dudit accord, les langues se délient,
« rien est fait du cote du pouvoir pour son application »
lance irrité IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH, le porte
parole de la CPDC sur BBC Afrique mi décembre 2007.
Dans
la même lancée, on a assisté à une avalanche d’initiatives de
paix.
Le groupe dit « de Libreville » conduit par l’ancien
président GOUKOUNI WEDDEYE a tout essayé. En vain.
Parallèlement, des négociations se poursuivent discrètement,
pour aboutir plus tard à des accords parcellaires. Une partie
des opposants au régime DEBY rentrent au bercail mi Octobre
après avoir conclu un accord grâce à la médiation du président
Béninois, à Cotonou. A Syrte, le gouvernement représenté par le
« super » ministre d’état, signe un accord de
paix et de réconciliation nationale avec les principaux
mouvements rebelles opérant a l’est du pays (CNT, UFDD, RFC,
UFDD /F). A peine cet accord signé, qu’un de ces signataires
annonce les couleurs. « L’accord est caduque »,
comme pour préparer les esprits. La suite on la connaît.
Reprise des hostilités le 25 Novembre 2007, soit un mois tout
juste après la signature de la paix en Libye, au grand dam du
guide Libyen, médiateur dans la crise Tchadienne, qui depuis
s’est enfermé dans l’omerta. Le brisera t-il ? Les deux camps se
rejettent la responsabilité de la reprise des combats, d’une
rare violence selon des sources proches des deux états majors.
L’accord de syrtes est il caduque au regard de la situation
actuelle ? « Il est encore valable pour ceux des
signataires qui ne l’ont pas violé »,
précise le gouvernement. « Nous sommes toujours pour
l’application de l’accord » affirment les rebelles
de leur coté. Véritable comédie disent en cœur certains
observateurs de la scène politique Tchadiennne.
Et
puis, à un moment ou personne ne s’y attendait, une affaire tout
aussi insolite qu’amusante s’invite dans l’arène publique
tchadienne déjà troublée. L’affaire de l’ONG Française « Children
Rescue ou Arche de Zoé », puisque c’est de
cela qu’il s’agit. Cette rocambolesque affaire a mis à nue la
légèreté qui caractérise l’administration Tchadienne. Ce qui a
le plus laissé pantois plus d’un, c’est bien la visite
impromptue de Nicolas SARKOZY a N’djamena début
Novembre. Il y est reparti en compagnie des journalistes
français et des hôtesses espagnoles venue couvrir l’opération de
« L’arche de Zoé », du nom de cette ONG française
qui a voulue emmenée en France 103 enfants à partir d’Abéché à
l’est du Tchad. Cette affaire a faillie crée un séisme
diplomatico -politique entre N’djamena et Paris. Les choses sont
rentrés dans l’ordre, entre temps. Les deux présidents (SARKOZY
et DEBY) se sont vu en marge du sommet Afrique- UE
de Lisbonne du début du mois de Décembre, puis discrètement à
Paris quelques jours plus tard.
La justice a été dite, et les membres de l’Ong ont été condamné a 8
ans de travaux forcés, avant d’être rapatriés par vol spécial
de la compagnie nationale « TOUMAI AIR TCHAD »
affrété par le gouvernement français ce vendredi 28 Décembre
vers la France. Les magistrats français essayeront de
reconvertir leur peine de travaux forcé en peine criminelle. La
peine de travaux forcés n’existant plus dans le catalogue du
code pénal français, pourtant copie conforme de celui utilisé
par les ex colonies de l’espace francophone, dont le Tchad fait
partie.
ET
en cette fin d’année 2007, le spectre de la reprise des
hostilités a l’est se pointe a l’horizon. Le gouvernement voyant
le mal venir a préparé les esprits, a travers un communiqué lu
sur les antennes de l’Office Nationale de Radiodiffusion et de
Télévision du Tchad (ONRTV). « Le soudan est
entrain d’entraîner, d’armer les rebelles tchadien
en vue de déstabiliser le Tchad », dit en substance le
communiqué. Le soudan de son coté a porté plainte contre le
Tchad qu’il accuse d’avoir violé son territoire pour bombarder
les positions des forces rebelles basé au Soudan.
Comme on le constate, l’année qui s’est achevé augurait des
jours heureux pour le Tchad, tant les initiatives de paix
essaient prometteuses. Hélas, les faits nous démontrent le
contraire. La paix est loin d’être acquise, à moins d’un
sursaut patriotique de dernière minute. Nous espérons que les
différents accords signés ça et là seront appliqués.
En
attendant, l’espoir a simplement été déçu, et c’est grand
dommage pour le Tchad et les Tchadiens dans leur grande
majorité.
C’est en tout cas ce que je pense.
Bonne et heureuse année 2008 à tous.
Eric
TOPONA MOCNGA
Etudiant en année de Master De
Sciences politiques Et Relations Internationales
A L’université D’Abomey-Calavi (Bénin).
Email :wuitamou@yahoo.fr
|