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Ces derniers jours, les habitants du pays de Toumaï ne sont pas
suffisamment informés des choses qui se passent dans leur
environnement immédiat par les média locaux. Pour cause, les
journalistes locaux se seraient détournés de leur rôle
d’informer au profit de la course au Gombo.
Informer et éduquer
la société, tel est le rôle initial du journaliste qui et même
temps détenteur du quatrième pouvoir de l’Etat. L’exercice de ce
pouvoir qui demande beaucoup de précautions semble être l’un
des plus difficiles, car au-delà de la satisfaction que l’homme
de média doit apporter à son public, il a l’obligation de
vérifier les informations avant de las diffuser, ce qui demande
tant de temps et de moyens.
Pour permettre au
journaliste d’arriver à bout de cette mission dont la réussite
est vitale pour la nation, l’Etat sous la pression des
syndicats a adopté le statut particulier des communicateurs.
Statut qui consacre un grand nombre d’avantages aux hommes de
presse afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle de
baromètre de la démocratie et animer la vie publique. Pour ce
faire, des primes et indemnités de toutes sortes ont été
consacrées par la puissance publique aux reporters,
présentateurs et autres maillons de la chaine que constitue ce
domaine.
Avec toutes ces
avantages, le citoyens lambda, s’attendrai à avoir des
informations plus précises sur ce qui se passe dans son
environnement immédiat, mais hélas, la déception que reçoivent
les auditeurs, téléspectateurs et lecteurs est aussi grande que
le fond consacré par le contribuable pour améliorer les
conditions de travail des hommes de média. La recherche sans
scrupule du gain facile a conduit nos journalistes à s’en passer
de la recherche de l’information à la recherche de l’argent
facile sinon au « grillotisme ». Les informations à livrer sur
les ondes ou à la télé dépendraient désormais du per-diem que le
reporter aura reçu de la part des organisateurs de l’événement.
Ainsi pour 2500 F CFA donné a un reporter, pas de nouvelles sur
les ondes, pour 5000 F CFA, ce serait une « brève ou événement
à signaler ». 10 000 à 20 000 F CFA, c’est un article concis
sinon un son qu’on « balance ». A plus de 20 000 F CFA,
l’événement méritera un dossier spécial ou une chronique selon
l’organe de presse.
Par ce fait, les
événements non prévus comme les accidents de la voie publique,
les inondations, les faits divers de la société n’existent
presque plus dans les éditions de nos journaux, faisant place
aux séminaires, congrès, et conférences de presses des chefs de
partis politiques, de chefs d’entreprises etc.…
Bref les éditions
d’informations de nos media sont devenues des fenêtres de
publicité réservées aux plus offrants, et l’argent va dans les
poches personnelles.
Quelle gâchis,
quelle honte, de voir ce métier si noble, se transformer en
poste de travail de mendiants ? Quelle perte pour la nation qui
après avoir fourni un si grand sacrifice pour garantir la
liberté de presse ne puisse pas en profiter ? Il est temps que
les choses changent, et cela en va de l’intérêt de tous.
NDakmissou GEDEON
E-mail :ndakmissou@yahoo.fr
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