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Par le temps qui court, beaucoup de familles s’interrogent sur
l’avenir de leurs enfants. Rien d’anormal puisque la finalité
des études, c’est avant tout la réussite professionnelle avec à
la clé un emploi répondant aux attentes de chacun ou du moins un
job pour assurer les besoins physiologiques tels que manger,
boire et dormir. Mais hélas, la donne change et l’idéologie qui
fait de l’école un gage de réussite professionnelle tend à
disparaitre laissant place à certaines pratiques totalement
arbitraires voire malhonnêtes. Ainsi donc, quelles perspectives
pour cette jeunesse à qui cette institution reste encore
l’unique alternative ? Et quid des autres qui choisissent
d’autres chemins ? Que des interrogations
silencieuses auxquelles les réponses ne peuvent tomber du ciel.
Bref, bon
nombre des jeunes tchadiens se cassent la tête à bicher des
milliers de page pendant des années dans l’espoir d’un avenir
meilleur; et pourtant à l’arrivée, rien, nada de nada. Pour les
plus dégourdis, en moyenne, 16 années de courage et d’abnégation
auraient suffit pour atteindre l’objectif final: décrocher
une licence.
Pour d’autres un
peu plus mais peu importe le temps. A croire que cela leur
aurait servit à quelques choses mais en fin de compte rien, au
pire, chômeurs ou encore diplômés sans emploi. Triste constat.
Des efforts consentis pendant des années qui finissent dans une
impasse, autrement dit à la poubelle. Alors doutes,
incertitudes, pessimismes mêlées au désespoir sont des
sentiments qu’éprouve cette frange de la population confrontée
au jour le jour à la triste réalité de notre société. Jamais
autant d’incertitude n’a transcendé l’esprit de cette génération
qui se sent complètement lâchée voire abandonnée à la merci du
destin. Et pour couronner le tout, la crise financière
complique la donne par effet de ricochet donnant ainsi raison au
gouvernement qui peine à embaucher. Le piston reste alors
l’unique solution ; encore qu’il faut avoir le minimum d’argent
requis pour prétendre postuler à un poste; et que faire pour les
plus démunis alors? D’ailleurs la probabilité de succès de ce
processus baptisé piston est minime par ce que
certaines personnes, de mauvaise foi, en font un fond de
commerce ou de quoi compléter leurs fin de mois. Même pas
étonnant parce que tout le monde le sait et personne ne fait
rien pour dénoncer ou prohiber cette pratique.
En revanche, ceux
qui ont la chance d’étudier à l’étranger finissent par y rester
par peur de se retrouver au chômage réduisant ainsi le capital
humain, source de développement socio-économique de notre pays.
Et c’est ainsi que la plupart de l’élite tchadienne se retrouve
à l’étranger au service de leur pays d’accueil observant le leur
agonisé lentement et progressivement alors qu’elle est capable
de proposer des solutions alternatives aux dérives qu’il(le
pays) traverse. Il faut aussi dire que le climat sociopolitique
ne favorise peut-être pas le retour au bercail de cette frange
de la population. Enfin bref d’autres jeunes réussissent quand
bien même à grimper facilement les échelons et avoir des postes
clés au sein de l’institution républicaine; coup de chance,
mérite ou favoritisme, allez savoir? En outre, certains qui
travaillent en ce moment sont parfois défavorisés financièrement
vis-à-vis des étrangers même à compétences égales. Manque de
confiance de l’état, discrimination, sinon pourquoi ? Pire
encore certains organismes ne veulent pas leurs donner des
postes de responsabilité sous prétexte qu’ils n’ont pas de
compétence recherchées. Certes, mais l’état a une part de
responsabilité dans cette situation par ce qu’il ne propose pas
d’une manière significative un cadre de formation de haut
niveau permettant d’accéder à ces postes. Et on s’étonne tout
de même que le pays soit pauvre alors qu’on donne des sommes
d’argent faramineuse à l’élite étrangère. A quand le
déclic alors?
Enfin, quelles
solutions pour ceux qui ne sont pas faits pour les études?
Y’a-t-il un cadre d’accompagnement social pouvant les aider à
trouver leur chemins ? Pourquoi s’étonner si beaucoup finissent
brigands, alcooliques, assistés ou autres ; constituant ainsi
une charge énorme pour la population active. Et j’ajoute au
passage les chômeurs, les paysans car sans solde eux aussi.
Plus leur masse est importante augmentant considérablement le
taux de chômage, plus la population active subit les effets
directs. Conséquence, pouvoir d’achats très faible. Tandis que
le prix des denrées alimentaires augmente, la consommation des
ménages diminue entrainant ainsi l’économie dans le gouffre et
le pays devient de plus en plus pauvre. Que faire pour améliorer
cette situation alors? Le débat est ouvert.
Piquet
DINGAMMADJI
Etudiant (3ème
cycle) management des entreprises
Ecole de commerce et de management ISEE
Paris
piquetdingammadji@yahoo.fr
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