|
Décembre,
c’est le mois de longs couteaux et des attentes
nonchalantes dans les salles des pas perdus ! Et le
Tchad, notre pays, s’apprête, encore une fois, à
connaître un changement de régime de façon
tragique ; des périodes de troubles et pillages de
l’administration, comme c’était toujours le cas depuis
les révoltes populaires de Mangalmé en 1966.
Pourtant, si on regarde ailleurs, on se rend compte
que partout dans le monde, des Nations entières se
préparent, à offrir des cadeaux, des bougies et des feux
d’artifices de joie à leurs enfants, la joie de voir
s’achever une année et d’entrer dans une nouvelle. Des
familles entières partout
dans le monde s’apprêtent à fêter les fêtes de fin.
Les tchadiennes et tchadiens, eux, pas ! Et pour cause
le pays n’a jamais connu de paix ni de liberté sur toute
l’étendue de son territoire depuis belle lurette. Il y a
quarante ans que cela perdure. Et on propose aux tchadiens
de les libérer, de leur apporter « ni or, ni argent »
mais la liberté par les armes !
Les
blessures profondes successivement incrustées dans le flanc
de la Nation seront difficiles à se cicatriser, mais est-ce
impossible ? N’ayons pas peur les uns des autres si
nous nous reconnaissons comme membres d’une même
communauté : la Nation tchadienne à construire. Déposons
les armes ! Allons à la concorde nationale !
Donnons une chance à la paix au Tchad.
L’heure
est grave. Mais ne cédons pas à la panique. Réfléchissons
ensemble autrement et posons-nous quelques questions de fond
quant au devenir de notre pays. Les tchadiennes et les
tchadiens, du Nord au Sud, sont-ils conscients qu’ils
appartiennent à une Nation, même à construire, et
qu’ils sont tous condamnés à vivre ensemble, libres dans
un Etat laïc et fiers d’eux-mêmes ?
Pourquoi
nos aspirations de départ, nos intentions louables et légitimes
de départ finissent toujours par se rallier avec le mal ?
Quelle est cette seule chose qui nous manque, à nous
tchadiennes et tchadiens, pour que tout nous soit ainsi dépeuplé
au Tchad ? Le chemin de la construction de la paix ne
passe que par les armes ? Avant de se frotter les mains
et chercher à se positionner déjà sur l’échiquier
politique de demain, il semble indispensable de nous poser
préalablement ces questions là.
Monsieur
Tom Erdimi, puis
que c’est de vous qu’il s’agit, le Rassemblement Démocratique
pour la Paix et la Liberté au Tchad (RDPL), que je préside
depuis mon exil helvétique, s’adresse ici directement à
vous et, à l’occasion, à tous les leaders politiques
tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur.
Monsieur
le Doyen de la Faculté des Sciences Exactes et Appliquées
de Farcha, Haut
lieu tchadien du savoir et de la connaissance, face à la
gravité de la situation actuelle dans notre pays, le peuple
tchadien est en droit d’attendre de vous des explications,
des clarifications par rapport à son devenir, par rapport
notamment de ce qui vous distingue véritablement de Idriss
Deby ! Qu’allez-vous offrir de nouveau au peuple
tchadien, à la Nation tchadienne de l’après Deby ?
En quoi le SCUD et autres politico-militaires qui
s’essaiment maintenant dans l’Est du Tchad sont-ils différents
du MPS de Bamina ?
Etudiants
à l’époque à l’Université du Tchad, nous avons très
tôt appris à vous connaître et à apprécier votre sens
de la famille, votre capacité de travail, votre rectitude
morale et votre probité intellectuelle. Même si, ces dernières
années, nos chemins se sont séparés, nous osons croire
que c’est bien l’intellectuel Tom Erdimi de notre
adolescence que nous avons entendu la semaine dernière sur
les ondes de Radio France Internationale (RFI) et non pas un
autre.
Monsieur
le Doyen, ces quinze dernières années, vous avez donné le
meilleur de vous-même dans l’intérêt de notre pays.
L’histoire retiendra et se souviendra, certes, de ce que
vous avez effectivement fait, de bien comme de mal, à votre
pays, le Tchad.
En
effet, quand, en un peu moins d’un quart de siècle, on
pactise avec le diable, sans oser lever le moindre doigt
pour le dénoncer ni entreprendre quoi que ce soit pour
extirper la gangrène qui sape la société et son économie,
on ne peut difficilement clamer son innocence. Car il est
difficile, sinon impossible, dans ce cas, de crier au loup
dans la bergerie et affirmer honnêtement qu’on n’avait
fait, durant toutes ces années, que manger de la soupe sans
toucher aux morceaux qui se trouvent justement dans cette
soupe. Nous vous avions entendu s’exprimer sur les ondes
de RFI et clamer haut votre innocence quant à la gestion
calamiteuse du Tchad et à l’accusation de détournement
de deniers publics dont vous faites l’objet. Cela ne nous
étonne guère, pas plus que les neuf millions des
tchadiens.
Au
fait, ne dit-on pas « qu’on est Roi pour se lécher
les mains »? C’est ce que vous avez fait, vous et
les vôtres comme beaucoup de tchadiens d’ailleurs qui,
comme vous, ont l’hasardeuse opportunité d’appartenir
au cercle restreint et envié du clan, du pouvoir. Sans préjudice
de votre innocence, s’il est établi que vous avez
effectivement l’argent dont vous êtes accusé de détournement,
nous sommes convaincus que vous saurez l’utiliser
utilement dans l’intérêt du Tchad, des tchadiens et non
pour les détruire. Car, mieux que quiconque, vous, vous
savez que cet argent appartient au Tchad, au peuple tchadien :
des générations futures passeront des années à le
rembourser. Utilisez-le donc pour une juste cause, dans
l’intérêt bien compris de tous les tchadiens. Utilisez
cet argent pour construire la paix, la liberté et garantir
la justice sociale au Tchad et non pour acheter des armes et
ou des mines pour élargir encore de plus la superficie des
champs de mines antipersonnel au Tchad. Le peuple tchadien
vous en sera reconnaissant.
En
vous écoutant, et surtout en suivant systématiquement les
méandres de la politique tchadienne ces vingt quatre
derniers mois, nous avons compris que vous vous êtes préparé
à cela, à la guerre, à prendre le pouvoir, pour vous, par
tous les moyens, y compris par les armes.
Intellectuel
dévoué et observateur méticuleux que vous êtes, nous
vous invitons à observer un tout petit peu la nature :
un loup ou un lion, quand il mange la gazelle et qu’il est
rassasié, ne détruit pas le reste, la carcasse de la
gazelle dévorée. Mais il le laisse intact aux hyènes, aux
vautours et autres charognards qui n’ont pas, eux, comme
lui, la chance d’accéder aux morceaux juteux du trophée.
Or, c’est
exactement le contraire que vous êtes entrain de faire en
ce moment. Rassasié, vous ne vous souciez plus des
charognards. Vous ne voulez pas laisser le reste de la
gazelle à ces pauvres. Vous voulez le détruire, le
calciner complètement. Peut-on vous accorder le bénéfice
du doute ?
L’option
exclusivement clanique que vous avez choisi pour faire
partir Deby du pouvoir, bien de tchadiens l’ont déjà
choisie avant vous. Pour quel résultat aujourd’hui ?
Nous avons bien peur que les tchadiens, notamment les
jeunes, épris de paix et de prospérité, ne soient disposés
à l’entendre de cette oreille. Les tchadiennes et
tchadiens ne vous applaudiront plus comme ils l’ont fait
un matin de 13 avril 1975, du 7 juin 1982 et du 1er
décembre 1990. La conséquence logique sera, pou vous, de
vous obliger à un repli sur votre clan, pour ne pas dire
sur vous-même. Or, voyez-vous cher compatriote, on ne
gouverne pas un pays avec une partie du peuple mais avec
tout le peuple, dans son ensemble !
Les
tchadiennes et tchadiens sont, aujourd’hui, en droit de se
douter de vos intimes convictions, de vos réelles
intentions. Alors dites-le leur clairement, maintenant:
quelles sont vos réelles motivations ? Devenir Président
de la République du Tchad sans passer par les élections?
Quel est votre programme politique de l’après Deby?
Qu’est ce que vous proposez de nouveau et d’intéressant
au peuple tchadien ? Quelle est votre position par
rapport aux libertés fondamentales, à la laïcité du
Tchad, à la paisible cohabitation agriculteurs/éleveurs
tchadiens? Aux droits et à la protection de l’enfance ?
Au respect de l’existence humaine ? Quels sont vos rôle
et position par rapport aux tortures, massacres,
disparitions dont sont victimes les tchadiennes et les
tchadiens depuis maintenant 40 ans et dont vous êtes pour
au moins pendant une vingtaine d’années, le témoins le
plus proche et le plus informé ?
Le
peuple tchadien a le droit de le savoir maintenant !
Les tchadiennes et tchadiens n’admettront plus un nouveau
pouvoir clanique. Ils n’accepteront plus qu’on leur
serve encore de
ce « même tabac dans la même pipe ». En tout
état de cause, ils ne sont plus disposés à fumer de ce
calumet de la paix enroulé dans les ténèbres de vos pensées
et que vous leur proposez. Cette pipe clanique là est trop
connue d’eux pour avoir déjà sectionné bien nombre des
entrailles et endeuillé plus que d’une famille
tchadienne.
Monsieur
le Doyen, ce n’est pas ce qui vient de dehors pour entrer
dans l’homme qui le souille, mais
bien ce qui vient de l’intérieur; ce qui sort de son fort
intérieur, de sa pensée. Tombalbaye a été tué par les
siens. Goukouni Weddeï a été chassé du pouvoir par un
des siens, son compagnon de lutte; Hissein Habré a été
chassé du pouvoir par son ComChef, son Conseiller en matière
de sécurité, autrement dit par son plus proche compagnon.
Vous, vous avez
été Conseiller de votre oncle, le Président Idriss Deby,
celui-là même que vous jurez de faire partir du pouvoir de
la même manière que lui a faite il ya 15 ans de cela avec
Hissein Habré. C’est-à-dire par les armes.
Monsieur
le Doyen, vous semblez ignorer que le Tchad, notre chère
patrie, est un véhicule au guidon tordu, défectueux. Il
faut un permis de conduire spécial, adapté et une bonne
dose d’habileté pour le conduire. Avez-vous vraiment ce
permis ? Nous nous en doutons, jusqu’à preuve du
contraire! Ne
confondez pas le permis de tuer les tchadiens avec le permis
de conduire le Tchad. Ce sont deux choses bien distinctes.
Car s’il est aujourd’hui permis à n’importe qui se réclamant
Zaghawa, apparenté ou comme tel, d’entrer dans
n’importe quelle habitation, dans un débit de boisson ou
dans un lieu de culte au Tchad, tuer un, deux, trois ou
quatre tchadiens et sortir sans en être inquiété; il
n’en est pas de même pour la conduite du Tchad. Vous en
avez la preuve éclatante avec Idriss Deby.
Idriss
Deby a le permis de tuer les tchadiens et il en a fait des
photocopies à ses cousins, frères et amis envoyés dans
tout le Tchad pour tuer. Mais il n’a pas le permis de
conduire le Tchad avec ses passagers au bon port. Car pour
cela, il faut savoir par coeur le code de la route très spécial
du Tchad, en particulier connaître tous les dos d’ânes,
les culs de sac, les doubles virages et les carrefours qui
ne mènent nulle part et qui s’essaiment dans tout le
pays, du Nord au Sud, d’Ouest en Est. C’est ce que Deby
n’a pas. Il a triché et il va finir sa vie comme un
certain Mobutu ou Chiluba. Il doit partir, d’une manière
ou d’une autre. Mais le peuple tchadien, lui, restera
debout et connaîtra son apogée d’antan.
Dans
l’histoire de l’humanité, souvent, les drames ont lieu
lorsque l’ignorance, l’intolérance et l’arrogance
atteignent leurs proportions épiques. Les guerres ont lieu
quand les raisons de se battre l’emportent sur le caractère
sacré de la paix, de la liberté, de l’existence humaine.
Les conflits ont lieu lorsque, en l’absence de la foi ;
quand on ne sait plus reconnaître la valeur de
l’existence humaine. Vous connaissant, nous ne croyons pas
que vous faites partie de ceux-là qui manquent de foi et
qui ignorent la valeur de l’existence humaine.
Ces
dernières années, nombreux sont des tchadiens qui se sont
investis pour essayer de faire la paix [par les armes].
Ont-ils réussi ? A un moment donné ils ont fait appel
aux pays voisins, aux organisations internationales, l’ex
OUA notamment, pour construire la paix au Tchad. Ont-ils réussi?
Ils ont organisé des conférences au sommet : Kano I,
Kano II, Lagos etc. Ont-ils réussi à ramener la paix
durable au Tchad ? Eh bien non, cela n’avait pas
suffi à construire la paix durable au Tchad. Cela n’avait
pas suffit parce qu’ils ont fait tout cela sans demander
au peuple tchadien son avis ; sans le dialogue intérieur ;
sans la concorde nationale.
Il
n’y a pas que des armes pour construire la paix. Il
n’appartient pas, non plus, aux institutions, aux autres
de construire la paix en lieu et place de ceux qui sont les
premiers concernés : les tchadiens, le peuple
tchadien. C’est par et avec les hommes et les femmes
concernés qui,
ensemble sans exclusion aucune, qu’on peut construire la
paix, la concorde nationale.
Ce
sont les humains qui déclenchent les conflits. Et, avant
qu’une guerre ne soit déclarée à l’extérieur, elle a
toujours déjà commencé à l’intérieur des belligérants,
de nous. La guerre, c’est ce qui sort de l’intérieur de
l’homme. C’est ce qui va inévitablement le souiller, le
détruire. Or, la guerre à l’intérieur, entre les hommes
d’un même clan, d’une même tribu, d’un même peuple,
cette guerre là, est la plus dangereuse. Elle est comme un
feu de la « Géhenne » qui ne s’éteint que
difficilement, dans la douleur, la désolation. Un feu
qu’on risque de ne jamais pouvoir éteindre.
Les
guerres sont aussi et surtout faites parce qu’on ne trouve
pas la foi en soi ou parce qu’on n’a pas permis à la
foi qui est en soi de se manifester positivement pour le
bien commun. Voilà pourquoi, avant de choisir définitivement
l’option militaire pour apporter « ni or, ni argent »
au peuple tchadien mais la liberté, posez vous la question
de savoir si vous avez déjà donné l’occasion à la foi
qui existe en vous de se manifester autrement que par
l’option militaire pour apporter du bonheur à vos
concitoyens. Posez la question, avec toute votre rectitude
morale, s’il n’y a vraiment pas d’autres options que
l’option militaire pour chasser Deby du pouvoir et
construire la paix au Tchad?
Vous
rétorquerez sans doute que « nul ne peut faire des
omelettes sans casser des oeux ». Oui, mais sachez que
cela est une vieille théorie machiavélienne qui ne fait
plus recettes en ce début du 21ème siècle.
Nous sommes aujourd’hui entrés de pleins pieds dans l’ère
de l’intelligence humaine et du savoir instantané qui ne
pardonnent que rarement les vieilles recettes, surtout quand
on a passé des années, comme vous, à vendre les hauts
faits de ces recettes, à les perpétuer.
Vous
avez déclaré, et nous vous citons : « La seule
faute que je reconnais avoir commise et que j’assume, est
d’avoir collaboré, soutenu bec et ongles Deby, et cela en
dépit de mes profondes convictions politiques et
religieuses. Je l’ai fait de bonne foi dans l’espoir
d’un changement positif au bénéfice de mon Pays. Je me
suis certainement trompé… ». Oui, l’erreur est
humaine, certes, mais pas les « Erreurs ». Ne
commettez plus une erreur de plus. Le Tchad sait pardonner
« l’Erreur » de ses honnêtes filles et fils,
mais pas leurs « Erreurs » répétitives mues
par des ambitions personnelles ou ayant comme mobile la
vengeance.
Certes,
Idriss Deby doit quitter le pouvoir. Il le mérite !
Cet homme a menti au peuple tchadien ainsi qu’à toute la
communauté internationale. En quinze années de règne
clanique et de gestion publique catastrophique, il a réussi
à faire l’unanimité contre lui. Pire, il a fait planer
l’épée de Damoclès sur son clan. Aujourd’hui, les
tchadiens dans leur ensemble, telle une mère déshonorée,
souhaitent à jamais la déchéance morale, la disparition
politique, voir même physique de ce président de tous
leurs malheurs. Ils éprouvent pour cet homme et pour son
pouvoir digne du pouvoir des troglodytes, une même haine
incommensurable. Lui, le tortionnaire des « septembres »
devenu président torturant, le sait mieux que quiconque.
On
peut tromper une partie du peuple tout les temps mais pas
tout un peuple tout les temps. C’est ce qui explique le
vomissement de Deby par le peuple tchadien. Idriss Deby doit
quitter le pouvoir. Il doit partir sans « or ni argent »,
sinon les tchadiennes et les tchadiens vont pouvoir
l’aider à le faire. Tous les tchadiennes et tchadiens de
l’intérieur comme de l’extérieur, sont aujourd’hui
unanimes sur cette question. C’est l’une des tâches
principales du RDPL depuis le référendum constitutionnel.
Mais faire partir Idriss Deby du pouvoir n’est pas une
obligation exclusive, moins encore un domaine réservé aux
seuls Zaghawas ou Bidéyats.
C’est un devoir national à accomplir collectivement, avec
toute la sérénité et la sévérité du verdict national,
à la hauteur de l’infamie dont il est auteur vis-à-vis
du Tchad. Il n’appartient donc pas uniquement aux seuls
fils du BET, de décider, toujours et encore, de ce qui est
bon ou mauvais pour le Tchad. C’est une tâche nationale
qui nous appartient, à nous tous, filles et fils du Tchad.
Toute autre manière de le faire ne peut être que clanique,
égoïste, ingrate et non nationaliste.
La
foi intérieure qui élève l’homme n’est pas une
conclusion intellectuelle mais populaire. Nous osons espérer
que cette dimension de la problématique ne vous a pas échappé.
La
construction d’une paix nationale ne fait pas de différence.
Peu lui importe que nous soyons riches, pauvres, d’une
religion ou d’une autre ; du Sud ou du Nord ;
Zaghawas ou Lakas. Peu
importe l’ethnie, la région natale. L’important
c’est le Tchad, le patrimoine commun.
Ce Tchad attend de nous tous, que nous y construisons
la paix dans le respect de nos différences et la volonté
de vire ensemble. Le Tchad attend que chacun de ses fils et
filles, du Nord au Sud, se sente solidaire, uni face à
lui-même et complet face à la Nation. Le Tchad et les
tchadiens ne veulent plus et n’accepteront plus
aujourd’hui d’être encore morcelés par tout ce qui les
a depuis toujours et encore divisés, à savoir le clanisme,
l’égoïsme, l’ingratitude et l’ambition personnelle.
Les
tchadiens n’ont plus besoin de dualité meurtrière, de
diversion à leur souffrance. Ils n’ont plus besoin
d’une nouvelle agonie, d’une nouvelle guerre de libération.
Ils aspirent à autre chose que ce qu’on leur a servi
depuis maintenant quarante ans. Les
tchadiennes et tchadiens n’ont plus besoin d’une joie
bridée, qui se rongerait de l’intérieur et prête à
s’éclater comme c’est le cas maintenant. Ils n’ont
pas, non plus, besoin de missiles antimissile SCUD. Les
tchadiennes et tchadiens d’aujourd’hui ont besoin de
paix, de liberté ; d’élever leurs progénitures, de
bâtir leur Nation et de jouir équitablement des riches
ressources de leur pays. Voilà ce que les tchadiens ont
besoin. Ce que le Tchad attend de ces filles et fils. Et
cela ne se fera pas par la guerre clanique mais par et à
travers la concorde nationale. Evidemment, il faut être
patriote tchadien pour le comprendre !
Le
Rassemblement Démocratique pour la Paix et la Liberté au
Tchad (RDPL) est disposé, tant à l’extérieur qu’à
l’intérieur, pour contribuer à cela, ensemble avec tous
les tchadiennes et tchadiens. Car nous ne le dirons jamais
assez : ceux qui parient sur l’affrontement négatif
des idées, manquent de confiance en la démocratie.
N’ayons pas peur les uns des autres ! Déposons les
armes ! Allons à la concorde nationale ! Donnons
la chance à la paix, à la Concorde Nationale au Tchad!
Allons à la « Commission Nationale Vérité et Réconciliation
pour refonder les bases constitutives de notre Nation, la
Nation Tchadienne. C’est réalisable. Il faut y croire!
Rassemblement Démocratique pour la Paix et
la Liberté.
Parti politique tchadien en exil.
Biel/Bienne, Suisse.
Michelot
Yogogombaye
Président
|