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Opinion |
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Opinion: «
Le
Miroir aux alouettes
».
Par
ABDOULAYE-SABRE
FADOUL
ABDEL-GADIR
FADOUL KOUYOU
MAHAMAT
SENOUSSI ABDOULAYE
Article
paru le 30 décembre 2005, Ialtchad Presse |
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Une
fois de plus des tchadiens meurent sous les feux d’autres tchadiens et
cela n’est pas prêt de s’arrêter. Et pourquoi ? Arrêtons
l’hypocrisie ! C’est le dessein fantasmatique de conquérir le
pouvoir et de jouir des avantages qu’il procure qui exhorte certains
à tenter l’aventure jusqu’à tuer ou en mourir si besoin est. Nul
ne peut très honnêtement, à moins d’être autiste, croire que les
innombrables groupuscules politico-militaires qui écument l’est du
pays soient exclusivement mus par un idéal démocratique et « libertaire »
dont ils seraient les promoteurs et les défenseurs invétérés.
Qu’ils aient tous un point d’ancrage commun, le rejet de Deby, soit !
Mais par delà cette considération factuelle, deux évidences : la
première, c’est qu’un masque ne sert que pour le besoin d’une pièce.
Autrement dit, tous, on a bien conscience de l’instrumentalisation de
la démocratie et du fait indéniable qu’une fois ce dessein inavoué
et inavouable atteint, le masque tombera de lui-même.
La seconde évidence est que la
contestation d’un pouvoir, d’un homme n’est pas en elle-même
constitutive d’une alternative. Encore faut-il être apte à offrir
une perspective qui ne se résume pas à une hypothétique promesse des
lendemains qui chantent en lieu et place d’un présent qui serait
oppressif.
Or qu’y a-t-il en commun entre ces individualités et entre ces
mouvances politico-militaires subversives ? Mis à part les
ambitions personnelles et l’opportunisme éhonté de certains, rien justement !
Car tout les oppose autant les uns que les autres. Comment en effet, ne
serait qu’esquisser une conciliation entre mille et une incompatibilités
rédhibitoires ? Imagine t-on un seul instant que l’intérêt du
peuple tchadien réside dans
une mosaïque écartelée
entre des bases claniques divergentes, entre des ambitions égoïstes
concurrentes, entre des générations de pseudo-opposants différentes ?
Et ce n’est pas fini. Par quel miracle, les opposants « historiques »
(ceux qui ont inscrit à cette logique très tôt) parviendront-ils à définir
un avenir pour le Tchad en collaboration avec des opposants nouvellement
et curieusement convertis à la dénonciation expiatoire alors que pour
certains d’entre ces derniers, ils ont non seulement cautionné un régime
devenu subitement infréquentable à leurs yeux, mais n’ont pas bougé
le moindre doigt sous le régime Habré qui était franchement tout,
sauf démocratique. Quiconque regarde la réalité avec objectivité,
c'est-à-dire sans œillères mais avec lucidité, ne souhaiterait
troquer le régime en place (quelque soient ses insuffisances) avec
l’incertitude et les infirmités disqualifiantes des maladroits
vendeurs de chimères.
Bien que l’on ne puisse se satisfaire de l’état actuel du pays, il
ne faut pas non plus occulter le chemin parcouru depuis 1990. Autant il
serait prétentieux de hisser le Tchad d’aujourd’hui parmi les
nations les plus démocratiques du monde, autant il serait exagéré de
qualifier le régime tchadien de dictatorial. Seuls ceux qui ignorent la
progressivité de l’ancrage des principes et du réflexe démocratiques
s’étonneront du fait que notre démocratie ne concurrence pour
l’instant, ni dans son contenu, ni dans ses contours la démocratie
française entre autres. A ceux-là, il faut rappeler que la France qui
est leur référence, s’est retrouvée sous le joug d’un empereur
quinze ans après la proclamation des principes de la révolution de
1789. Le parallèle est certes relativisé par la temporalité des
contextes, mais au moins, on ne peut reprocher à Deby d’avoir installé
un régime impérial !
La question principielle et préjudicielle qu’on devrait se poser
c’est de se demander si, ceux qui se disputent la place du roi
aujourd’hui, auraient fait mieux que l’actuel chef de l’état. A
chacun sa conviction.
L’honnêteté
intellectuelle doit néanmoins nous incliner à accréditer les
insuffisances protéiformes dont pâtit notre pays et les réformes
multidimensionnelles qu’il faudra incessamment entreprendre.
Seulement, là également, il serait simpliste de restreindre la
responsabilité de toutes les difficultés nationales à une seule
personne sans prendre en compte d’autres facteurs déterminants, telle
la hantise de la prise du pouvoir (par tous les moyens) elle-même génératrice
d’une réaction, source principale et légitimante des dérives. De ce
fait, le recours à la force comme mode de conquête du pouvoir est plus
que jamais anachronique dans son principe et toujours dommageable dans
son procédé. L’apport de l’opposition démocratique – symbolisé
par l’activisme courageux et bénéfique d’un certain Yorongar- dans
l’évolution de la société tchadienne est sans commune mesure avec
l’action oh combien régressive des nombreuses aventures militaires
dont on a fait l’expérience. C’est une preuve de plus que le progrès
ne viendra pas envelopper dans la haine, le sang et les rêves.
Par
ABDOULAYE-SABRE
FADOUL
ABDEL-GADIR
FADOUL KOUYOU
MAHAMAT
SENOUSSI ABDOULAYE
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